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« L’industrie de la sous-traitance doit se restructurer sur ses fondamentaux »

Posté le par La rédaction dans Entreprises et marchés

[Interview] Sylvie Foum, directrice Midest

Sylvie Foum est directrice du Midest. A l'occasion des quarante ans du salon, elle revient pour Techniques de l'Ingénieur sur les grandes évolutions de l'industrie de la sous-traitance en France, et sur les pistes à explorer pour l'avenir, dans un contexte plus que jamais globalisé.

Techniques de l’Ingénieur : 2010 est une année spéciale pour le Midest…

Sylvie Foum : Il est vrai que le Midest fête sa quarantième année en 2010. Derrière ces quarante ans il y a l’histoire d’une naissance, mais c’est aussi toute l’histoire d’une évolution, très corrélée bien sûr à celle de l’industrie.

Parlez-nous du Midest.

Le Midest est le salon de la sous-traitance industrielle au sens large. Nous recouvrons tous les secteurs de la sous-traitance, à l’acception du bois et du textile. Ainsi, nous traitons de la transformation des métaux sous toutes ses formes, nous traitons aussi les plastiques et les caoutchoucs. Le Midest s’adresse également à des secteurs beaucoup plus spécifiques, comme les microtechniques, les fixations industrielles, traitement des matériaux et de surface…

Qu’est-ce qui fait la particularité du salon ?

Le salon est né en 1971 à Nancy. Cela correspond à une époque où l’industrie était assez puissante, mais où la nécessité d’élargir le spectre de rencontre entre des industriels nationaux et des opérateurs travaillant pour eux se faisait d’ors et déjà sentir. Aujourd’hui, nous réunissons les industriels qui travaillent pour le compte de donneurs d’ordres et les mettons en relation avec ces donneurs d’ordre. Avec la crise, le salon revêt aujourd’hui une importance particulière, pour les exposants qui réduisent leurs démarches de communication. L’avantage du Midest est qu’il est leader sur son secteur. Ainsi, les entreprises de la sous-traitance, même pendant la crise, sont restées fidèles au salon.

Dans un monde globalisé, quelles sont aujourd’hui les raisons d’être du salon ?

L’objectif du Midest, dans le cadre d’un marché très mondialisé, est de réunir le « best of » des savoirs-faire mondiaux. Nous sommes donc très ouverts à l’international, avec plus de 40 % d’exposants étrangers : Chine, Inde, Singapour, Taïwan, tous les pays d’Europe de l’Est, le Magrheb… Seul le marché américain n’est pas très représenté, car ce dernier a tendance à tourner sur lui-même.

L’industrie de la sous-traitance a beaucoup évolué en France ces quarante dernières années ?

Une des grandes tendances qui s’est manifestée tout au long de l’existence du Midest, c’est bien la mondialisation du marché. Il y avait 137 exposants au premier Midest, presque tous français. Aujourd’hui, la mondialisation des échanges se ressent au niveau des différentes nationalités qui exposent ici. Ce qu’on peut dire, c’est que depuis quarante ans, l’industrie française a beaucoup souffert. Beaucoup d’entreprises sont mortes, notamment ces dernières années.

Quelles sont les grandes tendances du salon cette année ?

Les grandes tendances de cette année vont soit vers des entreprises de plus en plus spécialisées, soit des entreprises qui se sont diversifiées pour aller sur les nouveaux marchés : environnement, énergie, luxe, médical.
Il y a eu une concentration des acteurs sur le marché, avec beaucoup d’entreprises qui ont disparu dans cet intervalle. La crise de 2009 a encore accéléré ces grandes tendances.

Quels sont les enjeux futurs pour les entreprises qui viennent sur le salon cette année ?

Tout d’abord, dans le contexte actuel, il s’agit pour ces entreprises de se restructurer sur leurs fondamentaux. Par exemple,aujourd’hui, ne pas avoir un outils de production qui n’est pas en phase avec les commandes semble être une nécessité absolue. Pour ces entreprises, investir beaucoup dans les technologies et les outils de production, au niveau de leur informatisation, est un facteur de croissance énorme, qui peut également leur permettre de se mettre en relation avec de nouveaux clients.

Quels sont les recommandations actuelles pour les entreprises françaises de la sous-traitance ?

Il faut investir dans une industrie puissante, dans de la formation qualifiée, et continuer à travailler sur les grands axes d’aujourd’hui, notamment au niveau du changement des mentalités. Nos clients nous font remonter que la crise a permis aux donneurs d’ordre de comprendre l’importance de la sous-traitance, et cela est très positif. On sent une dynamique plutôt positive dans l’ensemble.

Posté le par La rédaction


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