Le Brésil rétropédale sur les énergies renouvelables

C’est une étrange dynamique qui s’est installée au Brésil. Alors qu’un peu partout dans le monde, les gouvernements organisent des appels d’offres pour installer des parcs éoliens ou photovoltaïques notamment, le ministère brésilien lance des concours pour leur abandon.

557 MW en moins

Suite à cet appel d’offres historique, quelque 16 parcs éoliens (307,7 MW) et 9 fermes solaires (249,7 MW) ont été écartés de la liste des projets auparavant sélectionnés et disposant d’un droit à rémunération. De plus, les détenteurs desdits projets ne pourront pas participer aux deux prochains appels de réserve. Ironiquement, Brazilia a récupéré au passage 106 millions de Real (27,8 M€) de la part des participants. Pas moins de 1 462 acteurs ont participé à cet appel d’offres. Que des entreprises payent pour ne pas avoir à réaliser des projets peut sembler pour le moins surprenant. Mais la crise qui sévit au Brésil depuis 2014 a remis en cause les bases de la croissance de la première économie sud-américaine. Le pays a vécu la pire récession de son histoire (-3,8% du PIB en 2015 et -3,6% en 2016).

Demande d’énergie en baisse

L’initiative brésilienne répond à une problématique globale : la baisse de la demande d’énergie. Elle est passée de 305 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) à 298 Mtep en 2016, selon de BP Statistical Review. Or, à l’instar de ses voisins, le Brésil avait organisé des appels d’offres visant à ajouter des capacités éoliennes et solaires. La conjugaison des deux phénomènes a généré une situation de surcapacité qui met en danger la rentabilité du secteur, ce qui a poussé les autorités brésiliennes à organiser ce concours historique.

Le Brésil est plongé depuis 2014 dans une crise politique, institutionnelle, économique et énergétique. Le scandale de corruption Petrobras (la compagnie pétrolière nationale) a secoué toute la classe politique brésilienne, emportant Dilma Roussef destituée en 2016. La figure politique préférée des Brésiliens, Lula, est lui aussi inquiétée par des enquêtes. Entre-temps, les investisseurs ont gelé voire abandonné leurs projets, ce qui a accéléré le décrochage du pays, entamé par une surchauffe économique et une forte inflation. La crise énergétique était alors inévitable.

Privatisations

Pour sortir de l’impasse et attirer de nouveau les investisseurs, chinois notamment, le président brésilien Michel Temer, très contesté (5% d’opinions favorables), a lancé un grand plan de privatisations qui devrait inclure Electrobras, l’électricien national qui opère de nombreuses centrales hydroélectriques. Il espère en retirer 40 milliards de réais (10,7 milliards d’euros) d’ici fin 2018, pour combler en partie le déficit public estimé à 159 milliards de réais (42,5 Mds €).

Romain Chicheportiche

FAST 2017

 

FAST1

 

FAST 2017, organisé par le GICAN en partenariat avec Naval Group, le Pôle EMC2 et Sirehna, réunit les universitaires, experts et industriels du monde entier. L’ADN de FAST est composé de sujets traditionnels tels que la sécurité, l’économie du transport ou encore l’hydrodynamique. Cette année, un accent particulier est mis sur l’utilisation de nouveaux matériaux, les modes de propulsion et carburants.

FAST2

Quelques thèmes abordés :

L’hydrodynamique navale : vers des performances accrues en mer

Le caractère exigeant des mers et océans nécessite une recherche permanente de sécurité et de fiabilité.

Des nouvelles formes de coques

De nouvelles formes sont créées pour une meilleure tenue en mer et une augmentation des capacités du navire

La fabrication additive

Cette nouvelle méthode de fabrication permet de réparer une pièce directement à bord et réduit ainsi les coûts de restauration.

Rechercher la performance tout en limitant l’impact environnemental

FAST2017 dévoilera les secrets de la conception d’un navire performant et vert : un navire urbain rapide et électrique, conçu avec des matériaux durables et équipé de batteries rechargeables à quai, ne rejetant aucun gaz polluant.

Des systèmes intelligents pour lutter contre la corrosion des structures maritimes

Plusieurs présentations aborderont les enjeux de la protection cathodique des structures maritimes immergées.

L’équipe de FAST 2017 est heureuse de vous accueillir et reste à votre écoute à [email protected]

Recrutements de cadres : des niveaux inégalés entre 2017 et 2019

L’ Association pour l’emploi des cadres a élaboré un modèle économétrique qui permet de déterminer des prévisions de recrutements de cadres à un horizon de 3 ans. Celui-ci met en évidence la relation étroite existant entre les recrutements de cadres, les investissements, la croissance et les départs à la retraite de cadres en poste. Le scénario retenu par l’Apec, dans le cadre de ce modèle est celui d’une « croissance soutenue ».

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Les conditions d’une reprise économique soutenue semblent enfin réunies après plusieurs années d’une croissance française atone ou au mieux bridée. En effet, dans la lignée d’un dernier trimestre 2016 bien orienté, elle devrait s’accélérer avec une hausse prévue du PIB de 1,6 % sur l’ensemble de l’année 2017. Cette performance se rééditerait en 2018 et s’amplifierait jusqu’en 2019 pour atteindre +1,8 %.

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L’amélioration serait liée à différents facteurs au premier rang desquels, on retrouve l’investissement des entreprises. Portés par des perspectives d’activités bien orientées, ainsi que par le faible coût du capital et la progression du taux d’utilisation des capacités de production, les agents économiques devraient intensifier leurs dépenses d’investissement. Ceci malgré la fin de la mesure fiscale de suramortissement effective en avril 2017. Dans le même temps, l’investissement des ménages en biens immobiliers devrait se montrer dynamique, favorisé par des facteurs temporaires tels que l’assouplissement du prêt à taux zéro, la loi Pinel, et les taux d’intérêt bas.

  • Au total, la Formation Brute de Capital Fixe pourrait progresser de +2,3 % en 2017. Cette hausse gagnerait en intensité en 2018 (+2,9 %) et en 2019 (+3,3 %). Le secteur de la construction devrait également retrouver des couleurs, au même titre que l’industrie manufacturière, avec des carnets de commandes fournis.
  • La croissance française pourrait également s’appuyer sur une contribution positive du commerce extérieur. En effet, le millésime 2016 a été marqué par des contre-performances à l’exportation liées, d’une part à des évènements exceptionnels (baisse de l’attractivité touristique, mauvaises récoltes, défaillance dans les chaînes de production d’Airbus) et d’autre part, à la faiblesse de la demande extérieure adressée à la France. En 2017, les entreprises exportatrices devraient tirer profit de la bonne tenue du commerce mondial et profiter de contrats d’envergure signés dans l’aéronautique. Mais surtout, les gains de compétitivité engrangés grâce au CICE et au Pacte de Responsabilité et de Solidarité pourraient leur permettre de reconquérir des parts de marché.
  • Seul bémol : la progression des dépenses de consommation des ménages pourrait se tasser. En cause, la baisse de leur pouvoir d’achat liée à la remontée des prix de l’énergie. Phénomène qui pourrait se traduire par la constitution d’une épargne de précaution.
  • Les créations nettes d’emplois devraient s’intensifier : 203 000 emplois salariés marchands seraient créés en 2017, selon l’Insee. Elles contribueraient à faire reculer le taux de chômage, dans un contexte où la progression de la population active devrait être moins soutenue. Néanmoins, la trajectoire de réduction du chômage pourrait s’avérer lente : le taux de chômage au sens du BIT s’établirait à 9,4 % (y compris DOM) à fin 2017, soit – 0,6 point sur un an (fin 2016, le taux de chômage des cadres calculé par l’Insee au sens du BIT s’élevait à 3,5%).
  • Les cadres pourraient tirer bénéfice de cette croissance soutenue. La part des cadres en poste au moment de leur départ à la retraite pourrait, dans cette configuration, se consolider et s’établir à 53 % en 2019.

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Si ces prévisions font l’objet d’un consensus fort de la part de différents instituts de conjoncture, il n’en demeure pas moins que l’ensemble des observateurs fait mention d’aléas importants :

  • Au niveau national : ceux-ci concernent la capacité de rebond des exportations françaises toujours potentiellement affectées par le déficit chronique de compétitivité du tissu productif français ainsi que par l’évolution de la consommation des ménages.
  • Au niveau international : l’impact à venir du Brexit, la situation géopolitique tendue au Moyen-Orient, les tentations isolationniste et protectionniste de l’administration Trump ou encore les menaces terroristes extrêmes sur le sol européen pourraient contrarier l’enchaînement vertueux qui se profile.

Enfin, selon le baromètre trimestriel de l’Apec, la confiance des entreprises est largement de mise. Elles sont ainsi 58% à avoir l’intention de recruter au moins un cadre au cours du 3ème trimestre 2017. Cette proportion est en hausse de 6 points par rapport à la même période il y a un an. Autre point fort de cet indicateur : si la proportion d’entreprises ayant recruté au deuxième trimestre 2017 est stable par rapport à 2016, c’est à un niveau élevé. Enfin, ces perspectives favorables devraient profiter à tous les profils de cadres, les entreprises se montrant notamment plus ouvertes aux embauches de jeunes diplômés et de cadres très expérimentés qu’il y a un an. (cf. Baromètre No 60 –3e trimestre 2017)

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En 2017, le nombre de recrutements de cadres augmenterait de 5 % et approcherait du seuil des 215 000. Cette prévision est proche de la médiane de prévision établie à partir de la dernière enquête annuelle de l’Apec menée auprès des entreprises fin 2016. Si ce chemin de croissance et d’investissement se confirmait, le volume de recrutements de cadres atteindrait en 2019 un niveau inégalé : il s’établirait à près de 237 000, après un peu plus de 225 000 en 2018.

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Source : Apec

Les technos qui pourraient révolutionner notre quotidien

Nous verrons certainement la réalité d’un autre œil avec la multiplication des usages reposant sur la réalité virtuelle. Cette technologie permet de plonger dans des environnements imaginaires grâce à un casque (parfois couplé à des accessoires). La réalité pourrait être aussi « augmentée » avec l’intégration d’objets ou d’informations dans notre champ de vision via un smartphone ou un pare-brise. L’affichage de ces données permettra de mieux nous guider (aide à la navigation) ou de nous apporter des informations complémentaires (visites guidées par exemple).

Des chatbots devraient également se multiplier. Ces logiciels-robots nous assisteront et nous conseilleront. Plus perfectionnés, des logiciels « experts » seront également capables de pointer les zones anormales pour faciliter le travail d’un radiologue.

Ils pourraient s’appuyer sur les technologies de Machine Learning. Il s’agit d’algorithmes permettant à un système d’adapter ses analyses et son comportement, en se fondant sur l’analyse de données empiriques provenant d’une base de données ou de capteurs.

100 millions de fois plus rapides

L’analyse de ces bases de données pourrait être optimisée et accélérée grâce à des calculateurs quantiques. En travaillant sur des qubits (ou bit quantique) dont l’état peut posséder plusieurs valeurs, leur vitesse de calcul serait beaucoup plus rapide qu’avec des ordinateurs classiques. Grâce à l’ordinateur quantique D-Wave 2X, la Nasa et Google seraient parvenus à atteindre des vitesses de calcul 100 millions de fois plus rapides que les ordinateurs classiques.

De nombreuses professions pourront également s’appuyer sur des drones afin de récupérer des informations déterminantes : optimisation des récoltes, surveillance des forets, urbanisation… À la différence des modèles destinés aux particuliers, les drones à usages professionnels ont souvent une capacité de charge plus importante, un temps de vol plus long et des capteurs plus précis, améliorant la sécurité du vol. Ils pourraient donc être utilisés des premiers secours ou de la maintenance.

Selon le Gartner, la Blockchain est promise à un bel avenir car les applications sont multiples : renforcement de la confidentialité des données, sécurité des transactions… Elle pourrait « révolutionner » différents secteurs d’activité et en particulier tous les intermédiaires de « confiance » chargés de vérifier l’identité d’une personne en prenant au passage une commission plus ou moins élevée.

Notre quotidien pourrait être « révolutionné » avec la maison connectée. De nombreux objets (thermostats, caméras, capteurs d’environnement…) amélioreraient notre confort, notre sécurité,tout en réalisant des économies d’énergie. La généralisation de la 5G et de l’impression 3D ouvre de nouvelles perspectives : échanges de données plus rapides, personnalisation des objets, production à la demande…

Bardé de capteurs et reposant sur de multiples bases de données, notre espace de travail sera aussi connecté pour améliorer l’efficience des employés et des organisations.

Philippe Richard

Production d’électricité : quand des enzymes rivalisent avec le platine

Une pile à combustible convertit l’énergie chimique de combustion de l’hydrogène en énergie électrique. Si elle est considérée comme un procédé propre – car elle ne rejette aucun gaz à effet de serre – la pile à combustible utilise néanmoins comme catalyseurs1 des métaux rares et coûteux, tel le platine, pour l’oxydation de l’hydrogène et la réduction de l’oxygène. Ces dernières années, l’identification de biocatalyseurs, des enzymes aux propriétés remarquables, a relancé très activement la recherche : leur activité de transformation de l’oxygène, mais surtout de l’hydrogène, est comparable à celle du platine.  L’activité des hydrogénases était, jusqu’à récemment, inhibée par l’oxygène et donc incompatible avec une utilisation en pile.

Depuis plusieurs années, des chercheurs du laboratoire de Bioénergétique et ingénierie des protéines (CNRS/Aix-Marseille Université) développent une nouvelle génération de biopiles. Ils ont remplacé le catalyseur chimique (le platine) par des enzymes bactériennes : à l’anode2, l’hydrogénase (clé de conversion de l’hydrogène dans de nombreux microorganismes), et la bilirubine oxydase à la cathode3. Ils ont donc identifié une hydrogénase active en présence d’oxygène et résistante à certains inhibiteurs du platine comme le monoxyde de carbone. En collaboration avec le Centre de recherche Paul Pascal (CNRS/Université de Bordeaux), ils ont aussi exploré la biodiversité pour identifier des enzymes thermostables qui résistent à des températures entre 25° et 80°.

Faire évoluer ces bioprocédés du laboratoire vers un développement industriel supposait cependant de lever deux verrous majeurs : en 2014, leur premier prototype était notamment limité par les faibles puissances générées et par la stabilité des enzymes. Un changement d’échelle était donc nécessaire, tout en maintenant l’activité des enzymes et en les protégeant d’inhibiteurs éventuels. Troisième enjeu majeur, la diminution des coûts, et donc entre autres, minimiser les quantités d’enzymes mises en jeu. Autant de points qui nécessitent un travail fondamental et pluridisciplinaire de compréhension des facteurs limitant la bioélectrocatalyse.

En incorporant progressivement les deux enzymes thermostables dans une architecture carbonée, les chercheurs ont apporté une solution à ces trois problématiques. La porosité adaptée d’un feutre de carbone fait office de structure hôte pour les enzymes, mais sert aussi de protection contre des espèces chimiques générées lors de la réduction de l’oxygène et qui altèrent l’activité des enzymes. La pile peut ainsi fonctionner sans perte de performance pendant plusieurs jours.

Grâce à cette architecture contrôlée et aux propriétés intrinsèques des enzymes, les chercheurs sont parvenus pour la première fois à quantifier la proportion d’enzymes participant effectivement au courant, mettant en évidence que les courants délivrés par le biocatalyseur sont très proches des objectifs attendus pour le platine. Ils ont de plus établi un modèle numérique permettant de déterminer la géométrie optimale de la pile. Ces biopiles apparaissent ainsi comme une alternative aux piles à combustibles classiques : la biomasse peut être utilisée à la fois pour fournir le combustible (l’hydrogène) mais également le catalyseur (les enzymes), par nature renouvelable.

biopile
© Ievgen Mazurenko, BIP Biopile à combustible H2/O2 basée sur une hydrogénase thermostable résistante à l’oxygène et au monoxyde de carbone à l’anode et une bilirubine oxydase thermostable à la cathode fournissant des courants de l’ordre de l’ampère par milligramme d’enzymes.

Notes :

1. Un catalyseur permet d’activer ou d’accélérer des réactions chimiques.
2. Électrode à laquelle a lieu une réaction d’oxydation. Il s’agit du pôle négatif dans une pile électrique.
3. Électrode à laquelle a lieu une réaction de réduction. Il s’agit du pôle positif dans une pile électrique

Références :

Impact of Substrate Diffusion and Enzyme Distribution in 3D-Porous Electrodes: a combined electrochemical and modelling study of a thermostable H2/O2 Enzymatic Fuel Cell, Ievgen Mazurenko, Karen Monsalve, Pascale Infossi, Marie-Thérèse Giudici-Orticoni, Frédéric Topin, Nicolas Mano, Elisabeth Lojou, Energy & Environmental Science, 17 août 2017. DOI : 10.1039/C7EE01830D

Source : cnrs

Le stockage de données sera-t-il moins énergivore ?

Le stockage des données sur les disques durs d’ordinateurs se fait sous forme magnétique. Chercheurs et ingénieurs tentent de réduire toujours davantage la taille réelle de ces bits mais aussi d’en réduire la consommation électrique. D’après une étude de l’Université de Standford,  parue en 2013, les quelque 500.000 data centers existants dans le monde consommeraient environ 30 milliards de Wh d’électricité par an, soit l’équivalent de la production de 30 centrales nucléaires.

Sur les disques durs actuels, le stockage de données se fait à l’aide d’une petite tête magnétique, qui parcourt le disque dur, un peu à la manière d’une aiguille de lecture sur un disque en vinyle. C’est le principe de l’aimantation (soit par commutation magnétique ou courants électriques à spin polarisé). Mais cela exige des courants électriques relativement élevés qui chauffent les matériaux et entraînent une importante perte d’énergie par dissipation de chaleur (effet Joule). On estime par exemple que 40 % de l’énergie des ordinateurs est perdue par dissipation de chaleur.

D’où les projets de Google notamment d’implanter ses serveurs sous l’eau ou dans les pays nordiques, afin de bénéficier de températures peu élevées.

Le projet SPIN-PORICS, financé par l’UE, a indiqué dans la revue Advanced Functional Materials être parvenu à créer un nouveau matériau prometteur présentant des propriétés similaires à celles d’une éponge. Ce projet SPIN-PORICS (Merging Nanoporous Materials with Energy-Efficient Spintronics) a créé des prototypes de mémoires magnétiques nanoporeuses à partir d’alliages de cuivre et de nickel (CuNi).

L’équipe du projet a signalé avoir pu obtenir une réduction de la coercivité magnétique de 35 %, atteignant ainsi la consommation d’énergie nécessaire pour réorienter les domaines magnétiques et enregistrer ainsi les données. Selon le professeur Jordi Sort, coordinateur du projet, « ce nouveau concept peut contribuer à réduire l’énergie consommée par les ordinateurs, l’informatique et le traitement des données magnétiques en général.  La mise en œuvre de ce matériau dans les mémoires d’ordinateurs et d’appareils mobiles peut présenter de nombreux avantages, principalement au niveau de l’économie d’énergie directe réalisée au niveau des ordinateurs et du gain d’autonomie des appareils mobiles. »

Philippe Richard

Bruno Le Maire mise sur l’innovation pour relancer l’économie française

La France a le niveau de dépenses publiques le plus élevé en Europe, mais est loin d’être le pays européen qui se porte le mieux. Bruno Le Maire, ministre de l’Economie en dresse un triste portrait: « balance commerciale déficitaire, niveau de chômage : élevé, et croissance faible ». Le Gouvernement a donc décidé de réduire un certain nombre de dépenses publiques. « Nous estimons qu’avec la révolution digitale, nous pouvons faire mieux avec moins de moyens budgétaires », défend Bruno Le Maire. Par ailleurs, les collectivités locales devront aussi faire des économies, car « elles doivent participer à l’effort », estime le ministre.

Grâce à ces économies, la France pourra tenir ses engagements européens pour « retrouver de la crédibilité » et « du poids politique », prévient Bruno Le Maire. Ainsi, le pays gagne « des marges de manoeuvre pour relancer l’économie française ». Baisse de l’impôt sur les sociétés, transformation de l’impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière, taxation unique des revenus de l’épargne à 30%, suppression de la taxe d’habitation pour une partie des ménages… Voici les principales mesures fiscales pour redonner de l’air aux ménages et aux entreprises.

Des marges de manœuvre pour l’innovation?

Surtout, Bruno Le Maire mise sur l’innovation pour relancer l’économie française. « L’innovation, c’est la clé de l’avenir économique de notre pays », assure-t-il. Mais pour l’instant, la France n’est pas au niveau. « Les révolutions technologiques en cours, […] la révolution digitale, […] les transformations majeures liées à l’intelligence artificielle ne nous attendront pas », prévient le ministre. La France doit réagir vite pour avoir sa place dans ces innovations de ruptures, telles que la voiture autonome.

Face à ce constat, « il faut dégager les moyens nécessaires pour que nos entrepreneurs puissent investir, innover », réagit Bruno Le Maire. Ainsi, il annoncera « d »ici quelques semaines », la cession de participations de l’Etat dans un certain nombre d’entreprises publiques et  la privatisation de certaines entreprises afin de financer l’innovation. De quoi se débarrasser d’entreprises qui ne sont plus jugées stratégiques pour notre avenir industriel.

Repenser le système éducatif

Au-delà des dépenses, des économies et des moyens dégagés pour l’innovation, « la question économique la plus importante est la question éducative », affirme le ministre de l’Economie. « Face à la révolution technologique, ce n’est pas que l’outil productif français qu’il faut transformer, c’est tout le système éducatif », poursuit-il. Ainsi, la filière scientifique doit être renforcée, l’apprentissage toujours plus développé. Car la France manque encore d’ingénieurs et de techniciens spécialisés.

Surtout, il faut revoir la réussite à la française et adopter un nouvel « état d’esprit ». « Il faut que nous apprenions à nos enfants le goût de la conquête, la liberté d’entreprendre… », prévient Bruno Le Maire. Et que la France soit capable de « penser l’innovation du futur », plutôt que de suivre, le plus souvent, le peloton.

Avancer grâce à une finance responsable

Bruno Le Maire tacle François Hollande et son fameux « Mon véritable adversaire […] c’est le monde de la finance », prononcé au Bourget en 2012. « Nous avons besoin de la finance pour développer nos start-ups, nos entreprises, nos usines et nos projets, défend le nouveau ministre. Une finance responsable qui évite les abus et dont les comportements excessifs seront condamnés ». Car sans finance, pas de nouveaux investissements.

Pour que cette transition réussisse, elle devra s’inscrire dans un renforcement européen global. Bruno Le Maire rêve d’un continent européen fort, capable d’imposer des règles et des normes. Et qui résiste ainsi à la volonté de conquête économique de la Chine et des Etats-Unis.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Energies Lyon 2017, le plein d’énergies

La région Rhône-Alpes est la 1ère région française de production d’énergie et d’électricité en Europe, le nucléaire, quant à lui, occupe le 4ème secteur en matière de R&D en France. Elle soutient par ailleurs fortement la recherche dans ce domaine avec une politique favorable à l’essor de la cogénération et se positionne désormais aussi comme un espace prometteur et en pointe pour le développement des énergies renouvelables.

Le sillon rhodanien constitue un cadre favorable au développement énergétique et met tout en œuvre afin de pérenniser ce leadership. Effectivement, des réseaux d’innovation sont spécialisés dans les secteurs de protection environnementale ainsi que de maîtrise d’énergie.

 

C’est donc par choix stratégique que le salon Energies Lyon se tiendra à Eurexpo en Septembre. Il permettra aux professionnels de l’énergie, fournisseurs et investisseurs, de se rencontrer pendant  deux jours.

Les 360 sociétés présentes sont spécialisées dans leur domaine d’activité et apporteuses de solutions innovantes, que ce soit en terme de certification, de protection ou encore de prévention. Ils seront là pour démontrer leur savoir faire, et, véritables experts, ils présenteront des solutions innovantes dans les domaines de l’ingénierie, de la recherche et du développement entre autres, où – transition énergétique oblige – industrialisation rime avec environnement.

Quant aux visiteurs, nous retrouverons les investisseurs, décideurs et prescripteurs de la production et de la R&D ; professionnels des secteurs du Nucléaire, Thermique, Hydraulique, Solaire ou encore Pétrochimie & Gaz.

Ils pourront à cette occasion se tenir informés des nouveaux produits, des applications technologies et des solutions de procédés qui leur seront présentés, avec  conférences produit, tables rondes ainsi que sessions d’étude, animées par des spécialistes. Par ailleurs, des bureaux d’affaires seront mis en place. C’est par ce biais que les visiteurs auront la possibilité de prendre rendez-vous avec les exposants, ce dès la mise en ligne de la liste de ceux-ci.

 

Ce salon a un rôle de leader en tant que plate-forme d’innovation, d’information et de contact. Parallèlement, il offre une plate-forme idéale pour les échanges de connaissances et la consolidation des relations.

 

Info pratiques :

Parc des expositions EUREXPO / Hall 4.1 / Avenue Marius Berliet / 69680 Chassieu

mercredi 20, 9h00 – 18h00 / jeudi 21, 9h00 – 17h00

 

Entrée : gratuite, réservée aux professionnels, avec ou sans invitation.

 

Contact :

Claire GAOUDITZ – 02.38.95.25.00 – [email protected]

www.energieslyon.com

Chimie Lyon 2017, le coeur de toutes chimies

Dans les domaines de la pétrochimie, de la chimie minérale, analytique ou organique on retrouve  des  acteurs  mondiaux comme  TOTAL,  ARKEMA,  SOLVAY,  BLUESTAR  SILICONES,  GDF  Suez,  KEM  ONE  ou  encore  IFP  ENERGIES NOUVELLES. Les domaines connexes tels que la pharmacie ou la plasturgie y sont également très représentés. Toute la chaîne de valeur de la chimie est présente ici, ainsi que de nombreux centres de R&D, établissements de formation spécialisés, et pôles de compétitivité tel qu’AXELERA, unique cluster français dans le domaine de la chimie et de l’environnement.

 

C’est donc par choix stratégique que le salon Chimie Lyon se tiendra à Eurexpo en Septembre, en partenariat avec de multiples organismes tel que GIMRA, MASE Rhône Alpes et SFSTP. Il permettra aux professionnels de la chimie, fournisseurs et investisseurs, de se rencontrer pendant  deux jours.

Les 360 exposants que nous comptons sont des spécialistes dans leur domaine et apporteurs de solutions, que ce soit en terme de certification, de protection ou encore de prévention. Ils seront là pour démontrer leur savoir faire, et, véritables experts, ils présenteront des solutions innovantes dans les domaines de la technologie de laboratoire et procédés, de la recherche et du développement.

Quant aux visiteurs, nous retrouverons les investisseurs, décideurs et prescripteurs de la production et de la R&D ; professionnels des secteurs de la pharmacie, chimie, biotechnologie, cosmétique ou encore des produits alimentaires.

Ils pourront à cette occasion se tenir informés des nouveaux produits, des applications technologies et des solutions de procédés qui leur seront présentés, avec  conférences produit, tables rondes ainsi que sessions d’étude, animées par les spécialistes de la chimie. Par ailleurs, des bureaux d’affaires seront mis en place. C’est par ce biais que les visiteurs auront la possibilité de prendre rendez-vous avec les exposants, ce dès la mise en ligne de la liste de ceux-ci.

 

Ce salon a un rôle de leader en tant que plate-forme d’innovation, d’information et de contact. Parallèlement, il offre une plate-forme idéale pour les échanges de connaissances et la consolidation des relations.

 

 

Info pratiques :

Parc des expositions EUREXPO / Hall 4.1 / Avenue Marius Berliet / 69680 Chassieu

mercredi 20, 9h00 – 18h00 / jeudi 21, 9h00 – 17h00

 

Entrée :

Gratuite, réservée aux professionnels, avec ou sans invitation.

 

Contact :

Claire GAOUDITZ – 02.38.95.25.00 – [email protected] – www.chimielyon.com

Episode # 7: le projet Effiscience

Alicia Machet-Reneuil gara son Aston Martin sur le parking visiteurs du siège social de l’entreprise Soob, groupe international spécialisé dans la fabrication de fibres de verre et de carbone. La société était florissante mais avait pourtant fait appel à son cabinet d’expertise, afin d’accroître sa rentabilité. Les bénéfices mirobolants stagnaient, au grand désespoir des actionnaires propriétaires, qui en voulaient toujours plus, et du Comité Directeur, qui craignait de se voir remplacé.

D’une allure aussi élégante que rapide, Alicia pénétra dans le hall et apprécia l’efficacité du poste d’accueil, qui très rapidement lui présenta d’un geste professionnel un badge l’habilitant à pénétrer dans les locaux de l’entreprise. La concurrence industrielle faisait rage, et on ne lésinait pas sur la sûreté. En quelques secondes, elle put rejoindre les ascenseurs et commença à distinguer les changements qu’elle avait opérés dans l’entreprise.

Quelques semaines plus tôt, à cette heure-là, ils étaient des dizaines de cadres à attendre devant les portes des ascenseurs en échangeant poignées de main, sourires, anecdotes, comptes rendus de soirée. Aujourd’hui, seules cinq personnes s’y engouffrèrent avec elle puis immobiles et muettes, restèrent ainsi, jusqu’à leur étage.

Alicia sourit en elle-même : la mission avait semblé difficile dans un premier temps, car les processus classiques d’optimisation avaient déjà été appliqués. Mais grâce à la technologie, elle était parvenue à un résultat qui devait plaire à ses commanditaires.

Elle entra d’un pas conquérant à l’étage de la Direction Générale pour se rendre dans la salle du Comité de Direction. Aucun bruit de conversation ne lui parvint en longeant le grand couloir luxueux. Là encore, on ne trouvait que des cadres supérieurs strictement affairés devant leurs écrans.

En pénétrant dans la grande salle, l’atmosphère studieuse et concentrée qu’elle avait ressentie tout au long de sa progression changea du tout au tout. Là, dix hommes stressés semblaient avoir perdu tout contrôle et s’accusaient mutuellement. La situation qui avait paru à Alicia parfaite jusque-là venait de se renverser. Certains visages lui semblaient particulièrement hostiles. Affichant un masque imperturbable et serein, elle lança un Bonjour à la cantonade.

Un silence glacial accompagna son installation. Son esprit recherchait désespérément des explications. Qu’est-ce qui avait pu foirer ? Les chiffres étaient pourtant à la hauteur de leurs espérances. Son bonus allait exploser, elle en était certaine une demi-seconde auparavant. Alors quoi ?

Elle décida de prendre l’offensive mais le CEO la précéda.

– Qu’est-ce que c’est ce bordel ? J’exige des explications ! Et des solutions !

Il était rouge de colère. Alicia, sans plus information sur ce qui se passait, prit sa voix la plus posée pour répondre :

– De quoi parlez-vous exactement ? Des résultats de votre entreprise, qui ont progressé en un mois, autant qu’en une année pleine ? Il me semblait que c’était pour cette raison que vous m’aviez demandé d’intervenir.

Le CEO éructa alors :

– Résultats qui seront entachés par la hausse des assurances, le paiement des primes de prévoyance et surtout par notre réputation, qui se ternit chaque jour ! Vous croyez qu’un mort par continent et par jour va nous permettre de rassurer nos actionnaires ? Que les journalistes et la police vont rester indifférents à l’hécatombe ? Je vous préviens, Madame Machet-Reneuil, je n’irais pas en prison tout seul !!!

Alicia blêmit. Les études n’avaient montré aucune mortalité liée à la technologie qu’elle employait. De quoi parlait donc le CEO ?

– Attendez ! Quels morts ? De quoi parlez-vous exactement ? Il est impossible que notre action soit responsable de morts.

Le plus proche adjoint du CEO prit la parole à son tour, la mine défaite, et d’un ton morne, il raconta :

– Pas directement, c’est sûr. Mais indirectement, il est avéré que certains de nos employés sont morts dans nos usines à cause de ce que nous avons fait.

Le CEO se leva de son siège et s’adressa à tous les membres autour de lui :

– On met immédiatement le projet en stand-by. Et dans l’heure, on appelle tous les directeurs de centres à pousser la sécurité des personnes en objectif numéro un. Cela devrait permettre d’éviter la plupart des accidents de ces derniers jours.

Il fixa Alicia :

– Et vous, Madame Machet–Reneuil, prenez connaissance des données confidentielles que je vous envoie sur les morts récentes survenues dans nos usines et les circonstances de celles-ci. Je vous suggère fortement de les étudier au plus vite et de revenir aussitôt que possible avec une solution fiable, si vous ne voulez pas que votre nom soit associé à cette catastrophe !

Alicia serra les dents sans répondre. Elle accusa réception du fichier confidentiel qu’elle venait de recevoir et prit congé sans ajouter un mot. Arrêter le projet était stupide ! Les résultats étaient là, la technologie bien ficelée, elle ne comprenait vraiment pas.

Elle reprit le grand couloir en sens inverse et retrouva l’atmosphère qui l’avait tant enchanté une heure plus tôt. Au niveau de l’escalier central, Alicia croisa Michelle Demachelet, la responsable communication, les bras chargés de plaquettes commerciales. Elle avait eu l’occasion de la rencontrer lors des semaines d’audit et avait apprécié l’enthousiasme de cette grande femme brune. Elle lui sourit mais Michelle, comme les autres employés, était entièrement concentrée sur sa tâche et ne lui jeta même pas un regard. C’était l’aspect négatif de l’optimisation qu’elle avait apporté à l’entreprise : les rapports humains superflus étaient abolis. Seules comptaient l’efficacité et la rationalisation. Les membres du CoDir échappaient à ce processus, par choix.

À peine l’avait-elle dépassé qu’un bruit de chute et un long hurlement lui parvinrent. Alicia se retourna juste à temps pour voir cette scène étrange : Michèle finissant sa chute dans l’escalier, tandis que deux hommes s’écartaient pour ne pas être percutés. Michèle cria à nouveau de douleur, mais les deux hommes poursuivirent leur chemin, sans un regard pour elle. Alicia poussa une porte de bureau, prit d’autorité le téléphone et composa le numéro d’urgence. Elle resta avec Michèle jusqu’à l’arrivée des pompiers, mais celle-ci ne lui adressa aucun mot : sa pâleur et sa respiration saccadée indiquaient pourtant qu’elle souffrait. Les pompiers, qui à leur arrivée n’en tirèrent pas davantage de sons, l’emmenèrent sur un brancard après avoir constaté que sa jambe présentait une fracture,

Hagarde, Alicia resta un moment sans bouger, à analyser cette scène surréaliste, les deux hommes n’avaient à aucun moment essayé de secourir leur collègue et Michèle qui n’avait pas cherché à appeler à l’aide. Elle devait admettre l’évidence, le projet Effiscience présentait quelques failles et pouvait générer des accidents.

Dès son retour à ses bureaux dans un hôtel particulier cossu, Alicia se mit au travail. Elle analysa les rapports d’accidents de Soob survenus les jours précédents. Certains semblaient insensés, comme celui de l’usine de Bhompal en Inde, où un ouvrier avait trouvé la mort en se glissant dans le réacteur de huit cents litres pour débloquer un arbre d’agitation, alors que le réacteur était encore rempli d’un monomère toxique à cent cinquante degrés. Un véritable suicide ! Tous les relevés attestaient en revanche que la production n’avait à aucun moment souffert de retard. Alicia savait qu’un rapport se devait d’être factuel mais l’inhumanité qui transparaissait dans ces fichiers lui donnait le vertige. La technologie Effiscience utilisée dans les usines du Groupe Soob n’était pas censée abolir l’instinct de survie, ni même l’empathie. Elle ne comprenait pas ce qui avait dérapé mais elle comprenait que tout était lié au projet qu’ils avaient mis en place.

Elle interrompit alors la lecture de ces rapports pour revenir au dossier hautement sensible du projet Effiscience. Elle cherchait à comprendre la raison de ces soudains effets secondaires. Pour être totalement honnête, on ne l’avait jamais testé à aussi grande échelle. Elle relut les rapports scientifiques, les premiers tests sur des volontaires, des étudiants désargentés pour la plupart, tous enchantés des résultats. Le processus leur avait permis une meilleure concentration et ils avaient tous, sans exception, réussi haut la main leurs concours ou diplômes, quelle que soit la matière enseignée.

Les tests suivants avaient été réalisés dans une filiale déficitaire d’une entreprise de nettoyage. On avait commencé là, les premiers essais à l’insu du personnel. C’était une première, qui avait mobilisé les avocats les plus retors du cabinet d’expertise d’Alicia.

Là encore, les résultats avaient été foudroyants. La productivité avait immédiatement atteint des sommets. Les responsables de l’entreprise étaient ravis, à tel point qu’ils avaient souhaité étendre le dispositif à tout leur réseau. Le système tournait sans accroc depuis un an. Alicia chercha dans les rapports de l’entreprise des signes de problèmes mais n’en vit aucun. Les premières semaines, le nombre de démissions avait explosé, phénomène qu’ils avaient appris à considérer comme naturel, mais depuis, le turn-over du personnel s’était stabilisé. Les employés n’étaient toujours pas informés du dispositif mis en place. Aucun accident de travail n’était à déplorer.

Prise d’un doute, Alicia contacta son interlocuteur habituel dans l’entreprise de nettoyage, le sous-directeur qui lui envoyait les rapports mensuels. Comme toujours, Patrick Benamou prit un air ravi quand il reconnut son interlocutrice. Alicia vint rapidement à la question qui la taraudait :

– Patrick, je lis dans ton rapport du mois dernier : « accident de travail : 0 ». Et je me souviens que c’était le cas aussi le mois d’avant. À quand remonte le dernier accident de travail chez vous ?

Le regard fuyant, Patrick rit bruyamment :

– Je ne me souviens plus ! Ça n’arrive presque jamais dans le nettoyage, tu sais ? Ce n’est pas spécialement un métier à risques !

– J’en suis sûre. Mais avec plus de cinq mille salariés, il a bien dû se produire au moins une entorse dans l’année !

Patrick Benamou ne souriait plus du tout. Il dit brusquement :

–  Grâce à votre système, nos employés sont hypermotivés. Une entorse ne les empêche pas de faire leur boulot !

Alicia ne s’attendait pas à cet aveu. Elle sentit ses mains devenir moites mais continua sur sa lancée :

– Dis-moi réellement ce qu’il en est. J’ai besoin de l’information. Ça restera entre toi et moi.

Patrick pesa le pour et le contre quelques secondes puis balança :

– Nous n’avons jamais vraiment eu d’accidents de travail, en tout cas notés comme tels. Si un employé se blesse pendant qu’il travaille, il sait qu’il doit en parler avec son chef de section qui le renverra chez lui. On maintient son salaire intégralement. Ils ont tous bien compris qu’ils étaient gagnants à ne pas se déclarer. Les assurances nous font des remises. Tout le monde y trouve son compte !

Alicia hocha la tête pour montrer qu’elle avait compris. Ils prirent rapidement congé, assez froidement. Alicia pencha la tête en arrière et commença à réfléchir. Il n’y avait pas eu d’accident avec les étudiants, mais ceux-ci étaient contrôlés presque en permanence par l’équipe du projet. Dans l’entreprise de nettoyage, il était impossible de savoir combien d’accidents avaient eu lieu et quel pourcentage d’entre eux pouvaient être imputé à la technologie utilisée. Chez Soob, la mortalité atteignait des records. Clairement, le projet posait problème.

Elle prit aussitôt contact avec l’info-biologiste du projet, Lucas Pauret. Bel homme mais d’une froideur clinique. Comme à l’accoutumée, Lucas ne la salua pas quand il prit la communication, sa bouche pincée exprimait même de la contrariété à être dérangé. Alicia savait qu’il lui fallait être rapide et précise dans sa description du problème, mais aussi dans ce qu’elle attendait de lui. Elle ne respira que lorsqu’elle eut décrit la situation en quelques phrases. Le beau visage de Lucas s’adoucit et ses yeux pétillèrent : le problème l’intéressait. Elle le vit réfléchir furieusement au problème quelques instants puis il demanda :

– Quel programme hypnotique utilisez-vous chez Soob ?

– On utilise toujours le même, Lucas. Celui qui fonctionnait chez les étudiants et dans l’entreprise de nettoyage.-

– Ah non, certainement pas. Les étudiants avaient besoin d’un message axé sur leur concentration à étudier, plus un petit bonus sur leur confiance en eux-mêmes. Alors que l’entreprise de nettoyage avait besoin de donner à ses employés peu qualifiés un ordre clair. Exécuter les tâches à réaliser, rapidement. C’est tout.

– Tu crois que le problème vient de là ?

– Évidemment ! N’importe quel crétin comprendrait que le produit que vous administrez aux employés, celui qui permet d’atténuer les effets du côté droit du cerveau et d’augmenter la rationalité du côté gauche, associé à un message hypnotique trop basique du genre « exécute tes tâches et seulement elles » ne peut s’appliquer qu’à des personnes dont l’activité est simple et répétitive ! Sinon, c’est un désastre ! Dans cette société, vous avez gravement sous-estimé la professionnalisation des opérateurs de production. Ils ont besoin d’ordres plus complexes. Revois les messages hypnotiques avec Simon et tout rentrera dans l’ordre.

– D’accord. Merci Lu…

Lucas avait déjà coupé la communication. Alicia se massa les tempes. Si elle avait bien compris, à chaque catégorie de personnel, il faudrait adapter le message hypnotique. Matériellement parlant, ce n’était pas un problème, puisque chaque employé recevait son traitement quand il badgeait le matin. Le produit faisait ensuite effet pendant huit à dix heures. Le message pouvait tout à fait être adapté de façon individuelle.

Elle prit aussitôt rendez-vous avec le CEO de Soob avant même de contacter Simon. À son grand soulagement, celui-ci lui indiqua que le travail serait en réalité assez rapide : il allait se contenter d’un copier-coller des grandes lignes des fiches de poste de l’entreprise. Celles-ci n’omettaient jamais d’inclure les aspects sécurité et qualité. Cela devrait suffire à ramener la sérénité dans l’entreprise.

Dès le lendemain matin, elle était à pied d’œuvre dans la salle du Comité Directeur de Soob. Elle n’hésita pas à tenir pour responsable le CEO de l’erreur qui avait été commise. Officiellement en tout cas, il était celui qui avait gravement sous-estimé ses collaborateurs. Elle convainquit, culpabilisa, encouragea le CoDir à modifier les messages hypnotiques, en les rendant plus personnalisés. Décision fut prise de redémarrer le projet, usine par usine, continent par continent afin de parer à tout problème qui apparaîtrait.

Alicia était satisfaite. Dans un mois, on ferait un bilan qu’elle imaginait déjà très positif. Et à elle, le beau paquet de millions ! Sur le trajet de retour, elle eut la vision de ces centaines d’ouvriers, disciplinés et silencieux, qui n’avaient qu’une seule idée en tête : faire le maximum pour leur entreprise. Si besoin, certains n’hésitaient pas à démissionner s’ils estimaient qu’ils n’apportaient pas suffisamment de valeur ajoutée.

Comment tous ces gens ne pouvaient pas avoir de soupçon ? L’effet s’atténuait lentement dans l’organisme et on se retrouvait le soir à la maison, épuisé par une dure journée de travail de zombie, sans avoir échangé un seul mot de la journée ? Ce devait être très étrange comme sensation. Alicia sentit la chair de poule sur ses bras et chassa ces idées pour se concentrer sur les achats qu’elle prévoyait de faire une fois son compte en banque lesté de plusieurs millions d’euros.

Un mois plus tard, Alicia garait à nouveau son Aston-Martin sur le parking de Soob. Pour l’occasion, elle avait analysé toutes les revues de presse, en plus du rapport hebdomadaire du CoDir. Les résultats nets étaient prodigieux et aucune victime n’apparaissait dans la colonne débit. Cette technologie allait vraiment révolutionner le monde du travail ! Et lui rapporter des sommes colossales !

Le garde de l’accueil lui procura un badge visiteur, en échange de sa carte d’identité, et elle monta au dernier étage pour un débriefing complet. Mais son exaltation tomba au fur et à mesure que l’ascenseur grimpait les étages. Elle prenait conscience qu’elle n’était qu’un intermédiaire entre des entrepreneurs qui souhaitaient augmenter leur rentabilité et un groupe de scientifiques qui avaient trouvé le moyen de forcer les employés à travailler davantage. Si on réfléchissait bien, son rôle était mineur.

Elle prit place à la table du Comité Directeur et écouta posément les retours positifs du projet Effiscience dans l’entreprise. Les défauts avaient été corrigés, rien n’empêchait le système de continuer. Alicia hocha poliment la tête. Le CEO prit la parole pour la remercier personnellement. Alicia répondit que c’était son travail et qu’elle n’avait rien fait d’exceptionnel en réalité. Elle signa même un document qui lui permettait de refuser son bonus. Elle estimait que l’argent serait plus utile à l’entreprise. Elle rangea sagement ses affaires et quitta la société, sans un centime et sous le regard goguenard du CEO.

Madelicea

Garanties d’origine: révolution en perspective !

L’article 13 de la LOI n° 2017-227 du 24 février 2017 met désormais la pression sur les producteurs d’énergie renouvelables pour émettre les garanties d’origine. Ainsi, le producteur d’une installation de plus de 100 kilowatts qui bénéficie d’une obligation d’achat ou d’un mécanisme de complément de rémunération dispose d’un « délai fixé par décret » pour émettre ses garanties d’origine. Un délai certes encore inconnu, mais au bout duquel « celles-ci sont émises d’office, en tout ou partie […]au bénéfice de l’Etat ». Et le ministre en charge de l’énergie les mettra ensuite aux enchères pour diminuer les « charges imputables aux missions de service public ».

« Le mécanisme d’obligation d’achat était un prix fixé par l’Etat auquel EDF rachetait l’énergie, rappelle Julien Tchernia, Président et cofondateur du fournisseur d’électricité ekWateur. Avec ce mécanisme, EDF ne gagnait pas plus à vendre les garanties d’origine : il les gardait donc sans jamais ne les mettre sur le marché« . Cela limitait donc le nombre de garanties d’origine disponibles et par là le nombre de fournisseurs alternatifs pouvant se targuer de proposer de l’électricité verte d’origine française.

Vendre 100% des garanties d’origine françaises

Avec l’entrée en vigueur du mécanisme de complément de rémunération, l’Etat a décidé de réagir.  Ce système est une prime versée aux producteurs d’énergies renouvelables en complément de la vente de l’électricité sur le marché et de ses garanties d’origine de gré à gré.

L’Etat veut s’assurer que les garanties d’origine diminuent un peu le montant des subventions accordées pour faire baisser la CSPE. Les producteurs sont invités à émettre rapidement leurs garanties d’origine associées. Sinon, l’Etat se les réserve. « Cela va augmenter la disponibilité des garanties d’origine », se félicite Julien Tchernia. Et les premières enchères devraient avoir lieu dès la fin de cette année. « Pour 2017, les garanties d’origine correspondant à la consommation de nos clients doivent être annulées d’ici mars 2018« , rappelle Julien Tchernia.

Les garanties d’origine, comment ça marche ?

Selon le code de l’énergie, « une garantie d’origine est un document électronique servant uniquement à prouver au client final qu’une part ou une quantité déterminée d’énergie a été produite à partir de sources renouvelables ou par cogénération ». Ce document contient notamment un numéro unique d’identification. Mais aussi des informations sur la source d’énergie à partir de laquelle l’électricité a été produite, le producteur, le pays et la date de production. Notons qu’une garantie ne peut être utilisée que dans les douze mois suivant la production de l’unité d’énergie correspondante.

Depuis mai 2013 et jusqu’en 2018, les producteurs émettent ces garanties auprès de Powernext, en sa qualité de gestionnaire du Registre national des garanties d’origine de l’électricité en France. Pour chaque MWh d’électricité d’origine renouvelable, une garantie d’origine est émise par Powernext.

Comment les fournisseurs d’électricité les utilisent ?

Un fournisseur d’électricité peut acheter son électricité sur le marché, par des contrats d’approvisionnement avec des producteurs d’électricité renouvelable ou non, ou par l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh). Pour que les fournisseurs puissent proposer des offres « vertes », ils achètent en parallèle des garanties d’origine, auprès de producteurs d’énergies renouvelables, n’importe où sur le territoire européen. En effet, les garanties d’origine émises par un Etat membre ont valeur en tout point de l’Union européenne. Ils pourront désormais aussi se les procurer aux enchères auprès de l’Etat français. « En fin d’année, les fournisseurs achètent les garanties d’origine aux producteurs et on les fait annuler à Powernext pour qu’elles ne puissent pas être réutilisées« , résume Julien Tchernia « Cette électricité est comptabilisée dans notre mix énergétique comme électricité renouvelable et elle ne peut plus être comptabilisée par quelqu’un d’autre« , précise-t-il.

Au final, combien cela coûte-t-il? « Le prix d’une garantie d’origine varie beaucoup suivant l’origine, le type d’énergie et son ancienneté.. La moins chère en Europe – du renouvelable scandinave – va coûter 20 centimes d’euros. Mais une garantie d’origine d’un petit producteur local français peut monter à 3 euros.« , prévient Julien Tchernia. En France, avec une production renouvelable totale de 94,7 TWh en 2016, 94,7 millions de garanties d’origine pourraient être émises. Pour un montant total tout de même d’au moins 300 millions d’euros.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Revue de presse anglophone #9

  • Comment les fourmis rouges survivent-elles à l’ouragan au Texas ?

 

fourmi

 

 

 

 

Source : Popular Science

  • Votre visage sera t-il bientôt la clé vers toutes vos applications ?

face

 

 

 

 

Source : Wall Street Journal

  • Apple et Google face à la réalité augmentée

apple

Source : The Guardian

  • Les babyloniens connaissaient la trigonométrie

trigo

Source : New York Times

  • Les conservateurs américains ont leurs explications pour la tempête Harvey

houston

Source : The Guardian

  • La combinaison spatiale version Elon Musk

spacex

Source : Washington Post

In Sun We Trust évalue le potentiel solaire de votre toit

Avec la plateforme en ligne InSunWetTust.solar, finies les mauvaises surprises. Elle analyse de manière indépendante le potentiel solaire de votre toit, la rentabilité de l’installation et vous propose des fournisseurs et installateurs de confiance locaux. Que vous soyez un particulier ou une entreprise et que souhaitiez vendre votre électricité ou l’autoconsommer.

L’objectif de David Callegari et Nicolas Bodereau, co-fondateurs de cette start-up est de redorer le blason du photovoltaïque. Lorsqu’ils l’ont lancé fin décembre 2015, près de 90% des Français se disaient abandonner leur projet photovoltaïque par manque d’information et de confiance envers les installateurs. Il fallait réagir !

In Sun We Trust : un outil simple et rapide!

Il existe pour le moment deux versions de l’application. La plus précise a été lancée fin octobre 2016 à Nantes Métropole. La collectivité a noué un partenariat avec la start-up qui a cartographié l’ensemble des toits de ses bâtiments. Les habitants n’ont qu’à entrer leur adresse sur la plateforme et le résultat tombe. Pour la vente d’électricité, le calculateur fournit la production estimée, l’investissement initial, les revenus totaux et la quantité de CO2 économisée. De quoi savoir immédiatement à quel point un projet est rentable ou non.

Un nouveau partenariat a été noué en juin 2017 avec quinze nouvelles collectivités. Parmi elles : Monaco, Grand Pays de Colmar, Pays du Mans, Drancy et Ardèche Verte. D’ici fin la fin du mois d’octobre, elles seront toutes incorporées dans le modèle le plus complet. Cela portera la couverture du système à près de trois millions d’habitants. David Callegari nous confie que d’importantes discussions sont en cours avec 80 nouvelles collectivités pour la fin de l’année. « Au train où vont les choses, nous devrions couvrir 10 millions d’habitants avec la version complète d’ici au printemps 2018 », se félicite-t-il.

Pour les autres Français, pas de panique. La plateforme est disponible au niveau nationale. Simplement, le modèle utilisé est un peu moins précis. Pour fonctionner, il nécessite quelques informations supplémentaires: l’orientation du pan de toiture le mieux exposé, la surface du toit et son inclinaison. Dans tous les cas, les utilisateurs reçoivent un rapport détaillé, contenant le détail des calculs et de la rentabilité de votre projet. S’ils demandent un devis, la start-up leur envoie une sélection d’installateurs locaux et régionaux, signataires d’une charte qualité. Tous les artisans recensés sont recommandés par le monde associatif, sur le base des retours clients. Notons que le service et l’accompagnement sont entièrement gratuits pour les utilisateurs. Ce sont les installateurs référencés qui rémunèrent In Sun We Trust, via un pourcentage sur les contrats passés via la plateforme.

L’innovation au coeur de la transition

Pour arriver à cette prouesse, la start-up a dressé des partenariats de taille. Ainsi, le centre Observation Impact Energie (OIE) des Mines ParisTech fournit les algorithmes, le modèle numérique et les données d’ensoleillement brutes pour le lieu et l’orientation considérés. Celles-ci sont obtenues via le satellite Meteosat et des relevés Météo France. Elles incorporent également l’ombrage due au relief lointain. Par ailleurs, les données topographiques de l’Institut national de l’information géograhique et forestière (IGN) complètent ces données avec l’ombrage proche, provoqué par les bâtiments voisins et la végétation. « Notre partenariat avec l’IGN et les Mines ParisTech nous permet d’utiliser, pour notre simulateur, des algorithmes références à l’échelle européenne en matière de calculs de gisement et d’avoir accès à de précieuses données pour les calculs d’ombrage proche », résume David Callegari.

La start-up est en plein développement. Si elle ne compte qu’une trentaine d’installations à son actif, déjà 300 projets sont en cours d’étude. Le potentiel solaire thermique est également en cours d’intégration au simulateur. S’il est déjà disponible dans la version complète pour les collectivités engagées, il sera disponible au niveau national d’ici l’été 2018.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

PSA déploie ses véhicules autonomes !

Dès 2018, PSA déploiera de nouvelles fonctions de conduite automatisées sur ses véhicules. À partir de 2020, des fonctions progressivement autonomes offriront même au conducteur la possibilité de déléguer la conduite au véhicule, sans supervision. Dans un premier temps, ces fonctions seront réservées aux conduites monotones, sur voies rapides ou en cas d’embouteillages.

PSA a démarré ses premiers tests en juillet 2015 sur routes ouvertes en Europe. Le constructeur annonce actuellement 20 prototypes en circulation et 125.000 kilomètres parcourus à ce jour en mode autonome (niveaux 2 à 4) sur les voies rapides en Europe. Il  teste également l’acceptabilité de ces fonctions avec « une centaine de personnes « non expertes » qui ont déjà testé ses démonstrateurs depuis mars 2017.

D’ici 2020 : du niveau 1 au 2,  avec ou sans les mains

Chez PSA, la voiture autonome arrivera par étapes. Les premières fonctions d’aide à la conduite sont proposées sur les derniers modèles des marques Peugeot et Citroën. Elles sont au premier niveau d’automatistion du véhicule autonome: « Hands on », (avec les mains). Il s’agit de l’Active Safety Brake, une aide à la conduite sous surveillance du conducteur. La voiture adapte sa vitesse et s’arrête automatiquement en cas de freinage brusque du véhicule la précédant. Il y a également  la caméra de recul ou la navigation connectée 3D avec reconnaissance vocale.

PSA annonce pour début 2018 le lancement d’une fonction de conduite automatisée : Highway Integrated Assist sur la DS7 Crossback. La voiture contrôlera sa trajectoire et sa vitesse dans sa voie sur autoroute. Elle nécessitera toujours que le conducteur ait les mains sur le volant (niveau 1). Par ailleurs, la voiture pourra se garer seule ou en bataille sans que le conducteur n’ait à toucher le volant ou les pédales.

Pour les automatisations sans les mains, les véhicules n’ont pas encore été annoncés, mais ces fonctions sont prévues d’ici 2020.C’est le niveau 2 « Hands off » (avec ou sans les mains). La conduite pourra être automatisée sous surveillance du conducteur sur autoroute. Le conducteur pourra ainsi faire autre chose, mais devra être en capacité de reprendre la main instantanément. Le véhicule pourra notamment changer de voie sur décision du conducteur sans avoir les mains sur le volant.

Entre 2020 et 2030 : vers le véhicule 100% autonome

Le niveau 3 « Eyes off » (sans surveillance visuelle) est prévu entre 2020 et 2025 pour PSA. Le conducteur n’aura plus besoin de surveiller en permanence la conduite. Il devra néanmoins pouvoir reprendre le volant en cas de demande du système. C’est la conduite autonome en embouteillage avec une vitesse inférieure à 60 km/, puis autonome sur autoroutes quelles que soient les conditions de trafic à partir de 2025.

Le niveau 4 « Eyes off, Hands off » ou « Mind Off » (sans intervention humaine) est la conduite autonome sans surveillance conducteur. Par rapport aux niveaux précédents, le conducteur n’a plus à être vigilent en permanence. Techniquement, cela demande que le véhicule soit capable de gérer seul toutes les situations. Elle sera proposée par PSA à partir de 2025. Enfin, le niveau suprême est le « Driverless », le véhicule fonctionne de façon 100% autonome et n’a plus jamais besoin de conducteur. Il devrait arriver à partir de 2030.

Partenariat enre PSA et Vinci Autoroutes 

Alors que Renault s’associe à Sanef pour le passage des péages par les voitures Autonomes, PSA travaille avec Vinci Autoroutes depuis 2016. Le 12 juillet dernier, les deux entreprises ont fait passer la barrière de péage de Saint-Arnoult en Yvelines (78) à une Citroën Grand C4 Picasso Autonome. Une étape essentielle vers le développement du niveau 4 pour PSA.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Encore plusieurs freins au véhicule autonome

En France, le code de la route français incorpore les règles de l’ONU de la Convention de Vienne de 1968. Notamment, cette convention stipule à son article 8 que « tout véhicule en mouvement […] doit avoir un conducteur » et que « tout conducteur doit constamment avoir le contrôle de son véhicule ». Ainsi, un conducteur doit rester maître de son véhicule en permanence.

En mars 2016, une première évolution de ce texte a été obtenue. Il autorise désormais les systèmes de conduite automatisée, à condition qu’ils puissent être contrôlés par le conducteur . D’autres travaux sont toujours en cours. « Ceci comprend notamment les systèmes qui, dans certaines circonstances, pendront le contrôle du véhicule, sous le contrôle permanent du conducteur, comme les systèmes veillant au maintien de la trajectoire (pour empêcher un changement de voie accidentel), les fonctions d’assistance au stationnement ainsi que la fonction autopilote sur autoroute », fait savoir la Commission Economique des Nations Unies pour l’Europe  (UNECE). Pour le véhicule 100% autonome, les discussions seront encore plus compliquées.

En attendant, en août 2016, le conseil des ministres a officiellement autorisé, par ordonnance, les expérimentations sur les routes françaises. Qu’ils prévoient une délégation totale de la conduite ou qu’ils ne concernent qu’une délégation partielle.

Harmoniser les infrastructures

Par ailleurs, les infrastructures devront être harmonisées en Europe. Car une voiture autonome prend en considération de nombreuses données pour décider de la route à suivre et de la conduite à mener. Notamment, les marquages au sol et les panneaux de signalisation sont capitaux. Ces règles sont régies par la Directive 2008/96/CE.

La route de demain sera également plus connectée. Et les voitures communiqueront avec l’infrastructure, mais aussi entre véhicules. Pour cela, les réseaux de communication devront se développer : 4G, 5G, wifi automobile, etc.

Mais ce n’est pas tout. Pour homologuer un véhicule autonome, il faudra forcément adapter les procédures. Comment évaluer l’ensemble des fonctions autonomes? S’assurer de la sécurité et de l’efficacité des algorithmes? Un casse-tête pour le législateur et les constructeurs, notamment pour les niveaux autonome 3 à 5.

Qui sera responsable en cas d’accident ?

Les professionnels estiment que le véhicule autonome pourrait réduire les accidents de 90%. Avec cette baisse drastique du nombre d’accidents, plusieurs assureurs pourraient disparaître. Ceux qui voudront survivre devront fortement s’adapter.

En effet, le véhicule autonome nécessite une adaptation de la responsabilité civile. Car qui sera jugé responsable en cas d’accident provoqué par un véhicule autonome? Le conducteur, le passager, le constructeur du véhicule, les  fournisseurs des équipements informatiques ou les concepteurs des algorithmes?

Pour aider les assureurs à déterminer les responsabilités, l’UNECE travaille sur l’ADDR (Automated Driving Data Recorder). Il s’agit d’une fonction qui enregistrera les paramètres techniques permettant de déterminer qui, du conducteur ou du véhicule, conduisait au moment de l’accident. Ce qui nécessitera des conditions réglementaires nouvelles pour déterminer les conditions d’accessibilité aux données recueillies lors d’un accident. De nouveaux risques sont aussi à rajouter, notamment concernant la protection des données personnelles et les risques de piratage.

Comment constructeurs et assureurs partageront ces données ?  Et à mesure que l’automatisation des véhicules gagnera du terrain, l’assurance sera-t-elle toujours attachée au propriétaire du véhicule? Ou migrera-t-elle inexorablement vers une assurance attachée au véhicule à la charge des constructeurs ? Un autre casse-tête.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Renault accélère sur le véhicule autonome en France

L’Alliance Renault-Nissan, créée en 1999, s’est engagée en janvier 2016 à lancer plus de dix véhicules possédant des capacités autonomes d’ici 2020. Dont des véhicules possédant des capacités autonomes de niveau 4 « Eyes off/hands off ». Ces véhicules pourront rouler sans intervention humaine, notamment pour franchir les intersections.

Une batterie de tests d’ici 2020

Dans cette perspective, Renault mène des tests sur la N118 entre Boulogne-Billancourt et Vélizy. L’entreprise y fait rouler six modèles Espace depuis plus d’un an, rapportent les Echos. Et l’entreprise va accélérer. Elle compte ainsi déployer plusieurs dizaines de véhicules tests d’ici 2018 dans plusieurs villes de France et multiplier les simulations.

L’Alliance Renault-Nissan mène en effet des essais virtuels de véhicules autonomes utilisant le logiciel de simulation de conduite SCANeR, inventé par Renault et co-développé avec Oktal, entreprise française de conception de solutions de simulation. Le Groupe Renault a par ailleurs annoncé début juillet l’acquisition de 35% d’une nouvelle joint-venture, Autonomous Vehicle Simulation (AVS), avec cette entreprise. Cette acquisition vise à apporter un ensemble de technologies de pointe pour développer les simulations, dont le logiciel SCANeR.

Partenariat entre Renault et Transdev

Preuve de l’accélération des travaux, l’Alliance Renault-Nissan et Transdev, leader mondial des services de mobilité, collaborent depuis février 2017. Objectif : concevoir des flottes de véhicules électriques autonomes pour les transports publics et les transports à la demande. Ce service permettra aux clients de réserver leurs trajets, et aux opérateurs d’exploiter et de gérer une flotte de véhicules autonomes. Ils fonctionneront sur des trajets prédéfinis avec des points de ramassage et de dépose prédéterminés. La recherche portera dans un premier temps sur des essais de terrain à Paris-Saclay avec des Renault Zoe, et sur la plateforme de répartition à la demande, de supervision et de routage élaborée par Transdev.

Le premier service de transport à la demande opéré par véhicules électriques autonomes se déploiera ensuite en Normandie, à Rouen. Le service proposera différents trajet  sur voie ouverte à la circulation. La première boucle sera de 1,5 km avec trois véhicules Renault ZoeOE. Après la validation des tests techniques, le  service de transport à la demande partagé sera ouvert au public en 2018. Puis, en 2019, les zones desservies seront étendues.

Partenariat entre Renault et Sanef

Des expérimentations sont aussi en cours pour développer les communications entre les véhicules autonomes et les infrastructures routières. Et tester le passage des barrières de péage ainsi que l’approche des zones de travaux. Objectif: créer une expérience de conduite « eyes off/hands off » pour donner du temps libre aux voyageurs. Cette expérimentation est conduite en Normandie, sur l’autoroute A13 grâce à l’infrastructure connectée développée par le groupe Sanef. Ce test continuera jusqu’au milieu de l’année 2018.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Revue du web #105 : les 9 vidéos scientifiques les plus étonnantes du mois

Pirater une voiture autonome ? Des autocollants suffiraient !

Une étude américaine souligne à quel point les logiciels embarqués peuvent encore se montrer faillibles. N’importe quel rectangle noir et blanc ou pixellisé collé sur un panneau de signalisation suffirait à perturber le bon fonctionnement d’une voiture autonome…

Tikad, un drone-soldat particulièrement inquiétant

L’entreprise américaine Duke Robotics aimerait remplacer les soldats humains par des robots. Dans ce but, les ingénieurs ont imaginé Tikad, un drone armé équipé d’un fusil mitrailleur et d’un lance-grenades. L’armée israélienne aurait déjà passé commande suite à une conférence dédiée à la lutte contre le terrorisme organisée à Tel Aviv.

 

Une vidéo stockée dans… de l’ADN !

Jusqu’à présent, l’ADN stockait notre information génétique. Mais, après avoir réussi en 2012 à y enregistrer un livre, des généticiens américains ont réussi la prouesse d’y stocker une vidéo au format GIF…

 

Découvrir le fonctionnement de chaque objet au premier regard grâce à la réalité augmentée

Vous faites partie de ceux qui démontent ce qui les entoure afin d’en comprendre le fonctionnement ? Bientôt, il ne sera plus nécessaire d’ennuyer votre entourage avec votre curiosité (pourtant justifiée).

La plateforme JigSpace propose de démonter virtuellement ce que vous voyez autour de vous.

 

Un robot capable de cicatriser

Des chercheurs belges viennent de mettre au point un polymère caoutchouteux qui ressemble à un gel solide et dont la particularité est de s’autoréparer lorsqu’il est chauffé. Un matériau qui a déjà servi à donner naissance à des robots mous capables de cicatriser.

 

Un robot qui repère les ruptures de stock en magasin

Le robot Tally n’a pas son pareil pour détecter une rupture linéaire ou une erreur de marchandising en rayon. Conçu par l’entreprise Simbe Robotics, il est actuellement testé dans plusieurs supermarchés américains.

 

Robot cambrioleur

La plupart du temps, les robots poursuivent des buts honorables : sauver des vies, réparer ou construire des structures, aider les usagers…

Celui-ci peut cracker la combinaison de n’importe quel coffre-fort.

Ne le jugez pas, il n’y est pour rien.
(En revanche, vous pouvez vous adresser à l’équipe de SparkFun Electronics qui l’a conçu à l’aide d’une imprimante 3D)

 

Un drone qui se pose sur un mur, à la verticale

Une équipe canadienne a conçu un drone-avion capable de se poser sur un mur… vertical ! Une technologie plus complexe qu’il n’y paraît.

 

 

La vidéo insolite : planer sous l’eau grâce à une combinaison

Champion d’apnée, et amateur de chute libre, Pierre Frolla  a imaginé une combinaison de plongée inspirée du wingsuit, un sport qui consiste à sauter dans le vide et planer grâce à une combinaison spéciale. Le but : approcher les grands animaux marins.

plonger-combinaison

 

Par Iris. B

ENOVA PARIS, le grand rendez-vous français de la R&D

ENOVA PARIS vous donne rendez-vous les 19, 20 et 21 septembre à Paris expo Porte de Versailles, Hall 4.

Porté par le développement de l’IoT et des objets connectés, l’électronique se diffuse dans tous les secteurs qui doivent désormais intégrer intelligence et connectivité à leurs produits et services : aéronautique et militaire mais aussi automobile, transport, agricole, agroalimentaire, smart cities, médical, industrie 4.0…

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UN ÉCOSYSTÈME COMPLET POUR DONNER VIE À VOS PROJETS LES PLUS AMBITIEUX !

 

Ciel & Terre fait flotter l’énergie solaire

Solaire flottant

Ciel & Terre a commencé son activité par la réalisation de parcs photovoltaïques au sol et sur toitures. Mais le moratoire solaire décidé par le gouvernement français en 2010 a poussé la petite entreprise lilloise a entamé un virage stratégique vers un marché de niche : le solaire flottant. « Ce choix répond à plusieurs problématiques que nous souhaitions résoudre. En premier lieu l’occupation des sols qui est un reproche récurrent. Poser un parc solaire sur l’eau offre comme avantages d’éviter un loyer, et d’augmenter la production d’environ 5% grâce à « l’effet cooloing » du vent sur la surface de l’eau », explique Stéphane Prouvost, responsable commercial du projet portugais. Les coûts de réalisation seraient encore 10-15% plus élevés qu’un parc PV classique mais l’entreprise estime pouvoir devenir concurrentielle rapidement.

Un projet innovant

Si Ciel & Terre compte plus d’une quarantaine de réalisations flottantes, celle du barrage hydroélectrique d’Alto Rabagao au Portugal, représente une première pour l’entreprise. « Construire une centrale solaire flottante sur un barrage d’une profondeur de 80 mètres est un enjeu en soi. Mais il fallait tenir compte de la variation du niveau d’eau du lac de retenue, 25 mètres, pour concevoir des ancrages capables de supporter ces conditions tout en maintenant l’intégrité des câbles électrique », détaille Stéphane Prouvost.

Pour autant, installer une centrale solaire sur un barrage présente certains avantages. Les postes électriques, telles que les transformateurs, sont déjà installées, ce qui réduit une partie des coûts. Stéphane Prouvost estime que l’hybridation des centrales hydroélectriques permettrait d’optimiser leur production, voire d’alimenter les pompes des stations de pompage (STEP). Ciel & Terre lorgne un marché potentiellement très porteurs en raison du grand nombre de barrages construits dans le monde. Sa collaboration avec Energias de Portugal sur le projet d’Alto Rabagao, doit lui ouvrir les portes du marché brésilien, très bien doté en hydroélectricité, où EDP est présent. Ciel & Terre y mène deux projets, mais la crise politique et économique provoque des retards.

Une présence internationale

Le Brésil n’est pas le seul pays sur lequel Ciel & Terre mise gros. Le Japon a été son premier véritable marché. Sa plateforme flottante baptisée « Hydrelio » équipe des parcs cumulant plus d’une centaine de mégawatts. La Chine constitue son nouveau levier de croissance grâce à un appel d’offres qui a permis à l’entreprise de placer pour 120 MW solaires de structures flottantes. Ciel & Terre ne fournissant que la structure, les panneaux photovoltaïques étant quant à eux achetés directement par le porteur du projet.

La compagnie est également présente en Australie, à Kuala Lupur, à Taïwan, aux Etats-Unis et compte aujourd’hui plus d’une centaine de salariés. Il n’y a guère en France, où se trouve le siège social et une ligne de production, que Ciel & Terre peine à trouver des débouchés et ce, malgré la loi sur la transition énergétique. Trop innovant, le concept hydrelio n’est pas entrer dans les cases des appels d’offres publics pendant longtemps. L’entreprise a décidé de revendre sa licence pour le marché hexagonal à un autre acteur tricolore du secteur : Akuo Industries. Ce dernier a obtenu un premier projet cette année. Il sera construit à Piolenc, prés d’Orange, dans le sud de la France.

Romain Chicheportiche

La hausse du CO2 diminue les protéines de plusieurs cultures

Avec un taux de dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique dépassant les 500 ppm en 2050, le contenu protéique de plusieurs plantes devrait diminuer. C’est notamment le cas de céréales clés : le riz, le blé et l’orge dont les taux diminueront respectivement de 7,6%, 7,8% et 14,1%. Les auteurs notent aussi une baisse du taux de protéine de 6,4% pour les pommes de terre, de 23% pour les fruits et de 17,3% pour plusieurs légumes.

Par conséquent, 18 pays pourraient perdre plus de 5% de leurs protéines alimentaires, y compris l’Inde, le Bangladesh, la Turquie, l’Egypte, l’Iran et l’Irak. Dans les pays dont l’alimentation dépend particulièrement du riz, l’apport en protéine baisserait de plus de 7%. C’est notamment le cas en Asie Centrale, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Europe centrale et de l’est et en Chine.

Plus de 1,5 milliards de personnes en manque de protéines en 2050

Selon la FAO, 76% de la population mondiale tire la plupart de leurs protéines des plantes. Sur les 9,5 milliards d’habitants prévus en 2050, 1,4 milliards seront en carence de protéines, même si le taux de CO2 atmosphérique reste inchangé. Parmi eux, près de 614 millions vivront en Afrique subsaharienne, 276 millions en Inde et 132 millions dans l’Asie de l’est et du sud-est.

Avec des taux de CO2 dépassant 500 ppm en 2050, près de 150 millions de personnes supplémentaires pourraient être exposées à un risque de carence protéiques. L’Inde concentrerait plus d’un tiers de ce total. 25 millions de personnes en plus seraient aussi touchées ailleurs en Afrique Subsaharienne et 16 millions en Chine.

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs de la faculté de santé publique de Harvard se sont basés sur les prévisions d’évolution des concentrations en CO2 en 2050. Ils ont mené des tests sur 48 cultures et 64 expérimentations de terrain sur des récoltes soumises à de hauts niveaux de gaz carbonique. Ils ont ensuite confronté leurs résultats aux données démographiques des Nations Unies et aux habitudes alimentaires de différentes régions de la planète relevées dans la littérature scientifique.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Fusion Bayer-Monsanto: la Commission lance son enquête!

Dans le cadre du règlement de l’Union Européenne sur le contrôle des concentrations, la Commission européenne peut s’opposer à l’acquisition de Monsanto par Bayer, mais « uniquement sous l’angle de la concurrence », rappelle la Commission. Sur cette seule question, ce projet inquiète bien l’institution. Elle craint notamment « que le projet d’acquisition ne réduise la concurrence sur un certain nombre de marchés différents et n’entraîne une hausse des prix, une baisse de la qualité, une réduction du choix et un recul de l’innovation ».

Et pour cause : le nouveau-né serait « la plus importante entreprise intégrée du monde dans les secteurs des pesticides et des semences ». Cela concentrerait encore davantage des domaines d’activités contrôlés par une poignée d’acteurs. Et diminuerait encore la concurrence dans le secteur des pesticides, des semences, des OGM et de l’agriculture numérique.

Une réduction du choix et un recul de l’innovation?

La Commission rappelle que le très controversé Roundup de Monsanto reste l’herbicide le plus vendu en Europe. L’un des rares substituts au glyphosate – sa substance active – est le glufosinate d’ammonium, commercialisé par Bayer. La Commission craint que la fusion ne limite l’innovation et la recherche de molécules alternatives pour diminuer la résistance des mauvaises herbes aux produits existants.

Par ailleurs, Monsanto développe des pesticides biologiques qui entrent en concurrence avec les solutions chimiques de Bayer. Et Bayer et Monsanto développent tous deux des produits de lutte contre le varroa, un petit parasite qui fait des ravages dans les colonies d’abeille. En cas de fusion, le nouveau géant gardera-t-il l’ensemble de ces produits ou en favorisera-t-il certains au détriment des autres? La Commission veut en avoir le coeur net avant d’autoriser la fusion.

L’alimentation aux mains d’une poignée d’acteurs?

Sur la question de la sélection des semences, la problématique est la même. Bayer et Monsanto sont très actifs dans ce domaine et sont en concurrence directe sur plusieurs marchés. Même son de cloche pour les OGM. Monsanto est le leader incontesté et Bayer est l’un de ses trop rares concurrents. Concentrer encore davantage le secteur ne serait-il pas une menace pour la sécurité alimentaire mondiale? C’est la crainte de plusieurs ONG.

Enfin, la Commission cherchera à déterminer « si l’accès des concurrents aux distributeurs et aux agriculteurs est susceptible de devenir plus difficile dans le cas où Bayer et Monsanto viendraient à grouper ou à lier leurs ventes de pesticides et de semences, notamment avec l’avènement de l’agriculture numérique ». Car Bayer Monsanto investissent dans ce nouveau domaine et ils ne conseilleront certainement pas aux agriculteurs d’acheter les produits de leurs concurrents.

Vers une troisième fusion dans l’agrochimie?

Le projet d’acquisition a été notifié à la Commission le 30 juin. Cette dernière devra arrêter sa décision avant le 8 janvier 2018. Loin  de ces craintes, Bayer estime dans un communiqué, que « l’acquisition sera très bénéfique pour les agriculteurs et les consommateurs ». L’entreprise fait savoir qu’elle continuera à collaborer étroitement avec la Commission en vue d’obtenir l’approbation de la transaction d’ici la fin de cette année.

En 2017, la Commission a déjà autorisé la fusion entre Dow et Dupont et entre Syngenta et ChemChina. Elle a toutefois conditionné ces fusions à la vente de certaines de leurs activités afin de garantir la concurrence sur le marché européen.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

La coquille d’oeuf, symbole de l’économie circulaire !

Des chercheurs de l’Université portugaise de Coimbra ont évalué le potentiel de plusieurs applications industrielles pour les déchets industriels de coquilles d’oeufs. Leur étude est parue dans le journal Resources, Conservation and Recyling. Il faut dire que le Portugal fait figure de pionnier aux côtés de l’Espagne et du Royaume-Uni. En effet, au bout de la Péninsule Ibérique, les coquilles d’oeufs sont compostées dans une usine de compostage industrielle. Elles sont ainsi collectées auprès de l’industrie agroalimentaire et compostées en mélange avec les biodéchets collectés de manière sélective. Les 3.300 tonnes de coquilles issues de l’industrie agroalimentaire y sont donc valorisées.

Mais cette situation fait presque exception en Europe. Et les déchets industriels de coquilles d’oeufs représenteraient dans les pays européens 360.800 tonnes chaque année. Pourtant, il serait possible de les valoriser de nombreuses façons, malgré quelques restrictions.

Un sous-produit animal valorisable

Une coquille d’oeuf est un sous-produit animal, classé en catégorie 3 (risque le plus faible), selon la réglementation européenne. En tant que tel, les coquilles peuvent être incinérées, subir un traitement thermique, être compostées ou être transformées en biogaz. Elles peuvent aussi servir à la production d’aliments pour les animaux de compagnie ou à la combustion de carburant (bien que leur valeur calorique soit très faible). Mais elles peuvent aussi être utilisée ou éliminées par toute autre méthode qui empêche le risque biologique.

Cette dernière option ouvre la voie à l’utilisation de ces déchets sans aucun prétraitement. Outre le Portugal, l’Espagne et le Royaume-Uni tirent profit de cette disposition. L’Espagne autorise ainsi leur application directe comme engrais ou amendement des sols dans les fermes d’élevage qui génèrent ces déchets. Le Royaume-Uni l’autorise aussi sur les sols en contrôlant l’absence de risques biologiques.

« S’il existe un réseau de surveillance bon et effectif concernant l’apparition d’une épidémie ou d’infection qui pourrait compromettre l’application directe des déchets de coquilles d’oeufs, […], d’autres pays européens pourraient profiter de la réglementation », préviennent les auteurs de l’étude.

De la coquille d’oeufs aux applications industrielles

Les déchets de coquilles d’oeufs contiennent toujours des membranes et des restes de blanc et de jaune d’oeuf. Leurs principaux impacts environnementaux sont le risque de propagation d’agents pathogènes (comme Salmonella), l’émission d’odeurs désagréables et la production de lixiviats dans les décharges. Il s’agit néanmoins d’un matériau alcalin, riche en azote, avec une teneur élevée en carbonate de calcium et un faible pourcentage de matière organique. Ainsi, la valorisation de ces déchets serait à la fois bénéfique sur le plan environnemental et économique.

Les applications industrielles se divisent en deux catégories: celles qui utilisent les coquilles comme matières premières et celles qui l’utilisent comme catalyseur ou sorbant. Dans le premier cas, cela peut être comme addditif alimentaire pour l’homme ou les animaux ou comme amendement pour le sol. Il peut aussi servir à produire du carbonate de calcium purifié, ou un biomatériau composite pour des implants orthopédiques et dentaires. Enfin, les particules de coquilles peuvent remplacer les microbilles de plastique dans les cosmétiques. Dans le second cas, il peut être utilisé comme catalyseur dans la production de biodiesel, l’isomérisation du lactose ou la synthèse du carbonate de diméthyle. Et comme sorbant pour l’élimination ou l’immobilisation de polluants dans l’air, les sols ou les liquides.

En particulier, le carbonate de calcium purifié a de nombreuses applications industrielles : dans le bâtiment comme matériau de construction ou comme ingrédient dans le ciment ou le mortier. Dans la papeterie, il donne du brillant et de la souplesse au papier. Il peut aussi être utilisé comme matière première dans le verre, les peintures ou les colorants.

Quelle valorisation favoriser ?

Actuellement, le processus de co-compostage est le seul mis en oeuvre à l’échelle industrielle, comme au Portugal. « Compte tenu des propriétés des déchets de coquilles d’oeufs et des propriétés du sol dans de grandes régions d’Europe (pH acide et faible teneur en carbone organique du sol végétal), la production de compost enrichi en calcium obtenu par compostage semble être une approche particulièrement intéressante pour une économie circulaire », analysent les chercheurs. C’est d’ailleurs la valorisation qui semble être promue par la réglementation européenne, soulignent-ils.

D’autres études ont également soulevé des applications innovantes des coquilles d’oeuf. Des chercheurs anglais les ont utilisées pour mettre au point un pansement ultracicatrisant. Ce pansement de 10 cm de côté aide à guérir les plaies chroniques plus rapidement. Des chercheurs chinois ont créé une carte mémoire ultrarapide à partir de coquilles d’œufs écrasées. Nommée ReRAM, elle pourrait ouvrir la voie à des ordinateurs plus rapides et plus écologiques. De leur côté, des chercheurs américains ont fabriqué des pneus en utilisant des peaux de tomate et des coquilles d’œufs.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Fin des dinosaures: deux ans d’obscurité sur Terre?

Et si des chercheurs avaient enfin découvert le mystère de l’extinction des dinosaures? Les scientifiques estiment que plus de 75% de toutes les espèces vivantes et l’ensemble des dinosaures non aviaires ont disparu à la limite du Crétacé et du Tertiaire. L’extinction s’est produite suite à l’impact d’un astéroïde de 10 km de diamètre, dans la péninsule du Yucatán. Mais par quels mécanismes?

L’impact de l’astéroïde aurait pu à lui seul faire disparaître de nombreux animaux sur Terre. « Mais les animaux qui vivaient dans les océans ou ceux qui auraient pu creuser un trou sous terre ou plonger sous l’eau temporairement pourraient avoir survécu », rappelle Charles Bardeen, auteur principal de l’étude (NCAR). Selon ces nouveaux travaux, la Terre aurait été plongée dans l’obscurité pendant plus de deux ans. Cela aurait empêché la photosynthèse pendant un an et demi. Et les températures auraient chuté de 28°C au-dessus des continents et de 11°C au-dessus des océans.

La force de l’impact – équivalent à un milliard de bombes atomiques de la puissance de celle d’Hiroshima – a vaporisé des milliards de tonnes de roche dans l’atmosphère. La collision aurait provoqué des tremblements de terre, des tsunamis et même des éruptions volcaniques. Mais ce n’est pas tout. En retombant sur terre, les sphérules de roches chauffent par friction avec l’air. Ils déclenchent des feux mondiaux et brûlent littéralement la surface de la Terre. Des incendies gigantesques se déclenchent alors, émettant environ 15 milliards de tonnes de suie dans l’atmosphère. La suie chauffée par le soleil entraîne la destruction de la couche d’ozone et forme une barrière globale contre la lumière du soleil. L’obscurité a un impact majeur sur le phytoplancton, ce qui entraîne la disparition de nombreuses espèces marines qui s’en nourrissent.

L’accumulation d’eau en haute atmosphère conduit finalement à la dissipation complète de la couche chargée en suie en quelques mois : il pleut de la suie. En l’absence de couche d’ozone s’ensuit un déferlement mortel de rayons UV sur terre. Puis, lentement, la végétation repart. Les espèces survivantes se remettent lentement à prospérer…

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

La Chine se lance dans le développement de la technologie Blockchain

La blockchain, qu’est-ce que c’est ?

La blockchain est une base de données qui conserve l’historique de toutes les transactions effectuées par ses utilisateurs depuis sa création. Les transactions des utilisateurs sont regroupées par blocs et ces blocs sont ensuite « validés » par ce qu’on appelle des mineurs, et inscrites dans un registre. Ce registre est une longue liste de blocs qu’on appelle blockchain.

A chaque fois qu’un nouveau bloc de transactions est créé, celui-ci s’ajoute à la blockchain. Les mineurs sont là pour faire en sorte que la blockchain ne puisse pas être modifiée. Une fois qu’un bloc de transactions a été créé, les mineurs appliquent une formule mathématique à ce bloc qui le transforme en une séquence de chiffres et de lettres appelée hash. Cette séquence est alors enregistrée avec le bloc à la fin de la blockchain. Cette séquence est très importante car si un seul caractère est modifié dans le bloc, la séquence se trouve complètement modifiée.

Afin de calculer la séquence, le mineur se sert des données du bloc mais également de la séquence du bloc précédent. Le fait que la séquence de chaque bloc soit calculée avec la séquence du bloc précédent permet de valider toute la chaine de blocs (la blockchain), car si quelqu’un tente de modifier un bloc dans la blockchain, cela pourra être directement détecté en comparant les séquences finales.

Ainsi cette technologie intéresse par son niveau de transparence – les utilisateurs ont accès à l’historique des données de la blockchain en tout temps -, par son niveau de sécurité – une fraude est rapidement détectée grâce au système de séquences -, et par le fait que ce système soit décentralisé.

Mais alors que le Bitcoin devient de plus en plus connu et utilisé, l’échange de crypto-monnaie et loin d’être la seule utilisation possible de cette technologie. Ethereum, par exemple, est une plateforme qui a été créée en 2013 et qui utilise la blockchain pour d’autres applications. Elle a sa propre crypto-monnaie appelée Ether, mais est notamment utilisée pour ses smart contract. La plateforme utilise le système de blockchain pour exécuter automatiquement les termes d’un contrat lorsque certaines conditions sont réunies (comme par exemple le paiement automatique d’un colis après la livraison ou le remboursement d’un billet d’avion après une annulation ou un retard). Un actif est en fait lié à un programme stocké dans la blockchainet, selon l’explication de Vitalik Buterin, fondateur d’Ethereum, « Le programme lance le code à un moment donné s’il valide automatiquement une condition et il détermine si l’actif doit être envoyé à une personne ou renvoyé à une autre, ou s’il doit être remboursé immédiatement à la personne qui l’a émis, ou une combinaison de tout cela ». Le fait d’utiliser une blockchain permet alors, comme expliqué ci-dessus, de détecter si une modification a été faite sur les termes du contrat grâce au hash. Le smart contract a également l’avantage d’être un système décentralisé puisqu’il ne nécessite pas l’intervention d’une tiers personne. Ce système reste encore très nouveau mais beaucoup y voient un avenir très prometteur.

En plus de Bitcoin et d’Ethereum, il existe d’autres plateformes qui utilisent les blockchain telles que Hyperledger ou Symbiont, et certaines grosses entreprises travaillent actuellement à développer leurs propres plateformes.

Comment se positionne aujourd’hui la Chine par rapport à cette nouvelle technologie ?

Alors que le gouvernement chinois était encore très sceptique par rapport à cette technologie informatique il y a encore deux ou trois ans, il encourage aujourd’hui officiellement le développement de l’utilisation des blockchaindans les institutions et les industries chinoises, et possèderait le deuxième plus grand nombre d’entreprises de blockchain au monde après les États-Unis.

Le 18 octobre 2016, le gouvernement chinois a publié un Livre Blanc intitulé The Blockchain Technology and Application Development Whitepaper, co-produit par le MIIT (Ministry of Industry and Information Technology), le National Standardization Commitee et le Chinese Blockchain Technology and Industrial Development Forum. Ce Livre Blanc détaille les applications potentielles de cette technologie, notamment dans le domaine de la finance qui intéresse beaucoup la Chine, mais aussi dans des domaines tels que les chaines de productions, le smart manufacturing ou l’éducation.

La Chine a également organisé les 30 et 31 octobre 2016 la First World Blockchain Conference qui s’est déroulée à Changsha dans la province du Hunan. Cette conférence était le premier évènement de cette envergure en Chine dédié à la blockchain. Le MIIT a invité plusieurs leaders importants du gouvernement et de l’industrie chinoise, notamment dans le secteur des banques et des assurances. Cet évènement couplé à la publication du Livre Blanc a mis en évidence le fait que cette technologie est une des priorités actuelles du gouvernement chinois et s’inscrit dans le cadre du 13ème plan quinquennal (2016-2020) au même titre que l’Intelligence Artificielle, le Cloud Computing ou le Big Data. Cette technologie est encore à un stade très peu avancé et ne possède pas encore de standards techniques, c’est pourquoi le MIIT a pour projet actuel de mettre en place un standard national pour l’utilisation de cette technologie.

Depuis 2016, plusieurs alliances ont été formées entre des institutions et des entreprises chinoises dans une optique d’explorer collectivement les applications possibles de la blockchain. La Shanghai Blockchain Enterprise Development Alliance a ainsi été établie en septembre 2016 entre plus de vingt partenaires chinois dans des secteurs tels que la finance, la logistique, la sécurité et la santé. Cette alliance a fait suite à l’établissement de la ChinaLedger Union à Pékin en avril 2016, et du Financial Blockchain Shenzhen Consortium qui a été créé lors d’un évènement à Shenzhen le 31 mai 2016.

Les villes de Pékin et Shanghai sont, comme pour la plupart des secteurs scientifiques, les plus gros pôles en Chine dans le développement de la technologie blockchain. Cependant, la ville de Hangzhou dans la province du Zhejiang semble également devenir un endroit incontournable en Chine dans ce domaine. La ville a organisé le 28 avril 2017 le Global Blockchain Financial Summit, et le gouvernement de Hangzhou a récemment annoncé la construction du premier parc industriel en Chine spécialisé dans la blockchain, avec à la clef des politiques préférentielles pour les entreprises voulant s’y installer. Le gouvernement leur a notamment promis des subventions pour des bureaux et le recrutement de talents et des déductions de taxes.

D’autres événements importants ont également eu lieu en Chine en 2016 et 2017 sur cette thématique. La Chine a notamment organisé la International Blockchain Week du 19 au 24 septembre 2016 à Shanghai, et la ville de Chengdu dans la province du Sichuan, qui se révèle également très active dans ce domaine, vient d’organiser la Global Blockchain Conference qui s’est tenue les 14 et 15 Juin 2017.

Quelles sont les acteurs et les applications majeurs de cette technologie en Chine ?

Wanxiang Blockchain Labs est l’institution leader en Asie en termes de recherche sur la technologie blockchain, elle a notamment beaucoup contribué au développement de la plateforme Ethereum en Chine. Ethereumest aujourd’hui utilisée par les plus grandes entreprises chinoises telles que Baidu et JD.COM qui l’utilisent notamment pour leurs services de payement. Un Ethereum Laboratory a été créé à la Peking University, l’une des meilleures universités chinoises, pour travailler sur l’optimisation de la gestion des chaines de production et des marchés de l’énergie, ainsi qu’un institut de recherche, le Jiangsu Huaxin BIockchain Research Institute, à Nanjing dans la province du Jiangsu, pour travailler sur le développement d’applications de la blockchain dans l’industrie et les services de formations personnelles.

Le groupe Wanxiang, à l’origine de la création de l’institut de recherche Wanxiang Blockchain Labs, est spécialisé dans la fabrication de pièces d’automobiles, et a annoncé en septembre 2016 qu’il s’apprêtait à investir 200 milliards de yuan (60 milliards de dollars) pendant les sept prochaines années dans le cadre de son projet de ville intelligente. Le potentiel de la technologie blockchain intéresse le groupe notamment pour la conception de ses smart cars, car l’un de leurs objectifs serait d’utiliser la blockchainpour surveiller l’utilisation des batteries de leurs voitures. Le principe serait de louer et non de vendre les batteries aux acheteurs afin de réduire le coût d’achat et d’utiliser la blockchain pour enregistrer les données des batteries et surveiller leur utilisation. Aujourd’hui l’entreprise collecte déjà les données de ses batteries mais estime que la blockchain pourra mieux garantir l’intégrité de ces données. Wanxiang est également à l’origine de la création du premier accélérateur en Chine dédié à la blockchainChainbase Accelerator.

Le secteur financier en Chine s’intéresse également de près à cette technologie informatique. Le pays y voit une solution pour augmenter la transparence et combattre la fraude. Les banques cherchent de plus en plus à embaucher des experts dans ce domaine car, alors que quatre banque chinoises figurent dans le top 5 mondial des banques possédant les plus grands capitaux, beaucoup utilisent encore le papier et les faxes. Les banques parcourent ainsi les universités et les start-ups technologiques à la recherche de talents, avec à la clef des salaires s’élevant jusque 1.2 millions de yuan (175 000 dollars). Elles recherchent des personnes ayant une créativité suffisante pour trouver de nouvelles applications à cette technologie. Les banques chinoises auraient un retard d‘environ un an sur l’adoption de la blockchain par rapport aux pays occidentaux et essayent aujourd’hui de rattraper ce retard. La People’s Bank of China (PBOC) a révélé plusieurs fois dans les médias chinois qu’elle aurait validé avec succès une série d’essais de sa propre version de monnaie digitale avec l’objectif de devenir la première banque à sortir sa propre monnaie digitale.

Le secteur de la grande distribution en Chine est aussi très actif dans le développement de cette technologie. Le géant Alibaba souhaiterait commencer à utiliser la blockchain pour améliorer la traçabilité de ses produits tout au long de leur chaine d’approvisionnement afin d’être capable de vérifier leur authenticité. En effet la Chine fait face à un gros problème de vente de « fausse » nourriture et la blockchain permettrait d’aider à lutter contre ce problème. Chaque consommateur pourrait par exemple scanner un code QR sur l’emballage d’un produit avec son téléphone portable et recevoir directement des informations sur le produit, avec le détail de ce que contient l’emballage et son origine. Au lieu d’utiliser des documents papier, facilement falsifiables, la blockchain permet d’établir un historique de la provenance du produit et des étapes de sa chaine d’approvisionnement accessible aux utilisateurs. WalmartIBM et l’Université de Tsinghua ont également établi une collaboration sur ce sujet.

Un autre grand projet chinois dans ce domaine est celui de Tencent, le géant de l’Internet en Chine, qui est en train de développer sa propre plateforme de blockchainTrust SQL, dont les plans sont détaillés dans un nouveau Livre Blanc. L’entreprise a commencé à exprimer un intérêt pour cette technologie lorsqu’elle a rejoint le Financial Blockchain Shenzhen Consortiumen mai 2016. Tencent souhaite utiliser cette plateforme pour fournir tous les outils nécessaires aux entreprises afin qu’elles développent elles-mêmes leurs applications basées sur la blockchain.

Bien d’autres utilisations possibles de la blockchain sont à explorer en Chine. Cette technologie pourrait par exemple permettre de vendre l’énergie collectée par un particulier à ses propres voisins, sans passer par les réseaux de distribution, cette application a déjà été testée au États-Unis et semble intéresser la Chine. Pour ce qui est des acteurs chinois dans ce domaine, toutes les grandes entreprises chinoises s’intéressent aujourd’hui au sujet et de nombreuses start-ups commencent à voir le jour dans ce domaine.

Quels sont les enjeux à venir pour cette technologie en Chine ?

La blockchain reste une technologie très jeune qui n’a pas encore vraiment fait ses preuves, même si le gouvernement et les entreprises chinoises y voient un énorme potentiel. Le Livre Blanc publié par le MIIT en octobre 2016 souligne notamment le manque de standardisation de cette technologie. On peut également se poser la question de savoir si le mode de décentralisation qui est caractéristique de la blockchain peut réellement rentrer en adéquation avec les pratiques qui restent souvent très centralisées en Chine.

Rédacteur : Camille MUSQUAR

Source : www.diplomatie.gouv.fr/selon-le-site-blockchain-france-la-blockchain

Des fermes spatiales dans plus de 150 ans

La nourriture est l’obstacle principal pour l’exploration à long terme de l’espace. Cela limite la distance à laquelle nous pouvons voyager depuis la Terre et le temps que nous pouvons passer dans l’espace.

Nous pouvons stocker assez de nourriture pour les habitants de la Station Spatiale Internationale ou même pour un voyage aller/retour sur la lune. Mais si nous voulons voyager jusqu’à Mars et encourager des missions d’exploration à long-terme, nous avons besoin de systèmes de production alimentaire qui soient bio-régénératifs et indépendants. En somme, des fermes spatiales.
L’agriculture dans l’espace est probablement l’un des plus important défis que nous aurons à surmonter si nous souhaitons séjourner de longues périodes sur la planète rouge dans les 150 prochaines années. Mais c’est un challenge que le Canada est vraiment déterminé à mener.

Même si des personnes sont déjà inscrites pour faire partie de la première colonie humaine sur Mars, notre prochaine planète présentera certainement moins de challenges environnementaux.
Mars a un climat épouvantable. Ses températures moyennes sont en dessous de -60 °C, sa pression atmosphérique équivaut à moins de 1% de celle de la Terre et est principalement constituée de dioxyde de carbone. De plus, le temps peut être extrêmement venteux et poussiéreux sur de longues périodes. S’y ajoute le danger de l’exposition aux radiations, et sans un noyau en fusion comme celui de la Terre (ce qui signifie quasiment pas de champ magnétique), l’environnement de la planète devra être considérablement modifié pour penser y vivre un jour.

Néanmoins, cela ne signifie pas que la vie sur la planète rouge est impossible. Lorsque le Canada fêtera ses 300 ans, des centaines d’explorateurs de l’espace passeront des dizaines d’années à chercher de la vie sur Mars. Des dizaines d’années, car l’aller/retour prend 2.5 ans, donc le temps de séjour devra être assez long pour rentabiliser le voyage. Cela signifie l’installation d’habitations hermétiques, de centres de recherche et de fermes. C’est ainsi que des programmes d’environnement contrôlé se développeront.

Le Canada est parmi les chefs de file mondiaux dans la recherche et le développement technologique des systèmes de survie biologique. Quand il s’agit d’agriculture, les conditions extrêmes rencontrées dans l’espace sont similaires à celles au nord du pays. Essayer de faire pousser une tomate sur Mars est très similaire à essayer de faire pousser une tomate dans une congère : c’est impossible sans la création d’un environnement contrôlé.

A l’université de Guelph en Ontario, les chercheurs essaient de faire pousser des cultures dans l’espace grâce aux recherches faites sur les systèmes de contrôle d’environnement. Les travaux en cours dans ce domaine ont révélé que des plantes peuvent vivre sous certaines conditions environnementales inhabituelles, comme une pression atmosphérique très basse ou avec moins d’oxygène que sur Terre. Cela signifie qu’il n’y a pas besoin de structures hermétiques répliquant exactement l’atmosphère de la Terre pour que les plantes survivent sur Mars.

Dans 150 ans, il sera possible de faire pousser notre nourriture sur Mars dans des structures gonflables. A l’intérieur tout sera conçu pour assurer les rendements de culture les plus élevés. L’intensité de la lumière – et même sa couleur ou son spectre – sera adaptée pour chaque culture. L’aération et la pression, la température, les nutriments, les niveaux de dioxyde de carbone et l’humidité seront précisément contrôlés pour créer une atmosphère idéale dans laquelle les plantes pourront bien pousser.

Il poussera des variétés de cultures conventionnelles associées avec une alimentation équilibrée et un régime végétarien nutritif. La plupart des vitamines et des minéraux dont nous avons besoin seront disponibles dans les plantes, et les protéines seront dans le soja et d’autres cultures similaires.

Ces importantes variétés de plantes, ou « cultures candidates », seront soigneusement entassés ou superposées dans un petit espace – à l’opposé des larges prairies canadiennes. Ces cultures compactes seront produites en utilisant une quantité limitée d’eau et zéro déchet, car loin de la terre on ne peut se permettre de jeter. Il est nécessaire d’apprendre à tout recycler car cela sera une question de vie ou de mort – l’agriculture extrême est des plus difficiles.

Le travail réalisé à Guelph est conçu, non seulement pour l’espace, mais aussi pour les Canadiens et d’autres personnes à travers le monde qui pourront être amenés à vivre dans des endroits où la sécurité alimentaire est un problème que seule l’agriculture extrême peut résoudre.

Aujourd’hui, nous dépensons des millions de dollars à transporter des denrées périssables au nord du Canada, comme des fraises du Mexique vendues à Yellowknife.

Maintenir la présence humaine au Nord dépend de notre production de nourriture de la même façon que pour maintenir notre présence sur Mars. En créant ces systèmes, il sera possible d’habiter les parties les plus extrêmes du Canada, comme le Nord, et d’autres parties du globe, comme les déserts du Moyen Orient.

L’exploration spatiale génère d’inestimables technologies dans de nombreux domaines. Pour la production alimentaire, l’exploration spatiale permettra d’apprendre comment faire pousser des cultures presque partout avec aussi peu d’impact que possible sur l’environnement.

D’ici les 300 ans du Canada, le challenge de vivre sur Mars aura été résolu, et les avancées considérables réalisées serviront à la fois l’espace mais aussi notre propre survie sur Terre.

Source :
Nouvelles de l’Université de Guelph– 10 août 2017

Rédacteur :
Morgane SEITÉ – Chargée de Mission pour la Science et la Technologie à Toronto

Japon : une voile solaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le transport maritime

Aquarius MRE est une technologie développée par l’entreprise japonaise Eco Marine Power Co. Ltd. incluant des voiles rigides, des panneaux solaires, des modules de stockage d’énergie et d’un système de commande informatisé adaptant l’orientation des panneaux aux conditions météorologiques. L’utilisation de ces énergies renouvelables permet de réduire la consommation de carburant des navires qui en sont équipés et donc de diminuer leurs émissions de dioxyde de carbone de façon économique. La technologie sera mise à l’essai offshore prochainement en collaboration avec l’armateur Hisafuku Kisen KK.

Les émissions de gaz à effets de serre dues au trafic maritime dépassent aujourd’hui celles de la France (elles représentent 3% des émissions mondiales) et pourraient augmenter de 250% d’ici à 2050. A l’heure où la plupart des pays se sont engagés par l’accord de Paris à réduire leurs émissions de gaz à effets de serre, des innovations telles que celle-ci pourraient permettre d’endiguer un autre facteur croissant de pollution atmosphérique et maritime.

Rédacteur :
Pierre FEUARDANT

Sources :
www.ecomarinepower.com/en/aquarius-wind-a-solar-power
techon.nikkeibp.co.jp/atclen/news_en/15mk/080501500/

www.diplomatie.gouv.fr/voile-solaire-pour-reduire-les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre

Nouvelles avancées en information quantique photonique

Alors que les grandes entreprises investissent dans des infrastructures complexes et très coûteuses afin d’exploiter le potentiel des technologies quantiques, une équipe de recherche de l’Institut National de la Recherche Scientifique (INRS) dirigée par le professeur Roberto Morandotti a développé une puce photonique compacte, à faible coût de production, accessible et compatible avec les technologies classiques du domaine de l’électronique intégrée.

Dans son article publié dans la revue Nature , l’équipe démontre que les photons représentent une ressource quantique puissante et avantageuse lorsqu’ils sont générés sous la forme de quDits intriqués sur un spectre de couleurs. Ces résultats ont été obtenus grâce à des dispositifs optiques intégrés et à des composants commerciaux de télécommunications.

Cette nouvelle approche multidimensionnelle (multiple fréquences) de la manipulation des photons permettrait de diminuer les coûts d’exploitation des technologies quantiques, d’augmenter les performances et d’optimiser l’intégration à des systèmes électroniques de communication classique.

En savoir plus :
Article publié dans la revue Nature 546, 29 juin 2017
On-chip generation of high-dimensional entangled quantum states and their coherent control 
Doi:10.1038/nature22986

Sources :

Rédactrice :
Clémence Rampillon, chargée de mission Science et Technologie à Montréal, clemence.rampillon[a]diplomatie.gouv.fr

Menace sur la pollinisation : le côté obscur de la lumière artificielle

La majorité des espèces végétales est dépendante du monde animal – particulièrement de celui des insectes – pour se reproduire. Le déclin des insectes pollinisateurs à travers le monde impacte significativement la production des cultures et la reproduction des plantes sauvages. L’augmentation rapide de la lumière artificielle nocturne, ou pollution lumineuse, a récemment été proposée comme une nouvelle menace pour les écosystèmes terrestres. Pour la première fois, une équipe européenne, comprenant un chercheur du Centre d’écologie et des sciences de la conservation (CNRS/MNHN/UPMC), montre que la pollution lumineuse perturbe les pollinisateurs nocturnes avec des conséquences négatives pour la reproduction des plantes.

En étudiant 24 heures sur 24 des fleurs de prairies éclairées artificiellement, les chercheurs ont observé une diminution de 62 % des visites de pollinisateurs nocturnes comme les papillons de nuit ou certains coléoptères, par rapport à des prairies sans pollution lumineuse. Plus important encore, cela a entraîné une réduction de 13% de la production de fruits d’une espèce de plante locale, le Cirse maraîcher, malgré de nombreuses visites de pollinisateurs diurnes comme les bourdons, les abeilles ou les mouches.

Les chercheurs démontrent que les effets en cascade de la pollution lumineuse ne s’arrêtent pas aux plantes et à leur reproduction mais peuvent aussi se propager aux pollinisateurs de jour. La pollution lumineuse réduisant le succès reproducteur de plantes sur lesquelles des pollinisateurs diurnes viennent se nourrir, cela pourrait entrainer à terme une baisse des ressources alimentaires disponibles pour les pollinisateurs diurnes.

Ces résultats proposent de nouvelles perspectives sur le fonctionnement des communautés plantes-pollinisateurs et sur la complémentarité entre pollinisateurs diurnes et nocturnes. Dans tous les pays développés, ces insectes pollinisateurs sont en régression, notamment en milieu rural. Leur raréfaction pourrait bien avoir des impacts considérables sur tous les écosystèmes. Une cohabitation sérieusement menacée par les changements globaux, et, désormais, par la pollution lumineuse.

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© Eva Knop Schéma illustrant les effets en cascade de la lumière artificielle nocturne sur les communautés de plantes et pollinisateurs. Les flèches pleines indiquent des effets directs, les flèches pointillées les effets indirects. Le signe se réfère à la nature attendue de l’effet direct ou indirect. L’effet négatif direct de la pollution lumineuse sur les communautés de pollinisateurs nocturnes, se transmet aux plantes en diminuant leur succès de reproduction, ce qui se répercute sur les pollinisateurs diurnes en diminuant la quantité de ressources alimentaire à leur disposition.

 

Références :

Artificial light at night as a new threat to pollination, Eva Knop, Leana Zollera, Remo Rysera, Christopher Gerpea, Maurin Hörlera, Colin Fontaine, Nature, août 2017.

Source : cnrs

Apprendre et oublier pendant son sommeil : deux processus étroitement liés ?

Le cerveau humain possède une capacité surprenante d’apprentissage : il peut mémoriser un signal auditif dénué de sens dès lors que celui-ci est répété. Ainsi, le bruit blanc, comme le son produit par une radio lorsqu’elle ne reçoit pas de signal, peut être appris après seulement quelques présentations, sans même que l’on ait besoin d’y prêter attention.

Les chercheurs ont choisi cette stimulation auditive passive, particulièrement bien adaptée au sommeil, pour explorer le lien entre apprentissage et sommeil. Ils ont exposé des volontaires à des bruits intégrant des sons répétés pendant leur sommeil et suivi leur activité cérébrale par électroencéphalographie. Un son nouveau ou un son appris ne générant pas la même réaction cérébrale, l’analyse électroencéphalographique permet aux chercheurs de déterminer si un son entendu est mémorisé, même lorsque le sujet est endormi.

L’analyse de l’activité cérébrale pendant la nuit et des réponses comportementales au réveil ont montré que les sujets reconnaissent les bruits qu’ils ont entendus pendant leur sommeil paradoxal et leur sommeil lent léger. Ces observations révèlent la capacité de notre cerveau à apprendre durant ces deux phases de sommeil à la fois très différentes d’un point de vue de leur activité cérébrale mais durant lesquelles notre cerveau peut traiter une information complexe, qu’elle soit exogène ou endogène1. Alors que de précédents travaux réalisés chez l’Homme et l’animal avaient montré que certaines formes d’apprentissage, comme le conditionnement, sont possibles durant le sommeil2, cette nouvelle étude montre qu’il est possible de mémoriser de nouvelles représentations et de nouveaux objets (ici auditifs) durant le sommeil.

De plus, cette étude se distingue sur les résultats obtenus lors d’une autre phase du sommeil : le sommeil lent profond. Les chercheurs y ont découvert un phénomène complètement inverse : pendant ce sommeil profond, les sons appris précédemment, pendant la phase de sommeil lent léger, sont oubliés, « désappris  », comme effacés. Au réveil, ces sons se sont même révélés plus difficiles à apprendre que des sons nouveaux.

Ces résultats sont compatibles avec l’idée que le sommeil lent léger et le sommeil paradoxal sont des états favorables à la plasticité cérébrale et à la consolidation active de la mémoire, tandis que le sommeil lent profond permettrait une forme d’oubli nécessaire pour éviter l’accumulation de souvenirs jour après jour. Cette interprétation est innovante car elle permettrait de réconcilier deux modèles souvent jugés comme opposés sur le rôle du sommeil dans la mémoire : le sommeil permettrait bien de consolider les connaissances acquises dans la journée mais il joue aussi le rôle de filtre, qui effacerait du cerveau les informations qui ne sont plus nécessaires. Cette découverte amène désormais une autre question aux chercheurs : quels sont les mécanismes qui se cachent derrière l’ambivalence du lien entre sommeil et mémoire ?

Notes :
1 Pendant la phase de sommeil léger, le cerveau est capable de traiter des informations dites exogènes (venant de l’extérieur), alors que dans le cas du sommeil paradoxal et des rêves, le cerveau traite principalement des informations endogènes (venant de l’intérieur).
2 Des expériences récentes d’apprentissage par conditionnement ont montré que lorsque de mauvaises odeurs sont présentées juste après des sons à des sujets endormis, ceux-ci retiennent leur respiration. Un réflexe qui est conservé même lorsqu’ils n’entendent que les tonalités (alors qu’aucune odeur ne leur est présentée) dans le sommeil.

Références :
Formation and suppression of acoustic memories during human sleep. Andrillon, Thomas; Pressnitzer, Daniel; Léger, Damien & Kouider, Sid. Nature communications, le 8 août 2017. DOI : 10.1038/s41467-017-00071-z. Consulter le site web

Source : http://www2.cnrs.fr/presse/communique/5149.htm

Une membrane ultraperméable contre les gaz à effet de serre

Développer de nouvelles membranes pour séparer le CO2 présent dans l’atmosphère est l’une des solutions les plus prometteuses pour résoudre le problème des gaz à effet de serre. Des chercheurs de l’Institut pour la technologie des membranes du Conseil national des recherches de Cosenza (Itm-Cnr), en collaboration avec les universités de Édimbourg, de la Pennsylvanie et de la Floride, y sont parvenus. Leur recherche a été publiée sur la revue Nature Materials.

« Les membranes ont été synthétisées à partir de nouveaux matériaux polymères poreux présentant une structure bidimensionnelle particulière qui leur confère une microporosité élevée au niveau moléculaire », explique Alessio Fuoco (Itm-Cnr), co-autheur de la recherche, « qui peut être considérée comme un micro-labyrinthe permettant un passage plus rapide des petites molécules par rapport aux molécules plus grandes, ou des plus solubles par rapport aux moins solubles. La microporosité élevée, combinée à la rigidité, procure à ces matériaux des propriétés uniques de perméabilité et sélectivité qui dépassent les prestations des matériaux utilisés aujourd’hui dans les membranes commerciales ».

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De nombreux procédés industriels utilisent déjà des membranes, par exemple pour la production d’eau potable à partir d’eau salée ou d’oxygène pur à partir d’air, ou encore certains procédés médicaux comme la dialyse. « La science et l’ingénierie des membranes est un domaine en évolution constante et la principale difficulté est de trouver des matériaux qui garantissent une productivité élevée, c’est à dire une haute perméabilité, et qui soient en même temps très sélectifs et efficaces dans la séparation », ajoute John Jansen de l’Itm-Cnr, le responsable de l’équipe de recherche.
Cette recherche, financée par la Commission européenne dans le cadre du projet M4CO2, contribue au développement de procédés productifs à faible impact environnemental.

Plus d’informations : http://www.nature.com/nmat/journal/vaop/ncurrent/full/nmat4939.html

Rédacteurs  : Tiffany Ziller, tiffany.ziller[a]institutfrancais.it

Sources :