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Recherche et innovation : la HSE version start-up !

Posté le par Sophie Hoguin dans Entreprises et marchés

Santé et sécurité au travail n’échappent pas à la « startupisation » de la R&D. Incubateurs, accélérateurs ou concours de « pitchs », les grandes entreprises cherchent à profiter de la digitalisation généralisée pour innover en HSE via de nouvelles formes de partenariats.

Si les problématiques de santé-sécurité au travail (SST) font désormais partie intégrante des directions des grands groupes internationaux, ce n’est pas leur cœur de métier et cela bénéficie donc rarement d’investissements en R&D. Par conséquent, les innovations en la matière passent souvent par de la veille active de la part des responsables HSE (hygiène, sécurité, environnement) de ces entreprises. Assez naturellement, leurs regards se sont donc portés sur les écosystèmes de start-up, notamment pour développer des solutions en lien avec l’industrie 4.0. Trois exemples illustrent assez bien cette tendance : l’incubateur Oil & Gas autour de Total, l’accélérateur à start-up du bâtiment et l’événement de rencontres INNSafety.

Quand les industriels mutualisent la recherche

En 2016, Total ouvre son incubateur à start-up « usine 4.0 » en partenariat avec Impulse Partners, cabinet spécialisé dans la mise en relation entre grandes entreprises et start-up et dans l’accompagnement de ces dernières. Dès sa deuxième année d’existence, l’incubateur Total devient  un espace d’open innovation accueillant d’autres partenaires industriels. On y trouve donc Vinci Energies, Orano (ex-Areva), Eiffage Energies Systèmes, Solvay ou encore Air Liquide…

Il vise à développer des solutions pour digitaliser les process des industries de l’énergie. Cet effort de recherche et d’innovation en commun porte donc sur des problématiques propres au secteur et pour lesquelles les différents partenaires ont même intérêt à développer des standards ou des solutions compatibles. Assez naturellement, la thématique HSE a été choisie en 2018. Sept entreprises ont été sélectionnées pour intégrer l’incubateur pendant 6 mois. Les solutions proposées par ces entreprises tournent principalement autour de ces préoccupations :

  • des systèmes d’alerte (zone de danger, détection et/ou alerte accident)
  • des systèmes de capteurs permettant d’analyser comportement/posture, gestes pour surveiller et alerter en cas de fatigue, risques TMS
  • un système pour l’acquisition de consignes de sécurité – sans barrière de langue.

Dans cette formule, la solution proposée par les start-up est généralement mise à l’épreuve au sein même des sites de donneurs d’ordre. Ce qui permet d’orienter le développement du produit et son éventuelle industrialisation pour une adéquation optimum pour les grandes entreprises intéressées.

Le BTP, à fond sur la prévention

L’accélérateur de start-up « Santé – Prévention dans le BTP » fête son premier anniversaire. Né de l’alliance entre le CCCA-BTP (réseau d’apprentissage du BTP), l’OPPBTP (organisme de prévention du BTP), PRO BTP (groupe de protection sociale du BTP) et la Fondation Excellence SMA (fondation dédiée à la santé-prévention de la SMA, mutuelle du BTP), il vise à soutenir l’innovation dans des domaines comme l’organisation des chantiers, les objets connectés, la gestion de la data, l’utilisation de la réalité virtuelle et augmenté au service de la santé et de la prévention dans le secteur. Là encore, comme pour Total, l’initiative s’appuie sur Impulse Partners pour organiser la sélection des entreprises, les mettre en relation avec les acteurs du BTP et les accompagner dans le développement de leurs projets. Déjà quatre comités de sélection se sont tenus pour auditionner des entreprises et l’accélérateur en accueille à présent une vingtaine. Les problématiques couvertes sont extrêmement variées : exosquelette de manutention, solution anti-collision, système d’alertes, vêtements haute visibilité intelligents, apprentissage et éducation à la SST ou aux premiers secours, suivi des EPI, etc.

Si l’initiative est portée ici par des organismes plus institutionnels, le public lors des sélections est composé de dizaines de représentants du secteur dont bien sûr des responsables HSE de grands groupes du BTP. Mais la formule, a l’avantage ici d’être très ouverte et pertinente pour la variété des tailles des entreprises du bâtiment.

L’audition groupée

Certains grands groupes, eux, ne s’embarrassent pas d’un système d’incubation/accélération. Mais ils veulent néanmoins profiter des innovations qui peuvent apparaître dans l’écosystème des start-up. Cela donne naissance à des événements comme INNsafety dont la première édition s’est tenue à la Défense fin novembre 2018. A l’initiative au départ de L’Oréal en collaboration avec Environnemental Ressources Management (ERM), cet événement a aussi fait se déplacer St Gobain, Danone, Sanofi, Procter & Gamble, Unilever et Plastic Omnium. Il s’agit cette fois, pour les entreprises sélectionnées  en amont (8 en  2018) d’avoir la chance de rencontrer une centaine de partenaires ou clients potentiels et de voir leur dossier étudié par les sept grands sponsors de l’événement. Un gain de temps et d’énergie énorme pour les start-up et un moyen rapide de repérer des solutions innovantes, qui peuvent venir d’autres secteurs pour les entreprises qui se déplacent. Dans ce cas, même si on continue à parler de start-up, la maturité des entreprises candidates est très hétérogène : de la start-up qui cherche ses premiers grands contrats à des entreprises qui sont déjà bien implantées comme Proxipi dont les solutions anti-collisions sont développées et mise en œuvre depuis 2011 ou Essensium dont les traceurs de déplacement existent aussi depuis plusieurs années.

Le petit bout de la lorgnette ?

Quelle que soit la forme prise pour développer l’innovation en matière HSE dans les grandes entreprises, on voit que l’objectif est de trouver des solutions innovantes, là où ça coince encore en HSE : culture santé-sécurité, alerte/protection des personnels isolés, interaction homme/machine en environnement complexe, amélioration des EPI, prévention/surveillance des données de santé notamment pour les troubles musculo-squelettiques et les états de fatigue et connexion des travailleurs avec leur environnement via des objets connectés, réalité augmentée ou virtuelle et robotisation. Evidemment, au regard du panel des solutions sélectionnées, on a surtout l’impression qu’il s’agit d’une nouvelle forme de partenariat plus ou moins poussée mais que surtout, à l’image des salons professionnels de santé-sécurité, les responsables HSE viennent piocher des idées et des produits. En aucun cas, le système start-up, aussi innovant soit-il, ne semble pouvoir permettre de se passer d’une réflexion et d’une adaptation organisationnelle aux changements induits par l’industrie 4. 0.

 

Exclusif !  Cet article complet dans les ressources documentaires en accès libre jusqu’au 24 mai 2019 !

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