Amazon a présenté jeudi des résultats supérieurs aux attentes pour le deuxième trimestre, toujours tirés par son activité d’informatique à distance (« cloud ») qui accompagne la lame de fond de l’intelligence artificielle (IA), à un rythme qui s’accélère encore.
Le chiffre d’affaires pointe à 200,6 milliards de dollars, en hausse de 20% sur un an, selon un communiqué, alors que les analystes tablaient sur 196,8 milliards.
La filiale de « cloud » du groupe, Amazon Web Services (AWS), a connu une croissance de 37% sur un an, soit un rythme plus soutenu que sur les trois premiers mois de l’année (28%) ou que lors de chaque trimestre depuis près de cinq ans.
La cadence représente plus du double de celle du commerce en ligne, métier historique de l’entreprise, et de la publicité (+16% pour l’ensemble).
« AWS est en plein boom », a commenté le patron d’Amazon, Andy Jassy, cité dans le communiqué.
Au sein d’AWS, les revenus provenant de l’IA pèsent désormais 25 milliards de dollars en rythme annualisé, a souligné le dirigeant.
L’appétit pour l’IA profite également aux puces d’Amazon, que le groupe conçoit lui-même et loue dans ses centres de données à des clients du « cloud ». Ces processeurs représentent, eux aussi, un chiffre d’affaires annualisé de 25 milliards de dollars.
En outre, AWS est une affaire très rentable pour Amazon, avec une marge opérationnelle de près de 40%, au plus haut depuis un an, quand celles du reste de l’entreprise sont inférieures à 10%.
Mais la montée en puissance des infrastructures du « cloud » pour répondre à la demande insatiable d’IA nécessite des investissements gigantesques, supérieurs à la trésorerie générée par le groupe, qui a dû puiser 7,6 milliards de dollars dans ses réserves pour faire le compte au deuxième trimestre.
Les investisseurs ont préféré retenir la nouvelle envolée du « cloud » et ont plébiscité les résultats annoncés jeudi. Dans les échanges postérieurs à la clôture de Wall Street, le titre gagnait plus de 7%.
« Vu l’accélération des revenus d’AWS et le contrôle des coûts dans les autres activités, les investisseurs ne s’inquiètent pas » de la flambée des dépenses sur le « cloud », a estimé Sky Canaves, analyste du cabinet Emarketer.
Quant au bénéfice net, il a été gonflé par l’appréciation de la participation d’Amazon au capital de la start-up d’IA Anthropic. Au total, les éléments exceptionnels, pour l’essentiel les actions Anthropic, ont augmenté le résultat de 53 milliards de dollars.
Le bénéfice net atteint 62,6 milliards, soit plus du triple de celui de la même période de 2025.
tu/ph
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