Sa richesse dépasse déjà, de très loin, celle de tout autre habitant de la planète, et avec l’entrée en Bourse record de SpaceX, escomptée le 12 juin, la fortune d’Elon Musk pourrait franchir la barre symbolique des 1.000 milliards de dollars.
Oubliez Crésus, place à Elon.
L’homme d’affaires d’origine sud-africaine devrait devenir le tout premier « trillionaire », pour reprendre le terme anglais car il n’existe pas vraiment d’équivalent en français. A ce stade du moins.
Le magazine spécialisé Forbes estimait mardi la fortune d’Elon Musk à près de 835 milliards de dollars, contre 342 milliards dans son classement annuel en mars 2025.
Il devance, de très loin, le cofondateur de Google Larry Page (298 milliards).
L’introduction boursière de la société spatiale SpaceX, créée en 2002, « garantit que sa fortune nette va augmenter au-delà des 1.000 milliards de dollars », relevait Forbes début avril, après le lancement de la procédure de cotation sur le Nasdaq, à New York.
La valorisation est attendue entre 1.750 et 2.000 milliards de dollars, contre 1.250 à 1.500 milliards évoqués en mars.
Les plateformes de ventes d’actions non cotées valorisent mardi le groupe autour de 1.500 milliards, pour un prix unitaire proche de 129 dollars sur Forge Global (53 dollars mi-décembre) et de 118 dollars sur Nasdaq Private Market.
Elon Musk détient environ 12% des actions ordinaires et environ 94% des actions de classe B (chaque titre vaut dix votes), d’après un document déposé auprès du gendarme de la Bourse américaine (SEC).
Selon un calcul de l’AFP, il conserverait post-cotation environ 42% du capital et 79% des droits de vote. Soit l’équivalent de 735 à 840 milliards, en fonction de la plus récente fourchette de valorisation.
« Il y a une tendance incroyable et continuelle de centralisation et de concentration de richesse (…) et, au sommet, la concentration s’accélère », déclare à l’AFP William Robinson, professeur de sociologie à l’Université de Californie-Santa Barbara.
– « Oligarchie » tech –
« Dans le même temps, 5 milliards de personnes vivent sous le seuil de pauvreté », provoquant une « extrême inégalité » servant de terreau à des crises et des guerres civiles, a-t-il ajouté, faisant le parallèle avec la montée du fascisme et du nazisme il y a un siècle.
Selon lui, cette « nouvelle classe » de milliardaires « hégémoniques »; et plus précisément « l’oligarchie de la tech », exerce un contrôle et une influence structurelle, technologique et financière sur les Etats, l’économie, la société.
SpaceX a absorbé en février la start-up d’intelligence artificielle xAI, qui avait elle-même englouti un an plus tôt le réseau social X (ex-Twitter).
Outre les parts dans ce titan technologique, Elon Musk détient environ 12% du constructeur automobile Tesla, 1.580 milliards de dollars de capitalisation boursière actuellement.
« Ma +valeur nette+ est presque entièrement due aux actions détenues dans Tesla et dans SpaceX », soulignait-il mi-février, relevant avoir « moins de 0,1% de cela en liquidités ».
Des analystes anticipent une fusion en 2027 de SpaceX et Tesla, qui se focalise toujours plus dans la robotique, l’énergie et le transport autonome.
Les deux entreprises développent déjà des projets en commun, comme l’usine géante de puces électroniques Terafab.
« Le travail préparatoire est déjà en place pour que les deux sociétés deviennent une seule entité », relèvent les analystes de Wedbush, rappelant que Tesla est un petit actionnaire de SpaceX depuis que son investissement de deux milliards dans xAI a été converti en titres.
Elon Musk est également actionnaire de la société de percement de tunnels The Boring Company et de Neuralink, spécialiste des implants cérébraux.
« L’impact psychologique (d’atteindre le seuil symbolique des 1.000 milliards) peut lui faire dire: +Je suis Dieu, j’ai le plus formidable pouvoir sur la planète entière », et lui « donner une aura divine » auprès de populations, prévient M. Robinson.
D’autant que son patrimoine devrait encore s’étoffer inexorablement s’il atteint les objectifs du plan de rémunération concocté en 2025 par le conseil d’administration de Tesla.
Il est constitué de douze tranches fixant des seuils financiers et opérationnels déclenchant, dans certaines conditions, l’octroi d’actions du groupe au patron. Celui-ci pourrait empocher quelque 1.000 milliards de dollars en dix ans.
Concernant SpaceX, il peut espérer plus de 130 milliards de dollars de deux plans de rémunération. L’une des conditions consiste à établir sur Mars une colonie d’au moins un million d’habitants.
elm/els/ube
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