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Chimie: 550 salariés de Polytechnyl fixés sur leur sort lundi

Posté le par AFP

La justice commerciale se prononce lundi sur la seule offre de reprise déposée pour l’entreprise chimique Polytechnyl, qui ne permettrait de sauvegarder qu’une très faible part des 550 emplois menacés dans le Rhône et la Drôme.

Cette filiale française du groupe belge Domo Chemicals produit des plastiques techniques à base de nylon pour l’industrie automobile, textile ou encore électronique sur ses sites de Saint-Fons, au sud de Lyon, et de Valence.

Placée en redressement judiciaire en janvier, Polytechnyl n’a plus qu’un seul candidat à la reprise: le fonds d’investissement américain Lone Star, qui propose de conserver seulement 72 salariés sur près de 550, uniquement sur le site rhodanien.

Le tribunal des affaires économiques de Lyon doit dire lundi s’il accepte cette offre ou s’il place Polytechnyl en liquidation judiciaire, ce qui entraînerait la suppression de l’ensemble des emplois.

« On préfèrerait la liquidation à l’offre de Lone Star », affirme à l’AFP Jean-Claude Garcia, président CFE-CGC Chimie Dauphiné-Savoie.

Cette offre, qu’il juge « lamentable » et que l’AFP a pu consulter, ne porte ni sur les outils de production, ni sur le foncier. Seuls les brevets, la marque Technyl (reconnue mondialement), et les activités de recherche et commerciales seraient repris, pour une durée maximale d’un an.

Lone Star entend pour cela débourser près de 10 millions d’euros, un montant dérisoire, selon les syndicats, qui assurent que les stocks de matières premières valent à eux seuls près de 17 millions d’euros.

Le fonds propose également de distribuer une enveloppe de 700 euros à chaque salarié mis sur le carreau. « C’est insultant, c’est vraiment se moquer du monde », dénonce M. Garcia.

Les organisations syndicales estiment aussi qu’une centaine de salariés d’entreprises sous-traitantes de Polytechnyl (manutention, restaurant d’entreprise) pourraient perdre leur travail par effet ricochet.

L’intersyndicale s’est rendue à Bercy plusieurs fois afin de demander à l’Etat un délai supplémentaire pour trouver un autre repreneur, et une aide financière pour tenir entre temps. En vain, selon elle.

– la chimie en difficulté –

L’industrie chimique, tout comme le secteur de l’automobile, traverse une crise profonde en Europe, malmenée par les coûts élevés de l’énergie, une baisse de la demande et une concurrence internationale forte, asiatique surtout.

Ces dernières années, plusieurs entreprises de la chimie ont connu des jours sombres dans l’Hexagone.

Fin 2021, le fabricant de plastique PVC Kem One, qui possède également un site à Saint-Fons dans la vallée de la chimie, a été racheté par le fonds d’investissement américain Apollo après avoir échappé à la faillite, mais sa dette a explosé depuis, ce qui suscite les inquiétudes de ses employés.

Au printemps 2025, l’usine Vencorex, fleuron de la chimie française installé près de Grenoble, a été reprise a minima par son concurrent chinois Wanhua, qui n’a gardé qu’une fraction de son activité et de ses salariés.

Domo Chemicals, qui possède des usines en Europe, aux États-Unis et en Asie, n’a pas été épargné par les difficultés du secteur.

La mise en faillite, fin 2025, de trois de ses filiales en Allemagne, et l’échec de négociations visant à établir un plan global de financement ont eu des « répercussions directes » sur sa filiale française, avait expliqué le groupe en janvier.

Jean-Claude Garcia, lui, soupçonne le géant allemand de la chimie BASF d’avoir contribué à la fragilisation de son concurrent Polytechnyl en lui imposant notamment des prix élevés sur un intrant indispensable dans le processus de fabrication.

Dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), 130 postes ont déjà été supprimés chez Polytechnyl depuis l’été dernier.

Il reste aujourd’hui près de 450 salariés à Saint-Fons où l’entreprise est implantée depuis les années 1950 (appartenant successivement à Rhône-Poulenc, Rhodia, Solvay et enfin Domo) et environ 90 à Valence.

La matière fabriquée par Polytechnyl se retrouve par exemple dans les balles de tennis, les tenues de l’armée turque ou encore dans certains articles de la marque Décathlon.

mla-bla/chp/abx

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