La question de la sortie des énergies fossiles « doit rester notre priorité » pour les prochaines COP sur le climat, a déclaré vendredi la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut.
« Sur le fond, je maintiens que la sortie des énergies fossiles doit rester notre priorité. Et pour moi, la COP véritablement historique qui a permis de marquer ça dans le marbre, c’est celle de Dubaï, la COP28. Et il faut qu’on arrive à revenir à ce que disait effectivement cette COP », a-t-elle dit lors d’une audition par une mission d’information au Parlement français.
Elle a de nouveau critiqué les résultats de la dernière COP30 de Belem, au Brésil, qui a illustré selon elle une « perte d’élan » avec « une déclaration pour moi vide de sens, qui ne mentionne même pas la sortie des énergies fossiles, qui est quand même le coeur du sujet de l’Accord de Paris ».
Cette COP avait en effet échoué en novembre à inscrire une phrase sur ces énergies dans le texte final, approuvé par près de 200 pays sous l’égide de l’ONU, face à l’opposition de grands pays producteurs. En maigre compensation, la présidence brésilienne de la conférence a lancé l’idée d’une « feuille de route » volontaire pour une sortie progressive du charbon, du pétrole et du gaz.
« Ce que j’ai vu, c’est une organisation des émergents et des pays pétroliers extraordinaire, c’est à dire qu’ils ont verrouillé tous les aspects, y compris les ONG », a-t-elle affirmé. Elle a pris en exemple les discours de l’Arabie Saoudite, par ailleurs rétive à toute avancée sur la sortie des fossiles, en faveur de la « transition juste », concept séduisant pour la société civile.
Monique Barbut a regretté une attitude de « bisounours » de l’Union européenne (UE), qu’elle a appelée une nouvelle fois à « sortir de sa naïveté » et « être capable, lorsque cela est nécessaire, de refuser un mauvais accord », à quelques mois de la prochaine COP31 d’Antalya (9-20 novembre).
La ministre française a aussi souligné que la Commission européenne n’était pas la seule habilitée à s’exprimer au nom du bloc de 27 pays: « c’est une compétence partagée », « c’est-à-dire que la France, l’Allemagne, l’Italie, on a chacun droit à notre expression individuelle ».
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