Un responsable syndical agricole de l’Oise a présenté vendredi ses excuses à la patronne des Ecologistes Marine Tondelier sur Facebook, qui les avait exigées après une publication dans laquelle il l’insultait au sujet du vote de la loi d’urgence agricole.
« Les mots que j’ai employés à l’encontre de Marine Tondelier étaient inappropriés. Je les regrette sincèrement et je lui présente mes excuses », a écrit Régis Desrumaux, exploitant agricole et président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) de l’Oise, dans une longue publication sur le réseau social.
Sur sa page Facebook privée, il avait a republié un message de Marine Tondelier dénonçant « les agro-industriels de la FNSEA (qui) fêtent au champagne le vote de la loi d’urgence agricole », un texte qui a réintroduit à titre dérogatoire deux pesticides interdits en France.
« Je n’ai qu’un seul mot qui me vient immédiatement en tête… Grosse salope. Ah mince ça fait deux », avait- il alors commenté, décrivait Le Courrier Picard.
« J’attends des excuses publiques », avait ensuite exigé sur X Marine Tondelier, menaçant le responsable syndical de « poursuites judiciaires ».
Mme Tondelier a rappelé la définition de cette insulte, tout en dénonçant le fait que celle-ci soit employée pour « dégrader sexuellement et moralement » les propos des femmes dans l’espace public.
« Quoi qu’il en soit, cette manière de s’exprimer en dit beaucoup plus sur l’auteur de ces propos que sur moi. Alors force à toutes les +grosses salopes+ et à toutes les +sales connes+. On est ensemble. Et on ne se taira pas », avait conclu la patronne des Verts.
Dans sa réponse, M. Desrumaux estime que le message initial de Mme Tondelier avait constitué « la goutte d’eau qui a fait débord[er] le vase », regrettant sa « maladresse » mais réitérant son « écoeurement » et son « dégout face à ce mépris et ces propos haineux vis-à-vis d’une loi qui a été demandée par les agriculteurs ».
Marine Tondelier a reçu le soutien de plusieurs personnalités politiques de gauche, dont Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise et Olivier Faure, premier secrétaire du PS.
« Il est toujours plus facile de salir une femme avec un mot que de lui répondre avec une idée. L’un demande du mépris ; l’autre exige de l’esprit. Chacun choisit selon ses moyens », a estimé ce dernier sur X.
La députée écologiste Sandrine Rousseau a aussi dénoncé sur le réseau social BlueSky « le masculinisme agricole » et « sa violence ».
Des députés insoumis et écologistes ont porté la loi d’urgence agricole devant le Conseil constitutionnel, l’appelant à censurer de nombreuses dispositions.
Le texte prévoit notamment que l’Agence de sécurité sanitaire (Anses), saisie par le ministre de l’Agriculture, autorise pour des durées limitées, et sous conditions, l’utilisation de deux pesticides : l’acétamipride pour la filière noisettes, et le flupyradifurone pour la betterave sucrière, la pomme et la cerise.
Les Ecologistes s’inquiètent aussi des évolutions importantes sur le stockage et la gouvernance de l’eau mais aussi pour les zones humides, qui donnent une place de choix à l’agriculture face à la raréfaction de la ressource.
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