Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a présenté jeudi le prototype d’un nouvel « emblème numérique » destiné à transposer dans le cyberespace la fonction protectrice du symbole emblématique de l’organisation.
Lorsque les équipes de la Croix-Rouge interviennent dans des zones de conflit, leurs emblèmes rouges et blancs facilement reconnaissables signalent qu’elles, ainsi que les personnes auxquelles elles portent assistance, ne doivent pas être prises pour cible.
Mais alors que les conflits et les attaques se multiplient dans le cyberespace, l’organisation réfléchit depuis 2020 à la création d’un emblème numérique qui avertirait d’éventuels agresseurs en ligne qu’ils s’attaquent à des systèmes informatiques du CICR ou à des établissements de santé.
Lors d’un événement organisé au Cern, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire près de Genève, le CICR a estimé avoir franchi « une étape importante » avec un prototype qui va désormais être testé en conditions réelles.
« Depuis plus de 160 ans, les emblèmes de la Croix-Rouge, du Croissant-Rouge et, plus récemment, du Cristal-Rouge portent un message simple au coeur de la guerre : cette personne, ce véhicule, ce bâtiment sont protégés. Respectez-les. Protégez-les. Ne les attaquez pas », a rappelé le directeur général du CICR, Pierre Krähenbühl.
Mais « à mesure que les conflits armés évoluent, les protections prévues par le droit international humanitaire doivent rester reconnaissables partout où les risques apparaissent : sur terre, en mer, dans les airs et, oui, dans l’environnement numérique », a-t-il ajouté, soulignant que les conséquences des cyberattaques pouvaient parfois être dévastatrices.
« Les soins médicaux sont retardés. Les ambulances ne peuvent pas être déployées (…) L’aide ne parvient pas aux personnes qui en ont besoin. Les populations souffrent et des vies peuvent être perdues », énumère-t-il.
Baptisé Authentic Digital Emblem (ADEM) (« emblème numérique authentifié « ), ce prototype a été développé en coopération avec l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich) afin d’intégrer l’emblème dans le code des protocoles internet.
Il s’agit d’un code qui indique à un auteur de cyberattaque qu’il se trouve dans une infrastructure numérique protégée. L’emblème repose sur des certificats cryptographiques permettant de vérifier son authenticité.
Cordula Droege, directrice de la division du droit international au CICR, a expliqué que les emblèmes physique et numérique ne protègent pas directement ces infrastructures, mais rendent leur nature « visible ».
Il pourrait toutefois s’écouler plusieurs années avant que l’emblème numérique ne devienne réalité.
Le prototype va désormais être testé, notamment par des États, des antennes nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que par des entreprises technologiques.
Des normes techniques devront aussi être élaborées afin que l’emblème soit reconnu à l’échelle mondiale, avant que le CICR n’entreprenne les démarches nécessaires pour l’intégrer juridiquement aux Conventions de Genève.
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !