Les prix du pétrole ont terminé en baisse vendredi, le marché voulant croire à la signature d’un accord entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, même si des doutes subsistent.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, a perdu 3,38% à 87,33 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juillet, a reculé de 3,23% à 84,88 dollars.
Les opérateurs tablent sur « une avancée décisive dans les négociations entre les États-Unis et l’Iran » qui « conduirait à la réouverture du détroit d’Ormuz », résume auprès de l’AFP Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.
Ce passage maritime stratégique, par lequel transite en temps normal un cinquième du pétrole mondial, est quasi verrouillé par l’Iran depuis le début du conflit fin février.
Les marchés ont donc été rassurés par l’annonce jeudi par Donald Trump d’un « très bon accord » avec l’Iran, « une fois les documents finalisés ».
« Le mémorandum d’entente d’Islamabad (capitale du Pakistan, médiateur des négociations) n’a jamais été aussi proche », a écrit de son côté sur X le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, appelant les médias à ne pas « spéculer sur son contenu et promettant des détails « en temps voulu ».
« Si les Etats-Unis estiment que l’Iran ne respecte pas les conditions fixées », il est possible que la situation finisse dans une impasse, avertit toutefois Andy Lipow.
Un blocage pourrait notamment surgir autour de la question sensible de l’enrichissement d’uranium par Téhéran.
Les analystes rappellent également que le marché a déjà été confronté, à plusieurs reprises, à des annonces de percée diplomatique, qui n’ont finalement pas abouti.
Selon un décompte de CNN, Donald Trump a déjà annoncé par 39 fois un accord imminent.
En outre, « même si un accord était conclu, un retour à la normale de l’approvisionnement ne serait pas aussi simple que d’appuyer sur un interrupteur », note Matt Britzman, de Hargreaves Lansdown.
« Il faudra déminer le détroit d’Ormuz, remettre en marche des champs de production à l’arrêt et réparer des infrastructures énergétiques endommagées », souligne l’analyste.
Pour les experts d’Oxford Economics, les prix du pétrole devraient « rester nettement supérieurs à leurs niveaux d’avant-guerre » jusqu’à la fin de l’année.
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