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Conclusion
Procédés durables pour la décontamination d’agents chimiques de guerre
J3950 v1 Article de référence

Conclusion
Procédés durables pour la décontamination d’agents chimiques de guerre

Auteur(s) : Julien LEGROS

Relu et validé le 23 oct. 2020 | Read in English

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RÉSUMÉ

Au-delà des stocks anciens d’armes chimiques en passe d’être progressivement détruits, la réapparition ponctuelle d’engins immergés pose de sérieux problèmes environnementaux et de santé. De plus, certaines organisations terroristes et États ont montré leur capacité à déployer des agents chimiques de guerre malgré leur interdiction. Cet article présente des méthodes de neutralisation chimique catalytiques récentes, potentiellement utilisables pour la décontamination d’infrastructures (environnement urbain) et aux impacts écologiques mineurs. L’accent sera particulièrement mis sur les dispositifs directement déployables sur le terrain comme alternative à l’habituel déplacement des toxiques vers des sites sécurisés dédiés à leur destruction.

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Auteur(s)

  • Julien LEGROS : Directeur de recherches au CNRS - Laboratoire COBRA-CNRS, Université de Rouen-Normandie, Mont-Saint-Aignan, France

INTRODUCTION

Malgré la signature de la Convention d’Interdiction des Armes Chimiques (CIAC) par la quasi-totalité des pays du monde (seuls la Corée du Nord, l’Égypte et le Soudan du Sud n’ont pas signé la CIAC ; Israël l’ayant signé mais pas ratifié), une effrayante résurgence des armes chimiques est récemment apparue au cours de différents conflits (attaque au sarin à Khan Cheikhoun en Syrie en avril 2017), ou encore d’attentats terroristes (assassinat de Kim Jong-nam à Kuala Lumpur en février 2017, attentat dans le métro de Tokyo en 1995). La CIAC proscrit la production d’armes chimiques à large échelle mais les stocks mondiaux en armes chimiques anciennes restent également importants ; la question de leur destruction et le développement de méthodes plus sûres constituent donc un défi d’actualité. Si la plupart des pays occidentaux signataires du CIAC se sont dotés au cours des dernières années de sites de destruction sécurisés, le cas Syrien a soulevé de nouvelles problématiques. En effet, compte tenu de la situation de conflit interne et du refus de nombreux états d’accueillir le stock d’arme Syrien pour destruction sur leur territoire (1 033 t de gaz moutarde et 300 t de sarin et de VX officiellement), la décontamination a eu finalement lieu en mer, pendant 2 ans, à bord du « Cape Ray » un bateau américain équipé d’une plateforme de traitement chimique, le « Field Deployable Hydrolysis System » (FDHS). Malheureusement les effluents résultants de ce traitement sont colossaux (plusieurs dizaines de litres d’eau/litre d’agent traité) et doivent être retraités à un coût parfois plus élevé que la neutralisation du toxique. La France, quant à elle, possède sur son territoire environ 300 tonnes d’armes chimiques stockées datant de la première Guerre mondiale. Le programme SECOIA (Site d’Élimination des Chargements d’Objets Identifiés Anciens) a été initié en ce sens : la méthode de destruction utilisée repose sur une destruction automatisée par explosion dans une enceinte blindée puis les déchets sont récupérés, conditionnés puis traités. L’efficacité opérationnelle de ce procédé dans le cadre d’obus fossiles est la plus sécurisée car automatisée, et elle prendra plusieurs dizaines d’années pour détruire les stocks actuels. La découverte de 10 à 20 tonnes supplémentaires chaque année aggrave d’autant plus le problème que toutes les armes chimiques découvertes ne sont pas éligibles pour SECOIA qui n’accepte que les engins intègres (sans fuites de toxique). Le personnel de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) doit alors pratiquer un traitement de neutralisation dépendant du type de toxique. Il est donc essentiel de disposer de méthodes efficaces et durables pour neutraliser efficacement les agents chimiques de guerre sous différents conditionnements et sur différents lieux. Cet article propose de décrire les dernières avancées dans le domaine de la neutralisation des molécules toxiques présentes dans les armes chimiques. Il s’agit de l’utilisation de méthodes récentes (2000-2018) issues du monde académique (catalyse, réacteur en flux continu) permettant d’économiser les quantités de réactifs et/ou de faciliter le traitement à large échelle de façon sûre.

 

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4. Conclusion

Malgré la signature de la Convention d’interdiction des armes chimiques par la quasi-totalité des pays du monde, la menace des armes chimiques est malheureusement encore bien réelle comme l’attestent le conflit syrien et le risque de terrorisme chimique. Dans ce contexte, le besoin de méthodes efficaces globales de décontamination (procédé unique capable de neutraliser tout type d’agent chimique de guerre) sous différents formats (fut, obus, engin improvisé) et déployables sur n’importe quel type de terrain (urbain, rural, champ de bataille,…) est impératif. De plus, il est essentiel de produire le minimum d’effluents possible. Ainsi, si les méthodes d’hydrolyse ou d’oxydation par des solutions aqueuses connaissent un certain succès la quantité d’eau polluée produite est considérable et nécessite des traitements très coûteux. À ce titre, les procédés limitant les volumes d’effluents – et possiblement les volumes d’eau – sont un objectif impératif. Dans ce cadre l’utilisation de solutions neutralisantes alcooliques, donc ultérieurement incinérables, constitue une voie prometteuse. Si l’utilisation de catalyseurs à base de MOF donne des résultats très encourageants, la méthode n’en est qu’à l’échelle de quelques milligrammes et non transposable à des cas concrets. L’utilisation de dispositifs portatifs à base de réacteurs microstructurés à flux continu, capables de traiter de la même manière quelques milligrammes comme quelques dizaines de grammes, semble porteuse de développements futurs.

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BIBLIOGRAPHIE

  • (1) - LEPICK (O.) -   Les armes chimiques.  -  Que sais-je ? 3472, Presses Univ. de France, Paris 127 pp. (1999).

  • (2) - GHABILI (K.), AGUTTER (P.S.), GHANEI (M.), ANSARIN (K.), PANAHI (Y.), SHOJA (M.M.) -   Sulfur mustard toxicity : History, chemistry, pharmacokinetics, and pharmacodynamics.  -  Crit. Rev. Toxicol. 41 5 384 (2011).

  • (3) - DORANDEU (F.), NACHON (F.) -   Des contre-mesures médicales face à la menace des neurotoxiques organophosphorés.  -  Biofutur 384 42 (2017).

  • (4) - THIERMANN (H.), WOREK (F.), KEHE (K.) -   Limitations and challenges in treatment of acute chemical warfare agent poisoning.  -  Chem. Biol. Interact. 206 3 435 (2013).

  • (5) - YANG (Y.C.), BAKER (J.A.), WARD (J.R.) -   Decontamination of chemical warfare agents.  -  Chem. Rev. 92 8 1729 (1992).

  • (6)...

1 Sites Internet

Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques

https://www.opcw.org/

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2 Réglementation

Produits visés par la CIAC

http://non-proliferation.irsn.fr/

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3 Événements

Des congrès sur les problématiques NRBC (risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques) ont lieu annuellement en France et dans le monde :

https://cbrneconference.fr/ (Lyon, 2017)

http://www.cbrn-symposium.com/ (Berlin 2018)

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4 Annuaire

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