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EPR de Flamanville : des « écarts » selon l’ASN

Posté le par La rédaction dans Environnement

Des « écarts » et « faiblesses » ont été constatés lors d'une inspection du site de construction du réacteur EPR de Flamanville selon l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui a demandé à EDF de « faire des efforts importants pour démontrer la qualité de la construction ».

Dans son édition à paraître mercredi, le Canard Enchaîné fait état d’une « inspection explosive ». À l’issue de « l’inspection de revue » permettant un examen approfondi, effectuée entre le 1er mars et le 13 mai, Jean-Luc Lachaume, directeur général adjoint de l’ASN, fait état de « treize constats d’écart », dans une lettre adressée à la direction d’EDF.

« Au vu des écarts et faiblesses constatés au cours de cette inspection de revue, l’ASN estime qu’EDF devra faire des efforts importants pour démontrer la qualité finale de Flamanville 3 », dit Jean-Luc Lachaume, selon cette missive publiée sur le site de l’ASN.

Les « principales faiblesses relevées par les inspecteurs » portent sur des filtres de la piscine de réserve d’alimentation en eau borée en cas de situation accidentelle, sur des limitateurs de débit (venturis DN500) du système d’alimentation des générateurs de vapeur et sur des accumulateurs du système d’injection de sécurité (RIS) en cas de perte du système de refroidissement.

Sur ces systèmes, « l’ASN a demandé à EDF qu’aucune action irréversible ne soit engagée avant que la qualité de la fabrication de ces matériels n’ait été démontrée », a déclaré à l’AFP Thomas Houdré, directeur des centrales nucléaires au sein de l’ASN. « EDF ne peut pas monter ces systèmes-là sur le chantier de Flamanville avant d’avoir apporté l’ensemble des garanties que la qualité était assurée », a-t-il ajouté.

Sans avoir jusqu’à présent répondu complètement à la « lettre de suite » de l’ASN, EDF a déjà « apporté des réponses partielles » notamment en « démontrant la qualité » de la réalisation des accumulateurs RIS, a précisé M. Houdré.

Sollicité par l’AFP, EDF, maître d’ouvrage, a évoqué des échanges « réguliers » avec l’ASN et dit qu’il avait en partie répondu à l’autorité le mois dernier « sur certains points clés » de la lettre et s’apprêtait à compléter sa réponse d’ « ici la fin de semaine ». « L’EPR est un chantier particulièrement contrôlé par l’ASN. Les échanges entre l’ASN et EDF sont réguliers », a déclaré une porte-parole du premier producteur d’électricité mondial.

Mise en service prévue en 2016

Annoncé en juillet, le retard de deux ans supplémentaires pour la mise en service de l’EPR de Flamanville – désormais prévue en 2016 – est dû à la conjonction des audits décidés après la catastrophe de Fukushima, de deux accidents mortels sur le chantier et du mauvais temps qui a ralenti la construction cet hiver, a expliqué cette porte-parole. La lettre de l’ASN n’a joué aucun rôle dans ces retards, a-t-elle affirmé.

Sollicité par l’AFP, le ministère de l’Industrie a déclaré : « cet article du Canard Enchaîné ne contient aucune information nouvelle. Il reprend un extrait de la lettre de l’ASN du 24 juin, publiée depuis un mois et demi sur son site Internet ».

Le ministre de l’Industrie Eric Besson rappelle « qu’en toute hypothèse, l’installation définitive des matériels ne pourra être autorisée qu’une fois que leur qualité de fabrication aura été intégralement validée par l’ASN ».

Le mois dernier, EDF avait revu en nette hausse la facture de son premier EPR, dont il estime désormais le coût à 6 milliards d’euros, près du double des estimations initiales, qui prévoyaient également une mise en service dès 2012.

Le groupe Bouygues, chargé du gros oeuvre à Flamanville, n’a pas souhaité faire de commentaire. Sollicité, Areva n’a pas donné suite.

 

(Source et crédit photo : AFP)

 

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