L’Allemagne a inauguré, en février, le lancement de l’ordinateur quantique Euro-Q-Exa. Ce projet, cofinancé par l’entreprise commune EuroHPC, le ministère fédéral allemand de la Recherche et le ministère bavarois des Sciences, marque une avancée significative pour la souveraineté numérique européenne et la recherche en informatique quantique.
Installée au Leibniz Supercomputing Centre (LRZ) près de Munich, cette machine a pour mission de fournir un accès concret à l’informatique quantique pour les chercheurs et l’industrie en Europe.
L’Allemagne, en hébergeant ce système, joue un rôle central dans cette dynamique, avec un budget de 3 milliards d’euros alloué aux technologies quantiques d’ici 2026.
Reposant sur la plateforme Radiance de l’entreprise finlandaise IQM et disposant actuellement de 54 qubits supraconducteurs, l’ordinateur permettra de développer et d’exploiter des applications quantiques locales. Cette machine renforcera aussi la compétitivité européenne face à la concurrence internationale, notamment américaine et chinoise.
D’ici la fin 2026, Euro-Q-Exa sera complété par un second système plus puissant de 150 qubits, renforçant ainsi la capacité quantique opérationnelle de l’Europe. Ce déploiement s’inscrit dans une stratégie plus large visant à intégrer l’informatique quantique aux infrastructures de calcul haute performance (HPC) existantes.
Comme tous les autres ordinateurs quantiques EuroHPC, le nouveau système offrira en effet aux utilisateurs finaux européens l’accès à une architecture hybride classique-quantique.
Maladies neurodégénératives
Destiné principalement à la recherche et à l’innovation, il sera également accessible à un large éventail d’utilisateurs européens, du monde universitaire et industriel au secteur public. Les applications potentielles sont très variées : simulation de matériaux, optimisation de processus industriels, cryptographie, ou encore intelligence artificielle.
Mais, d’ores et déjà, des premiers groupes de recherche européens ont manifesté leur intérêt pour Euro-Q-Exa afin de déchiffrer les causes des maladies neurodégénératives, de développer les méthodes de pharmacologie assistée par ordinateur, d’affiner les modèles climatiques et d’améliorer les réseaux électriques.
Cependant, l’un des enjeux majeurs reste la préparation au « jour Q », ce moment où les ordinateurs quantiques pourront casser les systèmes de chiffrement actuels, menaçant la sécurité des communications et des infrastructures critiques.
Euro-Q-Exa s’inscrit dans un réseau plus large de six ordinateurs quantiques européens, chacun utilisant des technologies différentes (qubits supraconducteurs, ions piégés, photons, etc.), répartis en Allemagne, France, Espagne, Italie, Pologne et République tchèque. Cette diversité technologique permet à l’Europe de couvrir un large spectre de recherches et d’applications, tout en évitant une dépendance excessive à une seule technologie.
Avec Euro-Q-Exa, l’Europe affiche explicitement sa volonté de devenir un acteur clé dans le domaine quantique. Le projet ne se limite pas à la puissance de calcul : il vise aussi à créer un écosystème durable, en formant une nouvelle génération de chercheurs et d’ingénieurs, et en favorisant les partenariats entre le public et le privé.
La compétition internationale est intense. L’Europe, grâce à des initiatives comme Euro-Q-Exa, cherche à ne pas être dépassée.






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