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Le réchauffement climatique engendrerait une accélération de la mortalité dès 2030

Posté le par Chaymaa Deb dans Environnement

Même s'il se limite à deux degrés, le réchauffement climatique pourrait causer une accélération de la mortalité dès 2030. Selon un rapport de la Croix-Rouge, 250 000 décès supplémentaires et directement liés au climat pourraient être déplorés entre 2030 et 2050. Dans le cadre de la COP 25, l'ONG fait des propositions pour protéger les populations directement exposées aux risques de pauvreté et de mortalité.

Si aucune disposition n’est prise, les progrès faits par la médecine durant ces cinquante dernières années pourraient ne plus avoir d’impact. Selon un rapport «Santé et changements climatiques» publié par la Croix-Rouge, un réchauffement climatique de deux degrés pourrait avoir des conséquences directes sur la mortalité humaine. Ce rapport indique qu’entre 2030 et 2050, 250 000 décès supplémentaires pourraient être enregistrés chaque année dans le monde. «Les effets des changements climatiques sur la santé sont inacceptables, sans équivoque et tout le monde en fait aujourd’hui l’expérience partout dans le monde. Personne n’est à l’abri» alerte Nick Watts, directeur exécutif du Lancet Countdown, cité par l’ONG.

Épidémies et suicides au programme des changements climatiques

Plusieurs causes différentes pourraient être à l’origine de la hausse de la mortalité. La Croix-Rouge considère notamment que «les changements climatiques causeront annuellement 6 000 décès supplémentaires pour cause de malaria à partir des années 2030». La propagation de la dengue, du choléra ou du virus Ebola sera également facilitée du fait de l’augmentation de la capacité vectorielle des moustiques. Et les maladies pourraient ne pas être les seuls facteurs explicatifs de la hausse de la mortalité mondiale. L’ONG rapporte également qu’une hausse des températures moyennes de 1 degré provoquerait une augmentation des suicides de 0,7% aux États-Unis et de 2,1% au Mexique. Cela pourrait s’expliquer par les impacts psychopathologiques causés par des épisodes de catastrophes naturelles.

Le stress de certaines populations mondiales face aux changements climatiques a, par ailleurs, déjà commencé. Le rapport de la Croix-Rouge indiquait que 157 millions de personnes de plus de 65 ans ont été exposées à des vagues de chaleur en 2017, soit 18 millions de plus qu’en 2016 (The Lancet, 2018). Et selon la revue scientifique Environmental Research Letters, près de 5 milliards d’individus vivent dans des régions «où la chaleur extrême est prévisible sur un temps donné». De plus, la Banque mondiale déclare que le réchauffement climatique aurait pour conséquence de plonger 100 millions de personnes dans la pauvreté à l’horizon 2030. En France, 85% de la population se dit inquiète face au phénomène du réchauffement climatique (sondage IFOP, 2018).

L’humanité face à l’enjeu de l’adaptation au réchauffement climatique

Face à ces constats, la Croix-Rouge se demande comment «soigner une humanité à plus deux degrés». Les mesures à mettre en œuvre s’articuleraient autour de plusieurs axes, parmi lesquels : réduire les risques sanitaires liés aux catastrophes, s’adapter aux vagues de chaleur en milieu urbain, prévenir les risques épidémiques, ou encore lutter contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition. Le professeur en changements environnementaux et santé publique, Sir Andy Haines, estime même qu’«afin de réduire la probabilité que les impacts des changements climatiques affectent sérieusement notre santé, nous devons mettre en place des mécanismes d’adaptation efficaces et réduire les émissions de gaz à effet de serre». Autre recommandation notoire : financer des programmes d’adaptation sur le long terme.

La Croix-Rouge rappelle également que le GIEC indique que les conséquences du changement ne sont pas proportionnelles au réchauffement climatique. Ainsi, chaque dixième de degré de plus aggrave les conséquences. «De surcroît, chaque dixième de degré supplémentaire amoindrit les capacités d’adaptation des populations» indique le rapport avant de considérer que «la nécessité d’agir est critique». Cela s’explique par le fait qu’au niveau actuel des émissions de gaz à effet de serre, les chances d’endiguer le réchauffement climatique en dessous de 1,5 degré s’élèvent à 50%. C’est pourquoi l’ONG espère une mobilisation forte et internationale. «Construisons ensemble une société et des personnes plus fortes et plus solidaires face aux catastrophes liées aux changements climatiques en France et dans le monde!» enjoint Jean-Christophe Combe, directeur général de la Croix-Rouge française.

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