La surveillance des réseaux étendue au-delà du cadre anti-terroriste

Comment s’applique concrètement la Loi de Programmation Militaire ?

L’article 20 du projet de loi relatif à la Loi de Programmation Militaire, intitulé « Accès administratif aux données de connexion » est celui qui nous intéresse présentement.

C’est lui qui accorde aux agents d’état habilités ainsi qu’aux services de police et gendarmerie, le droit de collecter les données personnelles des citoyens jugés potentiellement « ennemis d’État ».

En clair, cela signifie que les agents auront toute liberté de se renseigner auprès des opérateurs pour savoir quels sont les appels (appelés/appelants/durée/date des communications) effectués par ces derniers, et pourront également déterminer – via les terminaux de communication –  leur localisation.

Cette surveillance se portera sur des dizaines de milliers de personnes chaque année.

Les protestations de nombreux acteurs du numérique

L’extension de la LPM poursuit évidemment une juste cause: garantir la sécurité de la population et de la nation en luttant contre le terrorisme.

Toutefois ces dispositions concernant la défense et la sécurité nationales ne satisfont pas tout le monde. De nombreuses associations et acteurs du Web (l’Asic qui représente AOL, Google, Deezer, Facebook, Yahoo…, La Quadrature du Net, l’Afdel et d’autres) sont en effet montés au créneau. Une pétition citoyenne « Internet au service du peuple et non de l’État ! » a même vu le jour sur change.org.

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a tardivement fait part de sa position sur le sujet. Rappelant n’avoir pas été saisie au moment de l’examen du projet de loi (ce qu’ont déploré les sénateurs écologistes), elle s’inquiète que le pouvoir octroyé aux services de renseignements ne se limite pas à « l’accès aux données de connexion mais s’étende à l’accès aux données de contenu ».

D’autre part, la CNIL estime qu’un débat public devrait être mis en place afin d’éclairer tous les tenants/aboutissants d’une « société de surveillance ».  Jacques Attali, quant à lui, s’est dit ahurit: « l’article 20 de la nouvelle loi de programmation militaire vient de donner à l’administration tout pouvoir de traiter tout citoyen soupçonné d’un délit quelconque comme un terroriste, c’est-à-dire de pénétrer dans sa vie privée sans contrôle a priori d’un juge ».

L’économiste va encore plus loin en concluant que c’est « ainsi que meurent les démocraties ».  

La LPM est-elle dangereuse ?

La crainte principale de ces acteurs et de certains médias est que la LPM porte atteinte aux droits et libertés individuelles; que les motifs de surveillance soient flous ou malléables selon arrangement de l’État, et qu’en prévention de la criminalité, « ce régime d’exception ne s’applique à toutes les infractions » (dixit l’Asic); et que la surveillance de quelques « citoyens potentiellement criminels » ne dérive vers une surveillance généralisée à la manière de Big Brother (cf. l’article du figaro « La France vire-t-elle à la société orwellienne? »).

L’association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet, La Quadrature du Net, est peut-être l’organisation à s’être insurgée le plus fort, n’hésitant pas à employer des formules fortes pour parler de la LPM : « nos libertés fondamentales sont en danger » ou encore « pas de programme Prism à la française ».

Était-il nécessaire de faire un parallèle avec le programme de surveillance américain Prism, dénoncé par l’ex-consultant Edward Snowden ? Pas sûr, le trait est évidemment exagéré. Benoît Thieulin, président du Conseil national du numérique, se veut rassurant « il ne s’agit pas d’un Prism à la française. Les autorités n’ont pas accès à toutes les données : elles sont surtout détenues par les géants du Web américains. ».  Les agents habilités ne pourront pas se renseigner sur une personne comme bon leur semble. En effet, ils devront demander au préalable l’accord « d’une personnalité qualifiée placée auprès du Premier ministre », elle-même sélectionnée par la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité. Il devrait donc y avoir un contrôle strict.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Si beaucoup se sont offusqués, le constat est simple. La loi a été promulguée car la saisine du Conseil constitutionnel n’a pas emballé un nombre de députés/sénateurs suffisant (il en fallait 60).

Ou plutôt si… Mais les élus UMP (48) et Verts (17) opposés à l’extension de la LPM n’ont pu mettre de côté leurs velléités pour s’unir. Subsiste encore pour les plus réfractaires quelques possibilités de recours a posteriori tels que : l’amendement parlementaire ou encore la « question prioritaire de constitutionnalité » permettant à toute personne de « contester la conformité à la Constitution d’une loi déjà entrée en vigueur ».

En l’absence de réaction, l’article 20 s’appliquera dès le 1er janvier 2015. Collecter les données personnelles des citoyens suspectés d’être un danger pour la nation sera donc juridiquement autorisé.

Sébastien Tribot

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Maitriser le calcul de l’incertitude sur ses instruments de pesage

Entretien avec Denis Louvel, expert formateur en étalonnage et pesage.

Techniques de l’Ingénieur : Denis Louvel, quelles sont les normes en vigueur aujourd’hui concernant l’étalonnage des balances ?

DLDenis Louvel : Principalement la norme ISO 9001, qui invite les sociétés utilisant des instruments de mesures à les étalonner et vérifier, mais sans caractère obligatoire, les BPF/BPL, qui implique des obligations pour les secteurs pharmaceutique et chimique, et surtout, la norme ISO 17025, qui veut que tous les laboratoires évaluant de la qualité – qu’il s’agisse d’eau, d’air, d’aliments, de produits de santé – connaissent l’incertitude de leurs instruments de mesure.

Cette donnée est très importante car jusqu’à la fin des années 1990, aucun texte ne réglementait la connaissance de l’incertitude des instruments, seule la différence erreur/erreur maximale tolérée était contrôlée. Avec la prise en compte de l’incertitude, de nombreux autres critères s’ajoutent, tels la qualité du poids utilisé, la performance de la balance, le positionnement de la charge sur le plateau, l’électricité statique, les champs magnétiques, la température, etc.

Techniques de l’Ingénieur : Sur ce thème, vous animez chez Techniques de l’Ingénieur une formation concernant l’étalonnage des balances et micropipettes, à qui s’adresse-t-elle ?

Denis Louvel : A toutes les entreprises et laboratoires accrédités ISO 17025 par le Cofrac, et ayant obligation de connaitre l’incertitude de leurs moyens de mesure, qui est le critère d’évaluation de la qualité de leur mesure. Les entreprises concernées par la norme ISO 9001 précitée n’ont pas l’obligation de s’y soustraire mais auraient tout à gagner à maitriser également le calcul de l’incertitude, car ça peut avoir un impact sur leur activité.

L’idée de cette formation est d’ouvrir l’esprit des utilisateurs de balances sur les dernières évolutions à intégrer en précision du pesage, un domaine où, étrangement, les utilisateurs sont assez réfractaires aux évolutions.

Au cours du module, nous passerons du temps en matinée à expliquer la théorie, avant de s’intéresser pendant l’après-midi à la maitrise des outils de calcul. Pas à pas, sur la base d’exemples concrets, les participants apprendront à maitriser le processus de calcul de l’incertitude, qui n’est pas forcément facile.  Mais nous y passerons suffisamment de temps pour qu’ils l’intègrent.

Techniques de l’Ingénieur : Vous animez également une formation chez Techniques de l’Ingénieur concernant l’étalonnage de masse. De quoi s’agit-il ?

Denis Louvel : C’est une activité très particulière que celle d’étalonner ses poids, d’évaluer les erreurs entre masse réelle et valeur nominale des poids, ainsi que leur incertitude. Celui qui se lance dans cette activité aura beaucoup à faire. Cette formation s’adresse donc aux personnes ayant beaucoup de poids à étalonner, et ayant avantage à le faire eux-mêmes. Les petites structures utilisant peu de poids auront tout intérêt à sous-traiter l’opération. A partir de là, balanciers, industries pharmaceutique ou encore aéronautique, métrologues : les profils concernés sont potentiellement très variés.

Ce qui caractérise ces deux formations, c’est également le service après-vente assuré, puisqu’à l’issue de celles-ci, lorsque les participants mettent en place ce qu’ils ont appris, je reste bien sûr en contact avec eux pour leur prodiguer l’accompagnement nécessaire à leur réussite.

photo : Wikimedia Commons/CJP24

Conséquences prévisibles d’une baisse des investissements dans l’extraction pétrolière

Royal Dutch Shell annonçait, en Septembre 2013, en grandes pompes, accompagné du Gouverneur de Louisiane, qu’il allait investir à Bâton Rouge 12,5 milliards de dollars dans un projet de Gas-to-liquid (GTL) de taille mondiale (140 000 barils/jour), permettant de valoriser les ressources abondantes de gaz naturel américain sous forme de gazole, de kérosène et de naphta. Le projet semblait cohérent avec les ressources énergétiques disponibles et les besoins du marché.

Mais, moins de trois mois après, au mois de Décembre, Shell annonçait dans un communiqué laconique qu’il ne donnait plus suite à ce projet. Les différentiels de prix entre gaz et pétrole et la rigueur de gestion dans les investissements du Groupe justifiaient cette décision pour le moins surprenante de la part d’une Entreprise de cette taille.

Au mois de Septembre 2013, lors de la journée de présentation aux investisseurs, Total annonçait une baisse de ses investissements dès 2014 après une longue période d’investissements importants, accompagnée par une complexification et une forte inflation des prix des prestations de services dans l’amont (exploration et production).

Durant la même période, le Groupe BP annonçait vouloir privilégier les dividendes versés aux actionnaires quitte à réduire le flux des capitaux investis. Tout récemment, le groupe Exxon-Mobil vient d’annoncer à son tour une baisse de ses investissements dans le forage pétrolier. Les projections d’activité des sous-traitants en charge des forages pétroliers apparaissent pessimistes pour au-moins les dix-huit mois à venir, affirme Reuters.

En bref, la tendance dans le monde pétrolier, apparait être à la réduction des investissements dans l’exploration et la production de pétrole et à la distribution majorée de dividendes aux actionnaires.

Figure 1 : Investissements cumulés annuels des grands groupes pétroliers (BP, Exxon Mobil, Royal Dutch Shell, Total et Chevron) dans l’exploration-production en milliards de dollars courants (d’après l’OPEC Statistic Bulletin 2013)

L’abondance relative des ressources pétrolières mondiales constatée aujourd’hui n’est que la conséquence des énormes investissements dans l’exploration production de pétrole et de gaz non conventionnels réalisés depuis une décennie, en phase avec la montée des consommations ou mises en stock asiatiques et des cours associés du baril de pétrole.

Les grandes compagnies pétrolières (FIG.), souvent en association avec les compagnies nationales locales, ont investi dans l’amont (exploration-production) un total de 138 milliards de dollars en 2012 alors que leurs productions  ne représentaient, au prorata de leur mise, que 12% des productions mondiales de pétrole brut. Mais les grands groupes, qui sont souvent leaders techniques et opérateurs de projets complexes qui ne seraient pas engagés sans leur participation, jouent dans les faits, un rôle dans ce domaine beaucoup plus important qu’il n’apparait par leur simple part de marché [1].

Il semble évident que cet état actuel, provisoire et fragile, de relative abondance des ressources pétrolières,  devrait prendre fin en quelques années dans le cadre d’une décroissance des investissements pétroliers et des prises de risques de ces leaders dans l’exploration et la production.

L’adéquation du niveau de ressources pétrolières avec la demande dans le monde est aujourd’hui un problème de flux et donc de savoir faire et d’investissements des Groupes Pétroliers, nationaux ou internationaux, et non un problème de réserves qui sont encore abondantes et diverses, en contradiction avec les affirmations faussement simplificatrices des théories du peak-oil. Une baisse de ces investissements devrait naturellement conduire en quelques années le marché du pétrole vers une réduction des ressources mises sur le marché et, en conséquence, vers un accroissement des prix du baril, prix très sensibles à la marge du moment entre capacités de production et consommations, c’est-à-dire,  reliés à l’aptitude (ou l’inaptitude) globale des opérateurs, détenteurs de réserves, à réagir rapidement devant une rupture locale des productions comme celle observée récemment en Lybie par exemple.

La profession doit investir pour satisfaire la demande mondiale croissante de « liquides » sortant des raffineries qui devrait augmenter annuellement d’un million de barils/jour,  mais aussi et surtout pour lutter contre  la fugacité de la ressource amont (déplétion) qui décline naturellement de 4% par an en moyenne ce qui représente, aujourd’hui, trois millions de barils de pétrole brut à renouveler chaque année. Ce paramètre est trop souvent oublié dans certaines analyses sommaires des marchés du pétrole, que conduisent des spécialistes financiers auto proclamés, les conduisant à prédire ex cathedra une décroissance des cours du brut, à mon avis fortement improbable à moyen-terme.

Le carburant de cette course à la ressource pétrolière, à la croissance des consommations mondiales et au maintient du flux par apport annuel de près de 4 millions de barils/jour de nouvelles ressources, est assuré par l’intelligence, le savoir-faire des professionnels de l’exploration- production et la somme des capitaux investis qui s’estiment en centaines de milliards de dollars (FIG.).

Il est évident, par ailleurs, que la contribution des biocarburants et des techniques de conversion de gaz naturel, de gaz carbonique, de biomasse  ou de charbon en liquides, dans cette requête sera de plus-en-plus bienvenue et importante. Là encore, plusieurs conditions sont nécessaires : que les entreprises concernées investissent et que les hommes et femmes politiques européens refreinent leur phobie carbonique électorale. Il me semble à ce titre important de rappeler que le principal atout des biocarburants n’est surtout pas de réduire de quelques misérables tonnes les émissions mondiales de CO2, faisant l’objet de nombreuses études, publications et débats inutiles, mais que l’objet de ces biocarburants est de s’imposer, pour une part croissante, comme substituts aux ressources pétrolières mondiales et d’agir ainsi à la baisse ou à la modération de croissance des prix.

Condamner ou limiter l’utilisation des biocarburants comme l’a fait le parlement européen, me semble être une erreur évidente de bon sens. Cette industrie agricole, en association avec le monde paysan local, s’est largement imposée, malgré la fin des subventions, aux Etats-Unis et avec une adaptation naturelle en volumes et en prix des cultures de maïs à cette nouvelle demande bienvenue. Contrairement aux théories altermondialistes en vogue, une demande nouvelle ne crée pas la pénurie, elle stimule l’offre. C’est ce qui s’est passé sur le maïs américain et mondial.

La bonne santé de l’économie mondiale et donc la progression du monde vers  moins d’injustices, de misères et plus de démocratie est beaucoup plus menacée par une pénurie de ressources énergétiques, devenues hors de prix, que par l’enfer climatique annoncé à grand bruit par certains. Pour l’instant,  ni l’un ni l’autre ne semble être, à court terme, d’actualité. C’est une augmentation régulière et maîtrisée des prix du charbon, du gaz et du pétrole, en phase avec les progrès incessants réalisés dans l’efficacité énergétique des processus, qui limitera enfin le flux annuel des émissions anthropiques mondiales de gaz carbonique. A court-terme, une limitation réaliste et volontaire, par les seules grandes nations émettrices de ces rejets, vers les 40 milliards de tonnes de CO2 à l’horizon 2020 serait la bienvenue, après et seulement après,  il faudra parler de réduction de ces émissions.

L’existence d’une relation entre accroissement progressif des prix des ressources énergétiques fossiles et réduction du flux des émissions mondiales de CO2 devrait bien un jour ou l’autre être constatée, et ceci n’a rien de métaphysique, puisqu’on l’observe déjà dans le monde hors Asie. L’accroissement du PIB mondial, grâce aux progrès dans l’efficacité énergétique des processus, se fera un jour à consommations énergétiques quasi stables ou décroissantes. Les pays de l’OCDE présentent dès à présent  une croissance des consommations énergétiques très faibles (+0,5% par an en moyenne d’ici à 2040 prévoyait l’EIA en 2013) mais les contrées en fort développement n’en sont pas encore arrivées à ce point  avec des prévisions de croissances de consommation énergétique des pays non OCDE de 2% par an selon la même source.

Par Raymond Bonaterre

[1] A partir de ces 140 milliards de dollars annuels investis dans l’amont par les grands groupes pétroliers internationaux pour assurer 12% de la ressource de pétrole brut, on peut estimer le montant global des investissements pétroliers dans l’exploration production, compte tenu de la complexité des projets gérés par ces Compagnies, à 6 à 7 fois cette somme. Ceci conduit à évaluer les investissements annuels globaux dans l’amont autour des 800 (+ ou – 100)  milliards de dollars qui sont à rapprocher aux 4000 milliards estimés de chiffre d’affaire annuel consolidé de la filière des produits pétroliers (hors gaz naturel).

Revue du web #57 : les vidéos les plus étonnantes de la semaine

Cette semaine dans la revue du Web

 

  • « Body-extender », l’exosquelette permettant de décupler ses forces ;

  • Imprimer en trois dimensions du métal à l’aide d’un robot industriel ;

  • « Ghostcube », création protéiforme d’Erik Aberg ;

  • Apotek fait le buzz dans le métro de Stockholm, avec une publicité qui décoiffe ;

  • Le gadget (inutile?) de la semaine : « iBag », le sac à main qui vous pousse à être raisonnable ;

  • Et en bonus : un tourne-disque qui fonctionne même sous l’eau.

« Body-extender », l’exosquelette permettant de décupler ses forces

N’avez-vous jamais rêvé – tel un Iron Man de pacotille – démultiplier vos forces sans le moindre effort ? Pour débuter notre cinquante-septième Revue du Web, partons tout de suite en Italie où les ingénieurs du laboratoire Perceptual Robotics, installés dans la banlieue de Pise, nous attendent avec leur « Body-extender », un exosquelette qui pourrait être digne d’un blockbuster hollywoodien. Pas peu fiers de leur poulain, les Italiens soulignent le fait que chaque extension de bras est capable de soulever une cinquantaine de kilos, exerçant une force près de dix fois supérieure à celle appliquée par l’utilisateur.

« C’est l’exosquelette le plus complexe jamais construit », se sent même en droit de claironner Fabio Salsedo, qui dirige les travaux de l’équipe transalpine. La bête dispose de 22 degrés de liberté, chacun de ces degrés dépendant d’un moteur électrique. Les éléments, tous modulables, autorisent la plus grande flexibilité et permettent de reconstruire l’exosquelette pour l’adapter au plus près aux tâches qui lui seront assignées. Parmi les applications, les concepteurs mettent en avant la construction et l’assemblage de produits complexes, bourrés de technologie et de grande taille tels que les avions, le sauvetage de victimes lors d’un tremblement de terre ou d’une explosion, ainsi que d’évidentes applications militaires.

Imprimer en trois dimensions du métal à l’aide d’un robot industriel : 

Après le succès d’estime de l’imprimante MX3D-resin l’année dernière, les Néerlandais du Joris Laarman Lab remettent le couvert en ce début d’année avec un outil destiné aussi bien aux particuliers qu’aux ateliers professionnels partout dans le monde, le MX3D-metal. L’association d’un robot industriel et d’une machine à souder perfectionnée semble être un pari gagnant au vu du résultat, un dispositif capable de sculpter, d’imprimer du métal – acier, acier inoxydable, aluminium, bronze ou cuivre – à grande échelle et en trois dimensions, en suivant les techniques élémentaires de la soudure et sans l’aide de structures de soutien.

Le secret : l’ajout de petites touches de métal fondu, permettant l’impression de lignes métalliques semblant prendre leur envol selon des schémas bien définis. Chaque type de ligne – horizontale, verticale ou en spirale – nécessite des réglages particuliers tels que le temps de pulsation, le temps de pause, la hauteur de couche ou encore l’orientation de l’outil-machine. Une interface ludique semble même être dans les cartons du laboratoire néerlandais, afin de se rapprocher le plus possible des techniques de modélisation géométrique et de CAO (Conception Assistée par Ordinateur).

« Ghostcube », création protéiforme d’Erik Aberg : 

Le plasticien suédois Erik Aberg sait créer de jolies choses à partir d’éléments simples. Pour preuve, sa dernière création, « Ghostcube », est un véritable tour de force tant le principe est simple et le résultat riche. « Ghostcube » est une structure polymorphe constituée de cubes de bois connectés entre eux par l’une de leurs arêtes, autorisant quelques fantaisies sans grands efforts de manipulations.

Le Suédois se met en scène dans la vidéo qui suit, tel un prestidigitateur moderne, avec un sens de la poésie qui l’honore, pour une chorégraphie aérienne et légère soulignant la beauté éphémère de chacune des formes créées, qui se lient et se délient. Un vrai bijou et un vrai coup de cœur !

Apotek fait le buzz dans le métro de Stockholm, avec une publicité qui décoiffe : 

Faire réagir une publicité à son environnement, pour la rendre plus attractive : voilà le défi que s’est fixé l’agence de publicité suédoise Akestam Holst, créée en 2002 dans la banlieue de Stockholm, et raflant chaque année quantité de prix venant sanctionner leur créativité. Une fois encore, la campagne de pub imaginée pour une nouvelle gamme de shampoings d’une marque scandinave, Apotek, mérite le coup d’œil et aura réussi à créer le buzz.

Décidés à exploiter au maximum les possibilités de l’affichage dynamique, les créatifs d’Akestam Holst ont eu une idée toute simple pour la campagne de publicité dans le métro de Stockholm : comme n’importe quel quidam à poils longs attendant nonchalamment l’arrivée de la rame sur le quai, le modèle servant d’égérie de la marque se retrouve toute ébouriffée, les cheveux pris dans le tumulte du passage du métro. Pour une synchronisation optimale, un système de capteurs détecte l’arrivée du train, s’assurant que les cheveux du modèle ne s’affolent qu’au moment exact du passage de la rame. Censée durer une seule et unique journée, la campagne de publicité aura tellement séduit Clear Channel – le géant de la publicité urbaine – qu’elle fut prolongée de cinq jours.

Le gadget (inutile?) de la semaine : « iBag », le sac à main qui vous pousse à être raisonnable

S’il vous semble difficile, voire impossible de lutter contre vos crises de shopping ou de dépenses aiguës, le gadget (inutile?) de la semaine pourrait bien être fait pour vous. Les Australiens du site Finder.com.au ont mis au point un sac à main – baptisé sans inspiration aucune… « iBag » – qui se propose de chaperonner la personne qui le porte et de jouer les rabat-joie en frappant là où ça fait mal : au porte-monnaie. Pas d’amende, non, mais c’est le sac qui tient ici les cordons de la bourse.

Doté d’un module Arduino construit autour d’un micro-contrôleur Atmel AVR et d’un GPS, le sac prototype a été conçu pour empêcher physiquement l’accès aux moyens de paiement lorsque l’acheteur(se) potentiel(le) est le plus vulnérable, notamment à certaines heures critiques de la journée ou lorsqu’il ou elle passe près d’un magasin ou d’une zone dite « sensible » ou « dangereuse ». Une puce RFID enregistre chaque mouvement du porte-monnaie, et un module GSM permet également d’envoyer un message à une personne considérée comme responsable, telle qu’un mari, une épouse, un ami ou encore les parents pour un mineur un peu trop dépensier. Peu de doute subsiste sur la population ciblée : le sac n’existe pas – encore – en version masculine.

Bonus : un tourne-disque qui fonctionne même sous l’eau

Pour conclure notre cinquante-septième Revue du Web en beauté, le bonus de la semaine mêle inventivité et poésie avec une très belle réalisation d’Evan Holm, un jeune plasticien basé en Californie. Du haut de ses trente ans, cet artiste américain vit dans l’angoisse de la disparition de toutes traces de la culture « humaine », culture qui finira par « revenir à la poussière, lentement écrasée par le déploiement de notre univers ». Pour exprimer son angoisse et célébrer tous les musiciens et artistes ayant contribué à façonner notre belle culture humaine, Evan Holm a créé une sculpture qu’il qualifie paradoxalement d’optimiste, constituée d’un tourne-disque submergé dans un petit plan d’eau artificiel.

Une fois le mange-disque en branle, retentit « Love to love you baby », tube planétaire de la chanteuse américaine Donna Summer, sorti en 1975. On notera les variations du pitch, entraînant invariablement quelques errements dans la tonalité de la chanson.

Par Moonzur Rahman

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Un pas de plus vers le « bioprinting », l’impression de tissus humains

On ne chôme pas à Harvard : une équipe de scientifiques du Wyss Insitute aurait développé une nouvelle méthode de « bioprinting » – anglicisme désignant l’impression de tissus humains – capable de créer une structure organique complexe en trois dimensions, composée de plusieurs types de cellules et de petits vaisseaux sanguins.

Les progrès de l’impression 3D combinés aux avancées de la médecine régénérative ont stimulé un grand nombre de chercheurs ces derniers mois, laissant entrevoir un champ des possibles très large, de la création de tissu humain suffisamment réaliste pour pouvoir effectuer des tests pharmacologiques, jusqu’à la création ou la régénération de tissus et d’organes par impression 3D.

« Cette découverte est un premier pas essentiel vers la création tridimensionnelle de tissu vivant », fanfaronne – à juste titre – Jennifer Lewis, doctorante qui a mené à bien l’étude et atout majeur du Wyss Institute for Biologically Inspired Engineering, l’un des organes dédiés à la recherche de la prestigieuse université d’Harvard.

Quelques antécédents, mais pas tous probants

Les ingénieurs tissulaires ont longtemps essayé de produire en laboratoire du tissu humain correctement vascularisé et assez robuste pour remplacer du tissu endommagé, essuyant de nombreux échecs avant de parvenir à un résultat qualifié de « probant ». D’autres équipes ont joué la carte du bioprinting, mais ont dû se limiter à la portion congrue en produisant du tissu extrêmement fin.

Les tentatives d’impression de couches plus épaisses sont toutes tombées à l’eau, les cellules prises en sandwich n’ayant accès ni à l’oxygène ni aux nutriments en quantité suffisante, n’ayant pas non plus la possibilité de se débarrasser correctement du dioxyde de carbone et des autres déchets. Elles finissent donc par mourir.

Pour contourner ce problème, la nature marbre le tissu d’un réseau de minuscules vaisseaux sanguins aux parois fines, qui nourrissent l’ensemble tout en évacuant les déchets. C’est ce schéma que l’équipe de l’institut de Harvard a tenté de reproduire.

Un enjeu de taille pour l’impression 3D : allier forme et propriétés

L’impression 3D excelle lorsqu’il s’agit de créer des structures tridimensionnelles complexes et détaillées, à partir de matériaux inertes tels que les plastiques ou les métaux. Pionnière en la matière, l’équipe de Jennifer Lewis s’est lancée tête baissée dans le développement d’encres innovantes qui, en se solidifiant, acquièrent ou conservent certaines propriétés – qu’elles soient électriques ou mécaniques – une approche de l’impression 3D qui essaie de dépasser la forme pour intégrer les fonctionnalités.

Pour imprimer des constructions tissulaires obéissant à un certain schéma, les chercheurs américains ont dû mettre au point trois « bio-encres » fonctionnelles possédant des propriétés biologiques à la fois utiles et complémentaires, contenant les éléments clés nécessaires à la formation d’un tissu vivant.

Trois « bio-encres » complémentaires

La première bio-encre contient de la matrice extracellulaire, désignant l’ensemble de macromolécules extracellulaires – essentiellement constituées de glycoprotéines et de protéines, ainsi que de glycosaminoglycanes – qui sert de liant et permet de souder les cellules en tissu. La seconde encre, elle, contient à la fois de la matrice extracellulaire et des cellules vivantes.

Pour créer les vaisseaux sanguins, l’équipe du Wyss Institute a conçu une troisième bio-encre dont l’une des propriétés est quelque peu insolite : elle fond lorsque la température passe en dessous d’un certain niveau, plutôt que lorsque celle-ci augmente. Les scientifiques ont ainsi pu imprimer, dans un premier temps, un réseau interconnecté de filaments, pour ensuite faire fondre l’ensemble en refroidissant le matériau et aspirer la partie liquide afin de laisser en place un lacis de filaments creux, copie conforme ingénieuse d’un réseau de vaisseaux sanguins.

« Idéalement, nous voulons que la biologie fasse la plus grosse partie du travail »

Les tests conduits par l’équipe de Harvard furent concluants, aboutissant à des constructions tissulaires dont l’architecture – englobant trois types de cellules et une vascularisation efficace – se rapproche de la complexité d’un tissu humain.

L’injection d’endothélium vasculaire (la couche la plus interne des vaisseaux sanguins, en contact avec le sang) fut également couronnée de succès, les cellules continuant tranquillement leur croissance. « Idéalement, nous voulons que la biologie fasse la plus grosse partie du travail », termine Jennifer Lewis.

Ce dernier point est primordial, puisqu’il pourrait permettre d’effectuer un pas décisif vers la création ou la régénération de tissus malades ou abîmés, voire d’organes entiers par impression 3D. La communauté scientifique suit très attentivement cette piste : l’année dernière, une équipe écossaise avait déjà prouvé que les cellules souches embryonnaires humaines déposées par leur dispositif d’impression 3D pouvaient survivre et conserver leur pluripotence.

Par Rahman Moonzur

Un nouveau type d’électrode, inspiré de la grenade

La grenade, appelée à la rescousse par les scientifiques ?

Une équipe de chercheurs de l’université de Stanford a développé un nouveau type d’électrode qui pourrait bien permettre de surmonter les derniers obstacles à l’usage du silicium dans les accumulateurs lithium-ion nouvelle génération. Le design interne de cette électrode s’inspire assez largement de la répartition des graines à l’intérieur d’une grenade, les nanoparticules de silicium jouant ici le rôle des juteuses graines rouge vif.

L’anode – ou électrode négative – est en quelque sorte l’endroit où l’énergie est stockée lorsqu’une batterie se recharge. Les anodes en silicium peuvent stocker près de dix fois plus qu’une électrode négative en graphite, employée habituellement dans les batteries lithium-ion. Elles ne sont jusqu’à présent pas utilisées car elles présentent un inconvénient majeur : le silicium, très cassant, enfle et tombe en morceaux lorsque la batterie est en charge, et il réagit également avec l’électrolyte, formant un résidu qui enveloppe l’anode et dégrade ainsi ses performances.

Pour résoudre ces menus problèmes, le silicium est utilisé sous forme de nanoparticules, trop petites pour se permettre le luxe de se briser en morceaux encore plus réduits, nanoparticules engoncées dans des enveloppes de carbone qui leur laissent le loisir d’enfler ou de rétrécir pendant la charge. Ce sont ces enveloppes qui se regroupent sous forme de clusters dont l’agencement rappelle celui des graines de la grenade, limitant de facto le contact entre chaque particule et l’électrolyte et réduisant la formation de résidu.

Les tests conduits sur l’électrode-grenade sont très satisfaisants : l’anode fonctionne encore à près de 97 % de ses capacités, même après 1000 cycles de charge et de décharge.

Par Raman Moonzur

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Femme de ménage, métier à risque

Benzène, éther de glycol, acétone, autant de substances connues pour leur toxicité et pourtant manipulées quotidiennement par certaines catégories professionnelles. Parmi les plus exposées, les personnes en charge du nettoyage. De nombreuses études pointent les dangers de substances toxiques contenues dans les produits utilisés pour nettoyer. Une dangerosité connue et affichée sur les emballages via des images de tête de mort ou autres symboles effrayants. Des pictogrammes négligés, une dangerosité sous-estimée, mais des risques chimiques bien réels. Voici un petit tour d’horizon des dangers : les produits pour les vitres contiennent de l’ammoniaque, particulièrement irritant pour les voies respiratoires,  des éthers de glycols à l’origine de problèmes neurologiques ou respiratoires, les produits pour déboucher les canalisations regorgent d’acides, les détergents émettent des COV comme le formaldéhyde, connu pour être une substance irritante et cancérigène, certains désodorisants dégagent du styrène, neurotoxique possible…

Les femmes de ménages subissent comme facteur aggravant la répétition de l’exposition. Elles respirent et touchent ces substances dans des quantités non négligeables, et reproduisent ces gestes quotidiennement. Elles doivent donc faire face à une surexposition, aux conséquences pouvant être dramatiques. Dernier problème, les effets peuvent être multiplicatifs, les substances toxiques aggravant les dégâts les unes des autres. Annie Thiébaud-Mony,directrice de recherche à l’Inserm et spécialiste des problèmes de santé au travail, s’en alarmait auprès de nos confrères du site bastamag.net, déclarant que « le plus souvent, et notamment pour les molécules cancérogènes, les effets sont multiplicatifs. C’est à dire que le risque n’est pas multiplié par deux mais par 50 ! »

Plusieurs études ont caractérisé les dangers pour la santé de manipuler les produits ménagers, comme un accroissement du risque de développer de l’asthme, mais surtout des cancers, plus spécifiquement le cancer du sein et le lymphome non-hodgkinien pour les femmes.

Ces risques peuvent être réduits en respectant des précautions, comme l’utilisation de gants, faire attention à ne pas respirer au moment de l’ouverture du bouchon, ne pas utiliser de sprays, ne pas être trop maniaque…

Face aux risques, l’Inpes a même édité un petit guide sur les précautions d’emploi des produits ménagers, si courants et pourtant si toxiques.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Frapper les débris spatiaux avec des rayons laser pour qu’ils se consument

« Nous voulons nettoyer l’espace pour éviter le risque croissant de collisions et éviter le type d’événements relatés dans le film +Gravity+ », a déclaré Matthew Colless, responsable du centre de recherche d’astronomie et d’astrophysique à l’université nationale d’Australie.

Un nouveau centre de recherche, dit de coopération sur la gestion de l’environnement dans l’espace, va démarrer ses travaux mi-2014 pour traquer les débris les plus petits et prévoir leur trajectoire, grâce à l’observatoire du Mount Stromlo, à Canberra.

Le but ultime est de détourner ces débris (satellites morts, étages de fusée largués…) de leur trajectoire en les frappant avec des lasers depuis la Terre, les obligeant ainsi à ralentir et à tomber dans l’atmosphère, où ils brûleront.

Le centre de recherche travaillera en coopération avec Lockheed Martin, la NASA, l’Institut national japonais de technologie de l’information et des communications, l’université technologique de Melbourne (RMIT) et la firme de télécom Optus.

« Il y a déjà tellement de débris qu’ils entrent en collision les uns avec les autres », a déclaré le responsable du centre, Ben Greene. « Une avalanche catastrophique de collisions qui détruiraient rapidement tous les satellites est désormais possible ».

Plus de 23.000 débris de plus de 10 cm sont actuellement recensés par la Nasa ou l’Agence spatiale européenne (ESA), dont la majorité sur les orbites basses (en dessous de 2.000 km) utilisées par les satellites d’observation de la Terre ou la Station spatiale internationale (ISS).

Quant aux objets compris entre 1cm et 10 cm, ils se comptent par centaines de milliers. Des fragments de taille apparemment inoffensive mais qui, lancés à une vitesse moyenne de 25.000 km/h, peuvent sérieusement endommager un satellite, soulignent les spécialistes.

Les agences spatiales et scientifiques cherchent une solution pour dévier la trajectoire de ces débris vers l’atmosphère: bras robot, pince géante, moteur fixé sur le débris, harpon ou filet de remorquage, voire un canon à ions bombardant l’objet pour infléchir sa course.

Mais dans le meilleur des cas, ces « missions de nettoyage » ne rentreront pas en service avant une dizaine d’années.

Les chercheurs de l’agence spatiale japonaise (Jaxa) testent actuellement la méthode de « la corde nettoyeuse »: attacher « une longe électrodynamique », en gros une « corde » tressée de filins d’acier inoxydable et d’aluminium, à l’un des milliers de débris pour les attirer magnétiquement dans l’atmosphère.

Dans « Gravity », un des grands succès publics de ces derniers mois, deux astronautes sont perdus dans le vide intersidéral après la collision entre leur station et des débris de satellites.

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Le mystérieux créateur du bitcoin vit reclus en Californie (presse)

Né en 1949 au Japon avant d’émigrer aux Etats-Unis à l’âge de 10 ans, le retraité rencontré par Newsweek n’a qu’implicitement reconnu avoir créé en 2009 le bitcoin, la monnaie virtuelle qui traverse actuellement une grave crise de confiance après la soudaine fermeture de plateformes d’échange.

« Je ne suis plus impliqué dans cette histoire et je ne peux pas en discuter. C’est dans les mains d’autres personnes, ce sont elles qui en sont chargées maintenant », a simplement dit Dorian Satoshi Nakamoto au magazine, qui relance sa version papier vendredi.

L’identité du créateur du bitcoin fait depuis plusieurs années l’objet de nombreuses spéculations selon lesquelles Satoshi Nakamoto ne serait qu’un pseudonyme, ou le nom d’un collectif.

Après la parution de l’article, la Fondation Bitcoin a affirmé dans un communiqué qu’il n’y avait toujours « aucune preuve concluante » que ce M. Nakomoto soit bien l’inventeur du bitcoin.

Ce discret sexagénaire n’a pas facilité la tâche de la journaliste de Newsweek et a même appelé la police après l’avoir entendue frapper à la porte de son modeste pavillon de la banlieue de Los Angeles, selon l’enquête très fouillée publiée par le magazine.

Diplômé de physique à l’université Polytechnique de Californie et père de six enfants, M. Nakamoto a, au cours de sa carrière, travaillé sur des dossiers classés secret pour l’armée américaine et diverses entreprises, écrit Newsweek.

« Il y a eu un blanc complet dans sa vie pendant un moment. Vous ne serez jamais en mesure de le contacter, il niera tout. Il n’admettra jamais qu’il a lancé le bitcoin », a déclaré au magazine un de ses frères, Arthur Nakamoto.

« C’est un homme brillant (…). Mathématiques, ingénierie, ordinateurs, il sait tout faire », a-t-il ajouté.

– « Protéger son identité » –

Selon Newsweek, M. Nakamoto consacre aujourd’hui la plupart de son temps aux trains miniatures et ne semble pas avoir profité des millions de dollars qui lui reviendraient pour avoir conçu le code informatique crypté ayant créé le bitcoin.

Selon le récit de Newsweek, ses proches le décrivent comme un « libertaire » méfiant vis-à-vis des autorités et du système financier. Une de ses filles, Ilene Mitchell, raconte ainsi avoir été encouragée par son père à « ne pas dépendre du gouvernement ».

Dans le manifeste annonçant en 2008 la naissance du bitcoin et signé de son nom, M. Nakamoto défendait les vertus d’une monnaie virtuelle qui permettrait de s’affranchir de la tutelle des banques.

« Nous avons besoin d’un système de paiement électronique (…) permettant à deux parties qui le souhaitent de faire des transactions directement entre elles », indiquait le manifeste.

Cité dans l’article, Gavin Andresen, un des responsables de la Fondation Bitcoin, assure avoir communiqué à de nombreuses reprises par courriel avec M. Nakomoto mais dit ne l’avoir jamais rencontré.

« Il a fait beaucoup pour protéger son identité », a-t-il précisé.

Accompagné de photos de M. Nakomoto et de sa maison, ce long article sera à la une de Newsweek, qui retourne à la version papier vendredi après l’avoir abandonnée depuis fin 2012.

Alors que plusieurs médias ont commencé à traquer le paisible retraité, certains lecteurs en ligne ont accusé le magazine d’exposer cet homme à la curiosité du public.

« Où est votre intégrité journalistique? », s’interrogeait un internaute tandis qu’un autre s’indignait que l’article révèle l’identité d’un homme « qui ne veut clairement pas être identifié ».

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Les jumeaux Winklevoss payent en bitcoin des billets pour un vol spatial

« Cameron et moi avons décidé d’utiliser nos bitcoins pour faire le grand saut, ou plutôt la grande propulsion, dans l’espace », a annoncé mercredi Tyler Winklevoss dans un message sur le blog de leur fonds commun, Winklevoss Capital.

Le message s’accompagne d’une photo des deux jumeaux posant avec l’homme d’affaire britannique Richard Branson, dont l’une des dernières sociétés, Virgin Galactic, ambitionne de faire voler des touristes à la frontière de l’espace.

Les jumeaux précisent qu’il voient l’achat de leurs billets « comme du capital d’amorçage pour soutenir une nouvelle technologie qui pourrait changer pour toujours la façon dont nous voyageons, ceci payé avec une nouvelle technologie qui pourrait changer pour toujours la façon dont nous faisons des transactions ».

Virgin Galactic n’a pour l’instant réalisé que des vols d’essai, mais vend déjà des billets pour des vols suborbitaux commerciaux de quelques minutes en apesanteur dont la date de concrétisation reste incertaine.

Sur son site internet, la compagnie donne un prix de 250.000 dollars pour rejoindre « une communauté de plus de 600 futurs astronautes ». Outre Richard Branson lui-même, des célébrités comme Leonardo DiCaprio ont réservé un billet.

Virgin Galactic avait annoncé en fin d’année dernière qu’elle allait commencer à accepter des paiements en bitcoins

Les frères Winklevoss s’étaient illustrés en accusant le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, de leur avoir volé l’idée du réseau social. L’affaire avait été réglée à l’amiable en 2008.

La même année, ils avaient participé comme rameurs aux jeux Olympiques. Ils ont depuis fondé Winklevoss Capital, un fonds de capital-risque, et ont publié l’an dernier un projet d’introduction en Bourse pour le Winklevoss Bitcoin Trust, censé permettre aux investisseurs d’accéder à cette monnaie virtuelle.

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Les Américains aiment la science mais n’y connaissent rien !

Les Américains seraient nuls en science ! C’est ce qui ressort d’une enquête menée auprès de 2 200 individus par la Fondation nationale des sciences américaines. La preuve ? Un Américain sur deux ne connait pas Darwin et croit que l’homme vient… de l’homme. Les cellules, les têtards, les singes, la sélection naturelle, aux oubliettes.  Attention le meilleur est à venir avec 26% des Américains qui ignorent que la Terre tourne autour du Soleil ! Sidérant. A se demander ce qu’ils apprennent à l’école. 

Totalement ignorants de leur ignorance, les habitants de la première puissance mondiale sont soi-disant d’un bon niveau en termes d’ « éducation scientifique formelle », entendez par là que les deux tiers ont déjà visité un zoo, un aquarium, un musée d’histoire naturelle ou un musée des sciences et des technologies. Peut-être que dans ces zoos les singes sont déguisés en être humain, cela expliquerait au moins que les Américains ne sachent pas que l’homme descend du singe. L’enquête ne précise pas s’ils savent que le singe descend de l’arbre…

Pourtant les Américains aiment la Science ! La très grande majorité, 90%, se déclare « très intéressée » ou « modérément intéressée », et persuadée que la science est un progrès. Ceci explique que le principe de précaution leur soit totalement étranger. Les scientifiques sont donc admirés pour leur travail qui permet de « résoudre des problèmes difficiles », eux qui œuvrent bien sûr « pour le bien de l’humanité » toujours selon l’enquête. Une estime qui ferait chaud au cœur de nos scientifiques français d’autant qu’elle s’ajoute au fait qu’un tiers des Américains veulent augmenter les financements. Et si c’était ça le rêve américain ?

A se demander si cet amour de la science n’est pas intrinsèquement lié à l’ignorance. Si les Américains étaient plus cultivés, aimeraient-ils toujours autant la science ? Il serait intéressant de mener la même enquête en France. Ferions-nous mieux ?

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Le rapport de l’INRA sur l’agriculture biologique fait polémique

Le rapport d’Hervé Guyomard, directeur scientifique agriculture à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), fait 372 pages. Un pavé traitant des agricultures à hautes performances, qu’on imagine issu d’un travail minutieux et rigoureux, visant à analyser de façon objective les points forts et points faibles des différentes agricultures.

Mais le volume 1 de cette étude, l’« Analyse des performances de l’agriculture biologique » est violemment contesté par une centaine de chercheurs de l’INRA. Cette partie pointe l’agriculture biologique comme ne présentant que peu d’intérêts, que cela soit du point de vue économique ou de la santé. Une conclusion qui hérisse les poils des inconditionnels du bio mais pas uniquement.

Présenté publiquement en octobre 2013, ce travail n’en finit plus de choquer, provoquant un véritable tollé au sein même de l’INRA. Et pour cause, le rapport serait partial.

D’ailleurs, l’indignation se concentre sur l’amateurisme du rapport plutôt que sur sa position vis-à-vis du bio. La réalisation du rapport reposerait sur trop peu d’études. Pire, certaines références sont ostensiblement anti-agriculture biologique, tel que le livre de Gil Rivière-Wekstein intitulé Bio, fausses promesses et vrai marketing.

La contestation n’a cessée de gonfler dans les rangs des scientifiques de l’INRA, soucieux de l’intégrité de leur organisme. L’opposition est si vive qu’une lettre a été envoyée au président de l’INRA, signée nommément par cent dix-neuf agronomes, géographes, généticiens ou encore économistes, tous travaillant à l’INRA. Une copie a été envoyée au ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll.

Tous ont conscience que ce rapport aura un impact important, l’INRA étant reconnue comme expert. Les résultats seront donc repris dans les médias, pour d’autres études. Mais l’idée que ce travail serve de référence est insupportable pour ces chercheurs qui ne lui reconnaissent pas la rigueur nécessaire à un travail d’enquête scientifique. 

Pour prouver l’absurdité du rapport, les auteurs de la lettre démontent point par point l’analyse réalisée. A en croire Hervé Guyomard, « L’agriculture biologique souffre d’un handicap de productivité physique (…) ; les qualités nutritionnelles, sanitaires et organoleptiques des produits issus de l’agriculture biologique ne sont pas sensiblement différentes de celles des produits issus de l’Agriculture Conventionnelle, de sorte qu’il est peu probable que les consommateurs de ces produits en tirent un bénéfice significatif en matière de santé ». Problème, seule une petite demi-page, sur 347 en tout, traite des pesticides, aucune comparaison n’est effectuée entre le bio et l’agriculture conventionnelle utilisant des produits phytosanitaires…

Mais ce qui scandalise encore plus les chercheurs est l’étude d’exploitations bio…utilisant des herbicides. Ce qui est évidemment formellement interdit dans l’agriculture bio. Et de conclure que l’utilisation d’herbicide augmente le rendement des cultures bio. Un non-sens hallucinant.

Devant ce lynchage venant de l’intérieur, la direction de l’INRA a tardé à s’exprimer. Finalement, elle a fait parvenir une réponse d’une cinquantaine de pages aux signataires de la lettre contestataire dans laquelle elle ne renie pas le travail effectué par Hervé Guyomard.

Au contraire, François Houllier, président de l’INRA, défend la démarche du rapport, répondant aux critiques que leurs « remarques […] ne remettent pas en cause fondamentalement l’analyse et les recommandations proposées ». Une direction fermement solidaire de l’auteur de l’étude qui refuse donc de retirer ce rapport, contrairement à ce que demandaient les auteurs de la lettre de contestation.

Par Audrey Loubens

 

Vers un générateur universel fonctionnant à l’électricité statique ?

Le fonctionnement de ce générateur repose sur la « triboélectricité », l’électricité produite par le frottement de deux matériaux, qui permet par exemple à un ballon de se charger électriquement pour adhérer à un mur après avoir été frotté contre un pull en laine.

Zhong Lin Wang, de l’Institut pour la nanoénergie et les nanosystèmes de Pékin, et son équipe, ont conçu un système capable de créer une telle charge électrostatique et de la collecter. Un assemblage de plusieurs petits disques composés de matériaux différents dont l’un, doté de rayons à la manière d’une roue de vélo, entre en rotation par rapport aux autres pour créer un courant électrique, recueilli ensuite par des électrodes.

Dans leur laboratoire, les ingénieurs ont réussi à produire ainsi du courant à partir de l’eau coulant d’un robinet, du souffle d’un ventilateur ou du mouvement de va-et-vient de la main, pour alimenter au choix des ampoules électriques, un réveil digital ou recharger un téléphone portable…

« Il fonctionne pour les mouvements, réguliers ou pas, comme les mouvements du corps humain. A partir du moment où il y a une action mécanique, il peut générer de l’énergie », explique à l’AFP M. Wang, qui fait aussi partie de l’Institut de technologie de Géorgie à Atlanta (USA).

Ce système « a une large gamme d’applications: détecteurs embarqués sur des véhicules, téléphones mobiles, petits équipements électroniques, même la production d’énergie à l’échelle industrielle. Cela ouvre une nouvelle voie », lance le chercheur.

Un système simple particulièrement adapté pour produire de l’énergie à partir de mouvements naturels simples eux aussi, assurent ses concepteurs. Quasiment plats et ultralégers, les disques qui composent le générateur ont un encombrement et un coût très modestes par rapport à une dynamo classique, soulignent-ils.

Selon l’étude publiée mardi dans la revue Nature Communications, ce prototype de générateur triboélectrique affiche en outre un rendement qui rivalise avec les alternateurs (électro-aimant tournant à l’intérieur d’une bobine) utilisés dans les centrales électriques.

Le prototype est encore de taille modeste, employant des disques d’une dizaine de cm de diamètre seulement, mais les chercheurs pensent pouvoir en augmenter considérablement les dimensions.

« Nous sommes en train de travailler pour voir comment générer de l’énergie à partir du mouvement des vagues de l’océan. Notre technologie peut être utilisée à grande échelle, de telle manière que l’énergie qui a été gaspillée durant des siècles soit désormais mise à profit », déclare M. Wang.

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Un astéroïde va passer sans danger à proximité de la Terre mercredi

L’objet, baptisé 2014 DX110, mesure environ 30 mètres de diamètre et croisera au plus près de la Terre à 348.000 kilomètres à environ 21H00 GMT soit moins que la distance moyenne Terre-Lune, longue de quelque 385.000 km.

Le programme « Near-Earth Object Observations » de l’agence spatiale américaine détecte, traque, décrit et répertorie les astéroïdes et les comètes à l’aide d’une flotte de télescopes au sol et dans l’espace pour déterminer s’ils présentent un danger potentiel pour la Terre.

Résidus de la formation du système solaire, de nombreux astéroïdes de différentes tailles circulent dans le voisinage terrestre.

La Nasa a déjà trouvé 95% des plus gros de ces objets célestes –ceux qui mesurent plus d’un kilomètre de diamètre–, dont un avait provoqué l’extinction des dinosaures il y a 65 millions d’années en s’écrasant sur la Terre.

Les scientifiques soulignent qu’une collision avec un de ces grands objets est très rare et aucun de ceux déjà détectés ne présente un risque dans le futur prévisible.

Si les gros astéroïdes sont facilement repérables, il n’en est pas de même pour tous les autres plus petits et beaucoup plus nombreux.

Le Congrès américain avait demandé à la Nasa en 2005 de trouver tous les astéroïdes de plus de 140 mètres de diamètre capables potentiellement d’anéantir une grande agglomération.

Selon la Nasa, il y a probablement 25.000 astéroïdes d’au moins 100 mètres de diamètre sur des orbites proches de notre planète. Seulement 25% d’entre eux ont été détectés.

La chasse aux astéroïdes revêt une plus grande urgence depuis le 15 février 2013, quand un astéroïde de 15 mètres de diamètre est tombé en Russie, faisant des blessés et provoquant des dégâts matériels.

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L’UE va s’ouvrir à la culture des OGM

« Une grande majorité des Etats est favorable à faire bouger les choses », s’est félicité Tonio Borg, le commissaire à la Santé responsable du dossier, à l’issue de ce débat qui a vu la France marginalisée.

« Ce que nous proposons n’est pas un dogme. Cela peut être affiné », a-t-il souligné. « Un accord politique s’est dessiné et nous espérons parvenir à une adoption pour la fin de l’année », a pour sa part déclaré le ministre grec Yannis Maniatis, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne (UE).

Le compromis en discussion permet à chaque Etat d’interdire la culture d’un OGM sur tout ou partie de son territoire pour des raisons autres que la santé et l’environnement, comme l’ordre public, l’aménagement du territoire ou la lutte contre la dissémination.

La France a tenté de s’opposer à cette solution avec une contre-proposition d’autorisation à deux niveaux, jugée « plus solide que le système dérogatoire », a plaidé le ministre Philippe Martin.

La formule préconisée par la France prévoyait l’inscription des demandes de cultures d’OGM ayant reçu un avis favorable sur une liste et donnait ensuite aux Etats la faculté de refuser ou d’autoriser la mise en culture.

Mais ses partenaires ont refusé de « tout reprendre de zéro » et l’Espagne a même accusé Paris d’obstruction. « La renationalisation des autorisations nous ramènerait à la case départ », avait averti Tonio Borg.

Quatre pays s’opposaient pour des raisons diverses à la solution dérogatoire: la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique. Cette minorité de blocage a volé en éclats lundi. Le Royaume-Uni s’est rallié au compromis car « il n’y a plus de raisons de retarder l’accès des marchés européens aux OGM », a expliqué son représentant. L’Allemagne a pour sa part annoncé « passer du rejet absolu à l’examen approfondi ».

La Belgique a catégoriquement refusé le compromis proposé par la présidence grecque, sans pour autant se rallier à la position française.

Le changement de position du Royaume-Uni et de l’Allemagne ouvrent désormais les terres de l’UE à la culture des OGM, une mesure attendue par les multinationales depuis quatorze ans.

Une Europe à la carte se dessine qui va leur permettre de négocier directement avec les Etats. La possibilité laissée aux Etats d’interdire la culture sur tout ou partie de leur territoire est « plus certaine juridiquement que les clauses de sauvegarde décidée unilatéralement », a lancé Tonio Borg à l’adresse de Philippe Martin, très dubitatif.

Jusqu’à présent, les Etats membres ne pouvaient pas s’opposer à une autorisation de culture d’OGM en Europe, sauf en recourant à des clauses de sauvegarde nationales souvent attaquées en justice.

Quatre OGM ont obtenu une autorisation de culture, mais un seul est encore cultivé: le maïs MON810 du groupe américain Monsanto, qui a demandé le renouvellement de cette autorisation. Les autres, deux maïs (BT176 et T25) et la pomme de terre Amflora, ont été abandonnés.

Mais sept autres demandes de cultures sont en attente d’une autorisation, dont le mais TC1507 de Pioneer, filiale du groupe américaint DuPOnt.

csg/may/LyS/bir

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Objets connectés: une cigarette électronique « intelligente » vendue à la Fnac

Smokio est une cigarette électronique, vendue avec un liquide sans nicotine, équipée d’une puce intelligente qui permet l’enregistrement et l’envoi sur smartphone de sa consommation. Il se présente comme une « solution d’accompagnement » pour toutes les « personnes qui souhaitent arrêter de fumer, ou au moins gérer leur consommation ».

Les kits Smokio seront commercialisées à partir de mardi au prix de 79,90 euros dans les rayons « objets connectés » des 108 magasins Fnac de France. Ils sont également déjà disponibles en pré-commande sur le site Fnac.com.

Alexandre Prot, co-fondateur de Smokio, lancé en France il y a deux mois, s’est réjoui de cette « ouverture sur le marché grand public » qui va être un « immense accélérateur » pour les ventes de son produit.

Les cigarettes électroniques – « intelligentes » ou non – étaient jusqu’à maintenant essentiellement vendues dans des boutiques spécialisées et chez les buralistes. On pouvait également les trouver sur internet.

Les ventes de cigarettes électroniques ont progressé très rapidement dans l’Hexagone. Le marché, très porteur et très lucratif, a réalisé en 2013 un chiffre d’affaires estimé entre 100 et 200 millions d’euros.

Pour la Fnac, qui a lancé depuis septembre des nouveaux rayons réservés aux « objets connectés », il ne s’agit pas d’investir à proprement parler le marché de la cigarette électronique, mais de proposer un nouveau produit connecté dans la catégorie « bien-être et santé » qui comprend déjà plusieurs appareils visant à contrôler la qualité de son sommeil, de son alimentation ou encore sa pratique sportive, a indiqué une représentante de l’enseigne.

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La population mondiale peut-elle se passer de l’huile de palme ?

Les bases de données de la FAO nous apprennent que le monde, avec les 13 qualités d’huiles végétales les plus courantes, a produit en 2012 dans les 165 millions de tonnes de corps gras d’origines végétales (fig.1) dont près de 40% sont constitués d’huiles issues du fruit du palmier à huile (huile de palme issue de la pulpe du fruit et huile de palmiste issue du noyau).

figure 1: Productions mondiales annuelles d’huiles végétales (FAO- Déc. 2013)

 

Ceci correspond à des productions annuelles de 25 litres d’huile par terrien (nourrissons compris), ou 100 litres par an pour une famille occidentale type de deux adultes et deux enfants.

Il ressort de ces valeurs qu’une part de cette ressource (80% environ) sous forme d’huile purifiée ou sous forme solide après hydrogénation se retrouve dans les productions culinaires familiales ou industrielles, mais aussi qu’une part est disponible pour les applications industrielles du type production de savons par saponification, d’additifs divers dans les produits pour soins.

La production de biocarburants (biodiesel) n’utilise qu’une faible part de la ressource (24 MT dont 6MT d’huile de palme en 2012, mpoc).

Ces transformations sont réalisées soit de façon simple, par trans-estérification qui remplace la base glycérol des triglycérides par un autre alcool de type méthanol ou éthanol, soit de façon plus sophistiquée, par hydrogénation catalytique suivie d’un cracking catalytique conduisant à des chaines riches en carbones tertiaires selon le procédé du finlandais Neste Oil par exemple (fig.2) qui permet d’accéder à des carburants de forte valeur ajoutée.

Remarque : ce procédé utilise aussi les sous-produits de purification ou d’utilisation des huiles ainsi que diverses graisses animales.

Figure 2 : Procédé de production de biocarburants (biodiesel) par le procédé Neste Oil

 

Les productions mondiales d’huiles végétales ont présenté, en quantité,  durant les 50 dernières années un taux de croissance supérieur à celui de la population, indice certain d’accroissement du niveau de vie moyen dans le monde, qui a vu les productions d’huiles végétales annuelles par terrien quadrupler en 50 ans (fig.3).

FIG 3 : productions annuelles d’huiles végétales par terrien durant les 50 dernières années (FAO) en litres

 

Avec une part de marché en volume de 40%, les huiles issues du fruit du palmier à huile représentent donc 10 litres d’huile par an et par habitant de notre planète.

Ce succès des huiles de palme et de palmiste qui ne représentaient que 12% du marché en volume au début des années 70, provient du développement intensif de ces cultures en Indonésie et en Malaisie, favorisé par le climat et des rendements de productions de fruits frais impressionnants (voisins des 24 tonnes par hectare à maturité, rapport SIME, DARBY 2008). Dans la pulpe sèche du fruit (mésocarpe) la teneur en huile peut atteindre les 90% (Vincent Arondel).

« Proche de quatre tonnes d’huile par hectare (fig.4) (huile de palme + huile de palmiste), le rendement de la palmeraie est, en moyenne mondiale, dix fois supérieur à celui du soja et quatre fois à celui du colza. Les groupes performants atteignent facilement 6 t/ha sur plusieurs milliers d’hectares, et certaines plantations dépassent même 8 t/ha. Ainsi, pour satisfaire une demande en huile croissante, il faut beaucoup moins de surfaces en palmier qu’en toute autre plante oléagineuse. » (Hubert Omont du Cirad, Nov. Déc.2010).

Figure 4 : rendement de l’huile de palme comparé

 

Ces quelques données laissent à penser que le palmier à huile ne pourrait être que difficilement passé par pertes et profits dans le monde des huiles végétales, quoi qu’en pensent ou essayent de nous faire croire, les chargés de « marketing écologique » des produits alimentaires de grande distribution.

Par Raymond Bonaterre

Spécialiste en Pathologies du béton, un métier d’avenir ?

Entretien avec Yves Roquelle, ingénieur civil expert en pathologies du béton, dessinateur-projeteur de formation, et co-animateur du cycle de formation Spécialiste Pathologies béton et structures.

Techniques de l’Ingénieur : Yves Roquelle, vous êtes ingénieur civil et expert en prévention, détection et réparation des pathologies du béton. Vous co-animez chez Techniques de l’Ingénieur un cycle de formation sur ce thème. Dans quel contexte s’inscrit-il ?


Yves Roquelle :
Le métier d’expert en pathologies du béton est encore très confidentiel, comptant une cinquantaine de personnes ou bureaux d’études en France compétents dans ce domaine. D’une part parce que peu de gens y sont formés, et d’autre part car c’est un métier qui amène à traiter de gros marchés, de gros ouvrages d’art, où l’on n’a pas le droit à l’erreur.

Jusqu’à récemment, la pratique voulait qu’un ouvrage détérioré était détruit et remplacé. Sous l’impulsion de l’État, la tendance actuelle veut que l’on répare plutôt que l’on détruise. Et ce suivant un raisonnement simple : un ouvrage détruit voit sa valeur réduite à néant, et l’ouvrage le remplaçant représente un coût souvent lourd à payer à un instant T. Alors qu’un ouvrage réparé coûtera peut-être tout aussi cher, mais de façon étalée dans le temps.

L’intérêt de maitriser des pathologies du béton est donc d’apprendre à reconnaitre un béton malade, à le réparer en choisissant le meilleur process, mais surtout en amont, à le protéger.

Or, il n’existe aujourd’hui aucun diplôme pour l’instant, et il faut pourtant bien former des spécialistes.

Techniques de l’Ingénieur : Qui sont les publics potentiellement concernés par ces problématiques, et donc par ce cycle de formation ?

Yves Roquelle : Toute personne concernée par la maintenance d’ouvrage, qu’il s’agisse de bureaux d’études, d’architectes, d’ingénieurs territoriaux ou des DIR, ou encore d’agents techniques sur sites industriels.

Mais en priorité, les prescripteurs de travaux sont concernés, puisque c’est eux qui vont décider comment réparer tel ou tel ouvrage d’art, ravaler telle ou telle façade. Pour eux, les risques d’une mauvaise décision ne sont pas anodins : il y a eu beaucoup de sinistres dus à un manque de maitrise dans la réparation du béton. En génie civil, il n’y a pas d’assurance Dommages ouvrage, et si l’entreprise réalisant les travaux traite mal l’ouvrage d’art puis ferme boutique, le client n’a plus que ses yeux pour pleurer.

highway viaductTechniques de l’Ingénieur : Quel est le programme de ce cycle de formation ?

Yves Roquelle : Il s’étale sur trois sessions de trois jours. Lors des trois premiers jours, on revient aux fondamentaux : la fabrication du ciment, l’histoire du ciment et du béton, qui sont les bases pour comprendre les attaques de la pâte cimentaire, et ce qu’on appelle la matrice cimentaire.

Ensuite, nous attaquons les pathologies elles-mêmes, puis, lors des trois derniers jours, la réparation du béton, le choix des produits, les problèmes de compatibilité entre les produits, comment réparer tel ou tel type d’ouvrage, le tout en se basant sur des cas particuliers d’ouvrages, et éventuellement des cas concrets proposés par les participants eux-mêmes.

A l’issu des trois premiers jours, ils auront déjà compris l’importance de la pathologie. A la fin du cycle de formation, ils seront de véritables spécialistes en traitement des pathologies du béton.

Mais attention, il s’agit véritablement d’une formation haut de gamme, qui nécessite que les participants soient réellement motivés et attentifs, et aient quelques prérequis. Il ne s’agit pas d’une formation où l’on traite de différents thèmes dont certains peuvent vous concerner et d’autres non. Ici, l’on traitera des pathologies du béton et uniquement des pathologies du béton, ce cycle s’adresse donc à des personnes véritablement concernées par ce sujet.

Le nucléaire est-il trop cher ?

François Hollande l’avait annoncé. L’objectif est d’abaisser la part du nucléaire dans la contribution énergétique de 75 % à 50 % d’ici 2025, soit dans à peine 10 ans. Quand on sait que le démantèlement d’une centrale s’étend sur trente ans pour un coût estimé à plusieurs centaines de milliards d’euros, on comprend la complexité d’un tel projet. Pour le mener à bien, une loi de programmation sur la transition énergétique sera présentée au printemps à l’assemblée nationale de façon a être validée avant la fin de l’année 2014. 

Malgré l’existence d’un  rapport de la cour des comptes  de plus de 400 pages sur l’ensemble des coûts liés à la production d’électricité nucléaire en France, d’un rapport du Sénat sur le coût réel de l’électricité,  les députés pourront motiver leur décision sur les informations provenant d’un ultime rapport. Ce dernier sera rédigé par la commission d’enquête relative aux coûts passés, présents et futurs de la filière nucléaire, à la durée d’exploitation des réacteurs et à divers aspects économiques et financiers de la production et de la commercialisation de l’électricité nucléaire. Un intitulé dont la longueur justifie à elle seule le travail du rapporteur… 

Dans ce rôle, on retrouve l’écologiste Denis Baupin. Ce dernier y voit l’occasion de « mieux informer les parlementaires sur les coûts engendrés par les différents scénarii. Que coûtent la poursuite ou la sortie du nucléaire ? Les députés pourront décider en connaissance de cause. » se réjouit-il lors d’une interview donnée à nos confrères du Point.fr. Quoi qu’on puisse s’interroger sur ce manque de connaissance vu que la Cour des Comptes a déjà travaillé sur ces données. On sait depuis 2012 que la construction des installations nécessaires à la production d’électricité nucléaire s’élève à 121 milliards d’euros pour un parc composé de 58 réacteurs.

La maintenance quant à elle a été évaluée à 1.7 milliard en 2010 mais devrait atteindre près de 3.7 milliards en moyenne sur les 15 prochaines années. De son côté, le Commissariat à  l‘énergie atomique avait publié une étude chiffrant la sortie complète du nucléaire entre 530 et 772 milliards d’euros, ce qui est beaucoup plus cher que le maintien du parc nucléaire tel quel.

Espérons que cette énième commission d’enquête apportera des informations complémentaires et ne se limitera pas à reprendre les études précédentes. Car si l’on ne connait pas le coût de fonctionnement de cette commission qui regroupe tout de même pas moins de 30 personnes, ça fera toujours trop cher le résumé…

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Le prix de l’électricité nucléaire d’EDF pourrait augmenter de 5 à 8% d’ici 2018 (ministère)

La hausse serait située entre 5 et 8% hors inflation, a précisé cette source ministérielle, confirmant une information du journal Les Echos.

Ce tarif régulé, fixé à 40 euros le mégawattheure lors de sa création en 2011, était passé à 42 euros le 1er janvier 2012, avec l’objectif de permettre aux concurrents d’EDF dans la vente d’électricité (GDF Suez, Direct Energie, etc.) de bénéficier de l’avantage compétitif du parc nucléaire français.

Mais sa fixation avait donné lieu à une passe d’armes entre EDF et ses rivaux, arbitrée par l’Etat. Ces derniers jugeaient le prix trop élevé pour exercer une réelle concurrence, tandis que l’opérateur historique l’estime insuffisant et souhaite le voir atteindre progressivement 50 euros.

« Il n’y a pas d’entreprise qui puisse survivre durablement si elle est obligée à vendre un quart de sa production en dessous de son prix de revient. (…) Ou alors, il faut des compensations », avait insisté début février le PDG d’EDF, Henri Proglio.

Un projet de décret fixant la nouvelle méthode de calcul de l’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique) fait l’objet d’une consultation auprès des acteurs du marché électrique jusqu’au 14 mars.

Le gouvernement s’était engagé à l’automne dernier à publier le décret d’ici à la fin du premier trimestre 2014, repoussant une échéance initialement fixée au 7 décembre 2013.

C’est ensuite à la Commission de régulation de l’énergie (CRE), le régulateur français de l’électricité et du gaz, de fixer le niveau de l’Arenh, selon la méthodologie retenue.

Il est prévu que le décret fasse l’objet d’un réexamen le 1er janvier 2018.

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Astuce du Web #1 : comment annuler l’envoi d’un email

Cette fonctionnalité existe depuis 4 ans, et pourtant, peu d’utilisateurs la connaissent. Une confidentialité suspecte tant cette astuce est utile. Il s’agit ni plus ni moins de pouvoir remonter le temps ! Enfin presque,  puisque Gmail vous donne le pouvoir d’annuler un mail malencontreusement envoyé. Que celui qui ne s’est jamais maudit d’avoir cliqué sur « envoyer » lève la souris ? Voilà, cela nous concerne tous. Imaginez : ne plus avoir peur de se tromper de destinataire, ne plus redouter les correspondances incomplètes… Grâce à Gmail, vous pouvez paramétrer un délai de plusieurs dizaines de secondes avant que votre envoi ne soit effectif. De quoi vous laisser une deuxième chance. 

Voilà comment faire : Dans la messagerie, cliquez sur la roue crantée en haut à droite et sélectionnez « paramètres ». Dans la ligne d’onglets, choisissez « Labo ».  Descendez jusqu’à voir la section « Annuler l’envoi ». Activez-la. Voilà pour la première étape. Vous bénéficiez désormais de 10 seconds pour vous rétracter. Quand vous enverrez un mail, vous noterez que dans la fenêtre de dialogue jaune en haut au milieu apparait un bouton « annuler », visible pendant 10 secondes. Cliquez dessus et votre mail réapparaitra tel qu’il était juste avant l’envoi.

Vous voulez plus de temps ? C’est encore possible ! Maintenant que vous avez activé la fonction « annulation d’envoi », retournez dans le menu déroulant de la roue crantée pour revenir aux paramètres. Cette fois, une nouvelle section est apparue, relative au « Délai d’annulation d’envoi ». A vous de sélectionner la durée du temps dont vous avez besoin pour réaliser votre erreur…

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Astuce du Web #2 : comment trouver l’onglet bruyant

Vous surfez tranquillement avec huit onglets ouverts en permanence. Une douce musique accompagne vos recherches sur le Web quand, soudain, une horrible publicité se déclenche, assourdissante.

Agacé, vous cliquez nerveusement sur chaque onglet un à un, scrollant la page pour dénicher la source de la nuisance sonore. Ce n’est qu’au bout d’une bonne minute que vous mettez le clic sur cette publicité vidéo et pouvez en couper le son. Une mésaventure qui finalement se termine bien, car parfois cette quête du son se termine brutalement avec une coupure de son totale mais efficace. Il faut le reconnaître, cela va plus vite que de trouver la vidéo concernée.

Heureusement, Google Chrome a eu la bonne idée de s’atteler à ce problème et propose une nouvelle fonctionnalité. Chrome Beta sert à afficher une icône de haut parleur, identique au symbole du son,  directement sur l’onglet de la page internet sur laquelle s’est déclenchée une vidéo ou tout autre programme émettant un bruit. De quoi en trouver l’origine en un clin d’œil et s’éviter un pic de tension…

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Astuce du Web #3 : comment effacer son historique sur Facebook

Envie de se refaire une virginité ? De repartir à zéro sur votre réseau social préféré ? C’est faisable. Parmi les différentes façons de procéder, en voici une accessible sans être un spécialiste. Il s’agit d’utiliser le programme Absterge, utilisable sous Firefox et Chrome. Redoutablement efficace, il laisse peu de marge de manœuvre mais permet d’effacer toute une section en une seule fois et en à peine quelques heures maximum. Idéal pour ceux qui veulent vraiment faire table rase du passé. Voilà comment s’y prendre :

  • 1) Vous devrez tout d’abord télécharger Greasemonkey si vous êtes sous Firefox ou Tampermonkey si vous naviguez sous Chrome. Installez le script Absterge. 
  • 2) Désactivez la navigation sécurisée de Facebook.
  • 3) Enlevez le téléchargement automatique d’image. Cela facilite l’opération.
  • 4) Dans votre historique personnel, un bouton Absterge est apparu. Cliquez dessus. Confirmez et dites adieu à votre timeline !

Voir un tutoriel : 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Un minuscule zircon de 4,4 milliards d’années renforce la théorie d’une « Terre primitive froide »

La Terre est née il y a environ 4,5 milliards d’années, mais sa petite enfance turbulente, la période où elle s’est structurée, reste encore en grande partie énigmatique pour les scientifiques.

On a d’abord pensé qu’il avait fallu quelque 600 millions d’années à notre planète après sa naissance pour « refroidir » et pour que se forme son enveloppe, la croûte terrestre. Mais durant les dernières décennies, de petits cristaux de zircon identifiés comme des restes de l’écorce terrestre à l’origine de la formation des continents sont venus bousculer la chronologie de la petite enfance de la Terre, une période connue sous le nom d’Hadéen.

Les zircons sont les plus vieux minéraux connus sur Terre. Les géologues les apprécient pour leur excellente mémoire. Très résistants, ils peuvent traverser les âges en restant chimiquement intacts, inclus dans des roches plus jeunes.

La région des Jack Hills, dans l’ouest australien, contient ainsi des cristaux de zircon de plus de 4 milliards d’années. Les plus vieux ont été datés de 4,4 milliards d’années, mais cet âge restait controversé depuis leur découverte.

L’équipe de John Valley (Université du Wisconsin, Etats-Unis) a donc eu recours à une nouvelle méthode d’analyse, la tomographie atomique, pour tenter d’établir avec précision l’âge d’un grain microscopique de zircon des Jack Hills. La tomographie atomique permet de connaître la nature chimique de chaque atome ainsi que sa position initiale dans le matériau analysé. De quoi déterminer son âge et écrire son histoire.

Leurs résultats, publiés dimanche dans la revue Nature Geoscience, confirment l’âge du zircon à 4,374 milliards d’années.

« L’homogénéisation de l’océan de magma à l’origine de la croûte et du manteau de la Terre a précédé la formation de ce zircon et a donc eu lieu peu de temps après la formation de la Terre », ont conclu les chercheurs.

L’analyse chimique du mini cristal de zircon renforce selon eux la théorie d’une « Terre primitive froide », avec des températures suffisamment basses pour permettre l’eau liquide et des océans peu de temps après que la croûte terrestre se soit solidifiée.

« L’étude renforce notre conclusion que la Terre avait une hydrosphère (ensemble des formes d’eau) il y a plus de 4,3 milliards années », a souligné John Valley. Les conditions potentiellement favorables au développement de la vie ont ainsi pu être réunies dès cette époque.

Les scientifiques font aujourd’hui démarrer les premières formes de vie sur Terre il y a 3,5 milliards d’années.

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Négociations transatlantiques : lettre ouverte à Nicole Bricq

Madame la Ministre,

Les Ministres du Commerce des 28 États membres de l’Union européenne se réunissent demain 28 février à l’invitation de la Présidence grecque du Conseil de l’UE.

Lors de cette réunion, la Direction générale du Commerce de la Commission européenne informera les 28 ministres quant au résultat de la rencontre entre le Commissaire au commerce De Gucht et le représentant américain au commerce Michael Froman.

Cette réunion s’était tenue les 17 et 18 février derniers pour évaluer les progrès effectués dans les discussions sur le Partenariat transatlantique et préparer les prochaines sessions de négociation, dont celle prévue du 10 au 14 mars à Bruxelles.

A cette occasion, nos organisations souhaitent rappeler leurs nombreuses inquiétudes face à la perspective d’un accord transatlantique fondé sur le mandat de négociation tel qu’il a été défini en juin 2013 par les Ministres du Commerce des 28.

Nous sommes particulièrement préoccupés par :

  • L’introduction d’un mécanisme d’arbitrage des différends entre investisseurs et États, qui constituerait un puissant outil pour contester et décourager toute décision politique affectant leurs stratégies et leurs profits,
  • Le volet agricole de la négociation. Un rapport commandité par la Commission ENVI du Parlement européen met ainsi en garde l’Europe sur le risque de disparition des protections qu’elle offre à ses citoyens dans le domaine de l’environnement et de la sécurité alimentaire, au vu des différences en matière de législation entre les deux régions (OGM, régulation des produits chimiques, volailles chlorées, bœuf aux hormones, émissions du secteur aérien…). En outre la suppression des droits de douane menace le modèle agricole européen, mais surtout la perspective de soutenir sa transition vers des modes de production durables et écologiques.
  • Les implications environnementales d’un possible accord : la libéralisation accrue du marché de l’énergie, l’augmentation des flux commerciaux et surtout la toute-puissance conférée aux firmes multinationales pour contester les politiques existantes (comme l’interdiction de la fracturation hydraulique ou les quotas d’émission de CO2) entraveront toute perspective de transition énergétique, dont pourtant nous connaissons l’impératif.

L’urgence affirmée par les Présidents Obama et Hollande lors de leur rencontre à Washington les 9 et 10 février n’a fait qu’exacerber notre inquiétude. Elle n’est pas conciliable avec l’objectif d’un débat véritablement démocratique et ouvert à l’égard du projet d’accord transatlantique, que vous-mêmes avez pourtant maintes fois réaffirmé.

Dans ce contexte, la prochaine consultation annoncée par le Commissaire De Gucht sur le volet « Protection des investissements » du futur accord fait figure au mieux de diversion, voire de manque de sérieux. Les consultations publiques organisées par la direction générale du commerce s’adressent principalement aux entreprises, et promeuvent toujours, dans leurs formulations, la doxa de la croissance, du libre-échange et de la compétitivité externe en vigueur à Bruxelles ; pourtant l’annonce d’une prochaine suspension de ce volet des négociations pour une durée de trois mois pouvait laisser penser que toutes les composantes de l’opinion publique auraient la chance de faire valoir leurs craintes et leurs propositions.

Mais de rencontre bilatérale en session de négociations, l’attention accordée à la parole des citoyens et les risques portés par ce projet d’accord connaissent le même sort : une reconnaissance embarrassée, la promesse d’une prise en compte prochaine, et la garantie que tout sera mis en œuvre pour protéger les citoyens européens… sans qu’une décision concrète – publication des textes et des positions de négociations, organisation d’un débat public large, moratoire sur les négociations d’un certain nombre de sujets sensibles – ne soit proposée pour le garantir.

C’est pourquoi, Madame la Ministre, nous comptons que vous portiez la voix des associations et des citoyens lors de ce Conseil des Ministres européens, et que vous rappeliez fermement :

  • La nécessité d’organiser la publication de tous les documents relatifs aux négociations, et d’organiser un processus de consultation démocratique authentique, exigence à laquelle ne répond pas l’organisation trimestrielle des « Civil society Dialogue » de la DG Commerce.
  • L’impératif de consultation régulière des instances démocratiquement élues à la fois au plan communautaire et dans les États membres ; ils pourront ainsi se prononcer sur toutes les protections et sauvegardes qui devront être introduites dans le mandat en vue de garantir qu’aucun des règlements ou normes en vigueur dans l’UE ne pourra être négocié à la baisse pour satisfaire les exigences des entreprises.
  • Le refus, exprimé par les citoyens de toute l’UE, de l’introduction de deux dispositifs en particulier dans le futur accord : le mécanisme ad hoc de règlement des différends Investisseur/État et le Conseil de coopération réglementaire. C’est la seule condition à laquelle les gouvernements et les Parlements conserveront leurs prérogatives souveraines quant à la définition des normes et lois protectrices de l’intérêt général.

Nous espérons pouvoir dire aux mouvements sociaux et citoyens français, européens et américains avec lesquelles nous nous réunirons à Bruxelles en parallèle du prochain cycle de négociation que le gouvernement français a porté les préoccupations des citoyens auprès de la DG Commerce et de ses homologues des 27.

Amélie CANNONE, Présidente de l’AITEC-Ipam
Geneviève AZAM, Porte-parole d’Attac France

 

Faire onduler le graphène pour le rendre opaque

Le graphène est un matériau transparent, il n’absorbe que 2% de la lumière. Pourtant, si on le met en mouvement, il est alors possible de lui faire absorber 50% de la lumière ! Les simulations numériques utilisant le modèle des plaques minces de Kirchoff révèlent ainsi une propriété intéressante. Pour y arriver, la mise en mouvement du graphène se doit d’être sous forme de vibrations.  Ces ondulations qui opacifient le graphène ont pour effet direct d’exciter de façon collective les électrons à la surface, générant un plasmon.  Mohamed Farhat, chercheur postdoctorant à l’université de sciences et de technologie du roi Abdallah d’Arabie saoudite précise que l’important n’est pas la vibration mais la création d’une structure périodique ayant la bonne longueur d’onde par rapport à la lumière.  Un grand intérêt de cette approche réside dans le contrôle des plasmons via les vibrations. En effet, la fréquence des plasmons dépend de la longueur d’onde des vibrations et l’arrêt des vibrations provoque leur disparition.

Ce nouveau mécanisme pour la génération de plasmon de surface est issu de simulations et n’a pas encore été expérimenté.  Car si la création de plasmon est connue pour des matériaux comme l’or ou l’argent, elle reste délicate dans le cas du graphène, pourtant plus intéressant en termes de propriétés électroniques. Une façon d’y arriver serait d’utiliser un oscillateur mécanique. Dans ses travaux, Sébastien Guenneau (CNRS), de l’Institut Fresnel de Marseille indique pouvoir ainsi générer des vibrations de 10 à 100 nm de hauteur. Une équipe espagnole propose une alternative basée sur l’utilisation d’un matériau piézoélectrique qui comprimerait et dilaterait la surface de graphène, elle-même déposée sur un substrat.

Les plasmons, ayant une longueur d’onde plus petite que celle de la lumière incidente, permettent de voir de petits objets. Un tel système utilisant la génération de plasmons peut servir à la détection de molécules ou de virus. 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique
 

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Reach/CLP : toute l’actualité de février 2014 2/2

Règlement sur les produits biocides

21/02/2014

L’ECHA a mis au point une nouvelle procédure en utilisant le registre des produits biocides (R4BP 3), qui permet à l’industrie de soumettre des demandes de modification de la liste actuelle de substances actives présentes dans l’annexe I du règlement sur ​​les produits biocides (BPR). Les candidats doivent démontrer de façon concluante que la substance entre dans la description de la catégorie concernée pour lequel l’autorisation est demandée et qu’il existe un solide consensus de l’opinion d’experts que la substance ne donne pas lieu à inquiétude.

Modification du règlement PIC

22/02/2014

La Commission Européenne a publié le 22 février un règlement du 21/02/2014 modifiant le règlement du 17 juin 2008 concernant les exportations et les importations de produits chimiques dangereux (PIC). Il vient ajouter certaines substances chimiques au champ d’application de la procédure PIC (azinphos-méthyl, acide perfluorooctanesulfonique, sulfonates de perfluoroocconcertane, sulfonamides de perfluorooctane et sulfonyles de perfluorooctane).

Ce règlement sera applicable à compter du 1er mars 2014. Dans le même temps, l’ECHA prendra en charge la responsabilité administrative et technique du Centre commun de recherche de la Commission européenne.

Rapport d’évaluation de REACH 2013: résultats et recommandations de l’évaluation du dossier

26/02/2014

Le rapport annuel d’évaluation de l’ECHA pour l’année 2013 donne des conseils à tous les déclarants sur la façon d’améliorer la qualité de leurs dossiers. Les deux tiers des enregistrements évalués ont été mis en conformité suite à une mise à jour. Au cours de 2013, l’Agence a transmis 32 cas de non-conformité aux autorités nationales de poursuite de leur action.

En 2013, 928 contrôles ont été conclus. Au total, l’ECHA a vérifié 1 130 dossiers, dépassant ainsi l’objectif de 5 % du nombre total de dossiers soumis pour la date limite d’inscription 2010. Dans 61 % des cas, l’ECHA a constaté que les dossiers n’étaient pas conformes à une ou plusieurs exigences d’information de REACH et a envoyé des projets de décisions pour les personnes inscrites.

Par Céline GABORIAUD, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Faut-il supprimer les réunions ?

Parce qu’ils sont sollicités dans un trop grand nombre de réunions, ou qu’ils ont essuyé les réprimandes de leur manager leur reprochant de ne pas répondre à leurs emails, ou tout simplement parce qu’ils s’y ennuient, ces rendez-vous réguliers agacent les cadres.

Pour faire passer – ou pour mieux remplir– ce temps contraint, ces managers griffonnent, préparent une autre réunion ou une autre activité, surfent sur Internet, consultent et rédigent leurs SMS et leurs emails, jouent avec leurs Smartphones ou autres tablettes… Certains arrivent même à amorcer une petite sieste.

D’autres entrent et sortent fréquemment de la réunion « pour ne pas déranger leurs collègues ou leurs collaborateurs » et répondent à des appels sur leurs téléphones portables restés allumés. Il n’est pas rare que ces derniers comportements soient conduits par les organisateurs des réunions eux-mêmes.

Faut-il interpréter ces agissements, qui apparaissent de plus en plus souvent dans toute forme d’assemblée (réunion, session de formation, conférence, débat, séminaire, entretien, etc.) comme :

  • Un manque de respect ?
  • Une absence d’écoute et de concentration ?
  • Une forme d’immaturité ?
  • Une perte de contrôle ?

Il semble en tout cas que les priorités personnelles prennent de plus en plus le pas sur intérêts de l’équipe. Difficile dans ces conditions d’accéder à la synergie pourtant reconnue comme un véritable atout pour la création de valeur.

Rappel du sens originel

La réunion c’est l’union à nouveau. C’est l’union autour d’intérêts ou de liens communs. C’est le fait de rétablir l’entente, l’union ainsi constituée entre des personnes. Ce sens originel ne semble pas correspondre à ce que nous observons dans les réunions de travail telles qu’elles se pratiquent aujourd’hui.

Aussi, pour être efficaces, les réunions doivent se dérouler entre des personnes qui acceptent de passer du temps ensemble pour partager des informations, résoudre des problèmes ou prendre de décisions.

Trois formules pour traverser les résistances

Il faut considérer les attitudes des cadres en réunion décrites ci-dessus comme des résistances mises en place pour répondre à la contrainte. La meilleure façon de traverser les résistances c’est de les prendre en considération, de s’y plonger. Voici trois formules pour améliorer l’efficacité du travail collectif.

  • Solution radicale : supprimer des réunions

Diffusion d’emails, utilisation des réseaux sociaux, diffusion de vidéos ou d’enregistrements audio ; les évolutions technologiques nous permettent aujourd’hui de tenir des réunions à tout moment avec tous les participants que nous souhaitons sans les mobiliser en même temps. Ces moyens technologiques nous permettent de participer à ces nouvelles formes de réunions sans y assister. N’est-ce pas formidable ?

Alors pourquoi réaliser toutes vos réunions sous cette forme archaïque ?

  • Solution raisonnable : les quotas

Puisque de nombreuses réunions peuvent être menées par de nouveaux moyens technologiques, il paraît raisonnable de limiter leurs tenues et d’établir des quotas. Interdit – par exemple- à toute personne d’assister à une nouvelle réunion lorsqu’elle aurait dépassé son quota mensuel. Tout manager devrait s’interdire d’appeler une nouvelle réunion lorsqu’il a dépassé le quota d’heures cumulées qu’il juge raisonnable d’immobiliser pour exercer ses fonctions et atteindre ses objectifs. Chaque année, pour satisfaire au processus d’amélioration continue, ces quotas pourraient être revus à la baisse.

Des « stand up meeting » ou réunions debout pourront faciliter la mise en œuvre de cette stratégie des quotas. Cette disposition, en pratique depuis longtemps chez les forces de l’ordre et dans de nombreuses startups, permet de limiter la durée des réunions (15 à 20 mn en moyenne) tout en optimisant leur efficacité.

  • Solution fertile : en faire des moments extraordinaires

Occasions pour unir et rassembler. Votre préparation doit contribuer à donner du sens à votre réunion en répondant notamment aux questions suivantes :

  • Dans quelle mesure la réunion que vous allez organiser va-t-elle renforcer l’union, l’entente entre vos collaborateurs ?
  • En quoi le problème que vous soumettez à votre assemblée contribue-t-il à l’amélioration de sa cohésion ?
  • Comment l’information que vous désirez faire partager est elle aussi utile au rassemblement, à l’union nouvelle de vos collaborateurs ?
  • Ce type de réunions est mis en œuvre pour résoudre les problèmes importants (stratégie, innovation, task force, etc.).

Lorsqu’il s’agit d’améliorer l’efficacité des organisations, le process group, également connu sous le nom de groupe personnel d’exploration (GPE), est une formule particulièrement riche. C’est une disposition visant à établir et à cultiver la confiance au sein d’un groupe d’individus. En privilégiant la simplicité, les membres d’un process group travaillent à établir un niveau de confiance propice à une communication ouverte et honnête. ..

Conclusion

Les trois formules décrites ci-dessus peuvent s’appliquer simultanément. Par exemple les réunions hebdomadaires d’avancement peuvent être supprimées et remplacées par des standups quotidiennes. Les réunions d’information peuvent être supprimées et remplacées par des diffusions multimédia. Certaines réunions de résolution de problèmes peuvent être menées en asynchrone à l’aide de nos outils technologiques. Toutes ces dispositions peuvent contribuer à améliorer l’efficacité et le bienêtre au travail.

Par Dino Ragazzo, auteur de l’ouvrage manager d’élite

Et aussi en
formation :

Polycompétence : réduisez vos risques de perte de compétences

La polyvalence répond, en effet, à un double enjeu :

  • la prise en compte de la fluctuation des demandes des clients ;
  • la réactivité nécessaire face à la perte planifiée (retraite, mobilité, etc…) ou non (accident, maladie, départ volontaire, etc…) de compétences.

Du côté normatif, la norme ISO 9001 prévoit, en ce qui concerne la gestion des ressources humaines au chapitre 6.2, que les compétences nécessaires à la réalisation des activités ayant une incidence sur la conformité du produit / de la prestation soient identifiées et que les entreprises mettent en œuvre les actions adéquates pour satisfaire ces besoins en compétences.
Dans le cadre de la prévention des risques liés à la compétence unique, il est vivement recommandé de développer la polycompétence et polyvalence du personnel. Mettre en œuvre une telle démarche soulève beaucoup de questions auxquelles nous répondons ici :

  • Comment procéder, quelle méthode mettre en œuvre ?
  • Sur quelles compétences travailler ?
  • Comment définir le niveau de compétence attendu ?
  • Que faire des résultats obtenus ?

Identifier les activités essentielles et les compétences clés associées

La mise en place de polycompétence ne concerne pas toutes les activités de l’entreprise mais seulement celles pour lesquelles la pérennité de l’entreprise est en jeu. Il faut donc définir, dans un premier temps, les activités clés, indispensables au fonctionnement de l’entreprise. Pour garantir une approche exhaustive, cette identification s’appuiera sur les processus du système.
La première étape consiste à identifier les principales activités des processus. Puis, pour chacune de ses activités, il convient d’affiner l’analyse en les décomposant en tâches afférentes.
Une fois chacune des tâches identifiées, l’identification des compétences nécessaires pour les mettre en œuvre sera facilitée du fait du périmètre ciblé et de la connaissance du métier par chaque pilote de processus.

À noter
La compétence est la réunion de la connaissance (formation initiale, continue), du savoir-faire (expérience, autonomie) et du savoir-être (qualités personnelles).

À ce stade, sont identifiées les principales compétences nécessaires à la mise en œuvre de vos processus. Il ne reste plus qu’à évaluer l’ensemble des collaborateurs sur chacune de ces compétences lors des entretiens annuels d’évaluation, par exemple.

Identifier les carences en compétences

Après avoir évalué le personnel sur la base des compétences précédemment identifiées, il devient possible de bâtir une grille de polycompétence (Cf. le tableau à télécharger à la fin de l’article) qui permet de faire ressortir :

  • Les activités et tâches clés de chaque processus ;
  • Le personnel travaillant dans chaque processus ;
  • Le niveau de polyvalence du personnel ;
  • Le niveau de compétence du personnel.

Cette grille permet de disposer d’une vision globale des compétences pour chaque processus et de mettre en évidence les activités pour lesquelles l’entreprise manque de compétences (matérialisées en rouge dans la dernière colonne du tableau que nous vous mettons à disposition).
Pour réduire les risques, il est devient possible, de manière factuelle et étayée, de mettre en place des actions d’amélioration (formation, recrutement, formalisation de procédures et instructions, externalisation des activités, etc…).
La grille de polycompétence, proposée à la fin de l’article, permet également de définir des indicateurs de pilotage du processus Ressources Humaines pour évaluer son aptitude à limiter la compétence unique et développer la polyvalence du personnel. Parmi ces indicateurs on notera :

  • L’indice de risque sur les compétences qui correspond au pourcentage des tâches dont la somme des compétences n’excède pas 3 (dans l’exemple à télécharger). Cet indicateur met en lumière la part des tâches pour lesquelles l’entreprise manque de compétences et fait ainsi ressortir les risques liés à l’absence des personnes (planifiée ou non) ;
  • L’indice de compétence qui correspond à la somme des compétences de chaque individu ramenée au total des compétences disponibles pour le processus. Cet indicateur fait ressortir les personnes qui disposent du plus de compétences nécessaires au fonctionnement du processus. L’entreprise peut ainsi se fixer un objectif visant à ce qu’aucun collaborateur ne dispose de plus de 30% des compétences afin de limiter les risques en cas d’absence ;
  • L’indice de polyvalence qui correspond au pourcentage de tâches pour lesquelles chaque individu est considéré autonome (niveau intermédiaire ou expert, dans l’exemple à télécharger). Cet indicateur met en évidence le niveau de polyvalence de chaque collaborateur, c’est-à-dire leur capacité à remplir plusieurs fonctions / tâches. L’entreprise peut ainsi se fixer un objectif visant à augmenter le niveau de polyvalence des collaborateurs.

La polycompétence et la GPEC

La gestion de la polycompétence s’inscrit dans un projet plus large de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). Même si la direction est à l’origine de ce projet, il ne faut pas oublier de prendre en compte des aspirations du personnel. Ainsi, la volonté d’augmenter la polyvalence ne doit pas se faire au détriment de la motivation et de la reconnaissance des individus. À l’inverse, il est recommandé de s’appuyer sur les envies des collaborateurs et de valoriser cette polycompétence (évolution de carrière, rémunération, bonus, mobilité interne, employabilité, etc…).
En outre, le succès de cette démarche réside dans la mise en œuvre d’un niveau adapté de polyvalence.
Une polyvalence trop forte peut générer de la contre-performance. En effet, la polyvalence doit s’établir en conservant un degré d’expertise suffisant des collaborateurs pour garantir un niveau de performances constant. De plus, cette démarche, coûteuse et chronophage, ne doit s’intéresser qu’aux compétences clés, celles pour lesquelles la satisfaction des clients n’est pas garantie en cas de perte.
À l’inverse, une polyvalence trop faible risque de générer un phénomène de lassitude auprès du personnel réalisant toujours les mêmes opérations et expose l’entreprise à des risques de non-conformités induites d’un manque de concentration et de motivation.

  • Téléchargez un exemple de tableau de polyvalence et polycompétence pour vous aider à mettre en œuvre la démarche définie dans cet article :

Tableau de polycompétence et polyvalence (540 hits)

Par Jérémy Cicéro, responsable et auteur du Qualiblog

Jérémy CICÉRO

Jérémy Cicéro est consultant, formateur, et auditeur ICA pour le Qualipole Languedoc-Roussillon. Il est aussi formateur pour le Laboratoire National de Métrologie et d’Essai (LNE).

Ancien commercial puis responsable qualité dans les poids et mesures, il accompagne depuis plusieurs années les TPE et PME de la région Languedoc-Roussillon (tous secteurs d’activités) pour la mise en place et l’amélioration de leurs systèmes de management.

Il intervient également comme expert qualité sur le site Manager-Go! en répondant aux questions des internautes soucieux de comprendre les mécanismes de la qualité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Fuite d’eau dans un scaphandre spatial: la Nasa admet des erreurs

L’astronaute italien Luca Parmitano avait dû interrompre en urgence une sortie à l’extérieur de la Station spatiale internationale (ISS) le 16 juillet 2013 en raison d’une importante fuite d’eau dans son scaphandre.

« Le scaphandre spatial avait en fait subi la même défaillance à la fin d’une sortie dans l’espace une semaine auparavant. Cet incident n’avait pas donné lieu à une enquête complète, qui aurait pu éviter de mettre un membre d’équipage de la Station spatiale internationale en danger », a avoué la Nasa dans un rapport posté sur son site internet mercredi.

Cette erreur a été attribuée à « un mauvais diagnostic de la première défaillance technique. »

Au moment de la première fuite, les ingénieurs de la Nasa avaient pensé que le liquide provenait du récipient contenant l’eau bue par l’astronaute pendant sa sortie dans l’espace.

« Ce problème n’a pas donné lieu à une enquête suffisante, mais cela n’a pas été quelque chose qu’on a cherché à dissimuler », a insisté lors d’une conférence de presse Chris Hansen, qui a présidé l’enquête interne de la Nasa. « Le vrai problème a été le manque de compréhension de la gravité de cet incident ».

« On a cru que le conteneur d’eau potable était à l’origine de la fuite, ce qui a conduit les ingénieurs à rater la véritable cause du problème », a-t-il ajouté.

Luca Parmitano avait fait part de la présence d’eau dans son casque 44 minutes après le début de sa sortie orbitale. Cela avait précipité son retour à l’intérieur de la Station.

Son casque s’était rempli « de 1,5 litre d’eau, l’empêchant de voir normalement, remontant même dans ses narines et rendant sa respiration difficile », indique le rapport.

Le problème a été attribué à une contamination de silicate d’aluminium qui a obstrué le ventilateur d’une pompe, empêchant l’eau de circuler normalement dans les circuits, a indiqué Chris Hansen.

Mais la cause de cette contamination reste indéterminée.

« Nous n’avons pas déterminé comme nous le souhaiterions la vraie cause de ce problème », a regretté Bill Gerstenmaier, administrateur adjoint de la Nasa pour l’exploration spatiale habitée.

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