Une chaire en hydrologie urbaine

Les travaux de la Chaire de recherche et d’enseignement, « Hydrologie pour une Ville Résiliente », porteront sur une meilleure prévision des phénomènes pluvieux pour une gestion efficace des eaux pluviales en zone urbaine.

En effet, les grandes métropoles demeurent particulièrement vulnérables aux phénomènes pluvieux intenses, comme le rappellent régulièrement es événements dramatiques. Le changement climatique devrait d’ailleurs en renforcer la fréquence. Même lors d’événements pluvieux moins extrêmes et plus fréquents, il est nécessaire de gérer les flux de ruissellement et de polluants afin de limiter leurs rejets dans les milieux récepteurs, en les stockant ou en les traitant. À cet effet, il convient de disposer de données de précipitations à une échelle très fine pour obtenir les modélisations et les prévisions hydrologiques les plus précises possible.

Pour y parvenir, la Chaire vise à utiliser et exploiter l’innovation technologique que représente le radar hydrométéorologique de 3 centrimètres de longueur d’onde (dite « bande X ») et doté d’une double polarisation. Cette technologie multiplie par dix la résolution des mesures de précipitation par radar et va ainsi rendre possible le développement d’outils d’aide à la décision, au service d’une gestion prédictive efficace des eaux pluviales et de leurs impacts aux échelles des quartiers et des villes.

La Chaire associera les savoir-faire des deux partenaires. D’une part, pour l’École des Ponts ParisTech, celui des chercheurs du laboratoire Eau Environnement et Systèmes Urbains (LEESU) dont une grande partie des recherches portant sur le cycle de l’eau et des polluants dans la ville et l’amélioration de leur gestion, sont menées dans le cadre de nombreuses collaborations nationales et internationales appelées à se renforcer avec la création de cette chaire. D’autre part, pour Veolia Eau, les équipes d’ingénieurs et de chercheurs de Veolia Environnement, dont la Direction Recherche et Innovation qui réunit  850 chercheurs et développeurs. Ceux-ci apportent, dans leurs domaines de compétences, des solutions novatrices concrètes, qui répondent aux quatre enjeux majeurs identifiés par le groupe : gérer et préserver les ressources naturelles, limiter les impacts sur les milieux naturels,  préserver la santé et le cadre de vie et  développer des sources d’énergie alternatives. 

Quand le transport-logistique fait rimer écologie et économie

L’objectif du Grenelle de l’Environnement fixe à 20% la diminution des émissions de CO2 du  transport et de la logistique d’ici 2020. En effet, en France où 81% des échanges commerciaux sont assurés par les poids-lourds, les transports sont à l’origine d’environ 26% des émissions de gaz à effet de serre. Autant dire que ce secteur se trouve confronté à un véritable défi qui consiste à optimiser l’empreinte environnementale (1l de gasoil consommé émet 2,68kg de CO2) et la réduction des coûts, annonce des révolutions technologiques, de nouvelles organisations et la génération d’outils et de matériels compétitifs et sobres en énergie.

Trois entreprises, Renault, Michelin et Frigoblock, qui veulent réconcilier écologie et économies, profiteront du salon, Eco Transport & Logistics qui se tiendra à Paris, à la fin mars, pour dévoiler leurs dernières innovations et solutions concrètes  à l’attention des chargeurs et des prestataires. 

Kangoo Z.E., une véritable rupture technologique

Depuis plusieurs années déjà, les équipes du groupe Renault travaillent sur les outils d’une mobilité durable à l’attention des professionnels du transport et de la logistique. « Au salon Eco Transport  & Logistics, Renault dévoilera aux chargeurs et aux prestataires le nouveau véhicule utilitaire électrique Kangoo Express ZE disponible d’ici l’automne 2011. Grâce à une nouvelle génération de batterie Li-ion placée sous le plancher, le véhicule possède les mêmes performances de charge (650kg) et de volume utiles (jusqu’à 3,5m3) qu’un Kangoo thermique. Avec une autonomie de 160km et un temps de charge de 6 à 8h, il développe une puissance de 44kW (60ch), un couple de 226 Nm et une vitesse de pointe de 130 km » précise Fabien Goulmy, directeur de gamme commerciale Fourgonnettes de la direction des véhicules utilitaires Renault..

Les pneumatiques, source d’économies 

Reconnu pour ses innovation, Michelin accompagne également ses clients pour optimiser le coût de gestion de leurs matériels grâce aux propriétés de ses pneumatiques. Avec sa participation au salon Eco Transport & Logistics, Michelin illustrera cette culture d’entreprise :  « L’empreinte environnementale d’un pneumatique poids lourd est générée à 95% lors de son usage. En roulage, le pneumatique consomme un tiers du carburant utilisé par un moteur. Pour une entreprise de 50 véhicules par exemple, le choix de bons pneumatiques et leur gestion maîtrisée représentent une économie annuelle de 480t de CO2 et de 180 000€ sur le poste carburant », explique Olivier Faure-Vauris, directeur marketing PL/GC France chez Michelin. Des démonstrations sur le bénéfice environnemental issu de la bonne gestion des pneus animeront le stand Michelin à travers quatre étapes : « Choix d’un pneumatique qui délivrera ses performances tout au long de son utilisation, recreusage, rechapage Michelin Remix soit une remise à neuf du produit, suivi d’un second recreusage. Chaque recreusage prolonge de 25% la vie d’un pneumatique et s’accompagne d’une réduction de la consommation de 2l/100 km.

La production de froid revisitée

Fabricant et distributeur de solutions de réfrigération destinées au secteur des transports, Frigoblock créera aussi l’événement avec sa nouvelle technologie de matériels électriques hybrides entraînés par génératrice. Novatrice, l’énergie pour la production de froid est alimentée par le seul moteur du véhicule et lors de ses phases de décélération. « Doublement de l’efficacité énergétique avec débit d’air variable assurant une homogénéité de température en tout point du chargement sans stratification, consommation de carburant divisée par 2 pour la production de froid, gains de poids et aérodynamiques qui représentent un potentiel d’économies supplémentaires sur la consommation », indique Pierre-Louis Dumas, directeur général Distribution France chez Frigoblock.
 
Comparée à un groupe conventionnel, la technologie Frigoblock permet une réduction de 7,7t de CO2 par an sur la seule production de froid. Ces gains sont enrichis par d’autres innovations qui concourent elles aussi au bénéfice environnemental : « Emploi du réfrigérant R410A, diminution des déchets de maintenance, réduction de l’usure des freins du véhicule grâce au système hybride et certification Piek qui garantit, de série, sans investissement et poids supplémentaires, un niveau sonore inférieur à 60dbA ». Idéales pour les livraisons urbaines, ces performances sont à l’origine d’un certificat d’économie d’énergie « Groupe frigorifique haute efficacité énergétique » dont la validation est en cours.
  

Un spécialiste de la logistique automobile virtualise ses applications métiers

Le groupe CAT assure l’intégralité des besoins en logistique automobile à travers le monde. L’année dernière, ses clients lui ont confié la livraison de plus de 2,1 millions de véhicules neufs et la distribution de près de 30 millions de colis et pièces de rechanges. Au regard de son activité logistique, le groupe CAT a positionné l’outil informatique au centre de ses préoccupations stratégiques. Dans le cadre de l’évolution de son système d’information, le groupe a choisi de s’appuyer sur une solution de virtualisation des applications qui lui permettrait de rationnaliser ses coûts de fonctionnement tout en optimisant son infrastructure IT. 
 
Après avoir étudié les différentes offres du marché, le groupe CAT a sélectionné la solution AppliDis Fusion 4 de Systancia pour ses fonctionnalités avancées, sa simplicité d’utilisation et de mise en œuvre, et son accessibilité financière. La mise en œuvre de cette infrastructure, réalisée en collaboration avec l’intégrateur Dotgreen, concerne différents projets internes avec chacun leurs enjeux spécifiques.

Un premier pan du projet (Business Process Outsourcing) a consisté à mettre en place une gestion externalisée du traitement des règlements fournisseurs et des litiges, avec un prestataire externe. Dans ce contexte, il a fallu mettre à la disposition de ce prestataire, des applications métiers au travers d’un faible débit Internet. De même, il a fallu assurer une sécurisation totale du réseau du groupe CAT.
 
Les projets suivants visent à accompagner le groupe CAT, dont les applicatifs sont en pleine évolution, vers de nouvelles solutions. Celles-ci devant s’affranchir des contraintes télécoms, la solution AppliDis de Systancia s’est à nouveau imposée, permettant au groupe d’éviter un investissement coûteux dans de nouvelles infrastructures.
 
Au total, plus de 25 applications sont ou vont être virtualisées via AppliDis Fusion de Systancia, sur plus de 200 sites à travers le monde, dans 23 pays différents avec un accès au service 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.
 
Pour le Groupe CAT, « la facilité d’utilisation a été un critère important dans la sélection de l’outil au regard du caractère complexe de nos projets. La solution AppliDis a permis de publier les applications en un temps record : moins de trois mois pour le projet Business Process Outsourcing et un mois pour la gestion de la paie et du personnel. »  

Un grossiste-répartiteur pharmaceutique choisit le picking vocal

Composé de trois sociétés distinctes, d’une soixantaine d’agences, le réseau CERP est un des principaux répartiteurs pharmaceutiques en France. Secteur extrêmement compétitif, la répartition de produits pharmaceutiques repose sur un service de proximité particulièrement réactif. Une pharmacie qui passe une commande dans la matinée est livrée l’après-midi. Les commandes transmises dans l’après-midi sont livrées avant l’ouverture de l’officine le lendemain matin. CERP travaille ainsi selon les principes du « juste à temps ».

Afin de pouvoir mieux répondre à ces exigences, le répartiteur pharmaceutique CERP Bretagne Nord a décidé de remplacer son système de préparation de commande papier par une solution radio vocale. Il a opté pour la solution 3iV Crystal de Zetes, qui utilise pour ce projet le moteur de reconnaissance MCL-Voice développé par MCL Technologies, une division de Zetes Industries SA. Celui-ci présente l’avantage de ne pas exiger d’enregistrement préalable du profil vocal de l’utilisateur et sera exécuté sur des terminaux MC3190 de Motorola. La solution sera installée dans toutes les agences de la société, comptant plusieurs centaines d’opérateurs. Par ailleurs, lors du prélèvement, chaque produit sera également scanné de manière individuelle à l’aide d’une bague de lecture de codes datamatrix. Cette étape a été intégrée à des fins de contrôle et pour répondre aux exigences liées à la traçabilité des produits pharmaceutiques en France.

La mise en place de la technologie vocale, très novatrice dans le monde de la répartition, permet aujourd’hui à la CERP Bretagne Nord de préparer les commandes en « voice picking ». Le système adresse les consignes de préparation en vocal puis le préparateur prépare les lignes de commandes et acquitte ses actions avec la voix. La bague de lecture 2D permet de flasher les articles pour contrôler la préparation et enregistrer les références de lot et les dates de péremption des articles préparés.

 « Le choix du vocal permettra de maintenir le niveau de productivité exigé par nos impératifs de préparation tout en diminuant les erreurs. Nous savions que les équipes Zetes étaient spécialisés dans le vocal et qu’elles connaissaient les exigences de notre secteur. C’est donc pour ces raisons que nous avons fait appel à ces équipes. Nous examinons actuellement avec Zetes un déploiement dans un plus grand nombre d’agences appartenant au Groupe », précise Daniel Galas, Président de CERP France et Directeur Général de la CERP Bretagne Nord.

 

Le Model-Based Design réduit de 81% le temps de développement d’un moteur

Fabricant japonais de moteurs d’essuie-glace, Mitsuba, produit actuellement 20 000 à 30 000 systèmes d’essuie-glace à moteur à inversion par mois. Un produit plus difficile à concevoir qu’un système traditionnel à cause de la complexité de ses commandes.

Le processus de développement a impliqué un travail de reprise car le processus précédent reposait sur un cahier des charges sur papier et du code écrit à la main. C’est dans les dernières phases du développement que l’équipe de Mitsuba a détecté la majorité des erreurs, conduisant à un surcoût en temps et en dépenses pour les résoudre. 
 
Pour pallier ce problème, Mitsuba a utilisé conjointement l’approche Model-Based Design, une méthodologie servant à spécifier, concevoir, simuler et valider en temps réel  les systèmes physiques et les algorithmes associés (loi de commande, gestion des défauts…) et les produits MathWorks pour modéliser, simuler et vérifier les commandes, ainsi que pour en générer automatiquement le code de production. L’équipe a utilisé Simulink pour modéliser les structures de contrôle,  les fonctions et les harnais de tests dans le respect du cahier des charges.

90 % de papier en moins au stade de la revue 

 Grâce à Simulink et SimMechanics, Mitsuba a pu créer un modèle du système intégrant le mécanisme de liaison d’essuie-glace, le bras d’essuie-glace et le montage de l’ensemble. En conduisant des opérations de débogage et de test tout au long de la simulation, en amont de l’étape de prototypage matériel, la société est parvenue à développer, vérifier et tester son système en seulement trois semaines, alors qu’il avait prévu un délai de seize semaines. Qui plus est, en utilisant des modèles créés par Simulink et Stateflow en guise de spécifications système, Mitsuba a terminé le processus de revue de la conception dans un temps réduit de 10 % à celui initialement prévu, et a réduit de 90 % le volume de papier nécessaire au stade de la revue.
 
« En dépit du fait que nous débutions avec Model-Based Design et les produits MathWorks, nous avons constaté de nettes améliorations en termes de rapidité de développement et de qualité des produits », déclare Takao Arai, ingénieur au département de génie électrique Mitsuba. « Model-Based Design nous a permis d’identifier et de résoudre des problèmes au stade des spécifications des exigences et des premières conceptions, nous évitant ainsi d’y être confrontés tardivement à la fin du développement sur le modèle physique. Aujourd’hui, nos revues de conception sont maintenant plus rapides, et nous pouvons identifier les défauts et problèmes dès la phase des spécifications des exigences de manière plus efficace. Nous avons réduit les reprises et avons pu développer un module de commande de grande qualité en seulement 20 % du temps qu’il nous aurait fallu auparavant. »
 
 Aujourd’hui, Mitsuba qui utilise désormais comme standard le Model-Based Design pour tous ses nouveaux projets, y compris les produits de commande de moteur pour véhicules hybrides et électriques, réutilise des composants de ce système d’essuie-glace et le modèle de référence dans le cadre d’autres projets en cours.  

« Les fluides supercritiques proposent une chimie fondamentalement différente »

Instantanés Techniques : quels fluides supercritiques sont concernés par la dépollution et le recyclage des déchets ?

Christophe Joussot-Dubien : Essentiellement le dioxyde de carbone et l’eau supercritiques. L’eau supercritique est, pour l’instant, essentiellement utilisée en laboratoire avec relativement peu d’applications industrielles. Il n’en demeure pas moins que l’application la plus envisagée portera sur le traitement d’effluents aqueux. L’eau supercritique va ainsi permettre de procéder à des réactions d’oxydation. On va traiter de l’eau contenant des matières organiques qui, étant soumises à 500 degrés celcius et 250 bars en présence d’oxygène, vont être totalement oxydées en CO2. Ce qui va permettre d’obtenir, au final, de l’eau pure.

En fait, il existe plusieurs types d’application : soit, vous avez de l’eau polluée et on pourra envisager d’utiliser de l’eau supercritique. Soit c’est de l’eau qui va être utilisée comme solvant. Les japonais utilisent cette technologie-là dans le secteur de la micro-électronique, où il y a besoin d’eau très pure. Ils recyclent leur eau et la remettent en tête d’usine, via un procédé d’eau supercritique qui permet d’enlever toutes les traces de contaminations organiques.

Est-ce que cela concerne aussi les déchets toxiques ?

Oui, bien sûr, cela concerne les déchets toxiques purs. Dans ce cas-là, on utilise l’eau comme solvant. Ce mélange est ensuite amené dans des conditions supercritiques pour réaliser l’oxydation. C’est ce qu’on fait au CEA pour certains effluents contaminés qui sont des solvants organiques toxiques sans filière : on les injecte dans l’eau supercritique pour obtenir une destruction ultime de la matière. Cela peut aussi être fait pour d’autres déchets industriels spéciaux. À la fin de l’opération, la réaction étant assez rapide, – elle dure moins de quelques minutes –, on va se retrouver avec de l’eau pure sans produire de fumées difficiles à traiter. On aura ainsi cassé toutes les molécules organiques potentiellement toxiques.

Quels types d’industries sont concernés ?

Pour l’instant, à ma connaissance, il n’y a pas d’industries qui utilisent ce type de procédé à grande échelle. Mais cela pourrait concerner à terme des industries produisant des composés très toxiques, comme les industries chimiques et pharmaceutiques.

Pourquoi ces procédés ne sont-ils pas encore utilisés dans l’industrie ?

Parce que cela représente une rupture technologique, sans équivalent. De même, à l’heure actuelle, les entreprises préfèrent traiter les déchets toxiques au travers d’incinérations, de traitements thermiques plus classiques. Toutefois, l’incinération pose le problème du traitement des fumées : une fois les déchets incinérés, il faut s’assurer que les fumées n’émettent pas de composés potentiellement partiellement dégradés toxiques, et la tâche n’est pas toujours aisée. Dans l’eau supercritique, la réaction est une combustion « froide », qui évite la production de ces composés partiellement oxydés. Cela permet ainsi de s’affranchir complètement du post-traitement. On sort d’une phase de vapeur quasiment-froide, qui n’a pas de composés organiques volatiles, toxiques ou non. En revanche, le cœur du réacteur, qui est à 250 bars et 500-600 degrés, est lui plus délicat à maîtriser. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui les outils de démonstration de laboratoire prédominent sur la phase de production industrielle.

Le CO2 supercritique est-il plus utilisé ?

Oui, car les conditions d’utilisation sont plus simples. Le premier avantage est que son point critique est plus bas (Tc = 37°C et Pc = 74 bar). En outre, le CO2 SC n’entraîne pas de problèmes de corrosion, contrairement à l’eau supercritique. C’est une technologie beaucoup plus mature, mais mature dans d’autres secteurs que la dépollution et le recyclage : l’agroalimentaire, qui l’utilise depuis plusieurs dizaines d’années, mais aussi l’extraction de produits végétaux, la pharmacie (l’extraction de principes actifs), et dans certaines applications matériaux. Des usines traitent ainsi des milliers de tonnes de matières par CO2 supercritique par an, avec des installations importantes.

Concernant la dépollution, on est en train de travailler actuellement sur la substitution du CO2 dans le recyclage, le nettoyage. Mais là aussi, cela reste au stade de laboratoire. Le niveau de maturité est le même que pour l’eau supercritique, bien qu’il ne s’agisse pas des mêmes verrous à franchir. En effet, le CO2 supercritique est un solvant apolaire : quand on veut procéder à une dépollution, souvent il faut lui adjoindre un co-solvant ou un tensio-actif pour favoriser l’efficacité du traitement. Cela peut concerner du nettoyage de tissus, de vêtements… Le secteur nucléaire aussi est concerné, pour la dépollution de matières plastiques, d’objets souillés dans lequel on va substituer un fluide supercritique au traitement aqueux. Ce nettoyage-là se fait pour concentrer les radio-éléments sans générer de flux aqueux secondaires importants.

Mais là aussi, on est beaucoup plus sur de la R&D, car il faut mettre au point des tensio-actifs adaptés au milieu CO2 supercritique. L’idée avec les fluides supercritiques est de pouvoir utiliser le CO2 supercritique en remplacement de solvants chlorés, tels que le trichloroéthylène. Les fluides supercritiques proposent une chimie fondamentalement différente, mais là aussi, il faut franchir des barrières assez importantes par rapport aux technologies éprouvées.

Vous pensez que ces barrières tomberont quand ?

Les mentalités évoluent, et les réglementations aussi. Les choses avancent, et nous ne sommes pas les seuls à avancer car les procédés traditionnels ont eux aussi fait des progrès importants. Nous devons encore progresser dans nos technologies supercritiques car la mise en œuvre de ces procédés supercritiques, – il faut le reconnaître –, est quand même relativement lourde : il faut monter en pression, en température… Quand on parle de dépollution, de décontamination, il faut que ce soit le plus versatile possible, car le déchet ne doit pas coûter cher à traiter. Tous ces éléments mis ensemble, on doit pouvoir essayer de gagner encore des gains d’efficacité, sans augmenter les coûts d’investissement ni de fonctionnement.

Pensez-vous que les industriels soient conscients des avantages que les fluides supercritiques peuvent apporter par rapport à la chimie traditionnelle ?

Je pense que les gens sont de plus en plus sensibilisés à cette approche qui consiste à dire que les nouveaux procédés que l’on met en œuvre, peuvent être radicalement différents. Mais à la condition qu’ils ne coûtent pas plus chers, et qu’ils permettent de préserver l’environnement, aux deux sens du terme : le milieu environnemental et les travailleurs. Cela ne peut se faire que si c’est à coût équivalent.

Vous avez parlé des réglementations. Concernant Reach, est-ce que certains industriels s’intéressent aux fluides supercritiques pour obtenir des produits dans des conditions exemptes de composés chimiques dangereux ?

Oui, il y a une vraie volonté de faire de la substitution. Après, pour que l’opération soit efficace, il faut parfois rajouter des fractions de tensio-actifs et  – c’est là que la R&D prend tout son sens – il faut veiller à ce que ces composés soient respectueux de l’environnement. Mais si vous mettez 0,1 % d’un tensioactif dans du CO2 supercritique, cela fera toujours moins en masse que des centaines de litre de solvants organiques chlorés. À nous de trouver les bons cocktails, qui soient les moins nocifs possible et les plus efficaces.

Concernant les fluides supercritiques et le recyclage des déchets ?

Les fluides supercritiques permettent de fluidifier les huiles usagées, notamment les huiles usagées de moteurs. L’opération s’effectue en solubilisant l’huile dans du CO2 supercritique, et ensuite via un procédé de séparation membranaire, l’huile est régénérée. L’idée est de réutiliser ces huiles usagées en les épurant, en enlevant les métaux présents dans l’huile après son utilisation dans un moteur. La démonstration à l’échelle industrielle reste à faire.

L’eau supercritique, quant à elle, peut être utilisée en oxydation partielle pour décomposer des polluants organiques. Ces techniques sont tout à fait envisageables, mais là encore nous sommes dans une approche de marché de niche, et plutôt au stade de laboratoire.

Des études existent sur le recyclage de fibres de carbone issues des matériaux composites. L’idée étant de séparer la résine de la fibre, pour pouvoir recycler la fibre. La difficulté, toutefois, réside dans le fait que les fibres récupérées ne sont pas des fibres intègres, l’opération ayant consisté à broyer la pièce initiale. Des programmes de laboratoire étudient les avantages de l’eau supercritique dans ce cadre-là, pour casser les polymères. Les japonais aussi réfléchissent au devenir des polymères : une fois utilisés dans des composites, ceux-ci pourraient être hydrolisés dans l’eau supercritique pour régénérer des monomères, et de nouveau être réutilisés en polymérisation.

D’autres pays s’intéressent-ils à cette chimie verte ?

Le Japon, les États-Unis et l’Allemagne. Historiquement, les allemands possèdent un grand savoir-faire en termes de procédé sous haute pression. C’est en Allemagne qu’on retrouve les fabricants des machines supercritiques les plus connues. Ce savoir-faire les a amenés à avoir une communauté scientifique assez compétente dans les domaines supercritiques, et notamment dans le traitement de la biomasse, la gazéification dans l’eau supercritique. Les américains aussi s’intéressent de près aux mises en œuvre de tensio-actifs, de solvants, de co-solvants pour le CO2 supercritique, le dégraissage ainsi que le nettoyage.

Propos recueillis par Carole Hamon

Découvrez la formation Techniques de l’Ingénieur : FLUIDES SUPERCRITIQUES

Un simulateur au service de la gazéification

Des scientifiques du National Energy Technology Laboratory (NETL) ont développé un outil de simulation, à l’aide des ordinateurs très performants des laboratoires d’Oak Ridge et d’Argonne, permettant la réduction des coûts et du temps nécessaires à la construction d’installations de gazéification, à l’échelle industrielle. Le Clean Coal Power Iniative, branche du NETL développée conjointement avec le gouvernement américain, prévoit à l’aide de ce système de mettre en place ces installations de gazéification du charbon capable d’utiliser jusqu’à 90 % du carbone contenu, tout en minimisant l’impact sur le coût de l’électricité produite.

La gazéification est un processus thermo-chimique découvert au XIXe siècle qui permet de convertir tout type de matière organique carbonée (charbon, résidus de pétrole, biomasse, déchets municipaux, boues d’épuration…), grâce à l’apport contrôlé d’un agent de gazéification (air ou vapeur) en un gaz de synthèse essentiellement constitué, d’hydrogène et de monoxyde de carbone, communément appelé « syngas », et qui constitue ainsi une alternative crédible au traitement des déchets. Une fois traité et purifié, ce gaz peut servir de combustible en lieu et place du gaz naturel, il peut aussi être une source d’électricité plus propre à l’aide d’une turbine à gaz, créant de l’énergie mécanique à partir de l’énergie cinétique de sa combustion.

Enfin le procédé Fischer-Tropsch, très performant en termes de rendements mais nécessitant de lourds investissements, permet la transformation du monoxyde de carbone et de l’hydrogène en hydrocarbure, à l’aide d’une catalyse dont le catalyseur est souvent le fer ou le cobalt.

M.R.

La supply chain passe au vert

Rendez-vous annuel des décideurs de la supply chain, l’Observatoire de la Supply Chain de BearingPoint a pour but d’analyser chaque année les pratiques, l’organisation et l’évolution des métiers de la supply chain. Pour sa quatrième édition, l’étude détaille les avancées significatives des secteurs d’activité représentatifs de l’économie, en termes de supply chain verte. Elle poursuit les investigations menées en 2008, qui avaient mis en avant la prise de conscience des décideurs sur le sujet. L’étude quantitative a été conduite entre 2010 et 2011 par Novamétrie auprès d’environ 600 décideurs européens (Allemagne, France, pays scandinaves…) occupant des fonctions au sein des directions Supply Chain, Développement Durable ou Industrielles. En parallèle, une quarantaine d’entretiens qualitatifs ont été menés auprès de dirigeants de grandes entreprises innovantes. 

Intérêts économiques et environnementaux convergent

L’étude de 2008 avait montré que les réglementations environnementales – REACH, DEEE (directive sur les Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques), RoHS (Restriction of Hazardous Substances Directive)– déterminaient les entreprises à engager des actions de supply chain verte. Fin 2010, signe de maturité, c’est l’amélioration de l’image de marque de l’entreprise et l’impulsion des Comités de Direction qui sont les deux raisons principales mises en avant. Désormais, les entreprises perçoivent clairement la convergence des enjeux environnementaux et économiques : la majorité des sociétés interrogées déclare que la supply chain verte représente un véritable levier de performance économique (à 70%), source de bénéfices largement mesurables (à 56%). Pour 47% d’entre elles, le retour sur investissement est, de plus, inférieur à 3 ans. Enfin, 80% de celles qui ont mesuré leur empreinte carbone en ont retiré des pistes d’amélioration immédiate.

Un engagement environnemental sur le long terme

Une fois cette convergence assurée, il semble logique que l’engagement environnemental soit conçu sur le long terme, l’impact de la crise n’ayant rien remis en question : 66% des entreprises interrogées affirment ainsi que la crise n’a pas eu d’impact négatif sur les projets engagés ou prévus. Ceux-ci ont même été accélérés dans la plupart des cas. Autre signe qui ne trompe pas, les critères de mesure de la performance de la supply chain deviennent verts. Par exemple, deux importants indicateurs de pilotage sont aujourd’hui le taux de recyclage des emballages et le rejet des émissions de CO2. L’étude montre ainsi que plus de la moitié des entreprises européennes s’inscrivent dans cette démarche avec 77% des entreprises scandinaves utilisant des critères verts.

Des actions vertes, de la conception au recyclage

Pour les auteurs de l’étude, l’éco-conception est désormais incontournable. À leurs yeux, « certainement plus de 80% de l’impact environnemental d’un produit est déterminé lors de sa conception ». En pratique, l’étude souligne de fortes disparités en Europe : 55% des entreprises scandinaves entreprennent des programmes d’éco-conception contre seulement 15% pour les sociétés allemandes. Côté achats, les deux tiers des entreprises ont entrepris une politique d’achat verte auprès de leurs fournisseurs. Elles s’orientent vers des fournisseurs aux processus certifiés qui consomment peu de matières, avec des émissions et des pollutions maîtrisées et dont la traçabilité des matières premières est assurée. Là encore, on observe une réelle disparité entre les entreprises européennes ayant entrepris des démarches d’achats vertes : 80% pour les scandinaves et allemandes, 55% pour les françaises et anglaises.

Le vert s’inscrit aussi dans les démarches Lean : les modifications de processus visent notamment à réduire la consommation d’énergie et de matières premières. La logistique verte se développe également afin de trouver des solutions alternatives à la route et, par là même, réduire les consommations de carburant, optimiser le remplissage des camions et utiliser les emballages d’expédition au minimum. Enfin, des initiatives existent dans le pilotage des flux de seconde vie des produits. L’industrie automobile se positionne ainsi sur la réparation de ses propres produits et le marché de l’occasion depuis longtemps.

 

 

Des robots quadripèdes tout terrain

Imaginez une mule mécanisée capable de négocier un terrain rocheux, glisser sur la glace, se rire de la boue, se faufiler dans les sous-bois et grimper des pentes raides. Elle peut voir et éviter des obstacles, résister aux coups et aux chutes, suivre un homme ou s’en tenir à un parcours prédéfini, tout en transportant une charge de 50 kilos. Ce qui ressemble à une créature de roman de science-fiction existe bel et bien : il s’agit d’un robot évolué à quatre pattes appelé BigDog, qui a déjà été testé dans la campagne du Massachusetts, aux États-Unis.

Avec l’aide d’un financement de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency ou agence pour les projets de recherche avancée de défense), dépendante du Pentagone, BigDog et son successeur de deuxième génération, LS3 (abréviation de Legged Squad Support System), ont été conçus et construits par Boston Dynamics, une petite entreprise de pointe à Waltham, dans la banlieue de Boston. La société emploie une équipe de 70 techniciens, ingénieurs et scientifiques, et est spécialisée dans la construction de systèmes robotiques doués de la mobilité, l’agilité, la dextérité et la vitesse des animaux et des êtres humains. Ses robots associent des systèmes de commande dynamiques de pointe et des conceptions mécaniques avancées. Son fondateur, Marc Raibert, ancien professeur au MIT, envisage une large gamme d’applications pour ses robots agiles, du transport de provisions aux missions de reconnaissance, de sauvetage et de lutte contre l’incendie en milieu accidenté.

Selon Marc Raibert, dans une dizaine d’années, les petits robots intelligents seront aussi banals que les jeeps : « Près de la moitié des terres émergées sont inaccessibles aux véhicules à roues et à chenilles. Mais hommes et animaux peuvent se déplacer presque partout à pied. » D’où l’idée de construire un robot qui se meut comme une créature vivante, qui détecte ce qui l’entoure, et qui peut courir, marcher et même sauter par-dessus les obstacles. «  Un tel robot à équilibrage automatique dynamique requiert des commandes informatiques de pointe et des conceptions structurelles et mécaniques avancées »  , explique Marc Raibert. « Il y a eu quelques robots à pattes dans le passé, mais BigDog et LS3 sont largement en avance en termes de comportement sur terrain accidenté et dans toutes sortes de conditions réelles ».

 Le robot Petman testera des vêtements de protection chimique

 Développé par une équipe d’ingénieurs et de chercheurs de Boston Dynamics, Bell Helicopter, AAI Corporation, Carnegie Mellon, the Jet Propulsion Laboratory, and Woodward HRT, LS3 devrait entrer dans sa phase de test à la mi-2012, au terme de trente mois de développement. Ce sera une version améliorée de BigDog : il aura une plus grande capacité de charge utile (près de 200 kg) et un rayon d’action à pied de 32 kilomètres en 24 heures avant ravitaillement. Il sera capable d’obéir à des ordres simples donnés par un homme, tels que « suis moi » ou « attend », qui peuvent être communiqués via un appareil portable. Si BigDog est muni de capteurs dans ses pattes pour détecter le terrain, son successeur, plus autonome,  pourra voir et s’orienter grâce à un GPS, un lidar, et un système informatisé de vision.

Les vérins hydrauliques, qui commandent les pattes des robots de Boston Dynamics, sont l’un des composants-clés assurant que ceux-ci se déplacent dans pratiquement n’importe quel environnement durant des heures. C’est en partie grâce à Trelleborg Sealing Solutions, qui a fourni à l’équipe de Marc Raibert des joints compacts haut de gamme en mélange de polytétrafluoroethylène (PTFE) pour les articulations de BigDog. « Les joints toriques normaux se détériorent rapidement et fuient. Nous avons donc proposé des joints résistants hautes performances qui répondent à leurs besoins », explique Don Esterly, l’un des responsables techniques de Trelleborg Sealing Solutions. « Ce chien mécanique marchant et courant était un projet inhabituel étant donné que ce type de joints est plus couramment utilisé pour le train d’atterrissage des avions et pour les équipements industriels », reconnaît-il.

Ce projet unique a poussé les deux entreprises à collaborer plus étroitement. Trelleborg fournit des joints haut de gamme pour le LS3 à venir et pour le dernier robot de l’entreprise, une créature humanoïde nommée « Petman ». Elle sera utilisée par l’armée américaine pour tester des vêtements de protection chimique. « Nous avons mis au point Petman, de la planche à dessin au robot qui marche, en huit mois seulement », affirme Marc Raibert.

Sur le tapis roulant du laboratoire, la dernière création de l’entreprise court déjà, déroulant son pied à partir du talon, comme un être humain.  

Un TMS dope le taux de service de France Air

Pour France Air, leader français de la conception et de la distribution de matériel aéraulique pour les bâtiments et les cuisines professionnelles, le service client est un véritable engagement. Dans cette optique, le spécialiste de la conception et distribution de systèmes de traitement d’air (ventilation, filtration, chauffage…) poursuit l’optimisation de son système d’information en recherchant la solution la mieux adaptée pour chaque « métier » de l’entreprise : logistique, comptabilité, transport… « Pour chaque activité, nous faisons le choix de solutions « best of breed » », indique Olivier Davoine, Directeur Supply Chain France Air. S’agissant du transport, la PME a choisi la solution DDS Shipper du leader français du TMS (Transport Management System), DDS Logistics.

L’organisation logistique France Air repose sur une plate-forme centrale à Beynost (12 000 m2) près de Lyon  et 13 comptoirs régionaux répartis dans toute la France. Ce schéma permet la distribution des produits fabriqués par ses fournisseurs, principalement dans l’hexagone et l’Europe de l’Ouest. Quotidiennement, 400 livraisons sont réalisées à destination de ses clients installateurs dans toute la France. Près de 80% de ces flux sont constitués de messagerie, monocolis et d’express. Des accords nationaux ont été passés avec de grands transporteurs pour ces flux. « Pour les lots, camions complets et livraisons directes des fournisseurs aux clients, nous devons affréter avec la complexité des points de livraisons sans cesse différents en fonction des chantiers », précise Olivier Davoine.

La mise en place de DDS Shipper permet désormais de gérer l’ensemble des flux aval et directs fournisseurs. La solution calcule les tarifs, affrète les transporteurs, envoie les ordres de transport, de groupage, édite le document en automatique… Interfacée en EDI avec ses plus importants transporteurs, France Air peut avoir une vision pertinente du trafic et des expéditions. La solution permet également de mesurer leur taux de service : « Avec DDS Shipper, nous avons une vision globale sur les prix et les prestations des transporteurs, la vérité des chiffres. Nous mesurons le respect de leurs engagements, sur le délai le plus court. Entre nos calculs et ceux des transporteurs, il pouvait y avoir une différence sensible. »

Outre l’automatisation des tâches, certaines fonctions, à l’instar de la « prise de rendez-vous » et « l’édition d’étiquettes codes-barres », s’avèrent désormais des avantages de poids dans le service client et la relation avec les transporteurs. La première permet de signifier au transporteur un impératif fort d’horaires sur la livraison : « Pour l’installation de matériels sur un chantier d’immeuble, des rues peuvent être bloquées. La fonction va donc alerter le transporteur sur le fait qu’il doit intervenir dans un créneau horaire défini », précise Olivier Davoine. La seconde fonction permet aux transporteurs de gagner du temps et de réduire les risques d’erreur de livraison. Posées sur le colis, au moment du chargement, des étiquettes avec code-barres, directement lisibles par les transporteurs, permettent de renseigner le type de flux (messagerie, express…), tout en intégrant le plan de transport avec les différentes étapes pour arriver à destination… « Avec ce système, les transporteurs n’ont plus à ré-étiqueter les colis sur leurs plateformes. Ils savent exactement quel chemin doit parcourir la marchandise. Cela leur fait gagner du temps et évite les erreurs. Certains transporteurs nous ont même proposé des rabais si l’on adoptait ce système avec eux », confie Olivier Davoine.

La prochaine étape concernera la mise en place du module Contrôle Factures. Une nouvelle brique pour améliorer le service client.
 

Une mousse de mélamine pour une acoustique optimale au théâtre

Suspendu entre les deux tours de la Phase 1 de Fusionopolis, un complexe de recherche et de développement situé dans le parc d’affaires One North de Singapour, le théâtre Genexis est l’oeuvre des cabinets d’architecture Arup et Woha. Sa structure totalement inédite, de forme ovoïde, lui a valu d’être récompensée par le prix « Design of the Year 2009 » au concours President’s Design Award. Il contient 560 fauteuils qui peuvent être agencés selon différentes configurations ou complètement retirés afin d’accueillir des conférences ou des événements professionnels.

L’acoustique de la salle et le confort d’écoute sont optimisés par l’utilisation de la mousse de spécialité Basotect de BASF, qui assure une insonorisation efficace. Les panneaux ignifuges de Basotect sont recouverts de molleton noir et installés derrière quelque 400 000 billes de bois qui épousent les murs incurvés du théâtre.

La mousse de mélamine Basotect participe à la qualité et à la clarté du son de ce théâtre design puisque, grâce à ses alvéoles ouvertes et à la finesse de sa structure expansée, elle absorbe le phénomène d’écho créé par les multiples répercussions du son sur les surfaces. Écho pouvant amplifier les sons jusqu’à couvrir la musique ou le discours, et perturber ainsi l’écoute du public. « Par son alliance intéressante de propriétés d’isolation thermiques et acoustiques, et compte tenu de la structure très particulière de ce théâtre aux murs lourdement doublés, Basotect était la solution la plus adaptée à ce projet par sa souplesse et sa légèreté, et la plus avantageuse aussi », indique S. Y. Ong, Directeur Général de VI-SON Acoustics, fournisseur des systèmes acoustiques du théâtre Genexis.

La mousse thermodurcissable Basotect offre un certain nombre de propriétés : sa matière de base la rend difficilement inflammable et abrasive, et elle peut s’employer jusqu’à 240°C en conservant ses propriétés sur une large fenêtre de températures. Du fait de sa structure alvéolaire ouverte, elle est légère (9g/l), insonorisante, flexible même à basse température et thermiquement isolante. En Asie, on retrouve Basotect dans de nombreux projets architecturaux, dont le Centre National Aquatique et le Grand Théâtre Hefei (Chine) ainsi que des stations de la ligne 9 du métro de Séoul (Corée). 

De l’énergie solaire pour extraire du pétrole ?

Alors que l’industrie pétrolière utilise habituellement le gaz pour l’extraction de l’or noir dans leurs champs pétrolifères, l’entreprise américaine GlassPoint, basée à Fremont en Californie, a eu l’idée de le remplacer par de l’énergie solaire, énergie captée par une centrale solaire thermique pour le moins originale.

Ces centrales se composent le plus souvent de plusieurs rangées de miroirs orientables et pilotables, faisant face à la course du soleil et concentrant les rayons du soleil sur un seul et même foyer, contenant de l’eau qui se trouve alors échauffée jusqu’à former de la vapeur. C’est cette vapeur qui permet l’extraction du pétrole, vapeur qui est le plus souvent obtenue à l’aide des gaz naturels.

La centrale imaginée par GlassPoint, dont le projet pilote, encore modeste, vient de voir le jour en janvier dans le comté de Kern (Californie), région concentrant 85 % des 43 000 puits de l’état et représentant 10 % de la production nationale, a la forme d’une très grande serre, dont la structure sert de support à de légers miroirs (ils sont habituellement lourds pour pouvoir résister au vent et aux tempêtes). Elle est gardée sous une pression plus élevée que celle de l’atmosphère, empêchant la poussière de rentrer et de salir les miroirs, et un robot les nettoie tandis que l’eau usée est récoltée puis réutilisée.

Ce procédé reste moins cher que d’utiliser le gaz naturel, tout en bénéficiant d’un meilleur bilan carbone, d’après GlassPoint. La vapeur produite coute 25 % moins cher que l’utilisation du gaz, sachant qu’une partie du prix du pétrole est forcément liée au prix de son extraction. La centrale pilote ne permet pas encore de prendre toute la mesure de l’économie réalisée, ainsi que de la réduction de l’impact écologique de cette technique, mais elle laisse augurer de futurs bons résultats pour ses futures grandes sœurs, de taille moins modeste.

Une solution de pointage en temps réel par téléphone mobile NFC

Filiale du groupe international Vebego, Carrard Services est aujourd’hui l’un des principaux acteurs français dans les métiers de la propreté. Pour certains de ses clients, la société a décidé de mettre en place une solution optimisant le processus de contrôle des prestations réalisées, à déployer à terme pour l’ensemble de ses salariés. Elle a donc lancé un benchmark afin d’étudier les différentes solutions existantes sur le marché. Partenaire de SFR pour tout ce qui touche à la télécommunication fixe et mobile, l’entreprise s’est tournée vers un conseiller qui lui a présenté la solution SaaS2B Remote Badging de P&T Consulting, qui est d’autre part une filiale de EPT Luxembourg.

Ce qui a retenu l’attention de Sébastien Biaudet, Directeur Informatique de Carrard Services, c’est tout d’abord l’étendue fonctionnelle de l’application. Le fait que le service soit proposé en mode SaaS (Software as a Service), avec un véritable modèle économique de paiement à l’usage, a été l’un des principaux arguments. Ainsi, ne nécessitant qu’un investissement de démarrage limité, l’un des atouts de SaaS2B Remote Badging est de permettre une montée en charge progressive du service, en fonction de son utilisation réelle sur le terrain.

Au-delà de l’aspect intuitif en termes d’utilisation, la plate-forme SaaS2B est appréciée par Carrard Services pour la sécurité qu’elle garantit. En effet, les données transitant via la plate-forme SaaS2B sont hébergées dans un data center au Luxembourg, filiale du groupe P&T, garantissant un fort niveau de sécurisation des données. « D’autre part, le fait que la plate-forme SaaS2B puisse être potentiellement déployée à l’international, nous intéresse également à long terme dans le cadre de notre stratégie de développement », ajoute Sébastien Biaudet.

Sécurité des salariés et service aux clients

Carrard Services a pu étudier différents modes de pointage depuis des pointeuses GPRS installées chez ses clients jusqu’à une solution de pointage par  téléphone mobile NFC. C’est cette dernière solution qui a été retenue par Carrard Services .

Chaque agent est équipé d’un téléphone mobile compatible NFC, enrichi d’une application spécialement conçue pour les besoins métier. Les clients sont identifiés par un badge NFC. Lors de son arrivée et de son départ, l’agent passe le badge à proximité du téléphone mobile. Les informations de début et de fin de tâche sont transmises à la plateforme SaaS2B, qui génère des alertes en cas d’anomalie de planning constatée. Les premiers retours des clients finaux et des utilisateurs sont positifs.

« De plus, l’ouverture de l’application qui, grâce à la communication par web-services s’accorde parfaitement avec les applications existantes, a été déterminante dans notre choix », commente Sébastien Biaudet. « En effet, pour nos clients il s’agit d’une grande avancée car nous sommes désormais en mesure de leur proposer plus de service et de sécurité pour les employés. En terme de service, nous avons aujourd’hui une démarche proactive vis-à-vis de nos clients lorsqu’un employé ne vient pas sur site par exemple, et c’est important aux yeux de nos clients. D’autre part, nous innovons également en termes de sécurité des salariés sur site, qui parfois sont amenés à travailler tard le soir dans les entreprises », déclare Sébastien Biaudet.

 

Des protections en silicone accroissent la fiabilité des faisceaux de câbles

Leader mondial de la connectique et des systèmes d’interconnexion aéronautique et défense, Amphenol a souhaité développer de nouveaux colliers de fixation P-Clamps pour les faisceaux de câbles les plus sensibles. La société a repris la même conception que ses colliers hautes performances d’origine fabriqués avec le polymère thermoplastique Victrex Peek . En revanche, un changement de dureté du silicone de protection des colliers a été opéré afin de réduire l’usure et le risque d’endommagement des câbles critiques comme les lignes de transmissions RF ou fibres optiques. « Pour ce type de faisceaux de câbles, utiliser une protection en élastomère plus souple associée au polymère thermoplastique Victrex Peek permet d’améliorer considérablement les performances globales et d’augmenter la durée de vie des nouveaux colliers de fixation P-Clamps comparativement à la génération précédente », affirme Tony Padula, Product Manager chez Amphenol. Et de poursuivre « Nous avons choisi ce thermoplastique pour sa résistance aux températures élevées et à la corrosion, et ses propriétés mécaniques et électriques. »

Les P-Clamps traditionnels maintiennent ensemble des câbles et/ou des fils électriques exerçant des forces inégales qui peuvent potentiellement causer des dommages importants et dégrader les performances électriques et/ou les impédances. La nature souple du silicone associée à la conception mécanique simple solutionne ces problèmes par leur action de protection autour des câbles.

Limitant ainsi les abrasions ou les pincements de fils, cela limite aussi considérablement l’usure des faisceaux. Cela est particulièrement important avec des câbles coaxiaux hautes performances, ou des câbles en fibres optiques ou/et hyperfréquences, particulièrement fragiles car pouvant se rompre durant les seules manipulations à l’installation. « Une fois intégré, l’élastomère souple va permettre d’assurer qu’il n’y a pas d’interruption de transmission de données ou de signaux », précise Tony Padula.

La capacité à lier correctement le silicone souple avec le polymère Victrex Peek est le résultat de plus de trente ans de développement technologique continu sur le surmoulage. Amphenol a développé son propre procédé de surmoulage du silicone pour fabriquer ces colliers à hautes performances, qu’on trouve également dans un large éventail d’applications dans la construction navale, l’industrie et la construction ferroviaire. Le point fort du procédé de surmoulage d’Amphenol réside dans la qualité de la liaison entre le collier plastique et son coussin de protection en élastomère silicone. Contrairement à ceux des colliers métalliques, les coussinets ainsi surmoulés ne peuvent pas se désolidariser ou glisser de leur support et réduisent le risque d’usure par abrasion des éléments fixés. En outre, leur tolérance en compression permet d’utiliser une même taille de collier pour différents diamètres de tubes ou faisceau de câbles. « Le process ne demande pas d’usage d’adhésif et le lien est ainsi plus fiable et plus cohésif », explique Tony Padula. « C’est pourquoi l’élastomère ne va pas se détacher du polymère, protégeant ainsi l’ensemble de toutes défaillances en cas de fortes vibrations ou de forts voltages. Le procédé scelle la protection en silicone au plastique. »

Fabriqué avec la même conception mécanique simple d’utilisation que les précédents P-Clamps hautes performances, les P-Clamps LDG sont équipés d’un système de verrouillage qui facilite et accélère leur montage. La fonction lock-open les maintient en position ouverte et la fonction lock-closed les maintient en position fermée. Pour insérer un faisceau de câbles ou une conduite dans le collier, au lieu de le tenir dans une main et d’insérer le faisceau ou la conduite de l’autre, le monteur peut ouvrir le collier, procéder à l’insertion et le refermer, le collier restant en place. Il lui suffit ensuite de solidariser l’ensemble à l’aide d’une vis. Libérant une de ses mains, le système facilite la vie de l’installateur. « Les nombreux tests démontrent que l’utilisation des P-Clamps LDG réduit les temps d’assemblage de 30% comparativement à des équipements traditionnels », rajoute Tony Padula. « La conception permet aussi de réduire les dommages causés au moment du montage. »

 

Atelier 62

Aux forges, atelier 62, réputé le plus dur de la Régie, le charron-forgeron-tonnelier normand asservit sa carrure et sa puissance à l’industrie automobile triomphante. L’existence de cet homme et de sa famille au moment clé du basculement d’un monde à l’autre et la restitution d’un temps fort de l’histoire du travail, dans toute sa violence, composent les deux veines du récit.

Voix d’enfance et voix d’usine mêlées, Atelier 62 n’est pas le travail d’une historienne, mais l’œuvre d’un écrivain, dont l’écriture empathique restaure un humble et ses semblables dans la dignité de leur travail et de leur vie.

Auteur : Martine Sonnet
Editeur : Le temps qu’il fait, 240 pages

Pour en savoir plus sur la mise en forme des métaux, voir la base documentaire Mise en forme des métaux des Editions Techniques de l’Ingénieur

Auteur : C.C.

Un transporteur réduit sa consommation de carburant de 24% !

STAF Transports, leader de la distribution frigorifique de produits alimentaires, gère une flotte de plus de 350 véhicules et approvisionne notamment les principaux supermarchés parisiens. Dans le cadre du plan de renouvellement de sa flotte de distribution, il a décidé, en 2008, d’intégrer les boîtes de vitesses de la série 3000 d’Allison à son parc de véhicules 19 tonnes. Aujourd’hui, ces boîtes de vitesses équipent 20 camions, dont 5 Renault Premium achetés l’an dernier.  Le choix de Kara Mendjel, PDG de la STAF, avait initialement été motivé par la fiabilité des boîtes de vitesses Allison, éprouvée dans des applications difficiles et exigeantes sur tout le territoire français.

Entre juin 2009 et juin 2010, des camions Renault Premium équipés d’une boîte de vitesses semi-automatique ont été comparés à des véhicules dotés de la technologie Allison. Les données relatives à la consommation de carburant et à la productivité (en fonction de la charge utile) ont été enregistrées de manière électronique.

Les camions bénéficiant de la technologie Allison présentent une efficacité supérieure, inhérente au convertisseur de couple et à la technologie « Powershift » qui assure des passages de vitesse sans rupture de couple. Ils peuvent donc être équipés d’un moteur moins puissant (Dxi7 de 320 chevaux DIN à la place du Dxi11 de 370 chevaux DIN) de 4 litres, par rapport au reste de la flotte équipée de boîtes de vitesses semi-automatiques.

Les tests de comparaison réalisés sur des cycles de fonctionnement journalier en conditions réelles autour de Paris, montrent une consommation de carburant moyenne de 28 litres aux 100 kilomlètres pour les véhicules équipés de la technologie Allison contre 36,4 litres aux 100 kilomètres pour ceux munis de boîtes de vitesses semi-automatiques, sans perte notable de performance  L’utilisation d’un moteur d’une puissance inférieure dans les véhicules équipés de la technologie Allison contribue à raison de 17 % à la réduction totale de la consommation de carburant, les 7 % restants étant dus à la mise en œuvre de la toute dernière offre d’optimisation Allison, qui comprend la technologie LBSS (séquençage des rapports en fonction de la charge utile). Cette dernière sélectionne, en effet, automatiquement un passage de vitesses axé sur l’économie ou sur la performance en fonction de la charge utile du véhicule et de la topographie de l’itinéraire.
 
« Les économies constatées pendant les douze mois de tests tiennent à une différence de consommation très significative : les véhicules équipés par Allison permettent une réduction de 8,5 litres aux 100 kilomètres », souligne Kara Mendjel, PDG de la STAF. « Comparativement aux véhicules dotés d’une boîte de vitesses semi-automatique, les camions équipés de boîtes automatiques permettent non seulement de réaliser des économies de carburant plus importantes mais également de conserver, voire d’améliorer, la productivité en termes de charge utile transportée. »

Cette flotte bénéficie également d’autres avantages inhérents à l’utilisation des boîtes de vitesses entièrement automatiques Allison. Les deux mains sur le volant, le conducteur peut se concentrer sur la conduite en zones urbaines très fréquentées afin de respecter son planning de livraison. Le fonctionnement souple et silencieux de la boîte de vitesses assure une conduite agréable jour et nuit, dans les zones très urbanisées.

 

Fabrication d’engrais verts à partir des résidus de méthanisation

Aujourd’hui, les digestats qui ne sont pas ou peu transformés, sont gérés comme des déchets (épandage ou enfouissement) ou très faiblement valorisés (compost) ce qui freine et limite le développement de la méthanisation en France. Associé aux unités de méthanisation, le procédé Enoferti développé par Akaeno, société d’ingénierie environnementale spécialisée dans la conception, la mise au point et la réalisation de solutions de bio méthanisation et de traitement de l’eau, optimise leur rentabilité.

Combinaison de plusieurs process technologiques spécifiques, le procédé Enoferti qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet auprès de l’Institut National de la Propriété Industrielle, permet de fabriquer, à partir des résidus ultimes ou digestats de méthanisation, à une échelle industrielle, des engrais minéraux verts tels que le phosphate diammonique (DAP), des engrais minéraux binaires PK et des engrais minéraux azotés. Ces engrais qui répondent aux besoins spécifiques des sols agricoles et sont produits sans émission de gaz à effet de serre, sont normés et s’avèrent en tous points identiques aux engrais chimiques. De plus, fabriqués sur les sites de méthanisation à proximité des centres agricoles de production et de transformation, ce qui limite également les émissions de CO2 liées aux flux logistiques, ils diminuent la dépendance aux importations des produits nécessaires à la fabrication de tous les engrais minéraux.

« Le processus de méthanisation génère deux produits, le biogaz riche en méthane qui est valorisé en énergie et les résidus ultimes ou digestats qui, jusqu’à présent, étaient conditionnés avant d’être restitués aux sols via l’épandage, l’enfouissement ou le compostage. Avec cette nouvelle technologie, Akaeno, libère la méthanisation de ces contraintes. Ce procédé ouvre aux industriels de l’agro-alimentaire et aux acteurs du monde agricole de nouvelles perspectives environnementales pour le traitement de leurs déchets organiques »  déclare Isabelle Motte, Présidente de la société Akaeno.

Suppression des coûts liés à l’élimination des digestats

En rendant optionnels les plans massifs d’épandage et/ou d’enfouissement des digestats, la solution Enoferti répond aux problématiques des régions en excédents structurels et participera à la protection des nappes phréatiques ainsi qu’à une meilleure gestion des sols. Elle permettra également de favoriser le développement des filières de l’élevage pour tous les agriculteurs qui ne disposent plus des surfaces d’épandage nécessaires à leur expansion.

Cette solution améliore également la rentabilité des unités de méthanisation : les coûts, auparavant associés à l’élimination des digestats se transforment en produits via la commercialisation des engrais verts. Les régions agricoles qui disposent d’excédents d’engrais peuvent commercialiser leurs surplus et répondre aux besoins agronomiques des régions déficitaires.

Ce procédé industriel permet une plus grande liberté d’implantation géographique des unités de méthanisation qui ne sont plus dépendantes d’utilisateurs de réseaux de chaleur ni des contraintes réglementaires liées aux plans d’épandages. Aussi, la société Akaeno intègrera-t-elle ce procédé à tous les projets d’unités de bio-méthanisation qu’elle développe actuellement pour le compte de ses clients et de son actionnaire, le groupe SPTI.

La production française de biogaz : aujourd’hui et demain

Réalisée par le cabinet Ernst & Young pour le compte de l’Ademe et du distributeur de gaz naturel GrDF, l’étude du marché de la méthanisation et des valorisations du biogaz prend en compte les évolutions de contexte intervenues depuis 2004 tels que la revalorisation d’un tarif d’achat de l’électricité issue du biogaz (2006) et de l’avis favorable de l’AFSSET (aujourd’hui Agence nationale de sécurité sanitaire) sur l’injection de biogaz épuré dans les réseaux de gaz naturel (2008). Basée sur près de 40 entretiens avec des professionnels de la filière, elle dresse un état des lieux de la production et de la valorisation du biogaz ainsi que les perspectives d’évolution d’ici 2020.

En 2008, la France recense 481 sites de production de biogaz, dont 301 installations de stockage des déchets non dangereux (ISDND) et 180 installations de méthanisation. Ces dernières produisent près de 300 millions de m3 de biogaz en 2008, soit près du quart de l’énergie primaire issue de biogaz, les trois quart s étant fournis par les ISDND. Une grande partie du biogaz issu de la méthanisation est valorisée en électricité ou chaleur.

Les installations de méthanisation appartiennent à 90% aux secteurs de l’industrie et de l’épuration urbaine où elles ont connu une forte croissance depuis les années 1950. Le secteur des déchets ménagers, qui concentre peu d’acteurs, et le secteur agricole, qui se caractérise par des installations de méthanisation de petite taille, viennent renforcer le développement de la méthanisation en France depuis le début des années 2000. L’étude constate également l’émergence de la mutualisation des investissements dans des projets centralisés regroupant des déchets de diverses origines (agricoles, agroindustriels, ménagers).

Sans modification majeure du contexte politique et économique, l’étude anticipe un équilibrage entre les installations de méthanisation et les installations de stockage pour la production de biogaz. Ainsi à l’horizon 2020, 6 TWh seraient captés par les installations de stockage et 5,5 TWh seraient produits par les installations de méthanisation, soit pour cette dernière une multiplication par trois en 10 ans.

Pour atteindre cet objectif, l’étude Ademe-GrDF met en avant trois facteurs qui conditionneront le développement de la méthanisation :

  • la rentabilité des installations, qui pourra être augmentée notamment grâce à la revalorisation du tarif d’achat de l’électricité et à la création d’un tarif d’achat de biométhane ;
  • un retour d’expérience positif des secteurs qui investissent actuellement dans la méthanisation (celui des ordures ménagères en particulier) ;
  • une simplification des démarches administratives.

Si le développement global de la méthanisation dépend largement des politiques publiques, chaque secteur est spécifique et présente des perspectives différentes :

  • dans le secteur des ordures ménagères, 15 installations supplémentaires devraient voir le jour d’ici 2015. Le marché devrait ensuite croître de 1 à 3 installations par an jusqu’en 2020. Il s’agira principalement d’ordures ménagères résiduelles, et non de biodéchets collectés à la source, pratique moins développée ;
  • le secteur agricole, qui est encore au stade embryonnaire, devrait connaître une croissance de 5 à 20 unités par an en moyenne d’ici 2020. Toutefois, le dynamisme des acteurs de cette filière permettrait un développement beaucoup plus soutenu si les mesures financières incitatives mises en place étaient complétées ou renforcées ;
  • le secteur industriel étant soumis à de nombreux facteurs macroéconomiques, il est plus difficile d’évaluer son potentiel de développement. L’étude anticipe néanmoins une croissance de 1 à 5 installations par an d’ici 2020 ;
  • le secteur des stations d’épuration devrait connaître une croissance de 2 à 5 installations par an d’ici 2020, principalement sur des unités de petite taille.

Quant à la valorisation énergétique du biogaz, la tendance restera à la cogénération, technologie maîtrisée et connue des opérateurs de l’énergie, avec le développement probable de l’injection dans les réseaux de gaz naturel et l’émergence de la valorisation carburant, actuellement observé à l’échelle européenne.
 

Les compteurs de gaz vont être plus intelligents

À l’image des compteurs électriques voici quelques années, le relevé de la consommation de gaz commence également à évoluer, passant des compteurs mécaniques traditionnels à de nouvelles solutions électroniques sophistiquées intégrant des fonctions telles que le relevé automatique des compteurs (AMR). STMicroelectronics, un des premiers fournisseurs de circuits intégrés pour applications de relevés de consommation, évalue à environ 500 millions le nombre de compteurs de gaz mécaniques aujourd’hui en service dans le monde, et les principaux fournisseurs de gaz préparent actuellement des programmes de renouvellement de leurs parcs de compteurs par des modèles électroniques plus précis, plus fiables et plus efficaces.

STMicroelectronicset le japonais Omron, un des leaders mondiaux des technologies d’automatisation, annoncent leur collaboration afin de fournir une solution complète de capteurs pour mesurer et réguler le débit du gaz des compteurs de gaz électroniques. Ce capteur de mesure du débit que les deux sociétés ont développé est un composant clé pour la solution clé-en-main de compteurs de gaz intelligents que développe ST. Dans ces compteurs, des capteurs miniaturisés et des microcontrôleurs ultra-basse consommation sont associés pour collecter des données plus précises et plus fiables et les transmettre aux systèmes hôtes, lesquels fourniront aux particuliers des informations en temps réel sur leurs habitudes de consommation et les coûts associés, en vue de les aider à minimiser l’utilisation de ressources non-renouvelables.

Au cœur de cette coopération se trouvent un transducteur propriétaire développé par Omron et le circuit frontal analogique associé, conçu par ST. Ces technologies ont été intégrées dans un sous-système autonome complet. Le capteur de débit ainsi obtenu, qui intègre des technologies de micro-détection thermique MEMS (microsystèmes électromécaniques) de pointe, est intrinsèquement compensé pour des variations de température et de pression, tandis qu’un circuit embarqué compense la variation de la composition de gaz multiples. Ce capteur résiste à la poussière, conformément aux standards internationaux applicables aux compteurs de gaz.

Monté sur un circuit imprimé de petites dimensions (7,2 x 8,6 cm), le capteur de mesure de consommation de gaz assure un haut niveau de précision avec une très basse consommation, intègre des circuits de commande de moteurs pour le contrôle de vannes, ainsi qu’une protection contre les effets des vibrations et de la température. Le circuit imprimé comprend un microcontrôleur ST ultra-basse consommation avec 32 Ko de mémoire Flash et un circuit de commande d’affichage à cristaux liquides, un capteur de température, un accéléromètre et une horloge temps réel ainsi que des systèmes de commande de moteur et de gestion de l’alimentation.

« Alors que la demande pour des compteurs de gaz plus intelligents commence à décoller, cette collaboration avec Omron nous permettra de répéter le succès obtenu sur le marché des compteurs électriques intelligents » déclare Benedetto Vigna, Group Vice President et Directeur Général de la division MEMS Sensors & High Performance Analog de STMicroelectronics, ajoutant que ce kit de mesures permettra aux fabricants de compteurs de réduire considérablement leurs coûts d’achat et d’accélérer la mise sur le marché de leurs produits.
 

Première canalisation plastique détectable et communicante

Par nature, les canalisations platiques sont inertes et difficilement détectables une fois enfouies. Seuls les relevés topographiques permettent de les situer. Mais l’environnement urbain évolue, rendant difficile une vision rapide, précise et exhaustive du sous-sol. Les techniques de localisation sont complexes et difficiles à mettre en œuvre. Ainsi, chaque année, plusieurs milliers de canalisations sont arrachées accidentellement, avec des conséquences pouvant être importantes.

Afin de répondre à cette problématique, la société RYB collabore depuis trois années avec le CEA-Leti (Laboratoire d’Électronique de Technologie de l’Information), basé à Grenoble. Ce partenariat a permis la conception et la mise au point de la première canalisation plastique détectable et communicante au monde, nommée « Eliot ».

Dédiée à la détection des réseaux de gaz, d’eau, d’électricité et de télécommunication, cette innovation constitue une rupture technologique majeure en matière de suivi et d’entretien des canalisations, de réduction des risques d’accident et des coûts liés à l’arrachement des canalisations, mais également de traçabilité avancée des ouvrages enterrés. Intégrant, en son cœur, un nouveau type de technologie RFID mise au point par les équipes du CEA-Leti et aujourd’hui brevetée, cette canalisation offre plusieurs caractéristiques :

  • une détection jusqu’à 1,50 mètres de profondeur d’enfouissement, avec une précision horizontale de l’ordre de quelques centimètres ;
  • une insensibilité à l’environnement de la canalisation, des opérations de détection, de localisation et de lecture des informations stockées à l’intérieur de la puce : enterrée dans tous types de sols (goudron, sable, terre, cailloux, secs, humides…) et même immergée dans l’eau (en nappe phréatique par exemple) ;
  • un temps de réponse d’un dixième de seconde ;
  • une capacité de stockage d’informations : type de canalisation détectée (application), date de fabrication, date de pose, numéro de série, diamètre, pression nominale… ;
  • un dispositif intégré dans la canalisation autonome qui ne requiert aucune alimentation électrique ;
  • un système de lecture simple pourvu d’une antenne adaptée et compatible avec les produits du marché ;
  • un signal mesuré en surface caractérisant précisément la canalisation détectée, et évitant ainsi la confusion en cas de proximité de plusieurs réseaux.

Concrètement, des tags RFID spéciaux sont intégrés à la canalisation, à intervalles réguliers, selon un procédé breveté. Elles sont ensuite codées pour embarquer les informations propres à chaque canalisation. Cette intégration sur les lignes de production de RYB nécessite des investissements matériels que la société n’a pas hésité à réaliser, malgré la crise, afin de développer les premiers prototypes industriels fonctionnels. « Nous sommes très heureux d’avoir relevé la prouesse technique de développer cette première canalisation plastique détectable et communicante au monde. Plus de trois ans de collaboration avec le CEA-Leti, de nombreuses pistes de recherche suivies et plus d’1 million d’euros d’investissements ont été nécessaires à sa mise au point. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre dans le monde des canalisations et des réseaux, qui va permettre de répondre aux besoins des opérateurs de réseaux de gaz, d’eau, d’eaux usées et industrielles, d’électricité ou encore de télécommunications pour faciliter le suivi et l’entretien des ouvrages enfouis, et réduire les risques d’arrachage des canalisations », explique Marc-Antoine Blin, Directeur Général de RYB.

Une fois le prototype mis au point, ses potentialités ont été testées en conditions réelles sur une tranchée équipée de capteurs sur le site du CEA-Leti, puis des essais ont été réalisés avec succès sur des chantiers tests dans la région Rhône-Alpes, dans de multiples conditions in situ.
Des essais ont également été conduits sur la plateforme expérimentale de la recherche du groupe GDF Suez, opérateur majeur dans la distribution de gaz et d’eau, qui a apporté son expertise en termes de maîtrise des enjeux métiers, permettant l’adéquation entre les besoins opérationnels et la réponse technique apportée par le partenariat RYB / CEA-Leti.

Après le prototypage et les essais sur des diamètres de 63 à 125 millimètres, la société RYB passe à présent à une phase d’industrialisation dans un souci d’élargir sa gamme du DN20 au DN1000. La prochaine étape vise à travailler avec les gestionnaires et opérateurs réseaux afin d’intégrer cette technologie au sein de leurs systèmes d’information et selon leurs propres cahiers des charges. Le déploiement d’infrastructures réseaux, à l’échelle de test, permettra également de fournir un retour d’expérience intéressant pour la suite du projet Eliot.

 

Développement révolutionnaire d’un nouveau type de fibre optique

Le cœur de ce nouveau type de fibre optique est constitué de séléniure de zinc (ZnSe), un composé oxydé du sélénium (Se) avec du zinc, de couleur jaune clair, semi-conducteur de son état. Alors qu’il était jusque-là impossible d’insérer ce genre de composé dans la structure même de la fibre, une nouvelle technique de dépôt à haute-pression développée en parallèle a changé la donne.

Les fibres optiques, permettant déjà le transfert de plus d’un téraoctet d’informations à la seconde, ont toujours été limitées par l’utilisation d’un cœur en verre de silice, « dont les atomes sont arrangés de manière moins méthodique, contrastant avec la structure extrêmement ordonnée du séléniure de zinc, la lumière pouvant alors être transportée sur de plus grandes longueurs d’ondes, notamment le moyen infrarouge » (de 1,4 à 3 μm ), nous explique le professeur Badding, qui a dirigé l’équipe ayant fait la découverte.

La lumière transportée dans ce cœur plus ordonné peut ainsi être plus aisément manipulée qu’on ne le peut avec les fibres en silice, notamment grâce une meilleure conversion des couleurs, utilisant un procédé appelé conversion non-linéaire de fréquences. Le transport des infrarouges (rayonnement électromagnétique dont la longueur d’onde est supérieure à celle de la lumière visible) est aussi assuré, laissant entrevoir l’exploitation d’une fibre optique laser à infrarouge.

Les applications de cette nouvelle fibre optique, plus polyvalente, et de ce laser sont multiples, car sa précision est accrue. « Différentes molécules absorbent la lumière de différentes longueurs d’ondes. Par exemple l’eau absorbe ou stoppe la lumière d’une longueur d’onde de 2,6 μm. Mais les molécules de certains polluants ou de certaines substances toxiques absorbent des lumières de plus grande longueur d’onde. Si nous pouvons transporter de la lumière dont la longueur d’onde est plus grande, nous pourrons voir plus aisément les substances présentes. », souligne le professeur Badding, justifiant sa possible utilisation dans le domaine environnemental, dans la détection et la mesure des agents polluants. Notons enfin que cela ouvre des perspectives dans le domaine militaire (des radars plus précis avec de meilleures contremesures) et dans le domaine chirurgical (des lasers plus fins), notamment pour la chirurgie réfractive (chirurgie correctrice de l’œil).

M.R.

Alifel optimise les livraisons de ses produits d’alimentation animale

Créée en 2002, et avec un investissement de plus de 15 millions d´euros, pour une production annuelle de 250 000 t d’alimentation animale, Alifel approvisionne l´ensemble des éleveurs adhérents à la Cafel (groupement des Fermiers de Loué) qui rassemble un millier d’exploitations dans un rayon d’une cinquantaine de kilomètres.

Alifel  travaille selon une organisation spécifique : 95 % des commandes des éleveurs sont passées 48 h à l’avance, principalement par Internet. Cette organisation implique automatiquement la planification quotidienne d’une production « jour » de près de 1 000 tonnes d’aliments à fournir pour les volailles des fermiers de Loué.

Aussi, dans ce contexte de production en flux tendu, l’usine Alifel ne fabrique qu’à la commande et ne dispose d’aucun stock. La gestion quotidienne est donc extrêmement difficile à programmer à l’avance, sans compter les contraintes spécifiques au secteur de l’alimentation animale qui rendent l’optimisation logistique particulièrement complexe.

Dans ce contexte, Alifel a sélectionné Optilogistic pour l’intégration de son progiciel de gestion de la chaîne logistique, L’élaboration des tournées est opérée directement et immédiatement à l’aide du logiciel, l’organisation de la production étant ensuite calée sur les plans de livraison définis par Axiodis, ce qui entraîne des gains de production conséquents.

La mise en œuvre du logiciel prend en compte de multiples paramètres :

  • l’affectation de certains camions à la livraison de produits particuliers… ;
  • l’incompatibilité entre certains produits ;
  • l’intégration des temps de désinfection, de passage aux Mines… ;
  • l’accessibilité à certains silos réservée à des véhicules adaptés spécifiques… ;
  • le suivi des tournées: kilométrage, tonnage livré, durée de la tournée, consommation de carburant.

Ainsi, aujourd’hui, Alifel gère sa production quotidienne d’une manière efficadont ce et aisée, de l’élaboration des tournées jusqu’à la livraison auprès des fermiers de Loué. De plus, grâce à un portail Web, l’entreprise peut accéder en permanence à ses plans de transports prévisionnels qui sont calculé à l’instant « t » par Axiodis,  permettant ainsi d’assurer la livraison au moment souhaité par le client.
 

Furtive-eGT, la première voiture sportive française tout électrique

L’Exagon Furtive e-GT est la création française qui a le plus surpris lors du dernier Mondial de l’Automobile, à Paris. Cette berline GT électrique allie, en effet, hautes performances et respect de l’environnement tout en répondant aux attentes des consommateurs à qui elle plaît aussi bien par son « look » que par ses performances (de 0 à 100 km/h en 3,5 sec., avec une vitesse de pointe pouvant atteindre 250 km/h). Elle est dotée de deux moteurs électriques synchrones à aimants permanents de 125 kW chacun, refroidis par eau, de Siemens Corporate Technology. Très compacts (25 x 28 cm), ils offrent  une puissance cumulée de 340 chevaux disponible de 5 000 à 10 000 tours par minute et un couple maxi de 480 Nm de 0 à 5 000 tours par minute. Quant aux batteries Lithium-ion fournies par Saft, elles ont une capacité de 50 kW/h,mais l’autonomie visée par Exagon imposera l’utilisation d’un petit moteur thermique pour les recharger en roulant. La Furtive-eGT pourrait ainsi parcourir 280 kilomètres en mode 100 % électrique et 734 km/h avec 25 litres d’essence.

Aucun bureau de style connu ne serait à l’origine de ce dessin. Si Siemens PLM Software a fourni les logiciels de conception, de simulation et de calculs, le design est fait maison, tout comme le châssis mixte en nid d’abeille carbone/aluminium/acier.

Cette aventure est née de la rencontre entre Luc Marchetti, fondateur et président d’Exagon Engineering, société de conception, de construction et d’exploitation de voitures de course, et les équipes de Siemens, lors du dernier trophée Andros. Passionné d’automobiles, ancien ingénieur de piste auprès des plus grands pilotes comme Yvan Muller, Alain et Nicolas Prost ou Franck Lagorce, Luc Marchetti était, à l’origine, sceptique quant à la qualité des véhicules électriques mais il a été convaincu par les logiciels Siemens. Tout de suite, il a perçu le niveau de qualité qu’ils pourraient apporter à la conception et au design du véhicule grâce aux logiciels Siemens.

Luc Marchetti a alors relevé le défi de fabriquer une voiture de course tout électrique, qui répond aux mêmes exigences qu’un véhicule thermique. Début 2011, Siemens Industry Software, fournisseur de logiciels et de services dans le domaine du PLM (Product Lifecycle Management) a signé avec la société Exagon Engineering un accord pour concevoir la Furtive-eGT. À ce sujet, Luc Marchetti ajoute qu’il a bénéficié, en plus du savoir-faire et de l’expertise des véhicules électriques, « des outils de conception de Siemens PLM Software : les logiciels NX de conception, de simulation et de calculs tant mécaniques qu’aérodynamiques avec sa solution CFD (Computational Fluid Dynamics), ainsi que Teamcenter pour la gestion collaborative de toutes les données ».

Exagon Engineering peut se prévaloir d’une expérience unique : il a développé les bolides électriques qui, depuis deux hivers, glissent sans bruit sur la glace du Trophée Andros et a ainsi acquis une maîtrise de cette technologie en conditions extrêmes (froid, humidité). Luc Marchetti, qui envisage une production annuelle d’une centaine de coupés, annonce un premier roulage de la Furtive-eGT en mai 2011 pour une commercialisation fin 2012.

La recharge sans fil se démocratise

C’est pour pouvoir résoudre les tracas engendrés par la présence d’un trop grand nombre de chargeurs aux fils emmêlés les uns aux autres, ainsi que par l’encombrement qu’ils occasionnent lors d’un déplacement ou d’un voyage que Maija Itkonen et les autres créateurs de la jeune start-up finlandaise Powerkiss, créée en 2008 et maintenant forte d’une vingtaine d’employés, eurent l’idée pas si saugrenue d’un appareil mobile qui pourrait se recharger en le posant tout simplement sur la surface plane d’un meuble (presque) standard.

Cette technologie sans fil repose sur l’association d’un émetteur, « Heart », et d’un récepteur, « Ring ». Le « Ring » est un petit accessoire (45 x 34 x 7,5 mm) au design assez léché, que l’on branche en lieu et place du chargeur de l’appareil portable que l’on désire recharger, (les connectiques de type Nokia, micro-USB et Apple sont d’ores et déjà disponibles). L’émetteur « Heart » (163 x 132 x 24mm) se fixe sous n’importe quelle surface plane, la transformant en surface intelligente (en dessous d’un meuble, d’un plan de travail, d’une table…), ou bien est fourni déjà installé sur un meuble, dans lequel est dissimulé le branchement secteur. Une fois l’émetteur branché, il suffit de poser les appareils portables munis du récepteur « Ring » sur la surface plane en question comme on pourrait le faire naturellement, dans un rayon toutefois limité, pour que la liaison se fasse, et que l’appareil se charge sans avoir à le relier de manière traditionnelle, au secteur ou à un ordinateur. La consommation électrique est de 12W en chargement, et de 240mW lorsqu’il ne détecte pas de Ring dans son champ d’action. Le chargement s’arrête dès lors que l’appareil est pleinement rechargé.

Des champs d’inductions électromagnétiques pour transmettre l’énergie

L’aéroport international d’Helsinki, le Hilton ainsi que de nombreux autres lieux de la capitale finlandaise ont servi de terrain d’expérimentation aux « Ring et Heart », que certains restaurants et cafés (Pizza Hut, Burger King, Starbucks…) mettaient à la disposition de leurs clients exclusivement, qui pouvaient alors recharger leurs appareils mobiles tout en mangeant, exception faite des ordinateurs portables (ce développement est en cours). Cette expérience s’est avérée fort concluante, selon les créateurs et selon les utilisateurs, tant et si bien que les installations se sont multipliées dans les aéroports et dans certains cafés de Suède, du Danemark et d’Allemagne. L’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, ainsi que quelques aéroports espagnols, anglais et norvégiens seront équipés dès le mois prochain, d’après John Lebeau, responsable des Ventes et du Marketing chez Powerkiss, ce qui permettra, entre autres, aux voyageurs en partance de Roissy de s’y essayer.

La transmission d’énergie sans fil entre l’émetteur et le récepteur est rendue possible par l’utilisation des champs d’inductions électromagnétiques par résonance, s’inspirant de l’électroaimant et de l’induction électromagnétique découverte par Faraday (une différence de potentiel électrique est induite dans un fil électrique par un champ magnétique fluctuant), développés par la suite par Nikola Tesla. A l’aide de deux bobines, réglées sur la même fréquence (en résonance), une puissance significative peut être transmise. L’émetteur « Heart » induit une tension qui crée un courant électrique dans le récepteur « Ring » qui, une fois modifié, alimente alors l’appareil auquel il est connecté.

On peut aisément imaginer qu’à terme le récepteur puisse être intégré aux appareils mobiles, facilitant d’autant l’utilisation de cette technologie, de la même manière que les clés USB Wi-Fi ont peu à peu été intégrées aux appareils, sous forme de carte Wi-Fi. Se dirige-t-on vers la fin des innombrables chargeurs aux fils qui s’emmêlent, qui prennent de la place, et qui nécessitent des (multi)prises ? Ne sera-t-il bientôt plus nécessaire de posséder un adaptateur aux normes électriques d’un pays étranger lors d’un voyage, ou de se préoccuper d’avoir ou non de la batterie ? Pas si sûr, à l’heure où plusieurs associations et scientifiques s’inquiètent des effets néfastes des ondes produites par les technologies sans fil (bien que cela concerne essentiellement les ondes radios, et de plus forte intensité), ce qui toutefois ne nous empêche pas (encore) de les utiliser un peu plus chaque jour.
Notons enfin que la start-up Powerkiss est membre du « Wireless Power Consortium », un conglomérat d’entreprises visant à promouvoir et à développer les transmissions d’énergie sans fil.

M.R.

La micro-analyse X au secours des œuvres de Van Gogh

L’utilisation de couleurs vives par Van Gogh dans ses tableaux fut un tournant décisif dans l’histoire de l’art : plutôt que d’utiliser ces couleurs de manière réaliste, c’était pour lui le moyen d’évoquer des humeurs et des émotions. Ceci n’aurait pu être possible sans les innovations majeures intervenues au XIXe siècle dans la fabrication des pigments.  L’éclat des nouveaux pigments industriels, tels que le jaune de chrome, a permis à Van Gogh de parvenir à l’intensité que l’on retrouve, par exemple, dans le tableau intitulé Les Tournesols. L’assombrissement du jaune de chrome, sous l’effet des rayons du soleil, est connu depuis la première moitié du XIXe siècle. Cependant, tous les tableaux d’époque ne sont pas affectés de la même façon et à la même vitesse.

Pour identifier le processus chimique incriminé dans l’assombrissement des toiles de Van Gogh, des chercheurs italiens (CNR di Scienze e Tecnologie Molecolari CNR-ISTM), belges (Universiteit van Antwerpen), hollandais (Delft University of Technology et Van Gogh Museum) et français (Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France ou CRRMF) ont tout d’abord recueilli des échantillons issus des restes de trois tubes différents de peinture de jaune de chrome de l’époque. Une fois ces échantillons vieillis artificiellement pendant 500  heures à l’aide d’une lampe à UV, un seul d’entre eux, provenant d’un tube de peinture ayant appartenu à Rik Wouters (1882-1913), peintre flamand issu du mouvement fauviste, a révélé un assombrissement important. En l’espace de trois semaines, la surface de la peinture jaune vif originale est devenue marron chocolat. Ceci confirme que tous les jaunes de chrome de cette période ne réagissent pas de la même manière, les jaunes les plus clairs étant ceux qui brunissent le plus vite aux rayons UV.

Altération des pigments sur 1 à 3 µm  de profondeur

Une étude effectuée ensuite au synchrotron européen de Grenoble (l’ESRF ou European Synchrotron Radiation Facility) sur cet échantillon réactif, a révélé que l’assombrissement de la couche supérieure était lié à une réduction du chrome contenu dans le jaune de chrome, passant de Cr VI à Cr III. Les scientifiques ont également reproduit à partir d’anciennes recettes, la peinture jaune de chrome que Rik Wouters utilisait et l’ont également soumis aux UV. Même résultat : l’effet d’assombrissement est également visible.

Au cours d’une deuxième étape, les scientifiques ont examiné des micro-échantillons provenant des zones affectées sur deux tableaux de Van Gogh, Vue d’Arles avec iris (1888) et Berges de la Seine (1887), tous deux exposés au musée Van Gogh d’Amsterdam. L’examen de ces échantillons grâce à cette même technique de micro-analyse X, a confirmé la réaction chimique de réduction du chrome de Cr VI à Cr III sur ces tableaux.

La profondeur à laquelle les rayons du soleil pénètrent dans la peinture et altèrent la couleur de ses pigments est comprise entre 1 et 3 µm, ce qui rend l’analyse de la couche d’altération d’autant plus difficile. Ce sont les rayons du soleil qui, en favorisant la réduction du chrome, concourrent à transformer le jaune de chrome en pigments marron, modifiant alors la composition originale. Mais les rayons UV ne sont vraisemblablement pas les seuls à incriminer dans ce processus.

Le baryum et le soufre aggraveraient l’altération 

D’autres expériences sont d’ores et déjà programmées, afin d’identifier très précisément les conditions qui favorisent la réduction de chrome et de savoir s’il existe un espoir de rendre aux pigments leur état original dans les tableaux déjà affectés par ce phénomène. Car si le rôle de la lumière est ici clairement identifié dans la réduction du chrome, les analyses par micro-spectroscopie X ont également montré que l’altération était particulièrement importante en présence de composés chimiques contenant du baryum et du soufre (présents dans la peinture blanche). Ceci laisse supposer que la technique de Van Gogh consistant à mélanger de la peinture blanche à son jaune pour le rendre encore plus lumineux, pourrait être également à l’origine de l’assombrissement de sa peinture. Ainsi, cette découverte pourrait permettre d’empêcher que la couleur jaune vif des tableaux les plus célèbres de Van Gogh ne soit recouverte d’une pellicule sombre et qu’elle ne perde de son éclat au fil du temps, grâce à des précautions particulières de conservation et d’exposition des œuvres, notamment aux rayons UV.

Révélations inquiétantes aux Etats-Unis sur les gaz de schiste

Le dossier publié par le quotidien américain sur son site va même plus loin, en étayant ses assertions par des extraits de rapports de l’EPA, l’agence américaine de protection de l’environnement. Selon ces rapports de l’EPA, les rejets toxiques issus de l’exploitation des gaz de schiste, signalés par des milliers de documents, ont des conséquences sur l’environnement et la santé humaine que l’on ne soupçonnait pas. L’accusation la plus grave du journal concerne les rejets d’eaux usées : « Avec la fracturation hydraulique, un puits produit parfois plus de 4 millions de litres d’eaux usées qui contiennent souvent des sels hautement corrosifs, des cancérogènes comme le benzène et des éléments radioactifs comme le radium, tous pouvant être présents naturellement à des centaines de mètres sous le sol ».

Ainsi, le New York Times illustre les dangers de ces rejets, au niveau de la Pennsylvanie. En effet, les rapports de l’EPA que s’est procuré le journal, indiquent dans les eaux usées un taux de radioactivité 100 à 1 000 fois supérieur au niveau maximum utilisé. Toujours selon une étude de l’EPA datant de 2009, jamais divulguée, « les eaux usées, qui sont parfois transportées jusqu’à des stations d’épuration non conçues pour les traiter et qui sont ensuite déversées dans des rivières qui fournissent de l’eau potable, présentent des niveaux de radioactivité plus élevés que ceux connus auparavant et bien plus hauts que les niveaux considérés comme sûrs par les réglementations fédérales pour le traitement par ces stations d’épuration ». Dans cet État, ce sont plus de 800 000 personnes qui consomment l’eau potable issue du bassin versant dans lequel sont rejetées ces eaux usées.

Des taux de radioactivité 100 à 1 000 fois supérieurs aux normes

Le quotidien précise également que les stations de potabilisation situées en aval des stations d’épuration dans cette région n’ont pas testé la radioactivité des eaux qu’elles distribuent depuis 2006, alors que les forages se sont surtout multipliés depuis 2008.

Autre exemple, le Texas. Dans cet État qui compte plus de 93 000 puits, les structures hospitalières ont constaté une augmentation anormale du taux d’enfants asthmatiques (25 % constatés contre une moyenne de 7 % auparavant). Ces révélations alarmistes du quotidien américain ne rassurent pas de l’autre côté de l’Atlantique, où les manifestations contre l’exploitation du gaz de schiste se sont multipliées, surtout dans le sud de la France. La suspension des permis d’exploration, jusqu’à fin 2011, répond à l’inquiétude des écologistes face au peu d’informations quant aux dommages collatéraux, surtout environnementaux et au niveau de la santé humaine, liés à l’exploitation de ces gaz.

L’EPA, qui prépare pour 2012 une enquête complémentaire sur les conséquences environnementales et sur la santé humaine de l’exploitation des gaz de schiste aux États-Unis, révèle même via le New York Times que les contaminations observées proviennent pour une part de déversements sauvages. Or, ce sont les entreprises de forage elles-mêmes qui sont censées prévenir ces déversements.

Ainsi, les révélations du New York Times relancent un pavé dans la mare, alors que l’exploitation des gaz de schiste est déjà un enjeu économique mondial colossal.

Rappelons que c’est pendant le Grenelle II que, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie et de l’Énergie à l’époque, avait autorisé l’exploration de gaz et d’huile de schiste en France.

Par T.P.

A lire dans Instantanées Techniques : Gaz de schiste : un moratoire, et après ?

Les news Environnement / Sécurité / Energie de février

ASTRID, vers le nucléaire français « durable » ?

En novembre dernier, AREVA et le CEA ont signé un accord de collaboration relatif aux premières études de conception du projet de prototype de réacteur nucléaire de 4ème génération ASTRID (Advanced SodiumTechnological Reactor for Industrial Demonstration). Dès 2017, le gouvernement français pourra ainsi prendre les décisions concernant la construction de ce réacteur à neutrons rapides (RNR) refroidi au sodium, à vocation de démonstration technologique et industrielle. Un tel démonstrateur est en effet nécessaire pour tester, avant l’étape d’une tête de série commerciale, les innovations par rapport aux réacteurs à neutrons rapides antérieurs. Il est important de rappeler que ce type de réacteur permet d’améliorer très fortement la valorisation énergétique de l’uranium naturel appauvri ou de retraitement, autorise la consommation et le recyclage multiple du plutonium et a la capacité, si ce choix en est fait, de recycler aussi des actinides mineurs. Plusieurs de ces RNR sont déjà en cours de construction ou à l’état de projet en Inde, en Russie, en Chine et au Japon. L’énergie nucléaire assure aujourd’hui 16 % de la production mondiale d’électricité, avec plus de 400 réacteurs en fonctionnement. L’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) prévoit d’ici à 2030 une augmentation de 20 à 80 % de la puissance nucléaire installée dans le monde. 45 réacteurs électronucléaires sont actuellement en construction dans le monde et environ 130 autres sont prévus, principalement en Chine, en Inde, au Japon, aux Etats-Unis et dans la Fédération de Russie. Ajoutons à cela tout un ensemble de pays, notamment au Moyen Orient et en Asie, qui, s’ils ne comptent pas encore de réacteurs de puissance dans leur parc électrique, ont décidé d’opter pour le nucléaire.

Dans ce contexte, se pose alors la question de savoir si le nucléaire est en mesure de satisfaire sur le long terme une demande d’énergie qui ne cesse et ne cessera d’augmenter aux cours des prochaines décennies. D’où la nécessité d’inscrire le nucléaire dans une perspective de développement durable, c’est-à-dire qui soit capable de préserver les ressources en uranium qui ne sont pas inépuisables à long terme. C’est tout l’enjeu de la 4ème génération qui vise à exploiter l’ensemble du minerai d’uranium, à multirecycler le plutonium et à transformer en combustible une partie des déchets radioactifs en assurant un fonctionnement qui réponde aux critères de sûreté les plus exigeants. D’où la création du Forum Génération IV dont la mission est de catalyser tous les efforts de R&D menés dans le monde autour d’un nucléaire durable. Consciente de ces enjeux, la France a donc décidé de faire porter ces efforts sur deux des six filières retenues par le Forum Génération IV. Elle s’est également engagée à construire à l’horizon 2020 un prototype de réacteur à neutrons rapides. C’est donc dans ce cadre, et après une première phase de R&D, qu’a été lancée courant 2010 une phase technique, avec les 650 millions d’euros alloués au CEA, via l’Emprunt National, pour la réalisation d’ASTRID. Parallèlement au développement de ce démonstrateur, la France travaille aussi sur la filière des RNR refroidis au gaz, ceci dans le cadre d’une collaboration européenne qui devrait déboucher sur la construction, hors des frontières de l’Hexagone, d’un réacteur expérimental de petite taille, ALLEGRO. A l’horizon 2012-2013, le CEA devrait donc disposer d’une « image technique » du réacteur souhaité avec des options fermées et des options ouvertes, d’un chiffrage de ces différentes options, avec certaines incertitudes ce qui est normal dans le cadre d’une phase amont d’avant projet sommaire, enfin d’un planning de développement ultérieur avec les coûts associés. « Nous verrons alors si 2020 est une date légitimement envisageable », indique-t-on à la direction de l’énergie nucléaire du CEA.

La France fait un pas vers la recharge intelligente des batteries

Premier producteur français d’énergie 100 % renouvelable et experte en gestion des énergies dites « aléatoires » (hydroélectricité, éolien, photovoltaïque) la Compagnie Nationale du Rhône (CNR), filiale du groupe GDF Suez a présenté en décembre dernier « Move In Pure ». Ce concept qu’elle a imaginé présente la particularité d’utiliser la partie aléatoire de sa production exclusivement renouvelable pour la stocker dans les batteries des véhicules électriques à travers un système embarqué, pilotable à distance. La recharge des batteries devient ainsi une recharge intelligente. Le fonctionnement de celle-ci s’effectue grâce à un boîtier installé dans la voiture et commandé par un smart phone. Ainsi le conducteur peut communiquer ses besoins de charge à la CNR, ce qui lui apporte une totale liberté quant aux choix du moment et du lieu de charge. Via son smart phone, il peut également consulter l’historique de ses consommations au travers d’une interface spécifique. Précisons par ailleurs que si les productions éoliennes et photovoltaïques ne sont pas suffisantes, les centrales hydroélectriques de la CNR assurent, quelles que soient les conditions météorologiques, l’énergie nécessaire à la recharge des batteries. Au-delà des avantages qu’elle apporte en termes d’utilisation aux conducteurs de véhicule électriques, cette innovation, en faisant correspondre les moments de charge avec les surplus de production de la CNR permet à cette dernière d’optimiser une part aléatoire de sa production tout en permettant au consommateur de bénéficier d’un tarif préférentiel. Si son développement est envisagé dans un premier temps au travers d’un partenariat avec les collectivités locales ou des industriels gérant des flottes de véhicules électriques, cette innovation pourrait ensuite être proposé directement lors de la vente ou de la location des véhicules, y compris aux particuliers.

Autolib’ : c’est pour bientôt

Dès octobre prochain, Paris proposera des voitures électriques en libre service. Décision a été prise en décembre dernier, suite à l’appel d’offres qui avait été lancée par le Syndicat mixte de la ville de Paris, de confier cette délégation de service public, pour une durée de 12 ans, au groupe Bolloré et à sa petite « Bluecar », sa proposition s’étant révélée « être la plus solide et celle présentant les meilleures garanties pour la partie publique », a souligné le Syndicat mixte. Une cinquantaine de communes de la région Ile-de-France ont d’ores et déjà répondu favorablement concernant leur participation à ce projet ambitieux qui devrait permettre à terme l’installation d’environ 1 000 stations et la mise à disposition de 3 000 véhicules à la fin 2011 dans Paris et sa région. Depuis juillet 2010, trois candidats restaient dans la course : Bolloré, le consortium Avis-RATP développpement-SNCF-Vinci Park et le groupement VTLIB’ (Véolia Transport Urbain). Mais c’est finalement le groupe Bolloré qui l’a emporté, celui-ci s’étant distingué notamment « par une offre de services dans sa globalité la plus intéressante », a-t-on souligné du côté du Syndicat mixte Autolib’. Dès octobre prochain, Paris et sa région, du moins un certain nombre de communes, proposeront donc des voitures électriques en libre service. En tout, ce sont 3 000 véhicules à quatre places qui seront mis à disposition du public, ce qui, à cette échelle, en fait « une première mondiale » selon la mairie de Paris. Fabriquées en Italie, à Turin, ces voitures seront équipées de batteries au lithium métal polymère dont le temps de recharge est de 4 heures. Celles-ci seront fabriquées en Bretagne, au sein d’une usine du groupe Bolloré. Chacun de ces véhicules disposera ainsi d’une capacité de 30 kWh qui lui permettra de parcourir environ 250 km en cycle urbain. Ces véhicules, qui seront tous équipé d’un autoradio, d’un port USB et d’une prise jack afin de pouvoir y brancher toutes sortes de lecteurs multimédias, et dont la planche de bord sera dotée d’un écran permettant notamment le guidage GPS, seront accessibles via des stations où cohabiteront trois types de mobiliers urbains : des bornes de recharge, des bornes principales comparables à celles du service Vélib’, grâce auxquelles chaque usager pourra s’identifier et effectuer sa réservation, enfin des « Espaces Autolib’ », au nombre de 75, qui permettront de recevoir les utilisateurs d’Autolib’ à Paris et dans les communes adhérentes de ce service. Parallèlement, 250 bornes de recharges destinées aux véhicules particuliers seront installées, bornes auxquelles le public pourra accéder moyennant un abonnement de 15 euros par mois pour les voitures ou de 15 euros par an pour les véhicules deux-roues. Précisons que le stationnement y sera limité à deux heures, durée au-delà de laquelle chaque utilisateur devra payer un supplément de 6 euros par demi-heure. Moins de dix minutes suffiront pour s’abonner à Autolib’, en station, dans l’un des « Espaces Autolib' », et obtenir une carte dédiée nominative. Par la suite, il lui suffira de se rendre à la station Autolib’ la plus proche, de s’identifier sur la borne principale et de valider le choix du véhicule proposé. La borne lui délivrera alors un reçu et il n’aura plus qu’à débrancher le câble du véhicule, un câble qui s’enroule automatiquement dans la borne, monter à bord du véhicule, puis composer son code secret sur l’écran tactile de la planche de bord avant de pouvoir circuler librement dans Paris et sur l’ensemble du réseau routier francilien. Montant d’un abonnement mensuel : 12 euros + 5 euros en moyenne par demi-heure d’utilisation. Rendez-vous donc début octobre 2011 pour profiter de ce nouveau service de voitures électriques en libre service dans Paris et sa région.

ZOOM sur les Etats-Unis

1, 2, 3, soleil

Les Etats-Unis sont engagés dans une bataille : celle des technologies propres. Et le vocabulaire utilisé récemment par le secrétaire général du Département de l’Energie (DoE), Steven Chu, n’était pas sans rappeler certaines heures de la guerre froide : il parlait de « Moment Sputnik » en Novembre dernier, faisant référence à la prise de conscience par les USA des capacités technologiques de l’Union Soviétique pour les vols spatiaux habités. Cette prise de conscience avait mené à la course à la Lune, ou « Moon Shot ». C’est donc naturellement que Steven Chu annonçait la semaine passée le nouveau programme Américain « SunShot » dont les ambitions sont d’atteindre le prix mythique de 1 dollar le Watt de photovoltaïque installé en 2017. C’est à ce prix que l’industrie du solaire Américain pourrait gagner son bras de fer face à l’Asie et à la Chine plus particulièrement. C’est lors d’un atelier de travail organisé l’été dernier par le DoE que le programme a été défini. C’était un gigantesque brainstorming où étaient invités une soixantaine de chercheurs, d’industriels, d’entrepreneurs et d’investisseurs du secteur photovoltaïque (PV) ou de domaines adjacents. L’objectif étant de repositionner les Etats-Unis en situation de dominance du marché PV mondial alors que la part de marché actuelle est de 6%. Pour cela, il faut réduire de 75 % le coût du PV installé, qui comprend le coût du module, de l’électronique de puissance et de tout le reste y compris l’installation. On peut voir sur la Figure ci-dessous une décomposition du coût du PV installé suivant 3 scénarios :

  • colonne 1 : le coût actuel ;

  • colonne 2 : le coût en 2016 sans l’initiative SunShot ;

  • colonne 3 : le coût avec le programme 1 dollar/W.

Les objectifs sont les suivants pour 2017 :

  • Etre capable de produire les composants majeurs et les méthodes d’installation de systèmes de 5MW au minimum au coût d’$1/watt, ce qui équivaut à un prix moyen pondéré de l’électricité de 6 cents/kWh ;

  • Le coût doit inclure tous les équipements et installations nécessaires pour que l’électricité produite soit injectée sur le réseau ;

  • Utiliser des matériaux abondants ;

  • Fabriquer des composants recyclables ;

  • Etre compatible avec les standards de sécurité et environnementaux.

Encore une fois c’est un professeur de UC Berkeley qui se trouve nommé à un poste de responsabilité dans le domaine de l’énergie au niveau fédéral et qui vient grossir les rangs des représentants de la Baie de San Francisco à Washington. C’est le Professeur Ramamoorthy Ramesh qui vient de prendre pour au moins 2 ans la tête de l’équipe de 12 personnes qui gère l’initiative SunShot au sein de la division Energy Efficiency and Renewable Energy (EERE) du DoE. Techniquement en congé de son poste de directeur d’une équipe de recherche à Berkeley, ce spécialiste des couches minces et des nanostructures continue néanmoins à travailler à distance avec ses 25 étudiants et chercheurs le soir et le week-end, en s’appuyant sur l’aide des plus expérimentés. Cette hyper-activité ne l’a pas empêché de se prêter de bonne grâce au jeu de l’interview.

Il est intéressant de noter qu’il a travaillé par le passé à Bell Labs sous la responsabilité de Jean-Marie Tarascon, spécialiste mondial de nanochimie et de stockage énergétique, aujourd’hui Professeur à l’université de Picardie, membre de l’académie des sciences et professeur au collège de France.

Un programme ambitieux

Le budget de ce programme n’est pas finalisé, mais il le sera sous peu. Il s’agit de rediriger une grande partie du budget solaire du DoE sur ce programme. En 2010 cela représentait 200 dollars millions, dont la majeure partie allait aux laboratoires NREL, Sandia National Lab, ainsi que quelques universités et entreprises. Tout d’abord il s’agit de caractériser les différents domaines technologiques sur lesquels des avancées notables doivent être faites :

  • les modules ;

  • l’électronique de puissance ;

  • l’installation.

Ensuite dans chacune de ces catégories il faut financer des travaux de R&D ambitieux par des acteurs privés ou publics, sur le modèle de ce que fait ARPA-E. Puis lorsque les technologies sont matures – un délais de 3 ans est prévu pour les développements technologiques – il s’agira d’intégrer verticalement les acteurs travaillant sur des segments différents dans des équipes transversales Modules/Electronique/Installation en compétition entre elles pour créer des champions du PV capables de fournir une technologie complète à 1dollar/W installé au bout de 3 ans supplémentaires. Les premiers investissements annoncés ne concernent que le manufacturing. Mais il s’agit simplement d’une communication maladroite : les 27 millions de dollars annoncés sont en réalité le premier échelon d’un plan d’investissement qui en comportera huit ou neuf. Par ailleurs les projets, illustrés sur la carte, étaient sur le point d’être annoncés. Il s’agit de 20 millions de dollars consacrés à des startups travaillant sur des procédés de fabrication de cellules PV ainsi que de 7 millions de dollars pour soutenir des startups dans le cadre du PV Technology Incubator du NREL. Il faut s’attendre donc à voir un certain nombre de nouveaux financements se faire sur les autres catégories telles que l’électronique de puissance et l’installation dans les mois qui viennent. Par ailleurs il est intéressant de noter qu’un certain nombre de lauréats de bourses ARPA-E ont su attirer des capitaux privés. Le DoE mise sur le même mécanisme pour faire en sorte que les startups financées au départ sur les deniers de l’état finissent pas trouver grâce aux yeux des investisseurs privés.

Comment le DoE va-t-il en pratique mettre en place l’intégration verticale après les deux premières années de recherche des acteurs travaillant sur des sujets différents ? Il ne s’agit en aucun cas de désigner des groupes devant travailler ensemble. Une série d’ateliers de travail sera organisée, au cours de laquelle on assistera à l’émergence spontanée d’équipes désireuses de se rapprocher. Cela pourra amener à la création de nouvelles architectures, de nouvelles façons de procéder. Selon Pr Ramesh il faut s’attendre à voir cela arriver dans les dernières années du programme. Ce serait donc une sorte de gigantesque brainstorming sur plusieurs années.

Il est surprenant de voir que dans la liste des lauréats du PV Technology Incubator du NREL se trouve l’entreprise Solexant qui va développer des cellules couches minces à base de tellure de cadmium. Pourtant le tellure est un composé peu abondant, et le cadmium assez toxique. Selon le chef de l’initiative SunShot, cela n’est pas incompatible avec les objectifs. En effet les recherches doivent être d’abord poursuivies dans toutes les directions technologiques : Silicium, cellules multi-junction (III-V) à base d’arsenure de gallium, CIGS et CdTe. Le fait de vouloir utiliser des matériaux abondants est important, mais il ne sera pas réalisé dans la période allant jusqu’à 2017. L’objectif du programme est avant tout de réaliser le 1 dollar/W maintenant avec les technologies disponibles.

Il est aussi surprenant de voir que le stockage n’a pas pour l’instant sa place dans la liste des domaines abordés par l’initiative SunShot. Selon le Pr Ramesh, cela vient de la faible pénétration actuelle du marché (de l’ordre de 0,1%) et le peu d’impact que cela aurait sur la fluctuation. Mais le problème se posera très vite et c’est pourquoi il supervise la mise en place de programmes sur ce sujet en collaboration avec ARPA-E (notamment dans le programme GRIDS). En 2017, quoi qu’il arrive, d’autres pays seront sans doute capables de parvenir au chiffre d’1 dollar /W. L’objectif pour SunShot est de permettre aux Etats-Unis de garder des parts de marché, c’est pourquoi il faut avant tout rendre le PV compétitif avec les autres sources d’énergie. Cette initiative ne ferme pas la porte à des collaborations internationales et des partenariats sont mis en place avec l’Inde et l’Australie. EERE possède d’ailleurs une division qui finance des projets de collaborations internationaux similaires aux fonds France-Stanford et France-Berkeley qui permettent de financer des travaux de recherche entre des laboratoires français et ces deux universités.

Du nouveau pour les baroudeurs écolos

Les globes-trotteurs ont trouvé leur allié avec le kit solaire EXTEL NOMAD 13. Pratique, compact et efficace, il permet de subvenir aux besoins en énergie où que l’on soit. L’électricité verte produite par les panneaux solaires photovoltaïques représente une solution écologique et économique. Petit format, petit prix, NOMAD 13 est grand par son autonomie et idéal pour les aventuriers avides de liberté ! Prêt à poser, ce kit est idéal pour un éclairage d’appoint. Avec sa production de 12V, il permet une utilisation quotidienne de 4 heures : la solution idéale pour les inconditionnels de voyage vert ! Multi-usage, on peut recharger un téléphone, un lecteur ou une lampe ou bien encore alimenter un ordinateur, outillage électro portatif… Il est également possible de brancher un convertisseur de tension 230V. Simple à utiliser, il est également facile à transporter grâce à ses mallettes. Peu encombrant, il se range facilement dans un coffre pour encore plus de praticité. Une solution simple et économe pour les besoins en éclairage des installations nomades. Du câble de branchement aux douilles de fixation, en passant par l’interrupteur, EXTEL fournit tout ! Des kits ultra complets et « prêts à poser » ! Une offre exclusive sur le marché du bricolage…

Modules photovoltaïques : l’encombrement diminue, le rendement augmente

À l’occasion du Salon des Énergies Renouvelables qui s’est tenu du 15 au 18 février à Lyon, SOLON a présenté son nouveau système intégré au bâti : le SOLON SOLitaire. Il s’agit de la seconde génération perfectionnée du modèle précédent déjà primé à plusieurs reprises. Ce système est la solution idéale pour une installation entièrement intégrée en toiture avec une puissance pouvant atteindre 3 kWc. En France, le tarif d’achat pour les installations d’une puissance inférieure à 3 kWc s’élève à 58 cents par kilowattheure. Les modules, dont la puissance nominale peut aller jusqu’à 250 Wc, fournissent une puissance de sortie maximale même sur une surface réduite et leur installation est simple et rapide. Ce système entièrement intégré est adapté à toute sorte de couverture de toit, y compris en ardoises, et ne nécessite aucune sous-construction supplémentaire. Il est monté directement sur les liteaux à l’aide des vis et des joints contenus dans le système. 12 de ces modules à haut rendement SOLON suffisent à réaliser une installation de 3 kWc sur une surface de 25 m², capable à la fois de tirer au mieux profit des incitations financières et de couvrir les besoins annuels en électricité d’une famille de quatre personnes. En plus de ce tarif d’achat élevé, il est possible de bénéficier d’un crédit d’impôt allant jusqu’à 4 000 euros. En outre, le SOLON SOLitaire a été le premier module photovoltaïque intégré au bâti à passer avec succès le test incendie du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB). Il s’agit  du premier module intégré au bâti en France à remplir une des conditions préalables essentielles permettant, à partir de 2011, de souscrire une assurance du bâtiment et de l’installation, assurance obligatoire pour un financement bancaire. Le nouveau SOLON SOLitaire pèse 14 kg par m² et convient à des inclinaisons de toit entre 10 et 60 degrés. À partir de 22 degrés, des mesures d’étanchéité supplémentaires deviennent inutiles, les modules eux-mêmes servant de surface de drainage. Cela associé au cadre en polyuréthane de haute qualité, résistant aux intempéries et aux UV, garantit une étanchéité totale du système. Le système de ventilation permet une circulation optimale de l’air derrière les modules afin d’éviter toute perte de puissance liée à l’élévation de la température. Le SOLON SOLitaire est composé de 60 cellules polycristallines mais peut être également proposé avec des cellules monocristallines sur simple demande. Les deux variantes seront disponibles à partir de janvier 2011 auprès du fabricant, elles comprennent l’assurance solaire gratuite SOLON, une garantie produit de 10 ans et une garantie de puissance à cinq niveaux sur 25 ans.

Par S.B.

Le simulateur dynamique le plus perfectionné de l’industrie automobile

Implanté au Centre de Technologie de Mercedes-Benz, le nouveau centre de simulation de conduite de Daimler AG, à Sindelfingen (Allemagne), abrite plusieurs types de simulateurs, tous optimisés pour des essais particuliers, notamment pour la recherche, l’évaluation (tests d’aptitude d’un conducteur à manœuvrer un véhicule de manière sûre) et la formation. Il comprend à la fois des simulateurs de conduite à base fixe et un simulateur d’analyse du confort de conduite déjà livré par l’entreprise Moog Industrial Group.

La cabine du nouveau simulateur abrite la maquette d’une voiture Mercedes-Benz complète, dans laquelle le pilote d’essai est assis, entouré d’un écran sur lequel sont projetées à 360° des scènes de circulation réelles avec piétons, véhicules en mouvement et bâtiments.  Elle est montée sur  la plate-forme mobile électrique de Moog Industrial Group et se présente sous la forme d’un hexapode composé de 6 vérins électriques. Elle permet des mouvements dans les 6 degrés de liberté (ou « 6DDL ») : la plate forme supérieure est mobile en translation dans les axes x, y et z et en rotation également sur 3 axes (tangage, roulis et lacet).

Le montage de l’ensemble sur un rail latéral (7e DDL) de 12 mètres permet de simuler des mouvements latéraux de grande amplitude (comme dans le cas d’un changement de voie), ce que l’hexapode seul ne permettrait pas d’obtenir en raison de la course limitée des vérins. Le système Moog est mu sur le rail par des moteurs linéaires. Une table tournante à 90° montée dans la cabine permet d’utiliser le rail latéral à la fois pour les mouvements latéraux (pour les tests de conduite dynamiques) et longitudinaux (pour la simulation de conduite avec arrêts et démarrages).

Une technologie de pointe en matière d’efficacité énergétique

L’ensemble système cinématique hexapode – rail latéral est commandé en temps réel par un logiciel Moog. À partir de l’action du pilote sur les pédales et le volant de direction, la maquette de voiture Daimler calcule les données de position, de vitesse et d’accélération que le logiciel Moog convertit en mouvements de l’hexapode et du rail latéral, de manière à coïncider avec les réactions sensorielles attendues par le pilote. Ainsi, le pilote a l’impression de conduire une vraie voiture. Tout ce qu’il voit en projection sur l’écran correspond à ce qu’il ressent sous l’influence des mouvements de la voiture produits par l’hexapode et le rail. Ainsi, lorsqu’il appuie sur la pédale d’accélérateur, freine, tourne le volant ou roule sur une bosse virtuelle, la combinaison des images changeantes et des mouvements du système cinématique donne l’impression que la voiture circule sur une route réelle.

Avec son écran à 360° et son système de commande électrique de mouvement monté sur un rail pour les mouvements transversaux, ce simulateur dynamique est le plus perfectionné de l’industrie automobile. Le système, tel qu’il a été intégré par les ingénieurs de Daimler, est aussi doté d’une technologie de pointe en matière d’efficacité énergétique. Une partie de l’énergie de commande du simulateur provient de l’énergie qui est récupérée lors des freinages et réinjectée dans le réseau d’alimentation électrique des installations de Sindelfingen.

Si le précédent simulateur de Daimler, équipé de vérins hydrauliques, était capable de procurer une sensation de conduite suffisamment réaliste, le nouveau système électrique à haute dynamique a été spécialement conçu pour être à la fois extrêmement performant et permettre des évaluations de conduite réalistes par des conducteurs experts.

« Daimler avait songé monter tout le système sur un rail longitudinal pour disposer d’un 8e DDL mais il a considéré que les avantages potentiels n’en justifiaient pas le surcoût » précise  Pim van den Dijssel, directeur général Europe chez Moog. « Le socle cinématique que nous avons mis au point à l’aide de nos plus récents développements en matière de conception répond aux exigences de Daimler. L’accélération et le freinage peuvent être extrêmement bien simulés en faisant basculer l’hexapode d’avant en arrière et vice versa. Si besoin est, le véhicule peut tourner sur 90°, transformant ainsi le rail latéral en rail longitudinal. Ceci permet de simuler des brusques changements de voie et des freinages brusques avec des accélérations supérieures à 1 g. »

 

 

L’algorithme PageRank : comment ça marche ?

Choisir les bon mots-clés est relativement facile, par contre avoir un indice PageRank élevé est plus compliqué. L’indice PageRank est ce qui définit la position dans les pages de résultat des moteurs de recherche (pour Google évidemment, mais les autres moteurs utilisent maintenant plus ou moins le même genre d’algorithme). Il est donc très important de bien comprendre le fonctionnement de ce type d’algorithme pour espérer apparaître sur la première page de résultat (la seule lue dans 95 % des cas) ou au moins figurer parmi les premiers. Je vous propose dans cet article d’éclairer le fonctionnement de cet algorithme ainsi qu’un applet Java permettant d’expérimenter ce type d’analyse. Il s’agit bien sur d’une version simplifiée, mais cela permet de comprendre quand même beaucoup de choses.

Petit historique

Les premiers moteurs de recherche (AltaVista ou Yahoo) ne faisaient qu’indexer, c’est-à-dire trouver toutes les pages contenant le ou les mots-clés recherchés. On pouvait retrouver les pages contenant un mot-clé donné, mais les résultats n’étaient pas triés efficacement. Le nombre de fois où apparaissait le mot-clé faisait apparaître la page en haut de la liste de résultats, ce qui n’est pas pertinent. Le nombre de répétions du mot-clé n’est pas un critère intéressant car aisément falsifiable. Il faut faire une analyse plus fine du Web pour être capable de mesurer automatiquement l’importance de chaque site. Sergey Brin et Lawrence Page, étudiants à l’Université Standford (États-Unis), ont trouvé une solution aussi originale que simple : utiliser l’information des liens entre les pages pour mesurer l’importance des sites, et être alors capable de classer correctement les résultats d’une recherche de mots-clés. Cet algorithme s’appelle le « PageRank », et est finalement assez simple (niveau deuxième année d’étude supérieure). Sergey et Lawrence ont créé l’entreprise Google, actuellement le meilleur moteur de recherche du Web. Google est devenu très rapidement (et sans aucune publicité) un des moteurs les plus influents du Web. Les autres (Yahoo etc.) on rapidement suivi, mais bien sûr, cette avancée technologique a permis à Google d’être les « first to market » et donc de prendre une longueur d’avance sur la concurrence. Google essaye de garder cet avantage, en proposant toujours de réelles avancées technologiques, et bien sûr en améliorant l’algorithme PageRank, devenu un secret industriel aussi bien gardé que la fameuse recette exacte du Coca-Cola. La version que j’expose ici reste est une approche à la fois simple et instructive pour comprendre les bases du référencement, vu que maintenant tous les moteurs de recherche utilisent des variantes de cet algorithme.

Le PageRank : comment ça marche

L’algorithme PageRank calcule un indice de popularité associé à chaque page Web. C’est cet indice qui est utilisé pour trier le résultat d’une recherche de mots-clés. L’indice est défini ainsi : « L’indice de popularité d’une page est d’autant plus grand qu’elle a un grand nombre de pages populaires la référençant (ayant un lien vers elle) ». Cette définition est autoréférente car pour connaître l’indice d’une page, il faut d’abord connaître l’indice des pages ayant un lien vers elle… Il existe cependant un moyen assez simple d’approcher une valeur numérique de l’indice.

Tout d’abord il faut voir le Web comme un graphe. Chaque page est un noeud du graphe, chaque lien entre les pages est un arc entre deux noeuds.

Une manière commode pour représenter de telles relations est d’utiliser une matrice (= un tableau) : chaque ligne et colonne représentent un noeud (donc un site) et chaque case de la matrice représente la présence d’un lien entre les deux pages correspondantes.

Site No 0

Site No 1

Site No 2

Site No 3

Site No 0

0

0

0

0

Site No 1

1

0

0

0

Site No 2

1

0

0

0

Site No 3

1

0

1

0

Note : Pour savoir si il y a un lien entre deux sites A et B, il suffit de regarder le contenu de la case positionné en ligne A et colonne B : 0 signifie qu’il n’y a pas de lien, 1 qu’il y en a un.

Nous allons appeler cette matrice M. On représente la probabilité de présence d’un internaute sur tous les noeuds de notre graphe par un vecteur V. Dire que l’internaute est sur la page « 1 » s’écrit : V = (0 1 0 0). (Attention, on commence à compter les pages par 0, c’est donc bien la deuxième valeur qui est à 1 dans ce vecteur).

Si on multiplie V par M :

V' = V*M

on obtient un vecteur V’ = (1 0 0 0), c’est justement la probabilité de présence de l’internaute sur les pages : après un clic, l’internaute se retrouve forcement sur la page « 0 ». Il a suivi l’unique lien sortant de la page « 1 », allant vers la page « 0 ». On peut alors réitérer l’opération et multiplier ce vecteur résultat par M pour voir où se situera l’internaute lors du clic suivant, et ainsi de suite…

Si on faisait partir notre internaute de la page « 3 » : V = (0 0 0 1) le produit V par M donne (1 0 1 0), la somme des composante fait alors 2, cela est gênant pour représenter une probabilité de présence… . Dans la mesure où il impossible de savoir quel lien aura le plus de succès, on va considérer qu’ils ont tous la même probabilité d’être suivis, cela revient à normaliser la matrice (diviser chaque composante par la somme des valeurs de la ligne correspondante), le problème est résolu. La matrice devient alors :

Site No 0

Site No 1

Site No 2

Site No 3

Site No 0

0

0

0

0

Site No 1

1

0

0

0

Site No 2

1

0

0

0

Site No 3

1/2

0

1/2

0

 

Notez que la somme de chaque ligne fait bien 1, et que le produit V * M donne alors V’ = (½ 0 ½ 0) et représente alors correctement les probabilités de présence de l’internaute, partant de la page « 3 » et après avoir suivi un lien (« 1clic »). Si on réitère l’opération , c’est à dire V’*M, on obtient (1 0 0 0) au bout du deuxième « clic » de l’internaute. Si on continue, on voit bien que le résultat ne changera plus… L’internaute est bloqué sur la page « 0 ». Cela n’est pas très réaliste, on considérera alors que l’internaute repart sur une autre page, choisie au hasard. Cela revient à ajouter aux pages « cul-de-sac » des liens vers toutes les autres pages. Du point de vue de la matrice, cela revient à trouver les lignes qui n’ont que des 0 et les remplacer par des lignes avec 1/3 (dans ce cas précis) dans toutes les cases sauf sur la diagonale (lien d’une page vers elle-même). Pourquoi 1/3 ? Tout simplement par ce qu’il y a 4 pages et qu’on considère que l’internaute reprendra son parcours aléatoirement sur n’importe quelle autre page (4 (toutes les pages) – 1 (celle ou il est actuellement « bloqué ») = 3).

Le processus, tel qu’on l’a défini, permet maintenant de modéliser raisonnablement un déplacement aléatoire d’internautes sur le réseau de pages, modélisé par un graphe. Pour obtenir une vision globale et impartiale de la popularité des pages en fonction des liens qu’elles ont entre elles, il suffit maintenant de supposer que les internautes se répartissent initialement uniformément sur tout le réseau et on les laisse se déplacer jusqu’à ce que leur répartition (le vecteur V) se stabilise au fur et à mesure des itérations de multiplication avec M. Dit autrement, on commence avec un vecteur V dont toutes les composantes sont égales a 1/N, N étant le nombre total de pages (ou noeuds du graphe). Ensuite, on multiplie itérativement V par M jusqu’à ce que le valeur du vecteur V n’évolue plus. On regarde alors la répartition des internautes sur le graphe, cela nous donne l’indice PageRank : plus il est élevé, plus il y a d’internautes sur la page, et donc plus la page est populaire…

Une recherche se décompose alors en deux étapes :

  • la sélection des pages contenant les mots-clés de la requête
  • le classement, par ordre décroissant, des pages concernées en fonction de leur valeur de PageRank. Cette valeur aura bien sûr été calculée précédemment et n’est pas recalculée à chaque requête.

Ces deux actions combinées font un moteur de recherche plutôt efficace…

On voit que algorithme PageRank (simplifié) est finalement assez simple :

  1. initialisez toutes les composantes de V à 1/N (N étant le nombre de pages ou noeud du graphe)
  2. calculez V’= V*M, (où M est la matrice représentant le graphe)
  3. copiez le contenu de V’ dans V
  4. reprenez en 2 sauf si les deux vecteurs V et V’ sont très proches, dans ce cas l’algorithme est terminé

V ou V’ (puisqu’il sont proches la fin de l’algorithme) contiennent les indices PageRank de chaque page. En pratique, les valeurs de PageRank sont modifiés pour donner des valeurs entre 0 et 10, pour que cela soit plus « parlant ». Cela n’a que peu d’importance en pratique, dans la mesure où on utilise cette valeur uniquement pour la comparaison entre les différents sites concernés par une recherche de mots clés.

Par Hubert Wassner, professeur d’informatique à l’ESIEA et auteur d’un blog.

Nouvelle approche de la virtualisation du stockage

Le stockage constitue l’un des obstacles majeurs des projets de virtualisation des serveurs et des postes de travail. « Des investissements imprévus en matériel de stockage et une utilisation inefficace du stockage sont souvent les facteurs les plus critiques qui mettent une fin brutale aux projets de consolidation des serveurs et de virtualisation des postes de travail », confirme Richard Villars, vice-président de la division Stockage et stratégies informatiques chez International Data Conseil (IDC). « Les solutions logicielles de virtualisation du stockage comme SANsymphony-V de DataCore permettent aux équipes informatiques d’optimiser l’utilisation des ressources de stockage existantes, tout en allégeant considérablement les tâches administratives. Elles jouent souvent un rôle clé pour garantir le succès des projets des entreprises en matière de virtualisation des serveurs et des postes de travail. »

En développement depuis deux ans, le logiciel de virtualisation du stockage SANsymphony-V de DataCore permet aux datacenters d’exploiter le matériel existant et les périphériques de stockage traditionnels pour parvenir à l’environnement de stockage partagé, nécessaire à la prise en charge d’environnements informatiques virtuels hautement dynamiques. Ceci contraste nettement avec les approches coûteuses de remplacement intégral proposées pour la prise en charge des projets de virtualisation des serveurs et des postes de travail.
 
Ce nouveau logiciel aide à éviter les nombreux problèmes de performances provoqués par les congestions d’E/S et la perte de chiffre d’affaires due à des interruptions qui rendent les entreprises réticentes à la virtualisation d’applications stratégiques comme les systèmes de messagerie et les bases de données. Le logiciel utilise des techniques de mise en cache adaptative et d’accélération des performances perfectionnées au cours des dix dernières années pour absorber des charges de travail très variables, tout en évitant que le stockage ne constitue un point unitaire de panne et d’interruption. Il offre de plus une plate-forme logicielle flexible et ouverte qui permet de provisionner, partager, reconfigurer, migrer, répliquer, élargir et mettre à niveau le stockage, sans ralentissement ni temps d’arrêt. 

L’infrastructure virtuelle est dissociée des disques sous-jacents

« Lorsque nous avons d’abord reçu des offres pour notre projet de virtualisation des serveurs, nous avons été abasourdis de constater que les coûts associés pour centraliser et protéger convenablement notre batterie de disques auraient consommé la majeure partie de notre budget. DataCore a véritablement sauvé notre projet. Son logiciel a considérablement réduit les coûts de stockage et les facteurs de complication en nous permettant d’utiliser nos ressources existantes. En parallèle, il a évité les risques en termes de performances et de disponibilité que l’adoption d’un stockage consolidé aurait engendrés pour nos nouvelles charges de travail virtualisées », explique Judy Pieper-Young, directrice des systèmes d’information chez North American Stainless.
 
Alors que certains fournisseurs dans le domaine de la virtualisation recommandent que les clients s’enferment dans des configurations de matériel de stockage spécifiques et des appliances dédiées spécifiques, SANsymphony-V les libère de la dépendance à l’égard du fournisseur de matériel, en dissociant l’infrastructure virtuelle des disques sous-jacents. La solution optimise également le débit E/S des périphériques de stockage standard qui auraient sinon exigé un remplacement. Lorsque les clients doivent ensuite accroître la capacité, il leur suffit de choisir la meilleure offre du moment parmi plusieurs fournisseurs concurrents au lieu de se limiter au matériel d’un fournisseur particulier.

SANsymphony-V accélère davantage la transition entre des machines physiques et virtuelles en tirant pleinement parti des disques durs et des données des systèmes d’origine. Les fonctionnalités avancées, toutes indépendantes des périphériques, englobent le regroupement en pool des disques, la mise en cache ultra-rapide, la mise en miroir synchrone, la réplication distante asynchrone, les migrations de disques sans interruption et les snapshots en ligne à faible impact. SANsymphony-V présente également différentes nouveautés pour mieux protéger les charges de travail et éviter les interruptions, notamment la protection continue des données (CDP) intégrée, la reprise multi-site et la réplication à haut débit et compression de trafic.