Un audit va être réalisé sur le parc nucléaire français

Deux semaines après le terrible tremblement de terre et le tsunami ayant frappé la côte nord-ouest du Japon, ainsi que la catastrophe nucléaire qui s’en est suivi, l’interrogation voire l’inquiétude gagne tant une partie de la classe politique française que les Français eux-mêmes sur l’état des centrales nucléaires françaises. Le premier ministre François Fillon a donc chargé ce vendredi 25 mars l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) de mener un audit sur la sûreté du parc nucléaire français, dont les conclusions ne seront fournies que vers la fin de l’année 2011.

Outre l’étude individuelle de chacune des centrales (qui n’est réalisée qu’une fois tous les 10 ans !), l’audit concernera cinq points principaux : « les risques d’inondation, de séisme, de perte des alimentations électriques et de perte du refroidissement ainsi que la gestion opérationnelle des situations accidentelles ». Alors qu’il apparaît impossible d’envisager une sortie du nucléaire en France tant nos besoins et notre production sont énormes et inextricablement liés, cet audit intervient dans un climat résolument hostile vis à vis du nucléaire, le jeu n’en valant pas la chandelle pour une assez grande majorité des Français (70 %.d’après un sondage Ifop).

Rappelons que le parc nucléaire français est constitué de 19 centrales nucléaires en exploitation, totalisant 58 Réacteurs à Eau Pressurisée (REP), dont les plus vieux ont été construits dès 1971, pour une mise en service à partir de 1977. Ces réacteurs, dont l’exploitant n’est autre qu’EDF, couvrent 80 % de la production française d’électricité, ainsi que près de 20 % de la consommation totale d’énergie en France. Il est utile de préciser que l’ASN est une autorité indépendante dont le financement est assuré par l’État, s’appuyant sur les travaux de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN).

Pour repère, les Réacteurs à Eau Bouillante (REB) 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima Daiichi ont été mis en service entre 1970 et 1974, pour une durée de vie initiale de 40 ans.

M.R.

Vers des systèmes de cryptographie quantique plus sûrs

La cryptographie quantique permet de sécuriser la transmission de données en utilisant des clefs générées et échangées à l’aide de particules quantiques, les photons. Comme la mécanique quantique stipule que toute observation de l’état quantique d’une particule modifie cet état, toute tentative d’interception de la clef par un espion peut en principe être repérée par les utilisateurs. La sécurité des protocoles de cryptographie quantique est donc absolue et garantie par les lois mêmes de la physique. En théorie oui, mais en pratique ?

La sécurité d’un protocole de cryptographie quantique repose sur le fait que les appareils quantiques mesurent bien les bonnes propriétés physiques des photons, celles qui permettent de détecter un espion éventuel. Or, des défauts d’implémentation ou des failles du système peuvent compromettre la sécurité d’un système de cryptographie quantique sans laisser de trace visible aux utilisateurs. De tels défauts d’implémentation (corrigés depuis) ont été exploités l’année dernière par des « hackers quantiques » pour casser complètement les principaux systèmes de cryptographie quantique actuellement commercialisés.

Depuis quelques années, suivant une approche initiée par Jonathan Barrett alors postdoc à l’Université libre de Bruxelles (ULB), les chercheurs s’intéressent à des protocoles de cryptographie quantique dont la sécurité, si elle se base toujours bien sur les lois de la physique quantique, ne repose en revanche sur aucune hypothèse sur le fonctionnement interne des appareils quantiques.

Première preuve complète de sécurité de nouveaux systèmes de cryptographie

Les appareils quantiques sont décrits comme des « boîtes noires » qui reçoivent des données à l’entrée et produisent en réponse des données à la sortie. Pourvu que les deux utilisateurs observent certaines corrélations particulières entre les données produites par leurs boîtes
noires respectives, le caractère secret des clefs générées par les appareils quantiques est garanti indépendamment de toute hypothèse sur leur fonctionnement interne. En principe, les appareils quantiques pourraient même avoir été conçus par l’espion lui-même.

En dehors de son intérêt pratique, qui rend toute tentative d’attaque du système futile, cette approche représente sur un plan plus conceptuel, le niveau ultime de sécurité permis par nos connaissances physiques actuelles. Il restait cependant encore à prouver que cette nouvelle approche était en effet sûre, ceci n’avait été fait jusqu’à présent que pour certaines attaques restreintes. Il fallait aussi montrer que cette nouvelle approche permettait de générer des clefs à un taux raisonnable.

C’est ce qu’ont démontré Stefano Pironio de la Faculté des Sciences de l’ULB et Lluis Masanes et Antonio Acín de l’Institut des Sciences Photoniques à Barcelone qui, dans un article paru le 16 mars dans la revue Nature Communications, établissent la première preuve complète de sécurité de ces nouveaux systèmes de cryptographie pour des taux de génération de clefs comparables à ceux des systèmes actuels. Bien que leur preuve de sécurité repose sur une petite hypothèse sur le fonctionnement des appareils quantiques, qui peut se justifier dans certaines implémentations, leurs résultats démontrent que cette nouvelle approche est en principe possible et représentent une avancée vers des systèmes de cryptographie quantique plus sûrs.
 

Dans le rétroviseur : le glorieux passé du béton high-tech

Dans le monde du béton, ce qui est vieux, voire antique, tient de nouveau le haut du pavé. Construit il y a près de 1 900 ans par les Romains, le Panthéon de Rome est le plus grand monument romain antique ayant aussi bien subi l’épreuve du temps. Sa coupole de 43 m de diamètre reste la plus grande coupole de béton non-armé jamais construite au monde. Sa résistance aux mutilations volontaires et aux nombreux tremblements de terre de la région a focalisé sur le Panthéon l’intérêt des ingénieurs du génie civil du monde entier.

Le secret de cette longévité et de cette résistance tiendrait dans l’utilisation par les ingénieurs de l’époque d’un béton très léger qui aurait pris et se serait durci de l’intérieur. Ce béton, issu d’un procédé dénommé « cure interne du béton » (maintenir au contact du béton frais une humidité favorable à l’hydratation du ciment), donne de meilleurs résultats en terme de force, de résistance aux fissures et de durabilité. « Mais cela ne fait que depuis une dizaine d’années que l’impact du béton résultant de cette « cure » se fait sentir dans les infrastructures du monde entier, tels que les tabliers de ponts, les chaussées, les parkings, les réservoirs d’eau… » comme le souligne le rapport que vient d’être publié par le NIST (National Institute of Standards and Technology), faisant passer la durée de vie d’un tablier de pont de 22 ans (pour du béton standard) et 40 ans (pour du béton high-tech), à 63 ans pour ce béton.

Les qualités de ce béton proviendraient du remplacement d’une partie du sable et des pierres grossières habituellement mélangés au ciment pour élaborer le béton traditionnel, par de légers matériaux absorbants et pré-humidifiés, dispensant leur eau plus lentement et permettant la prise lente et interne. Bien que ce procédé coute 10 à 12 % plus cher, il est rapidement amorti par sa longévité et ses frais d’entretien revus à la baisse.

 

Des cellules photovoltaïques battent des records

Au sein de son centre de recherche Rainer Lemoine basé à Bitterfeld-Wolfen, en Allemagne, Q-Cells, un des leaders mondiaux de l’industrie photovoltaïque, dispose d’une équipe de plus de 200 scientifiques et ingénieurs dont l’objectif est de réduire durablement les coûts de la technologie photovoltaïque afin de la rendre plus compétitive et de favoriser son développement rapide à travers le monde. En misant ainsi sur la R&D, Q-Cells vient de battre, avec plusieurs de ses produits, des records validés par des laboratoires indépendants.

Un rendement de 17,84 % pour des cellules multicristallines

Un record mondial pour le développement d’un module de cellules multicristallines affichant un rendement de 17,84 % (et même 18,45 % en pic) et une puissance de 268 Watts a été confirmé par le laboratoire d’étalonnage de l’ESTI (European Solar Test Installation), une agence européenne indépendante.

Cette performance unique a été obtenue grâce à la réalisation d’un module de 1,492 m2 contenant 60 cellules multi-cristallines de 156 par 156 millimètres issues de la ligne de production de Q-Cells, sur son site de Bitterfeld-Wolfen. Ce résultat sera prochainement utilisé pour la production en série d’une nouvelle génération de module, attendant des rendements qui devraient atteindre 20 % selon PeterWawer, Vice-Président pour la technologie chez Q-Cells.

Une puissance moyenne de 5,8 kWh/kWp/j pour des cellules CIGS

Testé dans le désert australien, à côté d‘Alice Springs, par le centre indépendant DKASC (Desert Knowledge Australia Solar Centre) pendant une période allant d’août 2010 à janvier 2011, un module Q.Smart, de technologie couche mince CIGS (cuivre, indium, gallium et sélénium), a délivré une puissance moyenne de 5,8 kWh/kWp/j dans des conditions climatiques extrêmes. Il s’agit du meilleur résultat obtenu avec cette technologie, les autres modules CIGS de taille équivalente du marché offrant des performances comprise entre 5,1 et 5,3 kWh/kWp/j. Ce module est d’ailleurs, selon Q-Cells, le seul module CIGS du marché à afficher un rendement de 13 %.

Du prototype à la commercialisation

Le prototype QC-05 des modules de technologie cristalline Q.Pro et Q.Base qui a, quant à lui, été testé par le centre DKASC de mars 2010 à janvier 2011, a également obtenu le meilleur résultat, avec une performance moyenne de 5,3 kWh/kWp/j alors que la puissance moyenne des autres modules du marché se situe entre 4,6 et 5,1 kWh/kWp/j.
 

La collaboration étroite entre les services commerciaux, la production et la R&D qui permet à Q-Cells d’industrialiser la production de ses innovations et de les mettre sur le marché en un temps record, se traduira par le lancement en France, courant 2011, d’une nouvelle génération de modules Q.Pro et Q.Smart, à partir des performances obtenues par le prototype QC-05. 

Des éoliennes plus efficientes

Dans le cadre du cycle de conférences « Poster Sessions » de l’EWEA (European Wind Energy Association), principal salon européen consacré à l’énergie éolienne, des ingénieurs de Moog, un des leaders des solutions pour les éoliennes à pas variables, de bagues collectrices et de monitorage de rotor d’éolienne, ont présenté deux monographies techniques sur les thèmes suivants :

  • Un modèle de système de réglages de pales (Pitchsystem) pour une simulation plus réaliste de la charge des pales d’éolienne ;
  • Comment accroître la rentabilité des éoliennes par la mesure de la charge des pales.

Un nouveau modèle de système de réglage de pales

Réalisée conjointement par Steffen Adelt et Tobias Rösmann de Moog Allemagne, la première monographie traite d’un nouveau modèle de système de réglage de pales. Celui-ci tient compte des comportements linéaires et non linéaires, distinction essentielle en raison de la singularité des éoliennes comparé à de nombreux autres types de simulation de charge.

Selon Steffen Adelt, « le système de pas des éoliennes fonctionne comme déclencheur pour contrôler la vitesse du rotor et sert de frein d’arrêt en cas de défaillance. Pour les grandes éoliennes, les algorithmes de réglage sont chargés de réduire les charges de fatigue et utilisent eux aussi le réglage des pales comme déclencheur. Cependant, ces boucles de régulation ne prennent souvent pas en compte le comportement réel de la commande. Dans le nouveau modèle, la simulation de charge finale est plus proche de la réalité et permet ainsi aux fabricants et aux opérateurs de disposer de systèmes plus performants. »

Les auteurs ont également exposé quelques avantages du nouveau système de Moog de réglage de pales. Son logiciel de réglage écrit en langage C++ peut être intégré à divers outils de simulation, Compilé sous forme d’une bibliothèque de liens dynamiques (DLL), il est facile à incorporer aux logiciels de calcul des charges des turbines les plus courants, comme par exemple GH Bladed ou Flex5.

Le contrôle des charges de pales est possible

Pour la seconde monographie préparée par Edward Wilkinson de Moog United Kingdom, en collaboration avec Mark Osborne, Glynn Lloyd, Toby King et Paul Bridges, c’est ce dernier qui, se basant sur des études de cas, a exposé comment le monitorage des charges de pales peut permettre de diagnostiquer rapidement les déperditions d’énergie et ainsi permettre d’accélérer le retour sur investissement. Selon lui, « même la plus perfectionnée des éoliennes ne fonctionne pas toujours de la manière la plus efficace. Des différences au niveau de la fabrication, de l’installation et de la mise en service, ainsi que d’éventuels dégâts intervenus pendant le transport ou pendant la maintenance, peuvent entraîner des pertes d’efficience et des déséquilibres. La plupart des systèmes de monitorage actuellement disponibles détectent les dysfonctionnements et non leurs causes. »

En préambule à sa présentation, Bridges a précisé que « beaucoup d’éoliennes présentent un important balourd des pales et même un déséquilibre entre leur angle d’attaque, au-delà du seuil critique. Jusqu’à présent, il était impossible de mesurer ces charges directement pour diagnostiquer ce type de problème car les éoliennes n’ont pas de capteurs capables de mesurer de manière fiable la part imputable à chaque pale. Pourtant, il est possible de contrôler les charges de pales afin d’optimiser la production d’énergie et de détecter les charges invalidantes avant qu’elles n’endommagent l’éolienne.

 

Décollage du stockage de l’hydrogène sous forme solide

Le groupe Enel, plus grande entreprise d’électricité d’Italie et deuxième en Europe en termes de capacités installées, a récemment commandé à McPhy Energy un système de stockage d’une capacité de 2 kg d’hydrogène sous forme d’hydrure de magnésium. Le réservoir a été conçu suite aux essais réalisés au CEA-Liten de Grenoble sur le réservoir pré-industriel Hymage (au cours de cette évaluation, le réservoir McPhy Energy a été couplé à un électrolyseur et à une pile à combustible).

La solution de McPhy Energy sera intégrée dans une chaine complète de technologies innovantes dont l’éolien, le photovoltaïque, la production et le stockage d’hydrogène. Le réservoir Mc Phy Energy sera installé sur la zone d’expérimentation de Livourne (Italie) et le projet sera supervisé par un groupe de chercheurs du Centre de Recherche d’Enel de Pise.

Moins d’un mois plus tard, c’est Iwatani Corporation, la première société sur le marché de l’hydrogène au Japon, qui a signé un contrat avec McPhy Energy pour la fourniture d’un système de stockage de 4 kg d’hydrogène. McPhy Energy installera un système complet de stockage d’hydrogène industriel sur un site d’Iwatani, au Japon. Le contrat a été signé après que les experts d’Iwatani aient, pendant un an, évalué la technologie de McPhy Energy et visité les installations des laboratoires du CNRS et du CEA en France où les réservoirs de McPhy sont déjà utilisés.

« En fournissant l’hydrogène de manière fiable, sûre et économique, Iwatani fait avancer la quête japonaise d’une réelle économie de l’hydrogène », déclare un responsable du marché hydrogène d’Iwatani. « La technologie de stockage solide de McPhy Energy offre une solution unique aux défis de ce marché. »

Ces deux commandes marquent le véritable développement commercial de la technologie McPhy Energy qui détient des droits exclusifs sur un portefeuille de brevets uniques, qui sont l’aboutissement de plus de 8 années de recherche au CNRS et au CEA, en partenariat avec l’Université Joseph Fourier. Ce procédé, caractérisé par un stockage de l’hydrogène sous forme solide, dans des hydrures de magnésium, qui ne requiert pas de compression, constitue une solution innovante pour un stockage sûr et réversible de l’hydrogène, avec une excellente efficacité énergétique.

Trois méthodes de stockage de l’hydrogène

L’hydrogène ayant une densité d’énergie massique très élevée mais étant un gaz très léger, son stockage et son transport constituent de véritables défis. Le but des technologies de stockage de l’hydrogène est donc de réduire le volume naturellement occupé par l’hydrogène dans son état thermodynamiquement stable dans des conditions ambiantes.

Historiquement, les méthodes de stockage sont basées sur la compression et la liquéfaction (stockage direct), qui sont maintenant des approches établies et d’un bon rendement mais qui impliquent  d’énormes problèmes de sécurité et de coûts associés à la compression et au refroidissement. En pratique, l’hydrogène gazeux doit être comprimé à plusieurs centaines d’atmosphères et stocké dans une cuve ou un réservoir sous pression fait d’acier ou d’un matériau composite. Une opération qui utilise 10 à 25 % du contenu énergétique du gaz. Quant au stockage de l’hydrogène sous forme liquide, il est encore plus onéreux : il nécessite des investissements et des installations lourdes pour sa liquéfaction, sa conservation et sa mise en œuvre sous forme liquide à 20 Kelvin (-253°C).

La troisième alternative, très prometteuse, consiste à stocker l’hydrogène sous forme d’hydrures métalliques, lesquels ont fait l’objet d’études intensives depuis de nombreuses années, offrant un stockage de l’hydrogène sécurisé, réversible avec un excellent rendement énergétique (pas de compression).

La solution : les hydrures métalliques

McPhy a développé des techniques uniques qui résolvent les limites traditionnelles de l’hydrogène sous forme solide. Son procédé, qui offre un rendement énergétique de 97 %, fait appel à des hydrures métalliques, des composés chimiques formés lorsque l’hydrogène réagit avec certains métaux et qui offrent une densité volumique beaucoup plus élevée que le gaz comprimé ou liquide. Ce sont les hydrures de magnésium (MgH2) qui ont été retenus pour le stockage de masse, des additifs et la nano-structuration du MgH2 aidant à accélérer le processus d’hydrogénation et de déshydrogénation du magnésium pendant les cycles d’adsorption/désorption.

Ces hydrures de magnésium qui sont produit sur le site de fabrication actuel de McPhy offrent de nombreux avantages :

  • un stockage totalement réversible : pour une température donnée, si la pression est au-dessus d’un certain niveau (la pression d’équilibre), le métal absorbe l’hydrogène pour former un hydrure métallique. Si la pression est en-dessous de la pression d’équilibre, il y a désorption de l’hydrogène et le métal revient à son état d’origine. La pression d’équilibre varie en proportion directe de la température ;
  • un chargement à la pression de l’électrolyseur (10 bar) ;
  • un déchargement à la pression de la pile à combustible/turbine à gaz H2 (2 bar) ;
  • pas de compression pendant le processus de chargement/déchargement (économies d’énergie, de coûts et de maintenance) ;
  • une grande stabilité au cyclage ;
  • le magnésium est un matériau abondant et bon marché, sans aucun impact sur l’environnement. Du fait de leur non-réactivité avec d’autres matériaux, les hydrures de magnésium n’ont pas à être stockés dans des conteneurs faits de métaux spécialement traités ;
  • le stockage de l’énergie thermique dans un réservoir adiabatique stationnaire. Un matériau à changement de phase (MCP) breveté mis en contact thermique à travers les parois métalliques avec le composite McPhy permet de stocker l’énergie thermique pendant le chargement et de la récupérer pendant le déchargement.

Les marchés de l’hydrogène industriel et des énergies renouvelables

Aujourd’hui, la production industrielle de l’hydrogène provient essentiellement du reformage de gaz naturel (95 % de la production mondiale) et, moins fréquemment, de méthodes de production d’hydrogène à plus forte intensité énergétique telles que l’électrolyse de l’eau. McPhy cible le secteur de l’hydrogène vendu par les fournisseurs de gaz industriels, qui inclut l’hydrogène liquide ou gazeux distribué en bouteilles, par pipelines, camions-citernes ou rail. Sa technologie permet de remplacer ce schéma logistique complexe par une production d’hydrogène sur site, associée à des conteneurs de stockage sous forme solide, permettant aux utilisateurs d’hydrogène industriel de :

  • réduire les risques industriels grâce à un stockage plus sécurisé ;
  • réduire la consommation d’énergie sachant que le stockage de l’hydrogène consomme traditionnellement jusqu’à 33 % de l’énergie contenue dans le gaz ;
  • réduire les émissions de CO2 et l’empreinte écologique (10 t de CO2/t H2).

Autre marché visé, celui des énergies renouvelables. Au cours des trente dernières années, même si les technologies des énergies renouvelables sont devenues matures grâce aux nombreuses expériences qui ont été menées à bien (en particulier dans le domaine de l’énergie solaire et éolienne), leur utilisation en tant que source d’énergie en grandes quantités a depuis longtemps été limitée à quelques centrales électriques actives produisant des quantités limitées d’électricité. Le déploiement de ces technologies suit aujourd’hui une nouvelle tendance avec une croissance impressionnante et une part plus importante de la production d’électricité. Pour ce marché, McPhy permet un stockage de l’énergie en grandes quantités sous forme d’hydrogène, permettant de :

  • réduire l’imprévisibilité et le caractère intermittent de la production des énergies renouvelables ;
  • résoudre le problème de l’écart temporel entre la production (offre) et la consommation (demande).

Les centrales peuvent soit reconvertir l’hydrogène en électricité à l’aide d’une pile à combustible, soit alimenter le marché de l’hydrogène à travers les réseaux de canalisations existants ou des conteneurs de stockage transportables McPhy. 

Mise au point d’une nouvelle lentille pour microscope 3D

Les microscopes 3D ne sont pas exactement une nouveauté. En première ligne viennent par exemple les microscopes 3D à déconvolution, qui utilisent notamment de multiples lentilles simultanément, voire même des appareils photos tournant tout autour de l’objet. Cette toute nouvelle lentille est la première lentille statique générant seule une image en trois dimensions.

Moulée dans une matière thermoplastique commune, le polyméthacrylate de méthyle, à savoir le plexiglas, la lentille prototype, à peine plus grande qu’un ongle, ressemble à s’y méprendre à une pierre précieuse, dont le sommet plat serait entouré de huit facettes asymétriques, dont la base serait plate, et dont les détails (d’une dizaine de nanomètres) ont été réalisés à l’aide d’un diamant de découpe. Ce type de lentilles, appelées lentilles « free-form » (lentille progressive dont la surface est modulée, point par point), n’existait pas encore pour les microscopes.

Le côté « facettes » de la lentille est orientée vers l’observateur, alors que le côté plat est orienté vers l’objet. Chacune des facettes fournit une image vue d’un angle différent, et ces images, une fois capturées et recombinées à l’aide d’un logiciel, composent l’image en 3D de l’objet observé.

Cette lentille s’adapte aux équipements déjà existants, et permet de réaliser une économie matérielle non négligeable. Ses vertus pourront se faire sentir dans le domaine de la microélectronique, ou encore dans celui des appareils médicaux, leur permettant de simplifier leur appareillage nécessaire à l’observation des petits composants qu’ils assemblent.

M.R.

Réussir un projet ECM

Une solution ECM (Enterprise Content Management) ou de gestion de contenu minutieusement choisie et la mobilisation de ressources qualifiées ne garantissent pas le succès de la mise en œuvre d’un projet. En effet, 33 % des déploiements ECM échouent selon les conclusions du rapport « Gartner, Predicts 2010 : Content Management Evolves and Devolves ». Les éléments pouvant conduire à l’échec prennent plusieurs formes : défaut d’adhésion des utilisateurs finaux, gestion inefficace du changement, absence d’une ligne stratégique claire à l’échelle de l’entreprise… Autant de données complémentaires qu’il convient de prendre en compte.

En se focalisant sur les détails de la mise en œuvre, les directeurs de projets ont tendance à occulter l’aspect le plus important du projet : l’adoption par les utilisateurs finaux. Les fournisseurs et les clients de solutions d’ECM connaissent cette technologie mais ils ont tendance à négliger le fait que l’automatisation des processus métier aura un effet négatif sur les collaborateurs si l’on ne prend pas en compte leurs habitudes de travail. Une bonne stratégie de gestion du changement en amont est donc indispensable pour une adaptation réussie. De plus, il faut s’attacher à bien identifier les besoins des utilisateurs finaux.

Par ailleurs, au vu de l’évolution rapide du contexte de l’informatique, avec notamment la gouvernance de l’information et les modèles de cloud computing, les organisations ont besoin d’une stratégie globale bien définie et d’une vision à long terme de leurs projets de gestion de l’information. Les contraintes de temps et de budget jouent également un rôle important dans l’échec des projets d’ECM. En effet, les entreprises sont parfois sujettes à des réglementations complexes et elles ne prennent pas suffisamment en compte l’expérience de leurs pairs. Les chefs de projet tendent à sur-développer et personnaliser leurs applications. Cela se traduit par des déploiements longs, complexes, risqués et coûteux. Les organisations ont tendance à vouloir couvrir un champ fonctionnel très vaste dès le départ, et ce malgré un budget insuffisant ou des ressources humaines inadaptées. A l’inverse, il faut débuter avec un projet limité et le terminer effectivement avant de se lancer sur un autre projet. Cette démarche par pallier permet d’éviter les risques d’échecs dus aux dépassements de budgets.

Pour mener à bien un projet ECM, trois aspects sont à prendre en compte :

  • un focus sur les utilisateurs finaux : l’adoption par l’utilisateur final est la clé d’une mise en œuvre réussie. Les responsables IT et les chefs de projets doivent commencer à regarder de plus près l’impact culturel associé à cette mise en œuvre. L’application des processus radicalement différents et la promotion de l’utilisation des applications que les utilisateurs ne connaissent pas conduiront à des difficultés certaines. L’intuitivité et l’expérience utilisateur sont des critères importants dans le choix de la solution ECM. Plus la solution fournit une interface utilisateur familière, plus la charge de formation sera réduite et mieux elle sera acceptée par les utilisateurs finaux ;
  • la gestion du changement : ne pas anticiper la gestion du changement conduit à l’échec du projet ECM. Il est important que les organisations planifient les opérations à mener pour faire face aux changements induits par le projet ECM. Dans le cadre d’une stratégie de gestion du changement efficace, les organisations doivent impliquer les utilisateurs dès le début, au stade de la planification du projet. Il est souhaitable de faire un plan de communication qui fera état de toutes leurs peurs, des objectifs du projet et des bénéfices au quotidien. Il s’agit d’impliquer le personnel en lui démontrant comment ces changements vont améliorer l’environnement de travail. Des réunions régulières et planifiées avec les intervenants, des sessions d’échanges, des tables rondes sur les usages… sont autant de mesures à intégrer dans une stratégie de gestion du changement réussie ;
  • la gouvernance de l’information : également évoquée par Gartner comme les « outils d’évaluation de contenu », elle est la façon dont une organisation gère et contrôle son information. Parce que le contenu doit être exploitable, classé et structuré, les organisations doivent mettre en place une bonne gouvernance de l’information au sein de leur SI. En parallèle, l’information doit être éliminée d’une manière logique afin de réduire le coût et la difficulté de sa gestion quand elle n’a pas plus de valeur. Décider quelle information doit être conservée et celle qui doit être éliminée est un processus complexe. La gestion des risques, le respect de la réglementation, le contrôle des mails, l’e-discovery… sont autant de raisons pour lesquelles une initiative ECM couronnée de succès repose sur une bonne stratégie de gouvernance de contenu. Les organisations doivent donc mettre en place un ensemble de règles et de procédures qui contrôlent la façon dont leur information sera gérée tout au long de son cycle de vie.

Au delà de ces éléments, d’autres facteurs sont également identifiés comme le choix des bons outils, la mise en œuvre de projets pilotes, la création d’un centre de compétences ECM, le choix d’une stratégie d’entreprise …. Autant de sujets qu’il convient de ne pas perdre de vue.

Ziad Wakim, Vice-Président de Solutions Ever Team 

Quand le bon sens révolutionne le management de projets

Il faut un certain courage, une volonté tenace et une envie d’innover pour remettre en cause les règles établies et en bâtir de nouvelles, basées sur le bon sens et l’envie de trouver des réponses simples à l’apparente complexité des projets. La Chaîne Critique, tout droit venue de la Théorie des Contraintes, répond à cette démarche et devient la pratique de tous ceux qui révolutionnent l’exécution des projets pour mieux respecter leurs challenges de performances, de coûts et de délais.

À travers les trois règles socles de la Chaîne Critique, il apparaît aussi que mettre du bon sens est parfois plus ardu que prévu, surtout lorsque ce même bon sens se heurte à des croyances bien ancrées, à des habitudes parfois documentées au titre de « best practices », ou à des comportements humains naturels mais qui restent de vrais pièges.

Règle 1 : adapter l’encours de projets à la capacité de l’organisation

Imaginez un bouchon sur une autoroute ; il apparaît assez logique que pour résoudre le bouchon et améliorer le flux des voitures, les bretelles d’accès à cette autoroute soient contrôlées : plus il y a de voitures qui rejoignent l’autoroute déjà congestionnée, plus difficile et long sera un retour à la normale. Inversement, s’il est possible de réguler les accès en les adaptant à la « capacité » de l’autoroute à drainer le flux de circulation, il sera alors plus aisé et rapide de résorber le bouchon. Il en est de même des projets : si ces derniers sont lancés sans tenir compte de la capacité des organisations à les exécuter, il est fort possible qu’ils n’avanceront pas comme prévu et le portefeuille de projets va subir de nombreux retards. Ce retard étant vécu comme une fatalité, nombreux sont ceux qui décident alors de commencer leurs projets au plus tôt et donc d’ajouter dès que possible d’autres projets à une machine qui n’arrive déjà pas à faire face…

La Chaîne Critique apporte ici sa première contribution essentielle : adapter l’encours de projets à la capacité de l’organisation à faire ces projets. Cette capacité est en particulier déterminée par une « contrainte », c’est-à-dire parmi tous les contributeurs aux projets, une équipe métier, une compétence, une étape souvent commune à tous les projets qui va rythmer à elle-seule le flux global des projets. Cette première règle pleine de bon sens reste néanmoins compliquée à mettre en pratique, tant il est difficile de résister à « l’envie » de lancer immédiatement de nouveaux projets ; pas simple non plus d’admettre l’existence d’une contrainte et de l’identifier comme telle dans des organisations où la grande majorité des équipes se disent surchargées et où il est de rigueur de tout faire pour charger celles qui ne le seraient pas encore…

Règle 2 : mutualiser toutes les sécurités affectées à chaque tâche

Autre règle de bon sens allant à l’encontre de ce qui se pratique sur le terrain : si l’on veut finir un projet à l’heure, malgré les aléas inévitables, il faut prévoir de la sécurité pour ce projet. Or, on constate que d’une manière quasi systématique, la sécurité n’est pas prévue pour le projet dans son ensemble mais bien plutôt pour chacune des tâches ou étapes le constituant. Ceci découle directement de la demande faite aux acteurs projets de s’engager sur une estimation de délai associée à leurs tâches. S’engager, c’est mettre en jeu sa légitimité, sa compétence, la confiance accordée. Lorsque cela n’est pas fait à la légère, l’estimation, parce qu’elle a valeur d’engagement, doit être la plus fiable possible. Et comment rendre fiable une durée susceptible d’être impactée par l’aléa ? En intégrant autant de sécurité que possible. C’est donc bien au niveau de chacune des tâches qu’une marge est prise, ceci pour garantir que chaque tâche ait une forte probabilité de finir à l’heure. Et pourtant, finir un projet à l’heure n’impose pas que chaque tâche le soit ! D’autant plus que la sécurité prise au niveau de la tâche ne profite pas au projet : soit elle est « consommée » car l’aléa redouté est survenu, soit elle est gaspillée car les comportements humains naturels poussent à ne pas rendre en avance une copie terminée (loi de Parkinson), ou à ne pas commencer tout de suite un sujet pour lequel il existe du temps pour l’imprévu (syndrome de l’étudiant). Ainsi, les sécurités gaspillées sur les tâches n’arrivent jamais à protéger l’ensemble du projet.

La Chaîne Critique apporte donc sa deuxième contribution en phase de planification : il faut mutualiser toutes les sécurités usuellement affectées à chaque tâche pour constituer une protection conséquente, visible et partagée au niveau du projet. Cette protection (appelée « buffer ») est là pour couvrir les aléas, sa gestion au niveau du projet permet d’éviter son gaspillage et incite à commencer à travailler sur les tâches au bon moment et à prévenir dès qu’une tâche est terminée.

Règle 3 : élaborer un indicateur, visible de tous, pour cadencer l’ensemble des tâches

La troisième règle qui structure la Chaîne Critique permet d’optimiser l’exécution des projets : il s’agit ici de mettre de la logique dans l’ordonnancement et les priorités des tâches. Pour cela éviter les ordres et contre-ordres, les priorités du jour contredites par celles du lendemain, les urgences sans arrêt revisitées… Un indicateur objectif et non discutable, visible de tous et pragmatique, permet de cadencer l’ensemble des tâches d’un portefeuille de projet. Cet indicateur fournit l’état d’avancement réel d’un projet en calculant le pourcentage de buffer consommé au regard de l’avancement de la Chaîne Critique (la chaîne la plus longue d’un projet basée sur le lien fonctionnel – chemin critique – et sur la capacité des ressources)  du projet. Ainsi, la « santé » d’un projet et des tâches le constituant devient directement lisible à travers la valeur de l’indicateur. Si un arbitrage est nécessaire dans l’allocation des ressources, il est alors simple et logique d’affecter prioritairement les ressources aux projets les moins « en forme ».

Un autre intérêt indéniable de la Chaîne Critique est de focaliser l’attention du chef de projet sur l’essentiel : l’exécution de la Chaîne Critique. Ce n’est pas en comptabilisant le nombre de tâches effectuées, les heures consommées ou les dépenses engagées qu’il est possible de déterminer l’avancement d’un projet. C’est plutôt en mesurant le chemin parcouru au regard du chemin total (pourcentage d’avancement de la Chaîne Critique au regard de la durée de la Chaîne Critique) que l’on peut jauger le progrès.

Cela revient à dire que pour un voyage Paris-Strasbourg de 450 kilomètres, compter les kilomètres parcourus ne renseigne pas nécessairement de ceux restant à parcourir, encore moins lorsque l’itinéraire effectivement retenu n’est pas le plus direct. Il faut se rendre à l’évidence : les détours, déviations et voies parallèles, même s’ils existent, nécessaires ou imposés, ne réduisent pas le trajet principal.

La mise en place de la Chaîne Critique a permis de réaliser des gains exceptionnels, y compris dans des secteurs très innovants comme ceux de l’électronique : une réduction avérée de 40 % des temps de cycle des projets par exemple autorise l’organisation qui a implémenté la Chaîne Critique à développer plus de projets avec la même capacité. Par ailleurs, la possibilité d’être à l’heure dans ses développements est un facteur clef du « time to market » et représente, au-delà des diminutions des coûts, les retards étant systématiquement liés à des dépassements importants de budgets, une opportunité d’engendrer des revenus plus vite sur des marchés compétitifs.

Isabelle Icord, co-fondatrice et directrice associée de ProCC Conseil et Philip Marris, fondateur et Directeur Général de Marris Consulting

 

    

 

« L’état des piscines contenant les combustibles usés est devenu le point le plus préoccupant »

Techniques de l’ingénieur : Quels types de réacteurs sont concernés par les évènements tragiques au Japon ?

Il s’agit de réacteurs de type BWR (Boiling Water Reactor), soit « à eau bouillante ». En bas de la cuve du réacteur, on injecte de l’eau. Elle remonte le long des gaines des crayons de combustible. Cette eau est échauffée surtout par transfert thermique au contact des crayons et un peu par collision des neutrons qu’elle ralentit. Elle se chauffe donc en même temps qu’elle refroidit les crayons et modère le réacteur. Dans la partie supérieure de la cuve, au-dessus des assemblages de combustible, elle devient gazeuse (ébullition). Cette vapeur sort ensuite du bâtiment de confinement, passe dans les turbines, puis dans un condenseur avant d’être réinjectée sous forme liquide dans la cuve.

Quelle est la différence avec les réacteurs français ?

Un réacteur bouillant fonctionne dans une gamme de températures similaire et à une pression plus basse que celles des réacteurs français. Ceux-ci sont tous des réacteurs de type PWR (Pressurized Water Reactor) soit « à eau pressurisée ». Dans le monde, la filière PWR représente approximativement 60 % des réacteurs en fonctionnement, les BWR presque tout le reste.

La filière PWR se distingue donc de la filière BWR par le fait que l’eau « primaire », c’est-à-dire l’eau qui passe au contact des crayons de combustible, est maintenue sous forte pression et ne devient jamais gazeuse. Par ailleurs, elle ne quitte jamais l’enceinte de confinement du réacteur.

L’eau sortant de la cuve du réacteur, traverse dans une tubulure un dispositif échangeur de chaleur (le générateur de vapeur) placé lui-aussi dans l’enceinte de confinement du réacteur. De l’autre coté de la tubulure passe à contre-courant l’eau d’un circuit dit « secondaire ». Celle-ci s’échauffe puis se vaporise. C’est cette vapeur qui part dans des turbines puis, après condensation au contact d’une source d’eau froide, est renvoyée dans le générateur de vapeur

 » La fusion des réacteurs n’est plus aujourd’hui le point le plus préoccuant, surtout depuis que l’autorité de sûreté japonaise a autorisé l’injection d’eau de mer et qu’on incorpore à celli-ci du Bore, un élément qui étouffe les fissions. » Hubert Flocard

Quel est le danger spécifique de ces réacteurs ?

Il n’est pas fondamentalement différent pour les BWR et les PWR. Le problème n’est pas lié à l’emballement des réacteurs, car une propriété de l’eau fait que plus la température augmente, plus la réactivité du réacteur baisse. Les réacteurs de Fukushima, comme les réacteurs français, sont des réacteurs intrinsèquement stables. Ceci les distingue en particulier du réacteur de Tchernobyl qui lui était instable.

La  phase de fonctionnement la plus sensible des systèmes PWR et BWR, très bien connue des ingénieurs, est au contraire mal perçue par le public. Elle tient à l’évacuation de la chaleur résiduelle lorsque le réacteur vient juste d’être arrêté. Cette phase s’étale ensuite sur plusieurs semaines.

L’évacuation de la chaleur résiduelle nécessite de faire tourner de l’eau pour refroidir les assemblages de combustibles dans la cuve. Ceux-ci sont chauffés par l’intense radioactivité des produits de fission, alors même que les réactions en chaîne sont stoppées. En état de fonctionnement, un réacteur dont la puissance électrique est de 1 gigawatt (GW) – les réacteurs 1, 2, 3 et 4 de Fukushima sont plus petits –  développe une puissance thermique voisine de 3 GW. Lorsqu’on arrête les réactions en chaîne, au bout de peu de temps, la puissance thermique dans la cuve tombe à une dizaine, quinzaine de mégawatts (MW), soit 200 à 300 fois moins. Les dégagements de chaleur restent néanmoins très importants.

En cas d’arrêt en conditions normales ou incidentelle, il n’y a pas de problème particulier. Soit, le réseau électrique externe permet de faire tourner les pompes d’un circuit de refroidissement, soit, si la connexion au réseau électrique est interrompue, on fait appel à des diesels de secours pour alimenter les pompes.

Dans le cas des réacteurs Fukushima 1, 2 et 3 qui étaient en fonctionnement, le tremblement de terre, mais surtout le tsunami, ont rendu ces deux dispositifs de secours indisponibles en même temps. Le refroidissement du cœur du réacteur n’étant plus assuré, température et pression montent. Il faut  relâcher de la vapeur de la cuve vers des bacs de décompression prévus à cet effet. Le niveau de l’eau dans la cuve baisse. Graduellement, les barres de combustible se découvrent alors qu’elles devraient toujours rester immergées sous eau. C’est ce qu’on appelle le « dénoyage ».

Les crayons de combustible se dégradent et laissent sortir des produits de fission dans la cuve. De plus, la pression monte alors dans les bacs de décompression qui ne sont pas prévus pour fonctionner à un tel régime. Au bout d’un certain temps, pour faire baisser cette pression, l’opérateur relâche de la vapeur d’eau mélangée à des gaz (dont de l’hydrogène et des gaz radioactifs) hors du bâtiment de confinement dans le bâtiment réacteur et de façon ultime dans l’atmosphère.

Y’a-t-il un risque que les cœurs de réacteur entrent en fusion ?

Cela dépend de ce qu’on entend par « fusion ». Si la température augmente trop, les enveloppes métalliques des crayons, qui sont généralement faites dans un alliage à base de zirconium, peuvent se fendre. Il se crée ainsi un contact, qui n’a jamais lieu en fonctionnement normal, entre le combustible et l’eau, entrainant des produits de fission, très mobiles.

Quand les barreaux de combustibles sont partiellement hors d’eau et hors refroidissement, leur température interne qui dépasse 1 000°C au centre du crayon, conduit à une dégradation ou une destruction de la gaine métallique qui peut alors fondre. Elle peut aussi s’oxyder par réduction chimique de l’eau à haute température libérant alors de l’hydrogène. Tant que celui-ci reste dans la cuve, où il n’y pas d’oxygène, il n’est pas particulièrement dangereux. Par contre, une fois relâché du bâtiment de confinement vers le bâtiment réacteur où il s’accumule en présence de l’oxygène de l’air, on obtient un mélange explosif. C’est l’explosion de cet hydrogène qui a détruit les bardages des bâtiments de trois réacteurs.

Au sein de la cuve, le terme « fusion » correspond plutôt à une dégradation irréversible des crayons (tout ou partie) et l’accumulation du combustible issu des crayons endommagés au fond de la cuve. C’est le « corium »

Est-il possible que le corium perce la cuve et passe ensuite dans le sol ?

La cuve en acier et le béton sont là pour faire barrage. C’est ce qui est arrivé lors de l’accident de Three Mile Island (1979). La cuve a résisté. Sans être impossible, le scénario dit du « syndrome chinois » n’est donc pas le plus probable.

À mon avis, la fusion des réacteurs n’est plus aujourd’hui le point le plus préoccupant, surtout depuis que l’autorité de sûreté japonaise a autorisé l’injection d’eau de mer et qu’on incorpore à celle-ci du Bore, un élément qui étouffe les fissions.

Quel est le point le plus inquiétant selon vous ?

Ce sont les piscines et les combustibles usés. Même si la puissance ici est encore plus faible que dans les cuves (sur le premier réacteur, on parle de 0,3 MW à évacuer, sur le quatrième, 3 MW), elle est loin d’être négligeable. Sans circulation de refroidissement, elle fera bouillir l’eau. Le danger vient alors de ce que les combustibles usés, qui ne sont pas confinés dans un bâtiment dédié, se retrouvent au contact de l’air après évaporation de l’eau des piscines, puis se dégradent et relâchent des produits radioactifs. Dans la configuration de Fukushima, les piscines sont placées en haut du bâtiment du réacteur. Elles peuvent avoir été endommagées par les explosions hydrogène et ne plus être étanches.

La comparaison avec Tchernobyl est-elle fondée ?

Si l’on base la comparaison sur le scénario de déroulement de l’accident, la réponse est non, car les causes et le déroulement sont totalement différents. Si par contre on se réfère au niveau de pollution radioactive qui pourrait s’ensuivre, dans l’hypothèse la plus pessimiste en particulier au niveau des piscines, il y aurait effectivement similitude.

Comme pour Tchernobyl, cela va donner lieu à une zone de no man’s land…

Bien sûr. Toutefois les questions qui restent sont d’une part son extension et d’autre part sa durée. Ils dépendront des quantités et de la nature des produits relâchés ainsi que de la météorologie. La zone d’interdiction de Tchernobyl a été définie selon le panache radioactif lui-même piloté par la direction et la force des vents. S’il y a des relâchements, ce sera la même chose pour Fukushima. Actuellement, la radioactivité n’est très dangereuse que sur le site de la centrale. Dans tous les cas, il semble que les relâchements consisteront surtout en produits de fission (pas d’uranium ni de plutonium).

La pollution de long terme sera alors définie par la distribution de l’isotope Césium 137 qui a une période radioactive de l’ordre de trente ans. Tous les autres produits de fission comme l’iode 131 ont des périodes radioactives de l’ordre de la  journée. Cela veut dire aussi qu’à nombre de noyaux égaux, leur activité est plus forte. Le danger qu’ils portent est plus bref mais aussi plus fort ; un peu comme une chandelle qui brille beaucoup, s’épuise plus vite. Il faut protéger les populations dès les premiers jours (déplacements, pastilles d’iodes). Le Césium 137 sera moins actif mais restera un problème pour plus longtemps.

 

Propos recueillis par Carole Hamon

 

Déjà publié :

Centrale nucléaire de Fukushima : Le point

Accident nucléaire de Fukushima : Causes et conséquences

Un toit suspendu de 43 000 m2 en polycarbonate

Le championnat de l’UEFA 2012 est le plus grand événement au monde dans le domaine du football, après la Coupe du Monde. Il aura lieu en Pologne et en Ukraine du 8 juin au 1er juillet 2012. « Les stades sont souvent des édifices représentatifs pour une ville ou un pays, et les architectes s’efforcent de créer de nouvelles formes uniques, notamment de gigantesques toits aux courbures de vitrage spectaculaires », déclare Lennard Markestein, directeur marketing mondial Specialty Film & Sheet à SABIC Innovative Plastics. « L’envergure massive de ces toits, leur exposition au vent et aux intempéries, et la tendance globale à l’augmentation des charges climatiques pour les grandes structures nécessitent des matériaux de vitrage légers et adaptés », poursuit-il.

Pour cet événement, la Pologne n’a pas failli à la règle en décidant de couvrir le stade Slaski, à Chorzów, avec un toit suspendu de 43 000 m2. Pour sa capacité de résistance aux vents et aux charges de neige élevées typiques de la région, la nouvelle plaque en polycarbonate alvéolaire Lexan Thermoclear ultra-rigide de SABIC Innovative Plastics a été retenue. Ce matériau à structure en X et à trois parois de 25 millimètres protégera des éléments jusqu’à 55 200 spectateurs du stade Slaski, tout en permettant à la lumière naturelle d’inonder le stade.

Réalisée par Thermoserr Poland, le toit ovale suspendu du stade a utilisé des plaques Lexan Thermoclear d’une largeur de 1 500 millimètres. Malgré sa taille démesurée, le toit est léger et offre ainsi une plus grande liberté de conception (par exemple, le cintrage à froid est possible) et une simplification de l’installation par rapport au verre. « Cette nouvelle plaque Lexan a largement surpassé mes attentes », affirme Aldo Zamuner, Directeur Général de Thermoserr Poland. « Pour ma part, je pense que la plaque Lexan Thermoclear ultra-rigide est inégalée dans l’industrie », ajoute-t-il.

La plaque Lexan Thermoclear ultra-rigide résiste à des pressions en termes de vent et de charge de neige allant jusqu’à 2 200 N/m2, ce qui équivaut à des vitesses de vent de près de 200 km/h. Elle est jusqu’à 250 fois plus résistante que le verre, ce qui réduit le risque de casse due au vent, à la grêle et à d’autres conditions météorologiques extrêmes, ainsi que le vandalisme. La configuration à parois multiples du produit lui confère une excellente isolation thermique. Ces propriétés vitales garantissent que les spectateurs seront abrités des intempéries, tandis que les équipes sur le terrain seront moins soumises aux rafales de vent susceptibles d’interférer sur le jeu.

Résistant au feu conformément à la norme européenne EN 13501-1 relative à la sécurité, la plaque Lexan Thermoclear est dotée d’un revêtement résistant aux ultraviolets (UV) sur les deux faces en vue de protéger les spectateurs des rayonnements solaires et de prévenir également le jaunissement du polycarbonate.  

Géothermie et biomasse : des sources d’énergie pour l’humanité

La Terre nourrit et fournit aussi son énergie. La chaleur du noyau central du globe se diffuse à travers les roches, réchauffe les nappes phréatiques, s’immisce dans les fractures des couches géologiques. Les volcans sont des points d’accès privilégiés pour capter cette chaleur, tout comme les geysers, les fumerolles, les sources chaudes qui sont autant d’exutoires pour cette formidable énergie. Des villes entières s’y réchauffent, des turbines convertissent cette chaleur en électricité, des serres agricoles en profitent pour produire en toute saison.

La Terre est aussi le siège d’une incroyable usine chimique, la plus ancienne du globe avec ses 3,5 milliards d’années : la photosynthèse. Avec la seule énergie du Soleil, les plantes oxydent l’eau et transforment le carbone de l’air en sucres. C’est à partir de cette transformation que se développe la biomasse. Grandes cultures, déchets agricoles, rejets d’élevages sont autant de gisements pouvant être transformés en énergie renouvelable, non émettrice de gaz à effet de serre, pourvoyeuse de produits chimiques non toxiques, de carburant, de chaleur et d’électricité.

Rédigé sous la direction scientifique de Jean-Louis Bal, directeur productions et énergies durables à l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), l’ouvrage « L’énergie de la Terre » écrit par Loïc Chauveau, publié par l’ADEME et les éditions Le Cherche midi, présente les multiples facettes de ces sources d’énergie renouvelable. Des gisements qui sont loin d’avoir fourni toutes leurs ressources et dont les capacités de production sont immenses, susceptibles de répondre aux besoins d’une humanité forte de 9 milliards d’habitants. L’avenir énergétique est là, sous nos pieds et à la surface des feuilles. L’ADEME, pour sa part, suit de près les progrès technologiques et s’attache à dessiner un potentiel national, en tenant compte de toutes les contraintes. 

Précédé par L’énergie de l’eau (2009), L’énergie du Soleil (2008) et L’énergie du Vent (2007), cet ouvrage est le quatrième d’une série qui traite des énergies renouvelables. 

Dix ans d’avance sur la réglementation pour un bâtiment ultra-basse consommation

Spécialiste de la conception de bâtiments en bois, Steffen Holzbau a, avec Sanichaufer (Luxembourg), et l’entrepreneur GIGA-Automation (Allemagne),  planifié et construit un bâtimentavant-gardiste constitué d’une clinique de physiothérapie et de musculation médicale, et des bureaux du constructeur.

Le bâtiment est conforme à la norme Passivhaus, le standard européen de maison passive, pour l’efficacité énergétique, avec un impact écologique minimum. Les zones cliniques et administratives ont chacune été optimisées pour une consommation d’énergie très basse, grâce à plusieurs types de chauffage et de climatisation. Deux systèmes de ventilation centraux fournissent de l’air stérilisé aux deux zones. Les systèmes de climatisation et de chauffage font appel à des convecteurs spéciaux intégrés aux planchers et débouchant devant les fenêtres.

La ventilation est équipée de systèmes efficaces de recyclage de chaleur et de climatisation adiabatique. Environ 50m2 de panneaux solaires sont présents sur le toit pour la production d’eau chaude et l´appoint au chauffage. En plus du système de chauffage central solaire (140kW) la ventilation et le chauffage de la piscine sont assistés par des chaudières à granulés de bois (100kW).

Les mesures de 65 capteurs analysées en laboratoire

Partenaire certifié de PcVue Solutions, GIGA-Automation qui fournit des systèmes IBMS (Integrated Building Management Systems, ou systèmes intégrés de gestion d’immeubles) en Allemagne et au Luxembourg, a développé, selon un cahier des charges rigoureux, le réseau BACnet, nécessaire au pilotage des équipements de régulation. Il comprend PcVue pour le poste de travail opérateur et le système de contrôle, des modules DDC de SAIA Burgess avec transmission BACnet native, et un système de contrôle Menerga pour la piscine et les équipements de thérapie.

PcVue 9.0 combine les données provenant de ces systèmes et de 65 capteurs situés en divers points de la façade, du toit et de la surface externe du bâtiment, pour mesurer la température et, dans certains cas, l’humidité. Les résultats sont envoyés à un laboratoire pour étudier l’influence des conditions externes sur l’environnement interne, et ainsi permettre d’optimiser la performance énergétique de l’immeuble.

Pour un contrôle complet des zones cliniques et des zones de bureau, le processus d’importation de fichiers EDE de BACnet, renseigne automatiquement la base de données PcVue (2 000 points d’E/S BACnet en tout). Le projet inclut également une programmation horaire BACnet pour le chauffage de la piscine. Les données historiques sont archivées à l’aide de Microsoft SQL Server 2008. Quant au reporting, il est assuré par SQL Server 2008 Reporting Services (SRSS) pour permettre l’échange de données avec des institutions scientifiques, notamment sous forme d’exportation de feuilles de calcul pour l’analyse énergétique.

Le standard Passivhaus, accordé aux logements dont les besoins en chauffage sont inférieurs à 15kWh/m2/an et à 120kWh/m2/an en énergie primaire (chauffage, la ventilation, l’éclairage, l’eau chaude sanitaire, les auxiliaires et les équipements électro-domestiques) devrait inspirer la règlementation technique de la RT2020. Résultat, ce bâtiment et son système de contrôle-commande est en avance de 10 ans sur son temps !

 

Pourquoi la France ne sera pas l’industrie photovoltaïque de demain

En 1946, EDF est nationalisée. L’Assemblée Nationale vote la loi de nationalisation du secteur de l’énergie. Le transport et la distribution de l’électricité deviennent publics.

Dans ce sillage, nombre de sociétés électriques sont devenues de grandes entreprises comme  Merlin Gerin ou Schneider Electric mais aussi de grands groupes de distribution électrique, tels Rexel ou Sonepar. Tous ces groupes sont aujourd’hui des leaders mondiaux de l’électricité. Sans la puissance publique qui a initié ce mouvement, ces groupes n’existeraient pas.

En  1963, EDF produit pour la première fois de l’électricité nucléaire. EDF met en service la centrale de Chinon, qui est la première centrale nucléaire exploitée sur le territoire français par EDF.

Il y a 50 ans, le 1er décembre 1958, plusieurs sociétés des groupes Schneider, Merlin-Guérin et Westinghouse créent Framatome qui nait donc d’un pari technologique (avec 4 personnes). Framatome va progressivement se développer en une société d’ingénierie nucléaire puis en société reconnue  mondialement pour ses réalisations.
Sa première commande date de septembre1961. Se profile alors un réel défi industriel que très peu de personnes croyaient Framatome capable de relever. Framatome et Creusot Loire avaient basé leurs prévisions les plus optimistes sur la construction d’une ou deux centrales par an et s’étaient équipés en conséquence, mais EDF demande en 1973 de quadrupler le nombre de centrales fournies annuellement. Ceci va entrainer un formidable pari.

Une évolution exemplaire à partir d’un pari technologique osé amènera donc un bureau d’ingénierie de taille très modeste à un groupe international renommé. En 35 ans, plus de 70 réacteurs seront mis en service. Framatome passe de 25 personnes en 1969 à 5000 en 1982.
Cette épopée extraordinaire fut le fruit d’un fabuleux effort commun. Les dirigeants d’EDF acceptèrent de déléguer le lotissement de la chaudière à l’industriel devenu partenaire. Enfin, il faut souligner le soutien sans faille des pouvoirs publics.
Citons les propos d’un dirigeant d’EDF qui écrivait : « Il a fallu courir les 24h du Mans en prenant le départ en 2CV pour finir dans la même voiture transformée en Ferrari pendant l’épreuve ». « Il faut méditer l’exemple de Framatome. Aujourd’hui, la gestion se limite au possible, la dimension de la conquête semble avoir disparu. Il y a 20 ans, des hommes se sont concentrés sur un immense effort commun pour rendre possible ce qui était souhaitable. »*

L’avenir n’est plus au nucléaire mais bien aux énergies renouvelables. Nous en sommes exactement au même point qu’en 1946 ou en 1963, sauf qu’il s’agit aujourd’hui des énergies renouvelables. Une filière des énergies renouvelables peut émerger. Elle peut devenir, dans 10 ou 15 ans, une référence mondiale. Mais pour cela, il faut le soutien sans faille des pouvoirs publics. Le pari engagé, il y a 50 ans pour le nucléaire, doit aujourd’hui être engagé pour les énergies renouvelables.

La stratégie des dirigeants d’EDF, aujourd’hui, n’est pas de partager cet effort, ni d’être une locomotive industrielle, mais bien de s’arroger tous les fruits que peuvent porter les énergies renouvelables. En faisant cela, EDF prive la France d’un secteur photovoltaïque de premier ordre.

EDF a choisi de sacrifier des milliers d’emplois d’installateurs photovoltaïques  ainsi que l’industrie naissante pour conserver sa position dominante et par peur de la concurrence. Le gouvernement par ses différents choix cautionne cette stratégie.  La catastrophe du Japon prouve l’aveuglement de nos dirigeants qui misent sur le tout nucléaire, sous-estimant les dangers potentiels, mais bien réels d’une telle stratégie.

Par Francis Hildenbrand

 

* (Source extraite du forum Les Echos)

 

DEJA PUBLIE

 

Photovoltaïque français : l’après moratoire en question

Exemple d’informatisation réussie de la gestion des flux logistique

Pour Eden Park qui commercialise une collection de vêtements homme, femme et enfant haut de gamme ainsi qu’une collection Homeline pour la décoration de la maison, l’ensemble des flux fournisseurs en réception entrepôt représente un volume annuel de 1,4 million de pièces, soit 60 000 colis, et de l’ordre de 15 000 housses pour le suspendu. La réception des marchandises se fait dans deux entrepôts, dont le site externalisé C-Log. De là, partent les expéditions vers les différents points de vente (magasins propres, franchises, multimarques et distributeurs internationaux).

Eden Park souhaitait disposer d’une solution lui permettant de structurer les données, de standardiser l’information et les méthodes de travail, et de centraliser les informations relatives à la gestion des ordres d’achat dans une seule et unique base de données. La Direction recherchait également une solution complémentaire au système d’information ERP, qui génère des gains de productivité en couvrant des besoins avérés et améliore la qualité des processus organisationnels.

Le progiciel de gestion des flux logistiques e-SCM de l’éditeur Belharra, une SSII spécialisée en informatique décisionnelle et dans les développements applicatifs utilisant les nouvelles technologies, a été retenu pour plusieurs raisons :

  • l’adhésion des utilisateurs : dès la présentation de la maquette, les acheteurs ont rapidement adhéré au projet car e-SCM s’est avéré en totale adéquation avec leur métier et leurs processus de travail ;
  • sa facilité d’implémentation et d’intégration dans le système d’information existant d’Eden Park, notamment l’ERP ;
  • sa rapidité de mise en œuvre : 6 mois seulement ont été nécessaires entre la maquette présentée en mai et le démarrage opérationnel en octobre 2010.

Une formation en 5 jours

Le projet a démarré par la conception d’une maquette de la solution, permettant de valider l’adéquation de la solution avec les objectifs et les enjeux du projet. Les données d’une collection ont été injectées dans la maquette qui a été présentée aux utilisateurs en mai 2010 et a obtenu leur aval.

Lors de l’installation, les acheteurs ont suivi une formation de 5 jours pour l’ensemble des fonctionnalités leur permettant de prendre en main rapidement l’e-SCM. A leur tour, ils ont formé les fournisseurs basés dans le monde entier. Ces derniers ont unanimement appréciés l’ergonomie de la solution. Actuellement, une centaine de personnes utilisent actuellement e-SCM dans une douzaine de pays dont  la Chine, la France (siège d’Eden Park), l’Indonésie, Hong Kong, la Lituanie, le Maroc, le Pérou, le Portugal, la Roumanie … Les utilisateurs sont les acheteurs, le service logistique, le service qualité, l’entrepôt et la Direction pour Eden Park, et dans le monde entier : les fournisseurs et les transitaires.

Un premier bilan positif

Six mois après la phase de démarrage, Anne Vallier, Directrice Achat Logistique, fait, ci-dessous, le point sur cette utilisation et les bénéfices retirés.

Depuis le démarrage d’e-SCM en octobre 2010, la solution a été adoptée par l’ensemble des utilisateurs en interne. Parmi les utilisateurs externes, quelques fournisseurs et transitaires ont encore quelques efforts à produire pour abandonner leurs anciennes méthodes de travail au profit d’e-SCM.

La collection complète Printemps/Eté 2011 vient d’être gérée avec l’e-SCM qui permet la centralisation des informations pour tous les acteurs de la chaîne logistique dans une seule et même base de données. Les utilisateurs perdent moins de temps à rechercher des informations qui précédemment étaient dispersées dans plusieurs fichiers, dossiers ou emails. Ils peuvent consulter tout l’historique d’un dossier et disposer ainsi d’une très bonne traçabilité des informations. Ils partagent l’ensemble des dossiers, ce qui permet à chacun d’être rapidement informé et de permuter sur les dossiers en cas d’absence d’un collègue, par exemple.

L’un des apports opérationnels de la solution e-SCM est la normalisation des procédures, ainsi que l’harmonisation des documents et des étiquettes colis.

Un véritable avantage sur la concurrence

Autre avantage : e-SCM étant une solution full web accessible grâce à un simple accès Internet, les utilisateurs peuvent se connecter dans le monde entier et accéder à des données fiables, mises à jour en temps réel. De plus, grâce à l’ergonomie des écrans, la recherche d’informations est facile et très rapide. Quant à la direction d’Eden Park, elle constate des gains opérationnels en organisation, en productivité, et un reporting efficace qui sera amélioré dans la prochaine version grâce aux outils décisionnels qui y seront intégrés.

Anne Vallier qualifie la solution d’opérationnelle, car ses fonctionnalités sont en totale adéquation avec son métier, de professionnelle, car les processus sont bien structurés et normalisés, de conviviale, grâce à l’ergonomie de ses écrans, et de synthétique et complète à la fois.  

Centrale nucléaire de Fukushima : Le point

Le séisme qui s’est produit vendredi dernier a dévasté une grande partie du Nord de l’archipel nippon. Ce tremblement de terre, de magnitude 9, a touché plusieurs centrales nucléaires. Selon les dernières informations disponibles, seule la centrale de Fukushima Daiichi I a subi des dommages graves. Les réacteurs des autres centrales japonaises ont pu être arrêtés ou refroidi de manière à les sécuriser.

Cependant, l’accident de la centrale de Fukushima Daiichi I, lui, prend une ampleur mondiale. Depuis deux jours, les prévisions sont de plus en plus pessimistes. Las autorités françaises évoquaient mercredi un « scénario du pire » avec des conséquences plus importantes que l’accident de Tchernobyl . Ce matin, quatre réacteurs sont toujours hors de contrôle, alors que les secours ont entrepris des manœuvres spectaculaires (largage d’eau par hélicoptère) pour tenter de refroidir les réacteurs. Aussi, la France a dépêché un avion transportant 95 tonnes de bore, élément permettant de ralentir le processus de fusion nucléaire des réacteurs.

Suite au tremblement de terre de vendredi dernier, les responsables de la centrale Fukushima Daiichi I stoppent immédiatement les réacteurs 1, 2, et 3. Mais les systèmes de refroidissement ainsi que les systèmes de secours, censés prendre le relais dans ce cas, ont été endommagés par le séisme et le tsunami. La conséquence directe est que l’énergie résiduelle du combustible n’est plus évacuée : ainsi, la température n’a depuis cessé d’augmenter, et a fait baisser le niveau d’eau, découvrant une partie du combustible. De là, la fusion, pour l’instant partielle, s’est enclenchée.

Dans les jours qui ont suivi, des explosions, dues à l’accumulation d’hydrogène, détruisent les structures externes de plusieurs réacteurs, sans que pour autant les enceintes de confinement ne soient endommagées.

De nouvelles explosions, notamment au niveau des réacteurs 2 et 4, remettent en cause la résistance des enceintes de confinement, surtout celle du réacteur 2, à propos de laquelle les autorités japonaises ont déclaré qu’elle n’était plus étanche.

Les réacteurs exploités dans la centrale de Fukushima Daiichi I sont des réacteurs à eau bouillante (REB). D’autre pays, comme les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne, la Suède, la Russie ou la Suisse utilisent ce type de réacteur. Il s’agit d’un réacteur à neutrons thermiques dans lequel le modérateur est l’eau ordinaire. (En savoir plus sur les réacteurs à eau bouillante).

Le point réacteur par réacteur

L’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), publie plusieurs fois par jour des comptes rendus de la situation. Ce matin, les informations sur les réacteurs de la centrale et les piscines de ces réacteurs sont les suivantes :

Réacteur 1

Il semble qu’il n’y ait pas d’ébullition au niveau de la piscine. En ce qui concerne la réacteur, la puissance à évacuer est relativement faible (0,3 MW). Selon l’exploitant, 70% du coeur du réacteur serait endommagé. L’injection d’eau de mer dans la cuve serait maintenue afin d’assurer le refroidissement du coeur qui reste cependant partiellement dénoyé. L’eau contenue dans la cuve se décharge dans l’enceinte de confinement via une soupape. L’enceinte de confinement est maintenue intègre. Des dépressurisations de l’enceinte de confinement sont réalisées. Chaque ouverture entraîne de nouveaux rejets de produits radioactifs dans l’environnement. La partie supérieure du bâtiment réacteur a été soufflée par une explosion. La salle de commande est très irradiante, limitant le temps de présence des intervenants.

Réacteur 2

Selon l’exploitant, 33% du coeur du réacteur serait endommagé. L’injection d’eau de mer dans la cuve est maintenue afin d’assurer le refroidissement du coeur qui est maintenant sous eau. L’enceinte de confinement est endommagée, toutefois il ne semble pas que l’étanchéité soit remise en cause (la pression à l’intérieur du bâtiment étant fluctuante). De ce fait, des dépressurisations de l’enceinte de confinement sont prévues. Chaque ouverture entraînera de nouveaux rejets de produits radioactifs dans l’environnement. La salle de commande est très irradiante, limitant le temps de présence des intervenants. Enfin, la piscine, il semble qu’il n’y ait pas d’ébullition.

Réacteur 3

Selon les calculs de l’IRSN, la piscine est passée en ébullition. Des largages d’eau par hélicoptères ont eu lieu vers 10h00 heure locale (02h00 heure de Paris le 17 mars). Environ 7,5 tonnes d’eau ont été lâchées à chaque passage mais une part importante de l’eau n’a probablement pas atteint sa cible. L’absence de panache de vapeur au-dessus du bâtiment laisse penser que l’opération a été efficace. Cependant, cela ne permet que de retarder très légèrement la dégradation de la situation. L’IRSN suspecte une perte d’étanchéité de la piscine.
Le cœur du réacteur, lui, est partiellement endommagé. L’injection d’eau de mer dans la cuve serait maintenue afin d’assurer le refroidissement du coeur qui reste cependant partiellement dénoyé. La vapeur produite dans la cuve au contact du combustible s’évacue dans l’enceinte de confinement qui semble toujours étanche. Des dépressurisations de l’enceinte de confinement sont réalisées. Chaque ouverture entraîne de nouveaux rejets de produits radioactifs dans l’environnement. La partie supérieure du bâtiment réacteur a été soufflée par une explosion. La salle de commande est très irradiante, limitant le temps de présence des intervenants.

Réacteur 4

La partie supérieure du bâtiment est endommagée. La salle de commande est très irradiante, limitant le temps de présence des intervenants. Comme pour le réacteur 3, la piscine est également passée en ébullition. La puissance à évacuer est élevée, environ 3 MW. Des largages d’eau par hélicoptères étaient prévus vers 10h00 heure locale (02h00 heure de Paris le 17 mars). Il semblerait que le survol par hélicoptère ait permis de constater que cette piscine contenait de l’eau. Ceci aurait conduit à un largage de deux poches supplémentaires d’eau sur la piscine du réacteur n°3. Cette information reste cependant sujette à caution.

Réacteur 5

La température de l’eau de cette piscine augmente lentement. Le niveau d’eau est contrôlé. L’IRSN n’a pas d’information sur la présence de combustible dans le cœur  du réacteur.

Réacteur 6

Cette piscine est refroidie suite à la mise en œuvre  de groupes électrogènes diesels supplémentaires. Le niveau d’eau est contrôlé. Comme pour le réacteur n°5, l’IRSN n’a pas d’information sur la présence de combustible dans le cœur  du réacteur.

Par P.T.

 

Déjà publié :

Accident nucléaire de Fukushima : Causes et conséquences

 

Accident nucléaire de Fukushima : Causes et conséquences

Un séisme de magnitude 9.0 !

Vendredi 11 mars, 14h46 (heure locale), la terre tremble au Japon. La magnitude du séisme, dont l’épicentre se trouve à 130 kilomètres au large de Sendai et à 370 kilomètres de la capitale, est de 9, ce qui en fait un séisme libérant 30 fois plus d’énergie et ayant une amplitude 10 fois supérieure à celle d’un séisme… de magnitude 8. C’est le plus gros séisme jamais enregistré au Japon depuis le début des prises de mesure… Ce tremblement de terre est suivi d’un tsunami dévastateur (une vague allant jusqu’à 10 mètres de haut par endroit), et de son habituelle cohorte de répliques. Des localités entières, pourtant construites aux normes anti-sismiques, sont rayées de la carte, le bilan humain faisant état pour le moment de plus de 5 100 morts, 8 000 disparus et 2 000 blessés, mais il est probable qu’il avoisine ou dépasse les 20 000 victimes… alors même que nous prenons tout juste la mesure d’une « situation » nucléaire préoccupante, en passe de devenir catastrophique. Certains experts évoquant d’ores et déjà les accidents de Tchernobyl et de Three Mile Island à titre de comparaison, alors qu’aucun élément ne permet pour l’instant d’accréditer ces analogies.

Fukushima Daiichi, Fukushima Daini

Les centrales nucléaires de Fukuchima Daiichi et de Fukuchima Daini (distantes l’une de l’autre d’une douzaine de kms) sont deux centrales nucléaires qui se trouvent sur l’île d’Honshu, au bord de l’océan Pacifique. La centrale de Fukushima Daiichi (n°1, en japonais) est constituée de six Réacteurs à Eau Bouillante (REB) construits entre 1970 et 1979, celle de Fukushima Daini (n°2 en japonais) est elle constituée de quatre REBs, vieux d’un peu moins d’une trentaine d’années. Elles sont toutes les deux exploitées par la TEPCO (la Compagnie d’électricité de Tokyo).

Ces deux centrales ont plutôt bien résisté au séisme, et se sont arrêtées automatiquement. Le tsunami qui a suivi, par contre, a gravement endommagé l’alimentation électrique des systèmes de refroidissement ainsi que les systèmes de secours (des générateurs au fuel), censés prendre le relais en cas de panne majeure. Cette impossibilité de refroidir correctement les réacteurs est le point de départ de l’accident nucléaire majeur que nous sommes en train de vivre.

Un réacteur nucléaire à eau bouillante (REB)

A l’intérieur d’un REB, le combustible est sous forme de « crayons » (des tubes de quatre mètres de long, dont la gaine est faite d’un alliage de zirconium, contenant les pastilles d’uranium ou de plutonium). Ces crayons, au nombre de 40 000, sont immergés dans de l’eau, le tout dans une cuve en acier; la chaleur engendrée par la réaction nucléaire à l’intérieur des crayons transforme l’eau en vapeur, qui alimente la turbine générant de l’électricité. Cette vapeur est refroidie et donc transformée en eau, qui est alors réinjectée dans la cuve pour réalimenter la réaction et se retransformer en vapeur. Cette cuve est placée dans une enceinte de confinement en acier et en béton, d’une épaisseur d’un mètre, censée circonscrire et prévenir tout incident. Enfin, pour sécuriser le confinement, la « piscine de suppression » est indispensable car elle récupère la vapeur libérée par le système de refroidissement. Il est à noter qu’au Japon, l’enceinte de confinement se trouve elle-même dans un bâtiment, dit lui aussi de confinement.

Lors de l’arrêt du réacteur, des crayons de contrôle contenant du bore s’intercalent entre les crayons de combustible, afin de stopper la réaction nucléaire. Bien que les contrôles se mettent en place et que la réaction s’arrête, le combustible délivre toujours une énorme quantité de chaleur, chaleur que l’on surveille et que l’on diminue en laissant les crayons dans de l’eau enrichie avec de l’acide borique (le bore étant utilisé comme ralentisseur ou absorbeur de neutrons lents, neutrons qui provoquent la fission des atomes d’uranium ou de plutonium en dégageant de la chaleur, permettant d‘éviter ou de ralentir l‘emballement du réacteur).

Les premiers incidents

A la centrale de Fukushima Daiichi, les systèmes de refroidissement étant pris en défaut, les techniciens décidèrent de rajouter de l’eau de mer, et essayèrent d’évacuer la vapeur produite pour la remplacer au fur et à mesure de son évaporation. Mais l’eau s’évaporant plus vite qu’ils ne purent la remplacer, les crayons s’échauffèrent, d’autant plus vite qu’ils n’étaient plus du tout immergés, donc exposés à l’air de la cuve. Les gaines de zirconium, soumises à une température bien trop élevée, commencèrent à fuire et à réagir avec le combustible et l‘eau, dégageant des gaz radioactifs et de l’hydrogène, augmentant la pression à l’intérieur de la cuve. Pour abaisser la pression et protéger le cœur du réacteur, les techniciens de la centrale n’eurent guère le choix : ils durent dépressuriser en laissant s’échapper des vapeurs radioactives, chargées de césium 137 et d‘iode 131 ainsi que de l’hydrogène très pur. C’est cet hydrogène (rôle de carburant), en contact avec de l’oxygène ambiant (rôle du comburant) et à haute température (comme dans les moteurs de fusée, car la liaison H-H est très faible, et que la molécule d‘eau formée est très stable), qui est responsable de la première explosion, celle qui souffla le toit du bâtiment de confinement du réacteur n°1, le samedi suivant le séisme, et de celle du toit du réacteur n°3 le lundi d‘après.

La fusion du cœur du réacteur, dans tous les esprits

Si on ne parvient pas à abaisser la température à l’intérieur de la cuve, les crayons de combustible se mettent alors à fondre à l’intérieur du réacteur nucléaire, une fois leur température de fusion atteinte, se mêlant à tous les éléments avec lequel il rentre en contact, notamment ceux composant la gaine, formant un magma dont la température est très élevée. En cas de fusion totale du cœur, ce magma (autour de 3000 degrés), appelé « corium », à la très importante puissance résiduelle due aux désintégrations des produits de fission, deviendrait un élément extrêmement radioactif, chaud et dangereux, pouvant traverser à terme la cuve comme l’enceinte de confinement, et ainsi représenter un immense danger en se répandant. Il devient alors impossible de retirer le corium, l’installation ne pouvant être que condamnée par un sarcophage (comme pour la centrale de Three Miles Island, Pennsylvanie, en 1979).
Certains forment l’hypothèse du « syndrome chinois », lorsque le corium se répand dans l’environnement, nom venant de l’idée saugrenue que cette matière en fusion s’enfonçant dans le sol, puisse traverser la croute terrestre « des Etats-Unis jusqu’en Chine ».

La situation dans les réacteurs

Même s’il est vain d’essayer de décrire des évènements qui évoluent d’heure en heure, nous pouvons faire un rapide point sur les réacteurs japonais concernés (16/03/11) :
Sur les quatre réacteurs de la centrale Fukushima Daini, trois ont présenté des problèmes de refroidissement préoccupants, avec des hausses de température significatives, mais les installations seraient intactes.
Sur les six réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi, trois d’entre eux (numéros 4, 5 et 6) étaient en maintenance au moment du séisme, ce qui ne veut pourtant pas dire qu’ils ne contiennent pas de combustible. Les réacteurs 1, 2 et 3, eux, étaient en fonctionnement :
Le réacteur 1, dont la fusion partielle mais avancée du cœur (70 %) a été confirmée, mais dont l’enceinte de confinement serait intacte, malgré l’explosion ayant endommagé le toit du bâtiment.
Le réacteur 3 serait plus ou moins dans la même situation, bien qu’il soit alimenté en « MOX », un mélange d’oxydes de plutonium et d’uranium appauvri, moins stable qu’un combustible classique. Son enceinte de confinement est peut-être endommagée.
La situation du réacteur 2 est plus grave, car l’enceinte de confinement a été endommagée et a perdu son étanchéité lors de deux explosions survenues mardi 15, entrainant des rejets radioactifs dans l’atmosphère.
Le réacteur 4, à l’arrêt, a connu des problèmes avec sa piscine d’entreposage de combustible usé, qui se trouve à l’extérieur du réacteur et non confinée, une partie de ce combustible n’étant plus immergée, les rejets radioactifs entrainant donc une hausse très significative de la radioactivité.
Les réacteurs 5 et 6, à l’arrêt aussi, connaissent « seulement » de légères hausses de températures.

Les situations de ces réacteurs sont différentes, mais l’enjeu est le même pour tous, refroidir le combustible.

Ces graves incidents ont conduit l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) à classer cette catastrophe en niveau 6 sur l’échelle INES, comprenant des paliers allant de 0 (aucune importance) à 7 (accident majeur), censés illustrer l’importance des conséquences à l’intérieur du site nucléaire, la dégradation des lignes de défense en profondeur de l’installation, et les conséquences à l’extérieur du site nucléaire.

Une première conséquence évidente : la hausse de la radioactivité

Les fuites, rejets et autres émissions provenant des réacteurs ou des piscines de stockage ont provoqué depuis samedi une hausse conséquente de la radioactivité autour de la centrale, entre autres due à la présence de césium 137 et d’iode 131 radioactifs.
Le césium 137, qui a une demi-vie de 30 ans, c’est-à-dire qu’il faut 30 ans pour que son activité radioactive diminue de moitié, est très toxique, comme l’iode 131, dont la demi-vie est très courte (environ 8 jours, ce qui fait de lui un élément très radioactif).
Cette radioactivité se déplace, sous forme de « panache » radioactif, au gré des vents et de la météo, vers le Pacifique ou vers les terres (hausse de celle-ci à Tokyo, où elle était dix fois supérieure à la normale). On parle ici de panache plutôt que de nuage, pas uniquement pour jouer sur la sémantique, mais parce que les émissions radioactives sont peu denses et continues, contrairement au « nuage » de Tchernobyl car il s’agissait d’émissions massives et très concentrées ,du fait de l’explosion puis de l’incendie.
Bien qu’il faille lire entre les lignes de la communication gouvernementale japonaise et de TEPCO, la radioactivité a beaucoup augmenté (jusqu’à 1500 milliSievert par heure autour de la centrale), mais apparait comme très changeante, soit à cause de la situation très évolutive et non circonscrite des réacteurs, soit en raison d’incohérences dans la communication officielle, tendant à filtrer ou à minimiser certaines informations.

Incidences sur la santé et l’environnement

Le sievert (Sv) mesure l’impact biologique d’une exposition à des radiations, c’est-à-dire la quantité de radiations absorbées par le corps humain. La radioactivité naturelle nous expose à un peu plus de 2mSv par an, une radiographie de la poitrine à 0,02 mSv. A partir d’une dose de 100mSv, on observe une augmentation significative du nombre de cancers. D’après les études sur les liquidateurs de Tchernobyl, de très nombreux décès sont survenus peu après la catastrophe (dans les 30 jours), ainsi qu’un nombre de pathologies et de cancers très supérieur à la moyenne.
Ici, un niveau de 752 mSv par heure a été enregistré à l’entrée principale de la centrale…

Les éléments radioactifs rejetés rendent donc possible de nombreuses mutations dans les cellules irradiées. Parmi ces éléments, l’iode 131, fixé par la thyroïde, provoque de nombreux et graves cancers. En effet la thyroïde synthétise des hormones nécessaires au bon fonctionnement du corps à l’aide de l’iode, provenant de l’alimentation. Il convient alors de saturer la thyroïde d’iode stable, sous forme de pastilles, idéalement une heure avant la possible contamination, ce qui empêche l’iode 131 de se fixer.

La meilleure des préventions une fois le pire arrivé, outre le souvent dérisoire calfeutrage, reste l’évacuation des zones dites sensibles. Les autorités japonaises ont ici évacué les populations civiles, après de multiples tergiversations, dans un rayon de 20 kilomètres autour des centrales Fukushima Daiichi et Daini, ce qui ne semble pas suffisant pour les instances américaines.

Il ne faut toutefois pas oublier les techniciens restés sur place pour tenter d’endiguer la catastrophe, faisant face à une contamination extrêmement élevée, à priori mortelle.

Les particules radioactives présentes dans l’air peuvent contaminer le sol (notamment le césium 137, qui met du temps avant de disparaitre comme vu précédemment) et peuvent ainsi contaminer des êtres vivants par ingestion ou par simple contact. Elles peuvent contaminer l’eau de mer, de manière directe (celle utilisée pour refroidir les réacteurs) ou indirecte.

Coût économique et énergétique

La reconstruction post-tremblement de terre et tsunami va représenter un cout exorbitant, tant les dégâts paraissent gigantesques. Des villes entières à reconstruire, des pans entiers de l’économie à remettre sur pied.
Les populations des larges environs de la centrale risquent de ne plus vouloir revenir chez eux après ce traumatisme, il faudra donc investir pour leur fournir des solutions de logement.
La bourse tokyoïte dévisse, et la BoJ, la banque nationale japonaise, doit injecter des centaines de milliards d’euros pour alimenter le système bancaire et « rassurer les marchés ».

Le gouvernement japonais va en outre devoir assurer la sécurisation des installations nucléaires sur son territoire, et dans la foulée trouver une alternative énergétique au nucléaire, un scepticisme voire de l’hostilité et un refus catégorique d’utiliser cette technologie risquant de voir le jour au Japon dans les prochaines semaines.
Il ne faut pas oublier que le Japon est au troisième rang mondial des producteurs d’électricité nucléaire, avec ses 55 réacteurs nucléaires répartis sur 17 centrales en activité, qui lui permettent de fournir environ 35 % de ses besoins en électricité, ce qui risque d’être énorme à remplacer, s’il s’avère que cette vision est juste.

La peur ou du moins la suspicion gagne en même temps les capitales étrangères, en résonance avec les dramatiques évènements japonais, ce qui, on peut le gager, va réinviter le débat sur le nucléaire sur la place publique, et au premier plan.
En Allemagne, Angela Merkel a déjà suspendu la prolongation d’activité de leurs centrales, et ce pendant 3 mois (à une semaine des élections…).
En Suisse, les nouvelles centrales initialement prévues pour remplacer celles obsolètes risquent de ne pas naitre.
Aux États-Unis, plusieurs élus du Congrès ont demandé une « pause de réflexion », sur la construction de nouvelles centrales (23 sur les 104 réacteurs américains sont similaires à ceux de Fukushima…).
En France, les écologistes demandent un référendum sur le nucléaire, tandis que Nicolas Sarkozy a assuré que la France devrait prendre toute la mesure de l’ « exemple » japonais… Au-delà de l’évolution dramatique des événements au Japon, c’est donc bien toute une filière qui va, dans les semaines à venir, se remettre en cause.

Par M.R.

Déjà publié :

Centrale nucléaire de Fukushima : Le point

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Le marche mondial du photovoltaïque en pleine croissance

Avec quelque 15 GW de puissance photovoltaïque (PV) nouvellement installée, l’industrie internationale du photovoltaïque a enregistré en 2010 un doublement de ses ventes. À titre de comparaison : en 2009, les nouvelles constructions ont représenté 7,1 GW et en 2008, quelque 5,7 GW ont été installés dans le monde. Ainsi, l’année 2010 a été l’une des meilleures pour le secteur. Des baisses de prix considérables en 2009 et les effets positifs de programmes de soutien internationaux, ont largement contribué à cette évolution. Mais pour faire face à la pression croissante de la concurrence et des prix sur ce marché dynamique, les fabricants qui sont contraints d’optimiser sans cesse leur production, profiteront du salon munichois Intersolar Europe, en juin prochain, pour présenter leurs installations, machines, technologies et systèmes les plus innovants.

Optimisation de la production

En dépit de réductions du prix de rachat de l’électricité en Allemagne et de restrictions de la subvention du photovoltaïque sur des marchés clés comme la France, la République tchèque et l’Espagne, on peut tabler, en 2011, sur une progression du marché mondial de 25 % pour atteindre env. 20,4 GW. Les constructeurs internationaux de PV tournent des regards positifs vers l’avenir et projettent une nouvelle extension de leurs capacités de production, ce qui, à moyen terme, entraînera de nouvelles baisses de prix. Si les coûts diminuent plus fortement, à longue échéance, que le prix de rachat de l’électricité, l’industrie peut continuer d’espérer des taux de croissance supérieurs à 10 %.

L’automatisation croissante de la fabrication et de nouvelles techniques de fabrication génèrent, dès aujourd’hui, presque quotidiennement, une baisse des coûts de production et donc des prix des modules. Au niveau de nombreuses étapes de la production, l’industrie entrevoit cependant aussi un potentiel très net. Des composants PV à rendements plus élevés, des procédés de fabrication plus efficaces et l’abaissement des coûts par watt, sont donc au cœur des préoccupations des fabricants de technologie et d’équipement. De la production de silicium à l’usine solaire intégrée, en passant par la fabrication de tranches, de cellules solaires et de modules, de nouvelles technologies sont développées et des procédés qui ont déjà fait leurs preuves sont optimisés.

Hausse des dépenses pour la production

L’institut d’étude de marché américain iSuppli estime les dépenses du secteur du PV pour l’équipement de production à quelque 11 milliards de dollars pour 2010. En 2008, ce marché avait encore un volume d’environ 5 milliards de dollars. Le marché mondial des composants d’automatisation pour la fabrication de modules, à lui seul, a été estimé, en 2008, à près de 450 millions de dollars. Dès 2013, les experts tablent sur un volume de plus de 1,2 milliard de dollars.

La « parité réseau » au cœur de la R&D

La compétitivité à court et moyen terme de l’électricité solaire, que l’on appelle «parité réseau» ou «grid parity», s’inscrit au centre des efforts de l’industrie internationale du photovoltaïque. L’Europe, les États-Unis et le Japon ont élaboré, pour la recherche et le développement, des feuilles de route qui promeuvent les innovations techniques dans cette direction. De nouveaux développements du photovoltaïque cristallin, lequel domine le marché, permettent d’augmenter sans cesse les rendements. Mais sur le front de la technologie à couche mince, des potentiels prometteurs sont observés: les modules à base de tellurure de cadmium se distinguent actuellement par les coûts de production les plus bas du monde et les technologies à couche mince alternative comme CIS/CIGS permettent d’anticiper également, pour l’avenir, des évolutions intéressantes.

De surcroît, les établissements de recherche et les entreprises sont en quête de nouvelles approches, comme par exemple l’utilisation d’encres de silicium, les processus de décapage et de couchage novateurs, les cellules solaires à plusieurs couches ou les nouveaux procédés d’établissement de contacts. Dans les laboratoires, les chercheurs misent actuellement sur les nanotechnologies, qui sont en mesure d’accroître sensiblement l’absorption de lumière dans la cellule solaire.

 

Venez recharger votre voiture électrique… chez des inconnus !

L’angoisse de la panne sèche (de courant) arrive en pôle position des angoisses des détenteurs de voitures électriques (EV). Xatori, une start-up basée à Palo Alto, au cœur de la très écologiquement consciente Silicon Valley, se propose de créer un réseau d’utilisateurs actifs de EV, mettant leurs prises domestiques à la disposition des conducteurs qui auraient besoin de recharger leur batterie, ou de ceux qui se trouveraient hors de portée des quelques stations publiques dédiées. Elle a sorti l’application iPhone « Plugshare » (« partage de prise » en anglais) qui permet aux conducteurs et aux propriétaires de « prises » de les localiser ou d’offrir leur électricité.

L’existence de cette application est intimement liée à la possibilité qu’offrent les nouvelles générations de EV de pouvoir se recharger sur des prises secteurs (220V, 16A ou 10A pour la Renault Twizy, dont la charge complète ne devrait pas prendre plus de 3h30), permettant ainsi de transformer tout lieu en une borne électrique de dépannage. L’application n’ est néanmoins pas encore vraiment disponible en Europe, bien que les développeurs y travaillent.

Même si l’intérêt d’adhérer à Plugshare est évident pour les détenteurs de EV, leur donnant accès à la base de données des lieux en permettant la recharge, cette application n’est absolument pas dénuée d’intérêt si vous n’en possédez pas, les concepteurs mettant l’accent sur l’aspect d’appartenance à une communauté éco-sensible, et sur la rencontre enrichissante avec un utilisateur qui pourra vous parler de son véhicule de manière forcément plus désintéressée qu’un revendeur ou qu’un constructeur.

M.R.

Le bruit en voiture, réduit grâce à la piézoélectricité

Qui n’a jamais été agacé par le ronron, voire le grondement incessant accompagné de son lot de vibrations d’une voiture avalant les kilomètres sur l’autoroute, lorsque l’on est passager, et que par exemple l’on ne peut s’entendre qu’avec la plus grande difficulté ?

« Adaptronics Alliance », fruit des efforts communs de 11 des 57 Instituts constituant la Fraunhofer-Gesellschaft (Allemagne), un des plus grands organismes de recherche scientifique au monde, s’est donné pour objectif de réduire ce bruit à l’aide de céramique piézoélectrique, considérée comme un matériau intelligent.

La piézoélectricité est la capacité qu’ont certains matériaux à se polariser électriquement lorsqu’ils sont sous l’action d’une contrainte mécanique et réciproquement, ce qui signifie qu’un matériau ayant cette propriété convertit l’énergie mécanique en électricité, et inversement qu’ils se déforment sous l’impulsion d’un champ électrique. Le bruit audible à l’intérieur d’une voiture provient essentiellement de la mauvaise absorption des vibrations du châssis  par des composants en caoutchouc, qui ne sont pas adaptés à cette fonction. Ce sont sur ces vibrations, converties en bruit dans l’habitacle, sur lesquelles la piézoélectricité peut influer.

Des composants en céramiques PZT (Titano-Zirconate de Plomb), céramiques de synthèse qui ont des propriétés piézoélectriques, pourraient donc être utilisés en lieu et place de ces composants en caoutchouc, absorbant et transformant les vibrations en énergie électrique, électricité qui peut de plus avoir son utilité. La voiture-test mise au point par « Adaptronics Alliance » donne des signes très convaincants, selon les concepteurs, et laisse entrevoir d’autres applications prometteuses, notamment dans l’ingénierie mécanique et dans l’industrie électronique.

 

Un fabricant de textile change d’ERP mais pas de serveur

Depuis 1994, Tricotage des Vosges, dernier fabricant de chaussettes sous marque propre à fabriquer entièrement en France, a dû faire face à de nombreuses évolutions qui ont profondément modifié son système d’information : distribution de marques, rachats, consolidation… Dans ce contexte, la DSI, représentée par François Curé, Directeur Général, a dû déployer une infrastructure pour répondre à ces différents changements organisationnels. Ainsi, dès 1994, l’accès à un Progiciel de Gestion Intégré (PGI) s’est imposé comme une priorité stratégique afin de gérer l’intégralité des opérations menées par le groupe (commerce, production, administration, finance…). L’un des pré-requis consistait également à intégrer un PGI compatible avec l’environnement IBM Power i (System i – AS/400).
 
Plusieurs évolutions se sont alors enchaînées. Un premier déploiement de l’ERP commercialisé par Eurinfo a été réalisé en 1994, puis a été remplacé en 1999 par la solution Movex, éditée à l’époque par Intentia. Suite au rachat d’Intentia par Lawson, le groupe Tricotage des Vosges a dû, à nouveau, rechercher une nouvelle solution de gestion. En effet, Lawson avait annoncé la fin du maintien et du support de l’application sous AS/400. 

Déploiement de la paie suivi de la finance

En complément de cet aspect technologique, le groupe Tricotage des Vosges devait également prendre en compte une nouvelle problématique organisationnelle : le rachat de la société Olympia et la création de la société New Olympia en 2010. Cette marque vient s’ajouter aux gammes Bleu Forêt Diagonal et Bleu Forêt Premium, conçues et commercialisées par Tricotage des Vosges.
 
Il était donc nécessaire de garantir une migration en douceur vers un nouvel ERP et de préparer l’avenir en déployant une solution évolutive, à même d’accompagner le groupe dans son développement et dans son challenge organisationnel (que se soit pour Bleu Forêt ou pour Olympia). C’est dans ce contexte qu’Eurêka Solutions, éditeur de solutions de gestion dédiées à l’environnement IBM Power i, a été sélectionné. Tous les modules sont concernés par cette migration. La paie a représenté le premier déploiement réalisé, suivi de la finance.
 
En s’appuyant sur Eurêka Solutions, Tricotage des Vosges a pu accéder à un environnement de gestion de dernière génération lui permettant de conserver son environnement  IBM Power i – AS/400, et ce dans des délais extrêmement courts. Au niveau de l’ergonomie et des fonctionnalités, il est désormais possible d’accéder au progiciel via une interface graphique, tout en conservant la compatibilité avec l’environnement natif du serveur IBM Power i.  Enfin, les collaborateurs peuvent utiliser  tout un ensemble de ressources (reporting, outils de personnalisation, …), synonyme d’optimisation de la qualité, de la productivité et des performances.
 
 « Eurêka ERP répond parfaitement à nos besoins et, au travers de cette solution, nous allons pouvoir faire évoluer notre infrastructure parallèlement à notre stade de développement. Il se positionne comme un partenaire stratégique de notre croissance », conclut François Curé.

M.C

Dépollution d’un site industriel en 4 étapes

Implantée en zone industrielle sur la commune de Châteauneuf-en-Thymerais (Eure et Loire), la société Surmétaux était spécialisée dans le traitement chimique et électrolytique de l’aluminium (oxydation anodique). Le site n’étant plus en activité depuis le 4 septembre 2003, sa mise en sécurité a été exigée par l’arrêté préfectoral le 22 juillet 2009 mais le chantier de dépollution confié à la société Vidam n’a démarré qu’en juin 2010.

À l’arrivée sur le site, les équipes de Vidam ont constaté que les déchets et les produits dangereux (acides, bases, solutions métalliques, boues de traitement et de décantation, eaux de rinçage souillées, matériaux et emballages souillés, fuel, transformateurs souillés au PCB…) n’avaient pas été enlevés et étaient encore entreposés sans précaution particulière. Il était donc impératif de procéder à la mise en sécurité du site pour la santé et la sécurité des habitants, notamment des enfants qui en avaient fait un terrain de jeu.

La mise en sécurité de ce site s’est déroulée en 4 grandes phases :  mise en sécurité des zones de travaux, gestion des déchets du site, vidange, curage et nettoyage des cuves et réservoirs, nettoyage des sols et curage des réseaux.

Phase 1 : mise en sécurité des zones de travaux

Avant d’entamer les travaux, il a été nécessaire de sécuriser la toiture. Deux solutions ont été proposées : la pose d’un filet de protection (une solution exclue du fait des risques liés à la pose du filet) et le démontage de la toiture. Pour mener à bien cette phase, les tôles qui menaçaient de tomber ont été écartées puis elles ont été démontées et réparties en 3 typologies pour favoriser leur valorisation :

  • les plaques en verre ont été évacuées vers un centre d’enfouissement ;
  • les tôles fibrociment ont été éliminées en centre de traitement ;
  • les tôles métalliques ont été laissées sur site pour une valorisation de la partie ferraille.

Puis est intervenue la mise en sécurité de la chaîne de traitement, rétention, fosses et station de détoxication. Il s’agissait d’enlever l’ensemble des polluants chimiques et dangereux du cœur de l’ancien outil de production. L’opération a consisté à nettoyer, pomper, curer et racler l’ensemble des bacs, fosses et cuves du site. Dans un premier temps, les eaux de rétention présentes en surface ont été pompées. Puis, les bacs ont été nettoyés à la haute pression et les eaux de nettoyage ont été récupérées pour être traitées.

Afin de rendre accessible la rétention pour le nettoyage, les techniciens de VIDAM ont du sortir les bacs de traitement à l’aide de deux pelleteuses. Chaque bac a été nettoyé (gratté et lavé à la haute pression) avant d’être stocké sur site pour être ferraillé. À l’issu de l’opération de nettoyage, la rétention a été sécurisée par la pose d’un grillage de 1,20m.

Phase 2 : gestion des déchets du site

La phase de gestion des déchets a débuté par l’identification préalable des déchets présents sur site. Pour ce chantier, les analyses ont été effectuées dans le laboratoire du centre de traitement Antipol, à Fontenay-le-Comte. Une codification spécifique a été établie pour référencer les déchets, les identifier et les évacuer vers les filières de traitement adaptées.

Les déchets conditionnés ont été regroupés dans une zone de  stockage avant d’être évacués petit par petit vers les filières de traitement et de valorisation. Un registre de stock des déchets était tenu par le responsable du chantier qui gérait la fréquence des enlèvements et définissait les lots à charger. C’est également lui qui complétait les Bordereaux de Suivi de Déchets sur les volumes évacués.

Pour le contrôle des PCB dans les transformateurs, un échantillon de diélectrique a été prélevé en vanne basse des deux appareils et les échantillons ont été acheminés vers un laboratoire d’analyse afin de déterminer la concentration en PCB et PCT. Ils ont ensuite été orientés vers une plateforme spécialisée afin de détruire le pyralène et les carcasses métalliques souillées.

Phase 3 : mise en sécurité des cuves et des réservoirs

L’intervention sur les cuves devant être faite avec la plus grande sécurité pour exclure tous risques de blessures et d’explosions, diverses mesures de sécurité sont mises en place comme le port d’un analyseur 4 gaz en continu et oxygénomètre, l’utilisation de divers équipements de protections individuels…

Les cuves et réservoirs rencontrés sur le site étaient de types très différents et avaient contenu des produits eux aussi très différents :

  • une cuve de soudes : ne pouvant pas accéder au trou d’homme, les techniciens de Vidam ont débuté l’opération par la réalisation d’une ouverture dans la cuve Les sels de fond de cuve ont été récupérés pour être acheminés vers un centre de traitement ;
  • une cuve d’acide sulfurique : les techniciens de VIDAM ont préalablement transférés l’acide présent dans la cuve avant de nettoyer les parois puis de l’éliminer sur un centre de traitement ;
  • une cuve d’acide chlorhydrique : étant transportable en l’état, elle a donc été éliminée dans son intégralité ;
  • des bassins de traitement : ils ont été pompés et nettoyés à la haute pression.
  • deux décanteurs : présents sur le site, ils ont été vidés et nettoyés. La sécurisation a été réalisée par la pose d’un grillage sur l’ensemble du décanteur
  • la cuve à fuel : le repérage de la cuve a été réalisé par sondage du sol. La cuve trouvée avait une capacité de 50m3. Après déblaiement de cette dernière, le trou d’homme a été ouvert avec du matériel antidéflagrant. La cuve a été nettoyée et dégazée par l’équipe Vidam avec l’émission d’un certificat de dégazage. Conditionnés en transicuves, les déchets de fuel, de boues hydrocarburées et les eaux de nettoyage ont été acheminés pour être valorisés sur le centre de traitement. Enfin, la cuve a été extraite du sol pour être ferraillée. Comme souvent sur ce type de site, la cuve trouvée était percée et le sol en fond de fouille présentait une source de pollution potentielle. Après constat de l’ADEME, les effluents ont été pompés et un prélèvement de terre a été effectué pour déterminer la pollution.

Phase 4 : nettoyage des sols et curage des réseaux

Cette phase a finalisé le chantier en rendant les derniers éléments exempts de pollution résiduelle. Tous les regards sur le site et sur les trottoirs aux abords du site ont été ouverts pour être curés. Enfin, pour clôturer le chantier, le nettoyage des sols s’est opéré sur une superficie totale d’environ 1 600m2. Les déchets ont été triés, les ferrailles ont été stockées sur place, les déchets souillés stockés en benne (caillebotis, tuyaux pvc..), les tâches au sol grattées manuellement et l’ensemble des sols balayés. Les matériaux solides souillés, trouvés sur le site, ont été conditionnés dans une benne pour être éliminés en centre de traitement.

Au total, le chantier qui aura mobilisé 8 personnes pendant 9 semaines, aura permis de traiter 1 395 tonnes de déchets.
 

La foudre sous haute surveillance

Actuellement, sur certains sites, les paratonnerres sont équipés de compteurs électromécaniques qui permettent de détecter le passage d’un courant de foudre mais rarement d’en connaître son intensité.

Connaître l’intensité du courant de foudre qui a circulé dans une descente de paratonnerre nécessite la mise en place d’un compteur électronique dateur, ce qui augmente le prix de l’installation de protection. Les nouvelles prescriptions de la Norme NFC 17-102 de janvier 2009 obligent, entre autres, de mettre en place deux conducteurs de descentes par paratonnerre à dispositif d’amorçage. Les compteurs n’enregistrent donc pas la totalité du courant capté par le paratonnerre car ils ne sont placés que sur l’une des deux descentes.

Pour répondre à cette problématique de sécurité, le RodCheck de Hélita, la marque commerciale du pôle Foudre d’ABB France, permet d’un simple coup d’œil d’évaluer l’amplitude du courant auquel le paratonnerre aura été soumis. Il équipera en série dès le premier trimestre 2011, l’ensemble des paratonnerres à dispositif d’amorçage de la gamme Pulsar qui a fait l’objet, en 1985, d’un dépôt de brevet conjoint CNRS/Hélita.

Indication visuelle à partir d’un impact de 25 kiloampères

Avec cette nouvelle technologie RodCheck, le paratonnerre Pulsar renforce et améliore la sécurité des sites et des personnes, en répondant précisément à une interrogation légitime : le paratonner a-t-il été fortement agressé et nécessite-t-il d’être vérifié ?

Les paratonnerres de la gamme Pulsar ont été testés en laboratoire et supportent un courant de foudre de 100 kiloampères en ondes 10/350 microsecondes. Cependant, il convient de vérifier les installations après le passage d’un courant de foudre important. Partant de ces constatations, les ingénieurs du laboratoire de recherche Hélita ont cherché et trouvé le moyen d’indiquer visuellement et directement sur le paratonnerre si celui-ci a subi un impact supérieur à 75 kiloampères.

L’indicateur visuel que constitue le RodCheck est une enveloppe en silicone résistant aux ultraviolets, montée directement sur l’éclateur externe du Pulsar. Cette enveloppe maintient en place une bague en plastique de couleur rouge, laquelle bague commence à apparaître suite au passage d’un courant de 25 kiloampères et apparaît en totalité pour un courant de 75 kiloampères. Cette indication visuelle de l’amplitude du courant de foudre capté par le paratonnerre permet de justifier une action de vérification complète de celui-ci.

Alerte par SMS de l’imminence d’un coup de foudre

Autre innovation majeure dans la gamme de paratonnerre à dispositifs d’amorçage :  l’arrivée du paratonnerre intelligent Pulsar 60 RodLinks, fruit de trois années de recherche des ingénieurs de Soulé Hélita ainsi que d’une année d’essais sur un site particulièrement exposé, le Pic du Midi, à 2880 mètres d’altitude.

Monté sur un mât support qui sert également de shunt de mesure du courant, le RodLinks réunit à l’intérieur d’un même produit les fonctions de protection d’un paratonnerre à grand rayon d’action (Pulsar 60), d’un compteur-dateur de coups de foudre, d’un générateur de test de son électronique ainsi que d’un détecteur d’orage. Il communique toutes ses informations et reçoit des ordres de programmation par SMS. Il ne nécessite donc pas de matériel de programmation ou d’affichage spécial à connecter sur le paratonnerre. Un simple téléphone portable de type GSM permet la programmation et la réception des informations qu’il envoie.

Ce paratonnerre prévient à l’aide d’un SMS de l’imminence possible d’un coup de foudre sur le site où il est installé. Cette alerte foudre est déclenchée par la mesure du champ électrique naturel existant sous un nuage orageux et auquel le paratonnerre est soumis. Le RodLinks a été développé sur la base de l’électronique d’un paratonnerre Pulsar qui fonctionne et tire son énergie du champ électrique naturellement présent par temps d’orage. Il était donc simple pour les ingénieurs du Pôle Foudre ABB, de détecter à l’aide du coffret électronique RodLinks le démarrage de l’électronique du Pulsar et d’en informer par l’envoi d’un SMS le ou les gestionnaires du site. Lorsque le champ électrique redevient faible, l’orage s’étant éloigné, un SMS de fin d’alerte foudre est émis.

Tous les paramètres du foudroiement transmis par SMS

En cas de foudroiement du paratonnerre, le RodLinks enregistre les paramètres du courant de foudre, ainsi que la date de l’événement, et les garde en mémoire. Il enregistre les paramètres du courant de foudre : temps de montée et de descente de l’impulsion, sa polarité ainsi que la valeur du courant de crête en kiloampères. La globalité de ces informations mises en mémoire sont transmises par SMS en même temps que le message de fin d’alerte foudre.

Toutes les fonctions du RodLinks sont programmables comme, par exemple, le niveau du champ électrique d’alerte foudre. Ce paramètre permet d’ajuster l’envoi du message d’alerte en fonction du lieu d’implantation et du besoin d’anticipation sur un éventuel coup de foudre. La périodicité du test de l’électronique interne au paratonnerre est également programmable avec une périodicité variable d’une semaine à plusieurs mois. À l’issue d’un test de l’électronique, le résultat de ce test est envoyé par SMS. Un test régulier permet de s’assurer du parfait fonctionnement du paratonnerre et donc de sa fiabilité sur la zone qu’il protège.

Le RodLinks peut transmettre l’ensemble de ses informations vers trois numéros de téléphones gardés en mémoire. Il précise également à chaque transmission son lieu d’implantation (latitude et longitude) ainsi que son numéro de série. 

Oncle Petros et la conjecture de Goldbach

Christian Golbach, mathématicien prussien du XVIIIe énonce dans une lettre à Euler : « Tout nombre supérieur à 2 peut être écrit comme une somme de trois nombres premiers ».
 Depuis plus de deux siècles, les mathématiciens n’ont jamais réussi à démontrer cette conjecture.

Dans le polar des nombres premiers d’Apostolos Doxiadis, un mathématicien consacre sa vie à cette conjecture, s’éloignant de sa famille et de la communauté. Sur fond historique (Hardy, Turing, Ramanujan…), le roman réussit le pari de faire l’unanimité dans les communautés mathématique et littéraire anglo-saxonnes.

L’éditeur anglais d’Apostolos Doxiadis offre même une récompense d’un million de dollars à toute personne qui résoudra la conjecture de Goldbach !

Auteur : Apostolos Doxiadis
Editeur : Christian Bourgois

Pour en savoir plus sur les sciences fondamentales, allez dans la rubrique Mathématiques fondamentales des Techniques de l’ingénieur.

Auteur : C.C.

Nouveau concept d’automatisation globale d’un entrepôt

A l’origine, CPU faisait référence au processeur « Central Processing Unit » qui a permis de miniaturiser les ordinateurs tout en augmentant en permanence leur performance. Savoye a repris ce sigle pour un concept futuriste de préparation de commandes à l’unité ou au carton complet : le Compact Picking Unit. Le parallèle n’a rien d’anodin. Le concept Savoye permet, en effet, d’accélérer et d’optimiser les processus de traitement dans un entrepôt mais aussi de réduire sensiblement sa surface.

Le Compact Picking Unit associe dans une offre globale un logiciel de gestion d’entrepôt et de lancement automatique et dynamique, un système de préparation « goods-to-man » et un système d’automatisation de l’emballage. Mais le CPU ne vise pas uniquement une augmentation de la performance en préparation de commandes. Il impacte aussi le rangement après réception, le réapprovisionnement et le slotting, permettant une baisse de plus de moitié du nombre de mouvements de stock internes à l’entrepôt. « C’est parce qu’il a été pensé de façon globale que le CPU permet un réel changement du paradigme. Le nombre d’heures de non picking dans les entrepôts dépasse souvent les 60 %. C’est au niveau de l’ensemble du schéma de flux qu’il faut travailler », explique Jean-David Attal, Directeur du Développement de Savoye.

Pour mettre au point son concept qui s’adresse aux entrepôts de taille moyenne ou importante, réalisant de 5 000 à 50 000 lignes de commandes par jour, Savoye a comparé les performances de quatre organisations d’entrepôt :

  • l’entrepôt manuel avec chariot et système de préparation vocale ;

  • l’entrepôt avec préparation à gares ;

  • l’entrepôt associant gares et systèmes goods-to-man ;

  • l’entrepôt équipé du système CPU.

Les résultats de cette analyse a conduit au système CPU qui aboutit aux résultats suivants :

  • au moins 70% des commandes réalisées en moins de 30 min entre le lancement de la commande et l’arrivée sur le quai d’expédition ;

  • la surface de l’entrepôt réduite de 40 % (dont une surface de picking divisée par 3 à 4) ;

  • les  coûts de fonctionnement diminués de 30 à 40 % ;

  • les mouvements de stock internes en moins (rangement, réapprovisionnements, réallocations…) réduits de 60 %.

La performance commence dès la réception avec une mise en stock des articles sur convoyeur depuis les quais (ou un réapprovisionnement par palettes complètes pour les articles à fort volume). Les mouvements de stock internes sont donc beaucoup moins nombreux et plus courts. Elle se confirme avec la préparation de commandes à poste fixe, sans déplacement et avec une ergonomie inégalée, permettant d’atteindre 300 à 500 lignes/ h / opérateur. La qualité est également au rendez-vous : l’opérateur n’a qu’un seul produit à la fois face à lui et le système fait un contrôle pondéral en temps réel au poste de picking, pour chaque ligne préparée. (le pilotage du système par Savoye permet d’atteindre cette rapidité de préparation, non seulement pour une petite partie des lignes, mais pour l’ensemble de l’activité, de 500 à 5 000 lignes / h). Jean-David Attal y voit les prémices d’un changement qui dépasse les considérations économiques : « L’entrepôt devient une arme commerciale. CPU permet de traiter la plupart des commandes en une demi-heure, et donc d’accepter plus tard des commandes, qui seront chargées et livrées le jour même ou le lendemain. Vu sous cet angle, il n’est pas seulement un outil pour l’entrepôt, mais devient surtout une arme permettant de prendre des parts de marché grâce à l’amélioration de la qualité de service ». Sans compter que moins de surface, c’est aussi moins d’énergie et de matières premières pour sa construction et son fonctionnement, moins de chauffage, moins d’éclairage, moins de chariots élévateurs pour les déplacements dans l’entrepôt…  De plus, l’utilisation de machines d’emballage Savoye permet de réduire le nombre de camions sur les routes (20% en moins avec la Jivaro qui adapte le colis à la hauteur des produits) ou le volume de carton employé (20% en moins avec la découpe de la PAC 600).

Les investissements dans la mécanisation sont certes plus importants, mais l’investissement dans le bâtiment est plus faible. « L’investissement système est plus important qu’avec un concept classique de convoyeur à gares et, a fortiori, qu’une préparation manuelle des commandes. Mais il est relatif quand on le met en perspective avec une nette diminution de la surface, donc de l’investissement immobilier (ou du loyer, selon le mode de financement de l’entrepôt). Au total, l’entrepôt tout équipé ne coûte que 0 à 20% de plus que dans le cadre d’un entrepôt totalement manuel. La baisse des coûts opérationnels justifie largement cette différence d’investissement. Le CPU s’inscrit dans les attentes des décideurs d’aujourd’hui : qu’une commande soit vite préparée et reparte vite de l’entrepôt, sans mouvements de manutention inutiles, avec un retour rapide sur investissement. Mais aussi il préfigure l’entrepôt du futur, de taille réduite et économe en énergie » conclut Jean-David Attal qui rappelle que l’automatisation des tâches et l’ergonomie des machines apportent, en outre, un plus grand confort aux opérateurs.

Jeudis du CNRI : prévention des risques technologiques

Des catastrophes technologiques majeures, Feyzin – Bhopal – AZF, rappellent périodiquement que certaines installations industrielles sont susceptibles d’être à l’origine d’accidents mettant en jeu la vie et la santé des riverains. La catastrophe d’AZF a entraîné une réflexion approfondie qui a débouché sur la loi n° 2003-699 du 30 juillet 2003. Cette loi relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages prévoit l’élaboration de plans de prévention des risques technologiques (PPRT). Leur objectif est de résoudre les situations difficiles en matière d’urbanisme héritées du passé et mieux encadrer l’urbanisation future. Les PPRT concernent les établissements SEVESO à « hauts risques » dits AS. Un total de 421 PPRT concernant 670 établissements industriels sont à élaborer. Occasion de conflits mais aussi de dialogues locaux, les PPRT questionnent notre relation au risque en cherchant à résorber les situations héritées du passé.

Ce Jeudi du CNRI sera l’occasion de faire le point sur l’élaboration de ces PPRT ; de voir comment ils s’organisent entre les différentes parties prenantes.

Ce colloque labellisé « Semaine de l’industrie » est gratuit mais l’inscription obligatoire sur www.cnri.fr.
 

Au programme :

[9 h 20] Ouverture du colloque
• Présentation de la journée
• Film de l’INERIS :
Plan de prévention des Risques Technologiques (PPRT)

9 h 45 Première table ronde
Laurent LEVENT : Chef du BRTICP – Ministère de l’écologie,
du développement durable, des transports et du logement
PPRT : mise en oeuvre et actualité
Pierre VIALTEL : Responsable HSE Groupe – RUBIS Terminal
PPRT : retour d’expérience d’un industriel
Philippe PRADERE : Directeur industriel – STCM
Témoignage d’une entreprise non SEVESO touchée par un PPRT
Gérard PERROTIN : Administrateur de l’association AMARIS
et maire-adjoint de Salaise-sur-Sanne
Point de vue de l’association des maires
Mathieu REIMERINGER : Responsable de l’unité
Résistance des Structures – INERIS
Vulnérabilité des bâtiments et des infrastructures

12 h 30 Fin des travaux de la matinée

14 h 15 Deuxième table ronde
Gérard BERNE : Responsable du Pôle Gouvernance et Consommation
Durable – DREAL Rhône-Alpes / Secrétariat du SPIRAL
CLIC : comment mieux répondre aux attentes
Guillaume CHANTELAUVE : Délégué adjoint
Appui à l’administration – INERIS
Pratiques de l’association et de la concertation
Raymond BOZIER : Vice-président de l’association
Respire La Rochelle
Les enjeux de la citoyenneté face au PPRT
Yvan RAZAFINDRATANDRA : Avocat à la Cour
Mise en place de PPRT au sein d’une plate-forme industrielle

16 h 45 Conclusion de la journée par la DREAL Centre

Ce colloque aura lieu dans les locaux de l’ENSI de Bourges (88 bd Lahitolle – Bourges).

Voir le programme complet des jeudis du CNRI pour 2011

L’ombre en fuite

Washington. Adie Klarpol, une jeune artiste désillusionnée, est engagée par une compagnie d’informatique pour travailler sur un système expérimental, « la Caverne ». Ce simulateur d’univers virtuels en 3D permet de revisiter, entre quatre murs, les chefs-d’œuvre de l’art.

Beyrouth. Taimur Martin, professeur d’anglais, est pris en otage par des fondamentalistes islamistes. Seul dans un cachot, il n’a que sa mémoire et son imagination pour s’évader.

Un simulateur d’univers virtuels, un cachot: deux pièces dissemblables, toutes deux ouvertes à toutes les transformations, l’une par la magie de l’informatique, l’autre par la ténacité de l’esprit humain. Deux univers a priori inconciliables dont Richard Powers, avec son sens renversant du romanesque, tire une polyphonie grandiose.

Auteur : Richard Powers

Editeur : Le Cherche Midi, 244 pages

Pour en savoir plus sur toutes les technologies de Réalité Virtuelle, voir la rubrique Réalité Virtuelle des Editions Techniques de l’Ingénieur

Auteur : C.C.

Techniques de l’ingénieur à Alger pour le salon de l’Innovation et la semaine nationale de la recherche

ETI présent à Alger, pour la deuxième semaine de la recherche scientifique du 12 au 17 mars, sous la tutelle du ministère de la recherche, de l’enseignement supérieur et du transfert technologique. Se tient en parallèle, le salon de l’innovation, à l’interface entre recherche et transfert technologique au Riad El Feth, El-madania, Alger.
A distance des préoccupations politiques, cette semaine met à l’honneur la chimie, dans le cadre de l’année internationale de la chimie et c’est au CERIST qu’a eu lieu l’inauguration de l’évènement. Les interventions du directeur du CERIST, Monsieur Adache du directeur général de la recherche scientifique et du développement technologique (RSDT), Hafid Aouraga recontextualisent la recherche scientifique en Algérie. Notamment en ce qui concerne la chimie, et les sciences fondamentales.
Il a rappelé un fait majeur cette année dans le monde de la recherche scientifique et technique en Algérie : la stratégie d’équipement du réseau national d’un portail qui centralise toutes les ressources documentaires du ministère.
En rapportant que l’Algérie a occupé en 2010 le 4e rang en Afrique en ce qui concerne le nombre de publications de recherche (contre le 8e rang en 2008) et en citant des publications de références (citées plus de 6000 fois), le directeur est fier d’annoncer la place émergente de la recherche scientifique en Algérie et d’annoncer que la semaine de la recherche scientifique permet également de propulser des valeurs nationales.
Suite à ce discours de bienvenue, le rendez-vous a été fixé au salon de l’innovation, à la salle Omnisport d’Alger (Riad El Feth) à partir du 13 mars à 14h.

Au coeur des problématiques de partage de connaissances et de transfert d’information, l’équipe des Techniques de l’Ingénieur a souhaité être présent pour cet évènement scientifique francophone.
Nous invitons, à cette occasion, tous les Algérois, étudiants, ingénieurs, acteurs de l’innovation à venir nous rencontrer et assister aux différents ateliers (présentation de l’étendue des bases documentaires, démonstration du site, découverte des services associés : actualité, emploi, formation).

Programme de l’évènement, jour après jour :Dimanche 13 mars : Ouverture, autour de l’année de la chimie.
Lundi 14 mars : L’innovation technologique au service du développement
Mardi 15 mars : Journée de l’entrepreunariat.
Mercredi 16 mars : journées portes ouvertes sur les institutions de recherche
Jeudi 17 mars : célébration de la journée nationale du chercheur.

Retrouvez le stand des Editions Techniques de l’Ingénieur, emplacement 43 au RIAD EL FETH, El-madania, Alger.

L’assaut des bots

Créée en 2009 par le Collège de France avec le soutien de l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA), la chaire « Informatique et sciences numériques » accueille chaque année un nouveau titulaire spécialiste reconnu d’un domaine (langages de programmation, sécurité et analyse de protocole, robotique, …). Pour l’année académique 2010-2011, c’est Martin Abadi qui a été nommé.

Né en 1963 à Buenos Aires, il a fait ses études à Stanford University où il obtint son doctorat en informatique en 1987. Chercheur, le plus souvent dans des laboratoires industriels, il est depuis 2006 « principal researcher » à Microsoft Research Silicon Valley. Il a aussi enseigné à Berkeley, à Stanford et à l’University of California, Santa Cruz, où il est actuellement professeur. Sa recherche porte principalement sur la sécurité informatique, sur les langages de programmation et sur les méthodes de spécification et preuve formelle. Il s’est intéressé, par exemple, au développement de la théorie des langages de programmation orientés objet et à la conception et l’analyse des protocoles de communication sécurisés sur Internet.

Le 10 mars dernier, en prélude à l’enseignement sur la sécurité informatique qui démarrera la semaine suivante, le Professeur Martin Abadi  a, dans le cadre de la « Leçon inaugurale », donné une conférence sur le thème « L’assaut des bots »  dont voici de larges extraits.

  

Bot et botnets

 « Une partie considérable du spam provient de vastes réseaux d’ordinateurs contrôlés par des attaquants, presque toujours à l’insu de leurs propriétaires. Ces réseaux sont appelés botnets, et chacun des ordinateurs est un bot (pour robot). Les botnets sont utilisés aussi dans d’autres buts criminels ou politiques, comme l’attaque massive par déni de service (denial of service) contre l’Estonie en 2007. L’usage des botnets amplifie le pouvoir des attaquants et leur permet de mieux masquer leur identité.

Un botnet peut compter des dizaines de milliers de bots, voire plus. Au total, on a estimé qu’il y aurait des dizaines de millions de bots, peut-être 100 millions ou 150 millions, déjà en 2007. Même si on ne peut pas trop faire confiance à de tels chiffres, ils donnent une idée de l’énormité du problème, ou du moins de l’inquiétude qu’il suscite. Souvent les membres du botnet communiquent par des messages chiffrés, en utilisant des méthodes cryptographiques analogues à celles qui protègent les réseaux militaires et les réseaux bancaires, que nous étudierons plus en détail pendant le cours. Par ce biais, le spam et les botnets nous fournissent une application inattendue de la cryptographie moderne.

Cet aspect des botnets nous permet déjà de présenter certains des personnages de notre drame. En cryptographie, nous parlons souvent de deux personnes fictives, Alice et Bob, qui souhaitent communiquer. Nous parlons aussi d’Eve, qui veut écouter leurs messages (eavesdrop), et de Mallory, qui est prête à tout, même à se faire passer pour Alice ou Bob. Ces prénoms humains peuvent nous faire ressentir une certaine sympathie envers Alice et Bob, et en tout cas servent à motiver les problèmes de communication mieux que les lettres A, B, E et M.

On suppose parfois qu’Alice et Bob sont honnêtes et bienveillants, et qu’ils se font mutuellement confiance. Ce n’est pas nécessairement le cas. Les mécanismes de sécurité ne sont pas toujours là pour protéger les bons des méchants. Ainsi, dans les communications au sein d’un botnet, Alice et Bob sont des bots qui conspirent pour envoyer du spam, ou pire.

Le travail des bots est typiquement coordonné par des ordinateurs, maîtres ou relais, qui se chargent de commander le réseau (Command & Control). Ce ne sont pas toujours les mêmes qui commandent, ou ils ne restent pas toujours aux mêmes adresses sur Internet, sinon il serait trop facile de décapiter un botnet. Parfois, une partie du contrôle des botnets est décentralisée, en utilisant les techniques pair-à-pair (P2P). Il a même été suggéré de monter des botnets sur Skype, un système P2P bien connu de téléphonie chiffrée par Internet.

Quand l’ordinateur devient aussi un bot

Contre ces astuces et subterfuges des botnets, nous disposons de techniques de plus en plus puissantes pour détecter et comprendre leurs activités, pour les bloquer et parfois pour les détruire. Par exemple, nous pouvons déceler des similarités et des régularités dans les actions des bots, pour ainsi les reconnaître, en déduire leurs alliances, et mieux dépister et comprendre leurs attaques. Cela exige des calculs de grande échelle, qui analysent des milliards d’événements sur Internet, en traitant des téraoctets (1012 octets) de données. Cela s’accompagne aussi d’efforts juridiques qui visent à démanteler les structures de contrôle de botnets, mais qui restent généralement inefficaces contre la formation de nouveaux botnets, quelquefois à partir des mêmes bots.

Chacun des bots est un ordinateur dont la sécurité a été compromise, grâce à des failles dans son logiciel, à des erreurs de ses usagers, ou aux deux. Les moyens de réduire un ordinateur à l’esclavage sont assez variés, parfois bêtes et méchants, parfois spectaculaires.

Par exemple, un usager peut recevoir une carte postale électronique avec des voeux de Noël ou une proposition amoureuse tentante. Si cette carte postale porte le nom de fichier ILoveYou.exe, elle contient un programme plutôt qu’une image, et ce programme se lance quand l’usager clique dessus. Le programme peut alors contacter les maîtres d’un botnet, puis suivre leurs ordres. L’ordinateur devient ainsi un bot.

Une image JPEG ou un fichier PDF peut être corrompu

Mais l’ordinateur reste vulnérable, même si le nom de fichier est ILoveYou.jpg ou ILoveYou.pdf, indiquant de traiter la carte postale comme une image de type JPEG ou PDF. En effet, des erreurs dans le logiciel d’affichage des images peuvent permettre à l’attaquant de contourner les mécanismes de défense de l’ordinateur. Même des erreurs apparemment minuscules et anodines peuvent s’avérer catastrophiques. Nous verrons comment plus tard. Par exemple, en 2004, une image JPEG corrompue pouvait lancer des programmes sur Windows. Plus récemment, en 2010, des failles dans la gestion des fichiers PDF sur les IPhones et les IPads permettaient de prendre le contrôle de ces téléphones et de ces tablettes. Parfois, de telles failles sont de vieilles erreurs, réparées dans des versions plus récentes du logiciel que l’usager n’a pas encore installées. Peut-être l’attaquant a-t-il même découvert ces erreurs en comparant les différentes versions du logiciel !

Pour l’instant, retenons qu’un problème relativement modeste et banal, comme celui du spam, mène non seulement à des questions d’apprentissage automatique et de cryptographie, mais aussi au problème plus général de la correction des programmes (le logiciel se comporte-t-il conformément à ses spécifications ?). Ce problème, auquel Turing s’attaquait déjà en 1949 dans son article « Checking a large routine », a été traité avec ténacité depuis, souvent en suivant des approches à base de logique formelle ; même s’il n’est pas encore résolu, nous avons beaucoup avancé.

Retenons aussi que les usagers jouent un rôle délicat et essentiel en sécurité. Ces usagers constituent souvent le maillon le plus faible de la chaîne. Par exemple, ils choisissent souvent des mots de passe faciles à deviner. Dans une étude récente, on constatait qu’un usager sur cent se servait tout simplement du mot de passe « 123456 », ce qui est déjà mieux que « 12345 », un autre choix très fréquent. De même, les usagers semblent enclins à lancer à peu près n’importe quel programme, surtout si ce programme est gratuit et amusant.

La sécurité, un problème social

Pourtant, nous ne devons pas trop blâmer ces usagers, car la donne actuelle ne les incite pas nécessairement à prendre les bonnes précautions. Par exemple, revenons à l’usager qui reçoit un fichier ILoveYou.jpg, ILoveYou.pdf ou ILoveYou.exe. Supposons qu’il puisse se procurer un logiciel sûr qui, entre autres choses, traite correctement les fichiers JPEG et PDF, et aussi cloisonne l’exécution des fichiers EXE pour en limiter les effets fâcheux. Il lui faut d’abord faire l’effort d’installer ce logiciel, qui peut d’ailleurs être moins plaisant à utiliser que le précédent . Il lui faut parfois aussi payer l’auteur de ce logiciel. Tout ceci ne l’encourage pas à se donner du mal. De plus, la sécurité accrue du nouveau logiciel est difficile à prouver et ne présente pas nécessairement un bénéfice direct évident pour l’usager.

Son ordinateur n’enverra pas de spam à d’autres, mais lui-même en recevra tout autant. Est-ce motivant ? Il semblerait que non.

En somme, il ne suffit pas d’inventer des techniques astucieuses. Il faut que ces techniques soient faciles à utiliser correctement. Il faut aussi que, du point de vue de ceux qui peuvent les mettre en place, elles en valent la peine.

La sécurité ne doit pas être envisagée seulement comme un problème individuel, mais aussi comme un problème social. En ceci, elle ressemble assez à la santé. Les maladies de chaque individu (ou de chaque ordinateur) créent un danger pour les autres. »

 

Une chaire en hydrologie urbaine

Les travaux de la Chaire de recherche et d’enseignement, « Hydrologie pour une Ville Résiliente », porteront sur une meilleure prévision des phénomènes pluvieux pour une gestion efficace des eaux pluviales en zone urbaine.

En effet, les grandes métropoles demeurent particulièrement vulnérables aux phénomènes pluvieux intenses, comme le rappellent régulièrement es événements dramatiques. Le changement climatique devrait d’ailleurs en renforcer la fréquence. Même lors d’événements pluvieux moins extrêmes et plus fréquents, il est nécessaire de gérer les flux de ruissellement et de polluants afin de limiter leurs rejets dans les milieux récepteurs, en les stockant ou en les traitant. À cet effet, il convient de disposer de données de précipitations à une échelle très fine pour obtenir les modélisations et les prévisions hydrologiques les plus précises possible.

Pour y parvenir, la Chaire vise à utiliser et exploiter l’innovation technologique que représente le radar hydrométéorologique de 3 centrimètres de longueur d’onde (dite « bande X ») et doté d’une double polarisation. Cette technologie multiplie par dix la résolution des mesures de précipitation par radar et va ainsi rendre possible le développement d’outils d’aide à la décision, au service d’une gestion prédictive efficace des eaux pluviales et de leurs impacts aux échelles des quartiers et des villes.

La Chaire associera les savoir-faire des deux partenaires. D’une part, pour l’École des Ponts ParisTech, celui des chercheurs du laboratoire Eau Environnement et Systèmes Urbains (LEESU) dont une grande partie des recherches portant sur le cycle de l’eau et des polluants dans la ville et l’amélioration de leur gestion, sont menées dans le cadre de nombreuses collaborations nationales et internationales appelées à se renforcer avec la création de cette chaire. D’autre part, pour Veolia Eau, les équipes d’ingénieurs et de chercheurs de Veolia Environnement, dont la Direction Recherche et Innovation qui réunit  850 chercheurs et développeurs. Ceux-ci apportent, dans leurs domaines de compétences, des solutions novatrices concrètes, qui répondent aux quatre enjeux majeurs identifiés par le groupe : gérer et préserver les ressources naturelles, limiter les impacts sur les milieux naturels,  préserver la santé et le cadre de vie et  développer des sources d’énergie alternatives.