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Quels financements pour le Plan Stratégique pour les Technologies Energétiques ?

Posté le par La rédaction dans Environnement

Dans le cadre de la présidence suédoise de l'Union européenne, la Commission européenne et l'Agence suédoise de l'énergie (ASE) ont organisé une conférence dédiée au Plan Stratégique pour les Technologies Energétiques (SET-Plan) à Stockholm les 21 et 22 octobre 2009. Outre les plans d'actions, ce sont les questions posées par le financement qui ont été abordées. Explications.

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61258.htmDans le cadre de la présidence suédoise de l’Union européenne, la Commission européenne et l’Agence suédoise de l’énergie (ASE) ont organisé une conférence dédiée au Plan Stratégique pour les Technologies Energétiques (SET-Plan) à Stockholm les 21 et 22 octobre 2009. Outre les plans d’actions, ce sont les questions posées par le financement qui ont été abordées.1. La conférence sur le Plan Stratégique pour les Technologies EnergétiquesInaugurée par la ministre suédoise de l’énergie, des entreprises et des communications et Vice-premier ministre, Mme Maud Olofsson, en présence du Commissaire européen en charge de l’énergie, M. Andris Pielbalgs, et du Commissaire européen chargé de la recherche, M. Janez Potocnik.La conférence a porté principalement sur la compétitivité européenne en matière de technologies énergétiques à faible émission de carbone. La session de Stockholm était principalement axée sur la question du financement. Leurs interventions faisaient suite à la communication présentée par la commission au parlement le 7 octobre dernier sur ce sujet.Elle avance notamment le chiffre de 50 milliards d’euros pour financer la nécessaire transition énergétique de l’Europe d’ici à 2020. La commission a proposé dans ce document une répartition de ces investissements par secteur technologique.Les quelques 250 participants se sont repartis l’après-midi en huit groupes de travail : bioénergies, solaire photovoltaïque, solaire à concentration, capture et stockage du CO2, éolien, nucléaire, réseaux intelligents, villes intelligentes. Au sein de chacun des groupes, les intervenants sont revenus sur les objectifs, et les moyens et les feuilles de route proposées ont été présentés plus en détail. Lors de la dernière demi-journée, chaque groupe a rendu compte des travaux et avancées faits lors de la séance de travail. Des propositions et suggestions originales sont apparues mais le cœur du processus reste maintenant la décision de financement de ces feuilles de route.2. Atelier bilatéral : une large mobilisation côtés français et suédoisEn marge du sommet du SET-Plan, un atelier franco-suédois portant sur les enjeux de la recherche dans le domaine des énergies bas carbone s’est tenu a Stockholm le vendredi 23 octobre. Afin de développer la coopération entre la France et la Suède dans un domaine scientifique et technologique jugé stratégique, l’Ambassade de France en Suède et le délégué régional du CEA basé a Helsinki ont organisé un atelier bilatéral sur le thème des technologies énergétiques faiblement émettrices de dioxyde de carbone.Préparée en partenariat avec l’ASE, cette rencontre scientifique, qui a réuni une centaine de participants, a permis aux chercheurs et aux acteurs de la R&D d’échanger afin de développer les réseaux et d’identifier des possibilités de collaboration. Du côté français, l’ADEME et l’IFP se sont également associés à cet évènement. Un des objectifs de cet atelier était de permettre aux acteurs des deux pays de développer des synergies dans le cadre des feuilles de route définies par le SET-Plan.3. Des politiques énergétiques française et suédoise tournées vers la réduction des émissions de GESLes acteurs français et suédois de la recherche ont par ailleurs présenté des priorités technologiques assez similaires dont le développement doit être accéléré pour créer une société « décarbonée ». Il en ressort naturellement que les possibilités de coopération sont nombreuses. Chacun des deux pays a ainsi mis en place un programme spécial pour aider au développement et à la construction de démonstrateurs industriels. Ces fonds sont gérés par l’ADEME (400 millions d’euros dans le cadre du Grenelle de l’environnement) et l’ASE (environ 85 millions d’euros).Le message qu’a fait passer le professeur Styring, spécialiste de la photosynthèse artificielle à l’Université d’Uppsala, est aussi à souligner. La recherche fondamentale ne doit pas être délaissée, car c’est elle qui fournira les nouvelles solutions énergétiques de demain.La matinée du 23 octobre a été consacrée à des exposés généraux avec en particulier une intervention de Hervé Bernard, administrateur général adjoint du CEA et de Lars Guldbrand, directeur R&D de l’ASE. La Suède a depuis longtemps une politique très volontariste dans le domaine de l’énergie. De nouveaux objectifs ont cette année encore renforcé les ambitions suédoises. l’ASE est en charge de leur réalisation.4. Quatre types de technologies offrant des possibilités de synergiesLes travaux de l’après-midi se sont articulés autour de quatre thèmes : bioénergies, solaire, réseaux intelligents, capture et stockage du CO2 (CCS). Ces thématiques ont été choisies parmi les huit thématiques du sommet SET-Plan en considérant les spécificités énergétiques de nos deux pays. Les discussions ont permis des échanges très fructueux. En guise de conclusion, les modérateurs de chaque table ronde ont présenté les résultats des discussions à la résidence de l’Ambassadeur et en sa présence : Le directeur de l’ASE a estimé que les acteurs du domaine des bioénergies se connaissaient peu. Une liste de points de contact que l’ASE pourrait identifier en Suède, permettrait de développer ensuite des projets communs.En outre, la France aurait beaucoup à apprendre de la Suède en matière de gestion des ressources et de collecte de biomasse telle que le bois. Les deux pays pourraient également mieux coordonner leurs efforts pour les biocarburants de seconde génération, en particulier dans le domaine de la gazéification.Dans le groupe de travail sur l’énergie solaire animé par Mans Lönnroth, ancien secrétaire d’état à l’environnement et ancien directeur de la fondation suédoise pour la recherche environnementale stratégique (MISTRA), les participants suédois ont été impressionnés par l’étendue des possibilités de l’INES (Institut national de l’énergie solaire) situé à Chambery. Côté suédois, les industriels comme Solibro AB se sont montrés intéressés par les possibilités de test de panneaux. L’approche « carburants solaires », développée à KTH (Ecole royale polytechnique de Stockholm), peut être une voie de développement en synergie à explorer entre nos deux pays.En France et en Suède, l’augmentation de production d’électricité renouvelable, souvent intermittente et décentralisée, oblige à repenser et moderniser nos réseaux électriques conçus pour distribuer l’énergie produite par les centrales nucléaires ou les grands barrages hydroélectriques. Rajeev Thottappillil, professeur à KTH et modérateur de cette session, a donc insisté sur l’importance des réseaux intelligents pour rendre plus efficace notre utilisation de l’énergie.La technologie CCS est habituellement présentée comme une solution pour rendre propre la production électrique à base de charbon. La France et la Suède sont deux cas particuliers de par leur mix énergétique. François Kalaydjian, directeur de la direction des technologies de développement durable de l’IFP, a ainsi insisté sur l’application du CCS pour les bioénergies ou pour les industries comme la sidérurgie. L’énergéticien suédois Vattenfall AB, représenté par Bjarne Korshoj, Vice-president en charge du CCS, compte beaucoup sur cette technologie pour atteindre son objectif de neutralité en carbone en 2050.De manière plus large, les panélistes ont souligné qu’il était important d’envisager des programmes conjoints de formation des futurs ingénieurs et chercheurs dans le domaine des énergies renouvelables et d’accorder une importance accrue au dialogue avec la société civile pour mieux faire comprendre les défis auxquels nous sommes confrontés et les solutions qui se dessinent (cas du CCS). 
Pour en savoir plus :
– Les présentations des intervenants sont accessibles sur les pages scientifiques du site internet de cette ambassade : http://ambafrance-se.org/france_suede/spip.php?article2645– Site de l’Agence suédoise de l’énergie : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/qyoCP
Origine :
BE Suède numéro 9 (18/11/2009) – Ambassade deFrance en Suède / ADIT –http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61258.htmAntoine Baudoin est chargé de mission scientifique/CEA à l’ambassade de France en Suède
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