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Attaque jihadiste au Mozambique: la famille d’une victime britannique questionne le rôle de TotalEnergies

Posté le par AFP

La famille d’un Britannique tué lors d’une attaque jihadiste au Mozambique en mars 2021 a interrogé jeudi le rôle de TotalEnergies dans l’échec de l’opération de secours, estimant que davantage de vies auraient pu être sauvées lors de l’assaut.

Les frères de Philip Mawer, qui travaillait pour un sous-traitant d’un projet gazier de TotalEnergies dans la région, réagissaient aux conclusions d’une enquête menée au Royaume-Uni pour déterminer les causes de la mort de cet homme de 58 ans.

Le quinquagénaire avait été tué lorsqu’une roquette avait touché le véhicule dans lequel il tentait de s’enfuir avec d’autres personnes, bloquées depuis plusieurs jours dans un hôtel, durant cette attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI).

Le gouvernement mozambicain avait organisé des évacuations par hélicoptère mais Philip Mawer et d’autres personnes avaient finalement décidé de s’enfuir en voiture, après avoir jugé peu probable la poursuite de ces évacuations par les airs.

Jeudi, à l’issue de la procédure, Bill Mawer, un des frères de Philip Mawer, s’est dit « profondément déçu » que les conclusions de l’enquête n’aient pas apporté davantage de réponses.

Dans le système britannique, une telle enquête a pour but d’établir les causes de la mort d’une personne, mais pas les responsabilités éventuelles.

Devant la cour, le directeur général de la société sud-africaine Dyck Advisory Group (DAG), Max Dyck, avait affirmé que TotalEnergies avait refusé les demandes de carburant formulées par son entreprise, qui a fourni des hélicoptères au gouvernement mozambicain pour aider à gérer la crise.

« Pourquoi Total a-t-il refusé de fournir du carburant (…)? Le tribunal a entendu que de nombreuses autres missions de sauvetage auraient pu être effectuées avec ce soutien », ont déploré jeudi les deux frères de Philip Mawer dans un communiqué.

Ils ont regretté que Total n’ait pas présenté devant la cour « de témoins susceptibles d’être interrogés ».

Contacté par l’AFP, TotalEnergies n’a pas souhaité commenter les conclusions de la procédure.

Par le passé, le groupe avait affirmé que « l’ensemble du personnel de Mozambique LNG (sa filiale mozambicaine) ainsi que ses contractants et sous-traitants avaient été évacués », principalement par bateau.

Il avait également insisté sur le fait qu’il avait fourni du carburant pour l’opération de secours.

Le groupe fait l’objet de deux procédures judiciaires en France, dont une enquête pour homicide involontaire, après les plaintes de survivants et familles de victimes de l’attaque.

Lancée le 24 mars 2021, elle a fait un nombre indéterminé de victimes à ce jour parmi la population locale et les sous-traitants du projet.

Maputo n’a fourni qu’un bilan d’une trentaine de victimes, mais selon un journaliste indépendant, Alex Perry, le bilan s’élève à 1.402 civils décédés ou disparus.

har-mhc/alm/cpy

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