Le parquet de Brest a requis jeudi la relaxe de l’exploitant du parc éolien de la baie de Saint-Brieuc Ailes Marines, filiale de l’énergéticien espagnol Iberdrola, jugé pour une fuite d’huile lors du forage des fondations des éoliennes en 2021.
Dans son bref réquisitoire, la substitute du procureur, Marine Brimboeuf, a évoqué la toxicité « résiduelle » de l’huile en cause et le fait que la preuve d’un impact environnemental n’était « pas rapportée ».
« Ce dossier méritait un débat au vu de la réitération des fuites » survenues entre mai et juillet 2021, a cependant estimé la magistrate.
La société Ailes Marines comparaissait devant le tribunal correctionnel de Brest pour la fuite la plus importante, celle de 170 litres survenue le 14 juin 2021 à 04H45, causée par le desserrage d’une pièce servant à guider les opérations de forage en mer.
C’est le navire Aeolus, appartenant à la société néerlandaise Van Oord, sous-traitante d’Ailes Marine, qui avait déclaré la fuite aux autorités.
L’huile s’était répandue sur une surface de 16 km de long sur 3,3 km de large, avant de se disperser naturellement le lendemain.
Cette huile biodégradable, de marque Panolin, « ne figure pas parmi les listes de produits toxiques de la réglementation européenne », a noté Eléonore Heftler-Louiche, avocate d’Ailes Marines, alors que la société est poursuivie pour rejet en mer de « substance nuisible ».
En outre, la fuite « n’a pas eu d’impact sur l’environnement: c’est dit six fois par les gendarmes dans le dossier », a relevé l’avocate, en ajoutant que la biomasse de coquilles Saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc avait atteint des niveaux record pendant la phase de construction du parc éolien.
Cela n’a pas convaincu les quatre associations de défense de l’environnement, parties civiles au procès, qui ont réclamé plusieurs milliers d’euros en dommages et intérêts.
« Aucune cause, aussi noble soit-elle, ne peut servir à faire de la mer un laboratoire à ciel ouvert », a lancé Me Louis Cadic, avocat de deux d’entre elles, en critiquant une « faute d’imprudence » d’Ailes Marines.
Le jugement a été mis en délibéré au 9 octobre.
Entré en service en mai 2024, le parc de la baie de Saint-Brieuc, qui compte 62 éoliennes, a une capacité de production correspondant à la consommation de 835.000 habitants.
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