Le Haut Commissariat au Plan (HCP) a appelé jeudi à relancer une politique de « grands projets stratégiques » d’infrastructures pour le XXIe siècle, lors de la présentation d’un rapport en ce sens.
Fruit d’une mission de six mois, ce document vise à « remettre au coeur du débat, surtout au coeur de l’action, la notion d’aménagement du territoire » dans une « projection à 2050 », a déclaré le Haut commissaire au plan, Clément Beaune, lors d’une conférence de presse.
Transports, énergie, numérique, eau figurent parmi les principaux chantiers d’infrastructures à créer ou à rénover, ciblés par le rapport.
Par ailleurs, « les infrastructures naturelles » (zone humide, fleuve, nappe, forêt) « dont dépendent les services essentiels devront être identifiés, évalués et pleinement pris en compte dès la phase de conception des projets », a souligné l’un des co-auteurs, Marc Fasan, lors de la conférence.
Les auteurs posent le principe que ces « infrastructures naturelles » sont « aussi indispensables au fonctionnement du pays » que les infrastructures construites par l’espèce humaine, voire « nécessaires au fonctionnement même de ces infrastructures ».
Afin de définir les objectifs et calendriers des projets d’infrastructures, la mission prône « la création d’un Comité interministériel de grands projets stratégiques, appuyé par une structure interministérielle de pilotage et de suivi autour d’une équipe resserrée ».
Cette structure serait bâtie sur un modèle comparable à celui de la Délégation interministérielle au nouveau nucléaire (DINN) ou de la Délégation interministérielle aux Jeux olympiques et paralympiques (DIJOP).
Elle « devrait impérativement associer l’État et les Régions, dans son fonctionnement et dans sa gouvernance », ajoute le rapport.
Les auteurs prônent aussi « l’organisation, tous les deux à trois ans, d’une Conférence nationale de l’aménagement du territoire, associant l’État et les collectivités territoriales », pour créer un « schéma national des infrastructures et d’aménagement du territoire ».
Ce document « pourrait tenir lieu (…) de loi de programmation pluriannuelle des infrastructures débattue au Parlement ».
Enfin, le rapport recommande que soit annexé chaque année aux lois de finances « une estimation de la dette grise, c’est à dire de l’effort d’investissement » nécessaire pour « entretenir ou régénérer les infrastructures existantes », a déclaré le Haut Commissaire au Plan, Clément Beaune.
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