Le constructeur automobile français Renault a annoncé jeudi un investissement de 600 millions d’euros en Espagne d’ici à 2030 dans un plan visant à produire cinq nouveaux modèles, dont deux véhicules électriques, « une première » pour le groupe dans le pays en 75 ans de présence.
« Cet investissement combine les ressources propres du groupe Renault, ainsi que des aides publiques nationales et régionales », a détaillé le constructeur dans un communiqué, se félicitant d' »une nouvelle étape pour l’entreprise ».
« Dans un contexte difficile pour le secteur, le groupe Renault démontre son engagement envers ses usines espagnoles », a fait valoir Christian Stein, directeur général de Renault Groupe Espagne, cité dans le communiqué.
Le plan stratégique mis en place par le constructeur français « prévoit l’affectation de cinq nouveaux modèles aux usines de Valladolid et de Palencia, dont deux véhicules électriques », a précisé Renault.
En Espagne, le groupe dispose de sites à Madrid, Valladolid, Palencia et Séville, ainsi que d’un réseau de 482 points de ventes et après-vente, commercialisant les marques Renault, Dacia et Alpine, selon son site internet.
En 2025, il a vendu près de 175.000 véhicules dans le pays, son troisième marché en Europe, d’après son rapport financier annuel.
Cette annonce intervient au moment où l’Europe, où les usines automobiles ne tournent en moyenne qu’à 50% de leurs capacités, est le théâtre d’une concurrence féroce, sur fond d’offensive des marques chinoises dans un marché peu dynamique.
Face aux droits de douane européens et à la volonté de la Commission européenne d’orienter la demande vers du « made in Europe » décarboné, les constructeurs étrangers – chinois en premier chef – ont tout intérêt à produire sur place, cherchant ainsi souvent à racheter des usines, une option plus simple que d’en construire.
Fin juillet, le constructeur automobile américain Ford avait annoncé qu’il prévoyait de créer une coentreprise avec le groupe chinois Geely dans son usine espagnole de Valence (est), en difficulté, qui produira quatre modèles supplémentaires des deux sociétés.
Ford et Geely suivaient ainsi les pas du constructeur américano-franco-italien Stellantis, qui a annoncé de son côté en mai projeter la cession partielle de son site d’assemblage de Madrid à son partenaire chinois Leapmotor.
L’économie espagnole, la quatrième de la zone euro et l’une des plus dynamiques de l’Union européenne, est largement tournée vers les services, notamment le tourisme, mais elle dispose également de puissantes filières industrielles, dont l’automobile.
Loin derrière l’Allemagne, l’Espagne est le deuxième producteur européen, devant la République tchèque, la Slovaquie et la France, avec 1,77 million de voitures assemblées en 2025, selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles.
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