Le président de France universités, Lamri Adoui, a appelé mercredi à faire « des choix budgétaires courageux » pour financer l’enseignement supérieur et la recherche, à quelques semaines de la présentation du dernier budget avant l’élection présidentielle.
« La construction du budget 2027 va être une discussion probablement très difficile dans le contexte de l’élection présidentielle à venir », a reconnu M. Adoui, en marge de l’Assemblée générale de rentrée des présidents d’université à Toulon.
La situation financière des universités « est préoccupante de façon générale et alarmante pour un certain nombre d’établissements », a indiqué le président de France universités, association qui réunit les dirigeants exécutifs des universités et établissements d’enseignement supérieur et de recherche.
« Si rien n’évolue dans les prochaines années, toutes les universités seront déficitaires à l’horizon 2030 », met en garde M. Adoui, qui explique cette dégradation notamment par le transfert sur le budget des établissements de nouvelles charges, comme la protection sociale complémentaire.
En 2025, plus de la moitié des universités étaient en situation déficitaire, selon France universités.
Avec « 1,8 million d’étudiants, on a une partie de l’avenir, de la jeunesse du pays entre nos mains. On leur donne des compétences », a insisté M. Adoui, également président de l’Université Caen Normandie. « La France investit 75 milliards d’euros de moins par an que l’Allemagne dans la recherche et l’innovation. L’innovation de rupture, ça se prépare sur le long terme dans les laboratoires de recherche, sur de la recherche fondamentale qui donnera de l’innovation de rupture à terme », poursuit-il.
« Le Premier ministre (…) a élevé ces questions d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation au rang d’une des cinq priorités de la nation. On attend que ça se traduise par des choix budgétaires courageux, dans un moment qu’on sait difficile ».
Pour Xavier Leroux, président de l’université de Toulon, il ne s’agit pas d’une simple demande de moyens supplémentaires. « On est bien conscient de la situation », a-t-il expliqué.
« On a des universités qui ont su faire des choix pour finalement parfois mieux fonctionner. On a aussi des améliorations internes à réaliser », a-t-il concédé. « Mais ce qu’il convient de mettre en place, ce sont ces priorités, une feuille de route. C’est la stratégie au niveau national pour savoir qu’est-ce qu’on décline au niveau des universités », a-t-il conclu.
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