La préfecture du Tarn a régularisé mercredi la situation du chantier de l’autoroute controversée A69 entre Toulouse et Castres, épinglé fin 2025 pour s’être étendu sur plusieurs dizaines d’hectares qui auraient dû rester intacts.
Le préfet du Tarn, Simon Bertoux, a donc modifié l’arrêté de mars 2023 donnant autorisation environnementale au projet – par ailleurs définitivement entériné fin juin par le Conseil d’Etat – pour y inclure ces zones de dépassement, a indiqué la préfecture dans un communiqué.
« Les évolutions apportées au projet ne constituent pas une modification substantielle, mais seulement +notable+ de l’autorisation environnementale (…) elles ne nécessitent pas de mettre en oeuvre une nouvelle procédure complète d’autorisation », que les opposants au projet réclamaient, détaille le communiqué.
La nouvelle version de l’arrêté demande au futur concessionnaire Atosca « de nouvelles mesures de compensation » des impacts négatifs sur l’environnement du projet, ajoute la préfecture.
Le collectif d’opposants à l’A69 La Voie est libre (LVEL) avait dénoncé fin novembre 2025 des dépassements de l’emprise du chantier portant sur une quarantaine d’hectares. Les opposants avaient déposé plainte, ainsi qu’un recours en référé, et la justice avait ordonné le 12 janvier 2026 la suspension des travaux dans ces zones ne bénéficiant pas de l’autorisation environnementale.
Une « instruction approfondie » a été diligentée par les services de l’Etat, qui ont notamment conduit une cartographie des dépassements, par survol de drone, ayant permis d’identifier 3 ha supplémentaires et « d’apprécier en détail les impacts sur les milieux aquatiques (…), les espèces protégées et leurs habitats, les sites Natura 2000 ou les espaces boisés ».
Ce projet d’autoroute, dont les 53 km vont raccourcir d’une vingtaine de minutes le trajet entre Toulouse et Castres, vise selon ses partisans à désenclaver le sud du Tarn.
Ses opposants, qui réfutent la notion d’enclavement de ce territoire, dénoncent un projet d’infrastructure anachronique à l’heure du dérèglement climatique, et ont multiplié les recours en justice, ainsi que les mobilisations, pour tenter d’entraver ce chantier, désormais quasi terminé.
« Ces actes administratifs mettent un terme aux travaux de régularisation entrepris fin d’année 2025 par Atosca et encadrent les opérations de finalisation du chantier en vue de l’ouverture de l’A69 à la mi-octobre 2026 », a réagi le porteur de projet, sollicité par l’AFP, à propos de la modification de l’arrêté d’autorisation environnementale.
La décision de l’Etat de régulariser les dépassements, dont la préfecture assure qu’elle a pris en compte les contributions soumises par le public lors d’une consultation, « s’assoit sur l’avis du peuple, et régularise une des pires infractions environnementales de l’histoire du BTP », a fustigé mercredi LVEL dans un communiqué.
« A l’heure où les forêts brûlent, où la chaleur tue, ce nouveau coup porté au droit environnemental est un ultime déshonneur pour l’Etat. Honte aux saccageurs de nos territoires », a poursuivi le collectif d’opposants.
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