Le pétrochimiste britannique Ineos du milliardaire Jim Ratcliffe a annoncé mardi la mise à l’arrêt de trois usines chimiques à Hull, dans l’est de l’Angleterre, invoquant des prix du gaz européen devenus insoutenables pour la production.
« Avec des prix du gaz désormais douze fois supérieurs au niveau américain et huit fois supérieurs à celui de la Chine, nous ne pouvons tout simplement pas être compétitifs », explique l’homme d’affaires dans un communiqué.
Selon Ineos, les usines concernées soutiennent « près de 4.000 emplois hautement qualifiés » et constituent « les dernières unités d’acétyles de taille mondiale encore en activité en Europe », les autres ayant déjà fermé « en raison de coûts énergétiques non compétitifs ».
Elles produisent des matériaux utilisés dans les produits pharmaceutiques, les vêtements, les cosmétiques, les détergents, les matériaux de construction et les explosifs militaires, pour lesquels le gaz sert à la fois de source d’énergie et de matière première.
Le cours du gaz européen a plus que doublé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et s’établit désormais autour de 75 euros le mégawattheure, un niveau qui pourrait encore grimper à l’approche de l’hiver. Mais il reste loin des 300 euros le mégawattheure franchi en 2022.
Jim Ratcliffe estime que ce prix « ridiculement élevé » accroît par ailleurs « considérablement le fardeau environnemental, les produits de remplacement provenant des États-Unis présentant des émissions de carbone doublées et ceux provenant de Chine des niveaux 8 fois plus élevés ».
« Les régulateurs européens doivent se rendre compte que la combinaison de coûts énergétiques élevés et du fardeau supplémentaire de taxes carbone insoutenables est en train de détruire notre base industrielle européenne », ajoute ce partisan du Brexit résident à Monaco.
« Même s’il s’agit d’une décision commerciale prise par Ineos, nous savons que cette période sera source de préoccupations pour les travailleurs » de ces usines, a réagi un porte-parole du ministère des Entreprises, assurant que le gouvernement a pris « des mesures audacieuses » pour soutenir son industrie chimique, notamment des aides et des mesures commerciales sur les importations.
Jim Ratcliffe, qui a récemment suscité la controverse avec ses commentaires sur l’immigration, a estimé la semaine passé sur la BBC que le Royaume-Uni était « en déclin » et qu’il était nécessaire d’investir dans les hydrocarbures en Mer du nord, sans quoi le pays pourrait « manquer de gaz » en cas de vague de froid cet hiver.
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