Les géants mondiaux de l’aéronautique et de la défense se retrouvent de lundi à jeudi au salon de Farnborough, au Royaume-Uni, dans un contexte marqué par l’envolée des dépenses militaires liée aux conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. Tour d’horizon des enjeux de cette édition.
– Plus de 100.000 visiteurs –
Organisé tous les deux ans, Farnborough est l’un des principaux rendez-vous du secteur, où sont présentés nouveaux avions et équipements militaires.
Plus de 100.000 visiteurs et 1.600 exposants sont attendus pendant quatre jours sur cet aéroport au sud-ouest de Londres, habituellement réservé aux jets privés.
« Ce +Farnborough+ est le plus grand depuis des années », estime son directeur général, Gareth Rogers, soulignant l’ouverture d’un sixième hall d’exposition pour accueillir davantage de visiteurs.
– La défense au premier plan –
Théâtre de certains des plus grands contrats de l’histoire de l’aéronautique, le salon se tient cette année dans un contexte géopolitique profondément bouleversé, marqué par la montée des inquiétudes sécuritaires en Europe et l’imprévisibilité de l’allié américain.
Dans ce cadre, les dépenses de défense européennes connaissent « une hausse régulière », explique à l’AFP Justin Bronk, chercheur au think tank britannique Rusi. Il relève « une nette intensification des efforts visant à développer, à partir du début des années 2030, des capacités qui réduisent la dépendance » à l’égard des États-Unis.
La défense représente habituellement 40% de l’événement, mais la répartition avec le secteur civil devrait cette fois être presque équilibrée, selon Gareth Rogers.
L’Ukraine devrait être très présente au salon. Selon le directeur du salon, un espace supplémentaire a même été aménagé pour sa délégation et ses exposants.
– Le défi du GCAP –
Le projet GCAP (Global Combat Air Programme), futur avion de combat de sixième génération développé par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon figurera parmi les principales attractions.
Une étape majeure a été franchie ce mois-ci avec l’attribution par les trois pays de 4,6 milliards de livres (5,4 milliards d’euros) pour poursuivre son développement, pour une entrée en service en 2035.
Mené par une coentreprise réunissant le britannique BAE Systems, l’italien Leonardo et le japonais JAIEC, le projet est particulièrement scruté depuis l’enterrement du projet franco-allemand de chasseur Scaf (Système de combat aérien du futur).
Toutes les parties seront « désireuses de montrer les progrès accomplis jusqu’à présent et de mettre en avant leur unité maintenant que le Royaume-Uni s’est enfin engagé à un financement de grande ampleur », affirme Justin Bronk.
Londres vient de promettre 8,6 milliards de livres sur quatre ans au GCAP dans le cadre de son plan décennal d’investissement dans la défense.
– Un drone en vedette –
Boeing mettra en avant le MQ-28 Ghost Bat, un drone autonome conçu pour opérer aux côtés d’avions de combat et mener seul des missions de surveillance et de reconnaissance.
L’appareil illustre la place croissante des drones dans les conflits modernes, alors que les systèmes sans pilote occupent un rôle central sur le front ukrainien.
Le groupe allemand Rheinmetall a conclu un partenariat avec Boeing pour intégrer le MQ-28 aux capacités de la Bundeswehr.
Développé avec la Royal Australian Air Force, l’appareil devrait être disponible pour l’Allemagne à l’horizon 2029.
– Airbus et Boeing à l’affût –
Farnborough reste le théâtre de la rivalité entre Airbus et Boeing, chacun s’efforçant d’annoncer de nouvelles commandes et dévoiler des clients jusqu’ici restés anonymes.
Boeing entend marquer les esprits afin de tourner la page de plusieurs années difficiles marquées par des problèmes de sécurité, des enquêtes judiciaires et des remaniements à sa tête.
Toutefois, « les ventes d’avions commerciaux ne devraient pas atteindre les niveaux records observés lors de précédentes éditions particulièrement fastes du salon, les grands constructeurs civils disposant déjà de carnets de commandes sans précédent », assure à l’AFP Tim Robinson, du magazine aéronautique de la Royal Aeronautical Society.
Les difficultés de la chaîne d’approvisionnement seront également scrutées, Boeing et Airbus restant confrontés à des tensions sur de nombreux composants, des moteurs aux sièges de cabine.
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