Le programme contesté de réintroduction du grand tétras dans les Vosges ne devrait pas être poursuivi au-delà de 2029, a appris vendredi l’AFP auprès du ministère de la Transition écologique, confirmant une information de Reporterre, média dédié à l’écologie.
Ancienne espèce endémique des Vosges, d’où il a quasiment disparu, le grand tétras, plus grand oiseau sauvage d’Europe, fait l’objet depuis 2024 d’un programme de réintroduction d’individus capturés en Norvège.
Trois lâchers ont déjà eu lieu, mais sur les 16 individus introduits lors des deux premiers lâchers, seulement un ou deux étaient encore en vie en 2026. Dix-sept autres ont été introduits au printemps dernier.
« Le retour d’expérience dont nous disposons à ce stade sur la mortalité des individus déplacés, ainsi que les informations disponibles sur l’évolution de l’habitabilité du massif des Vosges à moyen et long terme au regard de la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC), nous conduisent à prévoir l’achèvement du programme à l’issue de sa période de validité actuelle », indique le ministère dans un communiqué.
« Ces éléments nous amènent donc à ne pas envisager de nouvelles opérations de translocation au-delà de celles prévues dans le programme actuel. »
Des associations écologistes estiment que ce programme de réintroduction est voué à l’échec car l’environnement vosgien, perturbé par les activités humaines, ne serait plus adapté au grand tétras.
Néanmoins, le Parc naturel régional (PNR) des Ballons des Vosges a confirmé vendredi qu’une femelle introduite en 2024 avait donné naissance à quatre petits, pour la première fois depuis le début du programme.
Les jeunes oiseaux sont probablement nés mi-juin, a indiqué à l’AFP Fabien Diehl, technicien du PNR chargé du suivi de l’espèce.
Ils ont été observés le 4 août par un randonneur, qui est venu corroborer des photos, faites mi-juillet, de deux d’entre eux, un mâle et une femelle, a précisé le parc.
La poule qui leur a donné naissance, introduite en 2024, n’était plus suivie à la trace par les équipes du parc, les balises GPS posées sur les oiseaux cessant d’émettre au bout d’un an.
Elle avait déjà niché en 2025, mais ses oeufs avaient été détruits par des prédateurs, a indiqué Fabien Diehl.
« Ça montre qu’il y a un potentiel reproducteur chez ces oiseaux-là et que le milieu est favorable, que les oiseaux vont trouver tout ce qui leur est nécessaire pour accomplir leur cycle biologique », a-t-il affirmé.
Cette naissance est également importante pour la diversité génétique de l’espèce, car les derniers grands tétras autochtones des Vosges souffrent de consanguinité, a-t-il ajouté.
La dernière naissance répertoriée de grands tétras dans les Vosges remontait à 2019.
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