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Best of des IG Nobels… de médecine

Posté le par La rédaction dans Insolite

Les Ig Nobel viennent récompenser chaque année depuis près d'un quart de siècle les découvertes scientifiques les plus inutiles ou les plus absurdes. Tour d'horizon très complet du meilleur de ces 24 dernières années. Voici donc le best of des IG Nobels... de médecine !

La cérémonie des Ig Nobel vient chaque année bousculer avec beaucoup d’humour la très conventionnelle et poussiéreuse saison des Nobel, en mettant sur le devant de la scène les découvertes scientifiques les plus absurdes, les plus décalées, voire les plus nuisibles d’entre elles. La cuvée 2014 – dont nous vous avons parlé ici – fut un excellent cru, et nous encourage à nous replonger dans vingt-quatre années de prix parodiques, et ce de manière très exhaustive tant les palmarès regorgent de pépites hilarantes.

Mettez les pieds sous la table, nous avons compilé pour vous la crème de la crème des Ig Nobel, classés par catégories. Pour commencer, gros plan sur les IG Nobel… de médecine !

  • 1992 : le prix vint récompenser les chercheurs japonais F. Kanda, E. Yagi, M. Fukuda, K. Nakajima, T. Ohta et O. Nakata pour leur étude absolument indispensable sur l’ « élucidation des composés chimiques responsables des pieds malodorants ». Les travaux auraient été très remarqués, notamment pour leur conclusion, limpide : « les personnes qui pensent sentir des pieds sentiraient effectivement des pieds, alors que celles qui pensent ne pas sentir des pieds ne sentiraient pas des pieds »…

 

  • 1993 : l’Ig Nobel de médecine a été décerné à James F. Nolan, Thomas J. Stillwell, et John P. Sands, Jr., tous trois médecins, pour leur mémoire de recherche intitulé « Gestion correcte d’un pénis coincé dans une fermeture Éclair ».

 

  • 1996 : la récompense de cette année est quelque peu particulière, puisqu’elle vient faire écho aux auditions très médiatiques de quelques cadors de l’industrie du tabac (James Johnston de RJ Reynolds Tobacco Company, Joseph Taddeo de US Tobacco, Andrew Tisch de Lorillard, William Campbell de Philipp Morris, Edward A. Horrigan de Liggett Group, Donald S. Johnston de American Tobacco Company et Thomas E. Sandefur, Jr., président de Brown et Williamson Tobacco Company) à Washington, en 1994. Le prix leur revient de plein droit pour avoir soutenu sans sourciller devant le Congrès des États-Unis que la nicotine ne crée pas de dépendance.

 

  • 1999 : l’Ig Nobel de l’hygiène a été remis aux Américains George et Charlotte Blonsky, de New York et San Jose, Californie, pour avoir conçu un étonnant système permettant selon eux d’assister les femmes dans l’accouchement. Le principe est simple : on ligote une femme enceinte sur une table circulaire, que l’on fait tourner à grande vitesse. Cet objet de torture a été breveté par ses inventeurs dans les années 1960, mais il reste peu probable qu’il ait pu être utilisé.

Images tirées du brevet, copyright George et Charlotte Blonsky

 

  • 2002 : c’est au tour du Britannique Chris McManus de recevoir l’Ig Nobel de médecine, pour son étude de « l’asymétrie du scrotum chez l’homme dans les statues anciennes ». En observant l’asymétrie scrotale sur pas moins de 107 statues antiques ou datant de la Renaissance, Chris McManus a pu établir que la tendance visant à placer le testicule droit plus haut que le gauche était correcte (comme l’attestait déjà le fondateur de l’histoire de l’art, Johann Joachim Winckelmann), mais que les artistes avaient tort de matérialiser un testicule gauche plus gros.

De son côté, l’Espagnol Eduardo Segura a reçu l’Ig Nobel de l’hygiène, cette même année, pour avoir inventé « Lavakan de Aste », une machine à laver destinée aux chiens et aux chats. Animaux extrêmement apeurés au rendez-vous.

 

  • 2004 : les Américains Steven Stack et James Gundlach ont reçu l’Ig Nobel pour avoir publier un rapport détaillé sur « L’effet de la musique country sur le suicide », établissant notamment un lien fort entre la musique country et le taux de suicides chez les hommes blancs vivant dans des métropoles.

 

  • 2005 : le prix parodique fur décerné à Gregg A. Miller, originaire d’Oak Grove, dans le Missouri, pour avoir conçu des prothèses de testicules pour nos pauvres animaux domestiques castrés. D’abord pensées pour les chiens, les « Neuticles » devraient pouvoir redonner un peu de fierté à n’importe quel animal blessé au plus profond de sa virilité. Ces substituts de puissance sont disponibles en trois tailles, avec également trois niveaux différents de fermeté – ce qui ne gâche rien.

Crédit Photo : Gregg A. Miller/Neuticles.com

 

  • 2006 : l’Ig Nobel de médecine vint récompenser Francis M. Fesmire, de l’université du Tennessee, pour son rapport d’étude clinique sur le soulagement du hoquet récalcitrant grâce à un délicat massage rectal digital. Également distingués par l’Ig Nobel, Majed Odeh, Harry Bassan et Arie Oliven, du centre médical Bnai Zion, à Haïfa, Israël, pour avoir traité exactement le même sujet… un an et demi plus tard.

 

  • 2008 : le prix fut décerné à Dan Ariely, chercheur à l’université Duke, à Rebecca Waber du MIT, à Baba Shiv de l’université Stanford, ainsi qu’à Ziv Carmon de l’INSEAD de Singapour, pour avoir démontré l’incidence du prix d’un placebo sur son efficacité. Selon les résultats de leurs travaux, plus un placebo est cher, plus il serait efficace.

 

  • 2011 : Mirjam Tuk, Debra Trampe et Luk Warlop, ainsi que Matthew Lewis, Peter Snyder, Robert Feldman, Robert Pietrzak, David Darby et Paul Maruff remportent le prix en 2011 pour avoir réussi à démontrer que l’on peut prendre, dans certains cas, de meilleures décisions lorsqu’on a un besoin urgent d’uriner, mais que l’on peut tout de même prendre de moins bonnes décisions dans d’autres cas.

 

  • 2012 : le prix a été remis cette année aux Français Emmanuel Ben-Soussan et Michel Antonietti, pour avoir expliqué de manière didactique au corps médical comment minimiser le risque d’explosion d’un patient suite à une coloscopie, notamment en procédant à un nettoyage et à une préparation adéquats de l’intestin, afin d’éviter l’accumulation de gaz jusqu’à une concentration explosive.

Diagramme des 20 cas d’explosions de colon. Copyright Ben Soussan/Antonietti

 

  • A venir : le best of des IG Nobels… de chimie

Par Rahman Moonzur

Posté le par La rédaction


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