Le sommet Choose France 2026 met en avant deux annonces très différentes, mais révélatrices des priorités économiques françaises actuelles. D’un côté, la relance d’un site sidérurgique stratégique à Fos-sur-Mer. De l’autre, le renforcement d’une banque numérique qui veut faire de la France une base européenne majeure.
Le rendez-vous Choose France, organisé ce lundi 1er juin 2026 au château de Versailles, réunit pour sa neuvième édition plus de 200 dirigeants d’entreprise venus de près de 50 pays, avec l’objectif de promouvoir l’attractivité économique française auprès des investisseurs internationaux. Dans ce cadre, deux annonces retiennent particulièrement l’attention. Le groupe sidérurgique italien Marcegaglia doit présenter un investissement supplémentaire de 600 millions d’euros pour son projet Mistral à Fos-sur-Mer, tandis que la banque en ligne britannique Revolut annonce 100 millions d’euros supplémentaires en France d’ici 2030.
Ces deux projets n’appartiennent pas au même univers industriel, mais ils illustrent les deux versants de la politique d’attractivité française. Le premier touche à la réindustrialisation et à la production d’acier bas carbone. Le second concerne les services financiers numériques, dans un marché où la France devient un point d’ancrage européen pour une fintech en forte croissance.
Marcegaglia veut faire de Fos-sur-Mer un site clé de l’acier bas carbone
Le projet Mistral de Marcegaglia s’inscrit dans la transformation de l’ancien site Ascometal de Fos-sur-Mer, racheté en 2024 par le groupe italien. L’enveloppe annoncée à l’occasion de Choose France porte l’investissement total prévu sur le site à 1,2 milliard d’euros. Le groupe présente ce projet comme la naissance de la première aciérie en France depuis plus de cinquante ans, ainsi que du premier grand laminoir construit sur cette période.
Le projet repose sur une installation de production d’acier et de laminage à chaud de coils. En avril 2026, Marcegaglia et Danieli ont déjà annoncé un accord stratégique portant sur un contrat d’environ 450 millions d’euros, comprenant la mise en œuvre et les pièces de rechange. Cette étape confirme l’entrée du projet dans une phase industrielle plus concrète.
L’enjeu technique est aussi environnemental. Le projet Mistral prévoit une aciérie bas carbone utilisant notamment des matières recyclées, du fer pré-réduit et un mix énergétique à faible émission. Le dossier de débat public précise que l’acquisition de Fos-sur-Mer s’inscrit dans une stratégie visant à maîtriser la chaîne de valeur de la production d’acier, tout en réduisant les coûts et l’empreinte carbone.
À l’horizon 2028, le projet vise une production d’environ 2,15 millions de tonnes d’acier décarboné, avec la modernisation de l’aciérie existante, l’installation d’une coulée continue de brames et la création d’un laminoir à chaud. Pour la filière sidérurgique française, l’annonce est donc significative, car elle touche à la fois à la souveraineté productive, à la modernisation d’un bassin industriel historique et à la capacité de produire des aciers moins carbonés en Europe.
Revolut poursuit son ancrage français
L’autre annonce importante concerne Revolut, qui ajoute 100 millions d’euros à ses investissements en France et prévoit la création de 200 emplois supplémentaires d’ici 2030. Cet engagement complète une annonce réalisée lors de l’édition précédente de Choose France, lorsque la fintech britannique avait prévu d’investir 1 milliard d’euros sur trois ans pour développer ses activités françaises.
La stratégie française de Revolut s’appuie sur Paris comme siège pour l’Europe de l’Ouest. Cette organisation doit couvrir notamment la France, l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, le Portugal et l’Espagne, tout en maintenant la Lituanie comme base importante pour ses activités européennes. L’entreprise a également prévu de demander un agrément bancaire en France, afin d’élargir son offre de services au-delà de ses activités actuelles.
Cette implantation confirme le rôle croissant de la France dans la stratégie européenne des fintechs. La banque en ligne revendique déjà une forte présence dans l’Hexagone, qui constitue l’un de ses marchés majeurs en Europe. Pour Revolut, l’investissement ne concerne donc pas seulement l’ouverture de bureaux ou le recrutement. Il traduit aussi une volonté de s’inscrire plus durablement dans l’écosystème financier français, avec des fonctions liées à la conformité, au risque, à la cybersécurité et au développement de nouveaux services bancaires.
Avec Marcegaglia et Revolut, Choose France 2026 met ainsi en scène deux formes d’investissement étranger. La première répond à un besoin industriel très concret, celui de produire de l’acier en France avec une empreinte carbone réduite. La seconde accompagne la montée en puissance des services financiers numériques, dans un secteur où les acteurs européens cherchent à atteindre une taille critique. Dans les deux cas, ces annonces renforcent le positionnement de la France comme territoire d’implantation, même si leur portée réelle dépendra désormais de la concrétisation industrielle, réglementaire et sociale des projets annoncés.






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