La production d’électricité d’origine nucléaire affiche en 2025 des résultats qui annoncent un renouveau de la filière industrielle. Un redémarrage des réacteurs et une maintenance optimisée sont les deux facteurs qui ont contribué à l’augmentation de cette production. Ces performances offrent à la France un moyen de protéger son autonomie énergétique et battre de nouveaux records d’exportations d’électricité.
Les Français vont pouvoir passer un hiver au chaud. Le fournisseur d’énergie EDF a indiqué dans un communiqué que la production d’électricité nucléaire était en hausse en 2025. À l’occasion de la publication des résultats relatifs à la production du mois de décembre (en augmentation de 2,9 TWh par rapport à décembre 2024), le groupe a fait le bilan de l’année qui vient de s’écouler. Il indique ainsi qu’en 2025, la production cumulée s’élève à 373 TWh, soit +11,3 TWh par rapport à 2024.
Une hausse qui était attendue par EDF. En octobre 2025, le groupe avait décidé de réviser l’estimation de sa production nucléaire pour l’année. Comprise initialement entre 350 et 370 térawattheures (Twh), la fourchette avait alors été estimée entre 365 et 375 Twh. En 2025, la production d’électricité du parc nucléaire français se situe donc dans la fourchette haute des prévisions d’EDF.
Optimisation des arrêts de tranche
Le groupe explique cette hausse de la production de +3,1 % par rapport à 2024 « par la bonne disponibilité des réacteurs en fonctionnement, des arrêts de tranche bien maîtrisés et toujours une forte modulation. »
Les arrêts pour maintenance des réacteurs nucléaires en particulier sont effectués sur des durées écourtées et sont gérés de façon mutualisée sur plusieurs centrales. C’est la stratégie mise en place en 2019 dans le cadre du plan d’action START 2025[1] pour améliorer l’efficacité opérationnelle du programme de maintenance. Résultat : à la fin septembre 2025, 18 arrêts sur 33 ont été plus courts qu’anticipés en début d’année.
En outre, EDF s’est efforcée de remédier au phénomène de corrosion sous contraintes (CSC) qui avait fait chuter à un niveau historiquement bas la production en 2022. La France avait alors été contrainte, pour la première fois depuis 42 ans, d’importer son électricité. Une époque révolue. Selon RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, la France a enregistré en 2025 le solde exportateur net le plus élevé de son histoire (92 TWh). Grâce à un solde très élevé de 89 TWh, l’année 2024 avait permis de battre le record de 77 TWh enregistré en 2002. En 2025, la France bat un nouveau record d’exportation de son électricité nucléaire pour la deuxième année consécutive.
Parc nucléaire français : Un horizon prometteur
La France peut compter sur un vaste réseau de centrales nucléaires : entre le mois d’octobre 2025 et le mois d’avril 2026, 49 réacteurs seront en pleine capacité de production (contre 46 l’année dernière).
Notons que le fameux EPR de Flamanville a franchi une étape majeure le 14 décembre 2025 en dépassant le palier des 80 %. Le réacteur a atteint 100 % de puissance nucléaire et a produit 1 669 MW de puissance électrique brute. Cette pleine puissance est l’occasion pour les équipes techniques de tester le fonctionnement du matériel et de réaliser des relevés.
Chaque année, l’électricité nucléaire produite en France représente plus de 85 % de l’électricité produite par EDF. Cette part correspond à plus de 65 % du mix énergétique en France.
La relance du nucléaire s’observe aussi par l’augmentation des effectifs au sein de la filière qui représentent désormais près de 250 000 emplois en France. Cette dynamique devrait perdurer puisque la demande en main-d’œuvre qualifiée est importante. En effet, environ 100 000 recrutements sont planifiés sur les dix prochaines années.
[1] START : Soyons Tous Acteurs de la Réussite des arrêts de Tranche









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