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Énergies renouvelables: un élan mondial à amplifier

Posté le par Matthieu Combe dans Énergie

Le 18e colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables s'est tenu le 31 janvier à la Maison de la Mutualité, à Paris. L'occasion d'affirmer que les énergies renouvelables connaissent « un élan mondial », qu'il convient d'amplifier.

Les installations électriques renouvelables continuent leur développement : 70 gigawatts (GW) de solaire ont été installés à travers le monde en 2016, contre 56 GW en 2015. Elles fournissent désormais près de 24% de la consommation électrique mondiale, part qui devrait atteindre 28% en 2021, selon l’AIE. « Cet élan réel est encore insuffisant pour atteindre les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique », plaide néanmoins Jean-Louis Bal, Président du Syndicat des énergies renouvelables.

L’éolien et le photovoltaïque sont désormais compétitifs dans de nombreuses parties du monde. « Il est courant d’entendre des prix de l’ordre de 30 à 40 dollars par mégawattheure pour les grands champs éolien terrestre ou solaire dans les zones où les ressources sont les plus favorables », rappelle Jean-Louis Bal. En 2016, cela a notamment été le cas au Chili pour le photovoltaïque et au Maroc pour l’éolien terrestre. En Europe, les derniers appels d’offres éolien se situent plutôt entre 80 et 90 €/MWh, raccordement compris.

Malgré l’urgence, les investissements en baisse

Si les capacités installées augmentent d’année en année, le niveau des investissements dans le domaine des énergies renouvelables a reculé de 18 % dans le monde en 2016, selon un rapport de Bloomberg New Energy Finance. Les investissements dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique atteignent ainsi 287,5 milliards de dollars (Mds$), contre 349 Mds$ l’année précédente. Pour la deuxième année consécutive, les investissements des pays émergents et en développement ont dépassé ceux des pays développés.

Pour Michael Liebreich, fondateur de Bloomberg New Energy Finance, cette baisse d’investissements est imputable à deux causes majeures. La première : la baisse des prix des équipements, en particulier dans le photovoltaïque. La deuxième : si plusieurs pays ont sensiblement maintenu leur niveau d’investissements, à l’instar des Etats-Unis, du Brésil, de l’Inde et de la France, cela n’a pas été le cas dans les deux marchés clés que sont la Chine et le Japon. Il faut dire que la Chine est de loin le premier investisseur dans les énergies propres au monde et pousse le marché. Ainsi, les investissements chinois dans les énergies renouvelables ont chuté de 26% en 2016 à 87,8 Mds$ et les investissements japonais de 43% à 22,8 Mds$. Par ailleurs, dans plusieurs pays émergents, beaucoup de projets n’ont pas encore finalisé leur financement. Les investissements ont par exemple reculé de 76% en Afrique du Sud, à 914 millions $, et de 80% au Chili, à 821 millions $.

Au final, il y a eu plus de capacités installées en 2016 qu’en 2015, tout en dépensant moins. C’est une bonne nouvelle.

Mais il faudrait plutôt profiter de ces prix bas pour faire exploser la dynamique, d’autant plus que nous sommes loin d’atteindre les objectifs de lutte contre les changements climatiques. « Pour atteindre l’objectif des 2°C, il faudrait rapidement atteindre un investissement de 600 milliards de dollars par an dans les énergies propres », prévient Michael Liebreich. Soit doubler les investissements actuels. Pour l’agence internationale des énergies renouvelables (IRENA), il faudrait même tripler ces investissements pour atteindre environ 900 Mds$ par an en 2030.

Par Matthieu Combe

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