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Décryptage

Le Haut Conseil pour le Climat veut « rehausser les objectifs 2030 de la France »

Posté le par Matthieu Combe dans Environnement

Selon un rapport publié le 16 décembre par le Haut Conseil pour le Climat (HCC), la France doit rehausser et renforcer la mise en oeuvre de ses objectifs climatiques pour 2030. Pour l’organisme, l’Hexagone doit également « reprendre l'initiative à l'international ».

Cinq ans après l’adoption de l’Accord de Paris sur le climat, la COP26 constituait une étape cruciale dans son application. Outre le rehaussement des engagements de réduction d’émissions des pays, le sommet de Glasgow a permis d’achever les règles d’application s’agissant des mécanismes de marchés du carbone, et des procédures de transparence quant aux engagements de réduction pris par les pays signataires. Plusieurs alliances ont été lancées, mais le Pacte de Glasgow constitue un compromis qui met à mal l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Il n’a pas non plus réussi à atteindre l’objectif de financement international du climat, fixé à 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. Celui-ci peine à atteindre les 80 milliards de dollars en 2019 d’après les dernières données de l’OCDE.

La France doit prendre de nouveaux engagements

La France a un objectif de neutralité carbone pour 2050 et vise une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990. Dans un nouvel avis, le HCC rappelle que la France n’a pas pris d’engagements de réduction additionnels « mais a rejoint de multiples coalitions volontaires dont il sera nécessaire d’assurer un suivi ». La France s’est également engagée à contribuer à l’effort international de financement du climat à hauteur de 7 milliards de dollars par an (soit 6 milliards d’euros).

Le HCC enjoint la France à rehausser ses objectifs 2030 dans le cadre de la mise en œuvre du paquet législatif « Paré pour 55 / Fit for 55 ». L’organisme indépendant voulu par Emmanuel Macron pour évaluer les politiques climatiques de la France l’invite à clairement spécifier les enjeux pour tous les secteurs émetteurs, y compris l’aviation et les transports maritimes internationaux. Il recommande en plus d’assurer un suivi des engagements internationaux pris par la France, y compris au sein de coalitions, et traduire leurs implications concrètes pour les acteurs concernés afin d’apporter dès 2022 la visibilité nécessaire aux choix d’investissement.

Reprendre le leadership climatique

Pour l’organisme, l’Hexagone doit également « reprendre l’initiative à l’international sur le climat » en vue de la présidence du Conseil de l’Union européenne au 1er semestre 2022, de la COP27 en Égypte et de la COP28 aux Émirats arabes unis. Le HCC recommande en plus de mobiliser les acteurs économiques sur les nouveaux marchés liés à l’atténuation et l’adaptation aux effets du changement climatique.

Le HCC rappelle que pour faire valoir son leadership au niveau international, la France doit atteindre ses objectifs nationaux. Cela nécessite de renforcer et consolider les dispositifs de suivi mis en place par le gouvernement au travers de ses plans climat. Suivant des recommandations du Haut Conseil pour le Climat (HCC), le Premier ministre avait demandé à dix ministères d’élaborer ces feuilles de route visant à renforcer la mise en cohérence des politiques publiques avec les objectifs climatiques de la France. Dans un contexte de crise sanitaire, trois ont publié ces plans : Transition écologique, Agriculture et Économie.

Mais « les premiers plans climat relèvent davantage d’un recensement des mesures déjà existantes ou prévues, plutôt que d’un outil de pilotage de la stratégie climatique française », regrette finalement le Haut Conseil pour le Climat. « Les plans peuvent être améliorés en alignant chacune des actions à un niveau de baisse d’émissions, et à un besoin en financement », plaide Corinne Le Quéré, présidente du HCC. Mais aussi en mettant en place un pilotage par Matignon. Le HCC recommande ainsi de renforcer la gouvernance et de se doter de moyens à la hauteur des objectifs climatiques, « en particulier s’agissant du rythme de déploiement et du financement des infrastructures nécessaires notamment à l’électrification des usages dans la perspective de la neutralité carbone, et à l’adaptation aux effets du changement climatique. »

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Posté le par Matthieu Combe


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