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Le PDG de Lubrizol martèle sans convaincre l’absence de toxicité

Posté le par Matthieu Combe dans Environnement

Ce mardi 22 octobre, la commission d’enquête du Sénat sur la gestion des conséquences de l’incendie de l’usine Lubrizol a auditionné Eric Schnur, PDG de Lubrizol. Malgré sa bonne volonté affichée, il peine à convaincre. Résumé des principaux enseignements.

Mardi matin, Eric Schnur était entendu par les députés dans le cadre de la la mission d’information de l’Assemblée nationale. Mardi après-midi, il était auditionné par les sénateurs pour la commission d’enquête parlementaire du Sénat sur la gestion des conséquences de l’incendie de l’usine Lubrizol.

Devant les sénateurs, le PDG de l’entreprise américaine a réitéré ses excuses à toutes les personnes touchées par cet incendie « au nom de nos 8700 employés dans le monde ». D’après les informations connues à ce jour, « l’incendie s’est déclenché en dehors du site, mais il faut encore en définir la cause », a-t-il prévenu.

Une absence de toxicité à moyen et long terme ?

Selon un document publié sur le site de la préfecture, 5 253 tonnes de produits chimiques ont brûlé dans l’usine classée « Seveso risque haut », ainsi que 4 252 tonnes de produits chez son voisin Normandie Logistique. Sur ce dernier site, 1 691 tonnes provenaient aussi de Lubrizol. Les substances stockées chez Normandie Logistique étaient uniquement des « produits non dangereux selon la réglementation Seveso », a soutenu le PDG. « Nous pensons pouvoir affirmer que tous les produits présents ne présentent pas de risques pour la santé », a assuré Eric Schnur, devant la commission. Depuis l’accident, plus de 2000 échantillons auraient été prélevés, et ils n’ont pas montré d’impact environnemental immédiat.

Les explications répétées du PDG sur l’absence de risques à moyen et long terme ne convainquent pas la commission. Ce patron américain se risque même à avancer que Lubrizol fait des simulations sur les fumées et qu’« il n’y a pas de différence significative avec ce que l’on peut trouver dans l’incendie d’une maison ». Des fumées qui seraient les mêmes, voire moins dangereuses que dans un incendie domestique ? « Cela n’est pas entendable pour les personnes qui ont vécu l’incendie », a réagi Céline Brulin, sénatrice de la Seine-Maritime. Mais le PDG l’affirme : les experts ont pu prédire les impacts sur la santé : « il n’y a pas d’autres impacts sur la santé que l’irritation causé par la fumée ».

L’entreprise veut se montrer coopérative

Face aux doutes du public, le PDG veut se montrer coopératif. « Nous allons continuer à soutenir les tests, l’échantillonnage, fournir des informations détaillées sur tous les produits », prévient-il. Et l’entreprise fera en sorte que des experts en toxicité indépendants puissent avoir les informations nécessaires pour mener leurs propres études.

L’eau utilisée pour éteindre l’incendie a été confinée et va être traitée, assure Eric Schnur. Un plan de surveillance sanitaire et environnemental qui regarde les effets à moyen et long terme a été mis en place. Il poursuit en rappelant la volonté de travailler en toute transparence avec les autorités et « agir en bon voisin ».

Des indemnisations à long terme

Si le montant des indemnisations n’est pas encore connu, le PDG de Lubrizol insiste sur sa volonté d’accompagner les agriculteurs et les entreprises affectés, notamment dans le tourisme. Des dispositifs sont en cours de réflexion pour faire face aux besoins les plus immédiats, mais il n’y a pas encore de système d’évaluation global. « Nous ne savons pas quels seront les besoins à long terme mais nous serons là », rassure-t-il.

En particulier, Lubrizol travaille avec la FNSEA pour indemniser en priorité les agriculteurs les plus touchés. L’entreprise est en lien avec la Préfecture pour gérer un fonds qui répondra aux besoins des entreprises. Et elle finance des opérations de nettoyage et les évaluations environnementales. Toutefois, rien n’a encore été discuté avec les autorités locales pour l’indemnisation des communes qui ont dû faire face à de nombreuses dépenses.

Un incendie commencé à l’extérieur

Comme tout le monde, Eric Schnur attend les résultats de l’enquête pour savoir ce qu’il s’est passé. Lubrizol n’a accès qu’aux images de surveillance vidéo sur son site. Celles-ci montrent que l’incendie a commencé à l’extérieur, puis s’est propagé sur le site.

Le système anti-incendie sur site a fonctionné pendant au moins 2 heures et délivré au moins 2000 tonnes d’eau. « Ce système est conçu pour éteindre un incendie dans les lieux de stockage, analyse Eric Schnur. Si l’incendie vient de l’extérieur, le système ne peut pas l’arrêter ».

Les opérations de traitement des fûts endommagés par l’incendie sur le site de Lubrizol devraient commencer ce mercredi et durer environ deux mois. « La partie production du site n’étant pas impacté par l’incendie, nous allons étudier la possibilité de le remettre en activité », fait savoir Eric Schnur. En attendant la reprise de l’activité, les employés continueront à être rémunérés.

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Posté le par Matthieu Combe


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