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Matières premières : la pénurie d’hélium n’aura pas lieu

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

Un énorme gisement d'hélium vient d'être trouvé en Tanzanie. Avec lui, on redécouvre les enjeux stratégiques autour d'un gaz aux multiples applications industrielles et médicales mais dont la production a du mal à être rentable. Alimentant la peur d'une pénurie qui aujourd'hui s'estompe.

Actuellement, nous ne savons pas produire l’hélium artificiellement (du moins de manière rentable hors d’un laboratoire). Et ce gaz, malgré son abondance dans l’univers, est peu présent sur Terre, tant dans l’atmosphère que sous terre. Par ailleurs, il n’est ni facile à capturer ni à stocker. Entre 2005 et 2012, les prix flambent car le principal fournisseur mondial, la réserve fédérale d’hélium américaine s’inquiète de la pérennité de ses installations vieillissantes et du coût pour les rénover. Les Etats-Unis qui représentent alors 80% de la production mondiale font peser la menace d’une pénurie sur ce marché de niche.

Qui a besoin d’hélium ?

Dans l’industrie, l’hélium sert principalement via deux voies : la création d’atmosphère inerte pour des procédés de fabrication de haute technologie (métallurgie, semi-conducteurs, fibres optiques, spatial etc.) et des process utilisant la cryogénie. En effet, à l’état liquide l’hélium est le gaz le plus froid sur Terre (-269°C). Il sert par exemple dans les circuits de refroidissement du nucléaire, ou dans le milieu médical, pour refroidir les aimants supraconducteurs des IRM. Un débouché en constante augmentation du fait de l’équipement de plus en plus rapide des pays émergents. La demande en hélium dans le secteur médical représente ainsi  actuellement un quart de la consommation mondiale (57 millions de m3 sur 220 millions consommés). A l’avenir, l’hélium pourrait aussi être de nouveau utilisé de manière massive dans le transport si les projets de dirigeables actuellement à l’étude venait à voir le jour (pôle Safe à Istres ou encore LTA Aérostructures au Canada).

Stocks et production

Aujourd’hui l’hélium est fourni comme co-produit des gisements de gaz naturel via un process de séparation par distillation. Jusqu’en 2013, les Etats-Unis (80%) étaient de loin le plus gros producteur suivis par l’Algérie (10%), la Russie et la Pologne. Mais depuis 2013, Air Liquide a fait construire une unité géante au Qatar (58 M m3 par an) pour les sociétés Ras Gas et Exxon, faisant du pays le deuxième producteur mondial fournissant à lui seul 25% de la production mondiale. Les ressources mondiales potentielles ne posent pas de problèmes, près de 50 milliards de mètres cubes seraient disponibles. La pénurie qui menaçait au début des années 2000 semble réellement s’estomper. Les grands acteurs industriels ayant pris conscience de la valeur de ce marché en croissance de 2-3% par an, les investissement reviennent pour assurer une production mondiale suffisante à un coût honnête. Ainsi, le russe Gazprom travaille actuellement sur plusieurs grands projets d’extraction d’hélium à partir de gisements de gaz naturel en Sibérie orientale.

Une méthode pour trouver de l’hélium facilement

La découverte d’un gisement géant d’hélium en Tanzanie marque une petite révolution sur ce marché. En effet, les chercheurs des universités d’Oxford et Durham qui ont travaillé avec la compagnie norvégienne Helium One ont pu montrer que des poches de gaz  contenant jusqu’à 10% d’hélium se trouvaient régulièrement à proximité des volcans ; l’activité volcanique ayant permis la libération massive de ce gaz. Le gisement repéré représenterait 1,5 milliard de mètre cubes. Mais surtout, cette méthode peut être appliquée à de nombreuses autres régions du monde et pourrait révéler d’importantes ressources supplémentaires permettant une extraction à relativement bas coût, sans être partie liée au marché du gaz naturel.

Par Sophie Hoguin

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