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Décryptage

Navya Arma : la navette autonome, électrique et française

Posté le par Mattieu Combe dans Énergie

Du côté des véhicules autonomes déjà disponibles, on connaissait l'Easy Mile EZ10. Avec la Navya Arma, on monte en gamme et en précision. Découverte de cette navette électrique autonome et entièrement française.

Navya Arma est le premier véhicule 100 % électrique, 100 % autonome et 100 % français produit en série dans la région lyonnaise. D’une capacité de 15 places (11 assises et 4 debout), cette navette est destinée à circuler, dans un premier temps, en circuit fermé.

Ce véhicule est disruptif : il ne possède pas de poste de conduite, soit ni volant, ni pédales. Entièrement autonome, il est quand même relié à un centre de supervision où un opérateur pourra agir en cas de problème rencontré sur le trajet ou le véhicule. Son pack de batteries rechargeable par induction, sans fil ni prise, le dote d’une autonomie flexible allant de 8 à 24 heures. La Navya Arma peut atteindre une vitesse de pointe de 45 km/h, ce qui n’est pas un inconvénient notable pour le moment, puisque généralement sur les sites d’application, la vitesse est limitée à 30 km/h. Elle est équipée d’un toit ouvrant, d’une vision panoramique et d’air conditionné.

Comment faire rouler un véhicule autonome ?

Pour être autonome en toute sécurité, les systèmes de guidage de la Navya Arma utilisent simultanément plusieurs technologies : télédétection par laser, caméra stéréovision, GPS RTK, Infra-rouge, IMU et odométrie. Une vérification et un contrôle centralisés de ses mouvements sont assurés à distance, et des systèmes d’arrêt d’urgence sont accessibles si besoin.

Pour programmer le circuit, les ingénieurs de la société Navya, le développeur et constructeur de ce véhicule, interviennent au début sur le site et cartographient la zone en 3D. Grâce à ses capteurs, la navette répète le circuit programmé avec une précision de 2 cm. Elle sait distinguer sur la route tous types d’obstacles, qu’ils soient fixes ou mobiles, et adapte sa trajectoire. « Elle s’adapte aux situations imprévues et accumule progressivement de l’expérience sur un parcours donné en mémorisant les obstacles fixes pour optimiser ses performances », assure l’entreprise. Elle peut croiser d’autres véhicules ou se faire dépasser sans perturbation et respecte les priorités sur son circuit.

La navette peut être appelée depuis un arrêt grâce à une borne ou depuis une application mobile. Elle échange avec les autres véhicules et les piétons, de façon visuelle ou sonore, grâce à ses feux, ses écrans et panneaux LED, mais aussi ses haut-parleurs externes, ses klaxons et buzzers. Elle informe ses passagers grâce à des haut-parleurs internes. Sur l’écran tactile présent à l’intérieur du véhicule, un passager peut voir le circuit et sélectionner un arrêt.

Des sites fermés aux routes urbaines

La législation actuelle ne permet pas aux véhicules totalement autonomes de rouler sur des routes ouvertes.  Les grands constructeurs et les acteurs tels que Google se limitent actuellement à développer des véhicules particuliers autonomes pour avoir une offre attractive lorsque la législation aura évolué. Mais, dès aujourd’hui, Navya fait le pari des véhicules autonomes sur circuit fermé. « Ce que vous voyez, il y a deux ou trois équipes dans le monde qui le font », assure Christophe Sapet, Président de la société Navya. Une seule autre est sur le même secteur : il s’agit de la société française Easy Mile. « On considère que l’on a à peu près un an d’avance sur ce marché », se félicite-t-il.

« Navya Arma est une parfaite illustration de la stratégie de notre société : développer des véhicules autonomes 100 % français opérationnels dès à présent sur des sites fermés, conformément à la législation en vigueur dans la grande majorité des pays du monde : aéroports, centrales nucléaires, hôpitaux, sites industriels, universités, campus, parcs d’attraction, explique Christophe Sapet. Notre potentiel de marché peut être esimé au niveau mondial à plusieurs milliers de véhicules à l’horizon 2025. L’Europe, à elle seule, atteindrait plus de 10 000 véhicules sur site fermé. Pour une deuxième phase de développement, nous disposons déjà d’une grande majorité des technologies et de l’expérience pour rouler sur route ouverte ».

Pour se procurer la Navya Arma, il faudra dépasser au bas mot 160 000 €. Mais grâce aux économies réalisées sur les salaires et sur la maintenance, la société Navya, estime que le coût d’une ligne de transport équipée d’une flotte de véhicules autonomes est de 30 à 40 % moins cher qu’une ligne classique. Les premières livraisons commenceront le 15 novembre.

Le véhicule sera dévoilé aux professionnels lors de l’ITS World Congress, du 5 au 9 octobre, à Bordeaux. Les visiteurs pourront utiliser, pendant la durée du salon, un des trois véhicules de série circulant sur la route liant le centre de Congrès au parc des Expositions. Cette route sera ouverte à la circulation.

La société Navya, basée à Lyon et à Paris, a été créée en juin 2014. Elle rassemble une équipe disposant de plus de 10 années d’expérience dans le domaine de la voiture autonome et regroupée à l’initiative de Robolution Capital, le fonds d’investissement présidé par Bruno Bonnell, cofondateur de la société Infogrames et ex-président des sociétés Infogrames et Atari.

Découvrir Navya Arma en vidéo

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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Posté le par Mattieu Combe


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