L’histoire de Jupiter expliquerait la singularité de notre système solaire

Jupiter aurait détruit sur son passage une première génération de ces grandes planètes rocheuses similaires à la nôtre, avant de voir son orbite se stabiliser, selon un article paru lundi dans les Comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS).

Cette théorie pourrait expliquer pourquoi notre système solaire est très différent des centaines d’autres systèmes planétaires découverts ces dernières années.

« Nous pouvons désormais regarder notre système solaire dans le contexte de tous ces autres systèmes stellaires et constater que l’une des caractéristiques les plus intéressantes est l’absence de planète à l’intérieur de l’orbite de Mercure », la plus proche du soleil, relève Gregory Laughlin, professeur d’astrophysique à l’Université de Californie à Santa Cruz, co-auteur de cette étude.

« Le système planétaire standard de la Voie Lactée est apparemment formé d’un groupe de ‘super-Terres' » dont l’orbite est très proche de leur étoile », poursuit l’astrophysicien pour qui « notre système solaire paraît être de plus en plus une bizarrerie ».

Au moment de la formation de Jupiter et de Saturne, il est possible que des planètes rocheuses dotées d’une atmosphère très épaisse se soient formées près du soleil à partir d’un disque de gaz et de poussière pour devenir des « super-Terres » typiques. C’est le cas d’un très grand nombre d’exoplanètes découvertes en orbite autour d’étoiles ces dix dernières années.

Alors que Jupiter avançait à l’intérieur du système solaire, les perturbations gravitationnelles de la planète géante auraient provoqué une série de collisions entre les autres planètes et des astéroïdes, les réduisant en morceaux.

Les débris se seraient alors fondus dans le disque dense autour du soleil détruisant dans ce processus toutes les super-Terres qui venaient de se former.

Ces débris auraient ensuite servi à former une seconde génération de planètes: Mercure, Vénus, la Terre et Mars.

Ces nouvelles planètes sont d’ailleurs plus jeunes que celles se trouvant sur des orbites plus éloignées comme Uranus, Neptune et pluton, soulignent ces scientifiques.

De plus, ces planètes plus jeunes sont également moins massives que les super-Terres et ont des atmosphères beaucoup moins épaisses, relève Gregory Laughlin.

« Une des prédictions de notre théorie c’est que des planètes rocheuses semblables à la Terre avec une pression atmosphérique relativement faible, sont rares », note-t-il.

Selon cet astrophysicien, la formation de Mercure, Vénus, de Mars et de la Terre a été rendue possible par la présence de Saturne, qui a permis de maintenir Jupiter sur une orbite plus éloignée du soleil que ce n’est en général le cas pour ces géantes gazeuses.

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Des épreuves sportives pour « Superhumains » en marge des JO 2020 ?

Les technologies d’assistance et la robotique pourraient donc permettre à n’importe qui de posséder des « aptitudes de superhumain » et de rivaliser avec des athlètes entraînés et des adultes en bonne condition. Cependant, l’idée n’est pas que la technologie seule détermine le résultat, comme le confirme Masahiko Inami, professeur en valorisation du potentiel humain à l’Université de Keio. Ainsi, les règles devront être étudiées afin de laisser de l’importance aux capacités des individus et à leur effort.

Le professeur Inami travaille notamment sur des lunettes qui donneraient au sportif, via deux caméras portées sur la tête, la vision de ce qui se trouve devant et derrière lui simultanément, soit de manière superposée, soit en parallèle, ce qui pourrait démultiplier les capacités de perception du joueur. Un autre exemple de jeu est développé par Takuya Nojima, professeur associé à l’Université d’Électro-Communications, combinant le dodgeball américain et un jeu de rôle, où les scores attribués varient selon les personnes et où les contacts sont détectés par des capteurs.

Le comité est à la recherche de partenaires afin de développer ses activités et des avis du public afin d’améliorer ses projets. Mis en place en 2014 suite à l’anniversaire des 50 ans des derniers Jeux Olympiques organisés à Tokyo, en 1964, ce comité est constitué d’une quarantaine de membres d’horizons divers (chercheurs, prothésistes, anciens athlètes et réalisateurs de jeux, etc).

Pour en savoir plus :

[email protected] ;

– le site du comité des sports pour les « superhumains » (en japonais), Superhuman Sports Society ;

– sur le site du Asahi Shimbun, 14 février 2014 (en anglais) : « Superhuman sports of the future for anyone could be on the horizon for 2020« .

Source : bulletins-electroniques.com

Le caméléon utilise des nano-cristaux pour changer de couleur

Le caméléon est un animal incroyablement surprenant. Avec ses yeux aux mouvements indépendants, sa langue projetable à plus de 20 km/h et ses changements de couleurs, ce lézard possède des propriétés rares dans le monde animal. Parmi elles, sa capacité à modifier la couleur de sa peau a longtemps intrigué les scientifiques. Alors que beaucoup de croyances entourent le caméléon, une équipe de scientifiques suisses a mis à jour un mécanisme jusque-là mal connu. Le caméléon possède dans sa peau des cellules iridophores, c’est-à-dire des cellules contenant des pigments mais dont la taille peut être modifiée par le système nerveux. En jouant sur la taille de ces nano-cristaux, le caméléon modifie les longueurs d’onde absorbées et peut s’afficher dans des couleurs différentes.

Les chercheurs de la faculté des sciences de l’Université de Genève se sont tout particulièrement intéressés au caméléon panthère mâle. Originaire de Madagascar, celui-ci est capable de passer de couleurs douces à très vives rapidement. Le caméléon utilise sa couleur principalement pour communiquer avec ses congénères et afficher clairement son humeur. À tendance séductrice, le caméléon montre des couleurs vives et claires ; d’humeur guerrière, il présente plutôt des teintes sombres. Désormais, on sait que ces variations reposent sur deux critères : les pigments et la taille des cellules iridophores.

Dans le cas du caméléon panthère, une deuxième couche de cellules existe en profondeur sous la peau. Cette couche est composée de cellules plus grosses que celles présentes en surface, dont le rôle est de réfléchir la lumière infra-rouge et ainsi de se protéger du soleil. Entre la première couche de nano-cristaux, plus dense et dédiée à la sélection de la couleur, et la deuxième agissant comme filtre solaire, le caméléon dispose d’une peau multi-fonctions très efficace.

Par Audrey Loubens

Le 3Doodler est le premier stylo pour dessiner dans l’espace

Il coute moins de 100€ et est en train de révolutionner l’art graphique ! Le 3Doodler est un stylo 3D permettant de dessiner en 3 dimensions. Fini le bon vieux dessin sur sa feuille, place à la sculpture dessinée. Ce stylo nouvelle génération mesure 18 cm sur 24 cm et pèse 200g. Une tige de plastique remplace la cartouche d’encre d’un stylo classique. Une fois le stylo branché, il ne reste plus qu’à appuyer un bouton situé sur le dessus du 3Doodler afin de faire chauffer le plastique qui, une fois fondu, s’écoule de la pointe. La résistance utilisée chauffe à 270°.

Le plastique utilisé, qu’il s’agisse de PLA ou d’ABS, se solidifie quasi-instantanément grâce à un petit ventilateur intégré. L’œuvre d’art réalisée est donc figée rapidement, de quoi envisager des dessins complexes comme une tour Eiffel, une Statue de la liberté, un chien, un dragon ou une tortue Ninja.

 Le 3Doodler n’a aucune limite si ce n’est celle de votre imagination et votre temps libre. Toutefois si le stylo est affiché à un tarif abordable, comptez environ 9€ pour 25 tiges de couleur (bleu, rouge, blanc, jaune, vert, violet, marron…) ce qui n’est pas tant que ça pour dessiner. WobbleWorks, la société  qui a quand même raflé 1.7 millions lors de sa campagne de financement participatif,  propose sur son site des patrons pour s’initier à l’utilisation du 3Doodler. 

Mais à quoi peut bien servir un stylo 3D ? A s’amuser, et c’est déjà pas mal. Certains redoublent d’ingéniosité pour imaginer les objets les plus fous ou surréalistes à dessiner en volume. Par exemple, le studio de mode SHIGO, à Honk-Kong, n’a pas hésité à se lancer dans la fabrication d’une « robe coquillage », un projet qui a duré 3 mois. De leur côté, les inventeurs du 3Doodler ont réalisé un drone en moins de 3h !

  • Créez votre propre drone avec le 3Doodler :

Par Audrey Loubens

5G, internet des objets, mouvement maker : les tendances 2015

L’observatoire des tendances 2015 publié par NI revient sur 4 tendances déjà bien marquées :

  • 5G : L’Internet pour tous et pour tout ;
  • L’Internet des Objets va faire rouiller les équipements de test automatique de grande envergure ;
  • L’Internet des Objets Industriels ;
  • L’influence du mouvement Maker.

Richard Keromen, ingénieur test et RF chez National Instrument, nous présente ces tendances :

Production et montage : Bruno Decottignies

Bill Gates se méfie de l’intelligence artificielle

En matière d’intelligence artificielle, Mr Gates n’est pas le seul à penser que la situation pourrait nos échapper. D’autres pointures telles que Elon Musk, l’emblématique patron de Tesla Motors et de Space X, ainsi que Stephen Hawking, professeur de mathématiques et physicien théoricien britannique dont la « vie extraordinaire » a été traduit récemment sur grand écran, ont le même point de vue… qui est que nous ne devons pas concevoir des machines au pouvoir de réflexion supérieur à celui de l’être humain.

La super­intelligence artificielle est une menace pour l’humanité. Celui qui a co­fondé Microsoft en 1975 a d’ailleurs exprimé son inquiétude lors d’une discussion sur le site web communautaire Reddit. Il précise « qu’au début les machines accompliront de nombreuses tâches pour nous, que cela devrait être positif si nous le gérons bien » mais qu’à un moment donné, probablement « dans quelques décennies, l’intelligence des machines sera assez forte pour devenir un sujet de préoccupation ».

Ce n’est donc pas une menace immédiate, rassurons­nous, l’intelligence artificielle est encore balbutiante. Non, il s’agit avant tout d’une mise en garde encourageant à la méfiance. Pour Bill Gates, le développement de l’intelligence artificielle doit être assuré avec une grande précaution.

Car si l’IA est encore limitée, il redoute le jour où les robots seront dotés d’une conscience. Il rejoint ainsi la position d’Elon Musk, qui dans ce souci d’encadrement de la recherche, s’est délesté de dix millions de dollars au profit de l’association Future of Life Institute.

Il semble évident et nécessaire qu’une réflexion plus poussée sur le sujet devrait être menée au niveau national et international. Scientifiques et entrepreneurs de pointe sont de plus en plus nombreux à penser qu’il faudrait instaurer un cadre éthique dans ce domaine, ajuster les lois, pour s’assurer simplement comme le dit le dirigeant de Tesla « que nous ne faisons rien de stupide ».

D’un point de vue extérieur cependant, il peut paraître assez étrange que ce soient ceux-là même qui conçoivent actuellement l’intelligence artificielle qui en ait le plus peur. Mais c’est aussi rassurant, d’une certaine manière, de voir que son développement n’est pas pris à la légère. Et que des arrangements sont mis en place afin d’éviter, comme le prédit funestement Stephen Hawking, que les humains ne soient dépassés par le développement de l’intelligence artificielle, « limités par leur lente évolution biologique », et ne soient en fin de compte devenus inutiles et remplacés comme nous remplaçons nos outils électroménagers devenus obsolescents.

Reste à savoir si cela représente une technique de communication, en amont, pour étouffer les craintes du public quant aux machines intelligentes à venir, étayées à la fois par ces sommités et par de nombreux films de science­fictions (Matrix, I. Robot, Blade Runner…). Car en affichant ainsi leurs préoccupations, ils démontrent aussi leur sérieux.

Alors faut­il vraiment avoir peur des machines autonomes comme le pensent Bill Gates, Elon Musk et Stephen Hawking ? À priori non, pas dans l’immédiat. La complexité de l’intelligence humaine est telle que nous ne sommes pas en mesure de faire émerger une conscience artificielle. L’architecture informatique est encore très basique et l’idée même qu’une intelligence artificielle se développe elle­même à un rythme exponentiel demeure pour le moment dans le domaine de la science­fiction.

En revanche, définir les effets de la robotisation sur l’emploi reste difficile. Sur ce point, les avis divergent. Les partisans estiment que sans une plus forte robotisation, l’industrialisation française coure à sa perte, menacée par les délocalisations des entreprises. La robotisation serait de fait un outil pour baisser les coûts de production qui nous permettrait d’atteindre une compétitivité égale à celle de la Chine. C’est en tout cas ce que pense le syndicat des machines et technologies de production (Symop.) Alors que les opposants craignent que la robotisation entraîne un plus haut taux de chômage, que les tâches à l’origine destinées aux humains soient effectuées par les machines ou les ordinateurs.

Seul l’avenir nous dira si notre confiance dans les machines n’était pas erronée et que cette crainte étayée par les sommités de l’innovation n’était pas exagérée.

Par Sébastien Tribot

Imprimante 3D: « Il faut se préparer à l’usine du futur »

Le CESE préconise à l’adresse des pouvoirs publics de « créer un écosystème favorable en France », en misant sur le développement des formations et des qualifications et notamment « l’apprentissage de l’informatique et l’utilisation d’imprimantes 3D dès l’âge de 5 ans ».

Le CESE demande également dans son projet d’avis « une clarification rapide des intentions des pouvoirs publics quant à l’avenir des 34 plans industriels et plus particulièrement celui dédié à +l’usine du futur+ ».

« Cette technologie n’a attiré que depuis 3 ou 4 ans l’attention des médias grands public, en raison de l’accroissement considérable de ses applications, réelles ou potentielles », relève le CESE dans son projet d’avis intitulé « Innovations technologiques et performance industrielle globale: l’exemple de l’impression 3D ».

L’impression 3D recouvre en réalité toute une série de procédés qui ont en commun de fabriquer des objets, permettant d’adopter directement des formes précises et complexes.

L’impression 3D est désormais considérée – avec l’internet mobile, l’internet des objets, le Cloud computing (informatique en nuage), le Big data (mégadonnées), l’automatisation des métiers du savoir, la robotique de pointe ou encore les matériaux avancés – comme « l’une des technologies liées au numérique susceptibles de transformer profondément les modes de production et les modèles économiques actuels ».

Cette technologie de l’ère numérique touche des secteurs comme celui de la santé (prothèses et implants sur mesures), de l’aéronautique, la bijouterie, l’horlogerie ou encore l’industrie du jouet.

Elle permet encore « la personnalisation des objets », souligne le CESE qui reconnaît néanmoins que son « impact sur le volume de l’emploi demeure encore incertain ».

Le Conseil insiste sur le fait que l’impression 3D a été inventée au même moment (1984) en France et aux États-Unis mais que ces derniers représentent 38% du nombre d’imprimantes 3D, alors que la France n’occupe que le 7e rang mondial, avec un peu plus de 3%.

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De la glace carbonique comme source d’énergie

En déposant de la glace carbonique sur une surface suffisamment chaude, c’est-à-dire dont la température est supérieure à son point d’ébullition, de la vapeur se forme. Celle-ci peut alors être utilisée pour entraîner une turbine. C’est le principe mis en œuvre par une équipe de l’Université de Northumbria en Grande-Bretagne. Les chercheurs exploitent l’effet Leidenfrost qui explique comment une fine couche de vapeur se forme autour d’une goutte de liquide déposée sur une surface plus chaude que la température d’ébullition du liquide concerné.

La goutte ne s’évapore plus, ainsi protégée par la couche de vapeur, mais lévite au-dessus de la surface. Les chercheurs ont appliqué ce principe à la glace carbonique, avec succès. La vapeur dégagée a pu faire fonctionner une turbine en aluminium préchauffée à une température comprise entre 300 et 500 °C, elle-même couplée à une bobine électromagnétique. Ce système permet donc de générer de l’électricité avec comme matière première de la glace carbonique.

Le concept est particulièrement adapté à la conquête de la planète Mars, dont les sols contiennent une grande quantité de glace carbonique. En installant un système similaire, des colons pourraient produire de l’électricité de façon autonome et infinie. Toutefois, cette application se veut à long terme et d’autres utilisations plus « terre à terre » pourraient intéresser les industriels comme le forage en haute profondeur et la micro-mécanique.

Par Audrey Loubens

Le CIRC classe le glyphosate « cancérigène probable »

Les associations tirent la sonnette d’alarme depuis longtemps pour dénoncer la toxicité des insecticides à base de glyphosate sur le terrain. Le glyphosate est la matière active la plus utilisée au monde dans les herbicides en agriculture et pour les jardiniers amateurs. Générations Futures, notamment, « se félicite de cette classification qui reconnait la dangerosité avérée du glyphosate », dans un communiqué du 20 mars.

Mais la classification par le CIRC n’oblige pas les Etats à prendre des mesures de protection pour les professionnels et les citoyens. Selon le réglement européen 1107/2009 (Annexe II point 3.6.3), « une substance active, un phytoprotecteur ou un synergiste n’est approuvé(e) que si, sur la base de l’évaluation de tests de carcinogénicité effectués […] il/elle n’est pas – ou ne doit pas être – classé(e) cancérogène de catégorie 1A ou 1B », c’est-à-dire si il/elle n’est pas cancérogène avéré. Le glyphosate, en tant que cancérogène probable (groupe 2A), n’entre donc pas dans le cadre d’application de ce réglement. 

Néanmoins, les experts du CIRC rappellent qu’ « il revient aux gouvernements et aux autres organisations internationales de recommander des réglementations, des législations ou des interventions de santé publiques ». En réaction, Générations Futures demande « une réévaluation immédiate par l’EFSA du glyphosate ». Parallèlement, l’association demande le retrait du marché, et notamment des jardineries, des pesticides à base de glyphosate. 

A l’occasion de cette nouvelle classification, deux autres insecticides – malathion et diazinon – deviennent également des cancérigènes « probables ». Les insecticides tetrachlorvinphos et parathion, qui font déjà l’objet d’interdictions ou de restrictions dans de nombreux pays, font quant à eux leur entrée dans la catégorie des cancérigènes possibles pour l’homme.

Les formulations commerciales sont encore plus toxiques !

Si cette nouvelle classification met en lumière la toxicité du glyphosate, il ne faut pas oublier qu’il est additionné d’adjuvants également toxiques dans les formulations commerciales. Selon une étude du Professeur Gilles-Eric Séralini parue en 2014, les adjuvants ajoutés au glyphosate dans les formulations d’herbicides comme le Roundup augmentent considérablement la toxicité de la seule matière active glyphosate pour des cellules humaines. Il rappelait alors que la toxicité à long-terme de ces formulations n’était pas évaluée. 

« L’Anses elle-même a relevé le manque des tests sur les effets chroniques des pesticides tels qu’ils sont vendus et utilisés comme une faille majeure dans le dispositif d’évaluation », rapelle François Veillerette, porte parole de Générations Futures.

Une interdiction récente du Roundup au Sri Lanka

Début mars, avant la parution cette nouvelle classification, l’utilisation du glyphosate était interdite au Sri Lanka sur directive du président Mahinda Rajapaksa. Cette interdiction a été prise en raison du rôle suspecté de l’herbicide dans une maladie chronique grave des reins d’origine inconnue touchant actuellement des dizaines de milliers d’agriculteurs du pays.

« Nous demandons au gouvernement de saisir l’Anses d’une demande d’expertise sur ce sujet en urgence afin de réévaluer les risques posés par la molécule », insiste encore Générations Futures. 

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Eclipse solaire: l’Allemagne passe avec succès le stress-test de sa transition énergétique

Tennet, l’un des quatre opérateurs chargés de la gestion du système électrique du pays, a communiqué via Twitter sur la fréquence du réseau électrique tout au long de l’éclipse. La fréquence du réseau doit être maintenue à 50 Hertz. L’amplitude de fluctuation considérée comme acceptable est de ± 0,50 Hz autour de 50 Hz. ​« En fonctionnement normal la fréquence doit être comprise entre 49,8 et 50,2 Hz. En dessous de 48,8 Hz (au dessus de 52 Hz) il y a un début de perte de contrôle de la charge. » explique le site EnergiePourDemain.fr réalisé notamment avec la collaboration du CNRS et de l’ADEME. « Si la fréquence descend au dessous de 47 Hz il y a perte complète de la charge et le réseau s’effondre. Pour le remettre en marche cela peut demander plusieurs jours. »

La déviation maximale observée par l’opérateur Tennet durant l’éclipse a été de +0.05 Hz à 11H08, ceci consécutivement à la remontée de la production solaire PV. 0,05 Hz c’est 10 fois moins que le niveau maxi acceptable. La régulation de fréquence s’est donc déroulée sans embûches.

A 9H45, juste avant l’éclipse, la puissance solaire PV délivrée était de 13,3 GW (animation disponible ici). Une heure plus tard elle avait sombré à 5,1 GW, le niveau minimum car l’éclipse n’était pas totale. A 12H00 elle était déjà remontée à 19,4 GW puis à 20,3 GW à 13H. Ceci sur un maximum théorique de 28 GW en cette période de l’année (veille de l’équinoxe de printemps) à cette latitude de l’hémisphère nord (48 à 54° nord). La puissance PV installée dans le pays est de 38 GWc. Le facteur de capacité du PV était ainsi de 53% à 13H, ce qui témoigne d’une belle journée bien ensoleillée. Seul le nord-ouest du pays était nuageux (voir carte ci-dessous). Le niveau d’insolation était d’environ du 3/4 du niveau maximal théorique possible à cette période de l’année en Allemagne. Un niveau idéal pour tester la capacité d’adaptation du réseau.

Entre 75 minutes (10H45 – 12H), la puissance PV a monté de 14,3 GW, ce qui est équivalent à la puissance délivrée par 14 réacteurs nucléaires tournant à plein régime. Ce qui fait une cadence de ramp-up du 190 MW par minute. L’Allemagne a démontré sa capacité à faire face à cette variation rapide en mobilisant ses STEP (stockage hydraulique gravitaire) et son back-up thermique. Démentissant ainsi les oiseaux de mauvais augure et hostiles au développement des énergies renouvelables.

En France le soleil avait rendez-vous avec Fessenheim

En France, que le temps soit ensoleillé ou nuageux, le problème ne se posait pas: la puissance solaire installée est bien trop faible pour causer un quelconque problème au réseau électrique. Et le pays dispose de 5 GW de Stations de Transfert d’Energie par Pompage (STEP, stockage hydraulique gravitaire).

A 9H30 la puissance solaire PV délivrée en France était de 1,2 GW selon RTE (sur un total d’environ 5,5 GW). Elle est tombée à 0,4 GW à 10H30. Puis est remontée à 2 GW à midi. Aucun problème n’a été constaté sur le réseau pour cette variation d’1,6 GW. C’est à dire d’amplitude inférieure à la chute de puissance obtenue lors d’une panne de la centrale nucléaire de Fessenheim (1,8 GW). Cette centrale née en 1977 soufflera ses 40 bougies en 2017.

Seul un problème en Allemagne aurait pu par effet de domino se transmettre aux réseaux des pays voisins via les interconnexions trans-nationales. L’Allemagne a démontré sa robustesse. La croissance du solaire et de l’éolien peut se poursuivre.

Une éclipse partielle aura lieu en Chine en mars 2016, pays qui compte aujourd’hui une puissance solaire installée de 28 GW et bien davantage dans un an. Et les USA connaîtront une éclipse totale en avril 2017. Cela sera l’occasion pour ces deux grands pays d’effectuer leur propre stress-test.

Par Olivier Daniélo

En savoir plus :

US 708 est l’étoile la plus rapide de la galaxie

L’étoile US708 appartient à la catégorie des astres hyper-rapides. Avec une vitesse de 1 200 km/s, il ne lui faudra que 25 millions d’années pour parvenir aux frontières de notre galaxie et se retrouver de l’autre côté. Une prouesse dont bien peu d’étoiles sont capables. Pour s’extraire de l’attraction exercée par notre galaxie, les étoiles doivent se déplacer à vitesse grand V. Mais peu d’entre elles peuvent acquérir la vitesse nécessaire de quelques centaines de kilomètres par seconde. D’ailleurs, les scénarios aboutissant à l’accélération d’une étoile restent de l’ordre de l’hypothèse.

Parmi elles, le passage de l’étoile près d’un trou noir expliquerait son accélération, ou encore des étoiles originaires de systèmes binaires dont l’une a évolué en supernova, expulsant avec force son ex-consœur. C’est probablement ce qui est arrivé à US 708. Alors qu’elle gravitait autour d’une naine blanche massive, cette dernière a explosé. US 708 s’est retrouvée éjectée avec la vitesse exceptionnelle que l‘on sait.

Les mesures concernant US 708 et réalisées sur plusieurs années ont été publiées sur Sciencesmag.org. D’après elles, l’étoile est un poids plume avec une masse deux fois inférieure à celle du Soleil. Toutefois, les astronomes supposent qu’US 708 était à l’origine une géante rouge jusqu’à trois fois plus lourde que le Soleil.

Par Audrey Loubens

Un trottoir anti-smog nettoyant l’air

Le principe de fonctionnement est connu depuis longtemps et utilisé dans d’autres domaines : le dioxyde de titane (TiO2), qui rentre dans la composition des dalles, permet, avec l’aide des rayonnements ultraviolets du soleil, de transformer les oxydes d’azote contenus dans l’air (NOx) en ions nitrates (NO3-), avant qu’ils n’aient pu se convertir en ozone (O3), responsable du smog. Le dioxyde de titane ne joue qu’un rôle de catalyseur (de photo-catalyseur ici en l’occurrence) et n’est donc pas consommé pendant la réaction de « nettoyage » de l’air. Les ions nitrates s’accumulent au sol et sont lavés par la pluie qui les achemine vers les égouts. Les concentrations sont faibles et ne peuvent constituer un danger pour la qualité de l’eau et la santé.

Dans le cas de Bottrop, 750 m2 de béton ont été installés à un croisement routier qui devrait être capable d’éliminer 1,82 mg de NOx par heure (2,4 micro-g/m2 par heure en moyenne, d’après les informations du site de Photoment). La ville de Laupheim (Bade-Wurtemberg) avait déjà introduit Photoment en 2014 sur une surface de 500 m2. L’utilisation de ce béton, qui a pour le reste les mêmes caractéristiques qu’un béton traditionnel, conduit à un coût supplémentaire de 3 à 5 euros par m2. Son emploi doit donc être comparé avec d’autres mesures possibles pour réduire les émissions d’oxydes d’azote.

Ce produit a été conçu par l’entreprise Steag Power Minerals, en collaboration avec le producteur de dioxyde de titane Kronos Titan et avec la validation technique de l’Université de Technologie de Berlin (TU Berlin).

Source : bulletins-electroniques.com

Et aussi dans les
ressources documentaires :

La pollution en Ile de France provient-elle des centrales à charbon allemandes ?

L’Île de France fortement polluée ? Certains pro-nucléaires et/ou xénophobes en ont profité pour semer des messages de désinformation sur les réseaux sociaux. Comme par exemple ici, de la part du journaliste Gilles Dauxerres. Selon eux l’Allemagne aurait augmenté sa production électrique à base de charbon (ce qui est faux, lire sur Techniques de l’Ingénieur l’article : En Allemagne la régression du nucléaire s’accompagne de celle du charbon) et en conséquence l’air de Paris est devenu dangereux pour la santé.

Selon AirParif, en Ile de France, seulement 2% des particules proviennent des centrales électriques thermiques. La France produit en effet une partie de son électricité à partir des centrales au charbon (5119 MW selon RTE) et de fioul (8883 MW). 1,5% de la production électrique française en 2014 était à base de charbon, et 0,8% à base de fioul. Cette carte EDF permet de localiser les sites concernés. En région parisienne se trouvent la centrale au charbon de Vitry-Sur-Seine (500 MW) et la centrale thermique au fioul de Porcheville (2400 MW) juste à côté de Mantes-la-Jolie. Le centrale à charbon du Havre (1450 MW) n’est guère éloignée.

Toujours selon Airparif 37% de la pollution particulaire (PM2,5) en Ile de France provient du résidentiel et tertiaire (chauffage, y compris au bois, moyen de chauffage encouragé par Ségolène Royal), 27% du trafic routier (véhicules diesel), 24% de l’industrie manufacturière et 7% des activités agricoles (dont les épandages d’engrais). Le trafic aéroportuaire pèse de son côté 2% et les transports ferroviaires et fluviaux 1%. Pour les PM10 les ordres de grandeur sont globalement équivalents. A noter qu’au niveau du boulevard périphérique de Paris, la part du trafic routier monte à 47% au lieu de 27% en moyenne en Ile de France.

Selon la direction de déplacement des masses d’air, des particules peuvent provenir des régions voisines : la Basse-Normandie, la Picardie, la Champagne-Ardennes, la Bourgogne et la région Centre. Et aussi de régions plus éloignées, voir même de pays voisins : Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni, Irlande, Allemagne, Suisse.

Ajoutons que du fait des vents d’ouest dominants, la France (pays de la zone tempérée du littoral Atlantique) envoie plus souvent ses particules vers ses voisins de l’est que l’inverse. La pollution française est poussée vers l’Allemagne. C’est d’ailleurs pour cette raison que les Allemands et les Suisses sont inquiets de l’état de la centrale nucléaire de Fessenheim: en cas de catastrophe nucléaire suite à des actes terroristes ou un événement climatique exceptionnel ils pourraient être affectés par la pollution radioactive.

En Grande-Bretagne le tiers de l’électricité provient de la combustion du charbon. Paris est plus proche de Londres (330 km), de Bruxelles (260 km), du Luxembourg (280 km) et d’Amsterdam (440 km) que de Berlin (863 km), Francfort (450 km), Stuttgart (480 km), Munich (700 km) ou Hambourg (760 km). Or plus on s’éloigne d’un foyer d’émission de particules, plus leur concentration baisse.

A noter qu’une bonne partie des particules produites par les pays voisins proviennent elles aussi du trafic routier, de l’industrie manufacturière et du résidentiel et tertiaire. La production électrique à base de charbon, qui recule en Allemagne grâce à la montée des énergies renouvelables, n’est qu’une composante parmi de nombreuses autres.

Une pollution printanière multi-source

Selon le CNRS (communiqué du 21 mars 2014) voici les « différentes fractions de particules fines observées du 7 au 15 mars dernier, sur la zone 5 du supersite SIRTA au CEA Saclay :

  • PM2,5 nitrate d’ammonium : 51 % – le nitrate d’ammonium est un composé « secondaire », formé dans l’atmosphère à partir d’ammoniac et d’oxyde d’azote, sous l’action de la photochimie. L’ammoniac est principalement émis par les activités agricoles. Il représente 97% des émissions nationales annuelles d’ammoniac en 2011. Les oxydes d’azote (NOx) sont principalement émis par les transports, et dans une moindre mesure l’industrie manufacturière et l’agriculture. Ils concernent respectivement 56%, 14% et 10% des émissions nationales de NOx en 2011.

  • PM2,5 primaires combustion de biomasse : 15 % – particules fines émises directement dans l’atmosphère par la combustion de biomasse (chauffage au bois et brûlage de déchets verts).

  • PM2,5 primaires fuel fossile : 11 % – particules fines émises directement dans l’atmosphère par la combustion de dérivés du pétrole (dont les transports).

  • PM2,5 organiques secondaires : 12 % – particules fines composées de matière organique, générées dans l’atmosphère à partir de précurseurs gazeux comme les composés organiques volatils (COV). En période hivernale (comme c’est le cas actuellement), ces COV sont émis principalement par les activités humaines.

  • PM2,5 sulfate d’ammonium : 11 % – le sulfate d’ammonium est également un composé « secondaire », formé dans l’atmosphère à partir d’ammoniac et de dioxyde de soufre. Le dioxyde de soufre est émis en France par l’industrie manufacturière et la transformation d’énergie. »

Il n’y a donc vraiment aucune raison de focaliser exclusivement sur les centrales électriques allemandes (ce qui n’enlève rien au problème sanitaire que constituent les centrales à charbon pour les riverains des centrales en Allemagne). L’Allemagne, qui produit dès à présent 27% de son électricité à partie des énergies renouvelables, va dépasser les 40% dès 2020 et à comme objectif 80% à horizon 2050.

Ce climat germanophobe qui pollue le débat énergétique et environnemental est vraiment détestable. Balayer devant sa porte avant d’accuser les partenaires européens de la France est le premier pas vers l’éco-responsabilité.

Le site Atlantico.fr a osé publier le 22 mars 2015 l’article « Pollution sur Paris : la vache, les autos sont hors de cause ! » (signé du journaliste Hugues Sarraf) au contenu gravement fallacieux et vraiment irresponsable compte-tenu des implications sanitaires: le fait que les sources soient multiples ne peut en aucun cas conduire à la conclusion que chacune de ces sources soit hors de cause. Quand 10 violeurs agressent collectivement une Femme, le fait qu’ils soient 10 n’enlève rien à la responsabilité individuelle de chacun d’entre eux.

Mais les biais dans le sens inverse existent aussi. Dans un article publié sur LeMonde.fr, signé Audrey Garric, le titre du camembert qui l’illustre, en grands caractères gras, est erroné: « 51% du trafic en Ile de France provient du trafic routier ». Le bon chiffre est 27%, comme l’indique clairement le communiqué de presse Airparif qui sert de référence à l’article du Monde. Le 51% (47% en réalité car il y a une seconde erreur dans ce camembert) correspond à la contribution des PM2,5 au niveau du boulevard périphérique.Le sous-titre « PM2,5 mesurées près du trafic routier », intégré en petit caractères et en italique au camembert, est en contradiction avec le titre qui porte sur toute l’Ile De France.

« L’idéologie c’est ce qui pense à votre place » soulignait l’intellectuel Jean-François Revel.

Par Olivier Daniélo

En savoir plus :

Fukushima: le combustible fondu du réacteur 1 bel et bien tombé on ne sait où

Ces dernières semaines, le gérant du complexe atomique, Tokyo Electric Power (Tepco), ainsi que des chercheurs du laboratoire KEK, de l’Université de Tsukuba et d’un établissement universitaire de Tokyo, ont utilisé un dispositif spécial qui permet de voir où se trouve le combustible nucléaire.

Il ont ainsi réussi à situer le combustible de la piscine de désactivation du réacteur 1, mais pas le combustible du coeur du même réacteur à l’endroit où il aurait pourtant dû être s’il n’avait pas fondu.

Pour ce faire, ont été utilisées les propriétés de particules de haute énergie et charge négative appelées muons.

Lesdits muons, des cousins des électrons, ne sont pas faciles à arrêter: ils traversent librement de nombreux matériaux, au point d’ailleurs de gêner parfois des expériences scientifiques.

Pourtant, ils peuvent être stoppés par des substances à haute densité. En traquant les muons bloqués, il est ainsi possible de produire une image de la présence du combustible nucléaire dans le réacteur.

C’est cette particularité que les chercheurs ont utilisée en mesurant les flots de muons depuis plusieurs endroits à l’extérieur du réacteur nucléaire examiné.

« On devrait voir une ombre sur les images à l’endroit du coeur, or elle n’est pas là, ce qui signife très probablement que tout le combustible est tombé », a expliqué à la télévision le professeur du KEK Fumihiko Takasaki qui a conçu et dirigé ces tests.

Jusqu’à présent, Tepco et les experts du secteurs avaient certes la quasi certitude que le combustible avait fondu, mais sur la base de calculs et simulations. Cette fois, des mesures en donnent une quasi preuve, sans dire cependant exactement où se trouve ledit combustible: au fond de la cuve sous pression ou plus bas encore ?

La même question se pose en outre pour les coeurs des réacteurs 2 et 3 dont on suppute qu’ils ont aussi subi peu ou prou un sort identique.

En tout état de cause, la tâche d’extraction des débris de ce combustible fondu ne s’en trouvera pas facilitée.

La récupération de ce corium constituera l’opération la plus délicate et la plus longue du processus de démantèlement engagé.

Selon les prévisions actuelles, il faudra entre 20 et 30 ans uniquement pour procéder à ce retrait qui, dans le meilleur des cas, ne pourra pas débuter avant 2020.

« En tant que scientifiques, nous ressentons cependant la responsabilité d’utiliser nos connaissances et compétences pour aider à procéder au démantèlement le plus rapidement possible », avait déclaré il y quelques mois M. Takasaki.

kap/mf

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Samsø, l’île 100 % renouvelable et énergétiquement indépendante

Søren Hermansen est le directeur de la Samsø Energy Academy. Samsø est la première île au monde où 100 % de l’électricité provient des énergies renouvelables.

Parlez-moi de Samsø

Samsø est une île danoise de 100 km2 et de 3700 habitants. Elle a conservé son statut de municipalité insulaire lors des réformes structurelles après la crise grâce aux conditions très spéciales de l’île. Cela nous a donné l’autonomie de prendre des décisions localement.

L’énergie de l’île provient à 100 % d’énergies renouvelables. De quels types d’énergie renouvelables parlons-nous ?

Le plus grand changement a été de passer de l’électricité importée des centrales à charbon à l’électricité produite localement par les éoliennes. Nous avons également environ 10 % d’énergie solaire, mais le reste provient de l’éolien.

Pour le chauffage, nous sommes passés du chauffage au mazout à un nouveau système. Nous n’avons pas de gazoduc, comme ailleurs au Danemark, où le gaz naturel arrive de la mer du Nord. Désormais, les maisons des zones densément peuplées sont toutes chauffées grâce à un système de chauffage urbain, qui envoie de l’eau chaude à tous les foyers Ce système est alimenté par de la paille locale, des copeaux de bois provenant des forêts et des panneaux solaires thermiques.

+Efficacité+

J’imagine que l’efficacité énergétique est également un facteur clé de ce nouveau système ?

Oui, nous nous sommes fixés un objectif de réduction de 20 % de notre consommation d’énergie. C’était très intéressant, car lorsque nous avons mis en place les installations énergétiques dans les maisons, nous devions parfois rappeler aux habitants qu’ils devaient équiper leurs maisons pour recevoir le chauffage du quartier. Les gens se sont laissés convaincre facilement qu’installer de nouvelles fenêtres, isoler les toits et les murs étaient de bonnes idées.

La durée d’amortissement des rénovations pour l’efficacité énergétique est de 2 à 5 ans, il est donc incroyable que les gens ne l’aient pas fait avant, mais c’est seulement par manque d’information.

Actuellement, Bruxelles a placé l’efficacité énergétique dans les priorités de son programme de travail.

Nous devons réfléchir aux façons de convaincre les gens que c’est à eux de prendre ces mesures.

Il faut les encourager à acheter des parts dans l’éolien afin de dépasser la mentalité « pas dans mon jardin ».

Beaucoup de projets échouent car les gens ont peur des changements. Les bénéfices potentiels ne font pas le poids face à la peur du changement. J’ai fait face à ce problème tant de fois que j’ai su qu’il était temps de le prendre à bras-le-corps et de trouver un moyen de le résoudre. Les gens s’intéressent beaucoup plus à un projet s’ils y prennent part, s’ils y ont investi une partie de leurs économies.

Quel est le retour sur investissement ?

Il se situe entre 6 et 8 %.C’est donc mieux que de laisser son argent à la banque.

On dit souvent que le problème avec les renouvelables c’est que ce sont des sources d’énergie inconstantes. Est-ce un problème sur l’île ?

Il y a toujours du vent, beaucoup plus qu’ailleurs, et il y a également plus de soleil qu’ailleurs. Nous avons une brise marine constante et pendant l’été nous avons beaucoup plus de soleil que le reste du pays. Ce n’est pas que sur les cartes postales, c’est vrai !

Qui paye pour tout cela ?

Les citoyens, mais ils n’ont pas rassemblé assez de ressources, alors les banques ont largement contribué aussi. Mes amis ingénieurs ont réalisé les plans d’aménagement et mon rôle a été d’établir le plan structurel, en intégrant les permis de construire, les plans des ingénieurs et l’aspect financier du projet.

Étant donné que les banques ne prêtent plus autant qu’avant, y avait-il une garantie de fonds publics pour ce projet ?

Voilà pourquoi c’est bien d’être Danois ! Nous avons un tarif de rachat garanti pour l’énergie éolienne. Donc à partir du moment où vous signez un contrat, vous avez un prix minimal garanti par Kw/h pour les dix prochaines années.

Le nouveau projet d’Union de l’énergie s’oppose vivement aux tarifs de rachat nationaux.

Oui, à plusieurs reprises le Danemark s’est retrouvé en difficulté à cause de cela. Le souci c’est qu’ils envisagent le problème à l’envers. Si vous avez un objectif écologique, le marché ne vous aidera pas à l’atteindre. Et si le marché dit non, s’il y a déjà trop d’énergie sur le marché, alors l’UE s’est tirée une balle dans le pied en disant qu’elle n’était pas d’accord avec les tarifs de rachat. Je pense que c’est une approche ignorante.

Grâce aux interventions de l’État, le Danemark est désormais numéro 1 de l’énergie éolienne dans le monde.

C’est peut-être pour cela que certains États membres n’apprécient pas ce système mais je crois que nous devons nous accrocher à cela et nous demander où nous voulons arriver en 2020. Si nous voulons atteindre nos objectifs, nous devons trouver les instruments et les moyens pour y arriver. Et si un tarif de rachat minimal est un moyen suffisant pour susciter l’intérêt des banques dans ce domaine et donc pour que tous ceux qui ont un projet de développement qui intègre des éoliennes puissent aller à la banque et obtenir l’argent dont ils ont besoin, alors nous devrions utiliser cet outil.

À Bruxelles, les importations d’énergie sont devenues un sujet brûlant avec le conflit ukrainien. De quelles leçons pouvons-nous tenir compte ?

C’est la même chose mais à plus grande échelle. Ici, nous craignons aussi de dépendre de quelqu’un que nous ne pouvons pas contrôler. Comme de nombreuses zones rurales dans l’UE, Samsø est une commune à faible revenu, l’argent est donc à dépenser avec parcimonie. Si vous voulez développer des zones rurales, vous devez trouver de l’argent, et cet argent peut provenir des économies réalisées en évitant d’importer des combustibles couteux et en les produisant soi-même. Cela signifie que vous créez des emplois et donc des revenus imposables dans ces régions et que vous ne laissez plus le marché décider pour vous. 

Peut-on transposer les pratiques de Samsø à la politique de l’environnement urbain de l’UE ?

Bien sûr, mais si on ne les envisage pas dans les milieux ruraux, alors elles ne seront jamais appliquées en ville car les enjeux sont trop importants. Les grandes entreprises n’apprécient pas ce système car elles veulent contrôler le marché. Si nous sommes responsables de notre propre production et distribution d’énergie, alors nous ne voulons pas dépendre des aides d’État car si le marché est présent nous pouvons contrôler les coûts et l’administration et ainsi de suite.

Je suis en faveur de l’explosion des sièges sociaux ! Je ne suis pas un terroriste, mais je crois en la décentralisation. Il y a énormément d’argent dans les caisses, qui attend d’être investi, mais les entreprises ne s’intéressent pas aux projets individuels, tout ce qu’elles voient, ce sont votre consommation et vos factures.

Regardez le Royaume-Uni, l’efficacité énergétique y est très limitée. Si vous vous rendez dans de nombreux villages isolées, les logements sont dans de très mauvaises conditions, mal isolées et n’ont pas de chauffage urbain alors qu’il y a des bois juste derrière le village. Pourquoi n’ont-ils pas tout ça ? Parce que nous n’avons pas d’outils pour les aider à mettre en place des solutions plus efficaces.

Quelle aide est attendue de la part des décideurs politiques de l’UE à l’avenir ? Que diriez-vous aux responsables de la DG Environnement ou au commissaire en charge de l’action pour le climat ?

Je me suis adressé à eux à maintes reprises mais ils n’écoutent pas ! Je leur ai fait le même genre de discours et ils ont ri. Ils pensent que je suis un plaisantin.

Ils se confortent dans leur idée que les géants de l’industrie et les structures d’urbanisation sont les facteurs les plus importants, que tout est déterminé par le marché. Les conditions sociales et culturelles de l’UE influencent aussi beaucoup de secteurs. Il faut qu’ils remarquent à quel point les petites structures indépendantes ont soutenu de grandes perspectives pendant des années et des années.

Le local est la clé du succès et du développement. Nous devrions souligner le ridicule du marché. L’UE le contrôle déjà tellement que nous ne pouvons plus le qualifier de marché libre.

Pourquoi ne pas changer d’attitude et se dire, « ok, peut-être que les tarifs sont différents dans l’UE mais ce n’est pas grave » ? C’est plus cher au Danemark, ok, c’est moins cher dans le sud de la France, ainsi soit-il. Nous ne devons pas être si tatillon à propos du marché, mais peut-être l’ouvrir un peu et accepter l’idée d’une UE variée et avec des solutions multiples.

En résumé, tout l’opposé de l’Union de l’énergie

Je sais, tout le contraire ! Je déteste l’admettre ! Ce que nous craignons le plus, c’est que Poutine coupe les robinets de gaz. Pourquoi sommes-nous tant obnubilés par ça ? Pourquoi ne créons-nous pas notre propre réseau énergétique indépendant, et pourquoi ne l’avons-nous pas fait il y a des années déjà ?

Consulter le site de :  Samsø Energy Academy

Source : EurActiv. fr  (James Crisp, traduit de l’anglais)

En 2014, le PIB mondial a augmenté de 3%. Pas les émissions de CO2 du secteur énergétique (AIE)

Les données révélées par l’AIE le 13 mars 2015 indiquent que les émissions de CO2 ont stagné entre 2013 et 2014, ceci alors que le PIB mondial a progressé de +3%. Les émissions sont restées à 32,3 milliards de tonnes, soit le même niveau que l’année antérieure.

Les efforts effectués à l’échelle mondiale pour réduire le recours aux combustibles fossiles semblent donc commencer à porter leurs fruits. Selon l’AIE ces progrès résultent de changements de modèles énergétique en Chine et dans les pays de l’OCDE.

La Chine, un puissant moteur de la croissance des énergies renouvelables

En 2014 la production électrique Chinoise à partir de sources renouvelables a augmenté, principalement dans les domaines éolien, solaire et hydroélectrique. La Chine a installé 10,5 GW (10.500 MW) de solaire photovoltaïque en 2014, parvenant ainsi à une puissance cumulée de 28 GW. Ces 10,5 GW de PV permettent de produire autant d’électricité que deux réacteurs nucléaires. Installées en seulement un an ces nouvelles puissances correspondent au double de la puissance photovoltaïque totale installée en France en une décennie. Comme le souligne le chercheur Mark Jacobson(Stanford) installer 6 GW de solaire PV est bien plus rapide que construire 1 GW de nucléaire.

Par ailleurs la Chine, qui, visionnaire, a fortement investi dans de grandes usines de production de panneaux solaires, est parvenue à conquérir 90% du marché mondial. Sa puissance industrielle permettant de fournir des produits bon marché est ainsi mise au service du reste du monde. Des barrières douanières imposées par l’Union européenne, notamment à la demande de la France, ont cependant freiné cette progression au niveau du vieux continent.

Selon l’AIE « dans les pays de l’OCDE les efforts récents pour promouvoir une croissance soutenable – incluant une plus grande efficacité énergétique et davantage d’énergies renouvelables – sont en train de produire les effets espérés de découplage de la croissance économique des émissions de gaz à effet de serre ». Aux USA le solaire PV représente le tiers des nouvelles capacités électriques installées en 2014. 

Découplage

L’AIE souligne que durant les 40 dernières années il y a eu seulement à trois reprises une stagnation ou une baisse des émissions comparativement à l’année antérieure, et toutes étaient associées à une stagnation ou une baisse de l’activité économique. Au début des années 80, en 1992 et en 2009.

Mais en 2014 la croissance du PIB a été de +3%. Le dogme « croissance du PIB = obligatoirement croissance du CO2 » est aujourd’hui cassé. Ce qui constitue une excellente nouvelle : la décroissance n’est pas indispensable dans la perspective de réduire les émissions de CO2. La sobriété constitue néanmoins un levier permettant d’accélérer la transition énergétique, aux côtés de l’efficacité énergétique et des EnR. « L’énergie la plus facile à remplacer est celle que l’on ne consomme pas. »

Une intensification des efforts en matière d’efficacité et d’EnR, dont l’avion Solar Impulse constitue un symbole, permettra de poursuivre le découplage qui a commencé en 2014. L’AIE va publier en juin 2015 un rapport spécial sur cette thématique d’importance planétaire. L’organisme proposera aux décideurs des mesures politiques « pragmatiques. »

Pour Maria van der Hoeven, directrice de l’AIE, « Les dernières données en matière d’émissions sont encourageantes, mais ce ne est pas le temps de la complaisance, et certainement pas le temps d’utiliser ces nouvelles positives comme une excuse pour bloquer de nouvelles mesures ».

Selon les travaux de réanalyse du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), rapportées par Le Journal de l’Energie, les deux années les plus chaudes du siècle qui commence ont été 2005 et 2010, 2014 se trouvant en troisième position.

Olivier Daniélo

Et aussi dans les
ressources documentaires :

USA : 35% d’électricité éolienne en 2050 (DoE)

Un rapport décoiffant ! Selon « Wind Vision: A New Era for Wind Power in the United States » (accessible ici), la part de l’éolien, qui pèse aujourd’hui 4,5% du mix électrique américain (contre 3,6% en France), pourrait doubler en 5 ans (2020), puis à nouveau doubler d’ici 2030 pour atteindre 20%. A horizon 2050 l’éolien pourrait peser entre 32 et 41% selon les scénarios. Une hypothèse intermédiaire de 35% a été retenue dans le rapport.

Il ne s’agit pas d’un document issu d’une association écologiste mais d’une équipe d’experts de l’énergie travaillant pour le gouvernement des Etats-Unis. L’équipe regroupe des scientifiques de haut niveau, des professeurs d’université, des ingénieurs et des experts de l’industrie éolienne. Les résultats de l’étude offrent une vision réjouissante du point de vue du développement durable.

3200 millions de dollars de revenus pour les collectivités locales

Le rapport souligne que l’énergie éolienne (libre comme le vent) est disponible dans chacun des 50 états de l’union, de l’Alaska à la Floride. Il s’agit donc d’une ressource vraiment compatible avec l’esprit fédéral des USA. Hawaï souhaite d’ailleurs parvenir à 100% d’EnR en 2050. L’éolien est très profitable aux économies locales. « Il permet d’augmenter les revenus des collectivités » rappellent les auteurs. « Les collectivités locales pourront collecter les taxes foncières, générant un revenu de 3,2 milliard de dollars d’ici 2050 ».

Mais les bénéfices économiques seront en réalité bien plus importants. « Etant donné que les contrats éoliens sont typiquement fixés à prix fixes pour 20 ans, le secteur de l’électricité sera (grâce à une forte pénétration de l’éolien ndlr) moins sensible aux variations du prix du gaz et du charbon. » soulignent les auteurs. « En réduisant la vulnérabilité nationale vis-à-vis des variations des prix et des ruptures d’approvisionnement grâce aux prix fixés à long-terme, l’éolien pourrait faire économiser aux consommateurs 280 milliards de dollars d’ici 2050 ».

Economiser massivement l’eau douce

Sur le plan sanitaire et environnemental l’éolien permettra d’éviter d’émettre des particules et des molécules qui polluent l’air, dont le dioxyde de soufre et les oxydes d’azote. Ainsi que 12,3 milliards de tonnes de gaz à effet de serre d’ici 2050. La réduction de la pollution de l’air permettra d’économiser 108 milliards de dollars (plus précisément entre 52 et 272) sur la facture santé. 21.700 morts prématurées seront évitées ainsi que 10.100 accueils de patients aux urgences pour crise d’asthme (particules) et 2,5 millions jours d’école de perdus (ozone).

L’éolien a un autre avantage majeur : il ne consomme pas une seule goutte d’eau douce. Contrairement aux centrales thermiques (fossiles et nucléaires) qui consomment massivement cette ressource fondamentale pour la vie, et qui de plus contribuent à réchauffer les fleuves (pollution thermique). Les experts du DoE ont calculé que d’ici 2050 « l’éolien pourrait sauver 260 milliards de gallons d’eau (un gallon = 3,78 litres ndlr), soit l’équivalent d’environ 400.000 piscines olympiques ».

Selon un rapport de la Deutsche Bank de janvier 2015, le solaire pourrait représenter 30% de la production électrique américaine (et mondiale) en 2050. Autrement dit les deux tiers de la production électrique américaine pourraient devenir éolico-solaire.

Olivier Daniélo

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Insecticides et abeilles: l’Assemblée vote l’interdiction des néonicotinoïdes en 2016

A la suite de l’action menée par la France pour que l’Union européenne interdise le Cruiser OSR sur le colza, la Commission européenne a restreint l’utilisation de trois substances actives de la famille des néonicotinoïdes, rappelle l’exposé de l’amendement.

Malgré ces avancées, cinq molécules restent actuellement autorisées en France (imidaclopride, thiaclopride, clothianidine, thiaméthoxame et acétamipride) et présentent une toxicité aigüe, notamment pour les abeilles.

Pour protéger la santé humaine et la biodiversité, et particulièrement les abeilles, l’environnement et la santé, il est proposé de prolonger l’action de la France en interdisant ces substances.

L’interdiction vise toute la famille des néocotinoïdes pour éviter que l’industrie ne substitue des produits cousins après le retrait d’un produit précis, selon M. Bapt.

Appelant à « entendre le cri d’alarme des apiculteurs » vu la mortalité actuelle massive des abeilles, par exemple dans le département des Deux-Sèvres, l’ancienne ministre de l’Ecologie Mme Batho a souhaité que la France, qui a été pionnière avec le Cruiser, fasse avec tous les néonicotinoïdes « un moratoire » du même type qu’avec le maïs OGM.

L’élu socialiste de Haute-Garonne M. Bapt, médecin de profession, a longuement plaidé pour l’interdiction de produits au « succès commercial mondial » mais aux effets toxiques scientifiquement prouvés, selon lui, à la fois sur les insectes pollinisateurs mais aussi sur les sols, l’eau, et sur la santé humaine.

Ces néonicotinoïdes sont « neurotoxiques de 500 à 10.000 fois plus que le DDT, qui est interdit » et « il n’y a pas un seul repas où nous n’en consommons pas tous les jours », a-t-il lancé. « Au Moyen-Age, on aurait appelé ça un nouveau fléau de Dieu », a dit M. Bapt.

Défavorable à la mesure, au motif notamment que « le cadre européen ne permet pas une interdiction stricte », la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal a souligné le travail engagé par le gouvernement en matière de pesticides, y compris le plan sur la sauvegarde des pollinisateurs sauvages et des abeilles, et les discussions au niveau européen.

Mais le pesticide Poncho n’était pas interdit dans tous les pays européens lorsque la France l’a interdit, idem lorsque la France a été « en avance sur l’interdiction des biberons contenant du bisphénol », a argumenté M. Bapt. « L’urgence de l’interdiction s’impose » devant « un fléau durant depuis trop d’années », a appuyé l’écologiste Laurence Abeille.

Sur ces néonicotinoïdes « dévastateurs pour un certain nombre d’espèces et faisant courir un risque de santé publique », la rapporteure Geneviève Gaillard (PS) s’était montrée défavorable à « une interdiction brute », par souci d' »efficacité » et de « ne pas gêner les avancées du gouvernement », disant craindre que ces produits ne restent utilisés dans le cadre de dérogations, en l’absence d' »alternative » chimique jusqu’alors.

Ironisant à propos de la « croisade » de M. Bapt, le député UMP du Bas-Rhin Antoine Herth a jugé que les problèmes des apiculteurs étaient « multifactoriels », et insisté sur l’effet négatif d’une telle interdiction pour les agriculteurs français.

Dans sa « feuille de route » écologiste, présentée le 4 février, le gouvernement a assuré que la France mènerait « au niveau européen une action volontariste » pour que les substances néonicotinoïdes des pesticides soient réévaluées « au plus vite, en prenant en compte toutes les études concernant les effets sur les colonies d’abeilles, les pollinisateurs sauvages, la faune ».

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Le robot en métal liquide de « Terminator 2 » inspire une nouvelle imprimante 3D

Le chimiste Joseph DeSimone a présenté à la conférence TED de Vancouver (Canada, ouest) une machine capable d’imprimer en 3D des créations comme si elles émergeaient d’un métal liquide, rappelant le redouté robot T-1000 de « Terminator 2 » surgissant d’une flaque argentée.

« Nous nous sommes inspirés de la scène du T-1000 dans Terminator 2 », a expliqué M. DeSimone. « Pourquoi ne pourrions-nous pas avoir un objet qui naît d’une flaque en temps réel sans faire pratiquement aucun déchet ? »

DeSimone et son équipe ont développé une technologie qu’ils ont appelée Continuous Liquid Interface Production ou « Clip » (production par interface de liquide continu, ndlr) qui exploite les pouvoirs de la lumière et de l’oxygène, permettant à l’imprimante de donner rapidement vie à des objets à partir d’un matériau élastique avec des propriétés sophistiquées.

Imprimer des parties de l’objet à la vitesse d’un fabricant classique « change la donne », a-t-il confié à l’AFP.

Les imprimantes tri-dimensionnelles fonctionnent avec des couches successives de matériaux, qui construisent lentement les objets, pendant plusieurs heures. Ce qui suppose qu’on ne peut pas utiliser de la résine, car elle aura changé chimiquement de consistance avant la fin de l’impression.

« L’impression en 3D est en fait un terme inapproprié; c’est en fait une impression en 2D qui imprime encore et encore », a noté M. DeSimone. « Il y a des champignons qui poussent plus rapidement que les impressions en 3D », selon lui.

Or le système Clip est 25 à 100 fois plus rapide que celui des imprimantes tri-dimensionnelles actuelles. Il utilise en outre de la résine synthétique, aux propriétés mécaniques particulièrement solides, pour fabriquer les dernières parties, a souligné M. DeSimone.

Cette technologie pourrait transformer le mode de fabrication des voitures, des avions et des turbines jusqu’à celle des implants dentaires pour mieux les adapter aux patients.

Ce système Clip a été testé par un constructeur automobile; un fabriquant de vêtements de sport, un studio de design d’Hollywood et un laboratoire de recherche, selon ses inventeurs.

DeSimone et son équipe ont ouvert un magasin dans la Silicon Valley et vont augmenter leur production d’ici un an, mais ils n’ont pas encore fixé de prix pour leurs imprimantes.

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Total se détourne du raffinage au profit des biocarburants

L’annonce de la suppression de 180 postes à la raffinerie britannique de Lindsey avait immédiatement inquiété ses homologues français. Plus précisément, les salariés des raffineries de Donges, Feyzin et de La Mède redoutaient la fermeture des sites. C’est donc dans un climat de nervosité grandissante que s’est déroulé la réunion entre représentants des syndicats et des ressources humaines. D’après des sources syndicales, il ressort que la raffinerie de La Mède serait désormais orientée vers la production de biocarburants. Alors que le site produit 153 000 barils/jour, l’activité de raffinage serait abandonnée. Ceci nécessitera des investissements mais environ 200 emplois seraient menacés. Toutefois, Total garantirait de pouvoir conserver en son sein tous les employés concernés. Le site de Donges serait quant à lui restructuré de façon à être plus rentable que les 219 000 barils produits quotidiennement. Pour y parvenir, de nombreux aménagements devront être faits. En ligne de mire, la voie ferrée qui traverse le site et gêne tout travaux de modernisation. Les négociations avec la SNCF ont du mal à aboutir pour cause de désaccord sur la répartition des coûts. Pour l’heure, aucune évolution concernant le site de Feyzin n’a filtré.

Le raffinage européen est un secteur en crise. Avec une demande en baisse de 1 à 1,5 % chaque année, la production est en surcapacité de près de 10 %. Petroplus a déposé le bilan en 2012, une quinzaine de raffineries fermées en 5 ans, autant de preuves que le raffinage européen va mal. Total, malgré des bénéfices record, peine à rentabiliser sa branche raffinage-pétrochimie dont les pertes s’élevaient à 500 millions en 2013.

Suite aux fuites concernant la fin des activités de raffinage sur le site de La Mède, Total a indiqué dès le lendemain par la voix de son porte-parole que « la direction n’a pas confirmé l’arrêt de toutes ses activités de raffinage sur la plate-forme de La Mède, lors d’une réunion de concertation avec les organisations syndicales ce mardi 24 février ». Les intentions de Total devraient être officielles au printemps.

Par Audrey Loubens

En Allemagne, la régression du nucléaire s’accompagne de celle du charbon

Chacun se souvient des propos pour le moins maladroits de Ségolène Royal en matière énergétique lors de son face-à-face avec Nicolas Sarkozy à l’occasion des élections présidentielles de 2007, ce dernier tenant d’ailleurs des propos du même acabit. Devenue ministre de l’énergie, et répondant au groupe EELV, Ségolène Royal a récemment affirmé à l’Assemblée Nationale : « c’est vrai que certains pays ont renoncé au nucléaire, comme l’Allemagne et l’Italie. Mais force est de constater que pour l’un ils ont rouvert des mines de charbon, je ne pense pas que cela soit le modèle énergétique que vous souhaitez ». (Intervention complète ici sur le site de la Chaîne Parlementaire).

Est-il exact que la production électrique à base de charbon a augmenté consécutivement à la baisse de la production électro-nucléaire en Allemagne ?

La production électro-nucléaire allemande baisse depuis 2006, soit 5 ans avant la catastrophe nucléaire de Fukushima du 11 mars 2011. D’après les données AGEB (AG Energy Bilanzen e.V.) datées du 12 décembre 2014 et rapportées par le Consultant Bernard Chabot (diapo 25), entre 2006 et 2014, elle a reculé de 70 TWh. Sur la même période le couple charbon-lignite a reculé de 25 TWh, le gaz de 16 TWh et le fioul de 5 TWh, soit un recul global de 46 TWh pour les énergies fossiles. Il est donc erroné d’affirmer que le recul du nucléaire s’accompagne d’une hausse de l’électricité d’origine fossile.

Le véritable driver du changement est qu’entre 1990 et 2014 les EnR ont progressé de 20 TWh à 157 TWh. Soit un gain de 137 TWh en 24 ans (moyenne de +5,7 TWh par an, un niveau 7 fois plus élevé que celui observé en France), dont 86 TWh depuis 2006. Cette hausse n’est pas due à la grande hydraulique mais à l’éolien, à la bioélectricité et plus récemment au solaire photovoltaïque. « La production renouvelable est à présent supérieure à celle provenant du lignite, du charbon, du gaz et du nucléaire » souligne Bernard Chabot. « Et ce déclin du nucléaire et du gaz est compensé par les énergies renouvelables, pas par le lignite et le charbon. »

Le dogme, répété de manière pavlovienne, selon lequel « davantage de renouvelables conduit nécessairement à davantage de centrales fossiles », et son corollaire « nous avons besoin du nucléaire pour sauver le climat », sont tout simplement infondés. L’Allemagne le démontre de manière claire et nette : les énergies renouvelables sont capables de faire reculer d’emblée toutes les énergies sales, génératrices de gaz à effet de serre ou de déchets toxiques et à très longue durée de vie.

La tendance de fond à l’échelle multidécennale (1990-2014), c’est-à-dire celle qui est vraiment pertinente, est que la production du couple charbon-lignite baisse en Allemagne. Plus vite pour le charbon que pour le lignite. La hausse (une vingtaine de TWh) passagère du charbon-lignite entre 2011 et 2013, très médiatisée en France par les communicants liés au business nucléaire, s’explique principalement par le recul rapide du gaz. Puis entre 2013 et 2014 le charbon a reculé de 10 TWh et le lignite de 4 TWh. Au final, le couple charbon-lignite est revenu en 2014 au même niveau qu’en 2010. A part quelques exceptions, les médias français mainstream ont curieusement été beaucoup moins bavards pour faire connaître cette réalité aux Françaises et aux Français. Le modèle énergétique allemand n’évolue absolument pas vers davantage de charbon.

Internet a écrasé le Minitel

La très forte poussée des EnR, il est vrai fortement dérangeante pour le business de ceux qui ont investi dans les énergies sales et qui veulent préserver leur rente, s’accompagne de la régression de toutes ces dernières. Pour le député Européen Yannick Jadot (EELV) « il faut libérer la France et François Hollande de l’influence néfaste des grands groupes de l’énergie qui nous tirent en arrière ».

Pour reprendre la belle formule de Denis Baupin, Député de la 10e circonscription de Paris et Vice-Président de l’Assemblée Nationale, il y a ceux qui sont encore à l’ère du Minitel, et tous les autres qui sont passés à Internet. Le Minitel nucléaire coûte très cher. Areva peut en témoigner.

En Allemagne, les EnR ont répondu à 27% de la demande nationale en 2014. 40% de l’électricité pourrait être d’origine renouvelable dès 2020. L’objectif est d’atteindre le niveau de 80% en 2050. Au Danemark l’objectif est 100% à cet horizon. En France, l’objectif de réduction de la part du nucléaire de 75% à 50% en 2025 est compromis : le Sénat a retiré la date 2025 et Ségolène Royal a déclaré que « cela ne change pas grand-chose ». Sauf que quiconque n’a pas d’objectif clair et précis ne risque pas de l’atteindre. Le renoncement, c’est maintenant ? Rappelons qu’avant les présidentielles de 2007 Ségolène Royal était favorable à une sortie totale du nucléaire à horizon 2040.

Pour Corinne Lepage, ex-Ministre de l’Environnement du gouvernement Juppé, « la disparition d’un objectif à 2025 pour la part du nucléaire dans le bouquet énergétique n’est pas anecdotique ; cet amendement sénatorial vient en réalité sonner le glas d’un engagement présidentiel sur un sujet majeur de la politique énergétique de la France et même de la politique économique de la France. »

Olivier Daniélo

Electricité Renouvelable : selon Chantal Jouanno, la France est incapable de faire aussi bien que le Japon et l’Allemagne

La demande brute d’électricité est en France d’environ 500 TWh selon RTE (depuis 10 ans, elle fluctue entre 479 et 513 TWh). Des mesures dans le domaine de l’efficacité énergétique et la sobriété énergétique permettront de ne pas dépasser ce niveau à horizon 2025.

François Hollande a été élu sur la base d’une promesse de baisse de la part du nucléaire dans le mix électrique de 75% à 50% d’ici 2025. Baisser de 25 points la part du nucléaire signifie concrètement ajouter 125 TWh de production à base d’énergies renouvelables, soit 12,5 TWh par an pendant 10 ans (2015-2025). Soit par exemple 5 TWh/an de solaire PV, 5 TWh/an d’éolien terrestre et 2,5 TWh de bioélectricité et d’énergies marines.

Chantal Jouanno, ex-ministre du gouvernement Fillon III, affirme dans un billet de son blog que ce n’est pas possible. « Le point d’achoppement est une date : « 2025 », date à laquelle la France devrait réduire la part du nucléaire à 50% de son mix électrique. Soit en 10 ans, la fermeture de 20 réacteurs nucléaires. Les experts savent que cette exigence des Verts conduirait inéluctablement à une hausse des émissions de gaz à effet de serre puisqu’il est techniquement impossible de développer suffisamment les énergies renouvelables dans un temps aussi court » affirme-t-elle dans un billet intitulé « Le Prétexte De L’écologie À La Petite Politique ». Chantal Jouanno a-t-elle raison ? De quels « experts » s’agit-il ? Des communicants d’EDF ? Ou de scientifiques/ingénieurs qui n’ont aucun lien avec le business nucléaire ?

Quelle puissance solaire doit-on installer pour produire 5 TWh par an ? En prenant le facteur de capacité moyen du solaire PV en France constaté par RTE en 2014, soit 14%, il nous faut installer 4 GW de solaire PV par an. Le Japon a installé 4,5 GW de solaire PV en 8 mois (et la Chine 10,6 GW durant les 12 mois de 2014). La France est-elle incapable de faire aussi bien que le Japon ? Poser des panneaux photovoltaïques, est-ce trop complexe d’un point de vue technique pour les Français ? Faut-il attendre une catastrophe nucléaire en France pour qu’on découvre subitement que l’on en est capable ? Avant Fukushima, les Japonais, eux-aussi, croyaient que c’était impossible. 4 GW par an c’est 40 GW en 10 ans. L’Allemagne a dès à présent 36 GW de solaire PV en place.

Quelle puissance éolienne terrestre doit-on installer pour produire 5 TWh par an ? En prenant le facteur de capacité moyen de l’éolien terrestre en France constaté par RTE en 2014, soit 23%, il nous faut installer 2,5 GW d’éolien par an (contre seulement 1 GW en 2014 en France du fait d’une réglementation inappropriée). L’Allemagne a installé 5,2 GW d’éolien en 12 mois en 2014. La France est-elle incapable de faire deux fois moins bien que l’Allemagne ?

La question devient : est-il possible d’intégrer 20 points d’EnR fluctuantes dans le mix électrique Français, en plus des 4 points actuels ? La réponse est bien évidemment oui, comme souligné par exemple dans cette étude de l’Agence Internationale de l’Energie. De nombreux outils de flexibilité sont disponibles. Le Portugal parvient à intégrer 70% d’électricité d’origine renouvelable. Pourquoi la France, territoire aux ressources renouvelables colossales, en serait-elle incapable ?

Et si, en France, les responsables politiques vérifiaient leurs sources en matière d’énergie au lieu de boire comme du petit lait ce que leur racontent les lobbyistes du nucléaire ?

Olivier Daniélo

Les labos du Cern peaufinent les mesures du boson de Higgs

Selon l’organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) deux laboratoires du grand collisionneur de hadrons (LHC), habituellement en compétition amicale, ont joint leurs forces pour la première fois dans le but de faire cette estimation commune.

En utilisant des technologies différentes, les labos Atlas et CMS ont trouvé que l’insaisissable particule avait une masse de 125,09 gigaélectronvolt (GeV), avec une marge d’erreur de 0,24 GeV de part et d’autre.

Ce chiffre « correspond à une précision de mesure supérieure à 0,2% », a indiqué le CERN dans un communiqué.

L’estimation de sa masse a été révélée lors d’une conférence à La Thuile, dans le nord-ouest de l’Italie, selon le CERN. « C’est la mesure la plus précise de la masse du Boson de Higgs à ce jour et et l’une des mesures les plus précises jamais obtenues au LHC », a-t-il ajouté.

Le boson de Higgs est considéré par les physiciens comme la clef de voûte de la structure fondamentale de la matière, la particule élémentaire qui donne leur masse à nombre d’autres, selon la théorie dite du « Modèle standard ».

Son existence avait été pressentie pour la première fois en 1964 par Peter Higgs, François Englert et Robert Brout, aujourd’hui décédé, mais il aura fallu 48 ans pour confirmer son existence.

Cela a valu à Higgs et Englert de recevoir le prix Nobel de physique 2013.

« Le boson de Higgs a été découvert au LHC en 2012 et l’étude de ses propriétés a commencé immédiatement », a déclaré Tiziano Camporesi, le porte-parole du laboratoire CMS (Compact Muon Solenoid) ajoutant qu’en conjuguant leurs efforts, Atlas et CMS allaient pouvoir « mieux comprendre cette particule fascinante et étudier son comportement ».

« Une fois déterminée la masse du boson de Higgs, il est possible, dans le cadre du Modèle standard, d’effectuer des prédictions pour toutes les autres propriétés du boson de Higgs, lesquelles pourront ensuite être vérifiées par les expériences », souligne le CERN.

Le LHC va être remis en marche, fin mai ou début juin, après une mise à niveau de deux ans.

Le complexe comprend un tunnel en forme d’anneau de 27 kilomètres, dans lequel s’entrechoquent des milliards de protons qui éclatent en toutes sortes de particules.

Les laboratoires Atlas et CMS représentent à eux deux plus de 5.000 scientifiques venant de plus de 50 pays.

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Une tempête solaire pourrait perturber les réseaux électriques et les télécoms

Cette tempête solaire « pourrait provoquer des problèmes étendus de contrôle de voltage et affecter des systèmes de protection sur le réseau électrique », a mis en garde la NOAA dans un bulletin d’alerte.

Les systèmes de transmission radio à haute fréquence pourraient aussi être perturbés et le fonctionnement des satellites de navigation risque également de connaître des pannes « pendant plusieurs heures », ajoute l’agence.

Cette tempête « sévère » a été observée à 13H58 GMT et a atteint une force 4 pendant au moins une heure sur une échelle maximum de 5, a indiqué Thomas Berger, directeur du centre de prédiction de météorologie spatiale (Space Weather Prediction Center, SWPC) lors d’une conférence de presse.

Ce phénomène pourrait durer de 24 à 36 heures, a-t-il dit, ajoutant qu’à ce stade aucun problème n’avait été signalé sur le réseau électrique et dans le fonctionnement des satellites de télécommunication.

Des aurores boréales ont été observées avant le lever du soleil dans le nord des Etats-Unis, a ajouté Thomas Berger et seront visibles ce soir en Europe.

Cette tempête solaire n’a pas provoqué de niveaux de radiations dangereux pour les astronautes à bord de la Station spatiale internationale (ISS), a par ailleurs indiqué la Nasa.

« L’intensité de cette tempête devrait continuer à diminuer dans les prochaines heures mais nous ne pouvons pas dire exactement comment cela va se produire », a expliqué Bob Ruthlege, le responsable des prévisions au SWPC lors de la même conférence de presse téléphonique.

Lors du précédent cycle solaire qui s’est achevé en 2008, on a observé 45 tempêtes solaires de cette puissance, a-t-il dit. Il s’agit pour le cycle actuel, particulièrement inactif, de la deuxième de cette ampleur.

*C’est un peu inhabituel pour ce cycle marqué par une faible activité solaire », a jugé le scientifique.

Le Soleil connaît actuellement sa période la moins active depuis plus d’un siècle. Le nombre de taches décomptées depuis le début du cycle actuel amorcé en décembre 2008, est très faible par rapport à la moyenne quotidienne observée ces 250 dernières années, en fait moins de la moitié.

Les cycles solaires ont une durée moyenne de 22 ans, onze ans qui amènent au maximum et onze autres années ramenant au minimum après quoi un nouveau cycle commence.

Les éruptions solaires ou éjections de masse coronale projettent du plasma solaire à très grande vitesse dans l’espace qui vient frapper la haute atmosphère de la Terre et interagit avec son champ magnétique.

La Nasa a lancé le 13 mars quatre vaisseaux spatiaux identiques (MMS) destinés à étudier ces interactions, mal comprises, entre les vents solaires et le champ magnétique terrestre.

Le champ magnétique de la Terre protège normalement de ces particules mais quand il y a des éruptions solaires de forte puissance comme celle de mardi, il se produit un phénomène dit de reconnexion magnétique dans la magnétosphère terrestre. Ce phénomène est responsable des aurores boréales mais aussi des orages magnétiques pouvant perturber le fonctionnement des satellites de communications et le réseau électrique.

« La reconnexion magnétique est l’un des facteurs les plus importants dans les phénomènes météorologiques spatiaux », avait souligné Jeff Newmark, directeur par intérim de la division d’héliophysique de la Nasa avant le lancement de cette mission.

js/gde

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La pollution de l’air, une « aberration économique » (sénatrice)

Cette commission doit commencer ses travaux jeudi, par l’audition des organismes Atmo de mesure de la qualité de l’air, a indiqué lundi à l’AFP la sénatrice (Ecologiste) de Paris, Leila Aïchi.

Il s’agit de « faire la démonstration que non seulement la pollution de l’air est un enjeu sanitaire – 42.000 à 50.000 morts prématurées chaque année en France – mais aussi une aberration économique et financière », souligne la rapporteure. Mme Aïchi estime que la facture devrait se chiffrer en dizaines de milliards d’euros annuels, évoquant une rare étude ayant dans le passé estimé le seul impact sanitaire entre 14 milliards et 17 milliards.

« L’idée est d’être le plus exhaustif possible: d’aborder la question de la pollution de l’air intérieure et extérieure, d’avoir le spectre d’auditions le plus large », a-t-elle expliqué. « Ce que nous voulons est un constat le plus objectif possible sur le sujet, et aussi réfléchir aux solutions: il ne faut pas simplement dénoncer, mais montrer qu’il y a des opportunités », a-t-elle encore dit, citant en exemple le retard pris sur l’essor des véhicules électriques.

L’objectif est ainsi de démonter les arguments de ceux qui s’opposent aux mesures de lutte contre la pollution « sous prétexte de préserver des emplois ou au motif que les combats pour la protection de la santé et de l’environnement seraient néfastes à notre économie », a précisé mardi la sénatrice, au cours d’une présentation de la commission à la presse.

ONG, scientifiques, experts économiques, élus, organismes de Sécurité sociale, mais aussi de grands groupes industriels (chimie, auto, aviation, industrie pétrolière etc) seront entendus tous les jeudi jusque fin juin par la commission d’enquête, qui remettra son rapport vers la mi-juillet.

Pour sa première séance d’auditions jeudi, elle entendra, outre les Atmo, les dirigeants de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), puis des responsables de la division environnement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et deux dirigeants de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), a détaillé la sénatrice.

Jean-François Husson (UMP), qui préside la commission, a confié mardi avoir a bon espoir que la commission parvienne à « un constat de fond partagé », au-delà des divergences politiques.

Cette commission, qui effectuera « trois ou quatre déplacements » en région, sur des sites non encore déterminés, compte au total 17 membres, dont six vice-présidents, représentant l’ensemble des groupes politiques.

Afin de susciter un débat le plus large possible, le public pourra poser des questions dans le cadre des auditions, via une plateforme sur le site du Sénat et via les réseaux sociaux (une page Facebook « Pollution en questions » et un compte Twitter « @compollution » ont été créés).

« L’idée est que, dans la dynamique de la démocratie participative, nos concitoyens s’emparent des sujets qui les concernent. On veut une communication dynamique et interactive, et aussi à l’endroit des jeunes », a souligné Mme Aïchi.

cho-abb/dab/pad

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Antivirus gratuits : créez un “kit de sécurité” informatique

Voici quelques outils de sécurité gratuits (mais très efficaces) à utiliser pour constituer ce kit. Combinés, ils forment une suite de sécurité / antivirus et antimalwares robuste et flexible, bref presque imparable.

Traquez les malware et les virus

Le PC Cleaner (“nettoyeur de PC”) d’Avira est un logiciel qui peut être utilisé en parallèle avec d’autres anti-malwares (logiciels malveillants), comme Spybot ou AdwCleaner. Gratuit, PC Cleaner n’a pas besoin d’être installé : il suffit de le télécharger pour l’utiliser d’un simple clic. Il est donc utilisable via une clé USB, qui vous permettra de le lancer depuis n’importe quel ordinateur. Ce freeware, très simple à utiliser, balaie votre ordinateur à la recherche de logiciels malveillants. S’il en détecte, vous pouvez les supprimer, là aussi d’un simple clic.

Sur votre clé USB, vous pourrez aussi glisser l’anti-virus portable McAfee Stinger. Simple d’utilisation, gratuit, il est lui aussi utilisable en parallèle d’autres logiciels de sécurité portables, comme Comodo Cleaning Essentials et Kaspersky Virus Removal Tools. Vous pourrez utiliser ces trois outils pour détecter et éliminer des virus, des chevaux de troie, des spywares et des malwares. Points forts : ces logiciels sont régulièrement mis à jour par leurs éditeurs respectifs (dont la réputation de sérieux n’est plus à démontrer), tout en ne nécessitant aucune installation – l’analyse se fait à la demande, à partir d’un fichier exécutable.

Voici un quatrième antivirus gratuit de qualité : ClamWin Portable. Contrairement aux autres, il faut l’installer. Mais comme il prend peu de place, vous pourrez l’installer sur votre clé USB, afin de pouvoir le lancer ensuite depuis ce support externe. Open source, ClamWin Portable est un antivirus et un anti-spyware simple à utiliser, et très efficace : la base de données de ClamWin est réputée pour être très complète, car mise à jour régulièrement.

En dernier recours, comme l’indique son éditeur sur Softonic, vous pourrez lancer, depuis votre clé USB, un nouveau scan de votre PC à partir de Norton Power Eraser. Il y traquera malwares et antivirus récalcitrants. Vous pourrez utiliser le scan “standard”, ou le scan “agressif” (paramétrable en profondeur), si vous disposez de connaissances plus approfondies en informatique – dans le cas contraire, vous risquez de supprimer des fichiers inoffensifs, mais détectés comme dangereux.

Un kit qui tient dans votre poche

Maintenant, vous disposez d’un “kit” de sécurité portable, complet et efficace, à glisser dans votre poche. Il vous sera très utile si vous souhaitez tester une machine sans connexion internet, appartenant à un ami, à un cybercafé ou à un membre de votre famille. Il vous permettra aussi de dépanner un ordinateur où des virus vous empêcheraient d’accéder aux sites antivirus, ou d’installer des logiciels.

Pourquoi utiliser plusieurs logiciels portables en parallèle, et pas un seul ? Vous le constaterez sûrement si vous les testez sur un même ordinateur infecté : les résultats sont souvent différents d’un logiciel gratuit à l’autre. Pour éviter de mauvaises surprises (un virus ou un malware non détecté par votre unique programme), mieux vaut donc lancer plusieurs antivirus, et ainsi utiliser pleinement ce petit “kit” de sécurité.

Par Fabien Soyez

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Nos interactions sur Internet sont analysées par l’Europe

Prédire l’action d’un internaute, à partir de liens Internet : c’est le rêve des chercheurs européens du projet NADINE (New tools and Algorithms for DIrected NEtwork analysis). Financé par l’union européenne dans le cadre du FP7, un programme de recherche international, il tente “d’analyser les liens entre les pages web, pour analyser les caractéristiques de nos interactions”.

Les scientifiques du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), du MTA Sztaki (l’institut hongrois de recherche informatique et robotique, à Budapest) et des universités de Milan (Italie) et de Enschede (Pays-Bas) développent des algorithmes et des méthodes d’analyse de l’activité en ligne. Leur but est de “contribuer au développement d’une nouvelle génération de moteurs de recherche”, et de dévoiler, à terme, “la façon dont les personnes, les pays et même les échanges commerciaux sont liés”.

“Nous tentons d’établir une carte d’Internet afin de découvrir comment les pages sont reliées et comment les internautes utilisent ces liens lorsqu’ils parcourent la toile”, explique Dima Shepelyansky, directeur de recherche au laboratoire de physique théorique du CNRS.

L’algorithme de Google comme outil de base

Les scientifiques ont utilisé l’algorithme de Google, le PageRank,qui mesure l’importance d’une page en fonction du nombre de liens pointant vers elle. Avec d’autres algorithmes, il permet de de “voir comment les pages sont reliées entre elles”. Ces observations peuvent, par exemple, “amener à établir la probabilité que les internautes visitent certains sites, fassent certains choix, achètent des produits ou votent d’une certaine façon”.

Au départ, les physiciens, informaticiens et mathématiciens ont essayé de classer des personnalités selon leur influence, à partir de leurs biographies Wikipédia. Ils ont pris en compte les 24 langues principales et le nombre de pages pointant vers la biographie de chaque personnalité, grâce à PageRank.

Mais les résultats se sont avérés limités. “La personnalité déterminée comme étant la plus influente était le scientifique Carl Linnaeus. En effet, puisqu’il a proposé une classification des êtres vivants, toutes les pages Wikipédia sur les animaux et les plantes contiennent un lien vers sa biographie, ce qui a faussé les résultats”, expliquent les chercheurs.

Ces derniers ont alors décidé d’utiliser, en complément, un autre algorithme : CheiRank. Il s’agit d’un autre modèle d’analyse de la popularité d’une page, basé sur les liens entrants, mais aussi sur les liens sortants d’une page. Au lieu de n’évaluer que la popularité d’un article, CheiRank prend en compte le caractère communicatif des nœuds.

“En combinant les données obtenues avec ces deux outils, nous avons pu définir une méthode fiable de mesure de l’importance d’une page web”, indiquent les chercheurs. Les outils développés par NADINE permettraient également de détecter les “communautés auto-organisées, créées en ligne”.

“Une nouvelle façon d’analyser les échanges commerciaux”

Etant donné que, pour les scientifiques de NADINE, “l’information sur Internet circule de manière similaire aux échanges commerciaux”, l’équipe de chercheurs a appliqué ses résultats à l’analyse des flux commerciaux. Ils se sont ainsi basé sur “l’observation que les liens qui pointent vers une page web et les liens qui en sortent peuvent montrer comment se font les échanges d’information”.

A partir de la base de données commerciale de l’ONU, qui contient des données sur les 50 dernières années, NADINE  a développé “une nouvelle façon d’analyser les échanges commerciaux de 61 produits entre les pays des Nations Unies”, et a déterminé écomment les variations de prix influencent la balance commerciale”.

Sans vraiment l’avouer, les chercheurs tentent ainsi de prédire les échanges commerciaux. “Maintenant que la méthodologie est clairement définie, nous comptons continuer nos travaux en collaboration avec plusieurs partenaires, dont l’Organisation mondiale du commerce”, indiquent-ils.

Le projet NADINE prendra fin en avril 2015. Il est financé par l’UE à hauteur de 1,223 million d’euros.

Par Fabien Soyez

Le nouveau vice-président français de Toyota a dû défendre ses vacances face aux Japonais

« Ma femme est prof, à partir de ce moment-là même si mes enfants sont grands aujourd’hui, je prends des périodes de vacances pendant les vacances scolaires. Donc on a eu quelques discussions un peu sévères au début quand j’ai commencé », a expliqué M. Leroy à l’antenne de RTL.

M. Leroy, un ingénieur de 57 ans, est entré chez Toyota en 1998 après avoir entamé sa carrière dans l’industrie automobile chez Renault. Sa nomination au poste de l’un des six vice-présidents exécutifs de Toyota, premier constructeur mondial, a été annoncée le 4 mars. Il est le premier étranger à prendre ce titre au sein du géant japonais.

Pour M. Leroy, basé à Bruxelles, ses exigences en termes de temps libre, à rebours des pratiques japonaises, notamment des dirigeants d’entreprise, font « partie de ce qu’ils (les dirigeants de Toyota) aiment aussi dans ma personnalité ».

« Je ne me suis pas écrasé simplement sous le prétexte qu’ils voulaient que je respecte un certain nombre de règles. On est parti du principe que je prends les mêmes vacances que n’importe quelle autre personne qui aujourd’hui travaille en France ou en Europe », a encore dit M. Leroy.

Sa promotion lui a « fait particulièrement plaisir » mais il a assuré qu’il n’était pas impressionné, « parce que c’est quelque chose qui se construit étape par étape, et c’est quelque chose aujourd’hui sur lequel Toyota m’a bien préparé depuis maintenant de nombreuses années ».

Grimper à ce niveau au sein de Toyota a aussi fait mentir ceux qui, a-t-il relevé, le mettaient en garde contre l’idée d’entrer dans une société japonaise en le prévenant que « tu n’auras jamais de responsabilités ».

« Il faut gagner ses galons, vous respectez vos engagements et vous obtenez des résultats », a-t-il résumé.

tq/fz/ep

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ELF d’Organic Transit : quand le soleil a rendez-vous avec vos muscles

Le psychothérapeute et aventurier Bertrand Piccard ne cesse de le répéter : « Solar Impulse n’est pas un avion. C’est un message : toutes les technologies que nous avons à bord peuvent être utilisées dans la vie de tous les jours ». Et c’est exactement ce que fait Organic Transit, qui vient de remporter le 12 mars 2015 le « People & Planet Award » de l’ONG Green America.

Le modèle ELF standard est équipé d’une batterie lithium phosphate de 540 Watt-heures (11.25 Ah x 48V) fabriquée par le Coréen Samsung et dont la durée de vie est d’environ 7 ans, avec un système de gestion (BMS) de technologie allemande. Ainsi que d’un panneau solaire flexible Sunpower de 100 Watts faisant intégralement partie de la structure du toit et permettant de collecter l’équivalent d’environ 20 kilomètres par jour avec l’insolation moyenne annuelle française. Davantage plus au sud. La batterie stocke assez d’énergie pour effectuer 29,5 km sur plat, moins sur terrain accidenté. L’assistance musculaire (pédalage assis sur un fauteuil confortable) permet de presque doubler cette autonomie.

Compte-tenu de l’intérêt de cette technologie dans la perspective du développement durable, Techniques de l’ingénieur a voulu en savoir plus et a posé quelques questions à Rob Cotter, le fondateur d’Organic Transit, qui a d’abord travaillé dans le domaine des voitures de course chez Porsche et BMW. Fasciné dès 1977 par le Gossamer Condor, un avion ultraléger à propulsion musculaire, Rob Cotter a développé une véritable passion pour les véhicules à très haute efficacité énergétique. Vice-président de la Human Powered Vehicle Association dans les années 80, il a dirigé la première course de voitures solaires aux USA.

 

Techniques de l’Ingénieur : Pourquoi le nom “ELF” ? Y-a-t-il une signification ?

  • Rob Cotter (fondateur d’Organic Transit) : Ce nom m’est venu à l’esprit il y a 30 ans. Ce sont les initiales de Electrique, Léger et Fun (Electric, Light and Fun ndlr). J’aime beaucoup la façon dont ces trois lettres se combinent. J’ai aussi le sentiment qu’ELF représente un petit collaborateur efficace qui travaille dur (les Elfes sont des petites fées de la mythologie nordique ndlr).

TI : Le nom de l’entreprise, « Organic Transit », semble lié à la nourriture bio (« organic food »), n’est-ce pas ?

  • RC : Oui, la partie bio (organique) de notre véhicule c’est l’être humain qui aide à la propulsion du véhicule. Ajoutons que de nombreux matériaux qui constituent l’ELF sont d’origine biologique. Nous avons construit certains modèles avec du tissu à base de chanvre et utilisons des matériaux recyclables. Nous avons aussi effectué des essais avec du bambou et d’autres matières d’origine végétale dont le chardon. Nous allons par ailleurs commencer l’expérimentation de fibres de carbone recyclées et de fibres de bois. Utiliser du bioplastique est également possible. Nous ne faisons pas de peintures, évitant ainsi un processus toxique. La couleur de la carrosserie est directement imprégnée. Nous utilisons aussi de l’acier inoxydable, ce qui évite de peindre. Le cadre du véhicule est constitué d’aluminium à 40% recyclé. Il s’agit d’aluminium brut.

TI : ELF est un véhicule à très haute efficacité énergétique: pouvez-vous nous en donner les raisons principales ?

  • RC : L’automobile trouve ses racines dans les systèmes de traction par les chevaux. ELF est au contraire conçu à partir de technologies dérivant des bicyclettes, des avions et des bateaux légers (dont les kayaks). C’est donc une autre façon de concevoir les transports terrestres. L’efficacité découle fondamentalement du fait que le véhicule est ultra-léger et qu’il y a très peu de résistances de roulements. ELF pèse seulement 70 kilos, dont 20 kilos pour la carrosserie qui protège de la pluie et du soleil (Contre par exemple 445 à 473 kg pour la Renault Twizy et plus de deux tonnes pour la Tesla Model S ndlr). Il en résulte une cascade d’effets positifs. Grâce à la légèreté, moins de batteries sont nécessaires. Et comme moins de batteries sont nécessaires, alors les panneaux solaires peuvent jouer un rôle majeur.

TI : Quelle est la consommation kilométrique moyenne d’un ELF ? Par exemple la Renault Twizy consomme 50 Wh/km. La consommation d’une Nissan Leaf s’élève à 137 Wh/km. Et à 440 Wh/km pour un véhicule thermique qui consomme 4 litres de carburant d’origine fossile aux 100 km. 

  • RC : Nous sommes parvenus à 18,3 Wh/km. Et cette consommation moyenne peut être presque divisée par deux lorsque le conducteur pédale.

TI : ELF est vendu a un prix attractif (à partir de 5500 $). Comment êtes-vous parvenus à un prix aussi bas ?

  • RC : A nouveau c’est lié à notre focus sur la technologie des vélos et non sur celle des automobiles. ELF a une masse 20 fois plus faible que celle d’une voiture. Le coût de la chaîne globale va refléter le fait que le temps de montage, les frais d’expédition, les frais généraux et le coût de la formation du personnel sont considérablement réduits.

TI : Pouvez-vous nous dire combien d’ELF ont été vendus depuis sa commercialisation en 2013 ?

  • RC : En deux ans nous avons délivré 450 unités dans 8 pays.

TI : Combien d’ELF pouvez-vous produire chaque mois ?

  • RC : Nous pouvons produire 10 ELF par semaine. Mais nous sommes actuellement en train de réaliser des prototypes pour de nouveaux modèles, ceci dans la même usine. Donc notre cadence de production n’est pas à son maximum. Nous devrions pouvoir atteindre 1200 à 1500 unités par an dans le cadre d’une production décentralisée et optimisée. Cela sera complémenté par la production à l’étranger: nous cherchons à nous installer en Nouvelle-Zélande, en Belgique et peut-être en Hollande cette année. Ceci tout autant pour la production que pour la distribution.

TI : Quand les exportations vers les Pays-Bas et l’Allemagne ont-elles commencé ?

  • RC : Nous avons livré quelques unités pour chacun de ces pays mais nous cherchons à passer à une autre échelle, ce qui va nécessiter des usines d’assemblage en Europe.

TI : Est-il possible d’acheter un ELF en France ?

  • RC : Oui !

TI : Organic Transit s’intéresse-t-il également aux pays en voie de développement ?

  • RC : Dans ces pays des études culturelles doivent être réalisées pour s’assurer d’un succès à long-terme. Comme pour les autres pays, une seule taille et une seule configuration ne convient pas à tous. Dans certaines régions de l’acier sera utilisé à la place de l’aluminium pour la fabrication du cadre. Ou de l’osier à la place du plastique. Nous focalisons sur les régions où les routes sont en mauvais état. Nous sommes en contact avec une ONG dont le projet est d’apporter de l’électricité solaire pour alimenter des ordinateurs. Donc nous allons équiper l’ELF (et un autre modèle baptisé OX) avec davantage de capteurs solaires photovoltaïques. D’autres seront conçus pour le transport d’eau douce ou pour des services d’ambulances. Les besoins dans ce domaine vont croissant. La seule chose que ces gens ont en commun c’est d’avoir peu de ressources financières et l’incapacité de payer des carburants fossiles. Et c’est là qu’intervient Organic Transit.

Rob Cotter à côté d’un ELF (Organic Transit)

 

Grâce à sa carrosserie (en forme d’œuf aérodynamique), ELF est bien visible sur la route, ce qui améliore la sécurité routière. Disposer de trois points d’appui (trois roues) au lieu de seulement deux pour le vélo est également un sérieux atout en matière de stabilité, notamment pour les personnes âgées.

La bimodalité électro-solaire / bio-musculaire permet de doser ses efforts et de monter les pentes sans se fatiguer. Et d’éviter d’arriver la chemise trempée de sueur au travail. Les collègues apprécieront. ELF possède deux sièges ainsi qu’un coffre d’environ 80 litres. Il peut embarquer une masse totale, passagers compris, de 180 kilos. Une remorque peut être fixée à l’arrière du véhicule afin de transporter des objets volumineux. Le moteur électrique délivre une puissance entre 750 et 1000 Watts selon le modèle, ce qui est suffisant pour les 550 Watts nécessaires pour rouler à 30 km/h en mode 100% électrique. Avec ses 70 kg ELF, qui peut embarquer deux adultes, pèse seulement 20 kg de plus que deux vélos (2 x 1 place) à assistance électrique (VAE). Surprenant pour un véhicule qui possède tous les avantages d’une petite voiture.

Différentes options sont disponibles, comme par exemple doubler ou tripler la capacité des batteries pour gagner en autonomie, augmenter la surface des panneaux solaires, ou encore, pour les frileux, installer des portes.

Organic Transit ne manque pas de créativité : la start-up étudie la possibilité d’intégrer différentes technologies de conduite autonome dans la perspective de développer des services d’autopartage et de livraison de marchandises. « Votre équipe a effectué un travail formidable » a déclaré Amory Lovins, fondateur du Rocky Mountain Institute, un organisme de référence à l’échelle mondiale dans le domaine des écotechnologies à haute efficacité énergétique et matérielle.

A Paris le taux d’occupation des voitures est d’1,4. La distance moyenne des trajets parcourus dans le cadre d’Autolib est de 9 kilomètres. Et la vitesse est limitée entre 30 et 50 kilomètres. Autrement dit ELF est parfaitement adapté pour la mobilité parisienne. ELF est d’un point de vue réglementaire classé dans la catégorie « vélo ». Le conduire ne nécessite ni assurance, ni permis de conduire. Terminées les factures d’essence et le sentiment de culpabilité en polluant l’air que les jeunes enfants respirent. Et finies les importations de pétrole en provenance de pays ne respectant pas les droits des Femmes.

Chacun peut aujourd’hui se déplacer dans la vie de tous les jours grâce à l’énergie solaire. Concrétisant ainsi la vision de Bertrand Piccard.

Olivier Daniélo

 

En savoir plus sur la magie d’ELF :

Les dernières mesures de Planck contredisent le modèle standard

Ces mesures étaient très attendues. L’observatoire spatial Planck de l’Agence spatiale européenne (ESA)  vient de rendre publiques les dernières données recueillies par la mission. Ces 1653 détections vont pouvoir être analysées, corrélées et utilisées pour tester différents modèles cosmologiques.

Ainsi, la dernière analyse publiée par Planck se veut deux fois plus précise et plus perfectionnée que la précédente. En effet,  les scientifiques ont intégré 439 amas de galaxies (contre 189 auparavant) et optimisé le traitement des données en tenant compte à la fois de la vitesse d’éloignement (redshift) et du signal sur bruit. Ce nouveau degré de précision permet de valider ou d’invalider certaines hypothèses. Planck permet d’en savoir un peu plus sur la matière noire.

Tout d’abord, ces résultats excluent l’existence du modèle de matière noire caractérisé par l’annihilation matière noire/antimatière noire. Ensuite, ils confirment la conclusion des précédentes analyses qui estime que la matière noire occupe près de 26% de l’univers. Du coté des neutrinos, ces observations sont compatibles avec le modèle standard, excluant l’existence d’une 4ème et par conséquent d’une 5ème famille de neutrinos, hypothèse émise suite aux mesures précédentes. 

Les données ont aussi permis de déterminer la limite supérieure à la somme des masses des neutrinos. Celle-ci est désormais établie à 0.23eV. Mais cette valeur pose problème car elle est en désaccord avec l’analyse des forêts de Lyman-Alpha (étude des raies d’absorption des nuages primordiaux d’hydrogène) et les observations des oscillations acoustiques des baryons qui imposent que la somme des masses des neutrinos soit inférieure à 0.15eV. Sur ce point, les données issues de Planck soulèvent un point d’interrogation. Les scientifiques du monde entier sont actuellement en train d’intégrer l’ensemble des nouvelles informations, de quoi en savoir encore plus d’ici quelques mois.

Par Audrey Loubens