Le diesel n’est plus le bienvenu à Paris

Anne Hidalgo se lance. Dès le 1er juillet, une  zone de basse émission sera créée à Paris. Ce secteur dont les frontières restent à définir sera interdit aux véhicules les plus polluants. La Maire a déclaré à nos confrères du Monde.fr que cette zone ne concernera pas le périphérique ni les bois de la capitale. Cette annonce, en cohérence avec la volonté d’Anne Hidalgo de s’attaquer à la pollution de l’air parisien, reste floue puisque ni les frontières de la zone ni les critères de pollution ne sont connus. Toutefois, on sait que les véhicules diesel sont dans le collimateur, mais que de vieux véhicules essence pourront aussi être concerné. De même, les cars de tourisme ont été pointés du doigt et les tours opérateurs feraient bien de réfléchir à une autre façon d’acheminer leurs clients au cœur de Paris… Reste aussi à la mairie de Paris à choisir comment appliquer et faire respecter cette zone privilégiée. Pour cela, la municipalité pourra s’appuyer sur les retours d’expérience des nombreuses grandes métropoles qui ont déjà passé le cap.

 La Suède fut un précurseur dès 1996 en créant des zones à basse émission, aussi connues sous le nom de Low Emission Zone (LEZ). Stockholm, Göteborg et Malmö délimitèrent leurs propres LEZ interdites aux camions diesel et aux cars de plus de 3.5t. Puis ce fut au tour de l’Italie en 2005 de créer des LEZ, activées en hiver. En 2007, les Pays-Bas se convertissent, puis Berlin et Londres en 2009. Début 2014 on comptabilisait 194 LEZ au travers de 9 pays (Autriche, République tchèque, Danemark, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Suède, Royaume-Unis, Portugal). Pour garantir le respect des LEZ, Londres a misé sur la vidéosurveillance. Des caméras fixes et mobiles lisent les plaques et vérifient que le véhicule répond bien aux exigences de la LEZ. En cas d’infraction l’automobiliste encoure une amende particulièrement dissuasive, comprise entre 600 et 1200€ selon le véhicule concerné. Du coup, près de 98% des véhicules respectent la règle. En Allemagne, une vignette est apposée sur le pare-brise des véhicules dont la couleur dépend de son niveau d’émission de polluants. Le contrôle des véhicules se fait visuellement par les policiers, sachant que seules certaines couleurs ont le droit de pénétrer dans les LEZ. Contrairement à la LEZ londonienne, l’amende encourue est faible, seulement 40€. Toutefois, le taux d’observance de la loi reste bon, entre 95 et 99% pour les particuliers mais entre 85 et 93% pour les professionnels. Ainsi, quel que soit le système de contrôle, le respect des LEZ est élevé.

Mais est-ce que ça marche au moins ? L’impact sur la pollution de l’air est mitigé. En Suède, le taux d’émission de dioxyde d’azote a baissé de 10% et celui des particules fines PM10 a chuté de 40%. En Allemagne, la mise en place des LEZ a globalement permis de diminuer de 10% le taux de PM10. A Berlin, les concentrations de NO2 ont baissé de 6 à 10%. A Londres, les bénéfices concernent principalement les zones proches des stations de trafic  avec des concentrations en carbone suie qui ont baissé de 15% et un taux de particules PM2.5 en recul lui aussi de 15%. Enfin, la mise en place des LEZ permet de diminuer le nombre de jour pendant lesquels la valeur limite journalière est dépassée.

Dans son rapport sur les zones à faibles émissions à travers l’Europe, l’Ademe conclue que la création des LEZ permet d’améliorer la qualité de l’air, mais qu’elles ne peuvent seules résoudre le problème de pollution. Elles doivent faire partie d’un plan comprenant d’autres leviers d’action. Cela tombe bien, le plan anti-pollution prévois d’autres mesures comme la mise en place de camions bennes électrique, le déploiement de 180 nouveaux points de recharge pour véhicule électrique, la fin des véhicules diesel dès 2020, l’extension des zones limitées à 30km/h, un centre-ville semi-piéton… Paris passe au vert.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

L’indemnité kilométrique vélo bientôt généralisée ?

Cette expérimentation s’est déroulée du 1er juin au 1er novembre 2014 avec plus de 10 000 salariés mobilisés dans 18 entreprises volontaires. Financée par l’ADEME et copilotée par la coordination interministérielle pour le développement de l’usage du vélo (CIDUV), elle a été réalisée par le bureau d’études Inddigo. En fin d’expérimentation, les adhérents au système déclarent des distances d’environ 5 km par trajet, soit plus que la moyenne nationale, évaluée à 3,4 km en 2008.

Les règles de l’expérience étaient simples : les cyclistes se voyaient octroyer une indemnité kilométrique de 25 centimes/km dans le cadre de leurs déplacements domicile-travail. Cette indemnité n’était pas cumulable avec le remboursement des abonnements de transports en commun sur le même trajet, sauf en cas de déplacement intermodal « vélo + transport en commun ». Les vélos devaient être la propriété des usagers, les systèmes de libre-service étant déjà remboursables à hauteur de 50 % au même titre que l’abonnement transports en commun. Enfin, la plupart des entreprises ont défini un plafond mensuel compris entre 30 € et 55 € par mois.

En raison de réponses incomplètes aux différents questionnaires, sur les 18 entreprises, seules les expériences de 14 entreprises, soit 8 210 salariés, ont été comptabilisées pour obtenir les résultats. En moyenne, 380 adhérents au système de l’indemnité kilométrique (IK) ont perçu une indemnité au moins une fois au cours des 6 mois de l’expérimentation. Mais 39 cyclistes supplémentaires ont également décidé de pas participer à l’expérience, certainement pour garder le remboursement mensuel de leur carte de transports.

Y a-t-il beaucoup plus de cyclistes ?

Au total, 419 salariés ont utilisé leur vélo à un moment donné de l’expérience, contre 200 auparavant. Leur nombre a donc été multiplié par deux. Néanmoins, la période ayant été propice à l’usage du vélo en raison de la période estivale et 13 % ayant décidé d’arrêté l’expérimentation au moins provisoirement, l’ADEME table sur une augmentation de la part modale (proportion des déplacements effectués en vélo par les salariés) du vélo de l’ordre de 50 %. Ainsi, projetés sur l’année, cette part est passée de 2 % avant l’expérimentation à 3 % après. La part modale du vélo reste malgré tout relativement faible, comparée à observée dans d’autres pays tels que les Pays-Bas ou encore la Belgique. Le seul levier de l’indemnité kilométrique ne semble donc pas suffisant pour booster l’usage du vélo en France.

Le rapport note 3 grands types d’usagers, avec des niveaux de pratiques différents. Ainsi, les cyclistes déjà réguliers avant l’expérience, mais ayant adhéré à l’IK utilisent leur vélo pour leur trajet domicile-travail environ 18 jours par mois. Les cyclistes déjà réguliers, mais n’ayant pas adhéré à l’IK, continuent d’avoir une pratique régulière, avec une moyenne de 16 jours de vélo par mois. Enfin, les nouveaux cyclistes propulsés par l’expérience pratiquent moins que les autres : environ 11 jours de vélo par mois, mais sur des distances plus longues.

Malgré tout, l’IK semble avoir un effet bénéfique, plus largement, sur la pratique du vélo au quotidien. En effet, 30 % des nouveaux cyclistes et 15 % des anciens déclarent avoir augmenté leur pratique du vélo pour leurs autres motifs de déplacement.

Qui a décidé de prendre son vélo ?

Les expérimentateurs étaient principalement des hommes (60 %), âgés entre 35 et 55 ans. 54 % des nouveaux cyclistes utilisaient auparavant les transports collectifs. Ce bilan dépend néanmoins fortement du maillage et de l’attractivité du réseau de transports collectif dans la zone considérée. Le report modal est faible là où les réseaux sont les plus attractifs, comme en Ile-de-France (5 %).

19 % des nouveaux cyclistes se déplaçaient avant en voiture, principalement en covoiturage et 9 % en 2 roues motorisées. Seulement 5 % de usagers qui prenaient seuls leur voiture ont décidé de la laisser au garage. L’expérience aurait donc un faible effet pour diminuer le nombre d’automobiles en circulation, contrairement à ce qui était espéré. La courte durée d’expérimentation et l’intérêt financier insuffisant sont les deux principales raisons avancées par le rapport pour l’expliquer.

Des dispositions à améliorer pour pérenniser le système

La possibilité pour les employeurs d’instaurer une IK est une disposition inscrite au projet de loi sur la transition énergétique pour la croissance verte. Votée en première lecture à l’Assemblée nationale en octobre dernier, la commission des finances du Sénat a voté le 21 janvier un amendement pour supprimer cette disposition. Mais le Gouvernement reste favorable à sa mise en place et, ce sera à l’Assemblée Nationale d’avoir le dernier mot.

Les entreprises volontaires demandent une exonération des cotisations sociales et fiscales et un versement au même titre que pour le soutien à l’abonnement transport. Car de 25 centimes / km, la dépense pour l’entreprise atteint 40 à 43 centimes/km en intégrant les charges. Le décret d’application, si le projet est maintenu, devra trancher sur la question de l’exonération des charges et sur le montant de l’indemnité à proposer aux salariés.

  • Aller plus loin

Synthèse de l’expérimentation « Indemnité kilométrique vélo »

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

La chasse aux ondes est ouverte

Pour la première, une loi française reconnait implicitement les dangers éventuels des ondes électromagnétiques sur la santé de l’homme. Le 29 janvier, après 2 ans de tergiversations et de modifications, la « loi Abeille », du nom de la députée écologiste Laurence Abeille, rapporteure du texte, prévoit ainsi plusieurs mesures censées mieux maîtriser l’impact des ondes.

 Aucune révolution toutefois, le texte contient surtout quelques mesures qui relèvent plus du symbolique que de l’action.

  • 1. Contrôle des publicités

Ainsi, plus aucune publicité ne pourra montrer un individu le téléphone collé à l’oreille et devra systématiquement faire une mention explicite au kit mains-libres.

  • 2. Indication du DAS

Le débit d’absorption spécifique (DAS), qui indique la quantité d’énergie transmise par les radiofréquences vers l’utilisateur à pleine puissance, devra être apparent sur tous les terminaux radioélectriques, comme les tablettes.

  • 3. Wifi interdit en crèche

La loi prévoit l’interdiction du Wifi en halte-garderie et en crèche de façon à protéger les moins de 3 ans. Cette interdiction devait initialement concerner les écoles primaires (maternelles et élémentaires) mais finalement elle se limite aux tout-petits.

  • 4. Surveillance des zones de trop forte émission

En France, l’exposition moyenne est de 1V/m, mais localement, ce taux peut atteindre 10 V/m. Désormais, ces secteurs seront identifiés et recensés chaque année par l’Agence nationale des fréquences (ANFR). De plus, le niveau d’exposition devra être abaissé dans un délai de 6 mois, sous réserve de faisabilité technique.

  • 5. Déploiement des antennes-relai

En cas de désaccord entre les opérateurs et la municipalité sur l’installation d’antenne-relai, ces derniers pourront désormais solliciter une instance de concertation. En attendant d’en préciser les modalités de fonctionnement, l’ANFR pourra agir via son comité de dialogue.

  • 6. L’hypersensibilité à l’étude

Le gouvernement est chargé de remettre un rapport au Parlement sur les hypersensibles dans l’année qui suit la promulgation de la loi.

Voilà donc un ensemble de mesurettes qui ne bouleverseront la vie ni des usagers ni des professionnels. Seul réelle nouveauté, la reconnaissance de l’électro-hypersensibilité dont le terme est utilisé pour la première fois dans la loi.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Le secret de l’odeur du sol mouillé enfin révélé

Pourquoi la terre exhale-t-elle ce parfum si caractéristique après la pluie ? Une équipe du MIT s’est penché sur la question en braquant à la surface du sol une caméra. Pour mener à bien leur enquête, ces nouveaux experts des gouttes de pluie se sont intéressés à différentes sortes de pluies, plus ou moins violentes, avec une vitesse de chute plus ou moins importante. De même, différentes surface de contact ont été étudiées, à la porosité variable. Les résultats parus dans Nature Communications font état de 600 gouttes d’eau filmées pendant leur chute sur 28 terrains différents, dont 12 superficiels et 16 naturels. A y regarder de si près, les scientifiques ont découvert un mécanisme de nature purement mécanique. En effet, lorsque la goutte heurte le sol, elle emprisonne de minuscules bulles d’air entre elle et le sol. Cet air traverse la goutte de pluie, remonte à la surface et éclate, libérant les aérosols responsables de l’odeur bien connue de la pluie.

Toutefois, les chercheurs ont aussi mis en évidence une modulation du phénomène selon l’intensité de la colère du ciel. Ainsi, l’odeur sera plus forte dans le cas d’une pluie fine tombant sur un sol poreux de type terre battue. A contrario, le phénomène reste limité si un terrible orage s’abat sur un sol non poreux. Dans ce cas les gouttes d’eau frappent le sol si vite que les bulles d’air n’ont pas le temps de se former. Il faudra alors inspirer à plein poumons pour détecter la délicate odeur de terre humide.

La découverte de ce phénomène de bulle d’air capturée sous la goutte de pluie et venant éclater à sa surface pose la question de la transmission de certaines maladies dont les agents pathogènes sont contenus dans le sol. Une faible pluie sur un sol argileux favoriserait alors la diffusion de tels agents et donc d’éventuelles épidémies.

Découvrez comment se diffuse l’odeur de la pluie :

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Revue du web #75 : les vidéos les plus étonnantes de février 2015 (1/2)

Cette semaine dans la revue du Web :

  • Le retour de Nobumichi Asai et du « face hacking » ;
  • Bill Gates sur tous les fronts, mais du bout des lèvres ;
  • De bien beaux aimants permanents… oui mais « Will it blend ? »
  • « Blooms », les très élégantes sculptures zootropes inspirées par Fibonacci ;
  • Le gadget (inutile ?) de la semaine : la machine de Rube Goldberg virtuelle ;
  • Et en bonus : des marshmallows en toute décontraction, au bord du cratère d’un volcan.

Le retour de Nobumichi Asai et du « face hacking » :

A l’avant-garde du mapping vidéo depuis quelques années – une technologie permettant de projeter de la lumière ou du contenu vidéo sur des volumes et des structures en relief – Nobumichi Asai finit par se lasser des commandes habituelles, les sempiternelles projections d’images sur des bâtiments ou dans une pièce pour les animer de manière digitale. Brillant et novateur, l’artiste numérique japonais s’était illustré il y a quelques mois déjà avec un premier projet de mapping vidéo dynamique, baptisé Omote, système alliant les techniques de détection de mouvement les plus novatrices aux dernières techniques de mapping vidéo. On avait pu admirer Omote à l’œuvre sur un support d’un nouveau genre : la toile n’était autre que le visage d’une mannequin japonaise (qui avait d’ailleurs dû se débarrasser de ses sourcils pour l’occasion). La vidéo, avait fait sensation, et nous vous en parlions ici.

C’est aux visages de deux acteurs qu’il s’attaque cette fois-ci, lors d’un show télévisé, accompagné de son équipe de designers, d’experts en images de synthèse et de maquilleurs professionnels. Une fois de plus, le résultat est absolument somptueux, et le public bluffé par le maquillage dynamique, sorte de seconde peau digitale. Peu de détails techniques du « face-hacking » ont pu filtrer, mis à part la nécessité de scanner le visage des deux acteurs au préalable, étape nécessaire pour la modélisation du moindre de leurs contours, et pouvoir réaliser la projection en temps réel.

Asai n’est pas un novice en la matière – il a déjà effectué des projections pour le constructeur automobile Subaru – et c’est désormais la seconde fois qu’il travaille sur un support non stationnaire. Il ne compte d’ailleurs pas s’arrêter en si bon chemin… Prochaine étape en vue, le mapping vidéo sur tout le corps.

Bill Gates sur tous les fronts, mais du bout des lèvres :

Depuis qu’il se consacre à sa fondation, Bill Gates multiplie les combats, dans des domaines aussi variés que la santé ou l’acquisition de connaissances. Présent sur tous les fronts, le multimilliardaire américain donne de sérieux coups de pouce aux projets qui lui semblent plus que prometteurs. Parmi ceux-ci, l’« Omniprocessor » semble tenir le haut du pavé. Cette machine imposante, mise au point par Janicki Bioenergy, a pour délicate mission de transformer les boues d’épuration en cendres, en électricité et… en eau potable.

Les grandes lignes du processus sont assez simples : un tapis roulant emmène les boues d’épuration à travers un séchoir géant, dont la mission est de séparer l’eau des solides secs ; l’incinération de ces solides secs ne laisse que des cendres et alimente un moteur à vapeur, produisant l’électricité nécessaire au processus et envoie le surplus d’électricité vers le réseau, tandis que l’eau est filtrée pour être rendue potable.

Bill Gates y met tellement du sien qu’il va jusqu’à boire – il est vrai, du bout des lèvres – l’eau devenue potable. Bonne nouvelle, un programme pilote devrait être lancé courant 2015 au Sénégal, afin d’en faire profiter le plus grand nombre.

De bien beaux aimants permanents… oui mais « Will it blend ? » :

La franchise « Will it blend ? » reprend du service ! La série de petites vidéos old-school faisant l’apologie de la destruction des objets de notre quotidien, campagne de pub virale assez réussie pour le compte du fabricant américain Blendtec, a tant et si bien marché que cette petite phrase est devenue le mantra de toute une génération d’internautes turbulents. Replongeons tout entier dans le plaisir jouissif et enfantin du saccage pur et dur avec cette vidéo, démontrant (si toutefois il en était besoin) qu’une grappe d’aimants permanents en alliage néodyme ne fait pas long feu lorsqu’elle croise la route d’un blender. Leur chant du cygne ? Un joli feu d’artifices dans le récipient en verre, avant de finir pulvérisés, au sens propre du terme.

Pour rappel, un aimant permanent est souvent constitué d’un alliage de néodyme fer bore (structure cristalline tétragonale de formule Nd2Fe14B). L’alliage de néodyme fer bore est celui qui est le plus souvent utilisé pour les aimants en terres rares, car le néodyme augmente de manière significative les capacités électromagnétiques des aimants, mais est relativement fragile et trop malléable. On retrouve d’ailleurs de grandes quantités de néodyme dans les alternateurs des éoliennes à forte puissance.

« Blooms », les très élégantes sculptures zootropes inspirées par Fibonacci :

L’artiste et inventeur américain John Edmark a un petit faible pour Leonardo Fibonacci, passé à la postérité grâce à la suite qui porte son nom. Reprenant à son compte les travaux du mathématicien italien concernant l’angle d’or, le designer californien a conçu d’élégantes sculptures appelées « blooms », créations organiques sorties tout droit d’une imprimante 3D, et pièces centrales de zootropes de son cru – ces jouets optiques d’antan utilisant la persistance rétinienne pour donner une illusion de mouvement.

Placées sur une plate-forme rotative, ces « blooms » subissent les assauts synchrones d’une caméra réglée sur une très courte vitesse d’obturation, pour donner un effet stroboscopique, de telle manière qu’une image est capturée chaque fois que la sculpture effectue une rotation d’environ 137,5° – le fameux angle d’or, que l’on retrouve dans la nature, de la pomme de pin aux fleurons du tournesol. Le résultat : une vidéo absolument sublime, aux accents hypnotiques.

Le gadget (inutile?) de la semaine : la machine de Rube Goldberg virtuelle

Pour venir conclure cette soixante-quinzième Revue du Web, invoquons une fois de plus le génie de Rube Goldberg et l’une des fantastiques « machines » qu’il a inspirée, abonnées aux coups de pubs et aux gadgets (inutiles?) de la semaine. Cette fois-ci, c’est une jeune Hollandaise qui utilise cette figure imposée pour se faire un nom, avec une installation qui a le chic de passer du réel au virtuel, en s’invitant sur un bureau de type Windows.

Ce type d’installation s’inspire, on le rappelle, de l’œuvre prolifique et inventive de Rube Goldberg, un dessinateur et artiste américain mort en 1970, dont les installations avaient pour leitmotiv la transformation d’une tâche excessivement simple en une série de tâches complexes, impliquant la plupart du temps une réaction en chaîne. Chaque élément de la machine vient se frotter d’une manière ou d’une autre à l’élément suivant, remplissant humblement sa fonction, jusqu’à déclencher de fil en aiguille l’action finale, le but initial de la machine de Rube Goldberg.

Bonus : des marshmallows en toute décontraction, au bord du cratère d’un volcan

Pour le bonus de cette semaine, rien de tel que de partager un petit moment de douceur virile entre amis, à conter des histoires maintes fois ressassées dans la chaleur humble et conviviale d’un petit feu de camp, avec son cortège – attendu – de marshmallows à la braise. L’homme qui se met en scène dans la vidéo qui suit n’en a que faire de ces histoires, il n’a d’ailleurs plus d’amis. Mais ne vous en faites pas pour lui, rien ne l’empêche pourtant de profiter des mêmes petits riens que tout un chacun, en solitaire. Pour dynamiter son quotidien, notre héros vient se fourrer au plus près du cratère d’un volcan, afin de réchauffer ses marshmallows au dessus de la fournaise, tout en savourant sa bière. Comme à la maison.

Par Moonzur Rahman

Sécurité de vos comptes : un seul mot de passe pour les protéger tous

L’été dernier, un piratage de comptes iCloud a créé le buzz. Un hacker avait réussi à pirater les comptes de célébrités, puis il avait diffusé en ligne des photos intimes. Une attaque sûrement menée via une attaque par force brute, qui permet, en testant à la volée des milliers de combinaisons possible, de trouver les mots de passe des utilisateurs.

Régulièrement, des internautes se font voler leurs données. Un mot de passe trouvé, et c’est, bien souvent, l’ensemble des comptes de l’internautes qui est percé à jour – puisque la plupart des utilisateurs utilisent le même mot de passe pour tous leurs comptes (Facebook, Twitter, Gmail, iCloud, etc.).

Construisez des phrases de passe sûres

Face à ce constat, comment faire ? Vos mots de passe sont-ils suffisamment complexes pour ne pas être trouvés par un hacker ? Aussi incroyable que cela puisse paraître, beaucoup d’internautes utilisent encore des mots de passe comme “123456”. Plus un mot de passe sera complexe et long, plus il sera difficile à un hacker de le “craquer” grâce à un dictionnaire de mots. Le changer régulièrement est en outre indispensable.

Pour créer un mot de passe complexe, rendez-vous sur notre article dédié aux phrases de passe, qui explique comment utiliser des phrases de passe, plutôt que de simples mots de passe. Pour rappel, les phrases de passe sont une succession de mots, qui placés côte à côte n’ont aucun sens, et qui seront très difficiles à craquer. Il est aussi impératif d’utiliser des phrases de passe différentes pour chaque compte, et jamais un mot de passe unique, pour les raisons citées plus haut.

Une fois que vous aurez réussi à bien verrouiller vos comptes grâce aux clés adéquates, encore faut-il que vous ne les perdiez pas, sinon, impossible d’accéder à vos comptes. Autrement dit, il est impératif de ne jamais perdre vos multiples phrases de passe. Seulement, la mémoire nous joue parfois des tours, et pas question d’écrire vos identifiants quelque part dans un coin de votre ordinateur, ou même sur un bout de papier, car dans le cas où quelqu’un de malintentionné viendrait à y accéder, gare aux dégâts…

Une seule “master key” pour tout protéger

Pour conjuguer au mieux la diversité de vos phrases de passe et leur complexité, une solution consiste à utiliser un “coffre fort”, ou “portefeuille” de phrases de passe.

Ainsi, KeePass, Dashlane, LastPass et 1Password vous permettent de stocker vos phrases de passe, et de les protéger dans un fichier unique, lui même protégé par une clé. En somme, une unique phrase de passe permet d’accéder à toutes les autres, dans une base de données sécurisées. Ces données sont chiffrées, et votre phrase de passe “maîtresse”, ou “master key”, est à considérer comme une clé de chiffrement – sans elle, vos données sont inutilisables, y compris par un pirate informatique.

Dashlane vous permet de vous connecter directement à vos comptes sans jamais plus saisir vos mots de passe, grâce à une fonction de connexion automatique – vos phrases de passe sont mémorisées par le logiciel. Ce logiciel possède aussi un générateur de mots de passe complexes, difficiles à percer, ainsi qu’un système d’alerte, qui vous prévient automatiquement dès qu’un site web où vous disposez d’un compte à été piraté.

Bien sûr, vous devrez faire attention à changer régulièrement votre “master key”, et à ne jamais l’oublier. Mais retenir une seule phrase plutôt qu’une dizaine, voilà qui est tout de même plus simple. A noter que KeePass est le seul parmi les logiciels listés ici a avoir été évalué et certifié par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

Comme le conseille la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés), il est enfin “indispensable de disposer d’une copie de cette base de mots de passe”, qui est “une ressource critique pour pouvoir accéder à vos comptes”. Ainsi, nous ne saurions vous conseiller de disposer d’une copie de votre base de phrases de passe sur une clé USB, ou sur un autre support, à garder sur vous ou dans un endroit (vraiment) sûr.

Par Fabien Soyez

La Nasa a lancé avec succès le premier satellite de mesure de l’humidité des sols

La fusée Delta 2 de la société United Launch Alliance transportant le satellite SMAP (Soil Moisture Active Passive Mission) s’est arrachée de son pas de tir de la base militaire Vandenberg en Californie à 14H22 GMT, avant le lever du soleil.

SMAP s’est séparé du second étage du lanceur 57 minutes plus tard, à 15h18 GMT, pour se placer, avant de déployer ses antennes solaires, sur une orbite provisoire de 661 à 683 km. Il se mettra ensuite sur une orbite polaire définitive à 685 km d’altitude et effectuera une rotation de la Terre toutes les 98,5 minutes.

Le satellite, qui est doté de deux instruments, un radiomètre et un radar, doit effectuer des mesures très précises de l’eau et de la glace contenue dans les sols.

Cette mission permettra d’établir une carte d’une résolution sans précédent de l’humidité à la surface de la Terre au moins tous les deux à trois jours, ce qui permettra de mieux prédire les sécheresses et les risques d’inondation.

Le degré hygrométrique des sols, comme celui de l’air, joue un rôle important dans les prévisions météorologiques et dans la compréhension des cycles de l’eau ainsi que dans la dynamique du changement climatique, expliquent les scientifiques de la Nasa.

Tous les sols émettent des micro-ondes, dont l’intensité varie en fonction de la quantité d’humidité qu’ils contiennent.

Ainsi, plus le sol est sec, plus les émissions de micro-ondes sont grandes. Inversement, plus il est humide, moins il contient d’énergie.

Le radiomètre mesure ces radiations de micro-ondes, ce qui permet aux scientifiques de calculer le degré hydrique des sols.

« Le récepteur à bord du satellite est extrêmement sensible », explique Jeff Piepmeier, responsable du radiomètre au centre des vols spatiaux Goddard de la Nasa à Greenbelt dans le Maryland (est).

« Si on pouvait mettre un téléphone portable sur la Lune fonctionnant sur la même fréquence que le récepteur du satellite –une grande antenne– nous pourrions voir le portable s’allumer et s’éteindre », précise-t-il.

SMAP est une mission de 916 millions de dollars qui devrait durer trois ans ou plus. Il s’inscrit dans un programme plus large de projets de sciences de la Terre dans l’espace pour mieux comprendre le changement climatique et la montée du niveau des océans ainsi que l’état des réserves d’eau douce de la planète, avait expliqué avant le lancement Christine Bonniksen, responsable de cette mission à la Nasa.

« Nos satellites sur orbite ainsi que les observations effectuées depuis le sol ou aériennes traquent les signes vitaux de la Terre », a-t-elle dit.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2015 Agence France-Presse. »

Automobile : +5,9% en janvier pour le marché français du neuf

Les constructeurs français ont connu des parcours contrastés pendant le mois de janvier, PSA Peugeot Citroën progressant de 2,6% grâce à une envolée de Peugeot, tandis que le groupe Renault reculait de 3,3%, a indiqué le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) dans sa livraison mensuelle de chiffres.

Les Français, qui avaient gagné des parts de marché pendant toute l’année 2014, voient leurs ventes s’effriter de 0,1% en janvier par rapport au même mois de l’année dernière, tandis que les étrangers ont profité à plein de cette baisse de régime et enregistrent des immatriculations en hausse de 14,5%.

Côté groupes généralistes, Nissan, partenaire de Renault, progresse ainsi de 26,6%, son concurrent japonais Toyota est à 10,4%, tandis que Ford bondit de 18,2%, Fiat de 9,7% et Volkswagen de 6,8%. Seul General Motors fait la grimace avec -7,7%, dépassé en volume par le sud-coréen Hyundai (+26,8%).

Le champion toutes catégories de la croissance en janvier est toutefois le spécialiste allemand du luxe Mercedes (avec Smart), à +58,1%, alors que son concurrent direct BMW (qui comprend Mini) progresse de 18,4% mais bat encore largement le groupe à l’étoile en volumes de vente.

tq/cb/jag

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2015 Agence France-Presse. »

Spartan : la future alternative à Internet Explorer, by Microsoft

Ce n’est pas un secret, face à Google Chrome et Mozilla Firefox, Internet Explorer souffre d’un certain désamour de la part des internautes. Alors que “IE” est tout aussi performant que ses concurrents, il apparaît comme trop “rétro”, trop lent, trop rigide aux yeux des utilisateurs. 

Pour pallier ce déficit d’image, Microsoft développe un nouveau navigateur web (destiné à accompagner le futur Windows 10). Il ne s’agit pas d’un énième Internet Explorer (le douzième), mais d’un tout nouveau logiciel.

Le nom (provisoire) de ce navigateur, qui s’adaptera à toutes les versions de Windows 10 (mobiles ou PC) : Spartan. Dévoilée par le site Neowin, son interface se révèle particulièrement “allégée”, épurée. Proche de Google Chrome et de Firefox dans le style, elle a été conçue à partir des moteurs de rendu HTML Trident et JavaScript Chakra, déjà utilisés pour IE.

De nouvelles fonctionnalités

Selon The Verge, Spartan devrait intégrer de nouvelles fonctions, comme l’assistant vocal Cortana, conçu par Microsoft lors d’une mise à jour de Windows Phone 8.1, ce qui permettra à l’utilisateur de rechercher, vocalement, des réservations d’hôtel ou des horaires de vols d’avions, sans passer par Bing, le moteur de recherche de Microsoft.

Autre fonction annoncée, inédite, et qui devrait permettre à Spartan de se démarquer de ses concurrents : l’encrage numérique. L’utilisateur pourra annoter des pages web avec un stylet, prendre des notes et des annotations, puis les partager, rapidement, via OneDrive (le service de stockage en ligne de Microsoft), avec leurs contacts. 

“Les notes seront ensuite accessibles depuis n’importe quel navigateur, sur de multiples plateformes”, indique The Verge. Ainsi, plusieurs utilisateurs pourraient éditer et partager des notes sur la même page, dans une optique de travail collaboratif.

Spartan devrait aussi permettre de regrouper librement des onglets ensemble (une fonction que proposait autrefois le navigateur concurrent Opera). Cela devrait permettre à l’internaute de dissocier les onglets liés au travail de ceux liés à sa vie personnelle.

Spartan acceptera également les extensions, permettant ainsi à l’utilisateur d’ajouter nombre de fonctions supplémentaires, comme c’est déjà le cas avec les navigateurs concurrents de Microsoft.

D’autres fonctionnalités sont toujours en cours de développement, comme la possiblité d’installer des thèmes.

Pas (encore) la fin d’Internet Explorer, mais une alternative

Alors, est-ce la fin d’Internet Explorer ? Non, du moins pas encore. Spartan sera une alternative, pas un remplaçant de IE (bien que celui-ci semble condamné, à terme, à se faire supplanter).

Microsoft continuera ainsi à proposer son ancien navigateur (Internet Explorer 11) aux utilisateurs de Windows, y compris sur Windows 10 (pour éviter les problèmes de rétrocompatibilité, notamment). En revanche, pour Windows 8, Spartan devrait remplacer l’interface graphique Modern UI d’Internet Explorer – sur PC, tablettes et smartphones.

A noter que Spartan ne sera pas installé par défaut dans le système d’exploitation Windows, comme c’est le cas avec Internet Explorer actuellement : le navigateur sera disponible en téléchargement, sur le Windows Store, ce qui permettra à Microsoft d’effectuer des mises à jours beaucoup plus rapidement.

Et peut être, pourquoi pas, de proposer Spartan aux utilisateurs d’autres systèmes d’exploitation ? “L’équipe de IE a expliqué il y a quelques mois que Microsoft n’avait pas l’intention de le proposer à tous les OS. Mais Spartan n’est pas IE”, indique une journaliste de ZDNet.

Par Fabien Soyez

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Le groupe OK Go a encodé sa musique dans des brins d’ADN

Ce sera donc un album collector. Le dernier opus du groupe OK Go sort sous forme de brins d’ADN et ne pourra pas être écouté sans un arsenal technologique digne des plus grands laboratoires de recherche. Peu importe, il s’agit d’une démarche artistique. Pour fabriquer ce tout nouveau produit musical, les scientifiques ont converti le code binaire d’origine en séquence ADN composée des 4 éléments de base que sont les nucléotides adénine, cytosine, thymine et guanine. Une fois les brins d’ADN réordonnés, l’album est prêt.

Il sera vendu sous la forme d’une petite fiole contenant elle-même environ 100 000 exemplaires de l’album. 

Le groupe est un habitué des performances mêlant musique et nouvelles technologies. En 2011 le quatuor s’était associé à Google pour tourner un clip faisant la promotion du html 5.

Les Ok Go ne sont pas les premiers à utiliser de l’ADN pour stocker de la musique. Il ya  deux ans déjà paraissaient dans Nature les travaux des chercheurs de LEBM-Institut européen de bio-informatique.

Ceux-ci avaient réussi à stocker dans de l’ADN de l’information sonore et textuelle : 26 secondes du discours de Martin Luther King et 154 sonnets de Shakespeare.

Le codage de l’information repose sur le même principe de transcrire le code binaire en système à base de 4 briques unitaires. Pour cela, les scientifiques sont passés par une étape intermédiaire de codage ternaire avec des 0, des 1 et des 2. Surtout, ils ont envoyés l’ADN des USA à des scientifiques allemands qui ont réussit à lire l’information sans aucune erreur. 

Un premier succès qui a ouvert la voie de l’ADN comme système de stockage. L’avantage étant que l’ADN se conserve des milliers d’années contre seulement quelques centaines au mieux pour des supports comme le CD, le DVD ou une clé USB.

En attendant, si vous voulez écouter Hungry Ghost, des OK Go,  il va falloir investir dans un séquenceur ADN. 

Par Audrey Loubens

La composition exacte de l’orichalque, un alliage antique, enfin connu !

Ils étaient enfouis au cœur d’une épave échouée à 300 mètres de profondeur au large de la Sicile. Les 39 lingots rapportés par des archéologues ne sont pas d’or, mais pourrait bien faire la bonne fortune de leurs découvreurs.

Car ces lingots sont composés d’un alliage encore jamais trouvé, un mélange de cuivre et de zinc. De l’orichalque ? Ce métal précieux, presque autant que l’or, est mentionné dans plusieurs  textes antiques, notamment par Platon. Les descriptions évoquent un métal brillant, doré, ayant servi à bâtir l’enceinte de l’acropole de l’Atlandide, l’île légendaire. L’orichalque était extrait exclusivement des mines de l’île des Atlantes.

Mais lors de sa disparation, l’île aurait engloutie avec elle tout l’orichalque existant sur Terre. Impossible donc d’avoir un échantillon de ce métal, à moins de retrouver l’Atlantide…

Dès lors, la communauté scientifique ne peut que s’appuyer sur les descriptions existantes dans les textes anciens. Ces derniers permettent de s’accorder sur le fait que l’orichalque serait un alliage possédant l’apparence du laiton fabriqué à partir de zinc, de charbon et de cuivre.

Les lingots découverts à bord du navire vieux de 2600 ans ont été analysé. Leur composition est de 75 % de cuivre, environ 15% de zinc, avec des traces de nickel, de plomb et de fer. Ces mesures correspondent aux descriptions de l’orichalque, d’où l’euphorie des scientifiques persuadés d’avoir mis la main sur ce métal précieux à la composition jusqu’ici inconnue avec précision.

Toutefois, en l’absence de la formule précise de l’orichalque décrit dans les textes antiques, même si de nombreux éléments concordent avec ce que l’on en sait, impossible de conclure avec certitude que les lingots sont bien de l’orichalque. 

Le navire provenait sans doute de Grèce à destination du port de Gela au sud de la Sicile. Les archéologues à l’origine de cette découverte vont désormais extraire de l’épave l’intégralité de sa cargaison.

Par Audrey Loubens

Portrait-robot de l’ingénieur en 2030

Les réalités sociales, économiques et environnementales de notre société évoluent. Pour y faire face, les ingénieurs de demain devront s’armer de nouvelles compétences. Il s’agira notamment de répondre à la mutation technologique due au numérique, à la transition énergétique et à la santé connective. L’ingénieur retrouvera alors sa place centrale dans la société, place ombragée pendant un temps par le « business man ».

L’institut Mines-Télécom identifie 5 territoires de compétences transverses prioritaires. Au coeur, on retrouve l’expertise qui fait la force de l’ingénieur. Mais cet expert devra aussi cultiver son influence, son agilité, sa responsabilité et son ingéniosité. Car l’ingénieur de demain n’est pas un savant isolé.

En plus de nouvelles compétences techniques de pointe, l’ingénieur devra convaindre, oser, être réactif, pluridisciplinaire, adaptable au travail collaboratif avec des experts de plusieurs domaines et agile pour créer des inventions de rupture. Plus qu’un simple ingénieur, il devra aussi être entrepreneur. « L’ingénieur entrepreneur n’est plus l’homme de laboratoire qui a fait la découverte magique et déposé un brevet, mais celui qui est capable de transférer à son client tout le pouvoir que peut donner l’avance technologique, celui qui a « l’empathie » client », note le rapport d’étude « Portrait de l’ingénieur en 2030 ».

« Il ne faut pas que de la maîtrise technique, il faudra surtout une grande ouverture d’esprit sur des nouveaux sujets (environnement, biodiversité, éco-mobilité, sécurité…) », note Sylvia Godret, Directrice de Vincy Academy. Responsable, l’ingénieur saura s’affranchir de la dictature du court terme pour penser avec sérénité et justesse le long terme.

Un ingénieur plein de ressources et influent

L’ingénieur devra être influent pour sécuriser ses ressources. « A l’heure du crowdfunding, du crowdsourcing et autres démarches collaboratives bottom-up générées par l’horizontalisation de la société, l’influence est plus puissante que l’autorité. C’est pourquoi, améliorer sa capacité à faire venir à soi les ressources sera plus efficace que demander de l’autorité pour les garder », estime le rapport.

Face à cette horizontalisation de la société, la hiérarchie est bousculée. L’ingénieur de demain devra s’entourer d’un important réseau de professionnels. « Chez Google, on ne construit pas son réseau avec les collègues de son département, mais avec ceux avec qui on a échangé pour résoudre son problème, et qui peuvent se trouver n’iimporte où, et à n’importe quel niveau hiérarchique », confie Léo Sei, ingénieur Solutions Client chez Google.

L’influence et l’horizontalisation, c’est aussi savoir redistribuer son pouvoir à son réseau relationnel. « C’est savoir utiliser les talents des autres, en dépit des différences de culture, de discipline, de niveau de compétence », précise le rapport.

L’évolution du secteur du design en pionnier

S’il est un secteur qui a su se réinventer ces dernières années, c’est bien celui du design. Ayant déjà pris le virage du numérique, le métier d’ingénieur designer a considérablement évolué. « L’immersion préalable dans les usages fait partie de l’hygiène mentale de l’ingénieur designer », reporte l’étude. Demain, tout ingénieur de recherche devra savoir se mettre à la place de l’usager final pour développer des produits innovants qui se vendent.

L’ingénieur de 2030 sera donc un expert de très haut niveau. La réalité augmentée pourrait l’aider dans sa tâche. « L’ingénieur « augmenté » est à inventer », estiment les experts.

  • En 2030 : cinq domaines de compétences seront incontournables à tout ingénieur, figure tirée du rapport « Portrait de l’ingénieur 2030 »

  • Présentation des compétences de l’ingénieur de demain en vidéo

  • Aller plus loin

Télécharger le document « Portrait de l’ingénieur 2030 », réalisé par le cabinet Sociovision pour l’Observatoire des métiers de l’Institut Mines-Télécom. Il s’appuie sur l’Observatoire historique de Sociovision, une analyse documentaire internationale et des interview d’experts du secteur.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Energie et big-data, une double-compétence recherchée

« Dans le domaine de l’énergie, le choc numérique va être plus qu’une révolution », insiste André Joffre, Président de Qualit’EnR. Les systèmes de production centralisés vont en partie être remplacés par des productions renouvelables décentralisées sur l’ensemble du territoire, les offres d’effacement ou d’aggrégation de flexibilité vont se multiplier, les petits producteurs pourront autoconsommer ou vendre leur électricité. Les conclusions du groupe de travail sur l’auto-consommation seront publiées d’ailleurs rendues publiques avant la fin du mois. La ministre précisera alors les 5 chantiers de mise en œuvre pour développer l’auto-consomation de l’électricité par les petits producteurs, plutôt que sa vente obligatoire à EDF. Dès lors, il faudra développer des infrastructures numériques solides et trouver des ingénieurs en mégadonnées qui comprendront ces nouveaux systèmes énergétiques.

Lorsque le Big data s’associe à l’énergie

Les ingénieurs en informatique sont devenus les professionnels les plus recherchés par les entreprises françaises en 2014. Le Saint-Graal recherché : l’ingénieur en big-data, ce professionnel qui transformera vos mégadonnées en or. Si le Big data se développe notamment dans les secteurs financiers, la vente, les services de santé, les télécom et le secteur public, mais il a aussi un avenir luisant dans le secteur de l’énergie. Car en parallèle du déploiement du compteur communicant Linky pour l’électricité et Gazpar pour le gaz, le réseau électrique intelligent (aussi appelé « smart grid ») se met en place. Ce réseau moderne, pierre angulaire de la transition énergétique,  permettra de suivre et de piloter en temps réel la production, la consommation, et le stockage de l’électricité. Linky va notamment permettre de collecter un flux colossal de données sur les consommations d’énergie.

En contrepartie, les usagers pourront s’abonner à de nouveaux services : effacement lors des pics de consommation sur le réseau (interruption du chauffage électrique pendant quelques minutes, par exemple), développement d’heures creuses solairesquand les panneaux photovoltaïques de la région produisent à plein régime, etc. Les géants de l’énergie cherchent de nouvelles offres basées sur l’exploitation de ces données. Etre ingénieur en big data avec une spécialisation en énergie fera donc de vous la perle rare. Plus généralement, le secteur de l’énergie recrute. EDF, GDF Suez, Total, Areva et les sociétés d’ingénierie et de conseil prévoient de recruter plusieurs milliers d’ingénieurs dans les prochaines années.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Les écoles d’ingénieurs en mutation

Alors que la concurrence internationale n’a jamais été aussi rude, les écoles d’ingénieurs françaises tentent de rester attractives. Leur nouvel objectif est de favoriser la création d’entreprises et de transmettre l’envie d’innover à leurs élèves. Ainsi, elles sensibilisent ou forment de plus en plus leurs élèves à l’entrepreneuriat, et les accompagnent dans leurs projets. Même si 1,4% des ingénieurs diplômés se lancent dans l’entrepreneuriat (selon le palmarès de l’Etudiant), ils sont de plus en plus nombreux.

C’est par exemple le cas de cet étudiant de l’Isat (Institut supérieur de l’automobile et des transports). A tout juste 20 ans, il a inventé un système innovant de simulation automobile. Pour protéger son idée, son école lui a mis à disposition un local chez Welience, son centre d’activités de recherche technologique et de développement. Selon le directeur de l’Isat, interviewé par Le Journal du Centre, “l’école est une usine à entrepreneurs… Mais peu d’ingénieurs créent des entreprises en France. Les bonnes idées sont rares. Notre mission est aussi d’offrir à l’idée la capacité d’émerger.”

Des cursus réorganisés

Alors que la formation en alternance, qui commençait à peine à se développer dans les écoles d’ingénieurs, est menacée par la réforme de la taxe d’apprentissage, l’idée est donc désormais de pousser les élèves à créer eux-mêmes leurs entreprises. 

Comment inspirer, dès le départ, les aspirants ingénieurs ? En les sensibilisant. La plupart des écoles d’ingénieurs organisent, souvent en début de cursus, des conférences et des rencontres avec d’anciens diplômés devenus porteurs de projets. 

Elles participent aussi à des concours d’innovation, comme Créa’Campus, qui permet à des équipes étudiantes de créer un projet (au départ fictif) d’entreprise, ou à des compétitions étudiantes, comme le challenge “Projet d’entreprendre”, organisé par Télécom Lille, pendant lequel s’affrontent des écoles d’ingénieurs. 

“Le frein est trop souvent dans la tête. Les élèves ont besoin de voir que leurs pairs ont réussi”, indique Joël Courtois, le directeur de l’Epita, à l’Etudiant.

Pour mieux former les élèves à l’entrepreneuriat, trois écoles d’ingénieurs sur quatre ont réorganisé leurs cursus. Nombre d’entre elles proposent ainsi des unités d’enseignement (UE) ou des modules dédiés à l’entrepreneuriat, comme le parcours “valorisation de projets” de l’ECE Paris (ex-École centrale d’électronique). 

Pour “former” les élèves à l’entrepreneuriat, des écoles privilégient “l’apprentissage par l’action”, à travers le travail sur des projets (création de start-up, plan de développement d’un produit ou d’une activité nouvelle). Certaines vont plus loin, en permettant aux élèves de concevoir des projets pouvant être portés tout au long de la scolarité – avec un parcours aménagé permettant, par exemple, d’effectuer son stage dans sa propre structure.

En 2014, l’Institut National Polytechnique (INP) de Toulouse a créé le statut “étudiant-entrepreneur”, destiné aux étudiants voulant développer leur projet de création d’entreprise. Les élèves sélectionnés suivent leurs études classiques, tout en avançant sur leur projet d’entreprise. Leur emploi du temps est aménagé, et ils peuvent bénéficier d’un an supplémentaire pour effectuer leur cursus et pour obtenir leur diplôme.

Une poignée d’écoles (10%) propose aussi des filières entièrement consacrées à ce domaine. C’est par exemple le cas de l’École polytechnique, qui en plus d’avoir créé un Master d’innovation et de recherche, a mis en place trois formations en entrepreneuriat, attirant 130 étudiants. Ces formations conjuguent des cours théoriques, des stages en entreprises et la poursuite d’un projet de start-up.

A titre d’exemple, dans le cadre du Master Innovation & Entrepreneuriat, des élèves de l’X ont créé la start-up FeetMe, dédiée à la fabrication d’un nouveau type de semelles visant à prévenir les ulcères du pied pour les diabétiques de type 2.

La vague des incubateurs

Une fois que les projets ont germé dans l’esprit des élèves ingénieurs, au delà de la formation, l’objectif des écoles reste de les accompagner dans la création de leurs start-ups. Dans le cas de l’École polytechnique, un incubateur, “X-entrepreneuriat”, a par exemple été créé pour accompagner les jeunes inventeurs et entrepreneurs. Ce lieu, qui met aussi un “Fab Lab” à disposition des élèves, est partenaire de l’incubateur ParisTech Entrepreneurs, qui structure et accompagne “les projets numériques innovants en France”.

Nombre d’écoles suivent ce modèle, comme Centrale Paris ou l’Ensam (Ecole nationale supérieure des arts et métiers), qui ont mis en place des incubateurs mettant à la disposition des jeunes entrepreneurs, les locaux et le matériel de l’école, ainsi qu’un réseau d’experts. “La présence d’un incubateur leur montre que nous pouvons les accompagner tout au long de leur démarche », explique Laurent Champaney, directeur général adjoint de la formation, au quotidien Le Monde.

Le soutien de l’école peut aussi être financier. Ainsi, l’École polytechnique propose-t-elle un programme d’accompagnement au développement de start-up, après le Master Innovation & Entrepreneuriat. Géré par des “anciens” élèves de l’école installés aux Etats-Unis, le programme Silicon Valley Fellowship comprend une bourse de 20 000 dollars par participants, 6 mois de “coaching” et la possibilité d’effectuer des stages dans des start-ups de la Silicon Valley.

Par Fabien Soyez

Dans quels pays peut-il être intéressant de s’expatrier ?

Les raisons d’un départ sont plus que la recherche d’un meilleur salaire – variable selon le secteur – et de plus grandes responsabilités, ce sont aussi la découverte d’un pays offrant un cadre de vie différent et la quête de nouvelles expériences de vie.

Cela concerne en grande partie les jeunes ingénieurs comme le montrent les statistiques : 15% des jeunes ingénieurs trouvent leur premier emploi à l’étranger. L’envie de rejoindre ces pays, pour certains considérés comme des eldorados, vient du fait que ces lieux au développement dynamique représentent des tremplins pouvant servir d’accélérateur dans leur carrière. Qui plus est, cette initiative est perçue positivement par les entreprises à leur retour qui saluent la prise de risque. Voici quelques destinations choisies par nos ingénieurs :

Les Pays en forte croissance

La Chine

Commençons par un acteur inévitable, que l’on ne peut évidemment pas ne pas mentionner : la Chine. Aujourd’hui, le pourcentage d’ingénieurs résidant en Asie est à égalité avec celui États-Unis. Preuve de son attrait. Cependant les modes de recrutement sont en train de changer. Si par le passé, être français était un pass valable à l’embauche, il ne l’est plus tout à fait. L’expérience rentre davantage en compte qu’auparavant et le visa de travail est délivré moins facilement. Parler le Mandarin est sans conteste un atout de poids. À noter que les entreprises chinoises ont tendance à s’installer de plus en plus en marge des métropoles.

Brésil

Des mots-clés tels que soleil, croissance, coupe du monde reviennent lorsque l’on songe au Brésil. En 2011, on a même dit de lui qu’il était une terre d’avenir pour les ingénieurs. Et de fait, le Brésil brigue les profils tels que les ingénieurs pétro-chimique, les ingénieurs automobiles, les ingénieurs BTP et tous les profils issus de secteurs de pointe.

Cependant des facteurs comme le manque de parité entre les salaires, la hausse importante du prix des loyers, un système bureaucratique laborieux, la pollution grimpante ainsi qu’une acclimatation difficile pouvant demander entre 6 à 12 mois peuvent en décourager certains.

Les pays européens

L’Allemagne

L’Allemagne fait partie de ces destinations courues par les ingénieurs français. La population vieillissante et le manque de main-d’oeuvre qualifiée font que les entreprises allemandes se tournent vers l’étranger et recrutent de plus en plus de jeunes diplômés dans les secteurs de la chimie et des sciences. Mais si elles embauchent, elles sont aussi exigeantes. Elles recherchent des ingénieurs expérimentés, maîtrisant entre autres l’anglais et l’allemand ou les techniques de communication. En revanche, le salaire est plus élevé et les heures supplémentaires rémunérées. La vie y est – dit-on – très plaisante et confortable. 

La Suisse

Le besoin en ingénieurs dans les secteurs industriels (notamment pharmaceutique), des biotechnologies, de la chimie ou encore de l’agroalimentaire en ont fait venir plus d’un. Ils auraient tort de s’en priver, surtout que les jeunes ingénieurs français – au même titre que les ingénieurs allemands – sont plutôt appréciés. Le système éducatif français étant très bien considéré. Attention toutefois, il y a tout de même une sélection et parler plusieurs langues et faire preuve de pugnacité seront toujours des atouts.

L’autre argument de taille, celui qui entraîne ces ingénieurs en Suisse, est sans conteste le salaire, bien plus élevé qu’en France. Le coût de la vie et surtout des loyers est certes plus élevé lui aussi, mais malgré cela, vivre et travailler en Suisse lorsque l’on est un ingénieur qualifié reste très lucratif.

La Belgique

Ce pays proche de la France dispose de plusieurs avantages (qui ne sont évidemment pas la bière et les frites). Les ingénieurs sont une denrée rare et précieuse, la qualité de vie y est fort agréable et les salaires sont plus élevés. Toutefois, les différences culturelles entre les deux pays peuvent frapper la sensibilité de certains salariés, notamment au niveau des remarques données sans prendre de gants. 

Les pays anglo-saxons 

L’Angleterre

De l’autre côté de la Manche, nos voisins anglais exercent eux aussi un fort pouvoir d’attraction sur nos ingénieurs. Le mode de vie, une culture de la gagne et une grande place laissée à l’initiative semblent être des motifs appréciés par certains profils. Pour gagner ses galons, il faut avoir les crocs. Mais si tel est le cas, l’ascension est rapide et proportionnelle au travail abattu.

Canada

Il s’agit clairement d’un eldorado, lieu des possibles, dans la tête des français. Nombreux sont ceux qui tentent leur chance au Québec chaque année. Mais pourquoi cet engouement ? Le climat est extrêmement fluctuant selon les saisons. Les hivers sont réputés très rigoureux. Pourtant il y a un cadre de vie que l’on retrouve nulle part ailleurs et qui semble sourire aux audacieux. Il n’est pas impossible de trouver un travail juste après sa rencontre avec un recruteur. Et les habitants sont détendus.

Cela dit, tout n’est pas rose. L’obtention d’un visa n’est pas si simple. Pour le programme vacances travail (PVT) par exemple, considéré comme le plus facile à décrocher, il faut se lever tôt. Son nombre étant limité, il peut s’envoler en une semaine. Une autre solution, pas moins évidente, consiste à trouver en amont un employeur pour obtenir un visa temporaire de deux ans. Et ne parlons pas des démarches pour la résidence permanente, elles sont encore plus fastidieuses.

Les États-Unis

Autre incontournable de ces destinations privilégiées par nos ingénieurs, les États-Unis demeurent un fabuleux terrain riche en opportunités. Pas sûr que la reconnaissance récente du diplôme français d’ingénieur au grade de « master of science » – équivalent d’un bac +5 – y soit pour quelque chose puisque cet état de fait existait bien avant. 

Les expatriés français sont de plus en plus nombreux là-bas. Ils s’installent dans les grands centres urbains. La Silicon Valey, Los Angeles et Boston, pour ne citer qu’eux, font figure de piliers. Boston est à l’affût de profils orientés high-tech et santé. La Californie recrute toujours en cherchant la crème des ingénieurs de la planète. 

C’est pour cette raison, bien que le visa de travail soit relativement difficile à obtenir, qu’abondent ces ingénieurs souhaitant rejoindre les start-ups de la Silicon Valley ou les grands groupes que sont Google, Amazon, la Nasa, car ils se savent au coeur d’un vivier favorable à la création et aux opportunités. Les français sauraient se dépêtrer de conditions d’embauches rebutantes (jusqu’à une douzaine d’entretiens), montrer leur motivation et témoigner d’un savoir-faire réel.

Par Sébastien Tribot

La France aime-t-elle encore les ingénieurs ?

Si l’on en croit la 25e enquête de l’Observatoire des ingénieurs et scientifiques de France (IESF), la France ne boude pas les ingénieurs, bien au contraire. Moins de 4% d’entre eux seraient au chômage alors que la quantité d’ingénieurs sortant des écoles croît. En tout, ce sont 33 000 jeunes diplômés qui ont été recrutés en 2013 tandis qu’une faible partie poursuit ses études et qu’une autre est en recherche. Non, leur sort est plutôt enviable. Le salaire moyen annuel de 55 200 euros d’un ingénieur est 2,5 fois supérieur à celui de ses compatriotes. Il a même un peu augmenté. Et un bon nombre occupent des postes à responsabilités. D’après l’enquête, 82% s’estiment d’ailleurs satisfait de leur travail. Ce qui, plus que la rémunération, prime plus que tout. Seule ombre au tableau, l’inégalité des salaires entre hommes et femmes a tendance à s’intensifier avec l’âge. Alors qu’au début de carrière, l’écart n’est que de 6%, il passe par la suite à 20% autour de 60-64 ans. Cela est d’autant plus regrettable que la part d’ingénieurs féminins est en hausse.

Qu’en est-il de l’insertion des jeunes diplômés ? Environ 15% d’entre eux, six mois après leur sortie du système scolaire, n’auraient pas de travail. Le pourcentage est faible mais cela signifie qu’à un moment donné, l’employeur et le jeune diplômé ne se sont pas trouvés. Différents facteurs peuvent l’expliquer comme le décalage entre la réalité du marché et l’ambition d’un jeune qui ne sont pas toujours compatibles dans un premier temps, l’importance aussi d’avoir choisi une école de qualité ou encore d’avoir effectué un bon stage. Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte.

La France a besoin d’ingénieurs. Preuve en est avec trois secteurs qui sont en demande. « Les sociétés de services et logiciels informatiques sont devenues les premiers recruteurs d’ingénieurs en France », indiquait dans son enquête Gérard Duwat, président de l’Observatoire des ingénieurs et scientifiques de France. Le secteur du numérique recherche. Malgré cela, pas assez d’ingénieurs en informatique sont formés.

Les entreprises de l’industrie des transports recrutent beaucoup elles aussi, notamment le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS), le constructeur automobile Renault ou encore le constructeur aéronautique Airbus. 

Enfin, le troisième secteur est celui de l’ingénierie. Les sociétés d’ingénierie comptabilisent 47 000 ingénieurs et continuent d’embaucher. En 2014, les acteurs importants s’appellent Altran, une entreprise de conseil en innovation et ingénierie avancée et Ségula Technologies, groupe international de conseil en innovation et d’ingénierie.

Alors bien sûr, la pénurie d’ingénieurs dans certains pays entraîne une part toujours plus importante des jeunes diplômés (et pas que) à s’expatrier. Cela ne veut pas dire que la France n’aime plus les ingénieurs. Plutôt que leurs profils sont appréciés à l’étranger et que la formation française est reconnue de par le monde.

Or le contexte socio-économique fait qu’il est plus dur de les garder. Comment concurrencer avec des entreprises comme Google par exemple, qui offrent de gros chèques. C’est difficile à gérer. En d’autres termes, la fuite des cerveaux est un phénomène impossible à enrayer. Cela ne s’explique pas par une relation déficit de postes à pourvoir face à un débordement d’ingénieurs. Les jeunes ingénieurs sont enclins à partir vers de nouveaux horizons parce qu’ils savent qu’ils toucheront bien souvent un meilleur salaire, qu’ils auront l’opportunité de décrocher un premier emploi qu’ils n’auraient pas pu trouver en France et que s’ils reviennent, cette expérience leur servira comme un accélérateur de carrière. Et puis c’est aussi et surtout l’appel du large, incontrôlable, l’envie de découvrir un pays avec toutes les facettes culturelles qui vont avec, et le besoin de vivre de nouvelles expériences.

Par Sébastien Tribot

Les grands groupes toujours aussi séduits par les ingénieurs

Avec de nombreux jours de congés, plus de RTT qu’une PME, des salaires attractifs, des perspectives d’évolution en France et à l’international, des projets prestigieux et la sécurité de l’emploi, les grands groupes jouissent d’une excellente attractivité et trustent chaque année les premières places du classement des sociétés les plus convoitées par les étudiants. Elles pourraient donc en rester là et profiter de leur réputation pour appâter les ingénieurs. Au contraire ! Très friandes de ces profils, ces grands groupes n’hésitent pas à développer des partenariats et des plans marketing très efficaces.

Le premier endroit où trouver un ingénieur, c’est encore dans une école d’ingénieur. Mieux, en s’associant aux formateurs, les grands groupes peuvent commencer à façonner l’étudiant à la culture du groupe tout en ayant la garantie qu’il possède les connaissances théoriques et techniques dont il aura besoin s’il est recruté. C’est pourquoi beaucoup de grands groupes proposent des stages, l’idéal pour parfaire l’apprentissage et tester le futur ingénieur en situation réelle. Dans cet esprit, Vinci Park est partenaire de l’Ecole des ingénieurs de la Ville de Paris et encadre des étudiants sur des projets de 6 mois menés sous le tutorat d’un employé du groupe.

Huawei, géant chinois des télécoms, a mis sur pied un programme baptisé Talents numériques. Il s’agit de faire venir sur son campus chinois des étudiants étrangers. Initialement lancé en 2011 au Royaume-Uni et en France, ce programme concerne désormais les étudiants du monde entier. C’est donc dans ce cadre que 15 français, sélectionnés suite à un concours,  ont pu découvrir au mois d’aout dernier la culture chinoise et les équipements derniers cris en termes de réseaux optique, 4G…

Grâce aux stages, au tutorat, en s’investissant dès l’enseignement prodigué dans les écoles ou encore grâce à des programmes découvertes, les grands groupes s’assurent l’embauche de forces humaines qui s’intégreront parfaitement en son sein, et qui sauront par leurs aptitudes techniques, managériales et stratégiques leur apporter une réelle valeur ajoutée.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Les ingénieurs restent épargnés par la crise, mais jusqu’à quand ?

François Hollande a été très clair. Si les résultats concernant le chômage ne sont pas satisfaisants, l’actuel locataire de l’Elysée ne se représentera pas aux élections présidentielles. Alors que le chômage ne cesse de progresser, atteignant le taux historique de 10,5%, un secteur résiste encore et toujours à la crise, que pourra toujours mettre en avant le président de la République. Il s’agit de l’ingénierie. Avec un taux de chômage inférieur à 4%, les ingénieurs sont bien loin de la dure réalité de nombreuses autres professions. En effet, avec leur diplôme en poche, les ingénieurs sont quasiment assurés de trouver un emploi. D’après l’enquête de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) menée auprès de 4500 ingénieurs, en 2013 63% d’entre eux avaient un travail, soit autant qu’en 2012. De façon générale, en 2014, le taux d’emploi est de 69%, une situation confortable mais qui subit un léger recul de 1%. De plus, l’étude pointe du doigt une différence entre les ingénieurs issues d’une école classique de ceux ayant suivi le cursus d’une école rattachée à une université. Ainsi, les premiers présentent un taux d’emploi de 73%, taux qui tombe à 62% pour les autres.

L’année dernière, l’Observatoire des ingénieurs a publié les résultats d’une vaste étude portant sur 50 000 ingénieurs. On y apprend que non seulement les ingénieurs sont épargnés par le chômage, mais en plus leur salaire est correct. Ainsi, le salaire annuel médian brut est en progression à 55,2k€. Pour les moins de 30 ans ce salaire médian est de 38k€ contre 90k€ chez les plus de 50 ans. Les mieux lotis sont les ingénieurs travaillant dans le secteur des industries extractives avec un salaire médian de 90k€, tandis que celui des ingénieurs évoluant dans l’enseignement est de « seulement » 42,7k€. Des chiffres bien supérieurs au salaire net médian des français de 1730€ mensuels. En moyenne, les ingénieurs touchent un salaire brut de 66,3k€.

Autre atout du diplôme d’ingénieur, le premier job décroché leur procure dans 84% des cas un statut cadre. Enfin, pour 78% des ingénieurs issus d’une école classique (73% pour ceux ayant étudié dans une école rattachée à une université), le contrat signé est un CDI, le saint graal des contrats de travail. Ce qui est bien supérieur aux 59% de CDI signés par les Bac +5.

On comprend que bien que jeune diplômé, l’ingénieur n’abaisse pas beaucoup ses prétentions salariales. Ainsi, en 2014, le jeune ingénieur espère un salaire brut annuel de 34,4k€, ce qui est supérieur de 2k€ par rapport à 2013. Toutefois, ces exigences restent inférieurs à celles des années 2011 et 2012 avec respectivement 36,1k€ et 35,1 k€.

Les titulaires d’un diplôme d’ingénieur sont donc dans une position plutôt confortable face à l‘emploi, notamment en comparaison des autres catégories professionnelles.  Mais attention, cette situation privilégiée est fragile. La dernière enquête conduire par la Conférence des Grandes Ecole alerte sur la baisse du taux d’insertion des nouveaux diplômés. Ce taux passe de 65,4% en 2012 à 62,4% en 2013. Une tendance confirmée par le nombre d’anciens élèves en recherche d’emploi qui grimpe de 13,3% en 2013 à 15,9% en 2014.

En 2015, suivre une formation d’ingénieur reste un excellent investissement professionnel.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Les surfaces OGM mondiales en hausse de 6 millions d’ha en 2014

« Avec l’arrivée du Bangladesh, un total de 28 pays ont cultivé des OGM au cours de l’année 2014 », dont « 20 pays en développement (en comptant le Brésil et l’Argentine) et six pays industrialisés, représentant plus de 60% de la population mondiale » affirme l’Isaaaa (International service for the acquisition of agri-biotech applications).

« Le nombre total d’hectares (OGM) a été multiplié par plus de cent depuis les premières plantations d’OGM » en 1996 relève l’auteur du rapport et fondateur de l’Isaaa, Clive James, cité sur le site de l’association .

Les Etats-Unis restent largement en tête avec 73,1 millions d’ha dédiés aux OGM, en hausse de 4% sur l’année, devançant le Brésil qui comptait 42,2 millions d’ha (+5%) et l’Argentine, 3e avec 24,3 millions d’ha.

Aux Etats-Unis comme au Brésil, c’est le soja qui a justifié ce développement. Avec l’Argentine et le Canada, ils représentent près de 84% des surfaces plantés en OGM dans le monde.

En Asie, l’Inde a connu la plus forte croissance et compte désormais 11,6 millions d’ha (autant que le Canada); en revanche l’Union européenne reste à l’écart avec moins de 0,1% de ses surfaces agricoles utiles.

Depuis 1996, plus d’une dizaine de cultures génétiquement modifiées, alimentaires et fibres, ont été approuvées et commercialisées dans le monde – maïs, soja ou coton, et fruits ou légumes comme la papaye, l’aubergine ou la pomme de terre.

Les partisans des OGM font valoir leurs qualités de résistance à la sécheresse, aux insectes et aux maladies.

Le rapport complet est disponible en ligne sur le site www.isaaa.org.

Pour le site Inf’OGM, hostile aux cultures génétiquement modifiées, « le nombre des pays qui cultivent des OGM stagne (29 pays en 2010 contre 28 en 2014) » indique-t-il.

« La Suède, la Pologne, l’Allemagne et l’Égypte ont quitté le navire ; tandis que Cuba, le Soudan et le Bangladesh l’ont rejoint » poursuit-il en notant que « 120 agriculteurs bangladais ont cultivé 12 hectares avec une aubergine GM bt (génétiquement modifiée, NDLR) soit 0,1 ha par agriculteur ».

« L’aubergine Bt est d’ailleurs la seule nouvelle espèce qui a passé le stade de la culture en 2014 : soja, maïs, coton et colza restant très largement majoritaires », note Inf’Ogm pour qui « l’analyse de ce rapport prouve que l’engouement pour les OGM ne redémarre pas. Si les maïs et soja transgéniques ont été adoptés rapidement sur le continent américain, les autres plantes stagnent et les autres continents restent globalement prudents, pour ne pas dire hostiles, à cette technologie ».

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2015 Agence France-Presse. »

Des substances chimiques dans les plastiques liées à une ménopause précoce

Des femmes qui présentent des niveaux élevés de substances chimiques contenues dans des plastiques, produits de beauté et d’entretien sont ménopausées deux à quatre ans plus tôt que celles présentant des niveaux plus faibles de ces éléments, selon une étude américaine publiée mercredi.

Ces chercheurs ont examiné les niveaux dans le sang et dans l’urine de 111 produits chimiques soupçonnés d’interférer avec la production naturelle et la distribution d’hormones dans l’organisme.

Plusieurs études beaucoup plus limitées avaient déjà mis en lumière la relation entre des perturbateurs endocriniens et la ménopause.

Mais cette étude conduite entre 1999 à 2008 sur 1.442 Américaines ménopausées est la première d’une telle ampleur à explorer la corrélation entre la ménopause et chacune de ces 111 substances chimiques. Aucune de ces femmes ne suivait d’hormonothérapie et n’avait subi une ablation des ovaires. Leur âge moyen était de 61 ans.

L’étude est publiée en ligne dans la revue scientifique américaine PLOS ONE.

Quelque 15 produits ont été associés de manière significative à une ménopause précoce et à un déclin de l’activité ovarienne.

Parmi eux on trouve 9 polychlorobiphényles (PCB), trois pesticides, deux phtalates: autant de produits utilisés dans les plastiques, détergents, produits pharmaceutiques, lotions, parfums, maquillage, vernis à ongles, savons liquide ou encore laques à cheveux.

« Nos résultats suggèrent que la société devrait s’en inquiéter », met en garde le Dr Amber Cooper, professeur adjointe de gynécologie à la faculté de médecine de l’Université Washington à St Louis (Missouri), principal co-auteur.

Un déclin de l’activité de l’ovaire peut non seulement affecter la fertilité mais aussi conduire notamment au développement précoce de maladies cardiovasculaires, d’ostéoporose, soulignent ces chercheurs.

Ces derniers citent également d’autres études qui ont établi une corrélation entre ces substances chimiques et certains cancers, des dysfonctionnements du métabolisme et la puberté précoce chez les filles.

« Il est souvent difficile d’éviter d’être exposé à ces produits chimiques car ils sont dans le sol, l’eau et l’air », relève le Dr Cooper. Si la plupart de ces produits sont interdits aux Etats-Unis, ils sont encore utilisés ailleurs et ont toujours des effets néfastes sur l’environnement.

Elle recommande de préférer les récipients en verre ou en papier pour réchauffer des plats au micro-ondes plutôt qu’en plastique et de s’informer sur la composition des produits cosmétiques et ménagers.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2015 Agence France-Presse. »

Tesla Motors rentable en 2020 ?

Cette annonce a eu son petit effet sur l’action de l’entreprise. Frustrés à l’idée de ne pas recevoir de dividendes jusqu’en 2020, les investisseurs ont quelque peu boudé l’action. Encore côtée à 204 dollars le 13 janvier  après avoir bondi de 48 % en 2014, l’action a atteint 190 dollars le 14, avant de remonter à 196,5 dollars au 22 janvier. 

Mais pour le milliardaire, cette rentabilité attendue pour 2020 n’est pas un problème. En effet, il se défend de rechercher la rentabilité sur le court terme. Selon lui, son entreprise investit dans de nouveaux modèles et ne peut donc espérer une rentabilité immédiate. Si les ventes devraient atteindre 500 000 véhicules en 2020, Elon Musk pense que Tesla Motors devrait produire « quelques millions de voitures » à l’horizon 2025. Le marché du véhicule électrique devrait exploser entre 2020 et 2025, les bornes de recharge étant alors bien déployées dans les différents pays.

Lors de cette soirée, Elon Musk a aussi annoncé que le marché des véhicules électriques avait ralenti en Chine au quatrième trimestre 2014. Faute d’un réseau d’infrastructure de recharge suffisant, les Chinois demeurent pour le moment frileux à l’idée d’investir dans les véhicules électriques. Il pense néanmoins que ce ralentissement sera temporaire, contrecarré par le développement des infrastructures en cours.

De l’électrique haut de gamme performant

Co-fondé en 2003 par Elon Musk, Tesla Motors conçoit et commercialise des véhicules électriques haut de gamme. Bien que ne totalisant que 0,02% de parts de marché, l’entreprise est valorisée à 25,5 milliards de dollars. Le modèle phare de la marque est la berline model S. L’entreprise projette de lancer sur le marché son crossover model X en 2016 et son modèle plus compact et moins cher, le Model 3, d’ici 2017. 

La particularité du modèle S de Tesla est d’être doté d’une autonomie allant de 390 à 502 km selon le nouveau cycle européen de conduite (NEDC) grâce à des batteries de 60 kWh à 85 kWh. Pour les véhicules purement électriques proposés par les autres constructeurs, les autonomies tournent plutôt entre 100 et 200 km. Mais pour s’offrir l’un de ces modèles S, il faudra tout de même dépenser entre 69 000 et 102 900 euros !

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

 

Essai d’analyse des causes d’emballement, à la hausse comme à la baisse, des marchés pétroliers

Pour comprendre le caractère brutal et difficilement prévisible de ces mouvements de cours, il faut intégrer l’existence de deux marchés parallèles qui interagissent l’un sur l’autre et parfois poussent les cours dans la même direction et génèrent ainsi des bouffées sur les prix, à la baisse ou à la hausse.

Le marché fiduciaire du pétrole papier où se négocient des millions notes représentant chacune  un millier de barils. Les investisseurs (edge-fund et autres) viennent sur ce marché à terme, important en volume, pour se couvrir contre la baisse des monnaies et essentiellement contre la baisse du dollar.

La baisse prévisible du dollar pousse ces investisseurs à acheter du papier (position longue), inversement une hausse prévisible du dollar (Figure 1), justifiée comme aujourd’hui par une probable hausse des taux de la Réserve Fédérale, pousse les investisseurs à se positionner en vendeurs à terme de pétrole (position short).

Figure 1 : Variations depuis Août 2010 de l’US Dollar Index (USDX) sur l’ICE à Londres

 

La hausse des cours du dollar vis à vis des autres monnaies (Figure 1), observée depuis Août 2014, était un indicateur de tendance à la baisse des cours du baril de pétrole.

Mais ce paramètre, sur fond de troubles géopolitiques au Moyen-Orient ne pouvait pas, à lui seul, permettre de prévoir un effondrement des cours du baril.

Le marché physique du pétrole est pour sa part placé, de fait, sous le contrôle d’un cartel : l’OPEP, dont le rôle historique et reconnu était de maintenir les flux et donc les prix dans un intervalle raisonnable d’approvisionnement des marchés, à bon prix, autour des 100 dollars (plus ou moins 10 dollars) le baril. La lassitude de l’Arabie Saoudite de tenir ce rôle ingrat de régulateur de marché, la conquête, à ses dépens, de parts de marché par les produits canadiens ou américains plus onéreux, ont persuadé ce grand producteur et exportateur de baisser les prix en Asie puis aux États-Unis pour préserver ses parts de marché.

Alors qu’on attendait l’inverse, une réduction de l’offre de pétrole, de la part de l’OPEP, Il n’en fallait pas plus pour voir plonger les cours du baril (Figure 2).

A fin 2013, les importations nettes de pétrole et de produits pétroliers de la France représentaient sur les douze derniers mois dans les 51 milliards d’euros.

Une baisse des prix de 40% sur ces produits en année pleine représenterait dans les 20 milliards d’euros d’économies pour la facture pétrolière de notre pays.

Mais il semble réaliste de prévoir un retour progressif à la hausse des marchés pétroliers grâce à une stabilisation des cours du dollar, à une baisse des investissements des Groupes pétroliers et à un accroissement continu de la demande de pétrole peu onéreux tiré par les transports en Asie et la progression du niveau de vie moyen.

Par Raymond Bonnaterre

À vos agendas ! 18ème rendez-vous annuel des ingénieurs, scientifiques et enseignants

La 18ème édition de NIDays France aura lieu le 3 février 2015 au CNIT, à La Défense, avec l’objectif d’accueillir 1200 visiteurs, et un invité de renom : Christophe Galfard qui viendra nous parler du Big Bang.

 

La journée s’articulera autour d’une exposition permanente de produits et solutions proposés par les partenaires de NI (60 stands), avec des sessions de conférences et de travaux pratiques en parallèle.

  • 50 conférences dédiées aux techniques de développement, à la surveillance et au contrôle embarqué, à l’instrumentation et au test automatique, aux mesures par capteurs, aux radiofréquences, à l’aéronautique et la défense, à l’automobile et au ferroviaire, à l’enseignement… avec de nombreuses présentations d’applications.
  • 18 sessions de TP dédiées à la programmation graphique LabVIEW, à l’acquisition de données, à la conception de systèmes de contrôle/commande, aux systèmes embarqués myRIO…

 

Coupes de robotique

Les Coupes de robotique viendront animer l’édition 2015, avec 24 équipes en lice s’affrontant pour la Coupe NXT (basée sur le kit LEGO MINDSTORMS NXT) ou pour la Coupe RIO (basée sur le Starter Kit Robotics de NI).

La journée se terminera par un cocktail qui sera l’occasion pour les participants d’échanger leurs expériences dans une ambiance festive.

Programme et inscriptions sur www.nidays.fr

Les Français et les ENR, une histoire d’amour en péril ?

Selon ce nouveau baromètre de Qualit’ENR, 89 % des français estiment que les énergies renouvelables (ENR) doivent être encouragées pour le développement de la chaleur et de l’électricité. Le gaz garde également une place importante dans les esprits avec 68 % d’avis favorable. Le nucléaire continue de faire débat, situé aux alentours de 45 % d’intérêt. En queue de peloton, on trouve le gaz de schiste (27 %), le charbon (25 %) et le fioul (25 %). Sur la question du nucléaire, il y a un fort écart générationnel. « 66 % des plus de 65 ans soutiennent le nucléaire contre 26 % des plus jeunes », précise Frédéric Micheau, Directeur des Etudes d’opinion chez OpinionWay.

Si les ENR et le gaz restent fortement plébiscités, il faut remarquer qu’entre 2013 et 2015, les ENR ont perdu près de 7 % d’avis favorable, le gaz 12 %. Pendant ce temps, les énergies fossiles ont quant à elles suscité un regain d’intérêt. Le gaz de schiste a gagné 3 % d’intérêt, le fioul et le charbon tous deux 4 %.

Si encore 86 % des Français pensent que les énergies renouvelables sont respectueuses de l’environnement, 82 % qu’elles favorisent l’indépendance énergique et 71 % qu’elles permettent de faire des économies, là encore, les énergies renouvelables perdent du terrain. En un an, par exemple, les Français sont 10% en moins à estimer que les énergies renouvelables permettent de faire des économies. Le contexte économique actuel semble faire naître un doute quant à l’intérêt de s’équiper. 

Le prix du pétrole a baissé, la crise est passée par là

Deux raisons peuvent être avancées pour justifier des baisses aussi marquées pour l’attrait des ENR par rapport à 2014, selon les auteurs de l’étude. Tout d’abord, le prix du pétrole brut a chuté de 60 % depuis juin 2014. Il s’en est suivi une baisse conséquente du prix de l’essence à la pompe, ce qui a participé à ralentir le sentiment d’urgence à s’équiper en énergies renouvelables. Parallèlement, la hausse du prix de l’électricité a été limitée par le Gouvernement (+1,6% hors rattrapage tarifaire au lieu de 6,7% demandés) et le prix du gaz a quelque peu baissé en 2014, baisse qui devrait se poursuivre en 2015. Le climat est donc quelque peu différent en 2015 ! Cela est perceptible au niveau de notre facture : 86% de nos concitoyens estiment que le montant total de la facture énergétique est élevé, contre 91 % en 2014. 

Mais en y regardant de plus près, ce contexte énergétique peut constituer une aubaine pour la filière des énergies renouvelables. Comme l’a souligné Laurent Fabius le 21 janvier sur RTL, « Il y a deux interprétations : la pessimiste, qui dit que comme le prix baisse, il n’est pas nécessaire de développer d’autres énergies, explique le ministre des Affaires étrangères. Mais on peut aussi penser qu’avec les économies réalisées, on va pouvoir aller vers des énergies nouvelles ». En somme, investir les économies réalisées dans le développement des énergies renouvelables. Cette baisse du prix du pétrole pourrait être momentanée ou durer quelques années, mais cette évolution devrait avoir un impact important sur le développement des énergies renouvelables chez les ménages. 

Quelles sont les ENR chez les français ?

Pour le moment, la conséquence de cette baisse relative d’attrait pour les énergies renouvelables est que le désir de travaux perd du terrain. Les équipements utilisant des énergies renouvelables demeurent stables chez les Français : 27 % sont équipés d’un appareil de chauffage au bois (insert, poêle et/ou chaudière), 12 % d’une pompe à chaleur, 7 % de panneaux photovoltaïques et 6 % de solaire thermique (chauffe-eau et/ou système combiné). 35 % des Français disposent d’au moins un de ces équipements dans leur résidence principale, mais 21 % des Français envisagent de s’équiper d’au moins un de ces dispositifs à l’avenir.

Il est intéressant de noter que parmi ceux qui montrent leur désir d’investir dans un équipement, 21 % à 42 % ont l’intention de s’équiper d’au moins appareil dans moins d’un an. Mais entre 22 % et 38 % ont l’intention de le faire dans environ 1 à 2 ans et entre 30 % et 38 % dans plus de 2 ans. Cette latence s’expliquerait par l’investissement important que ces travaux représentent. Dans un contexte de baisse de prix du pétrole et du fioul, ces travaux semblent moins rentables. Ainsi, les Français préfèrent en partie repousser les travaux, ce qui leur permettra d’étudier plus en détail l’évolution de leur facture énergétique dans les années à venir. Ils pourront ainsi se convaincre de l’intérêt ou non d’investir dans les énergies renouvelables. S’il y a une forme d’attente, « cela n’attaque pas la dynamique de fond de l’intérêt pour les énergies renouvelables », insiste Frédéric Micheau.

Cette dynamique pourrait encore s’amplifier. En effet, seulement un Français sur deux sait qu’il peut bénéficier de certaines aides publiques (éco-prêt à taux zéro, crédit d’impôt pour la transition énergétique de 30% …) si les travaux sont réalisés par des professionnels qualifiés de RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). De plus, des aides de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) pour les ménages modestes (46 % des Français) permettent aujourd’hui de financer jusqu’à 50 % du montant total des travaux. Il s’agit là d’aides non négligeables qui sauront certainement attirer l’intérêt des Français ! 

Aller plus loin : 

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Automobile: la première station-service d’hydrogène de France inaugurée à Saint-Lô

« Alors que la transition énergétique est en marche (…) nous sommes intimement persuadés que l’hydrogène va prendre de plus en plus de place. A terme, ce sera très certainement une énergie de substitution aux énergies fossiles (…). Nous avons décidé d’être en avance », a déclaré le président du conseil général, l’ancien sénateur UMP Jean-François Le Grand.

L’hydrogène produit une énergie qui alimente le moteur en électricité, sans produire ni particules ni gaz à effet de serre, a précisé le directeur général « nouveaux marchés » d’Air liquide, Xavier Pontone.

Selon lui, jusqu’alors seuls quatre véhicules fonctionnaient à l’hydrogène en France avec des stations situées dans le Territoire de Belfort, à Sassenage près de Grenoble et à Loges-en-Josas en région parisienne. Un parc de 25 véhicules est en projet entre Lyon et Grenoble.

Quant au coût du km, « l’hydrogène est un peu plus cher » qu’un véhicule classique, soit 50 euros les 600 km selon Air Liquide.

Le conseil général de la Manche compte porter sa flotte à 10 véhicules d’ici fin juin, et à 40 à terme.

A l’horizon 2016 une station doit ouvrir à Cherbourg afin d’alimenter 5 bus à hydrogène. D’autres projets sont en cours dans le cadre de partenariats avec La Poste, des laiteries pour la collecte de lait ou DCNS pour un bateau de pêche à hydrogène.

En attendant, « c’est génial » de conduire ces véhicules, assure Ralph Lucas, responsable du parc routier départemental qui conduit une voiture à hydrogène depuis plus d’une semaine. « C’est comme une voiture avec une boîte automatique sauf que ça fait pas de bruit. Ca permet une conduite linéaire », explique M. Lucas.

Et pour faire le plein c’est aussi simple qu’avec une voiture classique, assure-t-il démonstration à l’appui, alors que pour un véhicule tout électrique il faut plusieurs heures pour recharger la pile, ajoute M. Pontone.

Les véhicules de la Manche ont près de 200 km d’autonomie. « Vous pouvez aller à Caen avec (à 60 km de Saint-Lô) à condition de rester à 90 km/h sur l’autoroute. Il faut garder une vitesse régulière sinon la pile se décharge trop vite », a précisé M. Lucas.

La station a coûté 400.000 euros et chaque véhicule 30.000 euros au conseil général qui négocie actuellement le montant de ses aides avec Bruxelles.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2015 Agence France-Presse. »

L’élaboration d’une stratégie pour être récompensé repérée dans le cerveau

Chez tous les primates, dont les humains, les fonctions de planifications sont traditionnellement imputées au lobe frontal, rappellent les chercheurs.

L’amygdale cérébrale, située dans le lobe temporal, est pour sa part une zone du cerveau jouant un rôle dans les émotions, comme l’anxiété et la colère. Son rôle dans la réaction aux récompenses est également connu.

Cette étude, menée par des chercheurs en Grande-Bretagne et en Hongrie et publiée sur le site Nature Neuroscience, montre qu’au-delà des réactions primaires, l’amygdale est également impliquée dans la démarche de planification à long terme pour recevoir une récompense.

Pour mener cette étude, Fabian Grabenhorst, de l’Université de Cambridge, et ses collègues, ont fait passer des épreuves à deux singes avec, à chaque étape, pour gratification un jus de fruit.

A chaque tour, les animaux pouvaient soit consommer de suite leur récompense, soit choisir de la garder pour plus tard, avec la possibilité d’y ajouter en prime des intérêts, c’est à dire plus de jus de fruit, au fur et à mesure de l’avancée du test.

Quand les singes choisissaient d’épargner, l’enregistrement de l’activité des neurones de l’amygdale a montré des schémas reflétant le nombre d’étapes durant lesquels les primates comptaient épargner pour augmenter leur récompense, avant même qu’ils aient mis leur plan en action.

« Nous parlons +d’activité planifiée+ car cette activité précédait l’issue de la séquence d’épargne de plusieurs étapes et car elle se réfère à un événement futur déterminé personnellement par l’animal et qui n’existait encore qu’intérieurement », souligne l’étude.

Avant l’expérience, les deux animaux ont été entraînés durant 3 à 4 mois pour savoir répondre aux tests, et on a implanté des électrodes dans leur cerveau pour observer les neurones de l’amygdale. A l’issue des tests ils ont été euthanasiés et disséqués.

Les scientifiques soulignent que cette étude mêlant la neurophysiologie et le contrôle interne pourrait aider à découvrir les autres zones du cerveau dédiées à la planification d’une stratégie pour obtenir une récompense dans le cerveau.

« Ces schémas d’activité pourraient être utilisés par le lobe frontal pour traduire le but envisagé en plan d’action concret », indique M. Grabenhorst, interrogé par l’AFP.

Les fonctions de l’amygdale étant similaires à travers les espèces, « cela suggère que nos découvertes peuvent faire avancer notre compréhension de la fonction de l’amygdale dans l’activité de planification chez l’humain ».

Cela permettrait « d’ouvrir de nouvelles voies pour comprendre la fonction de l’amygdale dans les maladies comme la dépression, l’addiction et autres dérèglements de la poursuite de récompenses », ajoute-t-il.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2015 Agence France-Presse. »

Le potentiel des énergies renouvelables est sous-utilisé en Europe

Les chefs de groupe sont parmi les moins actifs au Parlement européen L’Europe est passée à côté d’économie substantielles en ne développant pas assez les énergies renouvelables adaptées à chaque pays. Selon un rapport de la plateforme « Avenir de l’électricité » du Forum économique mondial, ce sont 86 milliards d’euros que le continent a laissé filer, faute d’avoir davantage misé intelligemment sur les énergies renouvelables.

Le rapport, écrit avec le cabinet de conseil Bain, précise que 34,5 milliards d’euros supplémentaires auraient pu être économisés grâce à une meilleure coordination transfrontalière et de plus importants câbles d’alimentation entre les États.

Déploiement sous-optimal

Selon ses auteurs, même si l’Espagne reçoit environ 65 % d’énergie photovoltaïque de plus que l’Allemagne (1750 kWh/m2 par an en Espagne, comparé aux 1050 kWh/m2 de l’Allemagne), cette dernière a installé environ 600 %  plus d’installations photovoltaïques solaires que l’Espagne (33 gigawatts en Allemagne, 5 en Espagne).

Pourtant, alors qu’il y a moins de vent en Espagne que dans les pays du nord du continent, l’Espagne a mis sur pied des installations éoliennes permettant de produire 23 GW.

« Ce genre de déploiement sous-optimal des ressources a coûté environ 86 milliards d’euros de plus que si chaque pays de l’UE avait investi dans les installations les plus efficaces et adaptées à ses sources d’énergies renouvelables », peut-on lire dans le rapport.

Création d’une surcapacité

En revanche, l’investissement massif dans les énergies renouvelables a créé une très importante surcapacité de production en Europe, ce qui réduit la rentabilité de ces installations.

En cinq ans, 130 GW de capacité de production d’énergies renouvelables et 78 GW de capacité de production conventionnelle ont été ajoutés au réseau européen. Seuls 44 GW de capacité de production conventionnelle ont été éliminés.

Dans le même temps, la croissance de la demande d’électricité en Europe s’est écroulée à 0 % sur la période 2007-2012. Depuis les années 1970, le taux de croissance annuel de la demande était de 2,7 %.

La rentabilité économique de ces installations a dégringolé, perdant 4,8 points pour se stabiliser aux environs de 6 %. Si les États-Unis ont vécu la même baisse de la demande, la suppression de vieilles centrales a été davantage calquée sur l’émergence des renouvelables. Les installations américaines ont donc su préserver leurs marges de profits.

Marché de capacité

Le rapport va dans le sens des industries, qui souhaitent voir l’instauration d’un système rémunérant les installations qui gèlent les capacités de production, tout en admettant qu’« un consensus fort n’existait pas encore quant aux meilleurs mécanismes en termes de fiabilité et de flexibilité ».

En Allemagne, les entreprises, comme RWE ou E.ON veulent absolument que le gouvernement les aide à créer un « marché de capacité » afin de financer la production des centrales au gaz et au charbon, qui ne sont plus rentables. Selon elles, un marché de capacité permettrait d’améliorer la sécurité d’approvisionnement. La chancelière allemande, Angela Merkel, a cependant déclaré en janvier ne pas être favorable à cette idée.

 

Source : EurActiv.com / Reuters (traduit de l’anglais parManon Flausch)

La ratatouille, plus cancérigène que la cigarette ?

La ratatouille, plus cancérigène que la cigarette : voilà une affirmation qui pourrait faire bondir – à juste titre – l’ensemble du corps médical. C’est pourtant le même type de contre vérité qui a enflammé le Web ces derniers jours à propos du caractère cancérigène de la cigarette électronique.

Fin novembre, une dépêche inquiétante de l’AFP est reprise de manière encore plus alarmiste par de grands médias : la cigarette électronique serait dix fois plus cancérigène que la cigarette. TV, radios et grands journaux s’emballent, comme ce fut déjà le cas pour une étude décriée de l’Institut national de la consommation à la rentrée 2013.

L’information passée en boucle et jetant un lourd discrédit sur la cigarette électronique est en réalité totalement erronée car l’étude japonaise en question démontre au contraire que les cigarettes électroniques ont des taux de formol entre six et cinquante fois moins importants que ceux retrouvés dans la fumée du tabac excepté pour un cas – repris dans la dépêche – que le docteur Konstantinos Farsalinos, auteur de l’étude, ne s’explique toujours pas à ce stade des travaux.

En outre, les cigarettes traditionnelles contiennent de nombreux autres composants très cancérigènes comme les nitrosamines. Si on en trouve des traces insignifiantes dans les cigarettes électroniques, les quantités sont très importantes dans les cigarettes conventionnelles, de 13 nano-grammes par millilitre pour les premières à près de 6 300 pour les secondes.

Le traitement de cette actualité dans les médias est inquiétant et pose question sur la pente dangereuse prise par une presse à la recherche incessante du « buzz » au mépris de l’investigation et de la vérification de la véracité des informations. Cette course à l’actualité est d’autant plus grave qu’il s’agit de grands journaux, radios et télévisions.

Dans cet épisode médiatique, c’est paradoxalement un quotidien gratuit (Metronews) qui a mené dès le lendemain un travail d’investigation plus poussé permettant de nuancer largement l’information de la veille.

Le retentissement médiatique sur cette étude n’est pas sans rappeler les actions de Big Tobacco qui a parfaitement su orchestrer depuis les années 50 des campagnes de désinformation sur la cigarette. Si on ne peut rien affirmer sur ce buzz, il est clair que la cigarette classique ressort gagnante de cette campagne, tout particulièrement chez les jeunes.

Dans les années 90 déjà, certains cigarettiers prétendaient que côtoyer un fumeur n’était pas plus dangereux que de boire un verre de lait et avaient réussi auparavant à discréditer des études scientifiques qui avaient dès les années 50 clairement prouvé le lien entre cigarette et cancer du poumon.

Alors, la ratatouille est-elle plus cancérigène que la cigarette ? Un chercheur n’aurait aucune difficulté à trouver des particules cancérigènes dans la ratatouille car certains ingrédients comme le thym et le romarin en contiennent et que toute cuisson engendre nécessairement la formation de particules cancérigènes. Il pourrait même avoir le vice de trouver une substance cancérigène plus présente dans la ratatouille que dans la cigarette. Big Tobacco à bien réussi a prouver que la cigarette jouait un rôle préventif contre la maladie de Parkinson.

Bien évidemment, les taux seraient insignifiants mais suffisants pour faire une désinformation orchestrée et largement médiatisée dans un contexte de recherche du sensationnel. Pourtant, la ratatouille n’a jamais tué personne alors que la cigarette, elle, en tue 70 000 par an, rien qu’en France…

Par Pierre-Marie Chapon

Le débat s’ouvre sur la qualité de l’air au Parlement européen

La directive sur les plafonds d’émission nationaux (PEN) fixe des limites d’émissions de certains polluants par États. Elle faisait partie de la série de projets que Frans Timmermans comptait abandonner afin de resserrer le programme de travail de la Commission pour l’année 2015 autour d’un nombre réduit de priorités.

Frans Timmermans a finalement décidé de ne pas supprimer la directive PEN. La directive sur le plafond d’émission national sera néanmoins modifiée afin d’avoir plus de chances d’être approuvée par le Conseil des ministres et le Parlement, a déclaré Frans Timmermans en décembre.  Il a également promis que le calendrier législatif serait respecté.

Le débat de la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie du 21 janvier est le premier signe de la reprise normale du calendrier législatif. Adam Gierek, eurodéputé S&D, se fondera sur ce débat pour rédiger une opinion, que l’eurodéputée en responsable du dossier, Julie Girling (CRE), pourra suivre ou non librement.

Une indication de la position du Parlement

Pour l’heure, les différents groupes politiques restent très divisés sur la proposition de directive. Henna Virkkunen, eurodéputée finlandaise du PPE, estime qu’il n’était pas nécessaire de garder le texte. « Je trouve que l’idée de départ de la Commission était meilleure. La directive aurait dû être abandonnée et nous nous serions penchés ensemble sur la manière d’harmoniser 23 textes législatifs [environnementaux] différents. Nous devons nous assurer que cette directive ne crée pas davantage d’entraves pour l’industrie, elle en a déjà assez comme ça », ajoute-t-elle.

Adam Gierek a supprimé un plafond d’émissions non-contraignant pour 2025 de son projet d’opinion. Ce plafond avait plusieurs niveaux, en fonction du polluant et de l’État membre.

La proposition de la Commission comprenait, elle, des objectifs pour 2030 et des objectifs intermédiaires contraignants à mi-parcours. Ces délais étaient une version allégée de la proposition initiale, qui prévoyait la réalisation des objectifs pour 2025, une date déjà reportée par l’ancienne Commission.

Pour Louise Duprez, responsable de politiques liées à la pollution atmosphérique au Bureau européen de l’environnement, « puisque l’engagement environnemental de la nouvelle Commission est pour le moins discutable, il revient aux eurodéputés et aux États membres de montrer leur détermination et leur volonté d’offrir de l’air propre aux citoyens européens. Il est essentiel de fixer des objectifs contraignants pour 2020 ou 2025 si l’on veut atteindre notre objectif pour 2030. »

Michèle Rivasi, eurodéputée française des Verts, soutient également une obligation à mi-parcours. « Cette directive doit être plus ambitieuse », tranche-t-elle. « 2030, c’est bien trop tard. Nous devrions viser des plafonds irréalisables aujourd’hui [parce que la technologie de 2020 nous permettra de les atteindre]. »

Un avis que tous ne partagent pas : des objectifs contraignants pour 2025 pourraient pousser le Conseil à rejeter la proposition, prévient pour sa part Henna Virkkunen.

Inclusion de l’agriculture

L’opinion d’Adam Gierek souligne également que les émissions d’ammoniac et de méthane, générées par l’agriculture, ne devraient pas être comprises dans les règles sur la pollution de l’air.

« Nous devons inclure l’agriculture, et non l’exclure », contredit Michèle Rivasi, rejointe sur ce point par Dario Tamburrano : « laissez-moi vous rappeler que les vaches polluent plus que les Range Rovers, nous ne devrions pas l’oublier », a-t-il déclaré.

C’est la première fois que la Commission propose de limiter les émissions d’ammoniac et de méthane. Les défenseurs de la directive PEN s’attendent à voir le secteur agricole user de tout son poids pour tenter de supprimer cette partie du paquet.

Adam Gierek estime que l’instauration de plafond des émissions est obsolète, par exemple parce qu’il y a trop de voitures au diesel en Europe. Les représentants de la Commission ont affirmé qu’une proposition distincte sur le diesel était en préparation et serait « probablement bientôt présentée ».

Le rapport de Julie Girling, qui s’est battue pour sauver le projet de directive, est attendu pour mi-février. Frans Timmermans lui a annoncé que la directive PEN serait adaptée aux objectifs climat et énergie pour 2030 sur lesquels les dirigeants européens se sont mis d’accord en octobre.

Économie circulaire

Autre texte à l’agenda parlementaire, le paquet sur l’économie circulaire, que Frans Timmermans a décidé d’abandonner afin que la Commission fasse une nouvelle proposition sur les mêmes sujets d’ici fin 2015.

Le vice-président a promis que cette nouvelle proposition serait « plus ambitieuse », sans convaincre ses détracteurs, qui le soupçonnent d’utiliser l’excuse d’une « meilleure législation » pour défendre les intérêts des grandes entreprises.

Ces soupçons se sont cristallisés après les révélations d’EurActiv concernant une liste de projets à supprimer envoyée à Frans Timmermans par le lobby des entreprises, BusinessEurope. Les projets de loi visés concernaient avant tout l’environnement et l’égalité des sexes.

Comme le Parlement, le Conseil des ministres a indiqué son soutien au paquet sur l’économie circulaire.

Les parlementaires européens de la commission de l’environnement devraient d’ailleurs tenir dès le 22 janvier une audition sur l’abandon très controversé du paquet sur l’économie circulaire par la Commission européenne. Ce paquet législatif comprenait des lois sur les déchets, l’incinération et le recyclage.

Lors d’une réunion de la commission de l’environnement, le 21 janvier, il est apparu que nombre d’eurodéputés déploraient cette décision. Cette constatation ne suffira toutefois pas à faire changer d’avis Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, surtout après que le Parlement a échoué à faire passer une résolution censée sauver le paquet sur l’économie circulaire la semaine dernière.

PROCHAINES ÉTAPES: 

  • 21 janvier 2015 : Réunion de la commission de l’environnement.

  • Février 2015 : Date prévue pour la publication du rapport de l’eurodéputée Julie Girling sur la directive PEN.

 

Source : EurActiv.com / James Crisp (traduit de l’anglais parManon Flausch)
 

 

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Visualiser les champs magnétiques, en temps réel

Les capteurs magnétiques se font discrets, mais ils se retrouvent absolument partout – de la machine à laver pour détecter la position relative du tambour, aux phares d’une voiture, afin d’ajuster l’angle de ces derniers. Pour s’assurer que ces capteurs soient fiables et fonctionnent correctement, la procédure de contrôle était jusqu’ici assez fastidieuse et relativement onéreuse. C’est dans ce contexte qu’une équipe de chercheurs du prestigieux institut Fraunhofer pour les circuits intégrés a mis au point une caméra capable de mesurer et de visualiser les champs magnétiques en temps réel, permettant de repérer rapidement les aimants défectueux. Ce test magnétique peut-être facilement intégré à une chaîne de production industrielle, par exemple au niveau d’un tapis roulant.

« N’imaginer pas cet appareil comme une caméra, mais plutôt comme une assiette avec une rangée de capteurs magnétiques », explique Klaus Dieter, en charge du projet. Le cœur du dispositif est composé d’un capteur à effet Hall baptisé « HallinOne® », créé au sein même de l’institut allemand. Ce capteur permet de détecter tout champ magnétique présent sur les trois axes, résolvant ainsi certains problèmes de mesure liés aux capteurs angulaires ou aux capteurs de position.

Il devient alors possible de mesurer la force et la direction d’un champ magnétique sur 32 positions espacées de 2,5 millimètres, à huit centimètres de distance. Le dispositif vidéo haute-résolution effectue une mesure en un millième de seconde, ce qui, vous l’aurez compris, permet d’avoir 1000 images par seconde. Un prototype a été présenté en exclusivité au salon de l’électronique de Munich, qui a eu lieu du 11 au 14 novembre.

Par Moonzur Rahman