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Transformer le plastique en mer en carburant pour les bateaux

Posté le par Léna HESPEL dans Matériaux, Biotech & chimie

Nettoyer les îlots de plastiques présents dans l’océan serait gourmand en énergie et en carburant, si des bateaux étaient envoyés pour les collecter et les ramener au port, pour ensuite les éliminer. Pourquoi pas, plutôt que de ramener ces déchets au port, les convertir sur place en carburant ? C’est à cette idée que s’est intéressé un groupe de chercheurs aux Etats-Unis.

Les déchets plastiques qui s’accumulent dans les océans du monde, à raison de 4,8 millions à 12,7 millions de tonnes par an, forment d’énormes « îlots de plastique ». Le retrait du plastique offre une opportunité de restaurer nos océans : la collecte et l’élimination des plastiques océaniques peuvent atténuer leurs impacts environnementaux. Cependant, un nettoyage qui repose sur le retour des plastiques au port serait gourmand en carburant et en temps.

Le plastique, issu du pétrole, ne pourrait-il pas être converti en carburant, directement en pleine mer et utilisable par les bateaux ? Aux Etats-Unis, des scientifiques du Worcester Polytechnic Institute, de la Woods Hole Oceanographic Institution et de l’université de Harvard, se sont penchés sur cette question et ont publié leurs résultats dans la revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences) en novembre 2021.  La méthode proposée par les chercheurs permettrait de réduire, voire de compenser, la consommation de pétrole nécessaire à l’opération de nettoyage, tout en réduisant le nombre de fois où le navire doit retourner au port pour décharger et faire le plein.

Jusqu’à 11 500 tonnes de plastique éliminées chaque année

Les chercheurs pensent que ce plastique peut être converti en carburant en utilisant la liquéfaction hydrothermale. Cela implique que le matériau soit décomposé en polymères constitutifs à des températures modérées et sous hautes pressions. Leur travail montre que cette technique devrait être en mesure de fournir l’énergie requise pour le nettoyage auto-alimenté, à condition que des concentrations en plastique de surface supérieures à 12 % en volume soient disponibles. Les temps de nettoyage estimés dépendent de la vitesse à laquelle le plastique s’accumule dans les barrages de collecte, ces temps de nettoyage diminuant avec le nombre de barrages déployés. Ils estiment qu’économiquement l’utilisation de la liquéfaction hydrothermale représente un coût supplémentaire modeste.

Entre 230 et 11 500 tonnes de plastique pourraient être éliminées chaque année du vortex de déchets du Pacifique nord (communément appelé « le continent de plastique »). L’équipe de recherche pense que suffisamment de carburant pourrait être créé à partir du plastique pour soutenir le processus de conversion, alimenter le navire et même stocker un excès.

La combustion du carburant créé générerait des émissions de carbone, mais elles seraient nettement inférieures aux émissions associées à un navire traditionnel collectant le plastique et le renvoyant au port pour recyclage. Les auteurs rappellent évidemment que la réduction de l’utilisation du plastique, l’amélioration de la recyclabilité des plastiques ou l’augmentation de la biodégradabilité des plastiques restent les éléments clés de lutte contre la pollution du plastique en mer.

Cette analyse s’est concentrée sur une méthode de conversion, la liquéfaction hydrothermale, en tant que méthode technologiquement déployable et adaptée à la conversion plastique. Mais les résultats pourraient être étendus à d’autres méthodes de conversion.

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Posté le par Léna HESPEL


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