La filière française de la chimie est abandonnée à des fonds d’investissement étrangers « destructeurs », ont déploré mardi des élus LFI et représentants syndicaux de la « vallée de la chimie », une zone au sud de Lyon spécialisée dans cette industrie.
Une réunion publique s’est tenue à Saint-Fons (Rhône), à l’invitation de son maire insoumis Hadi Mebarki, pour faire le point sur la crise du secteur, victime d’un énième coup dur avec la mise sur le carreau de nombreux salariés de Polytechnyl.
L’entreprise, qui produisait des plastiques techniques à Saint-Fons et à Valence (Drôme), vient d’être rachetée par le fonds d’investissement américain Lone Star qui ne gardera que 72 de ses 550 salariés, et aucun outil de production.
L’ensemble des participants à cette réunion dit ne pas comprendre pas pourquoi l’État, qui affirme vouloir réindustrialiser la France, ne semble pas se préoccuper de leur filière.
« On sacrifie des emplois sur l’autel de la finance », a résumé Didier Chaix, délégué syndical central CGT de Kem One, entreprise voisine de Polytechnyl spécialisée dans le PVC, reprise fin 2021 par un autre fonds américain, le géant Apollo, et qui a vu depuis sa dette s’enliser, selon les syndicats.
« Ces fonds prédateurs sont là pour détruire les entreprises », a estimé la députée LFI Aurélie Trouvé, rapporteuse d’une commission d’enquête sur les dommages des fonds spéculatifs sur l’industrie française.
Lorsque considérées comme plus assez rentables, « on leur vend pour qu’ils fassent le sale boulot », a-t-elle appuyé, ajoutant qu’elle allait prochainement se rendre à Bercy pour réaliser un contrôle sur le dossier Lone Star/Polytechnyl.
Née dans les années 1850 le long du Rhône, la vallée de la chimie compte aujourd’hui 500 entreprises qui font vivre quelque 15.000 personnes.
Au sein de Symbio, fabricant de piles à hydrogène pour les transports, l’heure est aussi à l’inquiétude.
L’entreprise, dont l’usine a été inaugurée fin 2023, avait reçu des centaines de millions d’euros de subventions. Mais le retrait d’un de ses trois actionnaires, Stellantis, a précipité Symbio dans un plan social, qui prévoit la suppression de 350 postes sur plus de 500.
« Nos actionnaires veulent du rentable sur le court terme. Et en vous écoutant, on a peur qu’un fonds finisse par vouloir mettre la main sur nous… », a confié Stéphane Covarel de la CFDT à ses confrères syndicalistes autour de lui.
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