L’International Space University (ISU), université dédiée à l’enseignement spatial basée depuis plus de 30 ans à Illkirch-Graffenstaden en Alsace, a été mise en liquidation pour cause de difficultés financières, a-t-on appris jeudi de la mairie.
« Il n’y avait plus d’argent dans la caisse. L’ISU n’avait plus les moyens de payer ses factures, de payer les enseignants, les loyers etc… Donc le tribunal a annoncé une liquidation », a indiqué à l’AFP Guillaume Clément, collaborateur de Thibaud Philipps, maire de cette ville du sud de Strasbourg et vice-président de l’Eurométropole de Strasbourg.
Cette dernière, propriétaire du campus, se retrouve avec une ardoise d’impayés de quelque 96.000 euros, a-t-il précisé, ajoutant que la décision du tribunal judiciaire de Strasbourg remontait au 7 juillet.
Deux offres de reprises avaient été présentées, dont l’une par des salariés, mais le tribunal ne les a pas jugées viables.
La vingtaine de salariés concernés va être licenciée, et les étudiants inscrits pour des cours d’été sont dans l’attente de savoir si leurs frais d’inscription seront remboursés.
Depuis plusieurs mois, les rumeurs de difficultés de trésorerie bruissaient.
Dans une interview vidéo au média spécialisé SpaceWatch.Global, son ancien président Johan Wensveen avait souligné fin mars que l’ISU était confrontée à la situation financière « la plus critique » qu’elle ait connue depuis sa création, crise qu’il attribuait notamment à la suppression de subventions.
Dans un récent message sur LinkedIn, un professeur associé, Bertrand Goldman, a lui regretté « des décisions managériales et financières opaques et imprudentes (…) qui ont conduit à l’insolvabilité » et déçu toute la communauté de l’ISU.
Etablissement privé à but non lucratif, l’ISU était financé par des sponsors (Nasa, Agence spatiale européenne, industriels) et les frais d’inscription de ses étudiants.
Fondé en 1987 à Boston (Etats-Unis), l’établissement avait ensuite installé son campus central en 1995 à Illkirch. Il dispensait une formation multidisciplinaire (scientifique, juridique, économique…) en complément aux programmes traditionnels concernés par l’activité spatiale.
L’institution, qui avait aussi des antennes aux États-Unis et en Asie, revendique un réseau de 6.000 anciens élèves, astronautes, entrepreneurs, cadres d’organisations spatiales nationales ou internationales.
La Suédo-Américaine Jessica Meir compte parmi ses anciens élèves, de même que la Française Sophie Adenot. Toutes deux font actuellement partie de l’équipage de la station spatiale internationale (ISS).
L’Eurométropole de Strasbourg réfléchit désormais à l’avenir du site, qui pourrait être proposé à d’autres structures de formation, a précisé M. Clément.
Des initiatives privées, autour de fondateurs, professeurs et anciens élèves, ont par ailleurs été lancées pour tenter de conserver les activités de l’ISU.
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