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Hydrogène vert: près de Belfort, une nouvelle génération d’électrolyseur

Posté le par AFP

L’entreprise belge John Cockerill Hydrogen a présenté vendredi près de Belfort son premier électrolyseur fabriqué en France, un mastodonte de 30 tonnes permettant de produire de l’hydrogène décarboné à partir d’eau.

A terme, la direction de cette usine flambant neuve – rachetée l’an dernier à la start-up en difficulté McPhy et qui emploie une trentaine de salariés à Foussemagne (Territoire-de-Belfort) – espère fabriquer chaque année 200 appareils de ce type, à destination des « gros marchés industriels » que sont les raffineries ou la pétrochimie, a précisé Nicolas de Coignac, le directeur général.

L’hydrogène est dit « vert » quand il est produit à partir d’électricité issue des énergies renouvelables: sous l’effet du courant, l’électrolyseur sépare les atomes de l’eau (hydrogène et oxygène), permettant la production d’hydrogène.

Ce procédé sert à décarboner des secteurs fortement émetteurs, les raffineries, la production d’ammoniac pour les engrais ou la mobilité routière, mais aussi la sidérurgie, le transport aérien ou maritime. Un enjeu d’importance, alors que 100 millions de tonnes d’hydrogène sont consommées chaque année dans le monde, dont 99% génèrent des émissions de gaz à effet de serre – ce qui représentent 2% des émissions mondiales.

Le nouveau « stack » (le coeur de l’électrolyseur) fabriqué près de Belfort va subir une série de tests en Allemagne avant sa commercialisation espérée en fin d’année.

Conçu avec des cellules en polymères, cet énorme cylindre de sept mètres de long, deux mètres de diamètre et cinq mégawatts de puissance, est moins sensible à la corrosion et a donc une durée de vie plus longue que des modèles métalliques précédents, et coûte 10 à 15% moins cher, selon M. de Coignac.

L’entreprise, qui a notamment décroché un important contrat en Inde, fin 2024, dispose de « 800 mégawatts de carnets de commande », a ajouté le dirigeant.

En cours de consolidation, la filière de l’hydrogène obtenu par électrolyse a vu sa capacité installée « plus que doubler en 2025 », et a besoin d’une accélération de la demande, observe Mikaa Blugeon-Mered, chercheur en géopolitique de l’hydrogène à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Le secteur connaît une « vraie accélération » en Chine, qui consomme 30% de l’hydrogène mondial (contre 7% en Europe), selon cet expert. La filière y a été intégrée au 15e plan quinquennal comme l’une des six « technologies piliers », et les achats d’électrolyseurs y ont plus que quadruplé entre 2024 et 2025, détaille M. Blugeon-Mered.

En revanche, les perspectives sont plus poussives en Europe, du fait de négociations réglementaires qui traînent ou de difficultés à transcrire dans les législations nationales certaines directives européennes – comme celle qui impose d’utiliser de l’hydrogène électrolytique dans les carburants aérien et maritime, toujours pas en vigueur en France.

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