Les passages aux urgences ont légèrement augmenté dans l’Hexagone ces derniers jours, à l’entame d’une troisième canicule suivant de peu l’exceptionnel épisode de fin juin et en train de s’intensifier, a prévenu vendredi le directeur général de la Santé.
« Au niveau national, les indicateurs d’activité hospitalière et le volume d’appels au Samu sont en légère hausse en cette fin de semaine et de premiers signaux d’impact sont perceptibles localement », a prévenu Didier Lepelletier, à la tête de la Direction générale de la santé (DGS), à l’issue d’une réunion de crise interministérielle au ministère de l’Intérieur.
« Le nombre de passages aux urgences est également en légère augmentation », comparé à son niveau d’un mois plus tôt, a-t-il rapporté, évoquant aussi « une légère augmentation pour les consultations SOS médecins liées à la chaleur ».
Une troisième canicule, amenée à durer au moins jusqu’en milieu de semaine prochaine, gagne du terrain à travers la France, à peine sortie d’un épisode exceptionnel par son intensité et sa durée fin juin alors que l’accélération des chaleurs extrêmes est une conséquence sans équivoque du réchauffement climatique.
Le bilan humain de l’épisode de juin n’est pas encore certain, mais les premières données officielles, fournies par l’agence Santé publique France, évoquent une hausse de la mortalité comprise entre 30% et 35%, selon les données utilisées.
Au moins 2.000 décès en excès ont été recensés lors de la canicule de fin juin, principalement chez des personnes âgées, selon l’agence. Mais ce bilan est probablement amené à s’alourdir, les données étant pour l’heure parcellaires et les effets de la canicule mettant parfois des jours à se faire sentir sur l’organisme.
Dans des données publiées mercredi, utilisant les certificats de décès électroniques, Santé publique France a rapporté que la mortalité avait baissé dans les jours suivant la canicule de juin mais était restée supérieure à la normale, soulignant que les effets sanitaires ne se limitent pas aux seuls pics de chaleur.
Pendant le premier épisode caniculaire précoce, fin mai, plus court et moins intense que celui de juin, l’agence sanitaire a évoqué une surmortalité d’environ 300 décès, chiffre lui aussi jugé sous-estimé.
A l’entame de la nouvelle canicule, le gouvernement a, par ailleurs, annoncé le lancement d’un inédit « plan Orsec chaleurs extrêmes » dans les départements placés par Météo-France en vigilance rouge canicule, qui seront 24 samedi.
« On a aujourd’hui un petit peu plus d’appels aux urgences et d’appels au SAMU », a confirmé la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lors d’un déplacement dans un établissement à Limoges.
« Mais, de la même façon que lors de la deuxième vague de chaleur, les établissements sont très mobilisés », a-t-elle assuré. « Ici, il y a des soignants qui ont même expérimenté et mis en place des mesures très intéressantes pour prendre en charge les patients plus directement, pour qu’ils restent moins de temps aux urgences, pour que le transport se passe mieux entre établissements. »
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