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Japon: dans une industrie automobile sous pression, Nissan mise sur sa restructuration

Posté le par AFP

Virage raté dans l’électrique, droits de douane américains, et désormais conflit au Moyen-Orient: les constructeurs automobiles japonais sont sous pression, notamment Nissan, en pleine restructuration et qui dévoile mercredi ses résultats annuels.

Déjà, le géant Toyota, numéro un mondial, a annoncé vendredi avoir vu son bénéfice net plonger de 19,2% en 2025-2026 face aux taxes douanières américaines.

Nissan, lui, prévoit pour l’exercice 2025-2026 achevé fin mars une perte nette massive de 550 milliards de yens (3 milliards d’euros), après une perte déjà colossale équivalant à 4,1 milliards d’euros sur l’exercice précédent.

Il anticipe aussi un bénéfice d’exploitation tout juste positif, pour un chiffre d’affaires stable à 12.000 milliards de yens (65 milliards d’euros).

Déficitaire et miné par l’essoufflement des ventes, après avoir échoué à suivre la transition vers les véhicules électriques et hybrides, Nissan a entamé fin 2024 de douloureux efforts de redressement: réduction du nombre d’usines, 20.000 suppressions de postes d’ici 2028.

Mais « ses principaux défis sont le déclin de la compétitivité de ses produits en Amérique du Nord, la chute rapide des ventes en Chine, l’atteinte à son image de marque. Ces difficultés ne peuvent être surmontées à court terme », indique à l’AFP Tatsuo Yoshida, analyste de Bloomberg Intelligence.

Le groupe pâtit aussi des surtaxes douanières imposées par les Etats-Unis aux voitures importées depuis le Japon (25% entre avril et septembre 2025, droits plafonnés à 15% depuis).

– Ambition en Chine –

Certes, Nissan poursuit son redressement: il a dévoilé mi-avril une refonte de sa gamme vieillissante, réduisant son nombre de modèles de 56 à 45 et concentrant 80% de sa production sur trois grandes « familles » de véhicules construits sur des plateformes mutualisées.

Des efforts de standardisation déjà entrepris par ses concurrents.

Surtout, il entend doubler ses ventes aux Etats-Unis à 1 million de véhicules par an d’ici 2030, en misant sur les larges SUV et en adaptant son offre après le revirement de Washington sur le soutien aux véhicules électriques.

« Le marché est très fluide (…) nous ne pouvons pas décider à la place du client ni des changements soudains de politique gouvernementale », et Nissan préfère « la flexibilité » en « continuant à investir dans des moteurs thermiques compétitifs », expliquait mi-avril à la presse Ivan Espinosa, nommé PDG il y a un an.

L’entreprise vise aussi un million de véhicules vendus annuellement en Chine d’ici 2030, contre 660.000 sur l’exercice écoulé, sur un marché pourtant dominé par l’électrique et saturé de constructeurs chinois se livrant une guerre des prix.

L’idée est de s’adapter localement selon les régions du pays -et dans le même temps d’exporter à partir des usines chinoises vers l’Asie du sud-est, l’Amérique du sud, le Moyen-Orient.

« Ses objectifs paraissent réalisables au Japon et aux États-Unis, à condition d’introduire sans heurts des véhicules compétitifs, notamment hybrides, et que le marché ne subisse pas d’effondrement significatif », juge M. Yoshida.

« Mais en Chine, vu les changements radicaux de structure du marché, les préférences des consommateurs et la concurrence féroce, ce ne sera pas chose aisée ».

– Revers historique pour Honda –

De son côté, Honda, numéro deux japonais, dévoilera jeudi ses résultats. Ses ratés dans l’électrique lui ont coûté cher: il prévoit d’annoncer sa première perte d’exploitation annuelle depuis son introduction en Bourse en 1957.

Un revers notamment dû à ses difficultés aux Etats-Unis, où il a récemment annulé le lancement de trois modèles de véhicules électriques, en raison d’une demande américaine bien moindre qu’attendu, entraînant des dépréciations d’actifs.

Et de façon générale, l’horizon reste assombri pour les constructeurs nippons par le conflit au Moyen-Orient, qui renchérit les matières premières et coûts du transport, tout en bouleversant les chaînes d’approvisionnement.

Ces perturbations commencent à créer des ralentissements dans l’automobile japonaise, notamment pour les équipementiers: selon Bloomberg, les constructeurs automobiles nippons dépendant du Moyen-Orient pour environ 70% de leur approvisionnement en aluminium.

« A l’heure actuelle, le risque d’arrêts de production ne s’est pas concrétisé. L’impact se traduira probablement par une pression sur les bénéfices due à la hausse des prix des matières premières et des coûts logistiques », constate l’analyste Tatsuo Yoshida. « Le risque est inévitable ».

Toyota en a déjà tiré les conclusions en prévoyant un nouveau plongeon (-22%) de son résultat net pour l’exercice 2026-2027.

tmo-jug/abx

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