Le projet de serre tropicale « Tropicalia » sur la Côte d’Opale (Pas-de-Calais), présentée comme « la plus grande du monde » et contestée par des associations écologistes, a été abandonné a indiqué l’entreprise à l’AFP, confirmant une information du Réveil de Berck.
« Les conditions permettant de faire le projet sur le terrain (…) ne sont plus remplies », a détaillé Tropicalia à l’AFP, évoquant des « aides » que l’entreprise n’a finalement « pas pu avoir ».
Le projet avait été initié il y a une dizaine d’années par Cédric Guérin, vétérinaire et entrepreneur, pour permettre aux visiteurs de se promener au milieu de plantes et animaux exotiques.
Le coût total du projet était estimé à 100 millions d’euros dont sept étaient sécurisés, tout comme le soutien de la communauté d’agglomération, selon M. Guérin.
Mais des « engagements de financement d’un pays étranger qui n’ont pas été jusqu’au bout » et « l’absence d’accompagnement de la région » des Hauts-de-France ont scellé l’impossibilité de mener à bien le projet dans le Pas-de-Calais, précise son fondateur à l’AFP.
Cette vaste serre chauffée, qui devait être construite sur un terrain en friche situé entre les communes de Verton et Rang-du-Fliers, était vivement contestée par un collectif d’associations.
Artificialisation des sols, consommation d’énergie, animaux venus de loin : celles-ci dénonçaient un « non-sens écologique ».
« Nous sommes très heureux. On se doutait que (le projet) traînait la patte depuis quelques mois, mais on n’était pas assurés qu’il allait être abandonné », a réagi Catherine Zambon du collectif « Non à Tropicalia », qui compte une quarantaine d’associations selon elle.
Le terrain où devait être construite la serre côtoie en outre plusieurs sites classés, dont le marais de Balançon, à 1 km, ou encore des bocages et prairies humides protégés.
Prévu sur une parcelle de 9,3 hectares, le dôme transparent de 20.000 m2 et 30 mètres de haut devait abriter papillons, colibris, poissons, reptiles, ou encore « forêt d’arbres » exotiques.
Maintenue à 26-28°C, la serre devait être « autonome en chauffage », grâce à une « technologie innovante », avait assuré Cédric Guérin à l’AFP en 2020, contestant les accusations des associations.
D’après lui, le projet devait aussi générer une cinquantaine d’emplois directs et attirer, et quelque 500.000 visiteurs annuels.
Les travaux n’avaient pas encore commencé, le seul investissement fait étant le forage géothermique du site, selon l’entreprise, qui indique par ailleurs être à la recherche de repreneurs du concept pour le développer à l’étranger.
« L’idée est de ne pas perdre dix années de travail », précise M. Guérin, selon qui il existe « une vraie appétence pour ce type de projet » en Asie, où des « opportunités ont été identifiées » auprès d' »acteurs des parcs touristiques à la recherche de nouveautés ».
Tropicalia est aussi « un concept qui plaisait » dans la péninsule arabique, ajoute-t-il.
Plusieurs recours déposés par les associations « ont pu faire perdre du temps » à l’avancée du projet, estime Catherine Zambon de « Non à Tropicalia », reconnaissant que les facteurs extérieurs ont toutefois beaucoup joué.
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