Un projet de « rapprochement » entre le CNRS et l’IRD, prestigieux centre de recherche basé à Marseille et tourné vers l’international, suscite l’inquiétude des autorités locales, des chercheurs concernés et des syndicats.
En déplacement vendredi à Marseille, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot –dont le ministère partage la tutelle de l’Institut de recherche pour le développement (IRD)– a confirmé auprès de journalistes un « rapprochement » à l’étude entre cette institution et le CNRS.
« L’IRD et le CNRS ont vocation à se rapprocher. C’est un effort qui s’inscrit plus généralement dans la démarche d’Etat efficace pour rationaliser l’action publique, et lui permettre d’atteindre ses objectifs avec la plus grande efficacité » a dit M. Barrot.
Il a évoqué une mission en cours « pour évaluer tous les scénarios possibles de ce rapprochement, qui doit conduire à renforcer les deux institutions, à renforcer leur synergie tout en préservant leur spécificité. »
Une lettre de mission adressée lundi à la direction des deux institutions évoquait de « premières recommandations » d’ici la fin de l’année, et des « conclusions définitives » en mars 2027.
Le projet vise à développer une « action plus structurée sur des enjeux globaux comme le climat, la biodiversité, la santé ou les inégalités », selon le texte consulté par l’AFP.
L’initiative suscite des inquiétudes au sein de l’IRD, institution créée en 1943, employant plus de 2.300 agents, dont 1.565 personnels scientifiques, présente dans une cinquantaine de pays.
Dans une tribune publiée à la mi-juillet par Le Monde, des directrices et directeurs scientifiques appellent le gouvernement à « suspendre ce projet potentiellement dommageable pour la recherche française et sa stratégie d’influence. »
« L’IRD est le seul établissement public français pluridisciplinaire consacré à la recherche pour le développement durable et solidaire », indiquent les signataires.
L’institut est notamment en pointe dans la recherche sur les « moustiques-tigres, originaires d’Asie du Sud-Est et maintenant répandus sur la quasi-totalité du territoire français », ayant contribué à établir des « méthodes de lutte particulièrement efficaces », soulignent-ils.
Syndicat majoritaire à l’IRD, la CFDT a dénoncé un « projet de fusion », « mené au pas de charge, sans aucune concertation. »
La métropole Aix-Marseille-Provence est montée au créneau jeudi appelant le gouvernement à « infléchir sa copie » et à « maintenir les missions et fonctions de l’IRD sur Marseille », rappelant le rôle de l’IRD « pour l’appui aux politiques de développement dans les pays du Sud, en particulier les espaces méditerranéen et africain. ».
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