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Écoutez notre podcast Cogitons Sciences : Les ingénieurs français font carrière à l’étranger [Les ingénieurs se réinventent #3]

Posté le par Intissar EL HAJJ MOHAMED dans Entreprises et marchés

Bienvenue dans le neuvième épisode de Cogitons Sciences, le podcast qui décrypte les enjeux des sciences ! Nous avons rencontré Lucile Zenou, ingénieure biomédicale au Québec et présidente de l’association Francogénie, et Marion, ingénieure basée en Espagne. Nos invitées nous ont raconté comment elles ont construit leurs carrières à l’international !

Selon la dernière enquête annuelle de l’association Ingénieurs et scientifiques de France (IESF), 15 % des ingénieurs français travaillent aujourd’hui à l’étranger. Qu’est-ce qui pousse les ingénieurs français à partir ? Pourquoi est-ce qu’ils choisissent de rester travailler à l’étranger ? Et est-ce qu’ils envisagent de revenir un jour ? 

Pour répondre à ces questions (et à bien d’autres encore), nous recevons deux ingénieures françaises qui ont fait carrière à l’international : Lucile Zenou, ingénieure biomédicale résidant au Canada depuis 2014 et présidente de l’association Francogénie, et Marion, ingénieure en Espagne où elle travaille depuis 16 ans.

Vous pouvez écouter l’épisode ici. 

Entre le groupe français et la filiale catalane, des cultures de travail différentes [1:31 – 6:23]

Pour Marion, s’installer en Espagne a d’abord été une décision personnelle, qu’il a ensuite fallu négocier avec le groupe français pour lequel elle travaille et qui possède une filiale à Barcelone. Deux possibilités se présentaient : signer un contrat local ou opter pour l’expatriation. Marion a choisi la première option, idéale pour les salariés qui souhaitent s’établir dans un pays étranger. Et bien que l’ingénieure n’ait pas changé d’entreprise, cette mutation lui fait découvrir une culture de travail bien différente. “Oui, j’avais les codes de l’entreprise, j’avais la culture de l’entreprise… mais cette petite structure était beaucoup plus rapide, beaucoup plus agile, nous pouvions créer nos postes, nous étions beaucoup plus autonomes, et nous avions beaucoup plus d’informations de toute la structure puisque nous travaillons moins en silo, détaille Marion. C’était une expérience très différente de ce que j’avais vécu à Paris.”

Pour les employeurs québécois, la priorité est aux compétences [6:25 – 13:51]

Francogénie est une association dont le but est d’aider les ingénieurs et scientifiques venus de France, et nouvellement arrivés au Québec, à s’installer et à s’intégrer, grâce à un réseau d’adhérents très actifs. Lucile Zenou en est la présidente. Après un premier séjour au Canada, dans la cadre d’un stage, elle y est repartie en 2014, cette fois-ci à la recherche d’un travail. Et malgré le fait qu’elle n’ait pas fait d’école d’ingénieur, Lucile Zenou occupe aujourd’hui des fonctions d’ingénieur, dans le secteur du biomédical, sans pour autant avoir le statut ou le titre d’ingénieure. En effet, Lucile Zenou a repris ses études au Canada et a obtenu un master en génie biomédical. “J’ai quitté la France car j’avais beaucoup de mal à y trouver un emploi, nous explique Lucile Zenou. La raison est que mon domaine (chimie des matériaux, nanomatériaux et nanotechnologies, NDLR) était trop spécialisé et je n’avais pas les diplômes des écoles d’ingénieurs. En revanche, une fois au Québec, on ne me demandait pas forcément mes diplômes, on ne me demandait pas de quelle école je venais. C’était vraiment par rapport à mes compétences.”

Un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée [13:53 – 28:15]

Lucile Zenou et Marion s’accordent sur un point : que ce soit à Montréal ou à Barcelone, et contrairement à Paris, elles parviennent mieux à concilier vie professionnelle et vie privée. Que ce soit grâce aux différents accommodements mis en place par l’État, au Québec, ou grâce aux multiples évolutions positives qui se sont opérées très vite en Espagne au fil des années. D’autres points peuvent sembler un peu moins attractifs, comme l’expliquent nos deux interlocutrices ; mais si à première vue ils peuvent paraître comme des défauts, ils sont assez complexes pour être “contrebalancés” par des avantages indissociables.

Revenir en France n’est pas à l’ordre du jour [28:16 – 38:25]

Ni Marion ni Lucile Zenou ne se voient revenir de sitôt en France ! Pour Lucile Zenou : “La seule chose qui pourrait me pousser à rentrer en France serait ma famille, et la possibilité d’être auprès de ma famille. Surtout dans les circonstances actuelles (la pandémie de Covid-19, NDLR), c’est vraiment une préoccupation quand on est loin.” Quant à Marion : “Comme Lucile, ce n’est pas dans mes plans. Car d’abord j’aurai du mal à quitter cette qualité de vie. Ensuite, professionnellement, je me suis établie ici et j’aurai du mal à me réadapter en France. Cette zone grise, cette flexibilité qu’on a en Espagne, j’aurai du mal à la perdre.”

Références citées :

Enquête IESF

Au Québec, l’accommodement raisonnable

Ressources pour aller plus loin :

Informations sur l’immigration pour le Canada (site gouvernemental)

Site web de Francogénie

Le livre “Ainsi parlent les français” (de Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow)

Le film “L’Auberge espagnole”

Le film “Ocho apellidos vascos” (en français : “Huit noms de famille basques”)

Pour aller plus loin

Posté le par Intissar EL HAJJ MOHAMED


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