Évolution de la rémunération en 2017 : les cadres plus optimistes

Perspectives d’évolution salariale en 2017 45 % des cadres interrogés dans la dernière enquête de l’Apec prévoient de demander une augmentation en 2017. 35 % pensent l’obtenir (qu’ils l’aient ou pas demandée), contre 33 % un an auparavant. De plus, 24 % des cadres perçoivent une amélioration de leur pouvoir d’achat (+ 2 points sur un an) tandis que la part de ceux estimant qu’il s’est dégradé est en recul de 5 points. À noter que près de 9 cadres sur 10 considèrent les avantages salariaux tels qu’une revalorisation salariale, des primes ou encore des bonus, comme le principal levier de reconnaissance professionnelle.

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Des niveaux de rémunération stables en 2016 En 2016, la rémunération annuelle brute moyenne des cadres s’établissait à 56 k€ (salaire fixe + part variable). Quant au salaire médian, il s’élevait à 48 k€. Des niveaux stables par rapport à 2015. En outre, 80 % des cadres ont un salaire annuel brut (fixe + part variable) compris entre 34 k€ à 85 k€. Cette forte dispersion illustre la grande hétérogénéité des situations professionnelles des cadres relative à leurs caractéristiques individuelles, à celles de leur formation initiale, du poste occupé, de leur entreprise ou bien de leur parcours professionnel. Par ailleurs, l’âge et la taille de l’entreprise restent deux facteurs clés de la rémunération des cadres. Autre constat marquant, les hommes cadres gagnent 12 % de plus que leurs homologues féminins (écart médian tous profils confondus). Toutefois, cet écart se réduit d’année en année.

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L’évolution de la rémunération des cadres selon leur situation professionnelle En 2016, 66 % des cadres ayant intégré une nouvelle entreprise suite à un changement direct, c’est-à-dire sans période de chômage, ont vu leur rémunération augmenter, contre 38 % pour ceux qui ont connu une période de chômage. S’agissant des cadres mobiles en interne, 53 % d’entre eux ont été augmentés en 2016, soit un niveau quasi stable par rapport à 2015. Quant aux cadres qui n’ont connu aucun changement professionnel en 2016, 43 % d’entre eux ont bénéficié d’une revalorisation salariale, contre 40 % en 2015.

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Source : Apec

Cassini est morte, Vive Cassini

Les opérateurs de la mission en ont décidé ainsi. La sonde Cassini doit finir ses jours dans l’atmosphère de Saturne. Après 20 ans dans l’espace, le niveau exact du réservoir de carburant n’étant pas connu, ils ont préféré contrôler la fin de vie de l’orbiteur pour être sûr qu’il n’irait pas s’écraser sur Titan ou Encelade. Car les règles de la protection planétaire le stipulent bien : il ne faut pas contaminer des mondes qui pourraient abriter des traces de vie actuelles ou éteintes. En précipitant Cassini dans l’atmosphère de Saturne, on était sûr qu’elle serait complètement désintégrée. En outre, les scientifiques en attendent une belle moisson de données sur la haute atmosphère de Saturne. Les caméras ont été éteintes depuis le 14 septembre, car l’envoi de photos prend trop de ressources et les autres mesures sont scientifiquement plus intéressantes. Dix instruments qui mesurent gaz, plasma, particules, température, champs électriques ont donc continué de fonctionner pendant la descente qui s’est passée comme prévu, mieux même puisque la sonde a émis pendant 13 secondes de plus qu’espéré. L’approche s’est faite par le pôle Nord de Saturne, le point d’entrée a été fixé à 3000 km au dessus de la surface de référence d’une planète gazeuse (que les scientifiques ont arbitrairement choisie comme l’altitude où la pression atmosphérique est d’un bar). Une fois entrée, la sonde a continué d’émettre pendant un peu plus d’une minute comme l’avaient estimé les responsables de la mission à peu près à 1500 km au-dessus du sommet des nuages. Ainsi, même si la sonde est à présent désintégrée, les données récoltées sont telles, que les découvertes qu’elle a faite sont encore à venir. Cassini a de beaux jours devant elle !

Tout est encore à faire

Les différents responsables de la mission ont tous insisté sur ce point lors de la conférence de presse qui s’est tenue juste après : « Ce n’est pas une fin, c’est un début, nous y retournerons ». « D’ailleurs Cassini ne nous a donné qu’un aperçu du goût de son atmosphère ». Insistant aussi sur l’exemplarité de cette mission pour laquelle tout a été parfait : « de la sonde elle-même aux différentes collaborations qui se sont maintenus pendant si longtemps ».

Et pour l’avenir ?

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Par Sophie Hoguin

Convertir le solaire et l’éolien en méthane de synthèse

McLyzer 100-30

McPhy est reconnu dans le secteur grâce à sa technologie d’électrolyse qui permet de produire de l’hydrogène en utilisant des énergies renouvelables. L’entreprise a remporté l’appel d’offres international lancé par RAG. « Les critères étaient particulièrement exigeants notamment sur la rapidité de réponse aux variations de puissance électrique, la production directe d’hydrogène à une pression de 30 bar, la maturité de la technologie et la robustesse du système. Les caractéristiques du générateur d’hydrogène McLyzer 100-30 répondaient parfaitement à ces exigences », explique Pascal Mauberger, président de McPhy.

Le gaz naturel de synthèse sera produit grâce à l’électrolyse fournie par le Français et stockée directement dans un réservoir naturel situé à plus de 1 000 mètres sous terre, puis injecté dans le réseau pour être délivré à la demande, en fonction des besoins des consommateurs. Ce nouveau contrat porte à plus de 13 MW la capacité des équipements de Power-to-gas bientôt installée par McPhy, soit une production quotidienne de près de 6 tonnes d’hydrogène renouvelable.

La technologie de Power-to-gas est de plus en plus étudiée pour stabiliser les réseaux électriques confrontés à l’afflux croissant d’électricité d’origine renouvelable. Transformer les excès de production éolienne et solaire en méthane de synthèse à l’avantage d’être plus facilement stockable et de faire participer ces installations à la réserve primaire et secondaire. Les coûts élevés de cette transformation la rendaient jusqu’ici non rentable.

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Par Romain Chicheportiche

La SeaBubble d’Alain Thebault : une innovation au potentiel véritablement disruptif

On pouvait craindre que la SeaBubble, perchée sur des foils, manquerait de stabilité quand l’eau s’agite. Mais cette vidéo publiée par Alain Thebault le 7 septembre 2017 sur son compte Twitter personnel démontre que l’engin tient vraiment très bien la route. Bluffant.

A Paris est-ce la SeaBubble qui n’est pas adaptée à la réglementation pour naviguer sur la Seine ou est-ce la réglementation française qui est obsolète ? La vitesse est limitée entre 12 et 18 km/h sur la Seine. Ceci afin de limiter la puissance des vagues générés par les bateaux, ainsi que la pollution. Mais la SeaBubble ne génère pas de vague, il vole au-dessus de l’eau. Et il est 100% électrique à batterie. C’est donc bien la réglementation française qui est inadaptée.

Certains objecteront que naviguer à 30 ou 50 km/h est dangereux. Or les SeaBubbles seront équipés de systèmes de navigation 100% autonome : le risque d’erreur humaine sera donc nul. De nombreux bateaux dans le monde sont dès à présent équipés de systèmes de navigation semi-autonome. La densité de trafic sur l’eau est bien moindre que dans les rues parisiennes. En outre les SeaBubbles sont silencieux et donc bien plus conviviaux, même à 50 km/h, que les bateaux thermiques pétro-fumants navigant à 12 km/h.

Haute efficience

Techniques de l’ingénieur avait fait écho dès janvier 2015 d’un engin slovène, le Quadrofoil, utilisant la même technologie. Et souligné la haute efficience énergétique de cette solution de transport. La trainée est réduite de 40%, et donc la consommation énergétique. Mais Alain Thebault, recordman du monde vitesse en voilier avec son fabuleux hydroptère, dispose manifestement d’un bien meilleur réseau de relations que l’équipe slovène. Le co-fondateur de Google, Larry Page, lui avait demandé s’il pouvait venir faire un baptême en Hydroptère dans la baie de San Francisco. Alain Thebault a accepté. Aujourd’hui ce sont les SeaBubbles qui séduisent Google. Et l’ex-directeur de la communication d’Uber-France a rejoint l’équipe du capitaine Thébault.

Il serait dommage que la capitale de la France ne puisse pas être la première au monde à disposer de ce nouveau moyen de transport. Pour une fois, ce n’est pas une innovation californienne qui débarque en France mais l’inverse. Bénéficier du soutien du président de la République Emmanuel Macron et de la Maire de Paris Anne Hidalgo sera-t-il suffisant ?

Techniques-Ingénieur.fr n’a pas hésité à publier des analyses critiques quand des innovations comportent des tares physiques intrinsèques. Comme par exemple avec la route solaire ou l’arbre à vent. Mais la vidéo diffusée par Alain Thebault et susmentionnée a éliminé les doutes au niveau de la stabilité des SeaBubbles. Techniquement, la solution a un potentiel véritablement disruptif.

Facteur non négligeable pour devenir un succès commercial : le SeaBubble a un côté assez Bling-Bling et m’as-tu-vu: il permet de marcher sur l’eau, d’être ainsi au-dessus de la mêlée, et d’aller vite. Le concept plaît par conséquent beaucoup, tant en Suisse (Lac Léman) qu’en Californie (San Francisco Bay Area).

Bientôt du Bubble-sharing ?

Cette start-up, si elle réussit à parvenir à des volumes de production permettant de faire baisser ses coûts, peut devenir une Licorne. Comme BlaBlaCar fondée par Frédéric Mazzella, un autre chouchou d’Emmanuel Macron. Peut-être que BlaBlaCar et SeaBubble finiront d’ailleurs par converger. Des BlaBlaBubbles.

Le parcours personnel d’Alain Thebault, tel que décrit par cet article publié en 2016 dans Le Point ainsi que dans cette vidéo-conférence, est touchant. Comme ce champion breton de vitesse à la voile le dit lui-même, « il revient de loin ». Et d’ajouter : « je n’ai pas la même conception du confort que la majorité des gens. Quand tu n’as rien, la lumière, la nourriture n’ont pas la même saveur. »

Le navigateur Eric Tabarly lui avait déclaré :
« Alain, le plus important dans la vie, c’est de rester Libre »

Vive l’innovation française.

Olivier Daniélo

L’Hyperloop propulsé sur le devant de la scène

Depuis quelques mois c’est une course effrénée à coup d’annonces de futurs contrats, de délais ultra-courts, de concours de vitesse avec toujours plus de concurrents et de clients qui se manifestent. Dernier en date : la Chine qui prend officiellement le train en marche. Le 30 août 2017, la CASIC (China Aerospace Science and Industry Corp), l’un des principaux industriels du secteur spatial chinois a en effet annoncé avoir lancé la R&D pour le développement d’un système de transport ultra-rapide de type hyperloop pouvant atteindre à terme les 4000 km/h grâce à un vide total dans les tunnels. Baptisé HyperFlight, les capsules voyageraient dans des tunnels aériens ou souterrains et le réseau serait hiérarchisé en trois niveaux : un réseau régional utilisant des vitesses de 1000 km/h, un réseau national à 2000 km/h et un troisième, international à 4000 km/h. La CASIC aurait déjà déposé plus de 200 brevets sur ses recherches en cours.

Si vous avez loupé le début

L’idée d’un train ou d’une capsule propulsée dans un tunnel avec un vide partiel est développée de manière plus ou moins élaborée depuis le XVIIIe siècle (par exemple les trains atmosphériques dont la seule application efficace a été les tubes pneumatiques). Mais cette fois semble être la bonne. Elon Musk, le patron milliardaire de SpaceX et Tesla, propose l’idée de propulser des capsules dans des tubes à basse pression qui pourraient atteindre les 1200 km/h à l’été 2012. Un an plus tard, un livre blanc de près de 60 pages détaille le fonctionnement possible de l’Hyperloop et les options technologiques étudiées par les ingénieurs de Tesla et SpaceX. Le document est en libre accès à tout entrepreneur intéressé pour développer cette technologie et la commercialiser, mais le nom Hyperloop reste propriété de SpaceX. Depuis, plusieurs entreprises se sont lancées dans l’aventure.

HTT : des Américains qui parcourent le monde

Dès 2013, Dirk Ahlborn crée Hyperloop Transportation Technologies (HTT), une entreprise américaine qui va résolument se tourner vers l’Europe et le reste du monde. Si les travaux pour un tube à pleine échelle débute dès janvier 2016 à Quay West (Californie), HTT développe rapidement des partenariats et des accords pour des études de faisabilité un peu partout dans le monde. Sont ainsi prévus : un centre de recherche à Toulouse (pour profiter du savoir-faire aérospatial de la région), plusieurs études pour le développement de l’Hyperloop en Europe de l’Est à partir de la Slovaquie, une liaison entre Abou Dhabi et Al Ain (Emirats Arabes Unis), une liaison entre les villes de Amaravati et Vijaywada (Etat d’Andra Pradesh en Inde), des études à Jakarta (Indonésie)  ou encore un accord avec la Corée du Sud et le KICT (Korea Institute of Civil Engineering and Building Technology) pour l’installation d’un tube à pleine échelle permettant d’étudier notamment le management de la sécurité. Relançant ainsi le plan de la Corée qui travaille sur son HyperTube Express qui relierait Séoul à Busan en 20 mn depuis 2011. Au niveau démonstration de faisabilité, HTT a pour le moment seulement présenté son projet de capsule. La construction, confiée au spécialiste de l’aéronautique espagnol Carbures, doit en être achevée pour 2018.

Hyperloop One : celui qui veut être le premier

Créé en 2014, Hyperloop Technologies qui deviendra Hyperloop One ne cesse de le clamer : nous serons les premiers. En 2016, l’entreprise américaine construit son site de démonstration dans le désert du Nevada, près de Las Vegas : le DevLoop. Deux essais s’y sont tenus cet été 2017 avec à la clé la démonstration de la faisabilité du concept sur de petits tronçons mais permettant de tester toutes les composantes : propulsion, freins, vide partiel et lévitation magnétique. La phase 2 s’est achevée avec une vitesse de 309 km/h sur 435 m avec le prototype de la capsule. Les trois dirigeants, Rob Lloyd, Shervin Pishevar et Josh Giegel estiment que cela va leur permettre d’accélérer les opérations de commercialisation. Spécialistes du buzz médiatique, Hyperloop One a déjà signé plusieurs accords de partenariats aux Emirats Arabes Unis, en Inde ou en Russie et fait parler d’elle à travers une opération originale : le « Global Challenge ». Les potentiels clients ont été invités à présenter les avantages économiques, sociaux et stratégiques de l’installation d’un hyperloop dans leur ville, région, pays et un jury se charge de choisir les meilleurs projets parmi les 2600 proposés. Trente-cinq projets ont été retenus début 2017 et les gagnants qui travailleront de manière privilégiée au développement de l’Hyperloop seront connus avant la fin de l’année.

Arrivo : arrivent ceux qui sont partis

Parmi les entreprises qui s’attaquent à l’Hyperloop, une petite nouvelle est née début 2017 : Arrivo. Fondée par Brogan BamBrogan, ex-cofondateur d’Hyperloop One, et trois autres transfuges après une série de plaintes pour harcèlement et népotisme contre Hyperloop One suivi d’une plainte de ces derniers pour violation des clauses de non-concurrence et non-dénigrement. Le règlement amiable du conflit a été gardé secret mais a abouti à la naissance d’Arrivo dont le siège est désormais basé à Los Angeles. Pour le reste, il faut maintenant qu’ils fassent leurs preuves.

Transpod : les canadiens pragmatiques des grands espaces

Transpod est une startup canadienne lancée fin 2015 qui développe son outil en Italie et au Canada principalement. Elle se prépare à effectuer ses premiers tests à Calgary et prévoit la construction d’une ligne de 4km pour achever la conception de son Hyperloop. Elle annonce une ligne entre Edmonton et Calgary pour 2019-2020 et envisage à terme de créer des tunnels avec vide total pour atteindre des vitesses de 3 à 5000 km/h. Leur force : les services proposés seraient 30 à 40% moins chers que leurs concurrents grâce à des coûts d’infrastructures inférieurs et une absence de communication à gros budget.

Concours d’étudiants : la foire aux technologies

L’Hyperloop Pod competition est un concours de conception de capsule pour l’Hyperloop lancé par SpaceX en 2015. Principalement ouverte à des équipes d’étudiants, cette compétition est l’occasion de voir s’affronter de nombreux essais de technologies différentes (par lévitation magnétique, par coussins d’air etc.) et parfois de transformer l’essai comme pour les gagnants de la deuxième étape, les Néerlandais de l’université de Delft qui ont depuis lancé leur propre entreprise Hardt Global Mobility avec des fonds de Uniiq et des chemins de fer néerlandais à hauteur de 600 000 euros. La deuxième phase du concours qui s’est tenue les 24 et 25 août 2017 sur le site de SpaceX consistait en un concours de vitesse où les Allemands de l’université de Munich avec leur WARR Hyperloop l’ont emporté avec une vitesse de 324 km/h. Record aussitôt battu par le pod pousseur de la compétition (les capsules des étudiants étaient propulsées à l’aide d’un pod pousseur) conçu par Tesla et SpaceX. Elon Musk a annoncé pouvoir dépasser les 500km/h dès le mois prochain.

Quand Elon Musk revient dans la course

Un essai pas complètement innocent. Si jusque là Elon Musk avait délaissé l’Hyperloop, Bloomberg écrivait le 4 août dernier que des proches affirment qu’il travaille finalement à développer son propre Hyperloop. Ses projets en la matière ne sont pas encore très clairs. Ce qui est sûr c’est qu’il compte bien creuser les souterrains pouvant accueillir des Hyperloop via son entreprise la Boring Company avec déjà l’annonce d’une liaison Washington/New York.

C’est l’ébullition tout autour du monde

C’est ainsi que la bouteille Hyperloop jetée à la mer en 2013 a relancé tous les projets similaires autour du monde. Aujourd’hui, tous les pays suffisamment développés se penchent sur la question de soutenir ou installer des réseaux de type Hyperloop. Cependant, il reste encore à cette technologie à faire la preuve de sa complète faisabilité, de sa fiabilité et de sa sécurité. C’est pourquoi d’aucuns doutent qu’un Hyperloop sera vraiment à votre porte en 2020.

Sophie Hoguin

Moona, l’objet connecté anti-insomnie

La filière ô combien grandissante des objets connectés s’intéresse de près à notre bien-être, et donc à notre sommeil. C’est le cas de Moona, qui aide le dormeur à trouver puis à conserver le sommeil, au moyen d’un dispositif de régulation de la température corporelle. «Plusieurs études scientifiques décrivent le lien entre température et qualité du sommeil, explique Coline Juin, co-fondatrice de la start-up éponyme, créée en juin 2016 et incubée à Centrale Paris. La température corporelle doit diminuer de 1° pour qu’une personne puisse s’endormir. Elle descend naturellement jusqu’à 3-4 heures du matin, la phase où le repos est le plus réparateur, avant de s’élever à nouveau le matin.»

Moona se compose d’un fine membrane, qui se glisse dans la taie d’oreiller, et d’un boîtier posé sur la table de nuit, qui assure une circulation hydraulique dans la dite membrane. Pour favoriser l’endormissement, l’eau est rafraîchie; pour le réveil, elle est au contraire réchauffée. «Nous préconisons une température d’utilisation entre 24 et 33°C, agréable pour la plupart des personnes, détaille Coline Juin. Nous avons étudié plusieurs techniques de changement de température – matériaux à changement de phase, détente de gaz… – et avons sélectionné un échangeur basé sur l’effet thermoélectrique, qui présente le meilleur équilibre entre le rendement et la nuisance sonore.»

Machine learning et conseils personnalisés

Le boîtier se connecte au réseau WiFi (qui peut être désactivé pendant la nuit) puis au cloud, à des fins d’analyse de données. «Moona récupère et transmet plusieurs informations – température de la pièce, hygrométrie, luminosité et mouvement de l’utilisateur grâce à un capteur de mouvement – qui sont traitées par un algorithme de machine learning, développé en interne, précise Coline Juin. A partir de ces résultats et d’autres informations renseignées par l’utilisateur sur l’application mobile – âge, poids, sexe, profil de sommeil (petit ou gros dormeur, etc), sensibilité à la température – nous fournissons des conseils personnalisés. La communication avec d’autres objets et plateformes IoT est par ailleurs prévue.»

Moona bénéficiera d’une campagne de financement sur la plateforme Kickstarter à partir du 13 septembre. La commercialisation en magasin n’est pas prévue avant la mi-2018, à un prix de 399 €. Plus de 200 tests ont déjà été réalisés par des volontaires et une étude clinique est conduite par le CHU de Nantes auprès de 15 patients, depuis le mois de juin. Des applications professionnelles sont donc envisageables. «Les maisons de retraite et les hôpitaux pourraient en effet devenir des partenaires, mais ce sera fait dans un deuxième temps» conclut Coline Juin.

Frédéric Monflier

RiskEV : la version 1.6 relookée est disponible !

Avec les évolutions fréquentes de réglementation, il est aujourd’hui nécessaire de sécuriser les évaluations des risques et de pouvoir assurer une traçabilité des expositions sur le long terme. Ce travail sera facilité par le choix d’un logiciel intuitif et performant. C’est ce que propose RiskEV, dont une toute nouvelle version est disponible en ligne. Avec un nouvel écran plus clair et encore plus intuitif, le logiciel est toujours aussi facile d’utilisation.

Et, encore plus important que le design, les fonctionnalités du logiciel sont également améliorées !  Parmi les nouveautés, retrouvez notamment l’édition personnalisée de fiche de poste pour tout risque professionnel, la possibilité d’attribuer des évaluations à tout niveau de l’organisation, …

 

Cette nouvelle version de RiskEV conserve bien sûr les atouts d’origine du logiciel :

  • La possibilité d’évaluer et gérer tous les risques dans un seul outil,
  • La gestion facile des plans d’action,
  • L’édition d’un Document Unique simple et complet,
  • La traçabilité des expositions individuelle ou collective assurée dans le temps

 

Important : le logiciel RiskEV n’est plus commercialisé
par Techniques de l’Ingénieur.

La matière organique des comètes plus ancienne que le système solaire ?

Terminée en septembre 2016, la mission Rosetta de l’ESA a révélé que la matière organique représente près de 40% de la masse du noyau de la comète « Tchouri » (67P Churyumov-Gerasimenko). Composée de molécules à base de carbone, d’hydrogène, d’azote et d’oxygène, elle constitue l’une des briques de base de la vie telle que nous la connaissons sur Terre. Or cette matière organique trouvée en masse n’aurait pas été fabriquée au moment de la formation du système solaire, mais bien avant, dans le milieu interstellaire. C’est ce qu’avancent aujourd’hui Jean-Loup Bertaux, du Laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (CNRS/UPMC/Univ. Versailles–Saint-Quentin-en-Yvelines), et Rosine Lallement, du laboratoire Galaxies, étoiles, physique et instrumentation (Observatoire de Paris/CNRS/Université Paris Diderot).  Et selon ces deux chercheurs français, une bonne partie de cette matière organique cométaire serait même déjà bien connue des astronomes.

Voilà 70 ans que l’analyse du spectre de la lumière des étoiles montre partout dans le milieu interstellaire des absorptions inconnues, à des longueurs d’ondes bien précises : les « Diffuse interstellar bands » (DIB),  attribuées à des molécules organiques complexes, qui constitueraient « le plus grand réservoir connu de matière organique dans l’univers » selon l’astrophysicien américain Theodore Snow. Cette matière organique interstellaire est généralement proportionnelle à la matière interstellaire dans son ensemble, sauf dans le cas d’un nuage très dense, comme une nébuleuse proto-solaire : au cœur de la nébuleuse, où la matière est encore plus dense, les DIB plafonnent, voire diminuent. C’est le signe que les molécules organiques qui provoquent les DIB disparaissent, par agglutination les unes aux autres. Une fois collées ensembles, elles ne peuvent plus absorber autant que lorsqu’elles flottent librement dans l’espace.

Ce type de nébuleuse primitive finit par former, par contraction, un système solaire comme le nôtre, composé de planètes… et de comètes. Or, on sait depuis la mission Rosetta que les noyaux de comètes se sont formés par accrétion hiérarchique dans la nébuleuse : les petits grains se sont collés les uns aux autres pour former des grains plus gros, lesquels se sont agglomérés à leur tour jusqu’à atteindre la taille d’un noyau de comète, de quelques kilomètres. Un processus non violent.

Les molécules organiques provoquant les DIBs et préexistantes dans les nébuleuses primitives n’ont donc probablement pas été détruites mais ont pu faire partie des grains constituant les noyaux cométaires, où elles sont toujours 4,6 milliards d’années plus tard. Une mission spatiale de retour d’échantillon, qui permettrait d’analyser en laboratoire la matière organique d’une comète, révèlerait enfin la nature exacte de cette mystérieuse matière interstellaire responsable des absorptions relevées vers les étoiles.

Si la matière organique des comètes a bel et bien été fabriquée dans le milieu interstellaire, et si elle a pu jouer un rôle dans l’émergence de la vie sur la Terre comme les scientifiques l’imaginent aujourd’hui, alors elle a pu également atteindre un grand nombre d’autres planètes de notre galaxie… et y engendrer également la vie ?

Source : cnrs

Inauguration du European XFEL : le plus puissant des rayons X du monde

L’European XFEL fait partie de ces infrastructures scientifiques gigantesques dont l’emprise s’étale sur plusieurs kilomètres et dont le coût dépasse le milliard d’euros. Onze pays ont participé à cette aventure de manière financière ou technique et le Royaume-Uni est sur le point de les rejoindre comme 12e pays. Mais les deux principaux donateurs sont l’Allemagne (58% du financement) et la Russie (27%). La France a, pour sa part, contribué, via le CEA et le CNRS, en coordonnant notamment la production et le conditionnement des coupleurs de puissance. Après huit ans de travaux, l’European XFEL s’étend à présent sur 3,4 km de tunnel depuis le centre de recherche allemand DESY (Deutsches-Elektronen-Synchrotron) de Hambourg jusqu’au campus où travailleront les chercheurs à Schenefeld (Schleswig-Holstein). Les installations, principalement souterraines donc sont situées entre 6 et 38m de profondeur.

L’accélération des électrons se fait dans un tunnel de 1,7km de long où les électrons montent en énergie (jusqu’à 17,5 giga-électrons volts), suivi par une portion munie d’aimants permettant de les faire onduler. C’est le changement de direction des électrons dans cette portion qui engendre un rayonnement X de haute énergie. L’European XFEL dispose de trois ondulateurs permettant de de créer des rayonnements à différentes longueurs d’ondes pour différentes applications.

Un instrument vraiment unique au monde

Dans la famille des accélérateurs de particules, les lasers à électrons libres (en anglais FEL pour free electron laser) utilise des électrons non liés à des atomes pour créer des photons. La lumière ainsi produite est presque parfaitement cohérente, très intense et sa longueur d’onde peut aller des micro-ondes aux rayons X en passant par le visible, l’infrarouge ou l’ultraviolet. L’European XFEL produit lui une lumière quasiment 100 % cohérente, faite de flashs ultra-lumineux (1012 photons par flash) et ultra-courts de l’ordre d’une femto-seconde (10 – 15s). Il offre 27 000 flashs/seconde soit  200 fois plus de flashs que le meilleur des autres lasers à électrons libre existants.

Les performances de ce nouvel instrument peuvent être atteintes grâce à l’utilisation d’aimants supraconducteurs. L’European XFEL est en effet le seul laser à électron libre à utiliser supraconductivité pour l’accélération des électrons. La mise en route a débuté en mai 2017 et les deux premières expériences officielles ont été présentées à l’occasion de l’inauguration du 1er septembre. Elles vont surtout permettre de valider les performances et les capacités de cet accélérateur.

Un accès unique au nanomonde

Evidemment les performances d’une tel outil sont très convoitées, aussi son accès par les chercheurs est strictement encadré via une sélection drastique. La communauté scientifique attend beaucoup de cet XFEL : accès aux détails atomiques des virus, à la composition moléculaire des cellules et via des images en 3D à tout le nanomonde. Il devrait même permettre, en assemblant les clichés successifs de réaliser des films des réactions chimiques et biochimiques. Les autres applications de l’XFEL concerneront pas exemple l’étude des nouvelles substances ou matériaux ou des expériences recréant des conditions extrêmes comme celles trouvées dans des exoplanètes. Rappelons que l’avantage des XFEL sur les rayons X conventionnels c’est que la brillance est telle qu’il n’est pas nécessaire de préparer les molécules sous une forme cristalline pour que la dispersion des photons soit suffisante, on peut donc y étudier beaucoup plus de structures et dans des conditions plus naturelles.

Les Américains veulent atteindre le milliard !

Si le XFEL bat pour l’instant tous les records, les Américains du SLAC (accélérateur national américain de l’université de Stanford en Californie) ont entamé un projet d’un milliard de dollar qui doit aboutir à la mise en service en 2020 d’un XFEL encore plus puissant : un million de flashs par seconde ! Il s’appuiera lui aussi sur une technologie d’accélérateurs supraconducteurs.

Par Sophie Hoguin

France Stratégie publie un rapport polémique 
sur l’Energiewende

France Stratégie est un organisme de réflexion, d’expertise et de concertation, rattaché au Premier ministre, et chargé d’animer le débat public. En s’attaquant au brûlant sujet de la transition énergétique allemande, Etienne Beeker, l’auteur de la note d’analyse, a relancé le débat dans l’Hexagone. Les services du Premier ministre rappellent que le rapport n’engage que son auteur, et pas le gouvernement.

Le nucléaire : la pomme de discorde

Suite à la catastrophe de Fukushima, le gouvernement allemand, sous pression de son opinion publique, a décidé l’arrêt de 7 premières tranches puis progressivement de toutes les centrales nucléaires en 2022, et leur remplacement par des énergies renouvelables. La baisse a été immédiate puisque la production nucléaire s’élevait à 84,6 TWh en 2016, soit 14,2% de la production électrique contre 25% avant 2011. Le planning d’arrêt des tranches restantes n’a depuis pas été remis en cause. De ce fait, Berlin a envoyé un signal fort, mais négatif, sur une filière dont la France s’est fait une spécialité. Plus encore, Paris place le nucléaire comme un outil phare pour répondre aux besoins énergétiques tout en luttant contre le changement climatique, et accessoirement trouver des débouchés pour son industrie. Depuis les experts français de l’énergie sont parfois suspectés d’entretenir un avis très critique, voire de mauvaise foi, sur les résultats de la stratégie allemandes en faveur du climat.

Objectif rempli sur les Enr…

La transition énergétique allemande, ou Energiewende, s’est caractérisée par une montée en puissance rapide des Enr, à commencer par le photovoltaïque et l’éolien qui représentaient fin 2016 une capacité installée respective de 40 GW et 49,6 GW. Un parc impressionnant auquel il faut ajouter une importante exploitation de la biomasse. L’Allemagne est en passe de remplir son objectif d’énergies renouvelables qui pèseront 35% du mix électrique en 2020. Pour autant, Etienne Beeker, estime que la fin programmée des tarifs d’achat engendre une forte incertitude sur l’avenir des Enr en Allemagne. Par ailleurs, il dénonce le coût pour le consommateur de cette politique pro-Enr : « Aujourd’hui l’horizon s’est obscurci. L’Allemagne produit certes un tiers de son électricité grâce aux énergies renouvelables mais elle paie cette performance remarquable au prix fort, le prix de l’électricité pour les petits consommateurs ayant plus que doublé entre 2000 et 2013 ». Or, la décision d’arrêter le nucléaire ne datant que de 2011, on peut raisonnablement douter qu’elle soit à l’origine des hausses de tarifs. Ces dernières, comme le rappelle d’ailleurs l’auteur, sont davantage dues à un consentement de la population de faire reposer sur ses épaules la majorité des coûts du système électrique pour épargner l’industrie lourde, grande pourvoyeuse d’emplois outre-Rhin.

…. mais pas sur les GES

Malgré la hausse spectaculaire du parc renouvelable, l’arrêt des sept premières tranches nucléaires s’est également traduit par la mise en service de centrales thermiques fonctionnant au charbon ou au lignite, bon marché mais très émetteur de gaz à effet de serre (GES). De fait, selon la note, l’Allemagne réduira ses rejets de seulement 33,5% à 36,5% en 2020 contre l’objectif fixé de 40%. Ce passage par la case charbon est très décrié en France, notamment lors d’épisodes de pics de pollution attribués à ces centrales thermiques. Du côté allemand, le charbon fait office d’outil de transition pour pallier la fin du nucléaire. Mais ces centrales devront être progressivement converties au gaz naturel, moins polluant. Pour autant, comme le rappelle Etienne Beeker : « Les énergies fossiles représentent toujours 80 % du mix énergétique total outre-Rhin, le pétrole restant archi-dominant dans les transports et le gaz dans l’industrie et le chauffage, révélant l’ampleur du chemin à parcourir pour décarboner le secteur ».

Avantage comparatif du VE

Le véhicule électrique est un bon exemple d’innovation dont l’impact est très différent selon les choix énergétiques faits par les pays. La France pousse fort dans cette direction et est devenue cette année le premier marché européen avec plus de 100 000 VE immatriculés. Paris mis gros sur le VE pour réduire la pollution liée au transport qui représente 38% des émissions de GES, un chiffre un peu moins élevé en Allemagne (30%). Or, l’industrie automobile allemande s’est spécialisée sur les grosses cylindrées et dispose d’une expertise reconnue mondialement, et ce, malgré le scandale des moteurs truqués. Le passage au véhicule électrique, dont l’essentiel de l’innovation réside dans l’électrochimie, va poser des problèmes à l’industrie allemande qui représente 800 000 emplois. Par ailleurs, le bilan carbone du VE dépend notamment des sources de production de l’électricité injectée dans le véhicule. Or, si le bilan du parc électrique français est très faiblement carboné (environ 80 gCO2/KWh), celui de l’Allemagne est beaucoup plus élevé : 500 grammes de CO2/kWh. De fait, le bilan carbone du VE diffère largement d’un côté à l’autre du Rhin. Cela explique aussi pourquoi Berlin aura tant à perdre en terme de compétitivité à accepter la proposition française d’instaurer un prix plancher du carbone en Europe.

Chacun sa transition

Au final, le rapport apporte des éclairages pertinents sur les mécanismes ayant permis à l’Allemagne de diminuer dans un premier temps ses émissions (grâce à la modernisation de la RDA) avant de les stabiliser. Mais certaines omissions ne rendent pas compte de la vision à long terme et de la cohérence globale de la transition allemande. A l’instar des lignes haute-tension (comme Nordlink) tirées vers la Norvège pour bénéficier de ses STEP. La coopération européenne est en l’espèce cruciale pour réussir la transition énergétique du continent même si elle ne ne passera pas forcément par les mêmes stratégies en fonction des pays et de leur héritage énergétique. En l’espèce, il n’existe pas de recette magique universelle. Etienne Beeker ne dit pas autre chose : « Cette dépendance à l’égard des réseaux des pays voisins démontre que le modèle énergétique allemand ne peut pas être généralisé, mais aussi que la coordination européenne entre transitions énergétiques devient une urgente nécessité ».

Romain Chicheportiche

La fin des hydrocabures made in France annoncée pour 2040

Les scientifiques l’ont martélé : pour limiter le réchauffement climatique à 2°C en 2100, il faut renoncer à exploiter 80% des réserves d’énergies fossiles. La France lance donc une dynamique pour « se libérer » du pétrole, du gaz, du charbon et de toute autre énergie conventionnelle, a annoncé ce matin Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire.

Une fois promulguée, la nouvelle loi mettra fin immédiatement à tout nouveau permis d’exploration d’hydrocarbure, qu’il soit conventionnel ou non conventionnel. Et qu’il soit situé sous la terre, en mer, en métropole ou en Outre-mer. « Il permettra également d’interdire le renouvellement de concessions qui iraient au-delà dans l’exploitation de 2040 », précise Nicolas Hulot. « Ce signal va doper la transition énergétique et le basculement d’un monde carboné vers un monde décarboné », se félicite-t-il . Et il signe la fin du débat sur l’extraction des gaz de schistes, puisque toute exploration sera interdite, quelle que soit la technique utilisée.

Toutefois pour éviter les sanctions sur les permis déjà accordés, mais non encore mis en oeuvre, la France honorera le projet Guyane-Maritime. Ainsi, il est possible qu’il reste quelques permis d’exploitation entre 2040 et 2050. Mais, « si tel est le cas, cela sera tellement marginal ou résiduel que cela n’a pas beaucoup d’importance », prévient Nicolas Hulot. Notons également que le gaz de mine, s’accumulant dans les anciennes galeries de mines pourra être capté pour des raisons de sécurité et de protection de l’environnement.

Une mesure symbolique ?

La France produit environ 815.000 tonnes de pétrole par an et près de 400 millions de m³ de gaz. Cette production française ne couvre que 1% de la consommation énergétique nationale. La France importe donc massivement son pétrole et son gaz.  Mais alors que François Duseux, Président de l’Union Française des industries pétrolières monte au créneau contre ce projet de loi, Nicolas Hulot voit plusieurs avantages à cette décision.

Le ministre de la transition écologique et solidaire y voit un triple effet bénéfique : « la France fait sa part », « met en oeuvre un agenda de santé publique» et « en se libérant des énergies fossiles, on se libère de conflits ». « C’est un acte fort, plus qu’un symbole », soutient-il. La France devient ainsi le premier grand Etat à prendre cette décision, unilatéralement. Mais, par cette mesure, elle souhaite entraîner les autres pays à faire de même. À l’occasion de la COP23 et du sommet sur le climat du 12 décembre, « la France va être légitime pour essayer de convaincre nos partenaires de faire de même », annonce Nicolas Hulot.

La France veut montrer l’exemple

Suite au rôle de la France dans l’élaboration de la feuille de route écrite à Paris, il est important que le pays maintienne « son leadership » et « donne l’exemple dans  la mise en oeuvre de ses propres engagements », insiste Nicolas Hulot. Au-delà des engagements pris à Paris, la France s’est même engagée début Juillet, à travers son Plan Climat, à la neutralité carbone en 2050. Et le ministre avait alors annoncé la fin de la vente de voitures à essence et diesel dès 2040, ainsi que la fin de production d’électricité à partir de charbon dès 2022.

« Ce que j’annonce fait partie d’un tout, rappelle le successeur de Ségolène Royal. C’est à arrimer aux autres engagements de la loi de transition énergétique ». Cette loi adoptée en août 2015 prévoit en effet une baisse de 50 % de la consommation énergétique en 2050 par rapport à 2012, avec un objectif intermédiaire de 20 % en 2030. Pour cela, la loi prévoit le développement des énergies renouvelables, une réduction de la consommation énergétique primaire en énergies fossiles de 30% en 2030, la rénovation de l’ensemble des bâtiments à l’horizon 2050 en fonction des normes « bâtiment basse consommation » et la multiplication par 5 de la quantité de chaleur et de froid renouvelables et de récupération livrée par les réseaux de chaleur et de froid d’ici 2030.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Le Brésil rétropédale sur les énergies renouvelables

C’est une étrange dynamique qui s’est installée au Brésil. Alors qu’un peu partout dans le monde, les gouvernements organisent des appels d’offres pour installer des parcs éoliens ou photovoltaïques notamment, le ministère brésilien lance des concours pour leur abandon.

557 MW en moins

Suite à cet appel d’offres historique, quelque 16 parcs éoliens (307,7 MW) et 9 fermes solaires (249,7 MW) ont été écartés de la liste des projets auparavant sélectionnés et disposant d’un droit à rémunération. De plus, les détenteurs desdits projets ne pourront pas participer aux deux prochains appels de réserve. Ironiquement, Brazilia a récupéré au passage 106 millions de Real (27,8 M€) de la part des participants. Pas moins de 1 462 acteurs ont participé à cet appel d’offres. Que des entreprises payent pour ne pas avoir à réaliser des projets peut sembler pour le moins surprenant. Mais la crise qui sévit au Brésil depuis 2014 a remis en cause les bases de la croissance de la première économie sud-américaine. Le pays a vécu la pire récession de son histoire (-3,8% du PIB en 2015 et -3,6% en 2016).

Demande d’énergie en baisse

L’initiative brésilienne répond à une problématique globale : la baisse de la demande d’énergie. Elle est passée de 305 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) à 298 Mtep en 2016, selon de BP Statistical Review. Or, à l’instar de ses voisins, le Brésil avait organisé des appels d’offres visant à ajouter des capacités éoliennes et solaires. La conjugaison des deux phénomènes a généré une situation de surcapacité qui met en danger la rentabilité du secteur, ce qui a poussé les autorités brésiliennes à organiser ce concours historique.

Le Brésil est plongé depuis 2014 dans une crise politique, institutionnelle, économique et énergétique. Le scandale de corruption Petrobras (la compagnie pétrolière nationale) a secoué toute la classe politique brésilienne, emportant Dilma Roussef destituée en 2016. La figure politique préférée des Brésiliens, Lula, est lui aussi inquiétée par des enquêtes. Entre-temps, les investisseurs ont gelé voire abandonné leurs projets, ce qui a accéléré le décrochage du pays, entamé par une surchauffe économique et une forte inflation. La crise énergétique était alors inévitable.

Privatisations

Pour sortir de l’impasse et attirer de nouveau les investisseurs, chinois notamment, le président brésilien Michel Temer, très contesté (5% d’opinions favorables), a lancé un grand plan de privatisations qui devrait inclure Electrobras, l’électricien national qui opère de nombreuses centrales hydroélectriques. Il espère en retirer 40 milliards de réais (10,7 milliards d’euros) d’ici fin 2018, pour combler en partie le déficit public estimé à 159 milliards de réais (42,5 Mds €).

Romain Chicheportiche

FAST 2017

 

FAST1

 

FAST 2017, organisé par le GICAN en partenariat avec Naval Group, le Pôle EMC2 et Sirehna, réunit les universitaires, experts et industriels du monde entier. L’ADN de FAST est composé de sujets traditionnels tels que la sécurité, l’économie du transport ou encore l’hydrodynamique. Cette année, un accent particulier est mis sur l’utilisation de nouveaux matériaux, les modes de propulsion et carburants.

FAST2

Quelques thèmes abordés :

L’hydrodynamique navale : vers des performances accrues en mer

Le caractère exigeant des mers et océans nécessite une recherche permanente de sécurité et de fiabilité.

Des nouvelles formes de coques

De nouvelles formes sont créées pour une meilleure tenue en mer et une augmentation des capacités du navire

La fabrication additive

Cette nouvelle méthode de fabrication permet de réparer une pièce directement à bord et réduit ainsi les coûts de restauration.

Rechercher la performance tout en limitant l’impact environnemental

FAST2017 dévoilera les secrets de la conception d’un navire performant et vert : un navire urbain rapide et électrique, conçu avec des matériaux durables et équipé de batteries rechargeables à quai, ne rejetant aucun gaz polluant.

Des systèmes intelligents pour lutter contre la corrosion des structures maritimes

Plusieurs présentations aborderont les enjeux de la protection cathodique des structures maritimes immergées.

L’équipe de FAST 2017 est heureuse de vous accueillir et reste à votre écoute à [email protected]

Recrutements de cadres : des niveaux inégalés entre 2017 et 2019

L’ Association pour l’emploi des cadres a élaboré un modèle économétrique qui permet de déterminer des prévisions de recrutements de cadres à un horizon de 3 ans. Celui-ci met en évidence la relation étroite existant entre les recrutements de cadres, les investissements, la croissance et les départs à la retraite de cadres en poste. Le scénario retenu par l’Apec, dans le cadre de ce modèle est celui d’une « croissance soutenue ».

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Les conditions d’une reprise économique soutenue semblent enfin réunies après plusieurs années d’une croissance française atone ou au mieux bridée. En effet, dans la lignée d’un dernier trimestre 2016 bien orienté, elle devrait s’accélérer avec une hausse prévue du PIB de 1,6 % sur l’ensemble de l’année 2017. Cette performance se rééditerait en 2018 et s’amplifierait jusqu’en 2019 pour atteindre +1,8 %.

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L’amélioration serait liée à différents facteurs au premier rang desquels, on retrouve l’investissement des entreprises. Portés par des perspectives d’activités bien orientées, ainsi que par le faible coût du capital et la progression du taux d’utilisation des capacités de production, les agents économiques devraient intensifier leurs dépenses d’investissement. Ceci malgré la fin de la mesure fiscale de suramortissement effective en avril 2017. Dans le même temps, l’investissement des ménages en biens immobiliers devrait se montrer dynamique, favorisé par des facteurs temporaires tels que l’assouplissement du prêt à taux zéro, la loi Pinel, et les taux d’intérêt bas.

  • Au total, la Formation Brute de Capital Fixe pourrait progresser de +2,3 % en 2017. Cette hausse gagnerait en intensité en 2018 (+2,9 %) et en 2019 (+3,3 %). Le secteur de la construction devrait également retrouver des couleurs, au même titre que l’industrie manufacturière, avec des carnets de commandes fournis.
  • La croissance française pourrait également s’appuyer sur une contribution positive du commerce extérieur. En effet, le millésime 2016 a été marqué par des contre-performances à l’exportation liées, d’une part à des évènements exceptionnels (baisse de l’attractivité touristique, mauvaises récoltes, défaillance dans les chaînes de production d’Airbus) et d’autre part, à la faiblesse de la demande extérieure adressée à la France. En 2017, les entreprises exportatrices devraient tirer profit de la bonne tenue du commerce mondial et profiter de contrats d’envergure signés dans l’aéronautique. Mais surtout, les gains de compétitivité engrangés grâce au CICE et au Pacte de Responsabilité et de Solidarité pourraient leur permettre de reconquérir des parts de marché.
  • Seul bémol : la progression des dépenses de consommation des ménages pourrait se tasser. En cause, la baisse de leur pouvoir d’achat liée à la remontée des prix de l’énergie. Phénomène qui pourrait se traduire par la constitution d’une épargne de précaution.
  • Les créations nettes d’emplois devraient s’intensifier : 203 000 emplois salariés marchands seraient créés en 2017, selon l’Insee. Elles contribueraient à faire reculer le taux de chômage, dans un contexte où la progression de la population active devrait être moins soutenue. Néanmoins, la trajectoire de réduction du chômage pourrait s’avérer lente : le taux de chômage au sens du BIT s’établirait à 9,4 % (y compris DOM) à fin 2017, soit – 0,6 point sur un an (fin 2016, le taux de chômage des cadres calculé par l’Insee au sens du BIT s’élevait à 3,5%).
  • Les cadres pourraient tirer bénéfice de cette croissance soutenue. La part des cadres en poste au moment de leur départ à la retraite pourrait, dans cette configuration, se consolider et s’établir à 53 % en 2019.

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Si ces prévisions font l’objet d’un consensus fort de la part de différents instituts de conjoncture, il n’en demeure pas moins que l’ensemble des observateurs fait mention d’aléas importants :

  • Au niveau national : ceux-ci concernent la capacité de rebond des exportations françaises toujours potentiellement affectées par le déficit chronique de compétitivité du tissu productif français ainsi que par l’évolution de la consommation des ménages.
  • Au niveau international : l’impact à venir du Brexit, la situation géopolitique tendue au Moyen-Orient, les tentations isolationniste et protectionniste de l’administration Trump ou encore les menaces terroristes extrêmes sur le sol européen pourraient contrarier l’enchaînement vertueux qui se profile.

Enfin, selon le baromètre trimestriel de l’Apec, la confiance des entreprises est largement de mise. Elles sont ainsi 58% à avoir l’intention de recruter au moins un cadre au cours du 3ème trimestre 2017. Cette proportion est en hausse de 6 points par rapport à la même période il y a un an. Autre point fort de cet indicateur : si la proportion d’entreprises ayant recruté au deuxième trimestre 2017 est stable par rapport à 2016, c’est à un niveau élevé. Enfin, ces perspectives favorables devraient profiter à tous les profils de cadres, les entreprises se montrant notamment plus ouvertes aux embauches de jeunes diplômés et de cadres très expérimentés qu’il y a un an. (cf. Baromètre No 60 –3e trimestre 2017)

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En 2017, le nombre de recrutements de cadres augmenterait de 5 % et approcherait du seuil des 215 000. Cette prévision est proche de la médiane de prévision établie à partir de la dernière enquête annuelle de l’Apec menée auprès des entreprises fin 2016. Si ce chemin de croissance et d’investissement se confirmait, le volume de recrutements de cadres atteindrait en 2019 un niveau inégalé : il s’établirait à près de 237 000, après un peu plus de 225 000 en 2018.

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Source : Apec

Les technos qui pourraient révolutionner notre quotidien

Nous verrons certainement la réalité d’un autre œil avec la multiplication des usages reposant sur la réalité virtuelle. Cette technologie permet de plonger dans des environnements imaginaires grâce à un casque (parfois couplé à des accessoires). La réalité pourrait être aussi « augmentée » avec l’intégration d’objets ou d’informations dans notre champ de vision via un smartphone ou un pare-brise. L’affichage de ces données permettra de mieux nous guider (aide à la navigation) ou de nous apporter des informations complémentaires (visites guidées par exemple).

Des chatbots devraient également se multiplier. Ces logiciels-robots nous assisteront et nous conseilleront. Plus perfectionnés, des logiciels « experts » seront également capables de pointer les zones anormales pour faciliter le travail d’un radiologue.

Ils pourraient s’appuyer sur les technologies de Machine Learning. Il s’agit d’algorithmes permettant à un système d’adapter ses analyses et son comportement, en se fondant sur l’analyse de données empiriques provenant d’une base de données ou de capteurs.

100 millions de fois plus rapides

L’analyse de ces bases de données pourrait être optimisée et accélérée grâce à des calculateurs quantiques. En travaillant sur des qubits (ou bit quantique) dont l’état peut posséder plusieurs valeurs, leur vitesse de calcul serait beaucoup plus rapide qu’avec des ordinateurs classiques. Grâce à l’ordinateur quantique D-Wave 2X, la Nasa et Google seraient parvenus à atteindre des vitesses de calcul 100 millions de fois plus rapides que les ordinateurs classiques.

De nombreuses professions pourront également s’appuyer sur des drones afin de récupérer des informations déterminantes : optimisation des récoltes, surveillance des forets, urbanisation… À la différence des modèles destinés aux particuliers, les drones à usages professionnels ont souvent une capacité de charge plus importante, un temps de vol plus long et des capteurs plus précis, améliorant la sécurité du vol. Ils pourraient donc être utilisés des premiers secours ou de la maintenance.

Selon le Gartner, la Blockchain est promise à un bel avenir car les applications sont multiples : renforcement de la confidentialité des données, sécurité des transactions… Elle pourrait « révolutionner » différents secteurs d’activité et en particulier tous les intermédiaires de « confiance » chargés de vérifier l’identité d’une personne en prenant au passage une commission plus ou moins élevée.

Notre quotidien pourrait être « révolutionné » avec la maison connectée. De nombreux objets (thermostats, caméras, capteurs d’environnement…) amélioreraient notre confort, notre sécurité,tout en réalisant des économies d’énergie. La généralisation de la 5G et de l’impression 3D ouvre de nouvelles perspectives : échanges de données plus rapides, personnalisation des objets, production à la demande…

Bardé de capteurs et reposant sur de multiples bases de données, notre espace de travail sera aussi connecté pour améliorer l’efficience des employés et des organisations.

Philippe Richard

Production d’électricité : quand des enzymes rivalisent avec le platine

Une pile à combustible convertit l’énergie chimique de combustion de l’hydrogène en énergie électrique. Si elle est considérée comme un procédé propre – car elle ne rejette aucun gaz à effet de serre – la pile à combustible utilise néanmoins comme catalyseurs1 des métaux rares et coûteux, tel le platine, pour l’oxydation de l’hydrogène et la réduction de l’oxygène. Ces dernières années, l’identification de biocatalyseurs, des enzymes aux propriétés remarquables, a relancé très activement la recherche : leur activité de transformation de l’oxygène, mais surtout de l’hydrogène, est comparable à celle du platine.  L’activité des hydrogénases était, jusqu’à récemment, inhibée par l’oxygène et donc incompatible avec une utilisation en pile.

Depuis plusieurs années, des chercheurs du laboratoire de Bioénergétique et ingénierie des protéines (CNRS/Aix-Marseille Université) développent une nouvelle génération de biopiles. Ils ont remplacé le catalyseur chimique (le platine) par des enzymes bactériennes : à l’anode2, l’hydrogénase (clé de conversion de l’hydrogène dans de nombreux microorganismes), et la bilirubine oxydase à la cathode3. Ils ont donc identifié une hydrogénase active en présence d’oxygène et résistante à certains inhibiteurs du platine comme le monoxyde de carbone. En collaboration avec le Centre de recherche Paul Pascal (CNRS/Université de Bordeaux), ils ont aussi exploré la biodiversité pour identifier des enzymes thermostables qui résistent à des températures entre 25° et 80°.

Faire évoluer ces bioprocédés du laboratoire vers un développement industriel supposait cependant de lever deux verrous majeurs : en 2014, leur premier prototype était notamment limité par les faibles puissances générées et par la stabilité des enzymes. Un changement d’échelle était donc nécessaire, tout en maintenant l’activité des enzymes et en les protégeant d’inhibiteurs éventuels. Troisième enjeu majeur, la diminution des coûts, et donc entre autres, minimiser les quantités d’enzymes mises en jeu. Autant de points qui nécessitent un travail fondamental et pluridisciplinaire de compréhension des facteurs limitant la bioélectrocatalyse.

En incorporant progressivement les deux enzymes thermostables dans une architecture carbonée, les chercheurs ont apporté une solution à ces trois problématiques. La porosité adaptée d’un feutre de carbone fait office de structure hôte pour les enzymes, mais sert aussi de protection contre des espèces chimiques générées lors de la réduction de l’oxygène et qui altèrent l’activité des enzymes. La pile peut ainsi fonctionner sans perte de performance pendant plusieurs jours.

Grâce à cette architecture contrôlée et aux propriétés intrinsèques des enzymes, les chercheurs sont parvenus pour la première fois à quantifier la proportion d’enzymes participant effectivement au courant, mettant en évidence que les courants délivrés par le biocatalyseur sont très proches des objectifs attendus pour le platine. Ils ont de plus établi un modèle numérique permettant de déterminer la géométrie optimale de la pile. Ces biopiles apparaissent ainsi comme une alternative aux piles à combustibles classiques : la biomasse peut être utilisée à la fois pour fournir le combustible (l’hydrogène) mais également le catalyseur (les enzymes), par nature renouvelable.

biopile
© Ievgen Mazurenko, BIP Biopile à combustible H2/O2 basée sur une hydrogénase thermostable résistante à l’oxygène et au monoxyde de carbone à l’anode et une bilirubine oxydase thermostable à la cathode fournissant des courants de l’ordre de l’ampère par milligramme d’enzymes.

Notes :

1. Un catalyseur permet d’activer ou d’accélérer des réactions chimiques.
2. Électrode à laquelle a lieu une réaction d’oxydation. Il s’agit du pôle négatif dans une pile électrique.
3. Électrode à laquelle a lieu une réaction de réduction. Il s’agit du pôle positif dans une pile électrique

Références :

Impact of Substrate Diffusion and Enzyme Distribution in 3D-Porous Electrodes: a combined electrochemical and modelling study of a thermostable H2/O2 Enzymatic Fuel Cell, Ievgen Mazurenko, Karen Monsalve, Pascale Infossi, Marie-Thérèse Giudici-Orticoni, Frédéric Topin, Nicolas Mano, Elisabeth Lojou, Energy & Environmental Science, 17 août 2017. DOI : 10.1039/C7EE01830D

Source : cnrs

Le stockage de données sera-t-il moins énergivore ?

Le stockage des données sur les disques durs d’ordinateurs se fait sous forme magnétique. Chercheurs et ingénieurs tentent de réduire toujours davantage la taille réelle de ces bits mais aussi d’en réduire la consommation électrique. D’après une étude de l’Université de Standford,  parue en 2013, les quelque 500.000 data centers existants dans le monde consommeraient environ 30 milliards de Wh d’électricité par an, soit l’équivalent de la production de 30 centrales nucléaires.

Sur les disques durs actuels, le stockage de données se fait à l’aide d’une petite tête magnétique, qui parcourt le disque dur, un peu à la manière d’une aiguille de lecture sur un disque en vinyle. C’est le principe de l’aimantation (soit par commutation magnétique ou courants électriques à spin polarisé). Mais cela exige des courants électriques relativement élevés qui chauffent les matériaux et entraînent une importante perte d’énergie par dissipation de chaleur (effet Joule). On estime par exemple que 40 % de l’énergie des ordinateurs est perdue par dissipation de chaleur.

D’où les projets de Google notamment d’implanter ses serveurs sous l’eau ou dans les pays nordiques, afin de bénéficier de températures peu élevées.

Le projet SPIN-PORICS, financé par l’UE, a indiqué dans la revue Advanced Functional Materials être parvenu à créer un nouveau matériau prometteur présentant des propriétés similaires à celles d’une éponge. Ce projet SPIN-PORICS (Merging Nanoporous Materials with Energy-Efficient Spintronics) a créé des prototypes de mémoires magnétiques nanoporeuses à partir d’alliages de cuivre et de nickel (CuNi).

L’équipe du projet a signalé avoir pu obtenir une réduction de la coercivité magnétique de 35 %, atteignant ainsi la consommation d’énergie nécessaire pour réorienter les domaines magnétiques et enregistrer ainsi les données. Selon le professeur Jordi Sort, coordinateur du projet, « ce nouveau concept peut contribuer à réduire l’énergie consommée par les ordinateurs, l’informatique et le traitement des données magnétiques en général.  La mise en œuvre de ce matériau dans les mémoires d’ordinateurs et d’appareils mobiles peut présenter de nombreux avantages, principalement au niveau de l’économie d’énergie directe réalisée au niveau des ordinateurs et du gain d’autonomie des appareils mobiles. »

Philippe Richard

Bruno Le Maire mise sur l’innovation pour relancer l’économie française

La France a le niveau de dépenses publiques le plus élevé en Europe, mais est loin d’être le pays européen qui se porte le mieux. Bruno Le Maire, ministre de l’Economie en dresse un triste portrait: « balance commerciale déficitaire, niveau de chômage : élevé, et croissance faible ». Le Gouvernement a donc décidé de réduire un certain nombre de dépenses publiques. « Nous estimons qu’avec la révolution digitale, nous pouvons faire mieux avec moins de moyens budgétaires », défend Bruno Le Maire. Par ailleurs, les collectivités locales devront aussi faire des économies, car « elles doivent participer à l’effort », estime le ministre.

Grâce à ces économies, la France pourra tenir ses engagements européens pour « retrouver de la crédibilité » et « du poids politique », prévient Bruno Le Maire. Ainsi, le pays gagne « des marges de manoeuvre pour relancer l’économie française ». Baisse de l’impôt sur les sociétés, transformation de l’impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière, taxation unique des revenus de l’épargne à 30%, suppression de la taxe d’habitation pour une partie des ménages… Voici les principales mesures fiscales pour redonner de l’air aux ménages et aux entreprises.

Des marges de manœuvre pour l’innovation?

Surtout, Bruno Le Maire mise sur l’innovation pour relancer l’économie française. « L’innovation, c’est la clé de l’avenir économique de notre pays », assure-t-il. Mais pour l’instant, la France n’est pas au niveau. « Les révolutions technologiques en cours, […] la révolution digitale, […] les transformations majeures liées à l’intelligence artificielle ne nous attendront pas », prévient le ministre. La France doit réagir vite pour avoir sa place dans ces innovations de ruptures, telles que la voiture autonome.

Face à ce constat, « il faut dégager les moyens nécessaires pour que nos entrepreneurs puissent investir, innover », réagit Bruno Le Maire. Ainsi, il annoncera « d »ici quelques semaines », la cession de participations de l’Etat dans un certain nombre d’entreprises publiques et  la privatisation de certaines entreprises afin de financer l’innovation. De quoi se débarrasser d’entreprises qui ne sont plus jugées stratégiques pour notre avenir industriel.

Repenser le système éducatif

Au-delà des dépenses, des économies et des moyens dégagés pour l’innovation, « la question économique la plus importante est la question éducative », affirme le ministre de l’Economie. « Face à la révolution technologique, ce n’est pas que l’outil productif français qu’il faut transformer, c’est tout le système éducatif », poursuit-il. Ainsi, la filière scientifique doit être renforcée, l’apprentissage toujours plus développé. Car la France manque encore d’ingénieurs et de techniciens spécialisés.

Surtout, il faut revoir la réussite à la française et adopter un nouvel « état d’esprit ». « Il faut que nous apprenions à nos enfants le goût de la conquête, la liberté d’entreprendre… », prévient Bruno Le Maire. Et que la France soit capable de « penser l’innovation du futur », plutôt que de suivre, le plus souvent, le peloton.

Avancer grâce à une finance responsable

Bruno Le Maire tacle François Hollande et son fameux « Mon véritable adversaire […] c’est le monde de la finance », prononcé au Bourget en 2012. « Nous avons besoin de la finance pour développer nos start-ups, nos entreprises, nos usines et nos projets, défend le nouveau ministre. Une finance responsable qui évite les abus et dont les comportements excessifs seront condamnés ». Car sans finance, pas de nouveaux investissements.

Pour que cette transition réussisse, elle devra s’inscrire dans un renforcement européen global. Bruno Le Maire rêve d’un continent européen fort, capable d’imposer des règles et des normes. Et qui résiste ainsi à la volonté de conquête économique de la Chine et des Etats-Unis.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Energies Lyon 2017, le plein d’énergies

La région Rhône-Alpes est la 1ère région française de production d’énergie et d’électricité en Europe, le nucléaire, quant à lui, occupe le 4ème secteur en matière de R&D en France. Elle soutient par ailleurs fortement la recherche dans ce domaine avec une politique favorable à l’essor de la cogénération et se positionne désormais aussi comme un espace prometteur et en pointe pour le développement des énergies renouvelables.

Le sillon rhodanien constitue un cadre favorable au développement énergétique et met tout en œuvre afin de pérenniser ce leadership. Effectivement, des réseaux d’innovation sont spécialisés dans les secteurs de protection environnementale ainsi que de maîtrise d’énergie.

 

C’est donc par choix stratégique que le salon Energies Lyon se tiendra à Eurexpo en Septembre. Il permettra aux professionnels de l’énergie, fournisseurs et investisseurs, de se rencontrer pendant  deux jours.

Les 360 sociétés présentes sont spécialisées dans leur domaine d’activité et apporteuses de solutions innovantes, que ce soit en terme de certification, de protection ou encore de prévention. Ils seront là pour démontrer leur savoir faire, et, véritables experts, ils présenteront des solutions innovantes dans les domaines de l’ingénierie, de la recherche et du développement entre autres, où – transition énergétique oblige – industrialisation rime avec environnement.

Quant aux visiteurs, nous retrouverons les investisseurs, décideurs et prescripteurs de la production et de la R&D ; professionnels des secteurs du Nucléaire, Thermique, Hydraulique, Solaire ou encore Pétrochimie & Gaz.

Ils pourront à cette occasion se tenir informés des nouveaux produits, des applications technologies et des solutions de procédés qui leur seront présentés, avec  conférences produit, tables rondes ainsi que sessions d’étude, animées par des spécialistes. Par ailleurs, des bureaux d’affaires seront mis en place. C’est par ce biais que les visiteurs auront la possibilité de prendre rendez-vous avec les exposants, ce dès la mise en ligne de la liste de ceux-ci.

 

Ce salon a un rôle de leader en tant que plate-forme d’innovation, d’information et de contact. Parallèlement, il offre une plate-forme idéale pour les échanges de connaissances et la consolidation des relations.

 

Info pratiques :

Parc des expositions EUREXPO / Hall 4.1 / Avenue Marius Berliet / 69680 Chassieu

mercredi 20, 9h00 – 18h00 / jeudi 21, 9h00 – 17h00

 

Entrée : gratuite, réservée aux professionnels, avec ou sans invitation.

 

Contact :

Claire GAOUDITZ – 02.38.95.25.00 – [email protected]

www.energieslyon.com

Chimie Lyon 2017, le coeur de toutes chimies

Dans les domaines de la pétrochimie, de la chimie minérale, analytique ou organique on retrouve  des  acteurs  mondiaux comme  TOTAL,  ARKEMA,  SOLVAY,  BLUESTAR  SILICONES,  GDF  Suez,  KEM  ONE  ou  encore  IFP  ENERGIES NOUVELLES. Les domaines connexes tels que la pharmacie ou la plasturgie y sont également très représentés. Toute la chaîne de valeur de la chimie est présente ici, ainsi que de nombreux centres de R&D, établissements de formation spécialisés, et pôles de compétitivité tel qu’AXELERA, unique cluster français dans le domaine de la chimie et de l’environnement.

 

C’est donc par choix stratégique que le salon Chimie Lyon se tiendra à Eurexpo en Septembre, en partenariat avec de multiples organismes tel que GIMRA, MASE Rhône Alpes et SFSTP. Il permettra aux professionnels de la chimie, fournisseurs et investisseurs, de se rencontrer pendant  deux jours.

Les 360 exposants que nous comptons sont des spécialistes dans leur domaine et apporteurs de solutions, que ce soit en terme de certification, de protection ou encore de prévention. Ils seront là pour démontrer leur savoir faire, et, véritables experts, ils présenteront des solutions innovantes dans les domaines de la technologie de laboratoire et procédés, de la recherche et du développement.

Quant aux visiteurs, nous retrouverons les investisseurs, décideurs et prescripteurs de la production et de la R&D ; professionnels des secteurs de la pharmacie, chimie, biotechnologie, cosmétique ou encore des produits alimentaires.

Ils pourront à cette occasion se tenir informés des nouveaux produits, des applications technologies et des solutions de procédés qui leur seront présentés, avec  conférences produit, tables rondes ainsi que sessions d’étude, animées par les spécialistes de la chimie. Par ailleurs, des bureaux d’affaires seront mis en place. C’est par ce biais que les visiteurs auront la possibilité de prendre rendez-vous avec les exposants, ce dès la mise en ligne de la liste de ceux-ci.

 

Ce salon a un rôle de leader en tant que plate-forme d’innovation, d’information et de contact. Parallèlement, il offre une plate-forme idéale pour les échanges de connaissances et la consolidation des relations.

 

 

Info pratiques :

Parc des expositions EUREXPO / Hall 4.1 / Avenue Marius Berliet / 69680 Chassieu

mercredi 20, 9h00 – 18h00 / jeudi 21, 9h00 – 17h00

 

Entrée :

Gratuite, réservée aux professionnels, avec ou sans invitation.

 

Contact :

Claire GAOUDITZ – 02.38.95.25.00 – [email protected] – www.chimielyon.com

Episode # 7: le projet Effiscience

Alicia Machet-Reneuil gara son Aston Martin sur le parking visiteurs du siège social de l’entreprise Soob, groupe international spécialisé dans la fabrication de fibres de verre et de carbone. La société était florissante mais avait pourtant fait appel à son cabinet d’expertise, afin d’accroître sa rentabilité. Les bénéfices mirobolants stagnaient, au grand désespoir des actionnaires propriétaires, qui en voulaient toujours plus, et du Comité Directeur, qui craignait de se voir remplacé.

D’une allure aussi élégante que rapide, Alicia pénétra dans le hall et apprécia l’efficacité du poste d’accueil, qui très rapidement lui présenta d’un geste professionnel un badge l’habilitant à pénétrer dans les locaux de l’entreprise. La concurrence industrielle faisait rage, et on ne lésinait pas sur la sûreté. En quelques secondes, elle put rejoindre les ascenseurs et commença à distinguer les changements qu’elle avait opérés dans l’entreprise.

Quelques semaines plus tôt, à cette heure-là, ils étaient des dizaines de cadres à attendre devant les portes des ascenseurs en échangeant poignées de main, sourires, anecdotes, comptes rendus de soirée. Aujourd’hui, seules cinq personnes s’y engouffrèrent avec elle puis immobiles et muettes, restèrent ainsi, jusqu’à leur étage.

Alicia sourit en elle-même : la mission avait semblé difficile dans un premier temps, car les processus classiques d’optimisation avaient déjà été appliqués. Mais grâce à la technologie, elle était parvenue à un résultat qui devait plaire à ses commanditaires.

Elle entra d’un pas conquérant à l’étage de la Direction Générale pour se rendre dans la salle du Comité de Direction. Aucun bruit de conversation ne lui parvint en longeant le grand couloir luxueux. Là encore, on ne trouvait que des cadres supérieurs strictement affairés devant leurs écrans.

En pénétrant dans la grande salle, l’atmosphère studieuse et concentrée qu’elle avait ressentie tout au long de sa progression changea du tout au tout. Là, dix hommes stressés semblaient avoir perdu tout contrôle et s’accusaient mutuellement. La situation qui avait paru à Alicia parfaite jusque-là venait de se renverser. Certains visages lui semblaient particulièrement hostiles. Affichant un masque imperturbable et serein, elle lança un Bonjour à la cantonade.

Un silence glacial accompagna son installation. Son esprit recherchait désespérément des explications. Qu’est-ce qui avait pu foirer ? Les chiffres étaient pourtant à la hauteur de leurs espérances. Son bonus allait exploser, elle en était certaine une demi-seconde auparavant. Alors quoi ?

Elle décida de prendre l’offensive mais le CEO la précéda.

– Qu’est-ce que c’est ce bordel ? J’exige des explications ! Et des solutions !

Il était rouge de colère. Alicia, sans plus information sur ce qui se passait, prit sa voix la plus posée pour répondre :

– De quoi parlez-vous exactement ? Des résultats de votre entreprise, qui ont progressé en un mois, autant qu’en une année pleine ? Il me semblait que c’était pour cette raison que vous m’aviez demandé d’intervenir.

Le CEO éructa alors :

– Résultats qui seront entachés par la hausse des assurances, le paiement des primes de prévoyance et surtout par notre réputation, qui se ternit chaque jour ! Vous croyez qu’un mort par continent et par jour va nous permettre de rassurer nos actionnaires ? Que les journalistes et la police vont rester indifférents à l’hécatombe ? Je vous préviens, Madame Machet-Reneuil, je n’irais pas en prison tout seul !!!

Alicia blêmit. Les études n’avaient montré aucune mortalité liée à la technologie qu’elle employait. De quoi parlait donc le CEO ?

– Attendez ! Quels morts ? De quoi parlez-vous exactement ? Il est impossible que notre action soit responsable de morts.

Le plus proche adjoint du CEO prit la parole à son tour, la mine défaite, et d’un ton morne, il raconta :

– Pas directement, c’est sûr. Mais indirectement, il est avéré que certains de nos employés sont morts dans nos usines à cause de ce que nous avons fait.

Le CEO se leva de son siège et s’adressa à tous les membres autour de lui :

– On met immédiatement le projet en stand-by. Et dans l’heure, on appelle tous les directeurs de centres à pousser la sécurité des personnes en objectif numéro un. Cela devrait permettre d’éviter la plupart des accidents de ces derniers jours.

Il fixa Alicia :

– Et vous, Madame Machet–Reneuil, prenez connaissance des données confidentielles que je vous envoie sur les morts récentes survenues dans nos usines et les circonstances de celles-ci. Je vous suggère fortement de les étudier au plus vite et de revenir aussitôt que possible avec une solution fiable, si vous ne voulez pas que votre nom soit associé à cette catastrophe !

Alicia serra les dents sans répondre. Elle accusa réception du fichier confidentiel qu’elle venait de recevoir et prit congé sans ajouter un mot. Arrêter le projet était stupide ! Les résultats étaient là, la technologie bien ficelée, elle ne comprenait vraiment pas.

Elle reprit le grand couloir en sens inverse et retrouva l’atmosphère qui l’avait tant enchanté une heure plus tôt. Au niveau de l’escalier central, Alicia croisa Michelle Demachelet, la responsable communication, les bras chargés de plaquettes commerciales. Elle avait eu l’occasion de la rencontrer lors des semaines d’audit et avait apprécié l’enthousiasme de cette grande femme brune. Elle lui sourit mais Michelle, comme les autres employés, était entièrement concentrée sur sa tâche et ne lui jeta même pas un regard. C’était l’aspect négatif de l’optimisation qu’elle avait apporté à l’entreprise : les rapports humains superflus étaient abolis. Seules comptaient l’efficacité et la rationalisation. Les membres du CoDir échappaient à ce processus, par choix.

À peine l’avait-elle dépassé qu’un bruit de chute et un long hurlement lui parvinrent. Alicia se retourna juste à temps pour voir cette scène étrange : Michèle finissant sa chute dans l’escalier, tandis que deux hommes s’écartaient pour ne pas être percutés. Michèle cria à nouveau de douleur, mais les deux hommes poursuivirent leur chemin, sans un regard pour elle. Alicia poussa une porte de bureau, prit d’autorité le téléphone et composa le numéro d’urgence. Elle resta avec Michèle jusqu’à l’arrivée des pompiers, mais celle-ci ne lui adressa aucun mot : sa pâleur et sa respiration saccadée indiquaient pourtant qu’elle souffrait. Les pompiers, qui à leur arrivée n’en tirèrent pas davantage de sons, l’emmenèrent sur un brancard après avoir constaté que sa jambe présentait une fracture,

Hagarde, Alicia resta un moment sans bouger, à analyser cette scène surréaliste, les deux hommes n’avaient à aucun moment essayé de secourir leur collègue et Michèle qui n’avait pas cherché à appeler à l’aide. Elle devait admettre l’évidence, le projet Effiscience présentait quelques failles et pouvait générer des accidents.

Dès son retour à ses bureaux dans un hôtel particulier cossu, Alicia se mit au travail. Elle analysa les rapports d’accidents de Soob survenus les jours précédents. Certains semblaient insensés, comme celui de l’usine de Bhompal en Inde, où un ouvrier avait trouvé la mort en se glissant dans le réacteur de huit cents litres pour débloquer un arbre d’agitation, alors que le réacteur était encore rempli d’un monomère toxique à cent cinquante degrés. Un véritable suicide ! Tous les relevés attestaient en revanche que la production n’avait à aucun moment souffert de retard. Alicia savait qu’un rapport se devait d’être factuel mais l’inhumanité qui transparaissait dans ces fichiers lui donnait le vertige. La technologie Effiscience utilisée dans les usines du Groupe Soob n’était pas censée abolir l’instinct de survie, ni même l’empathie. Elle ne comprenait pas ce qui avait dérapé mais elle comprenait que tout était lié au projet qu’ils avaient mis en place.

Elle interrompit alors la lecture de ces rapports pour revenir au dossier hautement sensible du projet Effiscience. Elle cherchait à comprendre la raison de ces soudains effets secondaires. Pour être totalement honnête, on ne l’avait jamais testé à aussi grande échelle. Elle relut les rapports scientifiques, les premiers tests sur des volontaires, des étudiants désargentés pour la plupart, tous enchantés des résultats. Le processus leur avait permis une meilleure concentration et ils avaient tous, sans exception, réussi haut la main leurs concours ou diplômes, quelle que soit la matière enseignée.

Les tests suivants avaient été réalisés dans une filiale déficitaire d’une entreprise de nettoyage. On avait commencé là, les premiers essais à l’insu du personnel. C’était une première, qui avait mobilisé les avocats les plus retors du cabinet d’expertise d’Alicia.

Là encore, les résultats avaient été foudroyants. La productivité avait immédiatement atteint des sommets. Les responsables de l’entreprise étaient ravis, à tel point qu’ils avaient souhaité étendre le dispositif à tout leur réseau. Le système tournait sans accroc depuis un an. Alicia chercha dans les rapports de l’entreprise des signes de problèmes mais n’en vit aucun. Les premières semaines, le nombre de démissions avait explosé, phénomène qu’ils avaient appris à considérer comme naturel, mais depuis, le turn-over du personnel s’était stabilisé. Les employés n’étaient toujours pas informés du dispositif mis en place. Aucun accident de travail n’était à déplorer.

Prise d’un doute, Alicia contacta son interlocuteur habituel dans l’entreprise de nettoyage, le sous-directeur qui lui envoyait les rapports mensuels. Comme toujours, Patrick Benamou prit un air ravi quand il reconnut son interlocutrice. Alicia vint rapidement à la question qui la taraudait :

– Patrick, je lis dans ton rapport du mois dernier : « accident de travail : 0 ». Et je me souviens que c’était le cas aussi le mois d’avant. À quand remonte le dernier accident de travail chez vous ?

Le regard fuyant, Patrick rit bruyamment :

– Je ne me souviens plus ! Ça n’arrive presque jamais dans le nettoyage, tu sais ? Ce n’est pas spécialement un métier à risques !

– J’en suis sûre. Mais avec plus de cinq mille salariés, il a bien dû se produire au moins une entorse dans l’année !

Patrick Benamou ne souriait plus du tout. Il dit brusquement :

–  Grâce à votre système, nos employés sont hypermotivés. Une entorse ne les empêche pas de faire leur boulot !

Alicia ne s’attendait pas à cet aveu. Elle sentit ses mains devenir moites mais continua sur sa lancée :

– Dis-moi réellement ce qu’il en est. J’ai besoin de l’information. Ça restera entre toi et moi.

Patrick pesa le pour et le contre quelques secondes puis balança :

– Nous n’avons jamais vraiment eu d’accidents de travail, en tout cas notés comme tels. Si un employé se blesse pendant qu’il travaille, il sait qu’il doit en parler avec son chef de section qui le renverra chez lui. On maintient son salaire intégralement. Ils ont tous bien compris qu’ils étaient gagnants à ne pas se déclarer. Les assurances nous font des remises. Tout le monde y trouve son compte !

Alicia hocha la tête pour montrer qu’elle avait compris. Ils prirent rapidement congé, assez froidement. Alicia pencha la tête en arrière et commença à réfléchir. Il n’y avait pas eu d’accident avec les étudiants, mais ceux-ci étaient contrôlés presque en permanence par l’équipe du projet. Dans l’entreprise de nettoyage, il était impossible de savoir combien d’accidents avaient eu lieu et quel pourcentage d’entre eux pouvaient être imputé à la technologie utilisée. Chez Soob, la mortalité atteignait des records. Clairement, le projet posait problème.

Elle prit aussitôt contact avec l’info-biologiste du projet, Lucas Pauret. Bel homme mais d’une froideur clinique. Comme à l’accoutumée, Lucas ne la salua pas quand il prit la communication, sa bouche pincée exprimait même de la contrariété à être dérangé. Alicia savait qu’il lui fallait être rapide et précise dans sa description du problème, mais aussi dans ce qu’elle attendait de lui. Elle ne respira que lorsqu’elle eut décrit la situation en quelques phrases. Le beau visage de Lucas s’adoucit et ses yeux pétillèrent : le problème l’intéressait. Elle le vit réfléchir furieusement au problème quelques instants puis il demanda :

– Quel programme hypnotique utilisez-vous chez Soob ?

– On utilise toujours le même, Lucas. Celui qui fonctionnait chez les étudiants et dans l’entreprise de nettoyage.-

– Ah non, certainement pas. Les étudiants avaient besoin d’un message axé sur leur concentration à étudier, plus un petit bonus sur leur confiance en eux-mêmes. Alors que l’entreprise de nettoyage avait besoin de donner à ses employés peu qualifiés un ordre clair. Exécuter les tâches à réaliser, rapidement. C’est tout.

– Tu crois que le problème vient de là ?

– Évidemment ! N’importe quel crétin comprendrait que le produit que vous administrez aux employés, celui qui permet d’atténuer les effets du côté droit du cerveau et d’augmenter la rationalité du côté gauche, associé à un message hypnotique trop basique du genre « exécute tes tâches et seulement elles » ne peut s’appliquer qu’à des personnes dont l’activité est simple et répétitive ! Sinon, c’est un désastre ! Dans cette société, vous avez gravement sous-estimé la professionnalisation des opérateurs de production. Ils ont besoin d’ordres plus complexes. Revois les messages hypnotiques avec Simon et tout rentrera dans l’ordre.

– D’accord. Merci Lu…

Lucas avait déjà coupé la communication. Alicia se massa les tempes. Si elle avait bien compris, à chaque catégorie de personnel, il faudrait adapter le message hypnotique. Matériellement parlant, ce n’était pas un problème, puisque chaque employé recevait son traitement quand il badgeait le matin. Le produit faisait ensuite effet pendant huit à dix heures. Le message pouvait tout à fait être adapté de façon individuelle.

Elle prit aussitôt rendez-vous avec le CEO de Soob avant même de contacter Simon. À son grand soulagement, celui-ci lui indiqua que le travail serait en réalité assez rapide : il allait se contenter d’un copier-coller des grandes lignes des fiches de poste de l’entreprise. Celles-ci n’omettaient jamais d’inclure les aspects sécurité et qualité. Cela devrait suffire à ramener la sérénité dans l’entreprise.

Dès le lendemain matin, elle était à pied d’œuvre dans la salle du Comité Directeur de Soob. Elle n’hésita pas à tenir pour responsable le CEO de l’erreur qui avait été commise. Officiellement en tout cas, il était celui qui avait gravement sous-estimé ses collaborateurs. Elle convainquit, culpabilisa, encouragea le CoDir à modifier les messages hypnotiques, en les rendant plus personnalisés. Décision fut prise de redémarrer le projet, usine par usine, continent par continent afin de parer à tout problème qui apparaîtrait.

Alicia était satisfaite. Dans un mois, on ferait un bilan qu’elle imaginait déjà très positif. Et à elle, le beau paquet de millions ! Sur le trajet de retour, elle eut la vision de ces centaines d’ouvriers, disciplinés et silencieux, qui n’avaient qu’une seule idée en tête : faire le maximum pour leur entreprise. Si besoin, certains n’hésitaient pas à démissionner s’ils estimaient qu’ils n’apportaient pas suffisamment de valeur ajoutée.

Comment tous ces gens ne pouvaient pas avoir de soupçon ? L’effet s’atténuait lentement dans l’organisme et on se retrouvait le soir à la maison, épuisé par une dure journée de travail de zombie, sans avoir échangé un seul mot de la journée ? Ce devait être très étrange comme sensation. Alicia sentit la chair de poule sur ses bras et chassa ces idées pour se concentrer sur les achats qu’elle prévoyait de faire une fois son compte en banque lesté de plusieurs millions d’euros.

Un mois plus tard, Alicia garait à nouveau son Aston-Martin sur le parking de Soob. Pour l’occasion, elle avait analysé toutes les revues de presse, en plus du rapport hebdomadaire du CoDir. Les résultats nets étaient prodigieux et aucune victime n’apparaissait dans la colonne débit. Cette technologie allait vraiment révolutionner le monde du travail ! Et lui rapporter des sommes colossales !

Le garde de l’accueil lui procura un badge visiteur, en échange de sa carte d’identité, et elle monta au dernier étage pour un débriefing complet. Mais son exaltation tomba au fur et à mesure que l’ascenseur grimpait les étages. Elle prenait conscience qu’elle n’était qu’un intermédiaire entre des entrepreneurs qui souhaitaient augmenter leur rentabilité et un groupe de scientifiques qui avaient trouvé le moyen de forcer les employés à travailler davantage. Si on réfléchissait bien, son rôle était mineur.

Elle prit place à la table du Comité Directeur et écouta posément les retours positifs du projet Effiscience dans l’entreprise. Les défauts avaient été corrigés, rien n’empêchait le système de continuer. Alicia hocha poliment la tête. Le CEO prit la parole pour la remercier personnellement. Alicia répondit que c’était son travail et qu’elle n’avait rien fait d’exceptionnel en réalité. Elle signa même un document qui lui permettait de refuser son bonus. Elle estimait que l’argent serait plus utile à l’entreprise. Elle rangea sagement ses affaires et quitta la société, sans un centime et sous le regard goguenard du CEO.

Madelicea

Garanties d’origine: révolution en perspective !

L’article 13 de la LOI n° 2017-227 du 24 février 2017 met désormais la pression sur les producteurs d’énergie renouvelables pour émettre les garanties d’origine. Ainsi, le producteur d’une installation de plus de 100 kilowatts qui bénéficie d’une obligation d’achat ou d’un mécanisme de complément de rémunération dispose d’un « délai fixé par décret » pour émettre ses garanties d’origine. Un délai certes encore inconnu, mais au bout duquel « celles-ci sont émises d’office, en tout ou partie […]au bénéfice de l’Etat ». Et le ministre en charge de l’énergie les mettra ensuite aux enchères pour diminuer les « charges imputables aux missions de service public ».

« Le mécanisme d’obligation d’achat était un prix fixé par l’Etat auquel EDF rachetait l’énergie, rappelle Julien Tchernia, Président et cofondateur du fournisseur d’électricité ekWateur. Avec ce mécanisme, EDF ne gagnait pas plus à vendre les garanties d’origine : il les gardait donc sans jamais ne les mettre sur le marché« . Cela limitait donc le nombre de garanties d’origine disponibles et par là le nombre de fournisseurs alternatifs pouvant se targuer de proposer de l’électricité verte d’origine française.

Vendre 100% des garanties d’origine françaises

Avec l’entrée en vigueur du mécanisme de complément de rémunération, l’Etat a décidé de réagir.  Ce système est une prime versée aux producteurs d’énergies renouvelables en complément de la vente de l’électricité sur le marché et de ses garanties d’origine de gré à gré.

L’Etat veut s’assurer que les garanties d’origine diminuent un peu le montant des subventions accordées pour faire baisser la CSPE. Les producteurs sont invités à émettre rapidement leurs garanties d’origine associées. Sinon, l’Etat se les réserve. « Cela va augmenter la disponibilité des garanties d’origine », se félicite Julien Tchernia. Et les premières enchères devraient avoir lieu dès la fin de cette année. « Pour 2017, les garanties d’origine correspondant à la consommation de nos clients doivent être annulées d’ici mars 2018« , rappelle Julien Tchernia.

Les garanties d’origine, comment ça marche ?

Selon le code de l’énergie, « une garantie d’origine est un document électronique servant uniquement à prouver au client final qu’une part ou une quantité déterminée d’énergie a été produite à partir de sources renouvelables ou par cogénération ». Ce document contient notamment un numéro unique d’identification. Mais aussi des informations sur la source d’énergie à partir de laquelle l’électricité a été produite, le producteur, le pays et la date de production. Notons qu’une garantie ne peut être utilisée que dans les douze mois suivant la production de l’unité d’énergie correspondante.

Depuis mai 2013 et jusqu’en 2018, les producteurs émettent ces garanties auprès de Powernext, en sa qualité de gestionnaire du Registre national des garanties d’origine de l’électricité en France. Pour chaque MWh d’électricité d’origine renouvelable, une garantie d’origine est émise par Powernext.

Comment les fournisseurs d’électricité les utilisent ?

Un fournisseur d’électricité peut acheter son électricité sur le marché, par des contrats d’approvisionnement avec des producteurs d’électricité renouvelable ou non, ou par l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh). Pour que les fournisseurs puissent proposer des offres « vertes », ils achètent en parallèle des garanties d’origine, auprès de producteurs d’énergies renouvelables, n’importe où sur le territoire européen. En effet, les garanties d’origine émises par un Etat membre ont valeur en tout point de l’Union européenne. Ils pourront désormais aussi se les procurer aux enchères auprès de l’Etat français. « En fin d’année, les fournisseurs achètent les garanties d’origine aux producteurs et on les fait annuler à Powernext pour qu’elles ne puissent pas être réutilisées« , résume Julien Tchernia « Cette électricité est comptabilisée dans notre mix énergétique comme électricité renouvelable et elle ne peut plus être comptabilisée par quelqu’un d’autre« , précise-t-il.

Au final, combien cela coûte-t-il? « Le prix d’une garantie d’origine varie beaucoup suivant l’origine, le type d’énergie et son ancienneté.. La moins chère en Europe – du renouvelable scandinave – va coûter 20 centimes d’euros. Mais une garantie d’origine d’un petit producteur local français peut monter à 3 euros.« , prévient Julien Tchernia. En France, avec une production renouvelable totale de 94,7 TWh en 2016, 94,7 millions de garanties d’origine pourraient être émises. Pour un montant total tout de même d’au moins 300 millions d’euros.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Revue de presse anglophone #9

  • Comment les fourmis rouges survivent-elles à l’ouragan au Texas ?

 

fourmi

 

 

 

 

Source : Popular Science

  • Votre visage sera t-il bientôt la clé vers toutes vos applications ?

face

 

 

 

 

Source : Wall Street Journal

  • Apple et Google face à la réalité augmentée

apple

Source : The Guardian

  • Les babyloniens connaissaient la trigonométrie

trigo

Source : New York Times

  • Les conservateurs américains ont leurs explications pour la tempête Harvey

houston

Source : The Guardian

  • La combinaison spatiale version Elon Musk

spacex

Source : Washington Post

In Sun We Trust évalue le potentiel solaire de votre toit

Avec la plateforme en ligne InSunWetTust.solar, finies les mauvaises surprises. Elle analyse de manière indépendante le potentiel solaire de votre toit, la rentabilité de l’installation et vous propose des fournisseurs et installateurs de confiance locaux. Que vous soyez un particulier ou une entreprise et que souhaitiez vendre votre électricité ou l’autoconsommer.

L’objectif de David Callegari et Nicolas Bodereau, co-fondateurs de cette start-up est de redorer le blason du photovoltaïque. Lorsqu’ils l’ont lancé fin décembre 2015, près de 90% des Français se disaient abandonner leur projet photovoltaïque par manque d’information et de confiance envers les installateurs. Il fallait réagir !

In Sun We Trust : un outil simple et rapide!

Il existe pour le moment deux versions de l’application. La plus précise a été lancée fin octobre 2016 à Nantes Métropole. La collectivité a noué un partenariat avec la start-up qui a cartographié l’ensemble des toits de ses bâtiments. Les habitants n’ont qu’à entrer leur adresse sur la plateforme et le résultat tombe. Pour la vente d’électricité, le calculateur fournit la production estimée, l’investissement initial, les revenus totaux et la quantité de CO2 économisée. De quoi savoir immédiatement à quel point un projet est rentable ou non.

Un nouveau partenariat a été noué en juin 2017 avec quinze nouvelles collectivités. Parmi elles : Monaco, Grand Pays de Colmar, Pays du Mans, Drancy et Ardèche Verte. D’ici fin la fin du mois d’octobre, elles seront toutes incorporées dans le modèle le plus complet. Cela portera la couverture du système à près de trois millions d’habitants. David Callegari nous confie que d’importantes discussions sont en cours avec 80 nouvelles collectivités pour la fin de l’année. « Au train où vont les choses, nous devrions couvrir 10 millions d’habitants avec la version complète d’ici au printemps 2018 », se félicite-t-il.

Pour les autres Français, pas de panique. La plateforme est disponible au niveau nationale. Simplement, le modèle utilisé est un peu moins précis. Pour fonctionner, il nécessite quelques informations supplémentaires: l’orientation du pan de toiture le mieux exposé, la surface du toit et son inclinaison. Dans tous les cas, les utilisateurs reçoivent un rapport détaillé, contenant le détail des calculs et de la rentabilité de votre projet. S’ils demandent un devis, la start-up leur envoie une sélection d’installateurs locaux et régionaux, signataires d’une charte qualité. Tous les artisans recensés sont recommandés par le monde associatif, sur le base des retours clients. Notons que le service et l’accompagnement sont entièrement gratuits pour les utilisateurs. Ce sont les installateurs référencés qui rémunèrent In Sun We Trust, via un pourcentage sur les contrats passés via la plateforme.

L’innovation au coeur de la transition

Pour arriver à cette prouesse, la start-up a dressé des partenariats de taille. Ainsi, le centre Observation Impact Energie (OIE) des Mines ParisTech fournit les algorithmes, le modèle numérique et les données d’ensoleillement brutes pour le lieu et l’orientation considérés. Celles-ci sont obtenues via le satellite Meteosat et des relevés Météo France. Elles incorporent également l’ombrage due au relief lointain. Par ailleurs, les données topographiques de l’Institut national de l’information géograhique et forestière (IGN) complètent ces données avec l’ombrage proche, provoqué par les bâtiments voisins et la végétation. « Notre partenariat avec l’IGN et les Mines ParisTech nous permet d’utiliser, pour notre simulateur, des algorithmes références à l’échelle européenne en matière de calculs de gisement et d’avoir accès à de précieuses données pour les calculs d’ombrage proche », résume David Callegari.

La start-up est en plein développement. Si elle ne compte qu’une trentaine d’installations à son actif, déjà 300 projets sont en cours d’étude. Le potentiel solaire thermique est également en cours d’intégration au simulateur. S’il est déjà disponible dans la version complète pour les collectivités engagées, il sera disponible au niveau national d’ici l’été 2018.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

PSA déploie ses véhicules autonomes !

Dès 2018, PSA déploiera de nouvelles fonctions de conduite automatisées sur ses véhicules. À partir de 2020, des fonctions progressivement autonomes offriront même au conducteur la possibilité de déléguer la conduite au véhicule, sans supervision. Dans un premier temps, ces fonctions seront réservées aux conduites monotones, sur voies rapides ou en cas d’embouteillages.

PSA a démarré ses premiers tests en juillet 2015 sur routes ouvertes en Europe. Le constructeur annonce actuellement 20 prototypes en circulation et 125.000 kilomètres parcourus à ce jour en mode autonome (niveaux 2 à 4) sur les voies rapides en Europe. Il  teste également l’acceptabilité de ces fonctions avec « une centaine de personnes « non expertes » qui ont déjà testé ses démonstrateurs depuis mars 2017.

D’ici 2020 : du niveau 1 au 2,  avec ou sans les mains

Chez PSA, la voiture autonome arrivera par étapes. Les premières fonctions d’aide à la conduite sont proposées sur les derniers modèles des marques Peugeot et Citroën. Elles sont au premier niveau d’automatistion du véhicule autonome: « Hands on », (avec les mains). Il s’agit de l’Active Safety Brake, une aide à la conduite sous surveillance du conducteur. La voiture adapte sa vitesse et s’arrête automatiquement en cas de freinage brusque du véhicule la précédant. Il y a également  la caméra de recul ou la navigation connectée 3D avec reconnaissance vocale.

PSA annonce pour début 2018 le lancement d’une fonction de conduite automatisée : Highway Integrated Assist sur la DS7 Crossback. La voiture contrôlera sa trajectoire et sa vitesse dans sa voie sur autoroute. Elle nécessitera toujours que le conducteur ait les mains sur le volant (niveau 1). Par ailleurs, la voiture pourra se garer seule ou en bataille sans que le conducteur n’ait à toucher le volant ou les pédales.

Pour les automatisations sans les mains, les véhicules n’ont pas encore été annoncés, mais ces fonctions sont prévues d’ici 2020.C’est le niveau 2 « Hands off » (avec ou sans les mains). La conduite pourra être automatisée sous surveillance du conducteur sur autoroute. Le conducteur pourra ainsi faire autre chose, mais devra être en capacité de reprendre la main instantanément. Le véhicule pourra notamment changer de voie sur décision du conducteur sans avoir les mains sur le volant.

Entre 2020 et 2030 : vers le véhicule 100% autonome

Le niveau 3 « Eyes off » (sans surveillance visuelle) est prévu entre 2020 et 2025 pour PSA. Le conducteur n’aura plus besoin de surveiller en permanence la conduite. Il devra néanmoins pouvoir reprendre le volant en cas de demande du système. C’est la conduite autonome en embouteillage avec une vitesse inférieure à 60 km/, puis autonome sur autoroutes quelles que soient les conditions de trafic à partir de 2025.

Le niveau 4 « Eyes off, Hands off » ou « Mind Off » (sans intervention humaine) est la conduite autonome sans surveillance conducteur. Par rapport aux niveaux précédents, le conducteur n’a plus à être vigilent en permanence. Techniquement, cela demande que le véhicule soit capable de gérer seul toutes les situations. Elle sera proposée par PSA à partir de 2025. Enfin, le niveau suprême est le « Driverless », le véhicule fonctionne de façon 100% autonome et n’a plus jamais besoin de conducteur. Il devrait arriver à partir de 2030.

Partenariat enre PSA et Vinci Autoroutes 

Alors que Renault s’associe à Sanef pour le passage des péages par les voitures Autonomes, PSA travaille avec Vinci Autoroutes depuis 2016. Le 12 juillet dernier, les deux entreprises ont fait passer la barrière de péage de Saint-Arnoult en Yvelines (78) à une Citroën Grand C4 Picasso Autonome. Une étape essentielle vers le développement du niveau 4 pour PSA.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Encore plusieurs freins au véhicule autonome

En France, le code de la route français incorpore les règles de l’ONU de la Convention de Vienne de 1968. Notamment, cette convention stipule à son article 8 que « tout véhicule en mouvement […] doit avoir un conducteur » et que « tout conducteur doit constamment avoir le contrôle de son véhicule ». Ainsi, un conducteur doit rester maître de son véhicule en permanence.

En mars 2016, une première évolution de ce texte a été obtenue. Il autorise désormais les systèmes de conduite automatisée, à condition qu’ils puissent être contrôlés par le conducteur . D’autres travaux sont toujours en cours. « Ceci comprend notamment les systèmes qui, dans certaines circonstances, pendront le contrôle du véhicule, sous le contrôle permanent du conducteur, comme les systèmes veillant au maintien de la trajectoire (pour empêcher un changement de voie accidentel), les fonctions d’assistance au stationnement ainsi que la fonction autopilote sur autoroute », fait savoir la Commission Economique des Nations Unies pour l’Europe  (UNECE). Pour le véhicule 100% autonome, les discussions seront encore plus compliquées.

En attendant, en août 2016, le conseil des ministres a officiellement autorisé, par ordonnance, les expérimentations sur les routes françaises. Qu’ils prévoient une délégation totale de la conduite ou qu’ils ne concernent qu’une délégation partielle.

Harmoniser les infrastructures

Par ailleurs, les infrastructures devront être harmonisées en Europe. Car une voiture autonome prend en considération de nombreuses données pour décider de la route à suivre et de la conduite à mener. Notamment, les marquages au sol et les panneaux de signalisation sont capitaux. Ces règles sont régies par la Directive 2008/96/CE.

La route de demain sera également plus connectée. Et les voitures communiqueront avec l’infrastructure, mais aussi entre véhicules. Pour cela, les réseaux de communication devront se développer : 4G, 5G, wifi automobile, etc.

Mais ce n’est pas tout. Pour homologuer un véhicule autonome, il faudra forcément adapter les procédures. Comment évaluer l’ensemble des fonctions autonomes? S’assurer de la sécurité et de l’efficacité des algorithmes? Un casse-tête pour le législateur et les constructeurs, notamment pour les niveaux autonome 3 à 5.

Qui sera responsable en cas d’accident ?

Les professionnels estiment que le véhicule autonome pourrait réduire les accidents de 90%. Avec cette baisse drastique du nombre d’accidents, plusieurs assureurs pourraient disparaître. Ceux qui voudront survivre devront fortement s’adapter.

En effet, le véhicule autonome nécessite une adaptation de la responsabilité civile. Car qui sera jugé responsable en cas d’accident provoqué par un véhicule autonome? Le conducteur, le passager, le constructeur du véhicule, les  fournisseurs des équipements informatiques ou les concepteurs des algorithmes?

Pour aider les assureurs à déterminer les responsabilités, l’UNECE travaille sur l’ADDR (Automated Driving Data Recorder). Il s’agit d’une fonction qui enregistrera les paramètres techniques permettant de déterminer qui, du conducteur ou du véhicule, conduisait au moment de l’accident. Ce qui nécessitera des conditions réglementaires nouvelles pour déterminer les conditions d’accessibilité aux données recueillies lors d’un accident. De nouveaux risques sont aussi à rajouter, notamment concernant la protection des données personnelles et les risques de piratage.

Comment constructeurs et assureurs partageront ces données ?  Et à mesure que l’automatisation des véhicules gagnera du terrain, l’assurance sera-t-elle toujours attachée au propriétaire du véhicule? Ou migrera-t-elle inexorablement vers une assurance attachée au véhicule à la charge des constructeurs ? Un autre casse-tête.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Renault accélère sur le véhicule autonome en France

L’Alliance Renault-Nissan, créée en 1999, s’est engagée en janvier 2016 à lancer plus de dix véhicules possédant des capacités autonomes d’ici 2020. Dont des véhicules possédant des capacités autonomes de niveau 4 « Eyes off/hands off ». Ces véhicules pourront rouler sans intervention humaine, notamment pour franchir les intersections.

Une batterie de tests d’ici 2020

Dans cette perspective, Renault mène des tests sur la N118 entre Boulogne-Billancourt et Vélizy. L’entreprise y fait rouler six modèles Espace depuis plus d’un an, rapportent les Echos. Et l’entreprise va accélérer. Elle compte ainsi déployer plusieurs dizaines de véhicules tests d’ici 2018 dans plusieurs villes de France et multiplier les simulations.

L’Alliance Renault-Nissan mène en effet des essais virtuels de véhicules autonomes utilisant le logiciel de simulation de conduite SCANeR, inventé par Renault et co-développé avec Oktal, entreprise française de conception de solutions de simulation. Le Groupe Renault a par ailleurs annoncé début juillet l’acquisition de 35% d’une nouvelle joint-venture, Autonomous Vehicle Simulation (AVS), avec cette entreprise. Cette acquisition vise à apporter un ensemble de technologies de pointe pour développer les simulations, dont le logiciel SCANeR.

Partenariat entre Renault et Transdev

Preuve de l’accélération des travaux, l’Alliance Renault-Nissan et Transdev, leader mondial des services de mobilité, collaborent depuis février 2017. Objectif : concevoir des flottes de véhicules électriques autonomes pour les transports publics et les transports à la demande. Ce service permettra aux clients de réserver leurs trajets, et aux opérateurs d’exploiter et de gérer une flotte de véhicules autonomes. Ils fonctionneront sur des trajets prédéfinis avec des points de ramassage et de dépose prédéterminés. La recherche portera dans un premier temps sur des essais de terrain à Paris-Saclay avec des Renault Zoe, et sur la plateforme de répartition à la demande, de supervision et de routage élaborée par Transdev.

Le premier service de transport à la demande opéré par véhicules électriques autonomes se déploiera ensuite en Normandie, à Rouen. Le service proposera différents trajet  sur voie ouverte à la circulation. La première boucle sera de 1,5 km avec trois véhicules Renault ZoeOE. Après la validation des tests techniques, le  service de transport à la demande partagé sera ouvert au public en 2018. Puis, en 2019, les zones desservies seront étendues.

Partenariat entre Renault et Sanef

Des expérimentations sont aussi en cours pour développer les communications entre les véhicules autonomes et les infrastructures routières. Et tester le passage des barrières de péage ainsi que l’approche des zones de travaux. Objectif: créer une expérience de conduite « eyes off/hands off » pour donner du temps libre aux voyageurs. Cette expérimentation est conduite en Normandie, sur l’autoroute A13 grâce à l’infrastructure connectée développée par le groupe Sanef. Ce test continuera jusqu’au milieu de l’année 2018.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Revue du web #105 : les 9 vidéos scientifiques les plus étonnantes du mois

Pirater une voiture autonome ? Des autocollants suffiraient !

Une étude américaine souligne à quel point les logiciels embarqués peuvent encore se montrer faillibles. N’importe quel rectangle noir et blanc ou pixellisé collé sur un panneau de signalisation suffirait à perturber le bon fonctionnement d’une voiture autonome…

Tikad, un drone-soldat particulièrement inquiétant

L’entreprise américaine Duke Robotics aimerait remplacer les soldats humains par des robots. Dans ce but, les ingénieurs ont imaginé Tikad, un drone armé équipé d’un fusil mitrailleur et d’un lance-grenades. L’armée israélienne aurait déjà passé commande suite à une conférence dédiée à la lutte contre le terrorisme organisée à Tel Aviv.

 

Une vidéo stockée dans… de l’ADN !

Jusqu’à présent, l’ADN stockait notre information génétique. Mais, après avoir réussi en 2012 à y enregistrer un livre, des généticiens américains ont réussi la prouesse d’y stocker une vidéo au format GIF…

 

Découvrir le fonctionnement de chaque objet au premier regard grâce à la réalité augmentée

Vous faites partie de ceux qui démontent ce qui les entoure afin d’en comprendre le fonctionnement ? Bientôt, il ne sera plus nécessaire d’ennuyer votre entourage avec votre curiosité (pourtant justifiée).

La plateforme JigSpace propose de démonter virtuellement ce que vous voyez autour de vous.

 

Un robot capable de cicatriser

Des chercheurs belges viennent de mettre au point un polymère caoutchouteux qui ressemble à un gel solide et dont la particularité est de s’autoréparer lorsqu’il est chauffé. Un matériau qui a déjà servi à donner naissance à des robots mous capables de cicatriser.

 

Un robot qui repère les ruptures de stock en magasin

Le robot Tally n’a pas son pareil pour détecter une rupture linéaire ou une erreur de marchandising en rayon. Conçu par l’entreprise Simbe Robotics, il est actuellement testé dans plusieurs supermarchés américains.

 

Robot cambrioleur

La plupart du temps, les robots poursuivent des buts honorables : sauver des vies, réparer ou construire des structures, aider les usagers…

Celui-ci peut cracker la combinaison de n’importe quel coffre-fort.

Ne le jugez pas, il n’y est pour rien.
(En revanche, vous pouvez vous adresser à l’équipe de SparkFun Electronics qui l’a conçu à l’aide d’une imprimante 3D)

 

Un drone qui se pose sur un mur, à la verticale

Une équipe canadienne a conçu un drone-avion capable de se poser sur un mur… vertical ! Une technologie plus complexe qu’il n’y paraît.

 

 

La vidéo insolite : planer sous l’eau grâce à une combinaison

Champion d’apnée, et amateur de chute libre, Pierre Frolla  a imaginé une combinaison de plongée inspirée du wingsuit, un sport qui consiste à sauter dans le vide et planer grâce à une combinaison spéciale. Le but : approcher les grands animaux marins.

plonger-combinaison

 

Par Iris. B

ENOVA PARIS, le grand rendez-vous français de la R&D

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Ciel & Terre fait flotter l’énergie solaire

Solaire flottant

Ciel & Terre a commencé son activité par la réalisation de parcs photovoltaïques au sol et sur toitures. Mais le moratoire solaire décidé par le gouvernement français en 2010 a poussé la petite entreprise lilloise a entamé un virage stratégique vers un marché de niche : le solaire flottant. « Ce choix répond à plusieurs problématiques que nous souhaitions résoudre. En premier lieu l’occupation des sols qui est un reproche récurrent. Poser un parc solaire sur l’eau offre comme avantages d’éviter un loyer, et d’augmenter la production d’environ 5% grâce à « l’effet cooloing » du vent sur la surface de l’eau », explique Stéphane Prouvost, responsable commercial du projet portugais. Les coûts de réalisation seraient encore 10-15% plus élevés qu’un parc PV classique mais l’entreprise estime pouvoir devenir concurrentielle rapidement.

Un projet innovant

Si Ciel & Terre compte plus d’une quarantaine de réalisations flottantes, celle du barrage hydroélectrique d’Alto Rabagao au Portugal, représente une première pour l’entreprise. « Construire une centrale solaire flottante sur un barrage d’une profondeur de 80 mètres est un enjeu en soi. Mais il fallait tenir compte de la variation du niveau d’eau du lac de retenue, 25 mètres, pour concevoir des ancrages capables de supporter ces conditions tout en maintenant l’intégrité des câbles électrique », détaille Stéphane Prouvost.

Pour autant, installer une centrale solaire sur un barrage présente certains avantages. Les postes électriques, telles que les transformateurs, sont déjà installées, ce qui réduit une partie des coûts. Stéphane Prouvost estime que l’hybridation des centrales hydroélectriques permettrait d’optimiser leur production, voire d’alimenter les pompes des stations de pompage (STEP). Ciel & Terre lorgne un marché potentiellement très porteurs en raison du grand nombre de barrages construits dans le monde. Sa collaboration avec Energias de Portugal sur le projet d’Alto Rabagao, doit lui ouvrir les portes du marché brésilien, très bien doté en hydroélectricité, où EDP est présent. Ciel & Terre y mène deux projets, mais la crise politique et économique provoque des retards.

Une présence internationale

Le Brésil n’est pas le seul pays sur lequel Ciel & Terre mise gros. Le Japon a été son premier véritable marché. Sa plateforme flottante baptisée « Hydrelio » équipe des parcs cumulant plus d’une centaine de mégawatts. La Chine constitue son nouveau levier de croissance grâce à un appel d’offres qui a permis à l’entreprise de placer pour 120 MW solaires de structures flottantes. Ciel & Terre ne fournissant que la structure, les panneaux photovoltaïques étant quant à eux achetés directement par le porteur du projet.

La compagnie est également présente en Australie, à Kuala Lupur, à Taïwan, aux Etats-Unis et compte aujourd’hui plus d’une centaine de salariés. Il n’y a guère en France, où se trouve le siège social et une ligne de production, que Ciel & Terre peine à trouver des débouchés et ce, malgré la loi sur la transition énergétique. Trop innovant, le concept hydrelio n’est pas entrer dans les cases des appels d’offres publics pendant longtemps. L’entreprise a décidé de revendre sa licence pour le marché hexagonal à un autre acteur tricolore du secteur : Akuo Industries. Ce dernier a obtenu un premier projet cette année. Il sera construit à Piolenc, prés d’Orange, dans le sud de la France.

Romain Chicheportiche