PETRUS : une nouvelle technique hybride d’imagerie médicale non invasive ultra performante

Des équipes de l’Institut Langevin (ESPCI Paris – Université PSL / CNRS), de l’Accélérateur de Recherche Technologique (A.R.T. Inserm) en Ultrasons biomédicaux et du centre de recherche cardiovasculaire de Paris (Inserm / Université Paris Descartes) ont mis au point un nouvel instrument d’imagerie médicale associant la tomographie par émission de positons – « Pet-scan* » – avec l’imagerie ultrasonore ultrarapide, baptisé PETRUS pour Positron Emission Tomography Registered Ultrafast Sonography. Elles ont obtenu des images en trois dimensions où l’anatomie, le métabolisme, la fonctionnalité et même l’élasticité des organes sont parfaitement superposés.

Les chercheurs ont pu tester leur méthode à partir d’instruments commercialisés et assemblés sans modification majeure. Ils ont notamment imagé des tumeurs cancéreuses chez la souris, ou encore l’activité cardiaque chez le rat afin de tester la synchronisation des deux méthodes et la complémentarité des paramètres observés. Parce qu’elle permet de visualiser simultanément plusieurs paramètres biologiques fondamentaux sous forme de cartes paramétriques quantitatives, cette nouvelle imagerie reflète encore plus finement la complexité de la topologie du vivant.

Cette technique totalement a-traumatique d’observation du vivant en temps réel offre de nombreuses perspectives : explorer le lien entre le métabolisme et la vascularisation d’organes comme le cœur, le rein ou encore le foie, suivre de manière plus précise l’effet des nouveaux traitements sur le cancer, caractériser les suites d’un infarctus, etc. Développée dans un contexte préclinique, PETRUS est une technologie performante aisément traduisible cliniquement pour la recherche biomédicale.

Source : cnrs

Les biotechnologies françaises ont dynamisé le marché au premier semestre 2017

De bons résultats en bourse

Au total, 3 sociétés biotechnologiques ont fait leur introduction en bourse (IPO) au premier semestre 2017 :

  • Inventiva, spécialisée dans les traitements contre la fibrose ;
  • Lysogene, société de développement de thérapies géniques contre les maladies neurodégénératives ;
  • Valbiotis, spécialisée dans l’élaboration de solutions nutritionnelles dédiées à la prévention des maladies cardio-métaboliques.

Ces 3 sociétés ont permis de lever au total 82 millions d’euros avec en tête la société Inventiva qui a réalisé l’IPO la plus importante pour un montant de 48 millions euros selon France Biotech.

Pour le premier semestre 2017, le secteur des biotechnologies représente 55,47% des financements post-IPO ; les biotechs/medtechs françaises ayant levé 273 millions d’euros grâce à ces opérations. Au total, 23 sociétés ont été financées avec en moyenne 11, 8 millions d’euros de financement. Le plus grand cycle de financement s’élève à un montant de 70,5 millions d’euros et est réalisé par Erytech Pharma, une société biopharmaceutique qui développe des thérapies innovantes en encapsulant des médicaments dans les globules rouges.

En outre, cinq biotechnologies françaises arrivent en tête du classement des biotechs/medtechs françaises aux capitalisations boursières les plus importantes :

  • DBV Technologies (1833 million d’euros) ;
  • Genfit (820 million d’euros) ;
  • Cellectis (802 million d’euros) ;
  • Innate Pharma (623 million d’euros) ;
  • AB Science (406 million d’euros).

Les biotechnologies profitent de plus de 80% des financements

Pour le premier semestre 2017, les biotechs/medtechs françaises ont levé 137 millions d’euros grâce à des investissements réalisés par des fonds de « private equity ». Au total, 19 sociétés ont été financées avec en moyenne 7,2 millions d’euros de financement selon France Biotech. Le segment le plus important est, ici aussi, représenté par les biotechnologies avec 81,88% des financements. Vivet Therapeutics, société biotechnologique, arrive à la première place avec un financement de 37,5 millions d’euros conclu pour développer son programme de thérapies géniques pour les maladies métaboliques rares et héréditaires.

En cette fin d’année, plusieurs sociétés biotechnologiques françaises ont dévoilé leurs résultats cliniques pour des traitements phares dans une optique de commercialisation de leur premier produit l’année prochaine. Parmi elles, Cellectis, dont le candidat-médicament UCART19, un anticancéreux fonctionnant avec des lymphocytes T ingénierés, a obtenu des résultats encourageants suite aux essais cliniques de phase 1. C’est aussi le cas d’AB Science qui a récemment publié les résultats des études précliniques sur sa molécule phare, le masitinib.

Ceux-ci mettent en évidence une propriété de résistance de cette molécule à certains types de traitements en cancérologie, dont la gemcitabine.

Ces premières indications devraient relancer les espoirs des investisseurs et permettre de collecter des fonds afin de faire progresser les cibles de développement scientifique dans des domaines thérapeutiques stratégiques.

Par Aliye Karasu

Mobike, service de vélo partagé vraiment durable, déferle à Paris

Créé en avril 2016 Mobike dispose aujourd’hui d’une flotte de plus de 10 millions de vélos et est déjà présente dans 200 villes réparties dans 12 pays du monde entier. Parmi les dernières conquêtes : Manchester le 29 juin (100ème ville), Florence le 21 juillet, Londres le 31 juillet, Sapporo (Japon) le 22 août, Bangkok le 30 août, Washington le 20 septembre, NewCasttle le 25 septembre, Cyberjaya (seconde ville de Malaisie) le 6 octobre, Rotterdam le 9 novembre, Sydney le 14 décembre, Berlin le 22 décembre 2017 et enfin Paris le 24 janvier 2018. Mexico est au programme pour février, tout comme New Delhi, Chennai, Bangalore, Ahmedabad et Indore en Inde.

Les déplacements en vélo constituent une alternative aux transports polluants et permettent d’économiser l’espace urbain. Avant l’avènement du vélo en free-floating dans les villes chinoises, le vélo représentait 5,5% du kilométrage de l’ensemble des modes de transport. Il a maintenant plus que doublé à 11,6%. C’est ce que l’on peut lire dans un rapport récent du Beijing Tsinghua Tongheng Innovation Institute.

Un demi-milliard d’utilisateurs

Mobike (https://mobike.com/global/) offre à présent son service à 200 millions d’usagers dans le monde et souhaite atteindre le cap du demi-milliard pour l’été 2018, selon Davis Wang, son PDG, ex-Directeur d’Uber China. « C’est extraordinaire ! » c’est exclamé le journaliste du magazine Fortune qui l’a interviewé en décembre 2017 (Vidéo).

A Pékin (ville de 20 millions d’habitants), berceau de Mobike, 4 millions de personnes font appel quotidiennement au service proposé. Soit 20% de la population de cette énorme ville, et le double du service assuré par les flottes de taxis.

Mobike a collecté 600 millions de dollars en 2017 (puis un milliard de dollars en janvier 2018) pour financer son développement international exponentiel. Notamment auprès du géant de l’Internet chinois Tencent, de Foxconn, le fabricant taïwanais de l’iPhone, et enfin de Sequoia Capital basé dans la Silicon Valley.

Champion of the Earth

Cette start-up basée à Shangaï a déposé 200 brevets pour développer un vélo particulièrement solide, et donc durable : sans chaîne, sans chambre à air et sans rayons. Une petite révolution technologique. Les vélos Mobike, équipés de systèmes GPS et GSM sont par ailleurs élégants. Un vélo Mobike coûte environ 3 000 yuans (385 euros) à produire. Mobike a établi un partenariat avec  Dow Chemical dans le but de développer des vélos encore plus solides tout en restant légers. « Notre dernière conception de Mobike en Chine utilise les matériaux innovants à base de polyuréthane mis au point par Dow Chemical pour ses pneus d’insertion, réduisant le poids des pneus de 20%, ce qui est impressionnant. »

L’ONU a décerné à Mobike le prix de « Champion of the Earth » à Nairobi le 5 décembre 2017. Le WWF lui a aussi remis un prix. Mobike estime que la durée de ses vélos sera de 4 ans. Mais la start-up n’a tout juste que 2 ans. Les 2 années qui viennent confirmeront, ou pas, cette estimation.

Mobike a publié son second WhitePaper (richement illustré) le 12 janvier 2018. La Licorne chinoise a collecté 30 TeraBytes de données quotidiennes sur une flotte de 8 millions de vélos équipés de GPS et d’appareils connectés IoT. L’analyse porte sur 13 grandes villes: Pékin, Shanghaï, Guangzhou, Shenzhen, Chengdu, Londres, Singapour, Milan, Washington D.C., Sapporo, Berlin et Sydney. » Dans un article publié sur son blog officiel Mobike explique avoir changé les villes grâce au Big Data et à l’Intelligence artificielle.

Les vélos partagés solutionnent la problématique dite « du dernier kilomètre » et renforcent ainsi l’intérêt des transports en commun (métro, RER, train et bus), en permettant une excellente synergie intermodale. Mobike a mis en place à Pékin des « Smart Parkings ».

Des architectes ont également proposé des concepts de parkings innovant pour les secteurs encombrés de vélos :

Le business-model de Mobike fonctionne sans subventions

Les premiers systèmes de vélos partagés avaient recours à des stations dédiées (et particulièrement coûteuses) pour garer les vélos. C’est le cas de Vélib, qui a coûté 16 millions d’euros à la Mairie de Paris durant la seule année 2013. Dans les villes non plates (ce qui est souvent le cas), les vélos sont utilisés pour descendre les rues, et bien plus rarement pour les remonter. Il faut alors déployer des unités logistiques pour rééquilibrer les stations, ce qui est onéreux.

Vélib permet d’offrir une image « green » aux politiques qui permettent son financement, car les vélos sont bien visibles par tous à Paris. Il s’agit clairement d’affichage. « Delanoë lui a largement dû sa réélection en 2008 » estime Serge Federbush dans un article publié dans Atlantico.fr. « Le fait que ce joujou extrêmement dispendieux coûtait près de 3000 euros par an et par vélo aux contribuables parisiens était soigneusement passé sous silence. De même que les scandaleux avenants dont Decaux a bénéficié pendant des années, tondant la laine sur le dos de la mairie. Mais Hidalgo, là comme ailleurs, a voulu faire plus que Delanoë. Elle a donc fait pire. »

Par opposition au système Vélib les vélos en free-floating ne sont, par définition, pas contraints d’être stationnés au niveau de stations dédiées. Une fois une appli téléchargée sur son smartphone, on peut détecter les vélos dans le voisinage grâce à la géolocalisation. Un clic sur son smartphone suffit à déverrouiller le cadenas.

Mais recourir à des vélos classiques pour faire du free-floating n’était manifestement pas une bonne idée : trop fragiles, les vélos Gobee ont été largement vandalisés. « Avec ses vélos sans borne, Gobee veut ringardiser Vélib » titrait Capital.fr le 26 décembre 2017.  Mais la start-up originaire de HongKong a dû se retirer de Lille et Reims et de Bruxelles le 9 janvier 2018 trois mois après son déploiement en France en octobre 2017. A Reims sur 400 vélos Mobike il n’en restait plus que 20 en état de marche. Elle est toujours présente à Paris et à Lyon, mais son business-model manque de robustesse, plombé par la fragilité des vélos mis à disposition.

« Nous avons dû affronter la triste réalité que notre vision de la mobilité n’était pas partagée par une minorité déterminée à nuire, et nous ne pouvons plus supporter ni le coût financier ni le coût moral des réparations » a déclaré Gobee dans un communiqué du 9 janvier 2018.

En Chine les vélos dégradés s’entassent dans les rues. D’impressionnantes photos de vélos empilés ont diffusé dans les médias et sur les réseaux sociaux, ce qui a nuit à l’image du free-floating et du bike-sharing dans son ensemble.  Dans un article particulièrement fouillé la journaliste Céline Deluzarche dresse un panorama assez apocalyptique du vélo partagé en free-floating dans le monde, et pose la question : « Vélo libre service : la bulle est-elle en train d’éclater ? »

Selon Emmanuel Nedelec, chez Ubeequo, un spécialiste de l’autopartage en entreprise « Le système de free-floating coûte plus cher à opérer qu’une service à station ». C’est probablement valable pour les systèmes de free-floating à base de vélos standards. Mais peut-être pas pour les flottes de vélo adaptées à la violence de l’environnement urbain. Les innovations apportées par Mobike, fruit du retour d’expérience chinois, pourraient constituer la clé du succès. Le PDG de Mobike affirme qu’il s’agit d’un business très rentable.

Le 24 janvier 2018 Mobike a délivré 1000 vélos à Paris. 3000 le seront à partir de la semaine du 29 janvier. Dans quelques mois l’objectif est d’offrir « plusieurs dizaines de milliers de vélos »  selon Mobike. Les 25.000 emplacements des parcs à vélo de la ville de Paris sont potentiellement utilisables, mais Mobike demande à la Ville de Paris d’en installer bien davantage.

Concernant les vélos mal garés ou dégradés et abandonnés sur la voie publique, ce ne sont pas les start-ups qui sont responsables, mais les usagers.

Des bâtons dans les roues de la part de la Ville de Paris ?

Ce développement massif et ultra-rapide de Mobike pourrait porter un coup fatal à Vélib 2 (Smovengo) dont le tiers de la flotte est électrifié, ce qui implique au niveau des stations de recharge des raccordements électriques aux délais parfois rallongés. Sauf si la Mairie met en place une règlementation favorisant son bébé gavé d’argent public. Les pouvoirs publics n’ont pas vraiment intérêt à le voir concurrencé. La collectivité voudrait imposer aux opérateurs de vélos sans borne d’acquitter une redevance pour occupation de l’espace public.

Si les 3 opérateurs (Gobee, Ofo et Obike) de free-floating qui existent à Paris pourraient souffrir d’une telle mesure, elle ne semble pas effrayer Mobike : « Payer une redevance, pourquoi pas si avec cet argent la mairie transforme 5000 places de parking pour voitures en parking à vélos », estime Étienne Hermite, directeur de Mobike France. De quoi garer plus de 50.000 vélos.

N’est-il pas aberrant de vouloir faire payer une redevance à ces sociétés qui ne demandent pas un seul centime à la collectivité et qui lui rendent service en réduisant le nombre de voitures et donc la pollution de l’air et l’encombrement urbain ? Et si les 16 millions annuels que coûte Vélib étaient utilisés pour installer des aires de parking pour vélos ? Les entreprises qui louent des voitures ne payent pas de redevance pour les places de parking publiques occupées par les loueurs. Et il n’y a pas des places de parking spécifiques pour ce type de voitures.

Selon Xue Ding, confondateur d’Ofo, « si vous ne pouvez vous stationner que dans des endroits spécifiques, c’est revenir à l’ancienne ère du vélo-partage. Le Japon va peut-être commencer par cet extrême, tout comme la Chine a commencé avec l’autre extrême avec aucune restriction de stationnement. En fait l’équilibre est quelque part entre les deux. »

Leçon chinoise

Il n’est pas impossible que l’entreprise montpelliéraine qui galère actuellement à mettre en place Velib 2 à Paris fasse faillite. « Non seulement plus de 90 % des stations sont inutilisables, mais l’informatique ne fonctionne pas et le service aux abonnés découragerait les plus acharnés » s’indigne la journaliste Sophie Coignard dans un article intitulé « Kafka à bicyclette ». La Mairie de Paris a annoncé le remboursement intégral de l’abonnement du mois de janvier aux usagers (et les mois de février et mars pourraient être également concernés). L’élue a aussi agité la menace de lourdes pénalités, de l’ordre du million d’euros.

Mobike (qui a proposé une fusion avec Ofo) pourrait alors devenir alors le roi du vélo partagé à Paris. Et dans le reste du monde. Même s’il ne faut pas vendre la peau de l’ours, Velib 2 serait alors un « accident industriel », un « cauchemar », selon les maux de Charles Manguin, président de l’association cycliste « Paris en Selle».

Jean-Gabriel Marie

Logiciels et applications mobiles : le casse-tête de la conformité avec le RGPD

Même s’il existe déjà tout un arsenal juridique protégeant les données personnelles des consommateurs et des internautes, le RGPD devient un peu plus contraignant. Tout repose sur la définition d’une donnée à caractère personnel. Il s’agit de toute information permettant d’identifier une personne : nom, prénom, date de naissance, numéro de téléphone privé, mais aussi adresse IP, biométrie…

Une acception suffisamment large pour apparaître comme un casse-tête pour les éditeurs de logiciels et d’applications pour smartphone. Le texte européen prévoit notamment que toute personne peut récupérer l’ensemble de ses données personnelles auprès de n’importe quelle entreprise qui en possède.

L’ensemble de ces données doit impérativement être dans un format standard pour respecter l’interopérabilité.

Or, tout le monde n’est pas prêt à être en conformité avec le RGPD validé en 2016 ! Selon une étude de SafeDK, plus de la moitié des applications sur Play Store ne seraient pas conformes au RGPD.  Ce cabinet, spécialisé dans l’utilisation des kits de développement logiciel (SDK) dans les applications mobiles, s’est appuyé sur l’analyse approfondie de centaines de milliers d’applications populaires de Google Play.

La transparence de Microsoft

Bilan ? Plus de la moitié (56 %) des applications ont au moins un SDK qui essaye d’accéder à l’emplacement de l’utilisateur. Deux applications sur cinq ont au moins un SDK qui tente d’obtenir la liste des applications installées sur le dispositif de l’utilisateur, tandis que 29,3 % des applications cherchent à obtenir la liste des contacts de l’utilisateur. Or, les informations personnelles ne sont protégées par aucune option permettant à l’utilisateur d’accorder ou non ce recueil.

SafeDK remarque cependant que l’accès aux données privées des utilisateurs tend à diminuer. Cette évolution positive témoignerait de la volonté d’éditeurs de se préparer à cette nouvelle réglementation. Elle s’explique aussi par la pression de Google qui a jouté de nouvelles règles détaillées sur le Play Store fin 2017.

Elles indiquent que les développeurs doivent « faire preuve de transparence quant à la façon dont vous gérez les informations sur l’utilisateur […] y compris en publiant les méthodes de collecte et de partage de ces informations, ainsi que la façon dont vous les utilisez ». Google insiste : ils doivent « limiter l’utilisation de ces données au cadre ». Reste à savoir si ces nouvelles règles s’appliqueront aussi à Google…

De son côté, Apple prône une approche de type « differential privacy » : les données seraient anonymisées lors de leur traitement. Mais il collectera et traitera des données en lien avec photos, email, contacts, calendar, iCloud Drive. La raison ? l’amélioration de ses produits et services en utilisant, de manière confidentielle, les données des comptes iCloud. Bref, pour conserver une vie privée sous iOS, mieux vaut ne pas utiliser iCloud…

Même constat pour Microsoft qui veut mettre en avant son souci de transparence. Le géant entend assurer que les données qu’il recueille sont utilisées pour améliorer ses produits et non pas pour suivre l’activité de ses utilisateurs…

Début février, l’éditeur a intégré une application permettant de constater les données collectées depuis Windows 10 (via le composant « Connected User Experience and Telemetry »). Cette option existe déjà pour les professionnels. La version « Diagnostic Data Viewer » sera destinée à un usage plus grand public.

Selon ZDNet, la plupart des données de diagnostic appartiennent à l’une des cinq catégories suivantes :

  • Les données communes incluent la version du système d’exploitation et un ID terminal unique ;
  • Les données de connectivité et de configuration des périphériques ;
  • Les données Produit et Performance service comprennent les événements de performances et de fiabilité et des informations sur la santé du poste de travail ;
  • Les données d’utilisation du produit et du service, c’est à dire sur Windows et les logiciels ;
  • Les données de configuration avec entre autres des détails sur les applications installées et les mises à jour du terminal.

D’autres options permettent de supprimer l’historique de navigation, l’historique de recherche, les données de localisation enregistrées, les données vocales et l’activité de santé .

Philippe Richard

Marie-Galante, l’autonomie énergétique en 2020 ?

Marie-Galante est une petite île de 158 km2 et de 11.000 habitants en plein cœur du bassin caribéen. Actuellement, plus des deux tiers de l’électricité qui y est consommée est importée de Guadeloupe par un câble sous-marin, avec un mix électrique carboné à plus de 85 %. Deux projets énergétiques s’y opposent pour préparer l’avenir de l’île. D’un côté, un projet de centrale thermique porté par le producteur d’énergie français Albioma. Il nécessiterait l’importation de 45.000 tonnes de bois chaque année, en provenance des Etats-Unis et du Canada. De l’autre, un projet d’autonomie avec des énergies renouvelables locales, portée par la Compagnie Nationale du Rhône (CNR).

Pour 100% d’énergies renouvelables locales

Maryse Etzol, maire de Grand-Bourg et présidente de la Communauté de communes de Marie-Galante était au 19e colloque du Syndicat des Energies Renouvelables le 8 février. Elle y a vanté les mérites du projet d’autonomie énergétique de cette petite île portée par la CNR. « J’ai mené un combat tout au long de l’année dernière contre l’Etat et la région pour ne pas accepter l’importation de bois venant du Canada et des Etats-Unis à Marie-Galante, rappelle Maryse Etzol. Nous voulons utiliser uniquement la biomasse locale pendant la période de la récolte ».

Le projet qu’elle défend a été le seul projet d’outre-let lauréat en 2016 de l’appel d’offres  « Démonstrateurs industriels pour la ville durable » du précédent ministère de l’Environnement. Il repose sur trois axes : l’autonomie énergétique, l’autonomie alimentaire et le développement du numérique. L’objectif de ce démonstrateur vise notamment à rendre l’île autonome grâce à un mix électrique renouvelable et un modèle de sobriété, tout en développant les véhicules électriques. Ce projet associe 4 mégawatts (MW) de photovoltaïque et d’éolien avec stockage avec une centrale thermique de 4 MW et reposant exclusivement sur la bagasse locale, un résidu obtenu après le broyage de la canne et utilisé comme combustible. Il prévoit aussi le déploiement de véhicules électriques et de bornes de recharge.

La production et la consommation sont pilotées par une centrale virtuelle, grâce à un réseau électrique intelligent. Pour développer cette centrale virtuelle, le CNR a signé un accord de collaboration avec le CEA en juin 2017. Il s’agit de créer une vitrine des technologies françaises pour la transition énergétique dans les zones insulaires. La Commission européenne soutient d’ailleurs le projet et veut dupliquer le modèle aux îles européennes.

Remplacer le bois par les déchets ?

Le projet Albioma visait à construire une centrale thermique de 12 MW adossée à l’usine sucrière de l’île. Le bois importé aurait complété la bagasse issue de la canne à sucre en dehors des périodes de récolte. Le projet de la CNR vise un projet alternatif de 4 MW utilisant exclusivement la bagasse de l’usine sucrière.

Jean-François Carenco, Président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), était en Guadeloupe début février. Il y a annoncé qu’il n’y aurait finalement pas d’importation de bois à Marie-Galante. Il estime toutefois qu’il ne faut pas opposer les projets des deux sociétés, car ils peuvent désormais être complémentaires. Et il préconise sur FranceInfo une centrale de 7,5 MW, ayant recours aux déchets ménagers pour compléter la bagasse.

Quel avenir pour Marie-Galante ?

En coulisses, se jouent les orientations stratégiques pour l’avenir de l’île. Le projet Albioma vise à consolider la filière sucre. Les acteurs de la filière estiment en effet qu’un projet de centrale thermique de grande taille est indispensable à la rentabilité de l’usine. Du côté de la communauté de communes, le projet alternatif s’inscrit dans une transition écologique, énergétique et numérique plus globale. Il vise à rendre les infrastructures locales résilientes au changement climatique, diversifier l’agriculture et aller vers l’agriculture biologique. Le projet promeut également le tourisme durable, grâce à paysages exceptionnellement préservés. Afin de lutter contre le chômage des jeunes qui atteint 60 %, l’objectif est enfin de créer un centre de ressources et de compétences numériques et former les jeunes marie-galantais aux métiers de demain.

Pour réaliser ce projet de transition énergétique et écologique, une société par actions simplifiée (SAS) a été créée avec au capital, la communauté de communes de Marie-Galante, Vinci construction, la CNR et le cabinet d’avocats Maryse Coppet. « Nous sommes en pourparlers avec les autres opérateurs du territoire pour qu’ils intègrent cette SAS, car nous voulons que cela profite à Marie-Galante », prévient Maryse Etzol.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Acidité des océans : quel sera l’impact de variations saisonnières plus marquées ?

Neuf modèles climatiques globaux, dont deux français, établissent que les variations d’acidité entre été et hiver devraient augmenter dans toutes les régions océaniques au cours du siècle à venir. Dans les régions tropicales et subtropicales, les organismes marins sont exposés pendant l’été à un surcroît d’acidité associé à la hausse estivale des températures. Dans les régions océaniques plus froides, les variations sont inversées, les mécanismes dominants étant la photosynthèse l’été (puits de CO2) et la dégradation de la matière organique l’hiver (source de CO2).

Les scientifiques estimaient jusqu’alors que cette variabilité saisonnière favorisait la capacité d’adaptation des organismes aux changements à plus long terme, notamment la hausse de l’acidité causée par l’augmentation du CO2 dissous, associée au réchauffement climatique. Cependant, ils montrent que des fluctuations saisonnières de plus grande amplitude affecteront négativement cette capacité d’accoutumance, contrebalançant ainsi ce relatif optimisme. Les chercheurs ont confronté leurs simulations des variations saisonnières de l’acidité de l’océan aux mesures des fluctuations quotidiennes (jour-nuit) de pH d’un réservoir d’eau de mer représentatif. Pour cela, ils ont exploité des mesures de pH effectuées en continu sur deux sites marins voisins de la baie de Naples, l’un représentant l’océan actuel et l’autre celui attendu en 2100, le bouillonnement volcanique y augmentant localement le CO2 dissous.

Résultat : la différence jour nuit de l’acidité du site perturbé est environ le double de celle du site de référence, en accord avec les simulations. Ces modèles ont également permis de réaliser des projections sur un indicateur de « calcification », le processus par lequel les coraux et les organismes à coquille produisent leur matériel squelettique, montrant que les conditions estivales pourraient finalement devenir moins propices à la formation des coraux et des coquilles carbonatées dans la majeure partie des océans.

Source : cnrs

Les entreprises à l’assaut de la nouvelle économie de l’énergie

Outils classiques

L’étude, porte sur 236 grandes entreprises du monde entier réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions de dollars. Elle révèle que 85% d’entre elles prévoient de mettre en œuvre dans les trois ans à venir des mesures pour que leurs programmes de réduction d’émissions de CO2 demeurent « au niveau des meilleurs standards industriels ». Cependant, les projets initiés ou en développement se concentrent fortement sur la réduction des déchets et des consommations d’eau et d’énergie, se désole Schneider Electric, gros fournisseur d’équipements et d’automatisme pour la gestion de l’énergie.

Les résultats montrent que 81% des entreprises ont mis en œuvre des actions sur  l’efficacité énergétique ou envisagent de le faire dans les deux ans à venir ; et 51% ont réalisé ou envisagent de développer des projets d’énergies renouvelables. Les solutions plus complexes de type stockage d’énergie, microgrids, ou encore cogénération sont moins bien connues des entreprises et donc logiquement peu plébiscitées (30%). Enfin, seules 23% ont ou envisagent à court terme des stratégies d’effacement électrique. En clair, les entreprises privilégient des solutions connues, bénéficiant d’un bon retour d’expérience, et surtout rentables.

Les hyper en pointe

Ces statistiques globales ne rendent pas bien compte des fortes disparités entre secteurs et acteurs dans l’intégration de la nouvelle économie de l’énergie. Les grandes surfaces (supermarchés, hypermarchés) par exemple sont en pointe sur l’installation de panneaux photovoltaïques. Disposant de grands terrains fonciers et de larges toitures, les professionnels de la distribution ont bénéficié à plein des aides de l’Etat, notamment à travers les dispositifs d’autoconsommation.

Les grandes surfaces ont remporté une large part des projets attribués dans le cadre des deux appels d’offres de 20 MW chacun organisé par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Les hyper et supermarchés ont représenté près de la moitié des 72 lauréats désignés en novembre 2016 et le tiers en mars 2017. « Les aides permettent de gagner deux ans de retour sur investissement », indique Richard Loyen à nos confrères des Echos. L’investissement serait amorti entre 8 et 10 ans. Outre les toitures, ces magasins développent aussi des ombrières solaires sur leur parking leur permettant à terme d’imaginer l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques, afin d’attirer davantage de clients potentiels. D’autres appels d’offres, cumulant 450 MW, sont prévus dans les trois ans à venir pour soutenir cette dynamique.

Coordination et gestion des données

Le rapport évoque les obstacles auxquels sont confrontés les entreprises. La mauvaise coordination des acteurs en interne apparaît comme une difficulté majeure. 61% des entreprises interrogées déclarent que leurs décisions en matière d’énergie et de développement durable souffrent d’un manque de coordination entre les fonctions concernées. La création de postes transversaux est vue comme une solution qui peut faciliter la communication entre les départements.

La gestion des données est également citée comme un autre obstacle à une gestion intégrée de l’énergie. Environ 45% des entreprises interrogées déclarent que la gestion de leurs données est disséminée à des niveaux locaux ou régionaux. Parmi les entreprises considérant « le manque d’outils et d’indicateurs pour le partage des données et l’évaluation des projets » comme un problème entravant la collaboration entre les départements, 65% gèrent leurs données à un niveau local, régional ou national, et non à un niveau mondial.

« Il est essentiel de disposer de données et de renseignements exploitables. Mais ce que l’on fait de ces données une fois qu’elles sont en notre possession est tout aussi important », conclue Neil Johnston, directeur des opérations techniques d’Iomart, spécialiste des services en cloud computing.

Romain Chicheportiche

Les cryptomonnaies : phantasmes et réalités

C’est connu, les médias ne parlent que des « trains qui arrivent en retard » ! Logiquement, ils s’intéressent beaucoup au Bitcoin en ce moment, car son cours est en chute libre. Il valait 16.000 dollars début janvier. Le 6 février, il n’en valait plus que 6.400 dollars. D’autres monnaies comme Ethereum et Ripple ont connu ces derniers jours un coup de fatigue.

Comme pour l’argent « réel », les financiers et autres spéculateurs n’aiment pas les mauvaises nouvelles (ni d’ailleurs les situations idéales comme en ce moment avec le mini-krach boursier). Il est vrai que le piratage de la plate-forme d’échanges japonaise Coincheck n’est pas rassurant. Fin janvier, la société a perdu l’équivalent de quelque 530 millions de dollars dans le piratage d’actifs en NEM (acronyme de New Economy Movement). C’est à ce jour le vol le plus important dans l’histoire des cryptomonnaies.

Micro paiements

Mais la situation est aussi mal interprétée par des non-spécialistes. Il y a quelques jours, l’une des plus importantes plates-formes de transactions en cryptomonnaies, CoinMarketCap.com, a décidé de ne plus prendre en compte dans son calcul de prix les cours du marché sud-coréen (Bithumb). Résultat, Ripple de 40 %. « Regardez attentivement les données et ne vous laissez pas tromper », a tenu à rappeler David Schwartz, chef cryptographe chez Ripple.

La réalité est donc parfois mal comprise. Et il y a les phantasmes autour de ces monnaies. Leur principale source remonte à 2013. Cette année-là, le FBI ferme le site Silk Road qui s’appuyait sur le Bitcoin pour vendre de la drogue. Aussitôt, de nombreuses voies affirment que ces monnaies virtuelles ne servent qu’à acheter de la drogue et des armes ! Une vision caricaturale.

Ces monnaies doivent être considérées comme une base pour « construire » des services décentralisés et plus sécurisés. Ainsi, le Bitcoin est à la fois une monnaie, un réseau et un protocole open source. Il existe tout un écosystème autour de ces monnaies qui présentent toutes des particularités.

Créé en juillet 2015, l’Ethereum repose sur un réseau opérateur, un registre des transactions (une Blockchain) et une cybermonnaie dénommée l’Ether. Il donc aussi employé pour créer et exécuter des « smart contracts ». Il s’agit de programmes informatiques décentralisés et hébergés au sein d’une Blockchain.

De son côté, Ripple (créé en mai 2012) est un système de paiement en mode P2P et un logiciel permettant des transferts de fonds à moindres frais. Une soixantaine d’institutions financières l’utilisent parmi lesquelles UBS et UniCredit.

Apparu en juin 2014, NEM (développé par la Fondation Nem.io) permet aussi de transférer de l’argent au sein de cet écosystème. Mais elle propose aussi une messagerie P2P sécurisée (protocole de chiffrement).

Quant à IOTA, lancé en octobre 2015 par une start-up spécialisée dans les microprocesseurs pour des objets connectés (d’où la référence à l’internet des objets – IoT, « Internet of Things »), il est adapté aux gros volumes de micropaiements sans frais (car peu de ressources utilisées).

Par Philippe Richard

Linky: l’ardoise salée pour les consommateurs ?

« L’analyse bénéfices-coût au niveau de la distribution ne peut à elle seule justifier économiquement le projet et, en l’état actuel des travaux, le système n’apportera pas les bénéfices annoncés en ce qui concerne la maîtrise de la demande d’énergie », estime la Cour des comptes. En effet, l’investissement total pour remplacer l’ensemble des compteurs électriques Linky par Enedis et quelques autres distributeurs est évalué à 5,67 milliards d’euros. La fourniture du compteur représente un tiers de ce coût et sa pose un autre tiers. Le dernier tiers correspond aux autres éléments du dispositif, notamment les systèmes d’information et les adaptations du réseau électrique. Avec l’ensemble des systèmes nécessaires, chaque compteur coûte donc 130 euros.

90 % du parc de compteurs Linky devrait être installé fin 2021 et 100 % fin 2024. En septembre 2017, l’avancement du déploiement était conforme aux prévisions, avec 6,3 millions de compteurs installés, soit 17,4 % du parc total. « Le coût prévisionnel de la phase de déploiement massif sera tenu », estime la Cour des comptes qui dénonce toutefois « un dispositif coûteux pour le consommateur mais avantageux pour Enedis ».

Des conditions avantageuses pour Enedis ?

Le rapport remet en cause le principe du différé tarifaire mis en place. Celui-ci fait en sorte que le distributeur avance les coûts de déploiement de Linky. L’objectif de ce dispositif est que le surcoût ne soit répercuté aux consommateurs que lorsque la majorité d’entre eux bénéficieront des bénéfices du compteur. Mais cette avance sera bien intégralement remboursée par les consommateurs à partir de 2021. « Le taux d’intérêt de cette avance est de 4,6 % et les intérêts s’élèvent à 785 millions d’euros au total sur la période 2015- 2030, soit en moyenne 49 millions d’euros par an », calcule la Cour des Comptes.

Concrètement, Enedis finance 3 millions de compteurs sur fonds propres et 31 millions de compteurs par un prêt intragroupe au taux de 0,77 % adossé à un financement de la Banque européenne d’investissement (BEI).« Enedis bénéficie donc d’un différentiel de rémunération de 3,83 %, pour la part financée par le prêt intragroupe », observe la Cour. Ainsi, le surcoût pour les usagers pourrait être de l’ordre de 506 millions d’euros. Des primes sont également prévues si Enedis respecte les coûts, les délais et les niveaux de performance. Au final, la rémunération d’Enedis pourrait s’élever entre 10 % et 11 %, avec une rémunération minimale prévue par contrat à 5,25 %. L’investissement, remboursé par les consommateurs, sera donc très rentable pour Enedis.

Un bilan économique presque nul payé par les consommateurs

Le contrôleur des comptes publics demande donc de faire évoluer le dispositif de différé tarifaire pour en réduire le coût pour le consommateur. Il souhaite aussi faire réduire les primes qui pourraient être accordées à Enedis, au regard de la forte rémunération prévue. Dans une lettre, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) rejette toutefois cette idée. « Une modification a posteriori du dispositif de différé tarifaire ou de la rémunération d’Enedis créerait un précédent en termes d’insécurité juridique quant à la portée des décisions du régulateur », prévient-elle.

Pour Enedis, les gains attendus au niveau de la production, de la commercialisation et de la consommation apportés par le déploiement de Linky sont à la hauteur des investissements. Au niveau de ce seul distributeur, le bilan économique devrait être nul, tout au plus légèrement négatif de 200 millions d’euros. Autrement dit, sur les 5,3 milliards d’euros payés par les consommateurs à Enedis, ils dépenseraient 200 millions d’euros en plus par rapport au statu quo. En revanche, les consommateurs pourraient bénéficier en contrepartie de gains largement supérieurs.

Des gains pour les consommateurs ?

Finalement, ce sont les gains potentiels pour les usagers qui seraient les plus importants. Ils pourraient atteindre 9,2 milliards d’euros, essentiellement grâce à l’amélioration de la concurrence, la valorisation de la télé-relève et des télé-opérations. Sans oublier la baisse de la consommation résultant de la maîtrise de la demande de l’énergie.

Toutefois, la Cour des comptes note que les moyens actuellement mis en place pour réellement atteindre ces gains potentiels sont largement insuffisants.Elle invite donc les pouvoirs publics, les distributeurs et les fournisseurs à développer les actions de maîtrise de la demande d’énergie et à contribuer à maîtriser la demande de pointe. Cela passe notamment par le développement de moyens simples pour communiquer la consommation détaillée aux particuliers et définir de nouvelles offres. En particulier, la juridiction financière incite les fournisseurs à définir des plages tarifaires plus nombreuses et variées, pour aller au-delà du traditionnel heures pleines/heures creuses. Enfin, elle invite l’ensemble des acteurs à une meilleure communication pour rassurer la population. Celle-ci devra porter sur l’absence de risques sanitaires et la protection des données personnelles.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Bioéthique : Ouverture des Etats généraux pour une révision de la loi

Au programme, sept thèmes scientifiques et deux thèmes sociétaux

C’est inscrit dans la loi : tous les 7 ans, la loi de bioéthique fait l’objet d’une révision qui s’accompagne d’un débat public sous forme d’états généraux orchestrés par le CCNE (Comité Consultatif National d’Ethique), une institution indépendante créée en 1983. Cette discussion a pour vocation de solliciter la participation de l’ensemble des parties prenantes (citoyens, scientifiques, autorités religieuses, associations) avec pour but de faire émerger un avis représentatif de la société sur une série de neufs grands thèmes de bioéthique relevant de deux axes. Le premier axe regroupe les questions éthiques soulevées par les progrès issus de la recherche scientifique et technologique, et comprend les 7 thèmes suivants :

    • la Reproduction, le développement embryonnaire et les cellules souches ;
    • la Génétique et la génomique ;
    • les Dons et transplantations d’organes ;
    • l’Intelligence artificielle et la robotisation ;
    • les Données de santé ;
    • les Neurosciences ;
    • la thématique Santé et environnement.

Le second ensemble répertorié par le CCNE rassemble « des domaines où les opinions de la société ont pu évoluer et qui interrogent de façon directe la société que l’on souhaite pour demain ». On y retrouve deux thèmes sociétaux forts : les questions liées à la procréation avec l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et celles liées à la fin de vie avec une éventuelle « légalisation de l’assistance au suicide, lorsque l’estimation du pronostic vital est inférieure à six mois ».

Les lois de bioéthiques depuis 1994

Les premières lois de bioéthiques en France datent de 1994 ; depuis elles sont révisées au gré des progrès scientifiques et de l’évolution des mentalités. Cette même année, deux lois avaient été votées : des lois relatives au respect du corps humain qui posent trois fondements éthiques : « inviolabilité du corps humain, impossibilité pour le corps humain d’être l’objet d’un droit patrimonial évaluable en argent, obligation du consentement » et une loi organisant le don et l’utilisation des éléments et produits du corps. En outre, une autre loi de juillet 1994 a permis de définir les règles juridiques et administratives qui encadrent les données médicales nominatives. Dix ans plus tard, la loi de 2004 apporte des innovations telles que l’interdiction du clonage d’un être humain ou la limitation de la recherche sur les embryons et elle permet une extension des principes de la loi de 1994 régissant le don en généralisant le consentement présumé. La loi de 2011 avait abouti à l’autorisation de la congélation des ovocytes ultra rapide dans un cadre très rigide ainsi qu’au don croisé d’organes en cas d’incompatibilité entre proches. C’est cette même loi qui va faire l’objet d’une révision en 2018.

Par Aliye Karasu

100% de gaz renouvelable en 2050 ?

Il serait possible de couvrir entièrement la demande française de gaz naturel de réseau par des alternatives renouvelables d’ici 2050. C’est le principal enseignement de cette étude prospective. À cet horizon, les gains d’efficacité énergétique et la baisse de la demande énergétique devraient amener la demande en gaz de réseau entre 276 et 361 térawattheures (TWh), contre 460 TWh aujourd’hui.

Le potentiel théorique de ressources renouvelables permettrait de produire jusqu’à 460 TWh de gaz renouvelable injectable.  Et cela, sans entrer en concurrence avec les usages alimentaires, pas plus qu’avec les usages « matières premières », notamment l’industrie du bois et les biomatériaux. 30 % de ce gaz pourrait être obtenu par méthanisation de déchets agricoles, de biodéchets et de résidus d’algues. Par ailleurs, 30 % de gaz renouvelable pourrait provenir du power-to-gas si le mix électrique est 100 % renouvelable. Enfin, la majorité proviendrait de la pyrogazéification – un processus thermochimique – du bois et de ses dérivés, des combustibles solides de récupération (CSR) et d’une faible fraction de résidus agricoles.

Entre 75 % et 100 % de gaz renouvelable

Dans les quatre scénarii étudiés, il est donc possible d’amener la production de gaz renouvelable entre 276 et 361 TWh en 2050. Simplement, l’un des scénarios prévoit un développement plus faible du power-to-gas en raison de ses coûts élevés. Il ne projette donc que 75 % de gaz renouvelable en milieu de siècle.

Les organismes ont fait une évaluation du coût total du mégawattheure (MWh) 100% renouvelable consommé. Il se situerait entre 116 et 153 euros. Ces coûts comprennent ceux de production, de stockage, d’utilisation et d’adaptation des réseaux gaziers. En 2050, le rapport estime le prix du gaz naturel à 42 €/MWh. Une taxe carbone à 200 € la tonne de CO2 rehausserait ce prix de 44 €/MWh soit un prix total de 86 €/MWh. À l’opposé, passer à 100 % de gaz renouvelable permettrait d’éviter l’émission d’environ 63 millions de tonnes de CO2 par an.

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Mix de gaz renouvelable dans les 4 scénarios. EnR&R = Énergies Renouvelables et de Récupération

Des scénarii prospectifs qui invitent à l’action

Les organismes rappellent l’importance d’assurer la complémentarité du réseau gazier avec le réseau électrique dans le cadre de la transition énergétique. Notamment, le power-to-gas permettra de stocker sous forme de gaz les excédents de production d’électricité renouvelable. Il pourra être utilisé dans le réseau gazier ou dans des centrales thermiques en période de pointe de consommation.

« Pour que ces potentiels soient accessibles en 2050, il sera nécessaire de lever les freins à la méthanisation agricole, de généraliser les cultures intermédiaires (cultures temporaires qui protègent les sols entre deux cultures de vente), de mobiliser davantage de ressources agricoles et forestières et de favoriser l’émergence de technologies à fort potentiel mais peu matures (pyrogazéification, gazéification des algues etc.) », prévient l’ADEME.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Le Kazakhstan se tourne (un peu) vers les renouvelables

Un appel d’offres en mai

Gani Sadibekov, le vice-ministre de l’Energie kazakh, a annoncé qu’un appel d’offres sera organisé en mai pour installer 1 GW d’énergies renouvelables dans le pays. Aujourd’hui les Enr ne représentent que 1% de la production d’électricité. Une part que le gouvernement s’est engagé à élever à 30% en 2030 et 50% en 2050. Des objectifs ambitieux qui s’appuient sur la chute des coûts des Enr et un potentiel très important. En effet, l’exploitation du potentiel éolien des seules régions capitale et Fort-Shevchenko  (5% du territoire) suffirait à couvrir les besoins électriques du pays. Cette annonce intervient quelques mois après l’Expo 2017 Astana Future Energy, qui avait pour but d’attirer les investisseurs sur ce marché naissant.

Autre argument en faveur d’un renouvellement du mix électrique : l’âge des centrales. Ces dernières, à 85% alimentées par des énergies fossiles, ont pour la plupart été construites sous l’ère soviétique. Le parc affiche aujourd’hui une moyenne d’âge de 35 ans. Or, les récents appels d’offres internationaux (Mexique, Abou Dhabi, Chili, Arabie Saoudite) ont battu tous les records en terme de prix. De plus, la guerre commerciale qui a fait rage dans le secteur mondial photovoltaïque s’est traduite par une surproduction de la production chinoise de panneaux solaires qu’il faut bien écouler. Des arguments qui peuvent expliquer l’intérêt d’Astana pour rééquilibrer son parc électrique.

Etat rentier

Cette campagne de communication gouvernementale ne doit pas faire oublier que le Kazakhstan reste avant tout un pays dépendant du pétrole. Il représente 50% du PIB auxquels il faut ajouter l’industrie extractive. En effet, ce pays d’Asie recèle de nombreux minerais, notamment de l’uranium dont il est de loin le premier producteur mondial. Il est d’ailleurs un des fournisseurs des centrales nucléaires françaises, Orano (ex-Areva) exploitant les mines de Muyunkum et Tortkuduk avec l’entreprise publique locale Kazatomprom depuis 1996.

Les ressources naturelles abondantes du Kazakhstan l’ont posé de fait comme un fournisseur multi-énergies. Il exploite toutes les énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon), participe au nucléaire grâce à l’uranium, et mise désormais sur l’installation d’énergies renouvelables, avant peut-être d’en produire.

Romain Chicheportiche

Stockage de l’énergie : une nouvelle approche des batteries à sels fondus

Dans la compétition technologique en cours pour s’imposer comme solution au stockage de l’énergie intermittente sur les réseaux d’électricité, des chercheurs du MIT viennent de remettre dans la course un accumulateur sodium-chlorure de nickel dont le concept n’avait eu que peu de succès en raison de la fragilité de la membrane intérieure.

De la céramique au treillis métallique

Le principe chimique des batteries sodium-sulfure ou sodium-chlorure de nickel est connu depuis la seconde guerre mondiale. Le modèle de base Na-NiCl2 a été conçu avec une membrane céramique fine, cassante et fragile qui l’a fortement handicapé pour son exploitation industrielle. Beaucoup d’industriels ont essayé d’améliorer son rendement, ses composants pour la rendre exploitable mais mis à part la variante créée par Zebra pour l’automobile, ce type de batterie est resté réservée aux militaires ou à des applications industrielles très spécifiques.

Des chercheurs du MIT ont trouvé une toute nouvelle approche de ce type de batterie en remplaçant la membrane céramique par un treillis en acier traité avec une solution de nitrure de titane. Leurs travaux, parus dans Nature Energy ouvrent la voie à de toutes nouvelles approches de ces batteries et à leur utilisation sur des réseaux électriques pour le stockage des énergies intermittentes notamment.

L’électrique prend le pas sur le chimique

La découverte s’est faite un peu fortuitement. Alors que les chercheurs exploraient différentes options pour des batteries à base de métaux liquides, spécialité des équipes du Pr. Donald Sadoway, un de leurs tests, utilisant des composés au plomb a fourni des résultats inattendus. En ouvrant la cellule d’électrolyse, ils se sont aperçus que le composé qui devait servir de membrane entrait dans la réaction et se comportait comme une électrode. La membrane jouait bien son rôle de tri des molécules, mais elle ne le faisait pas en fonction des pores mais en fonction des ses propriétés électriques.

Après d’autres essais, les chercheurs ont montré qu’un simple treillis en acier couvert d’une solution de nitrure de titane pouvait assurer les fonctions des membranes de céramiques habituellement utilisées dans les accumulateurs Na-NiCl2 mais sans la fragilité. L’article publié porte sur une batterie comprenant du plomb mais le concept peut s’appliquer à de très nombreuses autres batteries chimiques simples dont le fonctionnement, les composants et la manipulation sont peu coûteux, sûrs et recyclables.

Par Sophie Hoguin

Cette serrure s’ouvre à l’aide d’une clé lumineuse

Les serrures connectées traînent la réputation d’être vulnérables aux tentatives de piratage, et la nature même de leur protocole de communication est parfois en cause. «Les transmissions radiofréquence comme le Bluetooth, le RFID et le NFC émettent à 360° et sont susceptibles de traverser les murs, constate Alexandre Ballet, directeur technique et cofondateur de la société Havr, née en novembre dernier. De fait, les opportunités d’intercepter le signal s’accroissent. C’est d’autant plus vrai que, dans le cas du Bluetooth, la portée grandit sans cesse.»

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C’est l’idée qui a motivé la création de Havr et de sa serrure connectée d’un nouveau genre : la «clé» est transmise par l’intermédiaire d’un signal lumineux, qui a l’avantage d’être directionnel et ne risque pas de passer outre une cloison. Le flash du smartphone, et non plus sa puce Bluetooth, est mis à contribution pour ouvrir la serrure, à une vingtaine de centimètres de distance. «Le code est modulé dans le signal lumineux du flash, décrit Alexandre Ballet. Bien que la fréquence des flashs soit limité à environ 50 hertz, ce code-morse est assez rapide pour ne pas être déchiffrable à l’oeil nu. Il sert à authentifier l’utilisateur et l’appareil employé.»

Code à usage unique

Toutefois, le code en question pourrait être enregistré par une caméra puis reproduit. Mais une parade a été mise au point. «Ce code est à usage unique et renouvelé à chaque utilisation, explique Alexandre Ballet. Il est engendré de manière automatique et symétrique par l’application iOS/Android du smartphone et par la serrure. Un signal qui serait répété n’est donc plus valide. La serrure, du côté intérieur de la porte, est équipée d’une LED modifiée afin de capter ce code lumineux et d’indiquer en retour si la procédure d’authentification a réussi ou non. Le signal est relayé par une fibre optique traversant le cylindre.»

Si la serrure est connectée au WiFi, elle l’est de manière intermittente. «La connexion Internet n’est activée que lorsque une mise à jour de la liste des accès est nécessaire (nouveaux accès, modification des accès existants…), précise Alexandre Ballet. L’absence de connexion permanente diminue à la fois le risque de piratage et la consommation énergétique. La puce WiFi est mise hors veille grâce au réseau Sigfox. Nous envisageons de coupler les technologies Sigfox et LoRa pour maximiser la couverture géographique.»

Pour le particulier et l’entreprise

Le moteur et les composants électroniques sont alimentés par deux piles CR2, dont l’autonomie serait de six mois, moyennant dix cycles d’utilisation par jour. Le changement du cylindre de la porte est requis, contrairement à la serrure de l’autrichien Nuki par exemple, mais l’opération est simple a priori pour quiconque sait manier un tournevis. L’accéléromètre intégré est utile en temps normal pour notifier l’utilisation de la porte et aussi pour détecter des tentatives de forçage ou de perçage.

Cette serrure devrait être livrée avec une licence gratuite pour cinq utilisateurs, et payante au-delà via un abonnement. La start-up Havr cible le marché du particulier et aussi celui de l’entreprise. «Les espaces de co-working et les bureaux sont des débouchés possibles, estime Alexandre Ballet. Et de manière générale, partout où le flux de personnes et la gestion de clés induisent une logistique importante.» La commercialisation est prévue à la fin de l’année, à un prix aux alentours de 300 €.

Frédéric Monflier

Adhésifs : des feuilles d’hydrogel qui se verrouillent en milieu humide

Cette découverte, qui a fait l’objet de la Une de la revue ACS Macro Letters de décembre 2017, est à la fois facile à mettre en œuvre, peu coûteuse et très efficace. L’adhésion en milieu humide est particulièrement recherchée pour des applications en bioingénierie, en électronique et dans le domaine médical où de nombreuses surfaces sont humides. A titre d’exemples, on a développé des adhésifs synthétiques imitant les protéines présentes sur le pied des moules, mais ces adhésifs ont montré leurs limites : adhésion irréversible, performances qui se dégradent par oxydation et coût de production élevé. D’autres adhésifs chimiques comme le cyanoacrylate posent le problème de forces d’adhésion par cisaillement insuffisantes ou de la présence de composés toxiques. L’approche adoptée par l’équipe de l’Unist (Ulsan National Institute of Science and Technology – Corée du Sud), menée par le Pr. Hoon-Eui Jeong a donc consisté à jouer sur la microstructure d’un hydrogel pour rendre deux surfaces adhésives de manière stable mais réversible via un procédé à la fois simple et peu onéreux.

Jouer sur la microstructure

Le principe de fonctionnement repose sur un interverrouillage réversible via des rangées de micro-crochets qui sont reconfigurables. Les chercheurs ont fabriqué un réseau de crochets à l’échelle micrométrique par un moulage de répliques avec un PEGDMA ( polyethylene glycol dimethacrylate). Le PEGDMA est un hydrogel qui peut absorber une grande quantité d’eau ou de solutions physiologiques et qui peut être traité par exposition aux UV pour une fabrication rapide de structures aux échelles micro voire nanométriques. Les chercheurs affirment par ailleurs que d’autres hydrogels aux propriétés similaires pourraient aussi être utilisés. Au final, le PEGDMA prend la forme d’un fin film flexible qui lui permet d’être facilement intégré à toutes sortes de systèmes.

L’adhésion est créée par contact entre deux feuilles de PEGDMA ainsi fabriquées en condition sèche. Elle est effective via l’emboîtement des crochets les uns aux autres. L’adhésion est alors légère. Au contact de l’humidité, les têtes des micro-crochets de l’adhésif deviennent plus larges et plus protubérantes engendrant un verrouillage plus solide. Plus le temps d’exposition à l’humidité est long, plus l’adhésion est forte (dans le sens du cisaillement). Ainsi, après 20h de gonflement à l’humidité, la force d’adhésion a été mesurée à 79,9 N.cm–2 contre 9.6 N.cm–2 en milieu sec, soit une adhésion plus de 732 % supérieure. Un modèle théorique simple décrivant l’évolution des forces d’adhésion en fonction du temps de gonflement a pu être bâti, il semble être en concordance avec les données expérimentales. Quand, l’hydrogel est séché, les têtes des micro-crochets se rétractent et l’adhésion s’arrête. Le process est ainsi réversible.

adhesif humide
Crédit : UNIST A gauche, une photographie du film flexible et une image en microscopie électronique du réseau des micro-crochets de PEGDMA qui permettent l’adhésion. A droite, un schéma du principe d’adhésion réversible permise par les micro-crochets et leur gonflement en milieu humide.

Par Sophie Hoguin

Réponse à la taxe anti-solaire de Trump : la Chine construit une énorme usine de panneaux photovoltaïques en Inde

Le président américain, qui veut préserver l’industrie du charbon américaine, a décidé d’adopter une politique protectionniste en taxant à hauteur de 30% les panneaux solaires importés de Chine, de Corée du sud et du Mexique.

L’Inde est moins concernée par la taxe anti-solaire bon marché de Trump. La Chine a donc décidé de construire en Inde une usine capable de produire 500 MW de cellules PV et 500 MW de modules PV chaque année. Elle sera installée à Sri City dans l’état d’Andhra Pradesh.

« Longi Solar a confirmé qu’elle sera la première entreprise solaire chinoise à implanter des une usine de fabrication en Inde » a souligné le site spécialisé PV Magazine.« Cette annonce arrive juste un mois après que la compagnie ait annoncé qu’elle investirait 300 millions de dollars dans une usine de 5 GW en Chine. »

Selon le lobby du solaire PV aux USA (SEIA) la politique anti-solaire bon marché menée par Donald Trump pourrait se solder par une perte nette de 23.000 emplois américains. A l’inverse l’usine chinoise en Inde sera fortement créatrice d’emplois.

Pour de nombreux analystes le comportement de Trump est nuisible aux intérêts économiques et géopolitiques des USA. Trump a notamment insulté les pakistanais début 2018, ce qui a renforcé l’amitié sino-pakistanaise et la cohérence du projet du China–Pakistan Economic Corridor (CPEC) entre le port pakistanais de Gwadar (à la frontière avec l’Iran) et la ville chinoise de Kashgar, un élément central du projet de la « nouvelle route de la soie » (One Belt, One Road), un gigantesque projet d’infrastructures à 900 milliards de dollars.  Après Djibouti (Afrique) la Chine construit une base militaire à Gwadar.

A parité de pouvoir d’achat le PIB chinois a déjà dépassé celui des USA. L’administration Trump vient de publier un rapport où la Chine et la Russie sont considérés comme des menaces plus importantes que le terrorisme islamiste. 

D’après Nikkei Asian Review des parades militaires conjointes des marines japonaises et françaises ont été organisées en mer de Chine du sud dans le but de tenter d’intimider la Chine. La diplomatie française suit-elle celle de Donald Trump ? Ce dernier cherche à réveiller le sentiment nationaliste et la peur des japonais en instrumentalisant la question nord-coréenne.

Alors que Barack Obama avait mis en place un accord de partenariat trans-pacifique entre les USA et la Chine (accord éliminé par Trump peu après son arrivée au pouvoir), une ambiance de nouvelle guerre froide est en train d’émerger.

L’Inde et la Chine font partie des BRICS aux côtés du Brésil, de la Russie et de l’Afrique du sud. 3 milliards de personnes, soit 42% de la population mondiale (contre moins d’un milliard pour les pays membres de l’OTAN), vivent dans ces 5 pays qui constituent le moteur des deux tiers de la croissance économique mondiale. Ils possèdent leur propre banque de développement, basée à Shangaï.

Jean-Gabriel Marie

Un pas de plus vers la maîtrise de la lévitation acoustique

La lévitation acoustique est étudiée depuis plusieurs années maintenant mais depuis deux-trois ans elle a fait plusieurs avancées majeures. Le principe de la lévitation acoustique est de créer des ondes acoustiques, donc des variations de pression de l’air, qui permettent de contrer la force de gravité. Dans les différents systèmes développés ces dernières années, les chercheurs ont testé différentes combinaisons : créer une onde stationnaire en faisant entrer des ondes en résonance ou en les faisant s’annuler, créer des hologrammes acoustiques de formes différentes dans lesquels l’objet est piégé. Selon les techniques, le dispositif a permis de faire simplement léviter l’objet puis d’en contrôler une partie du mouvement. L’ équipe britannique de l’Université de Bristol, à l’origine de plusieurs de ces recherches et de celles présentées ci-après, a même proposé l’an dernier un rayon tracteur acoustique de maison (il peut attirer à lui de petits objets et les plans sont disponibles sur internet pour que n’importe qui puisse le fabriquer.

Mais dans tous ces cas, les objets manipulés sont limités en taille. Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que la longueur d’onde utilisée pour la lévitation représentait la limite de la taille de l’objet. En effet, dès qu’un objet plus grand que la longueur d’onde était mis en lévitation il reçoit une partie du moment de rotation du champ acoustique et se met à tourner sur lui-même de plus en plus vite jusqu’à être éjecté du rayon acoustique. Dès lors difficile d’envisager de faire léviter de gros objets sans utiliser des sons aux longueurs audibles et/ou dangereuses pour le manipulateur.

Le principe de fonctionnement des vortex acoustiques : des vortex intriqués de directions opposés sont émis permettant de piéger et stabiliser la particule.
Le principe de fonctionnement des vortex acoustiques : des vortex intriqués de directions opposés sont émis permettant de piéger et stabiliser la particule.

Un vortex changeant

La nouvelle approche adoptée par les chercheurs de Bristol, dont les résultats ont été publiés dans un article de Physical Review Letters utilise des vortex acoustiques intriqués et fluctuants. Les cônes de sons émis, présentent, à l’instar d’un cyclone en leur centre un coeur silencieux de basses pressions.

Les chercheurs ont découvert que le taux de rotation de l’objet en lévitation pouvait être contrôlé en mêlant deux vortex de directions opposées. En jouant sur la fréquence d’apparition ou de rotation du deuxième vortex, on peut maîtriser l’objet et le stabiliser. En outre, ils ont pu augmenter la taille de « l’oeil du cyclone » acoustique afin d’y placer des objets plus grands. En travaillant avec des ondes ultrasoniques à la fréquence de 40 kHz (fréquence que les chauve-souris peuvent entendre), ils ont réussi à faire léviter une boule de polystyrène de 2cm de diamètre. Cela représente deux fois la taille des longueurs d’onde utilisées et constitue un record en matière de taille d’un objet en lévitation acoustique. Les scientifiques suggèrent que dans le futur de beaucoup plus gros objets pourraient ainsi être mis en lévitation acoustique à des fréquences qui ne seraient pas dangereuses pour l’homme. « Les rayons tracteurs acoustiques ont un énorme potentiel dans de nombreuses applications. Je suis particulièrement enthousiaste à l’idée de lignes de production qui pourraient assembler des objets délicats sans avoir à les toucher. », conclut Bruce Drinkwater, qui a supervisé les travaux d’Asier Marzo et Mihai Caleap.

Sophie Hoguin

Construction : un aérogel rend les briques simples ultra-isolantes

Depuis quelques années, la brique d’argile s’est offert une seconde jeunesse dans le bâtiment grâce à l’apparition de briques dites monomur qui offrent de très bonnes performances d’isolation pour des bâtiments bioclimatiques. Très épaisses (entre 30 et 50 cm), elles présentent une structure alvéolaire qui stocke de l’air assurant fraîcheur en été, isolation en hiver et ne retenant pas l’humidité. Pour réduire cette épaisseur, ces briques sont à présent souvent garnies directement d’un isolant, naturel ou non (laine de verre, perlite, polystyrène…) préservant leurs performances mais diminuant leur taille.

Des chercheurs suisses du Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa) ont mis au point un aérogel qui bat largement toutes ces garnitures. Leurs travaux ont été publiés dans Energy Procedia. Les aérogels, généralement basés sur des silicates dont 98-99 % du volume est assuré par la présence de bulles d’air de taille nanométrique, sont des matériaux d’isolation récents dans le secteur du bâtiment. C’est cette présence d’air qui en fait d’excellents isolants. Mais ils ont d’autre atouts : perméables à la vapeur, recyclables, non toxiques et non inflammables. Bref, tous les atouts d’un isolant idéal.

Aerobrick

Des performances inégalées

L’aérogel fabriqué par les scientifiques suisses a déjà fait ses preuves intégré à un enduit isolant testé en 2012 et commercialisé en 2013 et qui avait permis la rénovation de bâtiments historiques en préservant leur apparence. Cette fois, ils ont conçu leur aérogel sous une forme pâteuse qui permet de remplir les alvéoles des briques. Une fois dans les briques, l’aérogel se joint à l’argile des briques qui peuvent être manipulées normalement. Les briques ainsi créées ont été baptisées Aerobricks. Des tests pour évaluer la conductivité thermique de ces briques ont révélé des performances inégalées : pour atteindre la même isolation qu’un mur d’Aerobricks de 16,5 cm, il faudrait un mur de 26,3 cm de briques emplies de perlite et plus d’un mètre pour un mur de briques simples (voir photo). Autant dire que cet aérogel pourrait offrir une véritable cure d’amincissement aux murs en briques isolantes. Le hic ? La production de l’aérogel est pour l’instant trop coûteuse pour que les Aerobricks soient compétitives (plus de 400€ supplémentaires par mètre carré !). Cependant, les chercheurs espèrent que les prix chutent drastiquement à moyen terme permettant à cette brique d’entrer sur le marché.

Par Sophie Hoguin

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Parmi les thématiques phares du congrès :

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Revue du web #110 : les vidéos scientifiques étonnantes du mois

La réalité virtuelle au service des JO 2018

Voici comment s’entraîne l’équipe américaine de ski !

Science vs fake news

Ou comment vérifier les informations qui circulent sur les réseaux sociaux grâce à des algorithmes bien rodés.

Au coeur de la galaxie

Découvrez le cosmos à 360 degrés…

Des plumes presque aussi noires que le Vantablack, le matériau le plus noir jamais fabriqué

Vous vous souvenez de ce matériau qui absorbe 99,96% de la lumière ? Avec une jolie performance de 99,95% , les plumes de cet oiseau lui feraient presque de l’ombre.

Par I. B

Les premiers aimants liquides

Jusqu’à maintenant, seules des solutions ou des suspensions présentant des propriétés magnétiques diluées avaient pu être préparées. Cette fois, ce sont des matériaux purs, en l’occurrence des sels à bas point de fusion, qui présentent à la fois des propriétés de liquides ioniques et des propriétés de complexes moléculaires ferro ou antiferromagnétiques.

Des composés complexes

Dans l’article paru dans la revue, Dalton Transactions, les chercheurs de l’Institut de chimie de Strasbourg et de l’Institut de physique et chimie des matériaux de Strasbourg expliquent les trois complexes qu’ils ont réussi à fabriquer et présentant ces étranges propriétés.  Il s’agit de deux complexes dianioniques et d’un complexe monoanionique. Les deux premiers se présentent comme des solides cristallins et le troisième comme une pâte visqueuse.

Pour les fabriquer, ils sont partis d’un cation organique appelé bmim+ ( 1-butyl-3-methylimidazolium) dont le sel chlorure ne fond qu’à 70°C. Pour apporter des propriétés magnétiques à ce liquide ionique, ils se sont inspirés de travaux qui avaient décrits des complexes chargés négativement et possédant des propriétés magnétiques. C’est en associant bmim+ et ces complexes qu’ils ont pu obtenir leurs aimants liquides.

Propriétés ferro et antiferromagnétiques

Au final, ils ont obtenu un sel ferromagnétique qui fond à 140°C et qui reste fondu en refroidissant jusqu’à 70°C. Les deux autres composés ont produit des sels antiferromagnétiques (c’est-à-dire que leur aimantation totale est nulle car les moments magnétiques atomiques sont alignés de manière antiparallèle au sein du matériau ; leurs propriétés magnétiques ne se manifestant qu’à certaines températures précises). L’un de ces deux sels antiferromagnétique, obtenu sous forme d’une pâte visqueuse à température ambiante ne cristallise pas lors du refroidissement, il devient plus visqueux à l’instar du comportement des verres.

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Par Sophie Hoguin

D’Areva à Orano, quels changements ?

Le groupe Areva n’est plus. La transformation aura été rude pour l’entreprise et la faillite évitée de justesse grâce au secours de l’État actionnaire et le départ de 6.000 salariés. Le plan de restructuration a donné naissance à trois entreprises distinctes : Areva SA, Areva NP et New Areva. Areva SA a pour mission de mener à bien les opérations et les engagements hérités d’AREVA. Il s’agit notamment d’achever le projet de réacteur EPR OL3 en Finlande, de suivre les risques liés aux irrégularités constatées au Creusot et de clôturer les projets renouvelables résiduels, une fois les engagements contractuels remplis. De son côté, la branche réacteur Areva NP a été reprise par EDF et est retournée aux sources, en reprenant son ancien nom de Framatome. C’est l’entreprise New Areva qui devient désormais Orano.

Exit la gestion des centrales nucléaires, les activités d’Orano sont centrées autour des métiers de la production du combustible le démantèlement des centrales.« Orano couvre les activités mines, conversion-enrichissement, recyclage des combustibles usés, logistique, démantèlement et ingénierie », précise le sobre communiqué d’Orano envoyé pour l’occasion.

Quelles activités pour Orano ?

Le directeur général est Philippe Knoche. L’entreprise dispose désormais de 16.000 salariés dans le monde, pour un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros. Elle hérite d’un carnet de commandes de 31,8 milliards d’euros, mais aussi d’une dette nette proche de 3 milliards d’euros. Orano compte investir 1,8 milliard dans ses usines à l’horizon 2025 et un montant comparable dans ses activités minière. Avec une augmentation de capital de 2,5 milliards d’euros souscrite en juillet 2017, l’Etat est actionnaire majoritaire de l’entreprise.

Le chiffre d’affaires d’Orano provient à 36 % des mines, à 26 % de la conversion et l’enrichissement et à 38 % des activités aval. Les mines sont situées au Canada, au Kazakhstan et au Niger. Ses activités sont avant tout françaises (41 %) et européennes (15 %). L’entreprise est également présente en Chine, en Corée du Sud, en Mongolie, au Japon, aux Etats-Unis, au Gabon, en Namibie.

Quelle nouvelle politique pour Orano ?

Orano mise sur les marchés porteurs de l’Asie, avec le redémarrage en cours des réacteurs japonais et l’accélération du marché chinois. En effet, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une hausse importante des capacités nucléaires mondiales d’ici 2040. Elles devraient passer de 398 gigawatts (GW) à 606 GW, dont plus de la moitié en Chine. Mais le nouveau Areva mise aussi sur le traitement des combustibles usés qui devrait augmenter de 70 % à cet horizon. Sans oublier les 150 réacteurs qui seront à démanteler d’ici là.

Dans le cadre de son plan stratégique, l’entreprise se fixe trois objectifs. À court terme, l’entreprise veut être rentable dès 2018 et assurer « une génération de cash net positif dès 2018 ». Conformément aux nouveaux marchés émergents, elle souhaite assurer plus de 30 % de son chiffre d’affaires dès 2020 en Asie, contre 20 % aujourd’hui. Enfin, elle mise sur un relais de croissance dans les services et l’ingénierie liée au démantèlement des centrales. Elle espère ainsi avoir plus de la moitié de ses effectifs dans les activités de service dès 2020.

L’entreprise précise que son nouveau nom est tiré du dieu grec Ouranos et devenu Uranus dans la mythologie romaine. Il donna son nom à la planète Uranus à l’origine de l’appellation « uranium ».Le logo, constitué de cercles superposés, est jaune en référence au yellowcake, un concentré d’uranium.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Le bioéthanol continue sa campagne de séduction

La filière l’attendait depuis longtemps, l’essence SP95-E10 pouvant contenir jusqu’à 10 % de bioéthanol est devenue en 2017 la première essence de France. Sur l’année, la part de marché atteint 38,8 %, devant le SP95 (37 %) et le SP98 (23,1 %). En queue de peloton, à 1,3 % des ventes, on retrouve l’E85 qui contient 85 % de bioéthanol. Mais ces répartitions évoluent rapidement.

SP95-E10 : un carburant compétitif pour tous

Désormais, 5.850 stations françaises distribuent ce carburant compétitif. À la pompe, le SP95-E10 bénéficie en effet d’une fiscalité avantageuse et est vendu en moyenne 4,2 centimes de moins que le SP95. Avec une surconsommation de l’ordre de 1 %, la filière estime que le gain net est de 2,8 centimes par litre.

Aujourd’hui, 97 % du parc roulant de véhicules essence est compatible avec le SP95-E10, contre 65 % en 2009. Tous les véhicules essence vendus depuis 2000 sont compatibles.« Au début, il était délicat pour un distributeur de le proposer , mais aujourd’hui le problème ne se pose plus vraiment. rassure Sylvain Demoures, secrétaire général du syndicat national des producteurs d’alcool agricole (SNPAA). Après d’importantes hausses de consommation en 2017, nous estimons que le SP95-E10 dépassera le seuil de 50 % de part de marché des essences dans moins de 2 ans, avec des stations-service de la grande distribution qui devraient remplacer de plus en plus le SP95 par le SP95-E10 ».

Profiter de la perte de vitesse du diesel ?

Le diesel domine encore largement les ventes de carburant en France, avec une part de marché d’environ 80 %. Toutefois, la tendance sur le moyen-terme est bien à la perte de vitesse du gazole au profit des essences. En décembre 2017, les immatriculations de véhicules particuliers essence dépassent enfin celles de véhicules diesel. Elles atteignent 48,7 %, contre 45,4 % pour les véhicules diesel. Le marché des véhicules alternatifs (hybrides, électriques, GPL…) atteint de son côté 5,9 %. La filière du bioéthanol compte donc bien tirer son épingle du jeu.

Et elle a de quoi espérer. Après plusieurs années d’attente, les boîtiers dits « flexfuel » sont enfin en cours d’homologation. Ceux-ci assurent la conversion des véhicules à motorisation essence en motorisation à carburant modulable essence et E85. L’arrêté relatif aux conditions d’homologation et d’installation de ces dispositifs est paru en décembre 2017.

L’âge d’or du flexfuel en préparation ?

En France, on estime que le parc automobile compte déjà près de 32.000 véhicules flexfuel d’origine et 60.000 véhicules munis de boîtiers. Cependant, presque tous les constructeurs ont abandonné la commercialisation de leurs modèles. Golf reste le seul à miser sur la technologie. Mais l’homologation des boîtiers pourrait changer la donne.

La pose des boîtiers se faisait jusqu’à aujourd’hui aux risques des utilisateurs qui pouvaient perdre leur garantie constructeur. Grâce cette nouvelle homologation, la garantie du fabricant du boîtier couvrira désormais les pièces moteurs en contact avec le carburant en cas de problème. Les constructeurs de ces boîtiers, notamment Flexfuel et Biomotors sont en plein travaux pour homologuer leurs boîtiers dans les 8 catégories de véhicules retenus. Les premières homologations devraient être obtenues dès mars 2018, avec pour objectif que toutes les catégories soient couvertes d’ici la fin de l’année. Le marché potentiel est important : près de 10 millions de véhicules essence du parc automobile français peuvent être équipés.

Des boîtiers qui feront envoler les ventes de superéthanol-E85 ?

Avec ces boîtiers, vendus entre 700 et 1.000 euros, installation et assurance comprise, la filière espère faire décoller ses ventes d’E85. Elle vante les avantages de ce carburant, vendu à 0,69 euro le litre. Attention toutefois, ce superéthanol engendre une surconsommation entre 15 % et 25 %. Malgré tout, il resterait largement compétitif et permettrait une économie d’environ 500 € sur un parcours de 13.000 km. De quoi assurer le retour sur investissement des boîtiers en un an pour les véhicules parcourant quelques dizaines de milliers de kilomètres. Par ailleurs, la filière assure que le bioéthanol réduirait de plus de 50 % les émissions de CO2 par rapport à l’essence fossile, avec une combustion qui n’émet pas de particules.

La compétitivité de ce carburant devrait continuer à se renforcer. La hausse de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) est programmée entre 2017 et 2022. Chaque litre d’E85 devrait augmenter de 9,5 cts€/L à la pompe, contre 13 cts€/L pour les essences sans plomb et 25 cts€/L pour le gazole. « Le superéthanol va être de plus en plus intéressant dans les années à venir », note donc Nicolas Kurtsoglou, responsable carburants du SNPAA.

En décembre 2017, 973 stations proposaient déjà l’E85 en France. Sur l’année, les volumes de vente du carburant ont augmenté de 23 %. En 2018, les indicateurs sont au vert pour aller encore plus loin. En effet, les sociétés FlexFuel et Biomotors espèrent multiplier leurs ventes et vendre chacune entre 1.000 et 1.500 boîtiers par mois.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

TOP 5 : les articles les plus lus #janvier2018

La route solaire normande produit deux fois moins d’électricité que prévu

409 et non pas 767 kWh par jour en moyenne. Les experts se sont donc trompés dans leurs estimations. Un problème de joints serait notamment à l’origine de cette défaillance.

La transition énergétique demande-t-elle trop de métaux ?

Selon Guillaume Pitron, auteur de « La guerre des métaux rares », la réussite de la transition énergétique est menacée par son besoin en métaux rares. La Banque mondiale met également les pays en garde. Alors, que faire ?

Le Japon veut importer de l’hydrogène obtenu à partir du charbon australien

Présenté comme « propre » par la plupart des médias français, l’hydrogène cache une réalité moins ragoûtante : il est aujourd’hui produit dans son immense majorité à partir de gaz, de pétrole et de charbon. Et ce n’est pas le projet actuellement en cours en Australie qui changera cette réalité.

L’Intelligence artificielle au secours de la sécurité informatique

Les menaces numériques ne cessent d’augmenter. Pour les contrer, les entreprises s’appuient sur des logiciels. Mais ces derniers ne sont pas tous parfaits ! D’où une perte de temps et d’énergie. L’IA pourrait leur venir en aide.

« ElectricGate » : la voiture électrique est-elle vraiment un leurre énergétique ?

La voiture électrique à batterie est trois fois plus efficiente qu’une voiture thermique. Elle consomme trois fois moins d’énergie. Mais si l’on raisonne au niveau de l’intégralité du cycle de vie, en intégrant l’énergie nécessaire à la construction des voitures, alors l’avantage de la première deviendrait nul. C’est ce qu’affirme le journaliste Guillaume Pitron sur la base d’un rapport de l’ADEME, dénonçant un « ElectricGate », manifestement en réaction face au « DieselGate ». Est-ce exact ?

Par I. B

Des robots pour mieux comprendre la floraison du phytoplancton

L’océan Atlantique Nord situé au-dessus du 50e parallèle nord est un des puits de carbone les plus efficaces au monde. Bien que représentant moins de 1,5% de la superficie de l’océan, il capte environ 20% du CO2 séquestré par les océans. Ses eaux très froides en surface et des conditions météorologiques relativement extrêmes en hiver permettent de capturer efficacement le COprésent dans l’atmosphère. En parallèle, les floraisons (ou « blooms ») de phytoplancton – un micro-organisme végétal qui transforme le carbone minéral présent dans l’océan en carbone organique via la photosynthèse – contribuent également à la captation du CO2 et à son exportation éventuelle vers les profondeurs de l’océan.

Traditionnellement, la floraison du phytoplancton est observée via les satellites « couleur de l’eau », qui mettent en évidence la présence de chlorophylle mais se révèlent inefficaces en cas de couverture nuageuse ; et par les missions océanographiques, plus coûteuses à opérer, et restreintes dans le temps.

Pour mieux comprendre les conditions favorables à la floraison du phytoplancton, les chercheurs du Laboratoire d’océanographie de Villefranche (CNRS/Sorbonne Université) ont déployé des robots appelés « flotteurs-profileurs biogéochimiques » dès 2012-2013. Ces robots – qui naviguent entre la surface et 2 000 mètres de profondeur – ont permis de mesurer des données jamais récoltées sur un cycle annuel complet : non seulement la profondeur, la température et la salinité des eaux, mais aussi l’intensité lumineuse, la densité des particules en suspension, la concentration en chlorophylle (indicateur de la présence du phytoplancton), et celle en oxygène.

Grâce aux données récoltées, les scientifiques ont pu déterminer de manière précise quand et comment débute la floraison du phytoplancton dans l’océan Atlantique Nord. Leur étude à paraître dans Nature Communications confirme l’hypothèse selon laquelle l’explosion de la biomasse du phytoplancton intervient au printemps après un « frémissement hivernal », une phase d’activité réduite pendant l’hiver.

De plus les chercheurs se sont concentrés sur les mois de janvier, février et mars pour étudier ce phénomène de « frémissement hivernal » méconnu. Dans une autre étude publiée dans Nature Geoscience, ils démontrent qu’il peut y avoir des floraisons (réduites) de phytoplancton en hiver sous certaines conditions. En effet, dans des eaux très agitées et brassées, le phytoplancton ne peut se développer car il manque de lumière à cette période de l’année. Mais, leur étude montre que dans des moments de relative accalmie, le brassage réduit des eaux permet au phytoplancton de recevoir plus de lumière, favorisant ainsi la floraison d’un groupe de phytoplancton : les diatomées. Ces floraisons locales de quelques jours pourraient être le point de départ de l’explosion printanière, quelques mois plus tard. Ces observations ont été reproduites par des modèles numériques et permettront certainement d’alimenter les futurs modèles de prévision de l’état des écosystèmes océaniques.

Au-delà de ces résultats, le projet ERC remOcean a démontré l’importance des robots pour comprendre l’océan. Il a également contribué à amorcer un programme international d’observation robotisée de la biogéochimie océanique, Biogeochemical-Argo, lancé en 2016. Son ambition à moyen terme est d’opérer 1 000 flotteurs-profileurs afin de prendre en permanence le « pouls » de la vie marine océanique et sa sensibilité aux perturbations climatiques.

Source : cnrs

Quechen choisit Fos/mer, pour un investissement à 100M€ dans la silice

Le 9 janvier dernier, à l’occasion du voyage présidentiel en Chine, Quechen Silicon Chemical a signé une lettre d’intention avec le Grand Port Maritime de Marseille, Kem One et Provence Promotion pour la construction d’une usine de silices hautement dispersibles (HDS) sur le port industriel de Marseille-Fos. La lettre prévoit qu’un contrat définitif actant l’implantation de l’industriel chinois devra être signé avant le 30 avril 2018. L’aboutissement de deux ans de travail et de tractation de l’ensemble des parties prenantes françaises pour faire face aux 27 autres candidatures européennes.

Un investissement de plus de 100M€

Cet investissement de l’ordre de 105M€ doit permettre la création de 130 emplois directs. La mise en service serait prévue vers 2020.  Quechen Silicon Chemical, créée en 2003, est une entreprise basée à Wuxi (province de Jiangsu) reconnue comme le numéro 3 mondial de la silice à destination des pneus « verts » – ces pneus présentés comme réduisant la résistance de roulement de 20 à 35 % et la consommation de carburant de 3 à 5 % – et numéro 1 chinois pour la silice. Le groupe chinois emploie quelques 500 personnes sur deux sites en Chine et présente un chiffre d’affaires de près de 150M€ en 2017. Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Marseille Provence et président de Provence Promotion, s’est réjouit de la « dynamique collective privée-publique » qui a permis d’aboutir à cette décision et prévoit que « Quechen Silicon Chemical sera sans aucun doute le premier d’une série d’investissements à capitaux chinois », en particulier pour le devenir de la plate-forme PIICTO (plateforme industrielle d’innovation Caban Tonkin) à Fos-sur-Mer. PIICTO, qui associe 13 partenaires industriels, est constituée d’une zone de 1200ha dédiée à la promotion de l’innovation pour la transition énergétique et à des initiatives permettant de pérenniser les activités industrielles existantes ou de favoriser la création de nouvelles activités à travers une approche d’écologie industrielle.

quechen silice
De gauche à droite Philippe Stéfanini, directeur général de Provence Promotion, Christine Cabau Woehrel, présidente du directoire du Grand Port Maritime de Marseille, Bruno Le Maire, ministre français de l’Economie et des Finances et Que Weidong, fondateur et président directeur général de Quechen Silicon Chemical avec son épouse.

Une implantation stratégique

L’enjeu n’est pas seulement financier. L’intérêt industriel de cette implantation est la construction d’un complexe complet comprenant : une usine de silice HDS (d’une capacité de 90 000 t /an) et des unités pour les matières premières associées (silicate de sodium et acide sulfurique),  ainsi que  le développement d’un centre de R&D. En outre, Quechen a promis « une usine écologiquement vertueuse », à l’image de son usine de chinoise de Wuxi, récompensé pour son faible impact environnemental par l’association chinoise du pétrole et des industries chimiques. La parcelle d’implantation envisagée actuellement, d’une superficie de 12ha, est en partie occupée par Kem One, partie prenante de cet accord. En effet, l’usine du numéro 2 européen de la production de polychlorure de vinyle (PVC) à Fos-sur-Mer d’unités de production qui pourraient fournir des fluides à la future usine de Quechen. Frédéric Chalmin, directeur général de Kem One affirme ainsi que « le projet européen de Quechen Silicon Chemical rencontre pleinement la stratégie du groupe » et que le centre industriel de Fos « développera de nombreuses synergies avec cette future usine de silice » ajoutant qu’il est envisagé «une collaboration en recherche et développement ».

L’installation de Quechen prend place pour la Chine dans la stratégie de déploiement international des nouvelles routes de la soie ( Belt and Road initiative) visant à multiplier les coopérations multilatérales et à sécuriser les routes industrielles chinoises dans toute l’Eurasie, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Avec cette installation en Europe, Quechen pourra livrer ses clients internationaux comme Pirelli, Michelin ou Colgate en quelques jours au lieu de plusieurs semaines actuellement. Le développement rapide du chinois Quechen, qui construit aussi actuellement une nouvelle usine en Thaïlande et prévoit des implantations aux USA ou au Brésil, s’inscrit dans un marché mondial des silices de spécialité très dynamique qui devrait atteindre plus de 4 Md€ d’ici 2022 (rapport 2016 d Grand View Research).

Sophie Hoguin

Nouveau record de ventes de véhicules électriques en Europe

En 2017, le marché européen du véhicule électrique a augmenté de 43,9 % par rapport à l’année précédente. C’est une année record pour ce segment, avec exactement 149.086 modèles 100 % électrique immatriculés. La Norvège, suivie de la France, restent les deux pays les plus dynamiques. Viennent ensuite l’Allemagne et le Royaume-Uni. À eux quatre, ces pays concentrent 72,4 % du marché.

Côté véhicules vendus aux particuliers, la Renault Zoé reste de loin en têtes des ventes, avec 31.302 unités acquises. Elle est suivie par la Nissan Leaf (17.293 unités), la BMWi3 (14.785 unités) et la Tesla Model S (14.319 unités). Le véhicule du constructeurs français se classe en première position en France, en Allemagne, en Autriche, en Espagne, au Portugal et au Danemark.

Une part de marché qui reste majoritairement faible

Les ventes de véhicules électriques sont toutefois encore loin de détrôner celles des véhicules essence et diesel. « Les véhicules électriques représentent désormais 0,9 % du marché automobile global, contre 0,6 % en 2016 », calcule l’Avere. La performance de la Norvège est à noter. L’électrique y représente 17,2 % des ventes totales de véhicules grâce à des politiques publiques ambitieuses. En France, la propulsion alternative représente 1,2 % du marché automobile.

Malgré des résultats globaux encore faibles, l’Avere note que deux pays ont doublé leurs ventes en 2017. C’est le cas du Portugal (+ 120,5 %) et des Pays-Bas (+ 97,5 %). Dans le peloton de tête, c’est aussi le cas de l’Allemagne, avec une hausse de 110,6 %. Les performances de ces trois pays seront à suivre de près en 2018. L’Allemagne pourrait notamment détrôner la France.

Un marché qui se développe encore grâce aux aides publiques

Quel est le point commun entre tous ces pays où le véhicule est un succès ? « La mise en place de politiques publiques dynamiques, tant sur l’aide à l’acquisition de véhicule que sur le développement des infrastructures de recharge et l’usage », analyse l’Avere. L’électromobilité reste un marché sous perfusion. Là où les soutiens au développement sont abandonnés, les ventes dégringolent. C’est le cas au Danemark, avec une baisse de 45,5 % des immatriculations en 2017.

En 2018, le gouvernement français a prolongé le dispositif de soutien. Le bonus écologique de 6.000 euros demeure inchangé. En revanche, la prime supplémentaire versée pour l’achat d’un véhicule électrique neuf, en cas de mise au rebut d’un ancien véhicule diesel ou essence polluant sera abaissée de 4.000 à 2.500 euros à partir du 1er avril 2018. Ce soutien est diminué pour élargir le dispositif à tous les ménages et aux véhicules d’occasion. En mettant au rebut un véhicule diesel immatriculé avant 2001 ou un véhicule essence immatriculé avant 1997, les ménages imposables ou professionnels bénéficieront d’une prime de 1.000 euros. Cette prime passe à 2.000 euros pour les ménages non imposables et elles bénéficient à tous les véhicules diesel immatriculés avant 2006. Elle est versée en cas d’achat d’un véhicule thermique essence ou diesel Crit’Air 1 ou 2 et émettant moins de 130 grammes de CO2 par kilomètre. Une prime de 100 euros est également prévue pour les deux-roues, trois-roues ou quadricycles électriques pour les ménages imposables et les professionnels. Elle est portée à 1.100 euros pour les ménages non imposables.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Espionnage industriel : Le Chinois Sinovel condamné 
par la justice américaine

Un software à 800 millions de dollars

Le Department of Justice a confirmé la décision du tribunal du Wisconsin en expliquant : « AMSC a développé un logiciel qui régule le flux d’électricité des éoliennes au réseau électrique. Comme cela a été prouvé lors du procès, Sinovel a volé à AMSC sa technologie afin de produire ses propres turbines améliorées par la propriété intellectuelle volée ». Sinovel était l’un des principaux clients d’AMSC. Selon le DoJ, le groupe chinois aurait convaincu le chef du département d’automatisation d’AMSC Windtec, un certain Dejan Karabasevic, de quitter son employeur pour le rejoindre, en téléchargeant au passage secrètement le code source PM3000 du software en question. Puis Sinovel aurait rompu ses relations commerciales avec AMSC. L’ingénieur a depuis déjà été condamné en Autriche à trois ans de prison, dont un an ferme.

Cette condamnation ouvre la voie à un dédommagement que la compagnie américaine à estimé à 100 M$ pour les produits et services déjà livrés, et 700 M$ pour les projets qui étaient en cours, soit un total de 800 M$. La Bourse a applaudi en appréciant de 24% l’action AMSC, mais cela n’efface pas la perte capitalistique évaluée à 1 milliard de dollars, ni les doutes qui subsistent sur sa capacité à recouvrir lesdites sommes. En effet, il y a fort à parier que Sinovel va tout faire pour échapper à l’indemnisation et peu d’espoir de demander le concours de Pékin sur ce dossier.

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Relations bilatérales tendues

En effet, la décision de la justice américaine intervient la même semaine que celle de Donald Trump de taxer les importations de panneaux solaires à 30%. Une mesure qui s’applique à tous les modules solaires étrangers (y compris européens) mais qui vise officiellement les produits venus de Chine. Le président américain reproche au gouvernement chinois de favoriser ses entreprises et d’organiser une concurrence déloyale, ce qui aurait permis au pays de voir passer sa part de la production mondiale de cellules solaires passée de 7 à 61% entre 2005 et 2012. L’Empire du Milieu représente aujourd’hui 60% des panneaux et 71% cellules photovoltaïques vendus dans le monde. L’espionnage industriel concerne aussi la technologie solaire. En octobre 2011, c’est Westinghouse Solar qui portait plainte contre le chinois Zep Solar pour vol de brevets.

Romain Chicheportiche

L’Intelligence artificielle au secours de la sécurité informatique

Les professionnels de la sécurité perdent 40 heures par mois à cause de systèmes inefficaces. C’est le terrible constat d’une étude réalisée par LogRhythm, une entreprise américaine spécialisée dans l’Intelligence artificielle et la sécurité informatique. Cette perte de temps ralentit la découverte et la gestion des failles et des cybermenaces.

Cette étude indique que les responsables informatiques et autres DSI (Direction des systèmes d’information) voient l’IA comme une solution efficace dans la lutte contre les piratages externes ou internes. Venant d’une société spécialisée dans le ce domaine, cette conclusion doit être prise avec précaution….

L’IA et sécurité : forte croissance

Néanmoins, elle confirme que l’IA n’est plus réservée notamment aux services marketing pour définir les tendances de leur marché ou mieux cibler leurs clients.

Comme de nombreux salons et colloques, le FIC qui vient de s’achever à Lille a fait la part belle à l’IA.

Durant ce Forum international de la cybersécurité, qui a réuni 8500 visiteurs les 23 et 24 janvier, de nombreuses entreprises plus ou moins grandes ont présenté leurs solutions basées sur l’IA. Elles ne sont pas les seules d’ailleurs. D’après une étude de P&S Market Research, le marché mondial des logiciels de cybersécurité capable d’intelligence artificielle pourrait peser 18,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2023. Un marché en pleine forme avec des estimations tablant sur un taux de croissance moyen annuel de 34,5 % entre 2018 et 2023.

Depuis quelques années, l’IA et sa sous-catégorie le Machine Learning, sont utilisées par des entreprises de sécurité pour détecter ou anticiper des cyberattaques, mais aussi pour déjouer des tentatives de fraude. En utilisant le Machine learning, des banques (comme la Société Générale par exemple) mettent en place une détection proactive de fraudes inconnues. L’objectif est de pouvoir constituer un profil d’habitudes des clients et d’estimer un niveau de risques en temps réel pour chaque action de navigation et de transaction.

Pour LogRhythm, l’IA basée dans le cloud évite aux entreprises d’être pénalisées par des solutions logicielles déployées en interne, mais qui ne sont pas assez performantes. L’IA dans le cloud a le potentiel de bénéficier de millions d’implémentations clients. Par conséquent, les analyses et les détections peuvent être plus rapides, plus précises et plus « intelligentes ». « En détectant précisément les véritables menaces, l’IA permet aux entreprises de minimiser les faux positifs et d’être plus productives », affirme James Carder, vice-président de LogRhythm Labs.

L’expérience humaine ne remplacera pas l’IA !

Le « Machine learning » pourrait permettre aux équipes sécurité d’être plus efficaces même si leurs effectifs n’augmentent pas au même rythme que le volume de menaces numériques. En 2022, il manquera 350 000 experts de la cybersécurité en Europe, selon l’ICS, une association professionnelle internationale.

Avec l’IA et le Machine learning, les équipes sécurité ne seraient plus chargées des tâches répétitives ou pénibles comme l’utilisation de logiciels plus ou moins performants et optimisés. Ces missions chronophages seraient assurées de façon automatique par des outils spécialisés.

L’expérience des spécialistes serait ainsi réservée à des opérations à plus forte valeur ajoutée et pour lesquelles l’humain reste plus doué que la machine. Il serait en effet illusoire, voire dangereux, de penser que les outils de sécurité fonctionnent de façon automatique : ils sont conçus pour faciliter les analyses. Mais il faut absolument que des analystes examinent les données et puissent catégoriser les attaques subies par l’entreprise.

Reste que l’IA pourrait être aussi exploitée par des pirates. Elle pourrait permettre de créer des logiciels malveillants doués d’une capacité à déjouer la surveillance des programmes de sécurité…

Philippe Richard

Chimie et développement durable

L’industrie chimique a la préoccupation permanente de contrôler la plupart des cycles de vie des produits afin d’intégrer les principes d’une chimie durable dite chimie écocompatible ou chimie verte. Cette infographie reprend en images la charte des 12 principes de la chimie verte.

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