Le Japon post-Fukushima dépend à plus de 92% des énergies fossiles

La part cumulée du pétrole, du charbon et du gaz naturel n’a jamais été aussi élevée depuis 1977, selon les données publiées par le ministère du Commerce et de l’Industrie (Meti).

Cette dépendance accrue résulte de l’arrêt progressif de l’ensemble des réacteurs de l’archipel à la suite de la catastrophe atomique de Fukushima provoquée par le tsunami du 11 mars 2011.

Auparavant, l’énergie nucléaire représentait environ 10% de l’énergie primaire (et était à l’origine d’environ un quart de l’électricité produite), mais en 2012 cette part était réduite à 0,6% et à néant actuellement.

A l’inverse, la part cumulée des énergies fossiles, que le Japon importe, est passée de 83% juste avant le désastre de Fukushima à environ 92,5% en 2012-2013.

Ce n’est plus très loin du niveau record de 94,4% atteint au début des années 1970, au moment du premier choc pétrolier, selon les données du groupe d’informations économiques Nikkei.

Depuis le drame de Fukushima, le fonctionnement à plein régime des centrales thermiques a non seulement fait exploser la facture de carburant des compagnies d’électricité et entraîné d’importants déficits commerciaux, mais aussi accentué les émissions de gaz à effet de serre.

Les énergies renouvelables (hydraulique comprise) ne totalisaient en 2012-2013 que 7,20% du panier énergétique primaire du pays.

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La bouteille qui transforme l’air en eau

C’est un petit scarabée vivant dans le désert de Namibie qui est à l’origine du concept de cette bouteille. En effet, celui-ci a la capacité de pouvoir condenser à sa surface les particules d’eau existantes dans l’air. Il suffit à l’ingénieux coléoptère de gravir une dune, d’exposer sa carapace face au vent pour récolter jusqu’à 12% de son poids en eau ! Ceci n’a rien de magique. Voilà l’explication. Sa carapace est recouverte de minuscules bosses, au sommet hydrophile. Une fois captée, la gouttelette d’eau se dépose et vient s’ajouter aux autres précédemment captées. Plus fort que le chameau, ce scarabée se promène avec ses propres récupérateurs d’eau sur le dos. 

Deckard Sorensen a l’idée de s’en inspirer pour fabriquer une bouteille capable de capter l’eau de l’atmosphère et de se remplir toute seule. Il s’associe pour fonder l’entreprise NBD Nano, le nom étant l’acronyme de Namib Beetle Desert, en hommage à l’insecte. 

NBD Nano a donc fabriqué un capteur dont la surface alterne les zones hydrophiles et hydrophobes. L’eau est attirée grâce à des nanoparticules de silicium tandis que des polymères constituent les parties hydrophobes. Pour simuler le vent, quoi de mieux qu’un mini-ventilateur ? Celui-ci permet de créer le flux d’air nécessaire pour faire se rencontrer l’eau et la surface. 

Ce système se présente sous la forme d’un bouchon qui sert à refermer une bouteille de champagne ouverte. Il se place au niveau du goulot, de façon à ce que l’eau collectée s’écoule dans la bouteille. D’ailleurs, le concept ne se limite pas aux bouteilles mais pourrait s’étendre à des surfaces plus grandes comme des toitures, des voilures ou tout dispositif permettant la collecte des gouttelettes d’eau. Le prototype est censé collecter entre 0.5 et 3 litres par heure, ce qui serait exceptionnel.

Pas encore commercialisé, ce procédé pourrait enfin donner l’accès à l’eau potable à toutes les populations, même celles habitant des zones désertiques ou frappées régulièrement par la sécheresse.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Drones : une aubaine pour le BTP

Sans aucun doute ceux-là mêmes qui n’auraient pu croire que ce même objet deviendrait le plus bel outil des entreprises de BTP.  Les entreprises de ravalement, étanchéité, couverture, ou encore de fumisterie sont quotidiennement confronté aux problèmes d’accessibilité sur les immeubles.

La visite des lieux nécessite impérativement la présence d’une personne afin de permettre l’accès aux toits et demande donc de nombreux rendez-vous si l’on considère qu’un appel d’offres pour être recevable nécessite au minimum un devis de 3 entreprises différentes. De même il était impossible de diagnostiquer correctement la pathologie de monuments historiques ou immeubles de grande hauteur en copropriété, sans avoir recours à la mise en place d’échafaudages couteux. Le drone a effacé cette problématique.

Selon Frédéric Hinderze, PDG de Harmonie SAS société leader du ravalement de façade, on peut aujourd’hui en moins de 12 minutes réaliser un diagnostic parfait d’endroits inaccessibles tels des cours aveugles, visiter le dôme d’une verrière pour en vérifier l’état ou encore localiser en quelques instants l’origine d’une fuite ou d’une stagnation d’eau sur une étanchéité.

Équipé d’un stabilisateur d’image la caméra embarquée peut soit réaliser un film en full HD, soit réaliser un reportage photo a raison de 4 photos seconde. Une fois revenue la carte mémoire est transférée dans l’ordinateur puis analysée.

La surveillance des travaux

Indépendamment des diagnostics le drone assure également un soutien précieux dans le cadre du suivi des travaux. Sur des toitures lors du rendez-vous de chantier un technicien peut effectuer un vol de drone qui en prenant de la hauteur permettra un rapport photo de l’avancement du chantier et le joindre ainsi au compte rendu. Ce document permettra ensuite de s’assurer de l’avancement des travaux et donc de l’état des paiements à effectuer. Sur des nacelles élévatrices, cela nous permettra de visualiser une zone qui semble dégradée, sans manipuler lesdites nacelles ce qui est long et fastidieux.

Le drone a l’heure du Grenelle de l’environnement

L’application la plus intéressante reste celle des diagnostics thermiques. Jusqu’aujourd’hui les diagnostics thermiques des bâtiments anciens, se révèlent  forts compliqués, très longs à effectuer donc onéreux.

Il n’est pas rare de voir une copropriété facturée de plus de 20.000 euros pour procéder à ce contrôle.  Equipé d’une caméra thermique le drone peut réaliser ce même diagnostic sans pénétrer dans les appartements. Le gain de temps est inestimable et rend ainsi sa livraison beaucoup plus rapidement.

Propos recueillis auprès de Frédéric Hinderze ( Harmonie SAS )

En savoir plus sur l’utilisation des drones dans le BTP

De l’herbicide présent dans le lait maternel

Les associations Moms Across America et Sustainable Pulse ont découvert  la présence d’un herbicide courant, le glyphosate, dans le corps de mères. Sur les dix échantillons de lait maternel testés, 3 étaient positifs à des taux non négligeables : 76 µg/L en Virginie, 99µg/L en Oregon, et 166 µg/L en Floride.  Ces taux restent en deça du niveau de contamination maximale de 700 µg/L décrété pour le glyphosate aux Etats-Unis, tout en étant près de 1000 fois supérieurs à la valeur seuil des pesticides individuels imposée par une directive européenne sur l’eau potable.

Le problème reste que l’impact du glyphosate sur la santé reste inconnu, incertitude encore plus forte concernant les conséquences sur les bébés. De plus, ces mesures contredisent le fait que cet herbicide n’est pas bioaccumulable, contrairement à ce que déclare Monsanto, leader du marché des herbicides avec le Round Up.

En 2011, une étude rapportée par l’ONG Earth Open Source réclamait une réévaluation de l’herbicide, s’appuyant notamment sur une étude concluant à un effet tératogène, c’est-à-dire entrainant des malformations fœtales.

En octobre dernier, de précédentes mesures avaient révélé la présence du glyphosate dans les urines de Français non utilisateurs d’herbicides. La question de la contamination reste ouverte, mais il semble bien que le glyphosate soit une substance qui reste dans le corps et s’y accumule, devenant potentiellement toxique.

Le dernier rapport d’évaluation du glyphosate par la Commission Européenne date de plus de dix ans, mais ne sera pas réévalué avant 2015.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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L’annuaire des nanotechnologies disponible en version numérique enrichie !

Entretien avec Céline Chartier, éditrice chez Techniques de l’Ingénieur de l’annuaire des nanotechnologies, dont elle nous présente la nouvelle version e-Pub, et les richesses qu’elle renferme.

Techniques de l’Ingénieur : Céline Chartier, vous êtes éditrice chez Techniques de l’Ingénieur. Vous venez de publier une version e-Pub de l’annuaire des nanotechnologies. Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est ce guide ?

Weka 191Céline Chartier : L’annuaire des nanotechnologies est un annuaire qui recense l’ensemble des acteurs de la filière des nanotechnologies en France : entreprises, organismes, laboratoires et associations. Il permet de dresser un état des lieux des compétences dans ce domaine, pour lequel la France est bien positionnée par rapport à ses concurrents étrangers. L’annuaire des nanotechnologies s’adresse aux ingénieurs, chercheurs, donneurs d’ordre et investisseurs, issus de l’industrie et de la recherche académique, tous secteurs confondus. Pour la troisième édition du guide, Techniques de l’Ingénieur propose, en complément de l’ouvrage papier, une version numérique au format e-Pub, pour liseuses et tablettes électroniques.

Techniques de l’Ingénieur : Pourquoi avoir développé une version e-pub, c’est-à-dire pour lecture sur tablettes ? Quels sont les avantages pour l’abonné ?

 Céline Chartier : La version numérique intègre une carte interactive, permettant une recherche par zone géographique, ainsi qu’un moteur de recherche pour interroger l’annuaire par mot-clé, secteur industriel ou type de société. Ce format permet donc d’offrir à nos lecteurs une base de données structurée et facilement consultable, avec la possibilité de rechercher les informations suivant différents critères.

Techniques de l’Ingénieur : Peut-on espérer qu’à l’avenir, l’ensemble de la gamme éditoriale de TI sera disponible à ce format ?

Céline Chartier : Développer de nouveaux formats numériques fait partie de notre stratégie éditoriale. Nous proposons déjà une application pour tablettes où nos abonnés peuvent retrouver l’intégralité de nos articles. Nous envisageons de transposer le format de l’annuaire des nanotechnologies à d’autres thématiques, mais aussi d’enrichir notre gamme éditoriale de nouvelles applications et de livres électroniques, tels que des dictionnaires, des traducteurs techniques, des bases de données, etc.

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Nucléaire EPR : le quotidien finlandais de référence dénonce son coût exorbitant

L’article du journaliste Juhani Saarinen publié le 2 avril dans ce grand quotidien et intitulé « La nouvelle centrale d’Olkiluoto coûte plus cher que n’importe quel gratte-ciel de luxe dans le monde » illustre le ras-le-bol finlandais.

Le groupe Areva a dû envoyer un courrier pour tenter de justifier les coûts astronomiques de ce chantier EPR. Virginie Moucquot-Laiho, chargée de la com d’Areva en Finlande, a rappelé qu’il s’agit d’une centrale de troisième génération un peu moins dangereuse que celles des générations antérieures.

L’Helsingin Sanomat jouit d’une excellente réputation pour le sérieux de ses analyses, du niveau de celles du Frankfurter Allgemeine Zeitung ou du New York Times. Touchant 8% de la population finlandaise, et 75% de la population de la capitale Helsinki, il s’agit de l’un des journaux les plus influents au monde par habitant. « Fondée en 1889, la « Gazette d’Helsinki », aussi couramment appelée Hesari, est le premier quotidien finlandais et nordique en terme de diffusion (…). La quasi-totalité des articles de la version papier est disponible sur ce site facile d’utilisation et entièrement gratuit », résume Courrier International.

11 000 millions de dollars

Le coût de l’EPR finlandais a dépassé le seuil des 11 milliards de dollars. Le complexe hôtelier le plus luxueux du monde, le Marina Bay Sands Hotel de Singapour, coûte 5.2 milliards de dollars, soit deux fois mois cher. La comparaison avec le coût du Mausolée en marbre du Taj Mahal en Inde et de la pyramide de Kheops en Egypte n’est pas possible, écrit Helsingin Sanomat, mais peut-être qu’ils étaient meilleurs marché.

Le contrat d’origine signé en 2003 entre Teollisuuden Voima (TVO) et le consortium Areva-Siemens indiquait que le coût de la centrale serait de 3,2 milliards d’euros et que la mise en service aurait lieu en 2009. Mais la facture a flambé année après année, pour atteindre 8,5 milliards d’euros. Les différents acteurs se rejetant mutuellement la responsabilité des retards, des pénalités vont être fixées par la justice internationale.

Plus de 5 euros par Watt installé

La centrale nucléaire canadienne de Darlington, constituée de 4 réacteurs CANDU d’une puissance totale de 3524 MW et achevée en 1993 au bord du lac Ontario, avait coûté 13,8 milliards d’euros. Olkiluoto 3 a une puissance de 1600 MW, ce qui est équivalent à 5,3 euros le Watt. Contre 3,9 euros le Watt pour Darlington.

Au printemps 2014, selon AREVA, 86% de la construction est achevée. Autrement dit il manque encore 14%. De quoi donner de nouvelles frayeurs aux parties prenantes de ce gouffre financier. L’un des chantiers en cours consiste en l’installation de groupes diesel de secours afin de venir en aide à la centrale en cas de catastrophe. En avril 1991, un incendie s’est produit dans un transformateur électrique, ce qui a conduit à une défaillance du réseau électrique et à l’îlotage des réacteurs nucléaires Olkiluoto 1 et 2.

Un coût bien supérieur à celui des énergies renouvelables

EDF a demandé au gouvernement britannique un tarif d’achat de 10,9 centimes le kWh pour ses projets d’EPR Outre-Manche. Un niveau un tiers plus élevé que celui de l’éolien terrestre, une énergie inépuisable. Les EPR finlandais et français dépendent d’uranium 235 importé, dont le stock mondial est très limité, et dont l’extraction est fortement consommatrice en eau.

Avec l’ensoleillement de la région Aquitaine les grandes centrales photovoltaïques au sol sont rentables à environ 9 centimes le kWh, ne présentent aucun danger pour les populations avoisinantes et ne produisent aucun déchets radioactifs à longue durée de vie à gérer par les générations futures.

Une étude récente de l’Agence Internationale de l’Energie montre qu’intégrer de hauts niveaux d’éolien et de solaire dans un mix électrique est tout à fait possible techniquement et économiquement.

Dans un entretien à L’Usine Nouvelle Bernard Bigot, directeur du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, appelle à a la construction de 35 réacteurs nucléaires EPR d’ici 2050 en France.

Martine Aubry, lors des primaires du PS pour la présidentielle de 2007, et Ségolène Royal, aujourd’hui Ministre de l’écologie du développement durable et de l’énergie ont déclaré être favorables à une sortie complète du nucléaire à cet horizon. François Hollande s’est engagé à réduire la part du nucléaire de 75% aujourd’hui à 50% en 2025, mais a refusé de se prononcer sur l’après 2025.

Par Olivier Daniélo

Être ingénieur en 2030, par Joël de Rosnay

Joël de Rosnay, Docteur ès Sciences, est Président exécutif de Biotics International et Conseiller de la Présidente d’Universcience (Cité des Sciences et de l’Industrie ; Palais de la Découverte). Ancien chercheur et enseignant au Massachusetts Institute of Technology dans le domaine de la biologie et de l’informatique, il a été successivement Attaché Scientifique auprès de l’Ambassade de France aux États-Unis et Directeur scientifique à la Société Européenne pour le Développement des Entreprises.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Les Origines de la vie (1965), Le Macroscope (1975), La Malbouffe (1979), L’Homme symbiotique (1995), La plus belle histoire du monde avec Yves Coppens, Hubert Reeves et Dominique Simonnet (1996), La révolte du Pronétariat (2005). 2020, les scénarios du futur (2007), Et l’Homme créa la vie (2010).

  • Interview de Joël de Rosnay par la rédaction du service Actualités :

A quoi ressemblera la journée type d’un ingénieur et de sa famille en 2030 ?

C’est la question à laquelle Joël de Rosnay a donné ses réponses lors de cette conférence, à voir ici en vidéo :

Production et réalisation : Bruno Decottignies

Interview : Iris Borel, Pierre Thouverez

Google achète le fabricant de drones solaires Titan Aerospace

« Nous sommes enthousiastes à l’idée d’accueillir Titan Aerospace dans la famille Google », a indiqué un porte-parole du géant internet américain dans un courriel à l’AFP.

« Il est encore tôt, mais des satellites atmosphériques pourraient aider à donner un accès internet à des millions de personnes, et à résoudre d’autres problèmes dont l’assistance en cas de catastrophes et de dommages environnementaux comme la déforestation », a souligné le porte-parole.

Les drones de Titan fonctionnent à l’énergie solaire et sont capables de se maintenir pendant cinq ans à une vingtaine de kilomètres d’altitude. Ils peuvent remplir la plupart des tâches confiées à des satellites géostationnaires, mais sont moins coûteux.

Google a déjà effectué des tests dans le passé pour un projet baptisé « Loon », où des montgolfières servent de relais pour apporter internet dans des régions en étant dépourvues.

Facebook, qui explore lui aussi des moyens nouveaux pour étendre la couverture internet dans le monde, s’était également intéressé à Titan, selon la presse.

Le réseau social a finalement annoncé fin mars la mise en place d’une équipe se consacrant à ce problème et intégrant les salariés d’une autres société, l’entreprise britannique Ascenta, spécialisée dans les avions solaires capables de parcourir de longue distance.

soe/sl/are

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Reach/CLP : toute l’actualité d’avril 2014 1/2

Substances CMR et restriction

27/03/2014

Le règlement (UE) n°317/2014 de la Commission du 27 mars 2014 modifie le règlement (REACH), en ce qui concerne l’annexe XVII (substances CMR – cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction).

Les déclarants doivent se préparer à commenter les projets de décisions de l’évaluation des substances 

03/04/2014

En 2013, les États membres ont évalué 47 substances enregistrées en vertu du processus d’évaluation des substances et ils ont également préparé un projet de décision en cas de demandes d’informations complémentaires nécessaires à l’évaluation de la sécurité de la substance. La date limite pour soumettre un projet de décision de l’ECHA était le 20 Mars 2014.

L’ECHA a reçu 37 projets de décision sur les substances et les déclarants doivent se préparer à transmettre leurs commentaires sur les projets de décisions qui leur sont adressées. L’ECHA prévoit d’envoyer les projets de décisions pour les déclarants visés dans la semaine 18 (28 Avril au 2 mai 2014). Comme prévu par REACH, les déclarants de ces substances auront 30 jours pour examiner et présenter leurs observations collectives ou individuelles.

Une lettre de notification contiendra la date limite de soumission des observations.

Nouvelle consultation pour éviter les tests sur les animaux

04/04/2014

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur des substances pour éviter les tests inutiles sur les animaux. 30 propositions sont concernées

Les informations relatives aux substances sont à soumettre pour le 19 mai 2014.

Biocide : consultation publique pour une substitution potentielle d’une substance

11/04/2014

L’ECHA lance une consultation publique pour une substance, le 5-Chloro-2-(4-chlorophenoxy)-phenol (DCPP), dont la substitution est envisageable. Les parties intéressées peuvent faire part de leurs commentaires à l’ECHA au plus tard le 10 juin 2014.

Le Comité des produits biocides adopte ses premiers avis

14/04/2014

Le comité des produits biocides (BPC) s’est réuni du 8 au 10 Avril 2014. Les trois premiers avis adoptés étaient en rapport avec les demandes de l’industrie pour approuver des substances actives utilisées dans les produits biocides (la première substance est utilisée comme un agent de protection du bois, la seconde, un insecticide et la troisième, un produit anti-salissure).

Le Comité a également adopté deux avis par rapport aux questions de la Commission, l’un sur un liant polymère utilisé dans les peintures et l’autre sur un nanomatériau à base d’argent utilisé dans le traitement des textiles. Les avis du Comité sur l’approbation des substances actives seront envoyés à la Commission européenne afin qu’elle prenne une décision finale en ce qui concerne les demandes d’approbation.

Liste des fournisseurs de substances actives biocides

14/04/2014

L’ECHA invite les entreprises à vérifier la liste provisoire des fournisseurs de substances actives biocides. Les entreprises peuvent demander, avant le 30 Juin 2014, une modification en remplissant un formulaire disponible sur le site Web de l’ECHA.

 

Par Céline GABORIAUD, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

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Astuce du Web #5 : utilisez votre smartphone comme borne Wifi

Voilà les étapes à suivre (selon les modèles, les termes peuvent varier, voici les plus courants) :

  • A partir de la page d’accueil de votre téléphone, allez dans Paramètres
  • Dans la partie Sans fil et réseaux, cliquez sur Plus ou Paramètres supplémentaires
  • Choisissez Partage de connexion ou Point d’accès et modem
  • Activez/cochez Point d’accès mobile

Et voilà, votre Smartphone vous offre le Wifi. Il ne vous reste plus qu’à vous y connecter de votre ordinateur comme vous le feriez pour n’importe quel point Wifi dans un hôtel, un restaurant ou un Salon. D’ailleurs, s’il vous arrive d’être exposant dans ce type de manifestations, ne payez plus pour le Wifi, utilisez votre Smartphone. 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique
 

Limiter le réchauffement du climat: réactions au rapport du Giec

Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 à 70% d’ici 2050 sera une nécessité, estime le Giec, ce qui implique notamment de réorienter massivement les investissements dans l’énergie pour se détourner des énergies fossiles les plus émettrices de CO2 comme le charbon et le pétrole.

– John Kerry, secrétaire d’Etat américain: « Ce rapport est très clair sur le fait que nous sommes face à une question de volonté mondiale et non de capacité » pour agir contre le réchauffement climatique, le diplomate estimant que ce document « met en lumière les technologies déjà disponibles dans l’énergie pour réduire de manière substantielle les émissions globales ». « Ces technologies peuvent réduire la pollution due au carbone tout en étant une chance pour la croissance », selon lui.

– Connie Hedegaard, commissaire européenne au Climat: « Le rapport du Giec est clair: il n’y a pas de plan B. Il n’y a qu’un plan A, celui d’une action collective pour réduire les émissions dès maintenant ». « La question maintenant est la suivante: quand est-ce que vous, les grands émetteurs, allez faire de même? Plus vous tarderez, plus cela coûtera cher, plus ce sera difficile à faire », a-t-elle lancé notamment à l’adresse des Etats-Unis et de la Chine, les deux plus gros émetteurs.

– Christina Figueres, responsable climat à l’ONU: le rapport montre que « le monde peut encore combattre le changement climatique mais à la condition que les nations soient collectivement plus ambitieuses pour arriver à un monde avec un solde d’émissions neutre au cours de la 2e partie du 21e siècle ». « Le défi consiste à augmenter la vitesse et l’ampleur des actions » et à Paris en 2015 (lors de la conférence de l’ONU sur le climat) « à élaborer un nouvel accord sur le changement climatique » de nature à inverser la courbe des émissions « dès que possible ».

– Samantha Smith, responsable climat et énergie au WWF International: « Si nous agissons maintenant, les coûts représenteront une petite fraction de l’économie mondiale. Ceux qui disent que c’est trop difficile et trop cher ont tort », car « sans action immédiate, les coûts vont s’accroître, tout comme les impacts ». Pour la responsable, « la priorité est de réorienter les flux d’investissement » vers les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

– Li Shuo, responsable climat et énergie Greenpeace Chine: « La seule réponse rationnelle à ce rapport est de commencer à se détourner immédiatement des énergies fossiles » et « plus on attend, plus le changement climatique va nous coûter ». La Chine, 1er émetteur de gaz à effet de serre, « a plus que tout autre pays, le potentiel pour devenir un acteur du changement dans la lutte climatique », selon le militant.

– Nicholas Stern, ancien vice-président de la Banque mondiale et auteur du 1er rapport en 2006 sur les conséquences économiques du changement climatique: « La situation est plus mauvaise aujourd’hui qu’il y a sept ans, lors de la dernière évaluation du Giec (…) car les émissions annuelles ont continué à croître, faisant augmenter les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ». Selon l’économiste, il faut « donner un prix fort au carbone, investir beaucoup plus dans les technologies pour réduire les émissions, dont le stockage de l’électricité, les renouvelables, le nucléaire, la capture et le stockage du CO2 ».

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Nucléaire: le patron du CEA suggère de construire 35 réacteurs d’ici à 2050

Dans un entretien à l’Usine Nouvelle, le responsable de l’établissement public de recherche nucléaire juge qu’il faut anticiper la fin de vie des 58 réacteurs nucléaires existants en construisant environ un réacteur par an.

« On ne peut en effet pas estimer que la durée de vie des centrales actuellement en fonctionnement excédera les 55 ou 60 ans. A l’horizon 2050-2055, toutes les centrales qui existent aujourd’hui auront été arrêtées », a-t-il fait valoir.

« Il faut donc construire avant de fermer, d’autant plus qu’entre le lancement d’une centrale et sa connexion au réseau, huit à dix ans s’écoulent », selon M. Bigot.

Le patron du CEA ne dit pas de quelle puissance seraient les réacteurs construits. Mais sur la base du réacteur EPR d’Areva, d’une puissance de 1.650 mégawatts, sa proposition signifie la construction de 57,7 gigawatts de capacités d’électricité nucléaire, soit pratiquement autant que le parc actuel (63,1 gigawatts).

« Aujourd’hui, une planification raisonnable au rythme d’une centrale par an serait plus pertinente », contrairement au rythme de 3 ou 4 réacteurs par an lors de la construction du parc actuel (entre 1973 et 1990), selon M. Bigot.

« L’enjeu, c’est d’avoir une politique énergétique non pas pour les cinq ans qui viennent mais pour les cinquante ans qui viennent », a-t-il plaidé.

La question du nucléaire sera un des grands enjeux de la loi sur la transition énergétique, qui doit étendre à l’Etat le pouvoir de fermer un réacteur pour des motifs de politique énergétique.

L’objectif de François Hollande de ramener de 75 à 50% la part de l’électricité d’origine nucléaire d’ici à 2025 a de nouveau été confirmé cette semaine, mais sa mise en oeuvre reste encore très floue.

La seule fermeture annoncée est celle de la centrale de Fessenheim, la plus ancienne en service en France, qui compte deux réacteurs de 900 mégawatts chacun, et l’inconnue demeure sur l’origine des 50% d’électricité non nucléaire.

Les autres objectifs gouvernementaux sont la baisse de 40% des émissions de CO2 et de 30% de la consommation d’hydrocarbures d’ici 2030, ainsi que la division par deux de la consommation d’énergie d’ici 2050.

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Le GIEC a des difficultés à réaliser une analyse coût-bénéfice rationnelle

Le GIEC est organisé en trois groupes de travail. Le Groupe I synthétise la littérature scientifique concernant les bases physiques du changement climatique de telle façon que la synthèse cadre avec la politique climatique fixée par l’ONU. Son rapport a été publié en 2013. Le Groupe II  étudie les impacts, la vulnérabilité et l’adaptation au changement climatique. Son rapport a été publié en mars 2014. Enfin le Groupe III a pour mission de dresser un panorama des différents outils permettant d’atténuer (mitigation) le changement climatique. Son rapport sera publié le 13 avril 2014.

Les USA ont demandé au groupe III qu’il présente ses chiffres de manière standard. Au lieu de se référer au PIB le GIEC parle de « consommation », sans définir de manière précise ce mot. 

Les représentants officiels de la Suisse ont déclaré que « la question centrale », pour les acteurs politiques, les législateurs et les investisseurs, était de comparer les coûts et les bénéfices des différents leviers disponibles  pour contenir les émissions de gaz à effet de serre. La réponse du président du GIEC, Rajendra Pachauri a été pour le moins évasive : « La valeur monétaire n’est qu’une petite partie. Quid des pertes de vies, des pertes de services écologiques ? ». De beaux sentiments. Mais à quand un peu de pragmatisme ? 

Les auteurs du rapport déclarent ne pas donner de ligne directrice économique dans la mesure où il est difficile de donner une valeur sur le risque d’une fonte plus rapide de la calotte glaciaire du Groenland qui fera augmenter le niveau des mers, sur l’arrêt du Gulf Stream ou sur un assèchement soudain de la forêt tropicale amazonienne. 

Non, le Gulf Stream ne va pas s’arrêter et le ciel ne va pas nous tomber sur la tête

Le rapport du groupe I du GIEC indique pourtant clairement que ces risques sont extrêmement faibles. « Il est extrêmement improbable que l’AMOC (Atlantic Meridional Overturning, courant majeur lié à la circulation thermohaline et dont le Gulf-Stream est une branche) subira une transition rapide (Confiance élevée) » a écrit le groupe 1. « Il est exceptionnellement improbable qu’aussi bien les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique Ouest subiront une désintégration complète (Confiance élevée) ».

Et il y a une  « faible confiance dans les projections des variations de la fréquence et la durée des méga-sécheresses. Faible confiance dans les projections d’un effondrement de la circulation des moussons. Faible confiance dans les projections qui prévoient un effondrement de grandes zones des forêts tropicales. Faible confiance dans les projections qui prévoient un effondrement de grandes zones des forêts boréales. » Pourquoi le rapport du groupe III ne se base-t-il pas sur ces conclusions du groupe I ?

Pour l’intellectuel danois Bjorn Lomborg, directeur du Copenhaguen Consensus Center, certains calculs frisent l’absurde. Par exemple, pour la Pologne, une hausse d’un mètre du niveau océanique aurait un impact évalué à entre 28 et 46 milliards de dollars. Mais les études gouvernementales polonaises montrent qu’une protection complète contre cette montée du niveau marin coûterait moins de 6,1 milliards de dollars.

Et avec une montée de 30 centimètres (soit 50% de plus qu’au cours du XXème siècle), le coût de la protection complète serait de 2,3 milliards. « La Pologne va-t-elle dépenser entre 2 et 6 milliards de dollars pour sauver entre 28 et 46 milliards de dollars ? » demande avec ironie Bjorn Lomborg dans le journal Herald Sun australien. « Bien sûr que oui. Ils s’adapteront comme l’humanité l’a toujours fait au cours de l’histoire. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problème. La montée du niveau marin causera des problèmes, mais cela coûtera entre 2 et 6 milliards, et non pas 48 milliards ».

Entre 0.2 et 2% du PIB mondial

Le rapport du groupe II du GIEC publié le mois dernier indiquait qu’un réchauffement hypothétique de 2,5°C réduirait a terme le PIB mondial de 0,2 à 2,0% par an. Le taux de croissance annuel du PIB mondial sera d’environ 3,7% en 2014. Il était de 7,7% en Chine en 2013 et de 7% en Afrique de l’ouest (Cédéao).

« L’OCDE estime que 82% de la croissance mondiale aura lieu dans les pays « pauvres » du monde entre 2013 et 2030 » souligne Roger Pielke Jr, professeur de sciences environnementales à l’université du Colorado, dans une tribune publiée dans l’Earth Island Journal où il analyse la doctrine de la décroissance. « Seulement 18% de la croissance mondiale aura lieu aux USA, en Europe de l’ouest, au Japon et dans quelques autres pays riches ». 

Dans son « Energy Outlook to 2035 » le groupe pétrolier BP estime que 95% de la croissance de la demande énergétique mondiale d’ici 2035 aura lieu dans les pays « pauvres ». « Etre anti-croissance aujourd’hui, implique en réalité souhaiter que les pauvres restent pauvres » conclue Roger Pielke Jr. 

 

L’énergie, clé de la croissance

Les USA considèrent le gaz de schiste comme une technologie propre étant donné qu’il permet de réduire le recours aux centrales à charbon dont l’impact sanitaire est lourd et demande que le groupe 3 du GIEC élargisse sa liste de technologies considérées comme « propres ». La France continue de faire la promotion du nucléaire, dont le bilan environnemental et sanitaire n’est pourtant pas brillant dans les études multicritères, d’où le danger de ne focaliser que sur le seul critère CO2.

La baisse considérable des coûts du solaire ces dernières années permet d’espérer que la croissance économique mondiale devienne peu à peu moins grise et plus verte. A Austin, au Texas, le kWh photovoltaïque coûte déjà moins de 5 cents. 

Olivier Daniélo 

Lire aussi :

Notre planète va-t-elle subir des changements climatiques apocalyptiques ?

Une analyse coût-bénéfice difficile pour le GIEC

Le GIEC est organisé en trois groupes de travail. Le Groupe I synthétise la littérature scientifique concernant les bases physiques de l’évolution climatique de telle façon que la synthèse cadre avec la politique climatique fixée par l’ONU. Son rapport a été publié en 2013.

Le Groupe II étudie les impacts, la vulnérabilité et l’adaptation au changement climatique. Son rapport a été publié en mars 2014. Enfin le Groupe III a pour mission de dresser un panorama des différents outils permettant d’atténue (mitigation) le réchauffement climatique. Son rapport sera publié le 13 avril 2014.

Les USA ont demandé au groupe III qu’il présente ses chiffres de manière standard. Au lieu de se référer au PIB le GIEC parle de « consommation », sans définir de manière précise ce mot.

Les représentants officiels de la Suisse ont déclaré que « la question centrale », pour les acteurs politiques, les législateurs et les investisseurs, était de comparer les coûts et les bénéfices des différents leviers disponibles pour contenir les émissions de gaz à effet de serre.

La réponse du président du GIEC, Rajendra Pachauri a été pour le moins évasive : « La valeur monétaire n’est qu’une petite partie. Quid des pertes de vies, des pertes de services écologiques ? ». De beaux sentiments. Mais à quand un peu de pragmatisme ?

Les auteurs du rapport déclarent ne pas donner de ligne directrice économique dans la mesure où il est difficile de donner une valeur sur le risque d’une fonte plus rapide de la calotte glaciaire du Groenland qui fera augmenter le niveau des mers, sur l’arrêt du Gulf Stream ou sur un assèchement soudain de la forêt tropicale amazonienne.

Non, le Gulf Stream ne va pas s’arrêter

Le rapport du groupe I du GIEC indique pourtant clairement que ces risques sont extrêmement faibles. « Il est extrêmement improbable que l’AMOC (Atlantic Meridional Overturning, courant majeur lié à la circulation thermohaline et dont le Gulf-Stream est une branche) subira une transition rapide (Confiance élevée) » a écrit le groupe 1. « Il est exceptionnellement improbable qu’aussi bien les calottes glaciaires du Groenland que de l’Antarctique Ouest subiront une désintégration complète (Confiance élevée) ».

Et il y a une « faible confiance dans les projections des variations de la fréquence et la durée des méga-sécheresses. Faible confiance dans les projections d’un effondrement de la circulation des moussons. Faible confiance dans les projections qui prévoient un effondrement de grandes zones des forêts tropicales. Faible confiance dans les projections qui prévoient un effondrement de grandes zones des forêts boréales. » Pourquoi le rapport du groupe III ne se base-t-il pas sur ces conclusions du groupe I ?

Pour l’intellectuel danois Bjorn Lomborg, directeur du Copenhaguen Consensus Center, certains calculs frisent l’absurde. Par exemple, pour la Pologne, une hausse d’un mètre du niveau océanique aurait un impact évalué à entre 28 et 46 milliards de dollars. Mais les études gouvernementales polonaises montrent qu’une protection complète contre cette montée du niveau marin coûterait moins de 6,1 milliards de dollars.

Et avec une montée de 30 centimètres (soit 50% de plus qu’au cours du XXème siècle), le coût de la protection complète serait de 2,3 milliards. « La Pologne va-t-elle dépenser entre 2 et 6 milliards de dollars pour sauver entre 28 et 46 milliards de dollars ? » demande avec ironie Bjorn Lomborg dans le journal Herald Sun australien. « Bien sûr que oui. Ils s’adapteront comme l’humanité l’a toujours fait au cours de l’histoire. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problème. La montée du niveau marin causera des problèmes, mais cela coûtera entre 2 et 6 milliards, et non pas 46 milliards ».

Entre 0.2 et 2% du PIB mondial 

Le rapport du groupe II du GIEC publié le mois dernier indiquait qu’un réchauffement hypothétique de 2,5°C réduirait a terme le PIB mondial entre 0,2 à 2,0% par an. Le taux de croissance annuel du PIB mondial sera d’environ 3,7% en 2014. Il était de 7,7% en Chine et de 0.1% en France en 2013. Il sera de 5,2% en Afrique sub-saharienne et de 7% en Afrique de l’ouest (Cédéao) en 2014, record du continent africain. Le FMI espère que la France parviendra à un taux de 1% en 2014, et de 1,5% en 2015.

« L’OCDE estime que 82% de la croissance mondiale aura lieu dans les pays « pauvres » du monde entre 2013 et 2030 » souligne Roger Pielke Jr, professeur de sciences environnementales à l’université du Colorado, dans une tribune publiée dans l’Earth Island Journal où il analyse la doctrine de la décroissance. «Seulement 18% de la croissance mondiale aura lieu aux USA, en Europe de l’ouest, au Japon et dans quelques autres pays riches ».

Dans son « Energy Outlook to 2035 » le groupe pétrolier BP estime que 95% de la croissance de la demande énergétique mondiale d’ici 2035 aura lieu dans les pays «pauvres ». « Etre anti-croissance aujourd’hui, implique en réalité souhaiter que les pauvres restent pauvres » conclut Roger Pielke Jr.

L’énergie clé de la croissance

Les USA considèrent le gaz de schiste comme une technologie propre étant donné qu’il permet de réduire le recours aux centrales à charbon dont l’impact sanitaire est lourd. Ils demandent que le groupe 3 du GIEC élargisse sa liste de technologies considérées comme « propres ».

La France continue de faire la promotion du nucléaire, dont le bilan environnemental et sanitaire n’est pourtant pas brillant dans les études multicritères, d’où le danger de ne focaliser que sur le seul critère CO2.

La baisse considérable des coûts du solaire ces dernières années permet d’espérer que la croissance économique mondiale devienne peu à peu moins grise et plus verte. A Austin, au Texas, le kWh photovoltaïque coûte déjà moins de 5 cents.

Par Olivier Daniélo

Nouveaux essais « concluants » pour l’hydrolienne de DCNS en Bretagne

L' »Arcouest », une turbine sous-marine de 16 mètres de diamètre pouvant produire de l’électricité grâce à l’action des courants, « a tourné au total 1.500 heures en continu, contre 500 heures initialement attendues », indique DCNS dans un communiqué.

« Ces essais concluants », réalisés à 40 mètres de profondeur, « ont permis de démontrer les performances de l’hydrolienne en termes de rendement et de fonctionnement », assure le groupe, qui a pris le contrôle d’Openhydro, le concepteur irlandais de la marchine.

L’énorme turbine de 850 tonnes avait déjà été immergée pour une première phase d’essais d’octobre 2011 à janvier 2012 sur le site de Paimpol-Bréhat, afin de tester son fonctionnement en conditions réelles.

Les résultats avaient été jugés « très encourageants » par EDF, qui mène un projet de parc pilote de quatre hydroliennes sur le site de Paimpol, destiné à devenir le premier du genre en France.

L’hydrolienne avait ensuite connu un incident en septembre 2012, en coulant au fond de la rade de Brest après qu’un treuil de levage eut lâché. Elle n’avait pu être remontée que fin mars 2013.

Depuis, le gouvernement a lancé un appel à projets pour des parcs pilotes d’hydroliennes en France, lors d’une visite de François Hollande à Cherbourg en septembre 2013.

Trois ou quatre fermes, comprenant chacune 5 à 10 hydroliennes, doivent être implantées sur deux sites: le raz Blanchard, au large du Cotentin, et le passage du Fromveur, au large du Finistère.

Chacune des fermes sera subventionnée par l’Etat à hauteur de 30 millions d’euros et le tarif d’achat de l’électricité produite sera fixé à 173 euros par mégawattheure. Les premières mises en service sont prévues pour 2016.

DCNS a également annoncé fin mars qu’il allait installer deux turbines Arcouest au large du Canada, pour une mise en service en 2015. D’autres industriels français, comme Alstom, se sont également lancés dans le créneau des hydroliennes.

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PediaPress voudrait imprimer la version anglaise de Wikipédia

L’idée n’est pas nouvelle, mais elle n’en est pas moins franchement saugrenue : pour rendre accessible Wikipédia sans toutefois disposer de connexion à internet, la start-up allemande PediaPress propose de se lancer dans l’impression de la version anglaise de l’encyclopédie libre et collaborative, représentant non seulement la bagatelle de mille livres de 1200 pages chacun pour près de quatre millions d’articles… mais également un coup de publicité assez malin pour la jeune entreprise.

Les Allemands, sûrs d’eux, viennent de lancer une campagne de financement via le site de crowd-funding Indiegogo, afin de lever les 50 000 dollars nécessaires à l’aboutissement d’un tel projet, et offrant en contrepartie aux généreux sponsors la possibilité de voir apparaître leur nom au sein même de cette encyclopédie figée. Si le projet aboutit, les mille livres finiront leur course dans une grande bibliothèque publique.

Autre argument avancé : ces livres pourraient représenter un instantané de l’étendue de notre savoir à un moment précis, si tant est que Wikipédia soit réellement un reflet convaincant de ce savoir. Jimmy Wales, cofondateur de l’encyclopédie libre, avait déjà proposé en 2003 une version du Wikipédia anglo-saxon sur papier, CD-ROM ou DVD.

Partenaire et collaborateur officiel de la fondation Wikimédia, PediaPress présentera son projet lors de l’édition 2014 de Wikimania, une conférence internationale qui réunit chaque année les différents acteurs et contributeurs de la fondation Wikimédia.

Par Rahman Moonzur

     

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Apple veut prévoir votre humeur !

L’attrait d’un utilisateur pour un contenu ou une publicité dépend non seulement de son humeur, mais aussi d’une panoplie d’éléments contextuels au moment où elle lui est délivrée : ce qu’il est en train de faire, son emplacement, le moment de la journée, etc. Apple espère donc mettre au point un système capable de déduire l’état d’esprit de ses utilisateurs à un moment donné et d’adapter en fonction les propositions de contenus en fonction de cette humeur présumée !

Cette demande de brevet décrit un système qui permettrait dans un premier temps de déterminer un profil d’humeur pour chaque utilisateur grâce à l’analyse de diverses données physiques, comportementales et contextuelles. Ensuite, chaque fois qu’une publicité devrait être communiquée à un utilisateur, le système mesurerait une ou plusieurs données, son expression faciale par exemple, et comparerait les données obtenues en temps réel à son profil. Cela permettrait de déterminer son humeur du moment et optimiser l’annonce à lui envoyer en conséquence.

Cela pourrait préfigurer de la publicité du futur vue par Apple pour proposer des stratégies de communication optimales ou pour vous proposer des applications répondant au mieux à votre humeur ! Toutefois, notons qu’Apple dépose de multiples demandes de brevets pour essayer de breveter le maximum d’idées : cela ne veut pas dire qu’elles verront effectivement le jour. Un article de Business Insider résume bien la stratégie adoptée par Apple en la matière.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Hausse du nombre d’intoxications à la nicotine à cause des cigarettes électroniques

La principale substance dangereuse est la nicotine contenue dans le liquide alimentant les e-cig. Pour preuve, la cigarette électronique a causé aux Etats-Unis 1400 empoisonnements à la nicotine en un an. Ce chiffre, révélé par le New York Times, est à rapprocher du nombre d’appels vers les centres anti-poisons qui ont triplé entre 2012 et 2013. Ces intoxications concernent aussi les enfants, attirés par l’aspect ludique des e-liquides.

En théorie, le taux de nicotine contenu dans ces doses est limité à 20mg/ml en Europe. Mais une récente étude de 60 millions de consommateurs révélait que l’étiquetage laissait à désirer, et que certaines doses affichant une absence de nicotine pouvaient malheureusement en contenir. Difficile donc de s’assurer du taux de nicotine vapoté. La cigarette électronique reste un produit récent, à l’essor très important, mais pour lequel nous ne disposons pas d’un recul suffisant pour en évaluer la réelle toxicité.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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Toxicologie et écotoxicologie

Objectifs

  • Acquérir les bases de la toxicologie et de l’écotoxicologie appliquées à l’hygiène industrielle
  • Décrypter les résumés toxicologiques et écotoxicologiques dans une FDS
  • Exploiter les données pour la prévention des risques : VLEP*, IBE*, VTR*, impacts sur la santé et l’environnement

Valls: la loi sur la transition énergétique présentée « avant l’été »

« La transition énergétique sera l’une de mes priorités », a affirmé le Premier ministre, qui veut s’appuyer sur « une stratégie bas carbone » pour faire face à « l’enjeu planétaire majeur » du climat.

« L’engagement du président de la République de passer à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici 2025 sera tenu », a déclaré Manuel Valls lors de sa déclaration de politique générale.

Le Premier ministre a réaffirmé les objectifs de réduction de « 30% de notre consommation d’énergie fossile d’ici 2030 et de 40% de nos émissions de gaz à effet de serre à la même échéance ».

Pour lui, la transition énergétique est « une formidable opportunité économique », qui doit permettre de réduire le déficit commercial, de redonner du pouvoir d’achat grâce aux économies d’énergie et d’encourager « des secteurs extrêmement porteurs en termes d’emplois », comme le bâtiment.

« Le climat est probablement le domaine où le besoin de régulation se fait le plus pressant », a estimé le Premier ministre, en rappelant que Paris accueillera en 2015 la conférence des Nations unies sur le climat.

« Il s’agit là d’un enjeu planétaire majeur, auquel nous répondrons en nous dotant d’une véritable stratégie bas carbone », a-t-il dit.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2014 Agence France-Presse. »

Ooho : des sphères comestibles pour remplacer les bouteilles d’eau ?

La technique utilisée pour créer cet emballage est connue sous le nom de « sphérification ». Elle est notamment répandue en cuisine moléculaire pour enfermer des liquides dans des sphères gélatineuses. Cela offre un côté esthétique et surprenant : une fine  pellicule gélifiée enferme un cœur liquide.

Ces sphères peuvent prendre plusieurs tailles. Elles ont de nombreux avantages par rapport au plastique : elles sont biodégradables (même comestibles !) et leur production ne coûterait que 2 centimes d’euros par unité. En pratique, cette sphère gélatineuse est constituée d’une double membrane qui enferme le liquide, comme la membrane d’un œuf protège le jaune. Pour boire, il suffit de la percer et de mettre sa bouche sur le trou. En bonus : on peut manger l’intégralité de l’emballage !

La double membrane de Ooho est formée d’alginate de sodium, obtenue par la déminéralisation d’algues brunes, et gélifiant en présence de chlorure de calcium. L’eau est d’abord transformée en glace avant d’être encapsulée, afin de faciliter l’opération.  

Les sphères Oohos peuvent être personnalisées par les entreprises qui peuvent insérer leur logo comestible entre les deux couches de la membrane sans avoir à ajouter de matière adhésive. Même si les embouteilleurs n’adoptent pas à Ooho, les inventeurs espèrent que les gens essayeront de les faire à la maison. « N’importe qui peut les faire dans sa cuisine, en modifiant ou en adaptant la recette », explique Rodrigo García Gonzalez.

La bulle a toutefois ses inconvénients : ce n’est pas très hygiénique de manger un emballage qui a traîné dans son sac et il semblerait que les buveurs en mettent un peu partout…  Comment la transporter sans la salir ou sans qu’elle s’abîme ? Factcoexists.com rappelle toutefois que d’autres entreprises d’emballages comestibles sont parvenues à investir le marché, à l’instar de Wikipearl.

Les concepteurs ont voulu trouver une alternative en remarquant que la plupart des gens boivent de l’eau dans des bouteilles jetables. « La réalité est que de plus en plus, lorsque nous buvons de l’eau nous jetons une bouteille en plastique », note  Rodrigo García Gonzalez. Au final, pourquoi ne pas boire simplement de l’eau du robinet? Une gourde ou une bouteille en verre est-elle si encombrante ?

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

SFR-Numéricable, nouveau leader des télécoms ?

Cela fut rude. Les nerfs ont été mis à rude épreuve. Les adversaires n’ont pas démérité. Mais c’est finalement Numéricable qui l’emporte, laissant Bouygues Télécom rageur. Car la défaite risque de lui couter cher. Désormais, Bouygues va devoir jouer des coudes face à trois concurrents très agressifs et plus gros, à la force de frappe plus importante. Tout d’abord Orange, numéro 1 des marchés des télécoms et opérateur historique, la nouvelle entité SFR-Numéricable qui compte bien capitaliser sur la complémentarité mobile/fibre optique via des offres quadriplay, et enfin Free, dont la stratégie de guerre des prix a siphonné une bonne partie des abonnées de Bouygues, contraint d’ajuster sa propre politique tarifaire et donc de rogner ses marges.

 En 2013, Bouygues était en troisième place en termes de chiffre d’affaires, avec 4,7 millions d’euros. Devant Free avec « seulement » 3,7 millions, mais loin derrière Orange (20 millions) et SFR (10,2 millions).  En intégrant au calcul les clients mobiles titulaires de cartes prépayées, Orange atteint 27 millions de chiffre d’affaires, SFR 21 millions, Bouygues Télécom 11,1 millions et Free 8 millions. En absorbant SFR, Bouygues pouvait prétendre faire jeu égal avec Orange et s’imposer comme nouveau n°1 des télécoms en France. Mais Vivendi en a décidé autrement, et c’est finalement Numéricable qui met un pied dans la téléphonie, anéantissant du même coup  les ambitions de Bouygues Télécoms.

Après cette terrible défaite, rappelons qu’il y a encore quelques semaines Bouygues était grand favori pour rafler SFR, Bouygues Télécom n’entend pas baisser les bras. Tout d’abord, en mauvais perdant, Bouygues Télécom va tout faire pour ralentir et pourrir la mise en place du rachat en abusant de tous les leviers juridiques à sa disposition. En parallèle,  il va profiter de cette période pour capitaliser sur l’indécision des clients SFR à grand renforts d’offres commerciales ayant pour objectif de débaucher un maximum d’abonnés.

Enfin, une association entre les pires ennemis Bouygues et Free devient pertinente. Bouygues avait d’ailleurs prévu, en cas de rachat de SFR,  de céder une partie de ses fréquences à Free pour rassurer l’Autorité de la concurrence. Mais SFR n’étant plus d’actualité, pourquoi ne pas vendre la totalité de la filiale télécom à Free ? Cela englobe le réseau, les fréquences, mais aussi l’ensemble de sa base client ! D’après nos confrères du Parisien, Free proposerait 5 milliards alors que Bouygues en attend 8. Décidément, Bouygues n’a pas fini de négocier !

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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La plasticité du manteau terrestre enfin expliquée

Une équipe menée par l’Unité matériaux et transformations (CNRS/Université Lille 1/Ecole nationale supérieure de chimie de Lille), vient d’apporter une explication inattendue à cette question. Celle-ci met en jeu des défauts cristallins très mal connus et jusqu’alors jamais pris en compte, appelés « désinclinaisons », situés à l’interface entre les grains minéraux qui composent les roches. En prenant comme cas d’étude l’olivine, les chercheurs sont parvenus pour la première fois à visualiser ces défauts et à modéliser le comportement des joints de grains face à une contrainte mécanique. Ces résultats qui viennent d’être publiés dans Nature dépassent largement le cadre des géosciences : ils apportent un outil nouveau et extrêmement puissant à l’étude de la dynamique des solides et aux sciences des matériaux en général.

La Terre évacue sa chaleur en continu grâce aux mouvements de convection qui animent le manteau terrestre sur lequel reposent les continents. Comprendre cette convection est donc primordial pour l’étude de la tectonique des plaques. Le manteau est constitué de roches solides. Pour que celui-ci puisse s’animer de mouvements de convection, il est nécessaire que la structure cristalline de ses roches puisse se déformer. Ceci constituait jusque-là un paradoxe que la science n’arrivait pas tout à fait à résoudre. En effet, les défauts de la structure des cristaux, appelés dislocations, qui expliquent très bien la plasticité des métaux, n’étaient pas suffisants pour expliquer les déformations que subissent certaines roches du manteau. 

Les chercheurs imaginaient bien que la solution était à chercher au niveau des interfaces des grains minéraux qui composent les roches. Cependant, ils manquaient d’outils conceptuels pour décrire et modéliser le rôle joué par ces parois entre les grains dans la plasticité des roches. Les chercheurs de l’Unité matériaux et transformations (CNRS/Université Lille 1/Ecole nationale supérieure de chimie de Lille) en collaboration avec ceux du laboratoire Géosciences Montpellier (CNRS/Université Montpellier 2) et du Laboratoire d’étude des microstructures et de mécanique des matériaux (CNRS/Université de Lorraine/Arts et Métiers ParisTech/Ecole Nationale d’Ingénieurs de Metz) ont réussi à expliquer ce rôle. En effet, ils ont montré que la structure cristalline des interfaces entre les grains présente des défauts très particuliers appelés « désinclinaisons », défauts qui n’avaient jusqu’à présent jamais été pris en compte. Les chercheurs sont parvenus à les observer pour la première fois sur des échantillons d’olivine (qui constitue jusqu’à 60% du manteau supérieur), grâce à un microscope électronique et un traitement spécial des images. Puis, ils sont allés plus loin : à l’aide d’un modèle mathématique de ces « désinclinaisons », ils ont démontré que celles-ci expliquaient la plasticité de l’olivine. En appliquant des contraintes mécaniques, les « désinclinaisons » permettent aux joints de grains de se déplacer, et donc à l’olivine de se déformer dans n’importe quelle direction. Ainsi, écoulement et rigidité du manteau ne sont plus incompatibles.

Ces travaux vont bien au-delà de l’explication de la plasticité des roches du manteau terrestre. Il s’agit d’une avancée majeure en sciences des matériaux. La prise en compte des « désinclinaisons » devrait fournir aux scientifiques un outil nouveau pour expliquer de nombreux phénomènes liés à la mécanique des solides. Les chercheurs veulent poursuivre leur étude de la structure des joints grains sur d’autres minéraux, mais aussi sur d’autres solides comme des métaux.

Source : CNRS

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Le premier astéroïde découvert entouré d’anneaux

L’astronomie est décidément une science pleine de rebondissements. Alors que l’homme observe le ciel depuis des millénaires, ce n’est qu’aujourd’hui que l’on braque un télescope sur un astéroïde encerclé par des anneaux. Aucun autre astéroïde connu à ce jour n’est doté de tels compagnons.  Cette observation sans précédent a été annoncée par l’European southern observatory (ESO), à l’origine de la découverte. 

C’est le 3 juin 2013 que les chercheurs sud-américains décident de mesurer l’occultation d’une étoile par Chariklo, alors un banal astéroïde de 250km de diamètre. S’appuyant sur un réseau de sept télescopes, ils observent notamment les seules cinq secondes pendant lesquelles Chariklo passe devant l’étoile. C’est alors qu’ils constatent à deux reprises une faible mais notable diminution de la luminosité. Intrigués, les astronomes comprennent qu’un objet non encore identifié existe autour de l’astéroïde. Décryptant les nombreuses mesures, ils découvrent enfin l’identité du responsable. Ou plutôt des responsables, puisqu’il s’agit de deux anneaux de glace et de cailloux. Malgré des largeurs de 3km et 7 km, leur épaisseur est seulement de quelques centaines de mètres.

L’origine de ces anneaux entourant un astéroïde laisse les scientifiques perplexes. Une explication avancée serait qu’un corps étranger aurait pu percuter Chariklo, provoquant l’expulsion d’une grande quantité de débris, ici de la glace et des cailloux, qui se seraient rassemblés sous forme d’anneaux. Ce phénomène se serait d’ailleurs produit sur Terre, les anneaux s’étant finalement agglomérés pour devenir notre Lune.

Les détails de cette surprenante observation sont parus dans Nature. La présence d’anneaux est attendue pour des objets bien plus gros qu’un astéroïde de 250km de diamètre, comme les planètes géantes Jupiter, Saturne ou encore Neptune. Reste à savoir si Chariklo est l’exception qui confirme la règle, ou si d’autre astéroïdes sont eux aussi porteurs d’anneaux.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Quatre nouveaux gaz destructeurs d’ozone détectés

Les spécialistes connaissaient sept types de chlorofluorocarbures (CFC) et six hydrochlorofluorocarbures (HCFC) pour leurs effets destructeurs sur la couche d’ozone : les CFC-11, CFC-12, CFC-13, CFC-113, CFC-114, CFC-114a, CFC-115 et les HCFC-21, HCFC-22, HCFC-123, HCFC-124, HCFC-141b, HCFC-142b. Cette nouvelle étude intitulée Newly detected ozone-depleting substances in the atmosphere a permis de détecter et quantifier la présence de quatre nouveaux gaz destructeurs de la couche d’ozone dans des échantillons prélevés en Tasmanie (Australie) et au Groenland. Si l’origine de cette pollution n’a pas encore été déterminée, les auteurs suspectent la production d’insecticides et de solvants pour les composants électroniques.

Les chercheurs ont analysé des échantillons d’air collectés en Tasmanie entre 1978 et 2012, dans une région exempte de sources de pollutions proches. Ils ont également analysé l’air présent dans des carottes de neige prélevées au Groenland. « Les sites utilisés visent à documenter « l’atmosphère de bruit de fond, c’est à dire des zones aussi peu polluées que possible », précise Patricia Martinerie, chercheuse au laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement de Grenoble (LGGE) et cosignataire de l’étude.

Le résultat est là : au sud comme au nord, les auteurs ont décelé la présence de trois chlorofluorocarbures (CFC-112, CFC-112a et CFC-113a) et d’un hydrochlorofluorocarbure (HCFC-133a) qui n’avaient jusqu’ici jamais été mesurés. Grâce à des modèles de transport très performants des gaz dans la neige compactée, les chercheurs ont pu montrer que ces nouveaux CFC et HCFC mesurés n’étaient pas présents dans l’atmosphère avant les années 1960, ce qui suggère leur origine anthropique.

Quelles sont les quantités en jeu ?

Selon les auteurs, plus de 74 000 tonnes de ces quatre gaz ont été émis avant 2013. Ces émissions sont faibles par rapport à celle des autres CFC qui s’élevaient à plus d’un million de tonnes chaque année dans les années 1980.  « Les concentrations en CFC-112 et CFC-112a ont commencé à baisser ; les concentrations en CFC-113a et HCFC-133a continuent d’augmenter », explique Patricia Martinerie. 

Puisque ces composés ont une durée de vie assez élevée dans l’atmosphère, ils contribueront à détruire l’ozone stratosphérique pendant encore quelques années. « Une estimation de la durée de vie est faite dans l’étude, avec des fourchettes d’incertitude assez grandes : la meilleure estimation est de 51 ans pour le CFC-112 et le CFC-113a, 44 ans pour le CFC-112a. Une estimation de 4,3 ans existe par ailleurs déjà pour le HCFC-133 », fait savoir Patricia Martinerie. 

Les auteurs estiment que la concentration dans l’atmosphère atteignait 0,48 ppt pour le CFC-113a, 0,44 pt pour le CFC-12, 0,37 ppt pour le HCFC-133a et 0,07 ppt pour le CFC-112a, fin 2012. Pour voir que ces concentrations sont encore relativement faibles, il suffit de les comparer à celles des substances suivies depuis quelques décennies. Ainsi, en 2013, la concentration atmosphérique du CFC-12, par exemple, était d’environ 525 pt, celle du CFC-11 tournait aux alentours de 235 ppt et celle du CFC-113 était proche de 72 ppt selon la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

Les concentrations relevées étant faibles, ces nouvelles émissions ne peuvent-pas, pour le moment, annuler les efforts qui ont été faits en interdisant les anciens CFC utilisés. « Les CFC-112 et CFC-112a ne sont pas très inquiétants car ils suivent la décroissance des autres CFC encadrés par le Protocole de Montréal. Mais les CFC-113a, et particulièrement le HCFC-133a sont les seuls gaz destructeurs d’ozone dont la concentration continue d’augmenter et il faut donc les surveiller leur évolution», précise Patricia Martinerie. Les auteurs suggèrent donc de lancer de nouvelles études pour identifier les sources d’émissions de ces destructeurs d’ozone, afin de pouvoir les réglementer. 

Ils préconisent également de reconsidérer la façon dont les industriels déclarent les gaz chlorés. Pour le moment, les industriels déclarent leurs productions, sans pour autant différencier les isomères (molécules de même formule brute mais d’agencement atomique différent), les intermédiaires de synthèses, les fuites et les émissions traces.

Où en est la réglementation ?

Les CFC étaient largement utilisés dans les années 1980 comme fluides réfrigérants, solvants et dans les aérosols. Mais après la découverte des fameux « trous » dans la couche d’ozone au-dessus des pôles en 1985, leur usage a été progressivement réduit par le protocole de Montréal, entré en vigueur en 1989, et ratifié par 196 pays. Il fallait stopper la destruction de l’ozone  stratosphérique (situé entre 20 et 50 kilomètres d’altitude), sans qui, le rayonnement solaire ultra-violet ne serait plus plus absorbé. Depuis 2010, ils sont totalement interdits, à l’exception de quelques applications bien définies. 

Depuis, ces substances ont été temporairement remplacées par les HCFC, moins stables dans l’atmosphère et se décomposant donc plus rapidement. S’ils détruisent un peu moins la couche d’ozone, leur pouvoir de réchauffement très élevé en fait des gaz à effet de serre redoutables. Ils sont à leur tour progressivement éliminés au profit des hydrofluorocarbures (HFC), où le chlore est remplacé par du fluor.

Les HCFC et HFC détruisent beaucoup moins la couche d’ozone que les CFC, car ils sont en très grande partie détruits dans l’atmosphère avant d’atteindre l’ozone stratosphérique. Ils ont généralement des pouvoirs de réchauffement par molécule importants. Leurs concentrations dans l’atmosphère sont encore relativement faibles, mais en augmentation.

Depuis 1990, les émissions de gaz destructeurs d’ozone ont diminué et plusieurs signes montrent que la couche d’ozone commence à se reconstituer. Toutefois, en raison de la durée de vie de ces gaz dans l’atmosphère (variant de 1 an à 100 ans pour les principaux CFC), les experts ne prévoient pas une reconstitution notable de la couche d’ozone avant le milieu du siècle.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Le réchauffement des années 70-90 est-il en partie lié à une oscillation océanique naturelle ?

« De nombreuses études récentes pointent le rôle de l’Oscillation Décennale du Pacifique (PDO) dans la pause du réchauffement » écrit Lisa Goddard, climatologue de l’université Columbia spécialiste des oscillations océaniques et directrice de l’IRI,  l’International Research Institute for Climate and Society. 

La PDO est une oscillation océanique naturelle dont la période moyenne est d’environ six décennies. Pendant environ trois décennies l’effet de la PDO est réchauffant, puis l’inverse le reste du cycle. Le passage d’une phase à l’autre se fait de manière progressive, la transition prend la forme d’un plateau.

Durant les phases PDO échauffantes les épisodes El Niño, qui durent en moyenne 12 à 18 mois, sont deux fois plus fréquents que les épisodes La Niña. C’est l’inverse durant les phases PDO refroidissantes.

D’autres études, ajoute Lisa Goddard, soulignent que l’on a déjà connu dans les années 50 et 60 une pause du même genre que celle que l’on observe aujourd’hui. Il s’agit de publications d’auteurs cherchant à relativiser la durée bientôt bi-décennale du hiatus actuel. Dans les années 50 et 60, tout comme aujourd’hui, la pause correspondait à une phase PDO froide. 

« Il est intéressant de constater que personne n’évoque ouvertement l’autre versant de cette situation : l’accélération du réchauffement climatique » ose écrire la chercheuse. « Les années 1970 jusqu’au milieu des années 1990 ont connu une période positive de la PDO et une accélération du réchauffement. Si vous acceptez qu’une phase négative de la PDO puisse avoir un effet sur le réchauffement, alors une phase positive de la PDO aurait dû avoir un résultat opposé. »

Assainir le débat climatique

Avec ces propos Lisa Goddard fait tomber un tabou. Et elle détoxifie un débat pollué depuis plusieurs années par des affrontements stériles entre extrémistes, climato-exagérateurs d’un côté et les climato-négateurs de l’autre.  Nature Climate Change est un journal mensuel peer-reviewed crée en 2011 par Nature Publishing Group et regroupant des articles scientifiques de haute qualité ayant pour thème le climat.

Si l’on admet que la PDO, en phase refroidissante, est assez puissante pour contrebalancer le forçage échauffant induit par les gaz à effet de serre anthropiques, on peut difficilement nier, sauf à faire preuve de mauvaise foi climato-exagératrice, que la PDO, en phase échauffante, peut exercer un effet du même ordre de puissance mais de signe opposé. 

Et on peut difficilement nier, sauf à faire preuve de mauvaise foi climato-négatrice, que le réchauffement reprendra probablement de plus belle quand la PDO passera de nouveau en phase échauffante d’ici environ deux décennies. Car alors le forçage anthropique et la PDO pousseront tous les deux dans le même sens.

Une question de sensibilité

Si le réchauffement observé dans les années 70-90 est en partie lié (pour moitié ?) à la PDO, cela a d’importantes conséquences. Cela implique que l’estimation de la sensibilité climatique au CO2 a été surestimée par les modèles informatiques qui servent de référence au GIEC, organisme au service des politiques climatiques de l’ONU. 

Contrairement à ce qu’essayent de faire croire les climato-négateurs une sensibilité climatique plus basse ne signifie pas qu’elle est nulle. Mais cela conduit à revoir les prédictions d’amplitude de réchauffement global pour le futur. Les prédictions seraient alors moins inquiétantes qu’avec les modèles informatiques actuels, ce qui ne constitue en aucun cas un blanc-seing pour l’inaction en matière de réduction des gaz à effet de serre. 

Plusieurs équipes scientifiques, notamment norvégiennes, japonaises et américaines estiment que la sensibilité climatique retenue par le GIEC est surévaluée. Pour le professeur Michael Schlesinger, directeur du Climate Research Group du Département des sciences de l’atmosphère de l’Université de l’Illinois, avec une sensibilité climatique plus basse « parvenir à limiter le réchauffement anthropique à 2°C devient possible ». Ceci tout en permettant le développement économique des pays dits « du sud ». 

« Les informations requises pour gérer les risques et les opportunités des futurs changements climatiques, qu’ils soient naturels ou résultent de l’action humaine, doivent reposer sur une science solide » estime Lisa Goddard. « La science part de bonnes observations et d’une bonne synthèse. Mais les choses ne doivent pas d’arrêter là. Elle doit servir aussi à une meilleure compréhension, à un meilleur suivi et à des prédictions qui vont de la variabilité interannuelle aux décennales et de ses manifestations quant à un changement de la moyenne climatique. »

Et le niveau marin ?

La pause du réchauffement climatique ne concerne pas uniquement la température de surface terrestre. « Depuis le début de la décennie 1990 le taux moyen d’élévation du niveau marin a été de 3,1 mm par an. Cependant durant la dernière décennie une baisse de 30% de ce taux a été observé » constatent la scientifique française Anny Cazenave et ses collègues dans un article publié dans Nature Climate Change en février 2014 et intitulé « Le taux de la montée du niveau marin », où les chercheurs tentent de trouver des hypothèses explicatives et soulignent l’importance probable des oscillations océaniques. Alors que le taux d’élévation moyen du niveau marin global était compris entre 3 à 4 mm par an avant 2005 (moyenne glissante sur 5 ans), il est tombé à entre 2 et 3 mm par an depuis 2005.

Le 4ème rapport du GIEC (2007)  indiquait qu’« aucune accélération du niveau de la mer  à long terme n’a été identifiée en utilisant uniquement  les données du XXème siècle ». Et dans l’AR5 publié en 2013 on peut lire qu’« il est probable que le niveau moyen marin global  ait augmenté entre 1920 et 1950 à un taux  identique à celui observé entre 1993 et 2010 ». A l’évidence, le signal anthropique n’est, du moins à ce stade, pas perceptible.

Le boom de la surface de la banquise du pôle sud qui a battu cette année un record est également surprenant. Un bateau russe avec à son bord des écologistes est d’ailleurs resté bloqué par la banquise Antarctique en janvier 2014, c’est-à-dire en plein été austral. Et le déclin de la banquise Arctique (pôle nord) semble s’être affaiblit ces dernières années. 

Des tempêtes causées par l’homme ?

On objectera que l’Europe a connu une série de tempêtes aux lourdes conséquences cet hiver, et que c’est la preuve d’une action néfaste de l’homme sur le climat. Un élu anglais a très sérieusement affirmé que les tempêtes qui ont frappé le Royaume-Uni cet hiver constituent une punition de dieu suite à la décision du gouvernement de légaliser le mariage homosexuel le 17 juillet 2013. Un nouveau Sodome et Gomorrhe ? La terre et dieu se vengent-ils des méchants êtres humains trop jouisseurs ? Il convient de dépasser les schémas mentaux punitifs et d’adopter une approche rationnelle. 

Le 15 février 2014 le journal L’Express a posé la question: ces tempêtes sont-elles causées par l’homme ? « Non, on ne peut pas attribuer pour l’instant tous ces évènements au réchauffement climatique » a répondu Jean Jouzel, vice-président du GIEC. « Je ne suis pas sûr qu’il y ait une explication autre que météorologique. Il y a une variabilité naturelle du climat  » a affirmé avec une grande honnêteté le scientifique, ne cédant pas à la facilité du populisme catastrophiste. « Le réchauffement planétaire annuel est de l’ordre de 0,01 ou 0,02 degré, bien loin des écarts que l’on voit cet hiver en France » a précisé l’expert.  « Même si le réchauffement climatique est inéluctable, il s’est ralenti ces 15 dernières années en termes de températures ».

Mais où est donc passée la fameuse « chaleur manquante » ? 

La question reste entièrement ouverte. Le débat scientifique est loin d’être clos, « the science is not settled ». C’est grâce au scepticisme que les connaissances progressent. Pour Denis Diderot, philosophe des Lumières auteur de la célèbre Encyclopédie, « le scepticisme est le premier pas vers la vérité ». Le scepticisme n’est pas seulement « l’ami de la science », c’est la substantifique moelle du scientifique.  

« Même dans celles de nos théories qui ont été les mieux corroborées, des fautes peuvent se cacher ; et il est du savoir spécifique du scientifique de rechercher de telles fautes. En ce qui concerne ce devoir, une nouvelle théorie alternative peut nous être d’une grande aide » affirmait le philosophe des sciences Karl Popper. « Cela signifie que nous devons être tolérants à l’égard de telles alternatives. Nous devons adopter une attitude tolérante, avant que la théorie dominante ne soit en difficulté ».

Pour Richard Feynman « la Science c’est la croyance dans l’ignorance des experts ». Même les plus grands climatologues du monde ont le droit de se tromper. « Il n’y a aucune autorité qui tienne. Cela vaut également pour les spécialités » estimait Karl Popper.

Le droit au doute

Il est regrettable que certains journalistes travaillant pour de grands médias français essayent de faire croire que le scepticisme est anti-scientifique et s’acharnent contre les scientifiques qui osent remettre en cause les dogmes climatiques en cherchant à les faire passer pour des personnes forcément malhonnêtes, corrompues ou alors farfelues.

« Avec l’idole de la certitude (qui inclut celle de la certitude imparfaite ou probabilité) tombe l’une des défenses de l’obscurantisme, lequel met un obstacle sur la voie du progrès scientifique » soulignait Karl Popper. « Car l’hommage rendu à cette idole non seulement réprime l’audace de nos questions, mais en outre compromet la rigueur et l’honnêteté de nos tests. La conception erronée de la science se révèle dans la soif d’exactitude. Car ce qui fait l’homme de science, ce n’est pas la possession de connaissances, d’irréfutables vérités, mais la quête obstinée et audacieusement critique de la vérité. »

Par Olivier Daniélo

  • En savoir plus :

L’étude « Heat hide and seek » publiée dans Nature Climate Change 

  • Lire aussi :

Limiter le réchauffement à 2°C est possible selon une étude américaine

Y a-t-il accélération ou décélération du niveau des océans ?

Ségolène Royal, le nucléaire, et les énergies renouvelables

Avec la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim annoncée pour « fin 2016 » l’énergie va être au centre du débat de l’élection présidentielle de 2017. La droite avait trouvé un angle d’attaque stratégique contre le PS : fustiger son alliance avec EELV, un parti que Nicolas Sarkozy a comparé en 2012 à « une forme de secte » car prônant l’idéologie de la décroissance opposée au progrès techno-scientifique, à l’ingénierie.

Le nouveau gouvernement dirigé par Manuel Valls ne comprend pas un seul ministre issu d’EELV. Le refus d’EELV est peut-être, paradoxalement, une opportunité pour un rebond des politiques en faveur des énergies renouvelables en France.

L’écologie de la décroissance mène à l’impasse

EELV est en réalité divisé au sujet de cette doctrine. « On ne fonde pas un parti de la décroissance » avait alerté Daniel Cohn-Bendit en 2009, essayant de faire évoluer les mentalités sur ce thème central. Un point de vue partagé par Corinne Lepage pour qui « la décroissance n’est pas porteuse d’espoir » et qui soutient la « troisième révolution industrielle » prônée par le prospectiviste américain Jeremy Rifkin. « Il faut une croissance des énergies renouvelables ! » hurlait Daniel Cohn-Bendit bien au fait, en tant que citoyen allemand, du développement de ces énergies outre-Rhin. Cette approche positive a valu à ce député européen d’être traité d’« éco-tartuffe » par « Le Journal de la décroissance » de Vincent Cheynet. Daniel Cohn-Bendit a quitté EELV en décembre 2012.

Cécile Duflot a milité ces derniers jours pour empêcher l’entrée de membres d’EELV au nouveau gouvernement de Manuel Valls. Ce dernier est considéré comme trop libéral, trop favorable au développement économique, trop à l’antipode des valeurs de la décroissance. Daniel Cohn-Bendit, écologiste qui se définit lui-même comme « libéral », a déclaré sur RTL le 2 avril que cette position de Cécile Duflot constitue une « faute politique très très grande ».

Le livre « Ras-le-bol des écolos, pour qu’écologie rime avec économie » (Editions Plon, 24 octobre 2013) de Maud Fontenoy préparait la mise en scène pour 2017 : l’UMP favorable à une écologie du progrès, opposée au PS allié aux idéologues de l’écologie du déclin. « Je ne me reconnais pas dans un discours qui prône la décroissance » a déclaré sur France-Info fin 2013 Maud Fontenoy, très présente médiatiquement depuis la parution de ce livre. « Stop aux discours alarmants sur l’écologie ». Pour cette écologiste UMP, « trop longtemps, on a pensé que le développement durable était réservé à la gauche (…) Je suis persuadée que durable peut rimer avec rentable ».

Des propos directement en écho à ceux de Nicolas Sarkozy en 2009 à Aubervilliers : « Quand j’entends nos écologistes parfois dire qu’ils vont faire campagne sur le thème de la décroissance, est-ce qu’ils savent qu’il y a du chômage? Est-ce qu’ils savent qu’il y a de la misère dans le monde? Est-ce qu’ils savent qu’il y a près d’un milliard de gens qui ne mangent pas à leur faim et que la décroissance ça veut dire plus de misère pour tous ces gens-là ? ».
« Que va-t-on dire aux millions de Chinois et d’Indiens qui veulent accéder à nos niveaux de vie ? » renchérit Maud Fontenoy. « D’autant que la croissance permet aussi un meilleur accès aux soins et à l’éducation » estime la navigatrice qui a traversé l’Atlantique à la rame, qui a crée une fondation environnementale et qui est devenue l’ambassadrice de l’UNESCO pour les océans. « C’est aux pays riches de proposer à ceux en développement des solutions pour qu’ils passent directement à une croissance durable et responsable. Avec intelligence ».

L’approche du « découplage » entre PIB et ressources, portée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (www.unep.org/resourcepanel/decoupling), permet effectivement de concilier économie et environnement. Comme le souligne l’intellectuel suédois Hans Rosling nous avons franchi le « peak child ». Le nombre d’enfants naissant sur terre n’augmentera plus, la population continue d’augmenter uniquement du fait de l’augmentation moyenne de l’espérance de vie dans le monde. Ainsi, étant donné que la « bombe démographique » est désamorcée, que la population mondiale va se stabiliser dans la seconde moitié du XXIème siècle, alors la frugalité prônée par les théoriciens de la décroissance n’est pas une obligation mais une simple option dans le panel des solutions possibles.

L’UMP et le PS cherchent à s’approprier le concept de croissance verte

Ségolène Royal est connue pour s’être opposée à l’écologie de la décroissance qu’elle a elle-même qualifié de « punitive ». Personnalité très médiatique et charismatique, elle s’est par exemple opposée avec vigueur à la « taxe carbone » conçue par Jean-Marc Jancovici, promoteur de la doctrine de la décroissance en France, et soutenue par Nicolas Hulot. «L’écotaxe, ce nouvel impôt que nous annonce le Premier ministre, est un impôt absurde, un impôt injuste, un impôt historiquement décalé dans le temps (…) Un impôt insupportable pour toutes celles et tous ceux qui n’ont pas le choix » avait estimé Ségolène Royal en août 2009 depuis La Rochelle.

Toujours dans cette logique d’opposition à l’écologie punitive, Ségolène Royal a qualifié en novembre 2013 de « révolte citoyenne » le mouvement des Bonnets Rouges en Bretagne. « Moi je préfère des peuples en mouvement à des peuples apathiques et qui se disent on n’a plus rien à faire ni même à revendiquer. La levée des Bretons, il y a quelque chose qui est assez réconfortant ». Les Bonnets Rouges, qui ont organisé en mars 2014 « les Etats Généraux de Bretagne », revendiquent en particulier une « appropriation par les Bretons de la filière énergie et développement des énergies renouvelables », ceci par le biais de la création de coopératives énergétiques locales, en circuit court. Il s’agit pour eux de « ne plus dépendre, pour notre énergie, des grandes entreprises publiques ou privées sur lesquels nous n’avons aucun contrôle. »

Ségolène Royal est favorable à une écologie de la « croissance verte », approche dont fait aussi la promotion la Fondation « Ecologie d’avenir », organisation du Collège de France crée par Claude Allègre, scientifique et homme politique très proche de Nicolas Sarkozy sur les questions environnementales. Ce dernier l’a d’ailleurs salué à plusieurs reprises lors de ses derniers meetings de la présidentielle de 2012. Maud Fontenoy, qui jouit d’une bonne image, a repris le flambeau anti-décroissance de Claude Allègre. L’ancien Ministre de l’éducation et de la recherche, du fait de son tempérament, a vu sa popularité s’éroder. Et il est de plus fatigué par le combat acharné qu’il a mené contre la décroissance. Ségolène Royal préfère elle aussi une écologie qui favorise les nouvelles technologies à la fois propres et économiquement pertinentes à une écologie qui sanctionne les énergies sales et qui par ricochet affecte le porte-monnaie des ménages.

« Je ne suis pas du tout pour la décroissance » a de son côté déclaré en janvier 2014 dans le quotidien Ouest-France le climatologue Jean Jouzel. « Plus qu’une transition, il faut envisager une révolution énergétique ». Pour ce vice-président du GIEC et président du Haut Conseil de la science et de la technologie, « il faut développer les énergies renouvelables ».

« Moins dépendre du pétrole et du tout nucléaire »

Avec la nomination de Ségolène Royal, François Hollande coupe l’herbe sous le pied de la droite en cassant l’axe stratégique qu’elle concoctait. Outre l’effet masque vis-à-vis de l’affaire Gayet-Trierweiler, polémique particulièrement néfaste auprès de l’électorat féminin, le choix de Ségolène Royal à la tête du Ministère de l’Ecologie permettra au PS de se présenter comme porteur de la « social-écologie » et non pas de l’idéologie de la décroissance punitive et destructrice d’emplois.

Dans son discours suite à la débandade du PS aux élections municipales, François Hollande a annoncé une « exigence de la transition énergétique pour préparer la France de demain à être moins dépendante du pétrole comme du tout nucléaire ». L’expression « tout-nucléaire » n’est pas neutre.

Les défenseurs des centrales thermiques fossiles et fissiles, très présents dans les médias depuis plusieurs mois dans le cadre d’une grande campagne visant à décrédibiliser les énergies renouvelables, ont à présent des raisons de s’inquiéter. Il semble en effet que François Hollande ait décidé d’agir en faveur des EnR, ceci afin de ne pas être exposé à la sanction des électeurs lors des élections futures. Les français sont globalement très favorables au développement des EnR, et les électeurs de sensibilité écologiste pourraient lui reprocher de ne pas avoir tenu ses promesses. Il a en effet promis, lors d’un débat l’opposant à Martine Aubry lors des primaires du PS, de réduire la part du nucléaire de 75% aujourd’hui à 50% en 2025.

La France accueille de plus en 2015 la grande conférence mondiale de l’ONU sur le climat (COP 19), ce qui pousse le président à vouloir offrir une bonne image du pays en matière d’énergies d’avenir. Ségolène Royal a déjà été ministre de l’écologie en 1992 et 1993, c’est-à-dire à l’époque du sommet de la terre de Rio.

En 2011 Ségolène Royal a déclaré que la France devrait se fixer comme objectif de « devenir la première puissance écologique d’Europe dans le domaine des énergies renouvelables ». La présidente de la région Poitou-Charentes tient à présent les rênes de la future loi sur la transition énergétique qui va être votée cette année. Avec la place du nucléaire et le développement des énergies renouvelables en première ligne, le débat entre les promoteurs des énergies vraiment durables et les inconditionnels amoureux de l’atome promet d’être agité dans les mois à venir.

Par Olivier Daniélo

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Le coup d’envoi du Mondial de football devrait être lancé par un adolescent paralysé

Une fois n’est pas coutume, c’est un jeune Brésilien paralysé des membres inférieurs qui devrait donner le coup d’envoi de la Coupe du monde lors du match d’ouverture Croatie / Brésil. Appareillé d’un exosquelette – des pieds à la taille – l’adolescent se lèvera de son fauteuil pour frapper le ballon, si la FIFA le confirme. Une séquence symbolique jamais vue auparavant qui en surprendra certainement plus d’un. 

On associe souvent le squelette externe au domaine militaire. Par sa capacité à augmenter les capacités physiques naturelles, cette structure mécanique est considérée comme un moyen d’obtenir des soldats surhumains. Or la recherche médicale est elle aussi sur le coup et l’exosquelette comme il est présenté ici se montre sous un soleil neuf. Car doté d’un casque d’électrodes mesurant l’activité électrique des neurones (technologie non-intrusive), l’adolescent sera en mesure de contrôler ses mouvements par la pensée. En outre, il sera muni d’un stabilisateur gyroscopique ainsi qu’un système de retour de force afin d’alléger la marche. On ne peut imaginer le sentiment ressenti au fait de pouvoir marcher à nouveau. 

Le projet s’appelle d’ailleurs « Walk Again ». Il s’agit d’une collaboration internationale visant à rendre la mobilité à ceux qui l’ont perdu pour diverses raisons:  accident, vieillesse… Les acteurs de ce projet à but non lucratif sont nombreux, il compte dans ses rangs: the Duke University Center for Neuroengineering, The Technical University of Munich, the Swiss Federal Institute of Technology in Lausanne, the Edmond and Lily Safra International Institute of Neuroscience of Natal in Brazil, The University of California, Davis, The University of Kentucky, and Regis Kopper of The Duke immersive Virtual Environment. 

L’étendard et porte-parole du projet, Miguel Nicolelis, chercheur en neurosciences et Brésilien de 52 ans estime qu’« avec suffisament de volonté politique et d’investissement, nous pouvons rendre les fauteuils roulants obsolètes ». Il est certain que le potentiel robotique / neurosciences est impressionnant et ses perspectives prometteuses. 

Sans compter l’aspect commercial. Les personnes atteintes de paraplégie (paralysie des membres sous la moelle épinière), myopathie (dégénérescence du tissu musculaire), tétraplégie (paralysie des quatre membres)… où simplement âgées sont nombreuses. Elles représentent un marché important: jusqu’à 1 000 milliards d’euros!

Par Sébastien Tribot
     

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Missions sur Mars: les risques pour la santé dépassent les critères de la Nasa (experts)

« Ce genre de mission exposerait probablement les membres d’équipage à des niveaux de risques connus allant au-delà de ceux autorisés par les critères actuels en matière de santé, ainsi qu’à une série de risques encore mal définis, incertains, voire imprévisibles », souligne le rapport de l’Institute of Medicine (IOM).

Par conséquent, toute mission à long terme ou dans l’espace lointain, à l’horizon des prochaines décennies, nécessitera un certain degré d’examen éthique, ajoute le document.

A l’heure actuelle, les astronautes sont envoyés dans l’espace en orbite terrestre basse, où ils peuvent passer entre trois à six mois à la fois, à bord de la Station spatiale internationale. Mais une expédition vers Mars pourrait prendre jusqu’à 18 mois.

La Nasa a assuré vouloir envoyer des personnes sur la Planète rouge d’ici les années 2030 et travaille actuellement à la construction d’un lanceur et d’un engin spatial à cet effet.

Les risques pour la santé de missions courtes dans l’espace peuvent comprendre des nausées, un état de faiblesse généralisé, une vision troublée, tandis que les risques de missions à long terme peuvent aller jusqu’à des cancers radio-induits ou la perte de masse osseuse.

Etant donné ces risques incertains et mal connus, la Nasa a demandé à l’IOM de mettre en place un cadre éthique pour guider les décisions à venir dans le domaine des vols spatiaux habités.

Les membres du comité d’experts ont refusé de créer une série de critères de santé à part et spécifiques aux missions vers Mars. A la place, le groupe a conclu que la seule option était d’accorder des exceptions aux critères de santé actuels.

Mais l’IOM a mis en garde sur le fait que la Nasa devrait malgré tout, dans tous les cas, déterminer si ce genre d’exceptions restent éthiquement acceptables.

« Toute exception devrait être rare et n’avoir lieu qu’en cas de circonstances particulières », souligne l’IOM, citant par exemple la nécessité que les astronautes puissent décider par eux-mêmes d’y participer ou non, ou le besoin de choisir des missions bénéfiques pour la société en général.

Le comité recommande aussi à la Nasa d’assurer une couverture santé à vie pour ses astronautes.

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Quel âge a la Lune? Des planétologues ont demandé à la Terre

Le système solaire s’est formé il y a 4,56 milliards d’années. Selon le modèle aujourd’hui couramment admis, la Lune est née lorsque la Terre, elle-même à peine formée, a subi une collision massive avec une autre planète de la taille de Mars. Les débris éjectés par la collision se sont ré-accumulés pour former la Lune. l’impact a aussi provoqué le démarrage du dernier acte de la formation du noyau de la Terre.

Plusieurs dates ont été précédemment proposées pour cet événement, à partir des mesures d’isotopes radioactifs: certains suggèrent qu’il a pu survenir autour de 30 millions d’années seulement après la naissance du Système solaire, d’autres le situent plus tard, 50 voire 100 millions d’années après la naissance du Système solaire.

Une équipe de planétologues français, allemands et américains, menée par Seth Jacobson et Alessandro Morbidelli, de l’Observatoire de la Côte d’Azur (Nice, France), a utilisé une autre méthode pour tenter de déterminer l’âge de la Lune, basée sur des simulations numériques et la composition chimique du manteau de la Terre.

Les planétologues ont découvert « une relation entre le temps auquel la collision formant la Lune s’est produite et la quantité de matériau que la Terre a acquise après cette collision géante », explique l’Observatoire dans un communiqué.

Cette relation est « une véritable horloge pour dater l’événement conduisant à la formation de la Lune », ajoute-t-il.

Cette nouvelle horloge date la Lune à 95 millions d’années (+ ou – 32 millions d’années) après le début du Système solaire, excluant l’hypothèse d’une formation précoce.

Elle confirme aussi que la Terre est « la planète qui a mis le plus longtemps pour se former dans notre Système solaire », a souligné Alessandro Morbidelli dans un échange de mails avec l’AFP.

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Le renouvellement du parc français de réacteurs nucléaires

Il serait difficile de renouveler le parc existant en reproduisant à l’identique, avec un décalage dans le temps, le rythme de construction des réacteurs de génération II,  car il faudrait construire jusqu’à 5 EPR par an.

On fait ici la supposition que tous les REP actuels pourraient avoir une durée de vie de 60 ans. Ceci suppose, bien entendu, que l’ASN accepterait une telle prolongation, à l’image des autorités de sûreté américaines. On compare deux scénarios de renouvellement, le premier s’étalant sur 40 ans (cas A), le deuxième sur 20 ans (cas B). Les rythmes de mise en service des EPR des deux scénarios sont illustrés sur la Figure 1. 

Dans le premier cas les pertes de revenus d’exploitation sont beaucoup plus importantes, par contre, le deuxième cas nécessite qu’EDF recoure de manière importante à l’emprunt. Les pertes d’exploitation sont dues au fait que les coûts annoncés de production des EPR sont supérieurs à ceux constatés pour les REP actuels.

La Cour des Comptes a donné une fourchette de 70 à 90  Euros pour le coût du MWh qui sera produit par l’EPR de Flamanville. Toutefois, on peut espérer que les coûts et les délais de construction des EPR évolueront dans un bon sens, comme cela semble le cas des EPR chinois construits dans les délais et les coûts originels.  Un coût du MWh de 60 €/MWh semble raisonnable. La Cour des Comptes a estimé le coût complet de production du parc actuel à 49 €/MWh. La différence entre les deux estimations serait donc de 11 €/MWh.

Il s’agit là d’une valeur minimale : en effet  le calcul par la Cour des Comptes du coût du parc actuel de 49 €/MWh est fait sur la base d’une durée de vie des réacteurs de 40 ans. Si cette durée de vie est portée à 60 ans comme le recommande la Cour elle-même, ce coût devrait diminuer. On peut estimer cette diminution aux alentours de 4 €/MWh [1]. En ce qui concerne le coût de production de l’EPR on peut envisager une valeur haute de 65 €/MWh.

 

 

Finalement, la perte d’exploitation due à un renouvellement accéléré du parc pourrait se situer entre 11 et 20 €/MWh

La perte d’exploitation dans le cas du scénario A est estimée à  2740 TWh, celle du scénario B de  508 TWh.  La perte d’exploitation du scénario A par rapport au scénario B serait donc de 2232 TWh valorisés entre 24 et 45 G€. 

Le renouvellement complet du parc  existant avec des EPR nécessite un investissement de l’ordre de 195 milliards d’euros [2], soit une moyenne de 5 milliards par an dans le cas A et de 10 milliards par an dans le cas B avec, dans ce deuxième cas, des pointes sensiblement plus élevées. Malgré un résultat brut d’exploitation relativement important (9 milliards en 2011) EDF risque d’éprouver de sérieuses difficultés à lever les fonds nécessaires (fonds propres et emprunts), particulièrement dans le cas B. Difficultés qui risquent de se traduire par un coût de l’argent nettement plus élevé dans le cas B que dans le cas A. Une différence de taux de 3%, pour des emprunts sur 20 ans,  paraît de l’ordre du possible et conduirait à une surcharge financière de 48 G€.

 

Le Tableau 1 récapitule ces évaluations de différence de coût total entre les deux scénarios :

Tab.1 : Récapitulatif des incidences financières possibles des deux scénarios de renouvellement du parc

La solution la moins onéreuse pourrait correspondre à  un renouvellement au rythme d’environ un EPR par an. Ce rythme lent  favoriserait, d’ailleurs, l’optimisation des commandes à l’industrie et serait plus sûr dans le cas ou l’ASN refuserait certains prolongements.

Fig.1 : Cadence de mise en service des EPR dans l’hypothèse d’un renouvellement du parc en 40 ans (cas A) et en 20 ans (cas B). Ces mises en service sont déterminées pour minimiser les pertes d’exploitation et respecter une durée de vie maximale des réacteurs de 60 ans

Par Hervé Nifenecker, Ingénieur et docteur ès sciences et Président fondateur du collectif  Sauvons le Climat, qu’il a créé en 2004.

  • [1] Si on ne tient pas compte de la rémunération du capital nécessaire pour restituer les capacités initiales de financement en fin de vie du parc, le coût de fonctionnement et de prolongation du parc serait, selon la Cour, de l’ordre de 38 €/MWh. La rémunération du capital sur 40 ans correspondrait donc à 11 €/MWh. Si la durée de vie des réacteurs est portée à 60 ans la rémunération du capital serait de l’ordre de 7 €/MWh., soit un coût total du MWh de 45 €/MWh
  • [2] Nous retenons un coût de l’EPR de 5 G€, alors que le coût initial donné par EDF était de 3,5 G€, que l’EPR de Flamanville coûtera 8,5 G€ et que celui des EPR chinois devrait être conforme aux prévisions initiales.