WiFi ? WiMax ? Guerre de normes dans le smartgrid américain

Le Wi-Fi espère profiter de sa prépondérance actuelle dans l’informatique pour s’imposer dans le smartgrid, alors qu’il est concurrencé par d’autres technologies, dont le WiMax, capable de transmettre des données sur de plus grandes distances.La WI-FI Alliance veut convaincre l’agence des normes américaines, la National Institute of Standards and Technology, qui doit aider le gouvernement à établir des normes d’interopérabilité pour le smartgrid.Les sociétés du secteur du smartgrid, elles, sont pour l’instant divisées entre les différentes normes : la start-up américaine Grid Net, par exemple, a mis au point une solution de transmission des données en WiMax, qui vient d’ailleurs d’être choisie pour un chauffe-eau intelligent lancé par General Electric, un partenaire de Grid Net.Un chauffe-eau qui est l’un des premiers appareils électroménagers intelligents lancés aux Etat-Unis, et prend de vitesse Whirlpool qui compte vendre un million de sèche-linge intelligents aux Etats-Unis l’an prochain. GE promet aussi d’autres appareils électroménagers à grande échelle à l’horizon 2012, à partir de tests qu’il mène actuellement à Louisville.La norme Zigbee en embuscadeMais la technique qui semble avoir le vent en poupe est une alternative au Wi-fi, une norme de communications sans fil destinée à être utilisée à l’intérieur des logements, et qui reste la plus souvent adoptée par les nouvelles start-up du secteur: la norme Zigbee, fer de lance des sociétés de prises électriques intelligentes ou de compteurs intelligents comme EnergyHub ou Ember.Selon le cabinet de recherche In-Stat, le marché mondial des compteurs sans fil à transmission ZigBee atteindra 292 millions d’unités en 2012. Et ce même si pour l’instant, ces appareils ne peuvent manifester aucune intelligence puisque les foyers américains ne sont pas encore équipés des compteurs intelligents avec lesquels ils doivent communiquer – leur déploiement se fera surtout à partir de l’an prochain – et qu’en outre la majeure partie des Etats américains ont des tarifs uniques d’électricité, sans distinguo heure creuse/heure pleine, et que donc le plus intelligent de ces appareils serait bien en peine de choisir entre des tarifs. 

Source :
Green Univers

IBM fait un pas de plus vers le cerveau virtuel

Penser différemment le fonctionnement des ordinateurs pour les rendre plus performants en rapprochant leur modus operandi de celui d’un cerveau… tel est l’objectif d’un groupe de chercheurs d’IBM aux Etats-Unis. Or, d’après la présentation qu’ils ont faite lors de « Super computing Conference » le 18 novembre 2009, il semblerait que ces derniers aient fait un pas de plus sur cette voie. Après avoir simulé 40 % du cerveau d’une souris en 2006, le cerveau complet d’un rat en 2007, ceux-ci sont parvenus à simuler le fonctionnement en temps réel d’un cerveau dont les capacités sont celles d’un chat, soit environ 1 milliard de neurones et 10.000 milliards de synapses. L’objectif de leurs travaux étant moins pour l’instant de reproduire la vitesse de traitement des informations, puisque leur prototype fonctionne 100 fois moins vite que le cerveau d’un chat, mais d’étudier la manière dont se forment les pensées. Pour y parvenir, les chercheurs d’IBM ont utilisé des moyens hors normes. En plus d’un simulateur incorporant un certain nombre d’innovations en termes de calcul, de mémoire et de communication, ils ont développé, en collaboration avec des chercheurs de l’université de Stanford, un algorithme capable de demander à un superordinateur d’imiter le fonctionnement présumé d’un cerveau. Cette machine, basée au laboratoire national Lawrence Livermore et baptisée BlueGene/P, est elle-même surdimensionnée, puisqu’elle contient 147.456 processeurs et 144 téraoctets de mémoire.Quant au principe de l’expérience, il s’agissait de présenter à la machine des images et des logos afin de cartographier avec précision les différentes parties du cerveau virtuel impliqué dans la reconnaissance de ces objets. L’objectif final étant d’accumuler des connaissances pour construire des ordinateurs capables de gérer l’ambiguïté d’une situation et d’intégrer des sens comme l’ouïe, la vue ou encore le toucher, dans leur mode de fonctionnement.Au delà, ces travaux pourrait avoir une autre application étroitement liée au développement de l’Internet du futur : à savoir, disposer d’ordinateurs capables de traiter et surtout d’interpréter une masse croissante d’informations en provenance d’une multitude de capteurs (lire Internet du futur : ce que l’Europe est prête à financer). Un défi qu’une meilleure compréhension des mécanismes d’apprentissage du cerveau pourrait contribuer à relever.  » Etant donné que les mondes numérique et physique ne cessent de s’interpénétrer, et que l’informatique est de plus en plus présente dans notre vie quotidienne, il devient impératif de créer des systèmes informatiques plus intelligents qui puissent nous aider à comprendre la quantité d’informations de plus en plus importante à notre disposition, un peu à la manière de notre cerveau qui est capable d’interpréter et d’agir rapidement sur des tâches complexes,  » commente Joséphine Cheng, directrice du laboratoire de recherche d’IBM.Un champ d’investigation qui en tout cas a retenu l’intérêt des investisseurs. IBM ainsi que ses partenaires universitaires ont en effet obtenu un financement additionnel de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) d’un montant de 16,1 millions de dollars. Mais ce champ d’investigation n’en demeure pas moins ardu, la complexité du cerveau étant telle, qu’il faudra peut-être du temps avant d’en percer les mystères, même avec l’aide de superordinateurs.  La valse des supercalculateursLes choses vont très vite dans le petit monde des supercalculateurs. L’édition de novembre 2009 du Top 500 des supercalculateurs les plus puissants au monde bouleverse la donne par rapport à celle de juin. RoadRunner d’IBM, basé au Los Alamos National Laboratory (Etats-Unis), qui dominait le classement de juin 2009 (lire Les Etats-Unis champions du monde des supercalculateurs), a été détrôné par le Cray XT5 baptisé Jaguar de l’Oak Ridge National Laboratory (Etats-Unis). Celui-ci affiche désormais une performance de 1,75 pétaflops au test Linpack (pour une puissance-crête théorique de 2,3 pétaflops). La suite du classement est elle aussi quelque peu bouleversée.En troisième position, apparaît désormais un autre système Cray XT5 implanté, lui, à l’Université du Tennessee (832 téraflops). Ce qui relègue en quatrième position le système IBM BlueGene/P de 825,5 téraflops installé au Forschungszentrum Juelich (FZJ) en Allemagne. Ce dernier arrive tout juste devant un nouveau venu, la machine d’origine chinoise (le Tianhe-1) qui fonctionne au Centre national de calcul hautes performances de Tianjin (lire Le supercalculateur Tianhe dépasse le pétaflop)Malgré ces changements, les Etats-Unis restent toujours en tête des plus gros superordinateurs. Voir la liste du Top 500 : http://www.top500.org/lists/2009/11 A.L B 

Le supercalculateur Tianhe dépasse le pétaflop

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61252.htmRéalisé par l’Université Nationale des Technologies de Défense de Changsha (Province du Hunan), le superordinateur Tianhe (Voie Lactée en mandarin) a été proposé pour figurer sur la liste des 500 plus puissants supercalculateurs au monde. Il devrait se classer parmi les 10 calculateurs les plus rapides.« Voie Lactée » pèse 155 tonnes et occupe une superficie de 1.000 m². Il est composé de 103 « armoires », 6.144 processeurs Intel et de 5.120 processeurs graphiques AMD. Sa vitesse de pointe théorique devrait excéder le pétaflop (1.015 opérations en virgule flottante par seconde). Les 600 millions de yuans (88,24 millions de dollars US) nécessaires à sa construction ont été financés par le programme chinois de recherche et développement des hautes technologies (863) et par la Nouvelle Zone de Binhai. Actuellement situé à Changsha, il devrait être installé avant la fin de l’année au Centre National des Superordinateurs à Tianjin.Sa vitesse de pointe théorique est de 1,206 pétaflop, mais seulement de 563,1 téraflops lors du test Linpack. Ce dernier, basé sur le temps mis par un ordinateur pour résoudre un système de n équations à n inconnues, permet d’estimer son comportement face à des problèmes mathématiques complexes. Pour « Voie lactée », le rapport R = N_Linpack / N_Max = 563,1/1206 soit environ 47 % est toutefois bien inférieur à la moyenne des supercalculateurs, qui atteignent en général 75 %.D’après les déclarations officielles, il servira au traitement de données sismiques pour l’exploration du pétrole, à réaliser des calculs pour des applications biomédicales, des prévisions météorologiques à long terme et pour des analyses financières ; il pourrait aussi être utilisé pour du contrôle de pollution.La Chine devient le 3ème pays après les Etats-Unis et le Japon (utilisant aussi des processeurs Intel) à développer un superordinateur atteignant le pétaflop, à un coût moindre que ses concurrents aux performances similaires. Si ses performances actuelles plutôt moyennes en limitent l’utilisation, des microprocesseurs de fabrication chinoise lui seront ajoutés ultérieurement, témoignant de la volonté chinoise de se doter d’une puissance de calcul de niveau mondial, déjà affichée par la mise en service en juin 2009, à Shanghai, du Magic Cube (230 Téraflops de pointe).  Pour en savoir plus : BE 69, le superordinateur  » Magic Cube « , http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/59507.htmSource : Xinhua, 29/10/09, http://news.xinhuanet.com/english/2009-10/29/content_12356478.htmRédacteur : Anthony Nowocien [email protected]Origine : BE Chine numéro 79 (17/11/2009) – Ambassade de France en Chine / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61252.htm  

Quel est le coût des énergies renouvelables ?

Alors que les énergies éoliennes et solaires ont le vent en poupe, une récente étude du Centre d’observation économique et de Recherche pour l’Expansion de l’économie et le Développement des Entreprises remet de nouveau en question leurs avantages.

Pas de surcoût de l’énergie éolienne

Le Grenelle de l’environnement prévoit dans son plan de développement des énergies renouvelables une production de 59 TWh d’électricité d’origine éolienne. Pour réaliser ce programme, les investissements s’élèveraient à 22 milliards d’euros pour l’éolien terrestre et à 14 milliards d’euros pour l’éolien maritime.

La rentabilité de ces nouvelles énergies est liée aux prix du baril de pétrole. Plus le baril est cher et plus les nouvelles énergies sont rentables. Avec l’hypothèse d’un baril de pétrole à 150 $ en 2020, le prix de l’électricité serait d’environ 85 $/MWh. Ainsi, l’énergie éolienne couterait 4,9 milliards d’euros de plus que l’énergie produite d’une manière conventionnelle puisque le mégawatheure éolien couterait encore 82 $/MWh en 2020.

Heureusement, l’éolien est une énergie propre : cette production éviterait le rejet de 5,4 millions de tonnes de CO2 par an. Ces émissions de gaz à effet de serre ont un coût (30 € par tonne aujourd’hui, 100 € en 2030). L’avantage environnemental se chiffrerait donc à 3,9 milliards d’euros.

Avec l’hypothèse d’un baril de pétrole à 150 $, le bilan global de l’énergie éolienne est donc légèrement négatif (perte de 1 milliard d’euros par rapport à une production classique). Compte tenu des incertitudes, on peut considérer que l’énergie éolienne n’est pas rentable mais qu’elle n’entraîne pas non plus de surcoût.

Un bilan global négatif de l’énergie solaire

Cette fois, pour réaliser le programme de développement préconisé par le grenelle, les investissements seraient de 19 milliards d’euros pour produire 5,3 TWh d’origine photovoltaïque. Comme un mégawatt électrique d’origine solaire couterait 290 € (moyenne entre 2007 et 2020), le surcoût de cette production serait de 10,8 milliards d’euros, avec la même hypothèse que précédemment sur le prix du baril de pétrole (150 $). Or l’avantage environnemental se chiffrerait à 0,5 milliard d’euros. Ainsi, le bilan global du photovoltaïque est très fortement négatif.

Le tableau ci-dessous résume l’analyse coûts-bénéfices selon trois hypothèses d’environnement économique :

original

En résumé, si cette production favorise la création d’emplois et minimise notre impact sur l’environnement, elle imposera un surcoût aux consommateurs et à l’économie française. Cela se traduira par une hausse des tarifs ainsi que par une baisse du pouvoir d’achat. Mais, plus le prix du pétrole augmentera et plus ce choix sera légitime. C’est une manière d’augmenter notre indépendance énergétique.

Sources :

Evaluation socio-économique duprogramme de production d’électricité éolienne et photovoltaïque, Michel Didier, Gilles Koléda, octobre 2009, Coe-Rexecode.
Qui paye pour l’électricité éolienne, pour quel bénéfice ?, Pierre Bacher, août 2009, Techniques de l’Ingénieur.

Laurence Royer est étudiante à l’Ecole Centrale de Paris. Elle a été primé au concours organisé par SIA-Conseil, L’Expansion et RTE sur le thème Energies et Avenir.

Les Etats-Unis envisagent des échanges avec l’Union Européenne en matière d’éolien offshore

Un nouveau rapport cité le 11 novembre dernier par le ministère américain de l’Energie (US DOE), appelle à une meilleure coordination entre les organismes gouvernementaux, les universités et les entreprises de façon à développer l’énergie éolienne offshore aux Etats-Unis.En fait, ce rapport est l’étude publiée à la fin du mois d’octobre 2009 par l’US Collaborative Offshore Wind (USOWC) sous le titre « U.S. Offshore Wind Energy : A Path Forward » (« L’énergie éolienne en mer aux Etats-Unis : un pas à franchir ») et qui se voulait une sorte d’exhortation à l’action dans le domaine de cette ressource renouvelable.Citant une enquête du DOE précisant que les États-Unis possèdent un potentiel de 900.000 MW à partir des ressources éoliennes en mer, le rapport passe en revue tous les sites possibles pour faire de l’éolien sur les côtes américaines une réalité. Parmi les recommandations : outre cette meilleure et nécessaire collaboration déjà prônée mille fois entre les entités gouvernementales, les universités, les entreprises et toutes les parties prenantes dans le développement éolien (collaboration qui ne se manifeste toujours pas), l’étude recommande la création d’une mégabase de données informatiques sur l’éolien offshore ; la convocation de réunions entre les divers Etats des Etats-Unis ayant des intérêts communs dans l’éolien offshore ainsi que la convocation de réunions entre les États-Unis et les pays de l’Union Européenne impliqués dans le développement de l’éolien offshore ; la mise en place d’un leadership américain pour bâtir la confiance du grand public et conforter la confiance des investisseurs dans le potentiel éolien offshore.Le DOE confirme que les efforts actuels déployés pour développer l’énergie éolienne offshore aux États-Unis comprennent plus que jamais les 468 MW du projet Cape Wind , proposé pour Horseshoe Shoal à Nantucket Sound, à environ 4.7 miles au large des côtes de Cape Cod et qui devrait être le tout premier parc éolien offshore américain construit (bien que, je le rappelle encore, ce projet soit en attente d’un permis fédéral et doive faire face à l’opposition de tribus indiennes). En liste prioritaire aussi : le projet signé dans l’Etat du Delaware par Bluewater Wind pour fournir 200 MW d’énergie éolienne offshore à Delmarva Power, qui devrait être effectif autour de 2012. Dans le Maryland, le Maryland Energy Administration (MEA) a récemment lancé une nouvelle initiative visant à explorer méthodiquement le potentiel de développement des ressources éoliennes offshore de l’État. En Caroline du Nord, Duke Energy Corporation et University of North Carolina at Chapel Hill ont récemment annoncé leur intention d’implanter trois turbines de démonstration à l’est du détroit de Pamlico, à 7/10 miles de l’OuterBanks.J’ai également longuement écrit à propos des efforts déployés tant côté canadien qu’américain pour développer l’énergie éolienne offshore sur les Grands Lacs (Lac Supérieur, Lac Michigan, Lac Huron, Lac Erie, Lac Ontario). L’an dernier, le Land Policy Institute (LPI) University of Michigan a publié un rapport sur l’énergie éolienne en mer selon lequel un potentiel de près de 322 GW (gigawatts) serait disponible au large des rives de l’État du Michigan.En septembre 2009, le Michigan Great Lakes Wind Council (GLWC) a remis au gouverneur de l’État, un document relevant les 587 miles carrés appartenant à l’État du Michigan dans les Grands Lacs qui sont considérés comme « les plus favorables au développement de l’énergie éolienne » et a répertorié les modifications législatives et juridiques nécessaires pour encourager le développement des ressources extra-côtières (la plupart de ces lacs sont traversés par une frontière avec le Canada et par d’importantes voies de navigation).En septembre dernier aussi, Great Lakes Energy Development Task Force, structure basée dans l’Ohioqui agit pour le développement énergétique sur l’ensemble des Grands Lacs américains, avait publié une étude de faisabilité cofinancée par l’université indépendante Case Western Reserve University (CWRU), concernant l’installation d’un parc éolien dans le lac Érié, au large de Cleveland. Cette étude de faisabilité révélait qu’un projet pilote de 20 MW, situé à 3-5 miles de la côte, serait possible à installer et coûterait 92 millions de dollars. Case Western Reserve University (CWRU) a contribué à financer le rapport.Manifestement, et malgré les lenteurs administratives désormais légendaires des Etats-Unis (qui n’ont rien à envier à celles de tous les autres pays du monde), une volonté de prendre le leadership du développement éolien offshore avant 2020 voire avant 2015 se dessine clairement. Le souhait d’une collaboration avec les pays concernés de l’Union Européenne constitue, si elle est suivie d’effets, une déclaration majeure.L’étude de US Collaborative Offshore Wind (USOWC), à laquelle se réfère le DOE, peut être téléchargée dans son intégralité (PDF 619 ko) sur le site de l’USOWC ICI. 

Source :
Les énergies de la merPar Francis Rousseau, rédacteur en chef de plusieurs blogs portant sur l’environnement et les énergies renouvelables, dont un spécialisé dans les énergies marines : Les énergies de la mer. Ces blogs sont réalisés pour 3B Conseils, cabinet conseil en communication scientifique et technique et bureau d’études, organisateur des Entretiens Science et Ethique.

Salon des Maires : l’informatique et l’électronique à l’honneur des prix de l’innovation

Le palmarès 2009 des prix de l’innovation du salon des Maires et des Collectivités Locales, récompensant des produits, matériels, procédés, systèmes, techniques ou services innovants, est tombé ce matin. Un bon cru selon les organisateurs du salon. Au total, 155 dossiers ont été retenus et classés en huit catégories : accessibilité (10), aménagement urbain (19), bâtiment, travaux publics / voirie (16), environnement / énergie (44), informatique / télécommunications (14), institutionnel, finances, services aux collectivités (21), matériel, transport, véhicules (10), et prévention, sécurité (21). » Il a eu beaucoup de propositions intéressantes, admet Jacqueline Gourault, vice-présidente de l’Association des maires de France (AMF), sénateur-maire de la Chaussée Saint Victor (41), et présidente du jury des prix de l’innovation. Mais dans cette période d’inquiétude pour les élus, nous avons été particulièrement sensibles au fait que les projets soient chiffrés, car cela nous aide à imaginer comment ils peuvent être appliqués dans nos collectivités,  » poursuit-elle. En d’autres termes, si le slogan « Dépenser moins, dépenser mieux » a été le leitmotiv de l’édition 2008 du salon, il demeure d’actualité en 2009.Mais concrètement, comment cela s’est-il répercuté sur le choix des innovations intégrant informatique, électronique et télécommunication ? Au final, le bilan est plutôt positif puisqu’au total, trois projets appartenant à ce segment ont été récompensés.

Le premier d’entre eux est l’automate Distriplis. Conçu par la société éponyme, Distriplis SAS, basée à Saint-Brieuc, ce guichet automatique a pour objectif d’améliorer l’accessibilité aux services d’une collectivité, qu’il s’agisse de documents administratifs (certificats, attestations, cartes d’identité, courrier, etc.) ou de produits culturels (livres, cd, DVD, etc.) proposés par une médiathèque par exemple. Disponible 24h/24 et 7j/7, cette machine permet aussi bien le retrait que le dépôt d’objets tout en veillant à la sécurité de la transaction et à sa traçabilité grâce à une carte à puce, un code confidentiel et un code barre. Par ailleurs, afin d’éviter les déplacements inutiles, l’automate prévient le destinataire par courrier électronique ou par SMS lorsque sa demande est prête.
 
Le deuxième projet récompensé appartient quant à lui à la catégorie Institutionnel, finances, services aux collectivités. Il s’agit du kiosque universel. Réalisé par Azimut Communication (56), cette borne interactive qui délivre des informations mais aussi des billets pour des activités de loisirs ou des spectacles est couplé à un terminal de paiement qui permet de gérer la commande de bout en bout sans avoir à passer par un site Internet ou un guichet. Comme pour l’automate Distriplis, la promesse est la même : accroître l’accessibilité d’un service tout en réduisant les coûts. Autre avantage de cette borne qui a nécessité 3 ans de développement : la possibilité de s’en servir pour diffuser en temps réel de l’information grâce à l’ajout d’un écran additionnel.
 
Enfin, le dernier projet a avoir retenu l’attention du jury est le module GPS embarqué sans abonnement. Conçu et fabriqué par Erla Technologies (88), société spécialisée dans la fabrication de matériel technique pour le stockage et la distribution de produits pétroliers, biocarburants et chimiques, ce GPS permet non seulement de gérer facilement un parc de véhicules en sachant exactement où chacun d’entre eux se trouve et de suivre et d’optimiser leur consommation de carburant. Baptisée Epack, cette solution est composée d’un petit boîtier alimenté en 12 ou 24 V à installer dans le véhicule. Equipé d’une connexion Bluetooth, il permet de transmettre au distributeur de carburant lors du ravitaillement des informations telles que le kilométrage effectué (plus de saisie manuelle par le chauffeur) et les données relatives aux parcours réalisés (vitesses, localisation et durée des arrêts, alarmes sur points d’intérêt, etc …).
  Le Palmarès completAu delà, cinq autres projets ont été récompensés.
  • Le système d’éclairage urbain basé sur des LED Perla réalisé par la société Comatelec ;
  • La patinoire synthétique ecologique Xtra ICE ® de Grands Stades SAS ;
  • Pasamano, élément de signalétique avec inscription en braille à fixer sur une rampe d’escalier conçu par Marcal Signalétique ;
  • Le raccord Kameleo produit par Saint Gobain Pam ;
  • La borne de sécurité multifonctions pour la sécurisation des bords de mer Safety Point réalisée par SEIMI.

  A.L B

Les promesses du marché de la « smartwater »

Après les systèmes intelligents de distribution de l’électricité, les systèmes intelligents de distribution de l’eau débarquent ! Le marché mondial pourrait grimper à 16.3 milliards de dollars en 2020, contre 530 millions aujourd’hui, selon un nouveau rapport du cabinet américain Lux Research.Une meilleure information sur l’utilisation de l’eau pourrait faire économiser beaucoup d’argent et préserver cette ressource rare. L’enjeu est de taille : l’eau douce représente à peine 2.5 % de l’eau disponible à la surface de la terre. 2,8 milliards d’habitants, soit 44 % de la population mondiale, vivent dans des zones souffrant de stress hydrique, selon l’OCDE.Et ce chiffre pourrait atteindre 3.9 milliards en 2030 sous l’effet du réchauffement climatique. Dans les pays industrialisés, la situation est beaucoup moins dramatique mais elle est néanmoins fragile. Et les conséquences du réchauffement climatique pourraient vite devenir inquiétantes. Déjà, en 2007, la sécheresse a coûté 1 point de croissance du PIB à l’Australie !

Plus de 30 % de pertes dans la distribution de l’eau
Les systèmes de distribution d’eau, même dans les pays développés, sont souvent vétustes, avec des canalisations usagées et en mauvais état qui entrainent une perte allant jusqu’à plus de 30 % de l’eau disponible. Des systèmes électroniques, comme des capteurs pour repérer les fuites, les pics de demande ou encore tester la qualité de l’eau, seraient précieux.Lux Research a identifié cinq domaines clés dans lesquels les technologies de l’information peuvent agir : la cartographie des réseaux, les infrastructures, le suivi de la consommation, les compteurs à eau intelligents et les dispositifs d’irrigation. De quoi réduire le gaspillage, optimiser la consommation et éviter de la pollution. De quoi aussi diminuer la consommation d’énergie liée à l’eau, qui est loin d’être négligeable : environ 3 % de la production électrique américaine totale, par exemple, sert uniquement à pomper de l’eau.De nombreuses start-up s’engagent sur ce marché et lèvent des fonds. Mais, selon Lux Research, elles ont souvent du mal à convaincre les grands de la distribution de l’eau à travailler avec elles et seules celles qui apporteront les technologies les plus innovantes réussiront à se développer.

IBM en pointe
Les vrais gagnants pourraient être ceux qui apportent des solutions intégrées, agissant sur les différents leviers : suivi de l’état des canalisations, collecte et analyse des données des compteurs. Une opportunité pour les géants de l’informatique, qui commencent à s’intéresser à la « smartwater ». IBM fait partie des plus en pointe : le groupe a signé un partenariat avec Intel sur l’application de l’informatique à l’utilisation optimale de l’eau douce.Il teste aussi des compteurs d’eau intelligents qui donneraient des informations plus précises aux utilisateurs en cas de fuite, et réfléchit à de nouveaux types de capteurs capables de détecter le niveau de produits contaminants, provenant par exemple des médicaments.IBM estime que le marché des solutions pour améliorer la gestion de l’eau pourrait atteindre 20 milliards de dollars d’ici à 5 ans, un chiffre beaucoup plus optimiste que celui avancé par Lux Research. 

Source :
Green Univers

Des cellules solaires à l’intérieur de fibres optiques

Des chercheurs du Georgia Tech Institute of Technology ont développé un nouveau type de cellules photovoltaïques à l’intérieur même de fibres optiques à l’aide de nanostructures d’oxyde de zinc tri dimensionnelles, produites au sein des fibres et couvertes de matériaux à pigments photosensibles. L’approche pourrait permettre aux systèmes photovoltaïques de ne plus être cantonnés à des panneaux solaires sur le toit des maisons, en bref d’être « invisibles ».Avec cette technologie, les générateurs photovoltaïques sont pliables, camouflables et mobiles, d’après Zhong Lin Wang, professeur de Sciences des Matériaux au Georgia Techet directeur de la recherche. Les fibres optiques pourraient conduire la lumière du soleil dans les murs des bâtiments où les nanostructures la convertissent en électricité.Le principe adopté pour créer ces nanostructures à pigments photosensibles (ou cellules de graetzel, en anglais dye-sensitized solar cell), consiste en un système photochimique capable de générer de l’électricité. Elles sont moins chères à fabriquer que les cellules classiques à base de silicium monocristallin et même polycristallin, flexibles et robustes, mais leur efficacité de conversion de la lumière en énergie électrique est moindre. Cela n’inquiète pas l’équipe de chercheurs, qui avance que la surface active de conversion peut être très importante et donc que le système pourrait être tout à fait viable. Cette technologie permettrait aussi aux architectes et designers d’inclure les cellules dans les murs des bâtiments, véhicules et même équipements militaires.

Convertir la lumière en électricité

Les fibres optiques utilisées sont celles-là mêmes qu’utilise l’industrie des télécommunications pour le transport de données. Elles sont constituées d’un cœur où se propage la lumière par successions de « rebonds » sur les bords, entouré d’une gaine et d’une protection. Les chercheurs retirent la gaine et couvrent le cœur d’une couche conductrice d’oxyde de zinc à partir de laquelle ils font pousser des nanofils d’oxyde de zinc en brosse, un peu comme une brosse pour tuyaux. Les nanofils sont ensuite recouverts avec des pigments photosensibles pour convertir la lumière en électricité.La lumière qui entre dans les fibres optiques passe à travers les nanofils, où ils interagissent avec les pigments photosensibles pour produire le courant électrique. Un électrolyte liquide entre les nanofils collecte les charges électriques. Le résultat est un hybride nanofil/fibre optique qui est d’autant plus efficace que la fibre est longue : en effet, plus la fibre est longue, plus les chances que les photons entrent en contact avec les pigments photosensibles pour libérer un électron est importante.Le problème auquel l’équipe fait face est de faire entrer suffisamment de lumière à l’intérieur de la fibre, et l’équipe se penche sur l’utilisation de lentilles concentrant la lumière sur les extrémités des fibres. Wang et ses collègues ont pour le moment atteint une efficacité de 3.3 % avec leur prototype et espèrent atteindre les 7 ou 8 % en utilisant d’autres matériaux pour les fibres, comme le quartz, même si le but est de réduire les coûts et donc d’utiliser des fibres en polymères. Même si ces résultats sont inférieurs aux cellules solaires à base de silicium, ces cellules sont toujours bien moins chères à fabriquer et constituent une solution pour de multiples applications sur les véhicules ou les équipements militaires, complémentaires des applications actuelles des panneaux solaires.

Sources : 3-D system based on optical fiber could provide new options for photovoltaics, 2 novembre 2009- Wrapping Solar Cells around an Optical Fiber, 30 Octobre 2009- Publication dans Angewandte Chemie (en anglais) Optical Fiber/Nanowire Hybrid Structures for Efficient Three-Dimensional Dye-Sensitized Solar Cells, 22 Octobre 2009

Origine : BE Etats-Unis numéro 183 (6/11/2009) – Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61131.htm – Alban de Lassus est rédacteur du bulletin électronique de l’ambassade de France aux Etats-Unis.

Le cargo solaire prend la mer

L’Auriga, qui peut transporter 6.400 véhicules, fait deux fois par semaine le trajet entre le Japon et la Californie. Il est équipé de 328 panneaux photovoltaïques (PV) sur le pont supérieur, connectés au réseau électrique du bord de 440 V. Ces panneaux représentent un investissement de 1.7 millions de dollars pour les propriétaires du bateau, Nippon Yusen Kaisha et Nippon Oil.

Les panneaux sont réputés avoir une capacité de 40 kW dans des conditions optimales (typiquement, en plein midi ensoleillé). Ils couvrent environ 0.3 % des besoins énergétiques du cargo et 7 % des autres appareils électriques comme les pompes et l’éclairage. L’économie totale d’énergie est estimée à 13 tonnes de carburant sur une année, ce qui correspond à une réduction de 40 tonnes des émissions de CO2.

De façon surprenante, les panneaux ont généré 1.4 fois plus d’électricité en mer qu’à terre. On peut donc penser que la brise de mer fraîche améliore l’efficacité énergétique des panneaux photovoltaïques.

Trouver des solutions énergétiques alternatives

Alors que le coût du carburant et les émissions de CO2 du secteur des transports sont de plus en plus sous les feux des projecteurs, on note une soudaine activité pour trouver des solutions énergétiques alternatives dans la navigation. Ces solutions incluent le MSBeluga’s Sky Sail, un cargo à voile, le Solar Sailor, un bateau hybride alimenté au solaire et à l’éolien, ainsi que l’Auriga.

Mais aucune n’est bon marché, ce qui rend leur justification difficile alors que l’économie n’est pas assez solide pour supporter de tels investissements.

Christer Agren, du Air Pollution & Climate Secretariat en Suède, qui a une grande expérience dans l’industrie maritime, refuse de décourager les technologies renouvelables susceptibles de réduire la consommation de carburant des bateaux : « Les cellules solaires, la voile, tout est bon à prendre. Plus ces technologies deviendront populaires, plus elles seront utilisées ». Mais Agren ajoute que la mesure la plus rentable, la plus économique et la moins polluante que les cargos peuvent prendre, est tout simplement de ralentir.

Source : Green Futures

April Streeter est une journaliste freelance spécialisée dans l’environnement. Elle collabore notamment à Green Futures, un magazine indépendant publié par Forum for the Future.

Energie propre : la Commission européenne se contente de fixer une feuille de route

Le mois dernier, une fuite de l’Agence Reuters laissait penser que l’Union Européenne prévoyait d’investir 50 milliards d’euros dans les énergies vertes. Il y a trois semaines, le communiqué officiel de la Commission européenne a dévoilé une feuille de route pour l’investissement, sans toutefois accorder de budget. Pourtant, si l’UE veut être compétitive dans la course aux énergies vertes, elle doit mettre davantage l’accent sur l’investissement public.Le Plan stratégique européen pour les technologies de l’énergie (SET) de la Commission européenne, qui été dévoilé mercredi 14 octobre, fixe néanmoins une feuille de route proactive pour la décennie à venir, à destination de l’UE, des Etats membres et du secteur privé.

Un défi pour l’UE
Dans ce rapport, la Commission européenne reconnaît que l’UE doit relever un vrai défi : réinventer son système énergétique. Le rôle du secteur public est primordial, explique-t-elle, dans la mesure où le marché est incapable, par lui-même, d’assurer une transition rapide vers une économie propre :« Les marchés et les entreprises énergétiques ne sont pas, seules, à même de fournir à court-terme le progrès technologique indispensable à l’Europe pour tenir ses objectif en matière d’énergie et de changement climatique… La seule voie crédible pour tenir nos objectifs, établis pour le bien public, est la collaboration entre les politiques publiques et le secteur privé. »Alors que la feuille de route plaide pour un investissement total de 50 milliards d’euros dans les 10 prochaines années, elle appelle le secteur privé à supporter près de 70 % du financement de la recherche non nucléaire et attribue les 30 % restant au secteur public au plan à la fois national et communautaire. Selon la Commission européenne : « En règle générale, le soutien public est d’autant plus nécessaire que les incertitudes technologiques sont grandes. »

Une opportunité pour le secteur privé
On note que le rapport décrit cet investissement comme une « opportunité » pour le secteur privé et un « fardeau » pour le secteur public. Mais quel que soit son nom, la capacité de l’UE à répondre aux objectifs exposés dans ce plan, dépend de l’investissement public. Ainsi que la Commission européenne le reconnaît elle-même, le secteur privé ne peut porter sur ses épaules l’incertitude, les risques et les défaillances du marché inhérents au premier stade de la R&D.Si la Commission Européenne, et donc l’UE, a sérieusement l’intention de devenir un leader mondial des énergies vertes et peut se permettre d’investir 50 milliards d’euros, elle doit reconsidérer, sinon inverser complètement, le ratio de l’investissement. L’UE, en tant qu’organe de gouvernance, doit non seulement mettre en place des politiques publiques qui ont pour but de favoriser l’investissement privé, mais elle doit aussi financer le processus.Le Plan témoigne néanmoins d’une position proactive de l’UE pour la transition vers une économie propre en rendant les énergies vertes bon marché et abondantes et, peut-être, en devenant un acteur majeur du secteur. Alors que les Etats-Unis débattent actuellement de la version du Sénat du projet de loi sur le climat et l’énergie, la feuille de route de la Commission européenne, qui reconnaît l’ampleur du défi technologique auquel le monde est confronté et le niveau d’investissements nécessaire, devrait servir d’exemple. Mais la course aux énergies vertes n’en passera pas moins pour les deux parties par une part accrue de l’investissement public, si elles veulent avancer de front avec la Chine. 

Source :
The Breakthrough InstituteFraîchement diplômée en développement humain de l’université de Cornell aux Etats-Unis, Yael Borofsky est membre du Breakthrough Institute. En cette qualité, elle effectue des recherches et analyses sur la décarbonisation de l’énergie. Elle contribue régulièrement aux Breakthrough Blog, Breakthrough Generation, CleanTechnica et WattHead.

Et la lumière fût… superfluide !

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61176.htmUn nouveau « super » vient enrichir la liste des effets extraordinaires dans la physique : la lumière superfluide, capable de traverser des matériaux semi-opaques, des verres rayés ou des suspensions comme le brouillard, sans aucune dispersion.Une découverte extraordinaire issue d’une collaboration franco-italienne entre Iacopo Carusotto, du centre BEC de l’INFM (Institut National pour la Physique de la Matière – CNR) de Trente, le groupe théorique de Cristiano Ciuti à l’Université Paris VII et le groupe expérimental guidé par Alberto Bramati et Elizabeth Giacobino au sein du laboratoire Kastler Brossel de l’Université Paris VI.Dans son voyage à travers l’air et les matériaux les plus variés, la lumière commune est déviée et dispersée. Après un orage, par exemple, elle forme des arcs-en-ciel. Dans la brume, elle se reflète sur les gouttes d’eau en suspension créant un mur lumineux aveuglant. Dans les cristaux, elle est déviée par les imperfections internes qui la déforment et la dispersent. La lumière superfluide, au contraire, selon la prédiction faite par Carusotto et Ciuti dès 2004, serait en mesure de traverser tous ces matériaux sans la moindre difficulté : les photons qui la composent auraient des interactions tellement fortes que la lumière elle-même commencerait à se comporter comme un vrai fluide. Un état similaire à celui d’autres « super » comme l’hélium superfluide, qui de liquide normal -comme l’eau- se transforme en un superfluide capable de s’écouler sans aucun frottement.Pour tester cette hypothèse, les scientifiques se sont mis à la recherche d’une lumière capable de traverser un matériel opaque sans la moindre dispersion ou déviation. Pour la découvrir, ils ont utilisé une lumière et une cible à lui faire traverser. La lumière est un laser extrêmement stable, la cible est un minuscule semi-conducteur d’arséniure de gallium, capable de faire passer la lumière mais dont les imperfections la dégradent en général. Les paramètres de la lumière ont été modifiés selon les indications de la physique théorique, en modifiant la couleur et l’intensité, jusqu’à ce que la lumière apparaisse telle que prévue : le laser a traversé le semi-conducteur – qui, peu de temps auparavant, en dégradait le faisceau – sans la moindre interférence : un comportement qui n’avait jamais été observé. » Les comportements superfluides ont une extraordinaire importance théorique et pratique, selon Iacopo Carusotto, il suffit de penser aux aimants superconducteurs à la base de l’accélérateur LHC de Genève (CERN). De la même façon, pour la lumière superfluide, on peut déjà prévoir de brillantes applications : une lumière capable de traverser un matériel, sans être altérée, peut apporter d’énormes bénéfices dans le développement des fibres optiques (qui ont valu à leur inventeur, Charles Kao, le prix Nobel de Physique 2009). Elle pourrait permettre non seulement le transport d’information, comme c’est déjà le cas, mais aussi son élaboration : d’énormes quantités de données pourraient être traitées par voie optique par des puces opto-électroniques, à une vitesse impossible à atteindre pour l’électronique actuelle. De nouvelles puces hyper rapides, mais aussi capables d’économiser beaucoup d’énergie par rapport à aujourd’hui. Une petite économie mais énorme si l’on pense que chaque jour, ce sont des milliards de puces qui sont utilisées dans le monde, entre ordinateurs, téléphones, téléviseurs et automobiles. «   Contacts– Iacopo Carusotto (INFM-CNR) – Email : [email protected] – Tél : +39 0461 883925– Cristiano Ciuti (Paris VII) – Email : [email protected] – Tél : 01 57 27 62 37– Alberto Bramati (Laboratoire Kastler Brossel, Paris VI) – Tél : 01 44 27 43 93/ 47 47– Elizabeth Giacobino (Laboratoire Kastler Brossel, Paris VI) – Tél : 01 44 27 43 95Source : Communiqué de Presse de l’INFM (Institut National pour la Physique de la Matière), CNR.Rédacteur : Sonia GRIGT – [email protected]Origine : BE Italie numéro 76 (9/11/2009) – Ambassade de France en Italie / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61176.htm 

Le Cloud Computing ne représente que 10 % du marché de l’hébergement

Pour des raisons de flexibilité, de réactivité à l’évolution des besoins informatiques et de réduction des coûts d’exploitation, la virtualisation s’impose progressivement sur le marché de l’hébergement informatique (lire La virtualisation, déjà une réalité en matière d’hébergement). Mais qu’en est-il du  » Cloud Computing « , dernier concept à la mode qui consiste pour les entreprises, à externaliser leurs ressources informatiques (infrastructures, serveurs, réseau, stockage, etc.) ainsi que leurs diverses applications (logiciels de messagerie, de paie, etc.) et à y accéder en ligne et à la demande via le réseau ?Pour la société d’études Markess International, le recours à ce type de service dans le domaine de l’hébergement des infrastructures et des applications informatiques est encore marginal. En 2009, moins de 10 % des 150 entreprises qu’elle a interrogé (voir méthodologie de l’enquête) déclarent utiliser déjà ce type de prestation. Et ceci, quel que soit la forme que prenne ce service. A savoir :

  • un cloud privé interne à l’organisation ou partagé ou encore mutualisé en mode privatif avec d’autres entités de l’organisation (cas de groupes et de leurs filiales) ;
  • un cloud dédié / privé externe à l’organisation (hébergé chez un tiers et non dans les data centers de l’organisation) mais entièrement dédié à celle-ci et accessible via des réseaux sécurisés de type VPN ;
  • Un cloud public, externe à l’organisation, accessible via Internet et géré par un prestataire externe. Dans ce cas, les ressources peuvent être partagées entre plusieurs entités clientes.
 Ce qui ne signifie pas pour autant que les sociétés s’en désintéressent. Mais elles envisagent plutôt y recourir d’ici deux ans voire plus et privilégient, sécurité oblige, la forme du Cloud privé interne (53 % des réponses), puis celle du Cloud privé externe (44 %). La confidentialité des données est d’ailleurs l’enjeu majeur que devra résoudre le  » Cloud Computing  » pour se développer (31 % des réponses), devant la garantie de continuité du service et la qualité du service (28 % chacune).  En savoir plusCette enquête a été réalisée entre juin et septembre 2009 par Markess International. Celle-ci repose sur l’interview de 150 responsables et décisionnaires d’organisations publiques et privées basées en France répartis dans les secteurs suivants : 29 % IT/Télécoms, 19 % secteur public, 15 % banque/assurance, 13 % industrie, 6 % distribution, 18 % autres. 37 % représentaient des entreprises de plus de 2.000 salariés, 24 % des sociétés entre 250 et 1.999 salariés et 39 % des structures de moins de 250 employés. A cela s’ajoute l’interview de 23 prestataires actifs sur le marché des services d’hébergement et de cloud computing, dont 38 % d’hébergeurs, 22 % de SSII intégrateurs, 13 % de constructeurs, 9 % de fournisseurs de solution SaaS, 9 % d’opérateurs de télécoms et 9 % autres.Télécharger la synthèse de l’étude. A.L B

La fibre optique en entreprise oui… mais pas à n’importe quel prix

THD, FFTB, FTTO, FTTH… le marché de la fibre optique est en pleine ébullition et il est parfois difficile d’y voir clair sur les tarifs.Les débats sur le déploiement et l’accès aux réseaux de fibre optique sont nombreux et montrent l’intérêt que suscite cette technologie. La fibre optique ou la connexion à Très Haut Débit (THD) présente de multiples avantages : temps de réponse proches de zéro, bande passante quasi-illimitée, débit symétrique (upload et download sont donc possibles), poids écologique moins lourd… Il n’en reste pas moins que les tarifs des différentes offres commerciales suscitent des nombreuses questions.

Attention à la fiabilité et au débit
Il est tout d’abord nécessaire de distinguer les offres Grands Public (FTTH) et celles professionnelles. La différence essentielle est la fiabilité. Cela se traduit par les garanties de temps de rétablissement qui sont exigées par les entreprises, souvent de 4 heures. Cela implique une organisation et une technologie spécifique. Les offres pour les particuliers, comme pour l’ADSL, peuvent être indisponibles plusieurs jours, voire plusieurs semaines.Une autre différence entre ces offres est la garantie de débit. Le débit ou la bande passante proposée pour le grand public est en général de 100 Mégabits par seconde, donc une capacité extraordinaire. Cependant, ce débit n’est pas garanti, c’est-à-dire réservé. Cela implique que si tous les habitants d’un quartier ou immeuble se connectent en même temps, ils partagent la connexion et donc la bande passante…qui est donc divisée par autant d’utilisateurs. Pour les entreprises, c’est justement le critère de débit garanti qui fait la différence, même si certaines offres du marché ne sont pas toujours explicites sur cet engagement. Les entreprises ont donc avantage à payer un service exclusif répondant à leurs besoins et ne souffrant pas de variation de la disponibilité de leur bande passante (sauvegarde de données, partage de logiciels centralisés…).

Les critères de choix à retenir
Pour décrypter les divergences entre les offres destinées aux entreprises, les critères de sélection sont nombreux : délai de rétablissement garanti, gestion de la qualité de service (QoS), utilisation de la connexion pour la téléphonie et la gestion multi-site, matériel d’extrémité ou routeur, gestion du support, tarifs des options…Une connexion professionnelle sert souvent en premier lieu à accéder à Internet et aux outils de communication tels que le groupware (bureau collaboratif), le stockage des mails, l’hébergement Web ou FTP… De plus, elle peut permettre de téléphoner ou de connecter des sites distants pour une utilisation centralisée des ressources de l’entreprise. Or pour ces usages, la QoS est nécessaire. En effet, les flux entre les différents usages doivent être priorisés afin qu’ils ne se  » gênent  » pas entre eux. Dans le cas de la téléphonie, on perçoit bien les avantages d’un tel service. Il peut aussi être intéressant de prévoir un système de back-up automatique entre différentes connexions.On peut aussi noter que certaines offres de fibre optique ne sont pas utilisables dans le cadre de réseaux privés d’entreprise ou de Virtual Private Network (VPN). Le VPN est utile pour la mise en place de standard téléphonique centralisé, l’hébergement des applications métier, la sauvegarde centralisée… Or, la technologie des réseaux et des routeurs de certains opérateurs n’est pas adaptée à ce service. Les technologies de type  » box  » ne permettent pas ce type de service.Le dernier critère de choix est évidemment le prix de la solution. Attention, à la lecture du devis professionnel, le prix de nombreuses options sont à comparer : coûts cachés de raccordement (frais de génie civil, frais de desserte interne), volume de stockage de données, communications téléphoniques vers les fixes, les portables et l’étranger, postes de téléphone (et leur maintenance), standard téléphonique, noms de domaines… et même support technique. En conclusion, avant de sélectionner une offre de fibre optique, il est nécessaire de réfléchir aux utilisations de cette connexion, les contraintes de disponibilité et de sécurité du réseau de l’entreprise et de bien calculer la facture globale.Par Nicolas Aube, président de Celeste  Fibre optique : l’Europe valide le choix de l’ArcepAprès l’avis rendu fin septembre par l’Autorité de la concurrence, c’est au tour de la Commission européenne de valider, en ce début du mois de novembre, l’option architecture multifibres défendue par l’Arcep pour le déploiement de la fibre optique dans les zones denses en France (lire Fibre optique : l’Arcep plaide pour un déploiement multifibre).  

Le Congrès américain s’intéresse aux déchets électroniques

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61137.htmDerrière les fastes des arrivées de nouveaux ordinateurs, smartphones, télévisions HD ou lecteurs de musique se cache le peu reluisant destin des gadgets électroniques de la génération précédente et la triste réalité qui conduit ces derniers à terminer leur parcours dans une déchetterie de produits toxiques à des milliers de kilomètres de leurs derniers propriétaires.Afin de remédier à cette indifférence vis-à-vis des options de recyclage et des impacts environnementaux des e-déchets un projet de loi est né au Sénat pour aider les Etats-Unis à développer de nouvelles méthodes de gestion du flot croissant de déchets électroniques. De la recherche sur les méthodes de traitement des déchets à la prise en compte des problématiques de recyclage lors de la conception des produits, le projet de loi s’intéresse aux solutions qui permettraient aux Etats-Unis de suivre le rythme des mesures appliquées dans les autres pays industrialisés.
Un constat inquiétant
Les déchets électroniques sont une source d’inquiétude depuis bientôt deux décennies en termes de santé publique et de protection de l’environnement et la toxicité des matériaux utilisés en électronique est particulièrement en cause, qu’il s’agisse de produits retardateurs de flamme ou du bon vieux plomb. Malgré une bonne place parmi les plus gros producteurs de déchets électroniques, les Etats-Unis sont loin de montrer l’exemple et ne disposent d’aucune politique fédérale imposant le recyclage des e-déchets ou l’élimination des substances dangereuses des appareils électroniques. Le gouvernement fédéral a jusqu’à présent largement délégué les décisions aux Etats et seuls 19 d’entre eux ont légiféré sur le sujet.  » Lorsque différents Etats mènent des politiques différentes, il est très difficile de rassembler les fabricants autour d’une ligne de conduite concernant la réflexion autour des cycles de vie de leurs produits,  » averti Oladele Ogunseitan, chercheur au département de prévention des maladies et santé publique de l’Université de Californie à Irvine dans une étude [1] publiée le 30 octobre dernier.L’équipe du professeur Ogunseitan s’inquiète par ailleurs d’une possible détérioration de la situation sans une politique nationale cohérente. Les centaines de milliers de tonnes d’e-déchets des Etats-Unis sont actuellement destinées à atterrir en Afrique, Chine ou Inde où des marchés s’organisent pour récupérer et revendre le cuivre et le fer. Le recyclage n’y est cependant pas organisé et expose les populations locales à une multitude de produits chimiques toxiques.

Le retard des Etats-Unis
En Europe, un ensemble de lois régissent l’utilisation et le traitement des matériaux toxiques contenus dans les produits électroniques. Une directive de l’Union européenne sur la restriction de l’usage des substances dangereuses impose des seuils maximaux de quantités de mercure, plomb, cadmium, chrome hexavalent, polybromobiphényle ou polybromodiphényléther dans les nouveaux appareils électroniques. Le programme REACH (Registration, Evaluation, Authorization and Restriction of Chemicals) impose aux fabricants des responsabilités de gestion des risques quant aux produits chimiques utilisés dans leurs produits et la directive WEEE (Waste Electrical and Electronic Equipement) organise la gestion des e-déchets. La Chine de son côté a également préparé un certain nombre de régulations sur le sujet qui devraient entrer en application en 2011.Les Etats-Unis sont quant à eux le dernier pays de l’OCDE à n’avoir pas ratifié la Convention de Bâle régulant les mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et leur élimination.

Le projet de loi
Le texte S. 1397 étudié au Sénat a été baptisé : « Electronic Device Recycling Research and Developpement Act« . Introduit par les sénatrices Amy Klobuchar (D-Minnesota) et Kristen Gillibrand (D-New York) le projet de loi souligne les nombreux problèmes actuels concernant les e-déchets et, notamment, la production d’appareils électroniques qui n’est pas près de ralentir couplée à l’absence d’effort concerté de gestion de ces éléments une fois leur utilisation terminée. Le texte constate par ailleurs que la population est apathique sur le sujet et qu’elle n’exploite pas au mieux les solutions existantes de recyclage.Les objectifs de recherche du projet de loi se répartissent en trois catégories : trouver la meilleure façon de traiter les e-déchets déjà présents, mettre en évidence et développer des alternatives respectant l’environnement pour remplacer les matériaux dangereux et potentiellement dangereux et reconsidérer la conception et l’assemblage des produits pour faciliter la remise à neuf, la réutilisation et le recyclage des appareils électroniques. Le texte mentionne que la recherche permettrait de « contribuer au développement professionnel » de nombreux scientifiques et ingénieurs dans les matières concernées et suggère la mise place de financements pour développer des filières d’études d’ingénieurs spécialisés sur la question des e-déchets. Les rédacteurs du projet de loi appellent également le National Institute of Standards and Technology (NIST) à créer une base de données des matériaux verts pouvant se substituer aux matériaux toxiques et demandent aux National Academies of Sciences de publier un rapport sur l’état du recyclage des produits électroniques, les opportunités de régulation et les barrières légales entravant l’adoption ou l’implémentation de bonnes pratiques ou innovations technologiques.Le texte représente un grand pas en avant en amenant le problème des e-déchets à la lumière au Congrès et propose des solutions concrètes pour avancer. La version actuelle du projet de loi ne prévoit cependant pas de financements directs de la recherche sur les e-déchets et ne met en place aucune législation requérant l’action des consommateurs ou des compagnies.  En savoir plus : – [1] Le rapport The Electronics Revolution: From E-Wonderland to E-Wasteland Suivi de l’évolution du projet de loiSourcesScientists urge action on e-waste, 29 Octobre 2009U.S. Senate Considering Bill to Slow the Impacts of e-Waste, 3 novembre 2009 Legislation seeks to deal with growing piles of e-waste, 1er novembre 2009 Rédacteur : Franz Delpont [email protected]Origine : BE Etats-Unis numéro 183 (6/11/2009) – Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61137.htm 

Internet du futur : ce que l’Europe est prête à financer

Le 28 octobre dernier, la Commission européenne a dévoilé sa stratégie pour favoriser le développement d’infrastructures intelligentes alimentées par Internet. Objectif : encourager le déploiement d’un Réseau capable de relier des objets physiques (compteurs électriques, réseau de capteurs, voitures, matériel médical, etc.) à des infrastructures comme le système de santé, la distribution d’énergie ou la gestion du trafic, et de les faire communiquer entre eux afin d’optimiser la distribution d’énergie, de mieux réguler le trafic routier, ou encore de pouvoir gérer à distance des traitements médicaux de pointe. Ce qui suppose :

  • des objets communicants intégrés à Internet ;
  • des objets capables de diffuser mais aussi de recevoir de l’information de divers utilisateurs (système de santé, communauté scientifique, consommateur final, etc.) qui ne sont pas ceux qui les ont créés ou installés ;
  • des systèmes capables de lire, interpréter et restituer les informations livrés par les objets ;
  • des systèmes capables d’agir pour optimiser, par exemple, la distribution d’électricité ou envoyer des secours ;
  • la transmission sécurisée des données personnelles qui circuleront sur le réseau.
Deux mesures phares
Pour ce faire, la Commission européenne a arrêté deux mesures phares :
  • le lancement d’un partenariat entre les pouvoirs publics de chaque Etats membres et les principaux acteurs des TIC. Baptisé PPP pour Public Private Partnership, celui-ci a pour objectif de favoriser le développement de plates-formes de services Web multi-sectorielles, ouvertes et standardisées sur des segments tels que le contrôle des dépenses énergétiques, la santé, la mobilité et l’environnement. Dans cette optique il s’agit de mobiliser les industriels autour de la partie technologique et les autorités publiques nationale, locale ou régionale pour définir les besoins, mais aussi créer les conditions optimales tant d’un point de vue infrastructures que légale pour accompagner le développement de ces innovations.
  • l’allocation de 300 millions d’euros entre 2011 et 2013 dans le cadre du 7ème programme de recherche financé par l’Union européenne, les entreprises devant fournir un montant équivalent. Objectif : soutenir des travaux de recherche visant à développer des infrastructures intelligentes ainsi que les technologies afférentes (capteurs, RFID, système de radionavigation par satellite, etc.) et dont les premiers résultats devraient tomber avant 2015. Dans ce cadre, un premier appel à projets sera lancé en 2010.
 

Une nouvelle stratégie pour l’Internet du futur
Mais ses ambitions ne s’arrêtent pas là. Au delà, la Commission européenne a également repositionné sa stratégie globale de soutien à l’Internet du futur. Objectif : faire de cette thématique une priorité stratégique, c’est-à-dire tout à la fois un levier pour répondre à de nouveaux besoins (économie d’énergie, population urbaine croissante, vieillissement de la population), une opportunité pour affirmer et développer le savoir-faire européen en matière de technologies et d’applications concernant l’Internet du futur, et un moyen d’aider l’économie européenne à sortir de la crise. Ce qui suppose une démarche différente de celle adoptée jusqu’à présent.  » Cela nécessite une approche cohérente pour fédérer et piloter les multiples efforts déjà engagés au niveau européen et par les différents Etats membres,  » souligne la Commission dans son rapport de présentation. Une volonté qui se matérialise par cinq principales actions :
  • maintenir les efforts en matière de Recherche et Développement dans le domaine des TIC dans le cadre du 7ème programme de recherche financé par l’Union européenne : soit un budget de 200 millions d’euros par an entre 2011 et 2013 qui servira à financer des travaux de recherche à moyen ou long terme sur l’Internet du futur ;
  • adopter une politique de recherche et de régulation d’ensemble afin de lever les principaux freins technologiques ;
  • faire de la Future Internet Assembly (FIA) l’instrument clé autour duquel consolider la communauté de Recherche et Développement, mais aussi un moyen de diffusion des résultats et d’exploration de nouveaux déploiements ;
  • faire des Future Internet Forum (FIF) des plates-formes d’information au sujet programmes nationaux sur l’Internet du futur et un moyen pour éviter la fragmentation des efforts de recherche et coordonner les initiatives ;
  • encourager la coopération internationale sur des projets de recherche clairement identifiés comme prioritaires pour l’Europe et favorisant l’élaboration de standards globaux ainsi que l’interopérabilité.
Un programme ambitieux qui n’aura pas trop des quatre années de financement prévue par la Commission européenne pour être mis en oeuvre. Bien consciente de cette limite, la Commission étudie d’ailleurs la possibilité de transformer ce PPP en Initiative Technologique Conjointe (JTI – Joint Technology Initiative) dès que le cadre légal et les structures d’administration de ces grands programmes de recherche auront été amendés. Dès lors, l’Internet du futur pourrait venir s’ajouter à la liste actuelle des cinq programmes existants dans le cadre de JTI (Artemis pour les systèmes informatiques embarqués, IMI pour les médicaments innovants, Clean Sky pour l’aéronautique et le transport aérien, ENIAC pour les Technologies nanoélectroniques et Fuel Cell pour l’Hydrogène et les piles à combustible). L’UE et l’Internet du futurLa Commission européenne finance déjà des travaux de recherche visant à rendre l’Internet plus intelligent. 400 millions d’euros ont ainsi été investis dans plus de 90 projets européens impliquant plus de 500 entités. Parmi ceux-ci, figure le programme Future Internet Research ans Experimentation (FIRE). Lancé en septembre 2008, il fédère 14 projets sur des sujets aussi variés que les architectures, le protocole réseau, la validation dans des environnements de test à grande échelle ou encore l’interconnexion. Autre exemple : le réseau très haut débit à usage scientifique GEANT (Gigabit Europeen Academic Network) qui après l’interconnexion de tous les réseaux européens s’ouvre aux autres réseaux dans le monde.Tous ces projets ont d’ailleurs contribué à la création de l’Assemblée sur l’Internet du Futur (FIA) Liens utilesLa communication de la Commission européenne sur l’Internet du FuturL’appel de l’industrie pour créer un PPP sur l’Internet du futur A.L B 

AXYS révolutionne l’évaluation de la ressource éolienne en mer

Les compagnies canadiennes Axys Technologies basée à Sidney en Colombie Britannique, spécialisée dans la surveillance marine à distance, et la compagnie Catch The Wind Ltd. ont mis au point un système conjoint de recherche et de mesure de ressources éoliennes en mer, WindSentinel, permettant de situer plus rapidement et à moindre coût les lieux d’implantations possibles d’éoliennes. Au cœur de la WindSentinel se trouve le laser Vindicator de Catch the Wind Ltd., capable de mesurer en temps réel les vitesses horizontale et verticale des vents à partir de plates-formes en mer en mouvement. L’ensemble a été installé le 26/10/2009 pour un essai sur site au large de Race Rocks Island, en Colombie-Britannique. En cas de succès, cette bouée et son capteur laser pourraient constituer un système d’évaluation du vent tout à fait révolutionnaire permettant d’économiser plusieurs millions de dollars au moment de la prospection des sites éoliens offshore potentiels.En effet, à l’heure actuelle, l’évaluation des sites classiques pour des exploitations éoliennes de grande envergure s’opère en construisant une tour permanente en mer, tour dont le coût peut facilement grimper jusqu’à 10 millions de dollars. S’il tient ses promesses lors des essais, WindSentinel pourrait permettre d’ouvrir la prospection éolienne offshore à tous ceux qui n’ont pas une pareille somme à investir avant même de savoir s’il s’avèrera rentable d’implanter des éoliennes ici ou là ! Les petits territoires insulaires, les municipalités côtières, certaines bases militaires et, d’une façon générale, toutes les structures plus modestes que les méga-parcs éoliens en mer commandités par des États et des consortiums d’industriels pourraient être les premiers bénéficiaires de la technologie WindSentinel.Comment ça marche ? Grâce à ces trois faisceaux laser fixes, ce capteur peut prendre des mesures soit sur un seul point bien déterminé soit sur plusieurs points à la fois jusqu’à une distance maximale de 300 mètres et ceci en mouvement et aussi bien à la verticale qu’à l’horizontale. De quoi faire tourner la tête de n’importe qui ! Les données recueillies sont alors immédiatement transmises et traitées via une sélection d’options télémétriques par l’AXYS Controller Watchman 500.Tous ces composants sont embarqués dans la bouée AXYS Nomad, une plate-forme aux propriétés déjà bien éprouvées lors d’exploitations dans des environnements maritimes extrêmes. L’avantage de ce système, contrairement aux tours de collectes de données fixées en mer est, bien entendu, la mobilité : pouvoir recueillir des données sur la ressource éolienne en plusieurs points d’un territoire maritime sans qu’il soit besoin à chaque déplacement de demander une autorisation administrative d’implantation pour le faire s’avère évidemment très appréciable en terme de gain de temps. C’est l’ensemble de la procédure d’évaluation qui s’en trouve ainsi considérablement simplifiée. Axys Technologies fait remarquer que, pour le coût d’une seule tour fixe traditionnelle, il est possible de déployer une véritable armée de WindSentinel en plusieurs points d’un futur parc éolien à installer. La réactivité du système le rend imparable ! 
Source :
Les énergies de la mer Par Francis Rousseau, rédacteur en chef de plusieurs blogs portant sur l’environnement et les énergies renouvelables, dont un spécialisé dans les énergies marines : Les énergies de la mer. Ces blogs sont réalisés pour 3B Conseils, cabinet conseil en communication scientifique et technique et bureau d’études, organisateur des Entretiens Science et Ethique.

250 millions de compteurs communicants en 2015

Alors que l’industrie du smartgrid est en ébullition avec la naissance d’un lobby d’un côté et une pluie de subventions américaines et européennes de l’autre, une nouvelle étude de l’institut américain PikeResearch estime le chiffre d’affaires mondial pour les seuls compteurs communicants à 3,8 milliards de dollars en 2015. C’est quatre fois plus en qu’en 2008.Les  » smart meters  » ou compteurs communicants vont progressivement remplacer les compteurs électriques traditionnels et former un large réseau intelligent, dit smartgrid. Ils permettront de mieux suivre et contrôler l’utilisation de l’énergie dans les bâtiments.

L’Europe et l’Amérique du Nord en pointe

PikeResearch prévoit que la part de marché des compteurs communicants passera de 3,5 % actuellement à 18 % dans six ans. Autrement dit, 200 millions de ces compteurs vont être installés d’ici à 2015, s’ajoutant aux 46 millions actuels.La croissance sera tirée par les Etats-Unis et l’Europe. Le marché asiatique ne deviendra significatif qu’à l’horizon 2015. PikeResearch pronostique un pic d’installation à 15 millions en 2012 en Amérique du Nord. Pour l’Europe, le pic devrait arriver plus tardivement vers 2014-2015. Une autre étude de Capgemini prévoit que 25 à 40% des foyers européens seront équipés de compteurs intelligents d’ici 2012.

Des zones d’ombre

Mais la généralisation à marche forcée de ces systèmes laisse entrevoir de nombreux risques inhérents aux industries de réseau, selon le cabinet. L’enjeu des standards va ainsi devenir prépondérant, puisque les compteurs doivent communiquer avec l’extérieur (réseau de voisinage, réseau des réseaux …) et l’intérieur (appareils électriques de la maison…).Avec la multiplication des technologies et des produits, la mise en place de normes d’interopérabilité représente autant d’opportunités que de menaces. D’où une course de vitesse entre les acteurs, qui veulent tous imposer leur système, à l’image de Microsoft ou Cisco.La sécurité des communications va aussi devenir un enjeu majeur, ajoutant une pression supplémentaire pour l’adoption rapide d’un environnement réglementaire adapté.

De nouveaux entrants comme Google

L’industrie des compteurs électriques est en train de vivre sa plus grande transformation depuis son invention il y a plus d’un siècle. Industriels et distributeurs d’électricité seront forcés de s’adapter ou disparaîtront, selon PikeResearch. Et de nouveaux entrants vont apparaître.Illustration de cette analyse avec Google, qui vient de faire son entrée sur le marché du smartgrid. Début octobre, le géant américain a dévoilé son logiciel Google PowerMeter qui permet de suivre les consommations d’énergie de sa maison sur Internet et Internet mobile. En prenant la mesure de son utilisation de l’énergie, un consommateur pourrait réduire sa facture de 10 à 20 %.Ce service de Google n’est disponible qu’au travers d’un compteur communicant d’un opérateur. Aux Etats-Unis, des partenariats ont été signés avec différents distributeurs d’électricité, et également au Canada avec Toronto Hydro Electric System et en Inde avec Reliance Energy.En France, selon la lettre spécialisée Domotique News, Google aurait approché ERDF et son compteur communicant Linky, celui là même qui doit remplacer les 35 millions de compteurs traditionnels français.En Europe, Google PowerMeter est déjà compatible avec les compteurs des distributeurs d’énergie anglais first:utility et Glasgow EPB etallemand Yello Storm. Et en Italie, Enel travaille sur un projet pilote depuis septembre. A suivre donc.

Source :

Green Univers

REACH : l’actualité du 20 août au 31 octobre 2009

Chaque mois, le CNRI fait une sélection des évènements qui ont marqué l’actualité de REACH et impactent l’usage des produits chimiques. Sur ces deux derniers mois, du 20 août au 31 octobre 2009, huit faits marquants sont à retenir et à examiner avec attention.1.928 SIEF (FEIS / Forum d’échange d’informations sur les substances)Le 28/10/2009, l’ECHA (Agence européenne sur les produits chimiques) comptabilisait 1.928 SIEF formés. Chaque SIEF couvre une substance.

Vous pouvez retrouver la liste des substances sur le site de l’ECHA.
 Des guides pour l’application du règlement CLP (Classification, Emballage et Etiquetage)L’ECHA a publié, le 28/08/2009, sur son site internet, des guides pour aider les entreprises et les autorités dans l’application du règlement CLP.
Ces guides peuvent être retrouvés sur la page suivante.
 Consultation publique sur l’harmonisation de trois substances chimiquesL’ECHA a lancé, le 2 septembre dernier, une consultation publique sur l’harmonisation de la classification et de l’étiquetage de trois substances chimiques. Cette consultation fait suite à une demande des autorités Irlandaise, française et allemande. Cette consultation, qui s’est achevée le 17/10/2009, concernait les produits suivants :
  • Tris[2-chloro-1-(chloromethyl)ethyl] phosphate (TDCP) (Irlande),
  • Tetrahydrofuran (France)
  • Abamectin (Combination of Avermectin B1a and Avermectin B1b) (Hollande).
Pour plus d’information sur cette consultation, consultez la page suivante
 Des guides sur REACH traduits en 22 languesL’ECHA a publié, en septembre dernier, des guides dans 22 langues. Ces traductions doivent ensuite être validées par les Etats membres qui utilisent telle ou telle langue. Les guides concernés sont :– le guide des exigences d’information et d’évaluation de la sécurité chimique : description des exigences découlant de REACH concernant les propriétés des substances, l’exposition, l’utilisation et les mesures de gestion des risques ainsi que l’évaluation de la sécurité chimique. Le guide couvre :
  • la collecte des informations disponibles sur les propriétés intrinsèques des substances à enregistrer ;
  • l’évaluation de ces informations par rapport aux exigences découlant de REACH ;
  • l’identification des lacunes des données ;
  • la production d’informations supplémentaires pour combler les lacunes des données.
– le guide technique sur l’enregistrement : quand et comment procéder à l’enregistrement (obligations, dossier technique …)– le guide sur les articles : pour assister les producteurs et les importateurs d’articles à identifier s’ils ont des obligations envers REACH. Attention, date limite de transmission des usages d’une substance d’un utilisateur en aval à son fournisseur !Le 30/11/2009 est la date limite de transmission d’information sur les usages d’une substance pour les utilisateurs aval dans le cas où cette dernière doit être enregistrée par leur fournisseur avant le 01/12/2010 (art.37.3 du titre V). Si l’utilisation de la substance n’est pas répertoriée dans le dossier d’enregistrement, l’utilisateur risque de devoir faire lui-même un dossier d’évaluation de la sécurité après l’enregistrement.Cette limite passe au 31/05/2012 pour un enregistrement avant le 31/05/2013 ; et au 31/05/2017 pour un enregistrement avant le 31/05/2018.
Pour plus d’information sur les dates limite de transmission de ces informations, consultez cette page
 Date limite de pré-enregistrement fixée au 30/11/2009 pour certaines substances chimiques et entreprisesCette échéance s’applique aux entreprises pour les 6 premiers mois de production, d’importation et d’utilisation de substances phase-in, substances qui doivent être enregistrées pour le 30 novembre 2010.
Pour plus d’information sur ce pré-enregistrement, consultez cette page
 Atelier sur l’identité des substancesLe 1er décembre 2009, à Helsinki, l’ECHA organise le 1er atelier sur l’identité des substances. Cette manifestation est destinée aux personnes en charge de REACH et ayant des questions sur l’identité de leurs substances. Attention, le nombre de places est limité à 100.
Pour plus d’information sur cette manifestation, consultez cette page
 Un nouveau réseau …Chaque pays de l’Union Européenne a mis en place un helpdesk national pour REACH et le CLP. Ce helpdesk fournit des informations sur REACH et le CLP et est le 1er point de contact.De son côté, l’ECHA a crée un réseau des helpdesks REACH (REACH help Net) et CLP (CLP Help Net). Un des objectifs de ces réseaux est de pouvoir harmoniser les conseils donnés par les helpdesks REACH et CLP.
Pour plus d’information sur ces helpdesk, consultez la page suivante
 Invitation de l’ECHA le 7 décembre 2009L’ECHA organise le 7 décembre 2009, à Helsinki, la 3è journée pour les parties prenantes. Plus de 500 participants sont attendus. Cette journée pourra également être suivie sur Internet en direct et même après la manifestation. Trois sessions sont programmées :
  • classification et étiquetage ;
  • application de REACH ;
  • dossier d’enregistrement et conformité.
 Par Céline Nectoux, ingénieur Environnement CNRI Les précédents articles sur l’actualité de REACH 
  • Actualités du 15 juillet au 20 août 2009
  • Actualité du 15 juin au 15 juillet 2009

Ouverture à Craiova du premier laboratoire pour la mesure des radiations émises par les téléphones portables

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60986.htmLe premier laboratoire de Roumanie de mesure des radiations produites par les téléphones portables a été ouvert à Craiova. Dans l’Institut National de Recherche, Développement et Essais pour l’Electrotechnique (ICMET), toute personne peut se renseigner auprès de ce laboratoire pour savoir si l’utilisation quotidienne de ces appareils est nuisible, et quels pourraient être les effets de leur utilisation à long terme.Ce laboratoire a été conçu entre 2007 et 2009 comme une partie du projet SAREMF, financé par l’Autorité Nationale pour la Recherche Scientifique (ANCS).  » C’est un laboratoire indépendant qui appartient à un organisme de l’état et qui n’a pas d’accords avec les distributeurs ou les producteurs des téléphones portables « , a déclaré l’ingénieur Andrei Marinescu. 
Appareil de mesure des radiations SAR
Les spécialistes de Craiova vont collaborer avec l’Autorité Nationale pour l’Administration et la Réglementation dans les Communications (ANCOM). Et lorsqu’il y aura des doutes concernant le niveau du taux spécifique d’absorption des radiations électromagnétiques (SAR) de certains appareils, ceux-ci seront essayés dans le laboratoire. Plus précisément les études suivantes seront réalisées :
  • l’évaluation et la validation de la conformité aux normes européennes et internationales en vigueur des produits vendus ;
  • la réalisation d’études et d’essais comparatifs de niveau international (y compris la participation aux schémas d’intercomparaison) ;
  • la création des conditions de participation de la communauté scientifique roumaine au développement des systèmes de communications modernes à taux de pollution électromagnétique réduit dans le cadre de projets européens.
Il y aura enfin en Roumanie la possibilité de mesurer la valeur SAR indépendamment des données des constructeurs. Si dans un pays de l’Union européenne des analyses montrent qu’un type de téléphone portable n’est pas conforme aux normes européennes, les résultats seront communiqués aux autres pays où les essais seront refaits. Si les résultats sont les mêmes, des mesures seront prises pour retirer du marché ces portables. Pour en savoir plus : Institut National de Recherche, Développement et Essais pour l’Electrotechnique (ICMET)Source : http://www.HotNews.roRédacteurs : Mlle Adriana STOENESCU – Assistante et Traductrice, Coopération Scientifique, [email protected]M. Antoine CHOUINARD – Chargé de mission, Coopération scientifique, [email protected]M. Michel FARINE – Attaché de Coopération Scientifique et Universitaire, [email protected]Origine : BE Roumanie numéro 6 (29/10/2009) – Ambassade de France en Roumanie / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60986.htmImage : bulletins-electroniques.com/actualites/60986. Crédit : Andrei Marinescu

Pollutec : quels seront les temps forts de l’édition 2009 ?

Dans un peu moins d’un mois désormais, le salon Pollutec Horizons ouvrira ses portes à Paris. L’occasion pour les organisateurs de dessiner, avec plus de précision, les contours et les grandes tendances de cette édition.A commencer par les chiffres. Malgré la conjoncture difficile, marquée par une forte contraction industrielle depuis septembre 2008, le salon affiche des chiffres similaires à ceux de l’édition 2007 (l’édition 2008 s’étant déroulée à Lyon). Au total, il s’étendra sur 43.860 m² et accueillera 1.347 exposants, dont, chose nouvelle, une part croissante d’étrangers (30 % au total soit 5 points de plus qu’en 2007).  » Notre objectif est de proposer aux visiteurs une offre diversifiée, tant au niveau des technologies que des origines des exposants, commente Sylvie Fourn, commissaire générale de Pollutec Horizons. Car aujourd’hui, l’apport international est indispensable, en particulier sur les problématiques énergétiques.  » A signaler également, la forte présence des régions françaises (+ 2 % par rapport à 2007) dont l’Ile de France, la Haute Normandie, la Réunion et la Champagne-Ardenne, qui aujourd’hui jouent un rôle crucial en matière de soutien aux éco-acteurs.Côté tendances sectorielles, tout comme l’édition 2008, le traitement des pollutions représente un axe majeur de Pollutec Horizons 2009. Avec des angles innovants toutefois. Le traitement de l’air se focalise sur la problématique de la qualité de l’air intérieur et fait la part belle à la photocatalyse. Le traitement de l’eau, lui, met en avant les technologies biologiques. Dans ce cadre, il y aura d’ailleurs un village dédié aux biotechnologies auquel s’ajoutera un parcours identifiant très clairement tous les exposants utilisant des biotechnologies. De la même manière, le salon fera un éclairage spécifique sur les membranes et les fluides supercritiques qui permettent de traiter les pollutions sans utiliser de solvants nocifs ou de produits chimiques. Côté sites et sols pollués, ce sont les problématiques de reconquête des friches urbaines et de bioremédiation qui constituent cette année le fil rouge de ce segment. Quant aux déchets, il sera fortement question de leur valorisation énergétique aussi bien par la biomasse que par le biogaz. Autre secteur en très forte croissance cette année (+ 22 % d’exposants par rapport à 2007), le segment de l’énergie. Une thématique très vaste puisqu’elle recouvre quatre problématiques : l’efficacité énergétique, le contrôle des émissions de gaz à effet de serre, les énergies renouvelables et la mobilité durable. Ce dernier thème, inscrit dans le plan climat, bénéficiera d’un village dédié. Organisé par le pôle francilien Advancity, son objectif est de mettre en avant les solutions existantes permettant d’optimiser le transport des hommes et des marchandises tout en étant plus économes, moins polluantes et plus responsables. Une problématique qui va des solutions de maintenance des rails utilisés par les transports collectifs, en passant par les nouvelles formes de transport, jusqu’aux solutions de logistique urbaine (transport des hommes et des marchandises) et d’outils d’aide à la mobilité (GPS, flux d’information, etc.) Pour en savoir plusPollutec Horizons se déroulera du 1 au 4 décembre 2009 sur le site de Paris-Nord Villepinte. Pour plus d’informations, consultez le site pollutec.comA cette occasion, un numéro spécial d’Instantanés Techniques, édité par les Editions Techniques de l’Ingénieur, sera publié fin novembre 2009 et sera consacré aux techniques de dépollution.Enfin, sur la problématique de la Chimie verte, les Editions Techniques de l’Ingénieur propose en novembre 2009 un cycle complet sur la chimie industrielle et durable (voir les conférences). Parmi les thématiques abordées :– Etablir le bilan développement durable de ses produits – procédés– Bâtir une stratégie de développement durable– Bio plastiques– Les COV– Gaz à effet de serre A.L B

Le SaaS s’invite aussi sur le terrain de la téléphonie

Véritable révolution technologique, le SaaS continue sa croissance dans de nouveaux domaines et se positionne désormais comme un nouvel axe de développement pour les professionnels de la téléphonie. Oui mais voilà, en quoi le SaaS et la téléphonie peuvent-ils se rejoindre ?Premier élément de réponse. Il convient tout d’abord de ne pas oublier que la téléphonie est désormais un pan à part entière du système d’information et se positionne comme une composante informatique majeure, notamment avec les technologies de téléphonie sur IP. Nous sommes bien loin des schémas de télécommunications historiques. De plus, en cohérence avec l’évolution des autres applicatifs, la téléphonie est aujourd’hui intégrée à d’autres technologies. Les exemples ne manquent pas : CRM, outils de gestion… En ce sens, la téléphonie est considérée comme un applicatif et peut être intégrée dans une approche SaaS.Des éléments organisationnels viennent également expliquer l’essor de la téléphonie en mode SaaS. N’oublions pas que la téléphonie est un poste stratégique dans le développement de l’entreprise et souvent le premier achat réalisé. Il faut pouvoir communiquer rapidement avec ses clients et partenaires. Imaginons un responsable commercial sans téléphonie… impensable. De plus, l’accès à la téléphonie doit être immédiat pour tous les collaborateurs. Ce constat est encore plus évident pour les entreprises justifiant d’un positionnement multisites ou travaillant avec un groupe de collaborateurs temporaires pour répondre à leur pic d’activité…Dans ces différents cas, le pilotage sur-mesure des coûts des accès de télécommunication est un élément stratégique. Il est fondamental de pouvoir ajouter et supprimer des lignes en temps réel et en fonction des besoins. Or aujourd’hui, au même titre que d’autres applicatifs, il est possible de mettre en place de la téléphonie en mode SaaS depuis une simple interface Web. Il s’agit bien entendu d’associer performances et flexibilité. L’idée est de consommer la téléphonie selon ses besoins, de ne pas avoir à attendre pour déployer de nouveaux postes et de piloter ses coûts télécoms au plus près. Plus qu’un simple concept ou une tendance à moyen terme, ce constat est d’ores et déjà opérationnel. Différents déploiements ont déjà été réalisés sur le terrain (centres d’appels et PME).Cette approche en mode SaaS de la téléphonie devrait donc continuer à se positionner comme un nouveau standard sur le marché. En cette période où les entreprises recherchent des solutions rationnelles, économiques et professionnelles, la téléphonie en mode SaaS apparaît comme une approche pertinente. Son approche sur-mesure explique son succès dans les grandes entreprises mais également au sein des PME qui peuvent ajuster en temps réel leurs infrastructures en fonction de leurs besoins.Par Marc Benoist, président de VOIP Télécom

Green IT : la norme Energy Star plus sévère avec les écrans

La norme Energy Star qui s’applique aux ordinateurs, photocopieurs, imprimantes et serveurs (lire Green IT : la norme Energy star de plus en plus exigeante) augmente de nouveau ses exigences. De nouveaux critères, beaucoup plus ambitieux que les précédents, ont été adoptés par la Commission européenne et l’Agence de protection de l’environnement américaine (US Environnemental Protection Agency, EPA) jeudi 29 octobre 2009. Cette fois-ci, ces nouvelles spécifications techniques concernent la consommation d’énergie des dispositifs d’affichage et notamment, des moniteurs. Effectifs dès aujourd’hui, ces nouveaux critères qui sont définis par la norme « displays 5.0 » devraient permettre d’économiser dans les cinq ans à venir, 9TWh dans la seule UE, soit l’équivalent de la consommation annuelle des ménages de Bulgarie. Ce chiffre se base sur les projections d’achat de matériels pour les trois années à venir et tient compte du cycle de vie de ce type d’équipement, soit quatre à cinq ans.Cette norme, en perpétuelle évolution, devrait être d’ailleurs prochainement amendée pour revoir à la baisse la consommation d’énergie d’autres catégories d’équipements de bureau. En juillet dernier, les experts européens et américains s’étaient penchés sur la consommation électrique des ordinateurs, photocopieurs et imprimantes, tandis qu’en mai 2009, ils avaient planché sur le cas des serveurs. Pour en savoir plusLe site européen Energy StarLe site de l’EPA A.L B

Retour sur le Forum rencontre : avancer malgré la crise

Les 14 et 15 octobre derniers se déroulait le trentième « Forum Rencontre », au sein de l’École Centrale de Lille. L’occasion pour les étudiants des grandes écoles d’ingénieurs et de commerce du Nord de la France de rencontrer les recruteurs, pour nouer les premiers liens de potentielles collaborations futures. Cette année, ce sont pas moins de 75 entreprises qui se sont déplacées sur le salon : Vinci, Altran, Areva, L’Oréal… avec des opportunités professionnelles de toutes sortes.

Présidente du Forum Rencontre, Mathilde Pinard est très satisfaite du déroulement de ces deux jours : « Près de 2.000 étudiants se sont déplacés sur le salon, pour échanger aves les représentants RH de 75 entreprises. Évidemment, avec la crise, les entreprises présentes sur le salon sont moins nombreuses que d’habitude. Mais les entreprises de secteurs comme l’informatique, les SS2I, le bâtiment sont bien présentes, avec des opportunités réelles en termes d’emploi ». Mathilde Pinard nous éclaire également sur une tendance assez récente chez les recruteurs, liée au contexte, aujourd’hui moins favorable pour les candidats au recrutement : « il est certain qu’il est plus difficile de trouver un emploi aujourd’hui que l’année dernière, mais des opportunités plus variées sont proposées. Ainsi, les recruteurs ont beaucoup d’offres de stage, et les offres de VIE, qui permettent aux étudiants d’élargir leurs compétences à l’international, sont de plus en plus nombreuses ».

La crise mobilise les étudiants

Des étudiants nombreux donc, qui saisissent la chance qui leur est donnée de rencontrer et de s’entretenir, CV à la main, avec les recruteurs des plus grandes entreprises.

Du côté des recruteurs également, le salon est l’occasion de rencontrer des étudiants aux profils très variés, venus en nombre cette année. Christophe Caux, directeur de pôle pour l’entreprise Apside : « les ingénieurs que l’on trouve ici sont plutôt polyvalents, ils ont une ouverture d’esprit que l’on ne retrouve pas chez les étudiants d’écoles plus spécialisées ». Des profils intéressants donc, mais pour quels types de postes ? « Nous cherchons essentiellement des ingénieurs bac+5, ou des ingénieurs en stage de fin d’étude, pour leurs proposer des stages de pré-embauche. Cela nous permet également de former les étudiants à nos technologies ». Christophe Caux, qui vient au Forum depuis 21 ans, souligne l’évolution de la fréquentation cette année : « les entretiens avec les étudiants sont très instructifs. L’année dernière, nous avions vu peu d’étudiants. Aujourd’hui, avec la crise, ces derniers se déplacent beaucoup plus nombreux. »

Chez le leader français du BTP, Vinci Construction, on fréquente aussi assidument ce genre de rendez-vous : « nous nous rendons sur tous les salons qui accueillent les élèves ingénieurs… nous rencontrons près de 10.000 étudiants chaque année par ce biais, nous explique la représentante de Vinci sur le Forum. Aujourd’hui, nous avons besoins de plus en plus d’ingénieurs travaux, méthodes, études… mais nous recrutons également des ingénieurs commerciaux. Les stages sont très importants pour nous, que ce soit en première, deuxième ou troisième année. Nos métiers nécessitent des emplois stables : 50 % des stagiaires de troisième année se voient proposer des contrats à durée indéterminée. Aussi, les CDI constituent 95 % de nos propositions d’embauche, malgré la crise. L’année dernière, nous avions embauché 5.000 personnes. Cette année ce chiffre devrait tourner autour de 2.500 ».

Un bilan positif donc, et surtout l’occasion pour les étudiants de découvrir les opportunités professionnelles qui s’offrent à eux. Certains d’entre eux ont même eu la chance de se voir formuler des propositions de stage ou d’embauche concrètes. Rendez-vous donc l’année prochaine, dans un contexte global plus favorable espérons-le !

Une nouvelle base de données pour la reconnaissance faciale

La création d’une base de données destinée aux systèmes de reconnaissance faciale est une tâche complexe. Le grand nombre de facteurs qui permettent l’acquisition de données, exige l’application stricte d’un protocole afin que les images d’individus obtenues puissent être comparables entre elles. La preuve de cette complexité est la grande variété de bases de données faciales bidimensionnelles et l’absence d’homogénéité entre elles. Une équipe de recherche de l’Université Rey Juan Carlos de Madrid a conçu cette nouvelle base de données appelée FRAV3D qui est d’ores et déjà à la disposition de la communauté scientifique.Il existait jusqu’à présent très peu de bases de données tridimensionnelles. Dans ces dernières, l’information tridimensionnelle est représentée par des cartes de gris représentant la profondeur (l’image est de gris clair à gris foncé selon la profondeur) et non par des pointillés en 3D. Elles fournissent donc une information tridimensionnelle sous forme d’image bidimensionnelle, avec la perte d’informations qui en découle. L’autre limite des bases de données était la faible quantité d’images disponibles par individu. Le but étant de créer des bases de données avec un grand nombre de personnes, le nombre d’images par individu restait relativement faible. Toutes ces raisons ont conduit à la création d’une nouvelle base de données, appelée FRAV3D. Actuellement, il est possible d’obtenir deux types de données faciales : les images d’intensité, afin d’obtenir la texture du visage, et les données tridimensionnelles qui redessinent la structure géométrique du visage. De plus, il faut savoir que l’information tridimensionnelle peut être représentée de différentes manières : à travers une image contenant des variations de gris où l’intensité de chaque pixel représente la profondeur de l’objet ; ou à travers un nuage de points dans l’espace.

Image 2 D Image 2.5 D Image 3D

Dans le premier cas, il s’agit d’une image en 2D (bidimensionnelle) où des points en 3D ont été projetés à plat. Puisqu’il s’agit d’une représentation bidimensionnelle d’une information en 3D, elle se fait appeler l' »image 2.5D ». Cependant la principale limite des systèmes basés sur une représentation de la texture d’un visage est sa variation selon les conditions de luminosité et de position du visage. Au contraire, la représentation 3D n’est pas soumise à ces variations.La nouveauté de la base de données FRAV3D est de pouvoir combiner deux types d’information : l’information bidimensionnelle ou de texture et l’information tridimensionnelle. L’obtention de celle-ci s’est faite au moyen d’un scanner laser. Cette nouvelle base de données comporte des images de 105 individus (81 femmes et 24 hommes), tous volontaires avec 16 clichés chacun : 4 images frontales, 8 images dans des inclinaisons différentes, deux expressions du visage et deux illuminations différentes. Cette base de données FRAV3D est d’ores et déjà disponible pour la communauté scientifique à des fins de recherche non commerciales.Images : © FRAV3DEn savoir plus : – FRAV (Face Recognition and Artificial Vision Group) : http://www.frav.es/databases/FRAV3D- Observatorio Tecnológico de Informática (ITI) https://observatorio.iti.upv.es/resources/new/5213Source : Servicio de Infomación y Noticias Cientificas (SINC), 27/09/2009: http://www.plataformasinc.esRédacteur : Sophie Palmier, chargée de mission, [email protected]Origine : BE Espagne numéro 87 (28/10/2009) – Ambassade de France en Espagne / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60962.htm

La virtualisation, déjà une réalité en matière d’hébergement

Virtualisation… Cette technique qui consiste à faire fonctionner sur une seule machine plusieurs systèmes d’exploitation et/ou plusieurs applications, séparément les uns des autres, comme s’ils fonctionnaient sur des machines physiques distinctes, s’impose de plus en plus dans les domaines où l’informatique et le Web sont au coeur de l’activité des entreprises. Et pour cause. Ce système permet en effet une flexibilité et une réactivité aux besoins informatiques jusqu’ici inégalées. Mais qu’en est-il de l’hébergement qui, à lui seul, peut représenter 15 à 25 % de leur budget ?Selon la société d’études et de conseil Markess International qui vient de mener une enquête sur le sujet auprès de 150 sociétés, ce poste n’échappe pas à la tendance (voir méthodologie). Bien au contraire, cette pratique est déjà une réalité. En 2009, 56 % des 150 responsables interrogés déclarent avoir déjà recours à la virtualisation dans le domaine de l’hébergement de leurs infrastructures et de leurs applications informatiques. Dans ce cas, la virtualisation consiste à partager un serveur en plusieurs serveurs virtuels indépendants ayant chacun les caractéristiques d’un serveur dédié.Un chiffre qui atteint 69 % dès lors que l’on y ajoute les 13 % de responsables qui ont prévu de le faire d’ici 2011. Au total, seuls 9 % des personnes interrogées déclarent ne pas s’y intéresser et 5 %, ne pas savoir ce qu’est cette technique.Tous les domaines ne sont toutefois pas concernés de la même manière par la virtualisation. Les entreprises s’attachent avant tout à virtualiser leurs serveurs (90 % d’entre elles). Elles s’attellent maintenant aux environnements de stockagedans un objectif de meilleure maîtrise de leurs volumes de données (54 %). La virtualisation des postes de travail et celle des environnements applicatifs est moins prioritaire (32 % et 30 % des organisations), mais préfigure, du moins pour les applications, une forme ou une autre d’évolution ver le PaaS (Platform as a Service).Pourquoi un tel engouement ? La raison est avant tout budgétaire. Pour 55 % des entreprises, il s’agit de baisser les coûts. Tout de suite après, elles invoquent la nécessité de gérer et d’administrer plus efficacement leur environnement informatique (45 %) et leurs serveurs (40 %), puis de garantir la continuité de leur activité en optimisant les plans de continuité d’activité (PCA) ou de reprise d’activité (41 %). Enfin, le recours à des machines virtuelles pour s’adapter plus facilement à l’évolution de leur activité à un instant T et à leur charge applicative arrive en dernier avec 26 % des déclarations.Une dynamique qui dans le contexte actuel a donc de fortes chances de perdurer, voire de s’accentuer. Une opportunité sans doute pour de nouveaux acteurs.  En savoir plusCette enquête a été réalisée entre juin et septembre 2009 par Markess International. Celle-ci repose sur l’interview de 150 responsables et décisionnaires d’organisations publiques et privées basées en France répartis dans les secteurs suivants : 29 % IT/Télécoms, 19 % secteur public, 15 % banque/assurance, 13 % industrie, 6 % distribution, 18 % autres. 37 % représentaient des entreprises de plus de 2.000 salariés, 24 % des sociétés entre 250 et 1.999 salariés et 39 % des structures de moins de 250 employés. A cela s’ajoute l’interview de 23 prestataires actifs sur le marché des services d’hébergement et de cloud computing, dont 38 % d’hébergeurs, 22 % de SSII intégrateurs, 13 % de constructeurs, 9 % de fournisseurs de solution SaaS, 9 % d’opérateurs de télécoms et 9 % autres.Télécharger la synthèse de l’étude. A.L B

Vers une nouvelle méthode entièrement « verte » pour la production d’hydrogène

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60899.htmUne équipe de quatre chimistes à l’université de Rochester étudie depuis quelques temps un nouveau système permettant de produire de l’hydrogène à partir d’eau en utilisant seulement la lumière du soleil. Le projet a attiré l’intention de l’U.S Department of Energy (DoE) qui a alors décidé de supporter le projet à l’aide d’une bourse d’un montant de 1.7 million de dollars.Selon Kara Bren, professeur de chimie à l’université de Rochester : « Tout le monde parle d’utiliser l’hydrogène comme un super carburant vert, mais générer ce fuel sans utiliser dans le processus d’autres énergies dites non verte n’est pas aisé. Certains ont déjà utilisé la lumière du soleil pour obtenir de l’hydrogène à partir de l’eau, mais le challenge est de rendre le processus entier suffisamment efficace pour être utile. »L’équipe se penchera sur de nouvelles photosynthèses artificielles. Par ailleurs, à la différence des prototypes précédents, celui de l’équipe de Rochester devrait être divisé en trois modules qui permettront à chaque étape du processus de manipuler et d’optimiser beaucoup plus facilement les caractéristiques du système.
Utiliser les électrons pour former de l’hydrogène
Le premier module utilisera la lumière visible pour créer des électrons libres. Une molécule naturelle complexe appelée chromophore, que la plante utilise pour absorber la lumière du soleil, sera modifiée pour générer des électrons réducteurs. Le second module sera une membrane à base de nanotubes de carbone qui agiront comme des fils moléculaires si fins que leur taille ne sera qu’un millionième de l’épaisseur d’un cheveu.Pour empêcher les chromophores de réabsorber les électrons, la membrane de nanotubes conduira les électrons hors des chromophores en direction du troisième module. Dans ce dernier, des catalyseurs utiliseront les électrons pour former de l’hydrogène à partir de l’eau. L’hydrogène pourra ensuite être utilisée par les voitures, les maisons ou l’alimentation de centrales.

Séparer les processus
En séparant le premier et le troisième module avec la membrane de nanotubes, les chimistes espèrent séparer le processus de récolte de la lumière du processus de génération de l’hydrogène. Cette séparation, permettra à l’équipe de maximiser le rendement de l’absorption de lumière sans altérer les capacités de génération de l’hydrogène et vice-versa.Bren nous explique que cette compartimentation en modules est avantageuse par rapport aux autres systèmes intégrés. En effet, dans ces derniers, un changement améliorant une caractéristique peut en dégrader une autre de façon imprévisible et significative. Cependant Bren concède que ce projet peut prendre plusieurs années avant que l’équipe ne parvienne à un système plus efficace que les designs actuels.Et même si ceci se produit, le système devra être assez performant pour être commercialement viable. « Mais si nous réussissons, nous pouvons être en mesure non seulement de créer un combustible qui brûle proprement, mais la production du combustible pourrait elle-même être propre ». A suivre donc Origine : BE Etats-Unis numéro 181 (23/10/2009) – Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60899.htmArnaud Souillé est attaché adjoint pour la Science et la Technologie au Consulat général de France à San Francisco.

L’ordinateur connecté à nos muscles : bientôt une réalité ?

Pour utiliser un ordinateur, il n’est plus forcément nécessaire d’utiliser un clavier et une souris. Les écrans tactiles se multiplient et il existe désormais des logiciels, tels que OpenVibe (lire l’article OpenVibe, un logiciel français pour agir par la pensée), permettant de concevoir et d’utiliser des interfaces cerveau-ordinateur (ICO) pour commander un PC sans un geste. Des chercheurs de Microsoft ainsi que des universités de Washington à Seattle et de Toronto au Canada ont, quant a eux, exploré une autre voie. Celle d’une interface « muscles-ordinateur » qui permet, tout en ayant les mains libres, d’interagir avec une machine.Comment ? Grâce à des électrodes positionnés sur l’avant-bras de l’expérimentateur et qui sont capables de retranscrire l’activité électrique des muscles. Ces signaux sont ensuite corrélés à des gestes spécifiques, tels que joindre le pouce et l’index ou encore saisir un objet fermement. Cette technique n’est toutefois pas totalement nouvelle. Elle est déjà utilisée pour permettre à des personnes amputées de contrôler les mouvements d’une prothèse. Par ailleurs, elle a également été employée par des chercheurs pour explorer les possibilités d’interaction entre l’homme et la machine. Mais jusqu’à présent, les résultats de ces travaux ont été relativement limités. Car recomposer de manière fiable des gestes à partir de l’activité électrique des muscles demeure difficile, si bien que les interfaces muscles-ordinateur sont souvent restreintes à la reconnaissance de quelques gestes.

Voir la vidéo sur Technology Review Une limite que l’équipe de chercheurs américano-canadiens a semble-t-il repoussé avec la mise au point d’un nouveau système. Ce dispositif, présenté pour la première fois en septembre 2009 à la conférence  » User Interface Software and Technology  » de Victoria en Colombie Britannique (Canada), fonctionne avec six capteurs capables d’enregistrer l’activité électrique des muscles (électromyographie) et deux électrodes qui jouent le rôle de prise de terre. L’ensemble est réparti tout autour de l’avant-bras droit du testeur et peut être placé par un non spécialiste.
Seule contrainte : la période d’apprentissage. Les capteurs ne peuvent pas instantanément interpréter l’activité des muscles. Le logiciel doit donc être formé afin d’associer un signal électrique à un geste spécifique. Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé des algorithmes standards d’apprentissage améliorant leur performance au fil du temps. Ces algorithmes suivent trois indicateurs : l’ampleur de l’activité musculaire, le rythme de l’activité musculaire et le nombre de capteurs sollicités par un mouvement. Trois données, qui permettent, après une période d’apprentissage, de reconnaître à 85 % la plupart des gestes des participants. 
Voir la vidéo sur Technology Review Couplée à une table interactive, cette technologie donne des résultats surprenants (voir la vidéo). La table est capable de reconnaître, en utilisant une couleur différente, quel doigt est utilisé pour faire un dessin. Elle peut également, en utilisant un camaïeu de couleur, retranscrire la force avec laquelle le doigt appuie sur la table. Autre possibilité : associer à un geste, une commande précise, comme « couper-coller » ou encore « copier-coller ». Des commandes qui peuvent être complexifiées grâce à des capteurs situés sur le bras gauche.
Un dispositif qui ouvre de nombreuses applications pour des personnes valides qui souhaitent déclencher des actions à distance alors qu’elles ont les mains occupées. Pour cela, il faudra passer par des dispositifs sans fil. Un travail déjà à l’oeuvre semble-t-il. A.L B

Conficker, une histoire de ver ?

Conficker [1], aussi appelé Downadup, Downandup ou Kido, peut sembler, à première vue, un simple ver comme tant d’autres (SQL/Slammer, Sasser, Code Red…). Ses fonctionnalités de propagation sont caractéristiques d’un ver informatique, à savoir, trouver une cible de manière autonome et tenter de l’infecter. Si l’infection réussit, alors le code malveillant s’installe sur la machine infectée afin d’opérer des activités malveillantes à l’insu de l’utilisateur, mais aussi, de se propager à partir de ce nouveau point d’infection. Cependant, quelques points très intéressants font de Conficker un ver peu ordinaire :

  • Depuis 2004, nous n’avions pas eu d’épidémie virale majeure ce qui laissait à penser que le phénomène « ver » était largement passé de mode ;
  • Ce ver a, en l’espace de quelques semaines, compromis plusieurs millions de PC. Certains éditeurs ont annoncé une infection de l’ordre de la dizaine de millions de machines…
  • Ce ver exploite une faille du service Windows Server Service, utilisé par Windows 2000, XP, Vista, Windows 7 et Windows server 2003 et 2008 : un panorama très large de systèmes vulnérables…
  • La vulnérabilité exploitée par Conficker a fait l’objet d’un patch de sécurité, référencé en tant que MS08-067 : vulnérabilité permettant l’exécution de code arbitraire à distance avec des droits SYSTEM sans authentification préalable. Elle a commencé à être publiquement exploitée, a priori, en septembre 2008 et un avis de sécurité et une mise à jour corrective ont été disponibles le 23 octobre 2008, ce qui fait de cette vulnérabilité une vulnérabilité particulière car Microsoft a pour habitude de publier ses mises à jour de sécurité lors du “Patch Tuesday” qui a lieu tous les deuxièmes mardi du mois.
En soi, ces éléments sont déjà très intéressants… mais il y a mieux ! Les motivations des pirates ayant écris ce malware… Bien qu’à l’heure actuelle, aucune accusation directe sur les auteurs n’ait pu être faite, certains éléments factuels peuvent être remontés, ceux-ci soulevant de nombreuses questions… notamment sur les aspects « cybercriminalité » qu’ils peuvent impliquer.En effet, ce ver informatique a dans un premier temps surpris la communauté sécurité de part son niveau de sophistication (programmation d’excellente qualité, nombreuses fonctions de furtivité). D’autre part, en l’espace de quelques mois, le code du ver a fortement évolué, les auteurs rajoutant des fonctions, corrigeant des problèmes détectés ou améliorant même des algorithmes internes… Un tableau avec les caractéristiques de ces différentes versions est disponible sur Wikipedia (voir le tableau).Les probabilités pour qu’il s’agisse des mêmes auteurs qui aient fait évoluer le ver sont fortes, car les versions s’enchaînent naturellement, avec des rajouts de fonctions.Un autre élément apparu dans la version E, en avril 2009, fournit des informations très intéressantes. Le ver va télécharger des »scarewares », faux logiciel de sécurité, ainsi qu’un moteur de spam permettant ainsi de vraiment « monétiser » ce réseau de machines compromises. Ces logiciels sont alors pilotés sur les machines contrôlées par les pirates.A ce niveau, le doute n’est plus permis… en effet, les logiciels de type « scarewares »(voir encadré ci-dessous) sont depuis quelques mois sur le devant de la scène. Ils permettent à des organisations criminelles de gagner de l’argent. En facturant chaque logiciel une cinquantaine de dollars, les gains peuvent être rapides.Le deuxième programme malveillant installé est le tristement célèbre Waledac [2], un robot de spam très efficace, responsable (en partie…) des grosses campagnes de spam de ce printemps.Conficker a créé la surprise fin 2008. Son évolution en 2009 montre indéniablement que les auteurs de ce ver ont rapidement compris comment tirer profit de leur œuvre : moteur de spam, faux antivirus (scareware)… Il est à l’heure actuelle probablement très difficile d’estimer les gains des cybercriminels, mais une chose est sûre : nous n’en sommes qu’au début !  Qu’est ce que les Scarewares ?Il s’agit de logiciels trompeurs, destinés à effrayer les utilisateurs pour leur soutirer de l’argent. Les exemples les plus communs prennent l’apparence d’un antivirus professionnel et avertissent l’utilisateur que son PC est fortement infecté. Pour le réparer, une seule solution : acheter la version professionnelle de ce faux antivirus, et donc fournir son numéro de carte bancaire sur le site Web des pirates.Exemple d’une fenêtre d’alerte, destinée à effrayer l’utilisateur du PC. Notez le lien « activer Spyware Protect 2009 » amenant l’internaute sur un faux site de vente du produit.Spyware Protect 2009 : un vrai-faux antivirus. L’allure est très « professionnelle ». Source : cnet.comPar Franck Veysset, expert en sécurité

Notes
[1] Voir l’excellente analyse technique de Conficker disponible sur le site du SRI [2] Pour en savoir plus sur Waledac

Cyberterrorisme, cyberguerre, la réponse des Etats

Cyberattaques, attaques massives de serveurs, cent milles, un million, dix millions d’ordinateurs infectés. Des dizaines de milliers de coordonnées bancaires dérobées, l’Etat X victime d’une cyberattaque, faille DNS, malware …Ces expressions sont désormais devenues quotidiennes dans les médias spécialisés et deviennent récurrentes dans les médias grands publics. Or, à la lecture ou à la vue de ces reportages, on peut se demander si les pouvoirs publics ont les moyens de réagir face à cette nouvelle criminalité.Commençons par définir et examiner le dispositif légal en place.

Quelles menaces et quel dispositif légal ?
La définition du cyberterrorisme est sujette à controverse. On peut cependant dire qu’il s’agit d’utiliser des moyens de technologie pour commettre des actes réprimés par les lois des Etats. Sur le plan des définitions légales, le cyberterrorisme consiste à commettre des actes prévus et réprimés par le code pénal dans le but de désorganiser tout ou partie des éléments vitaux d’un pays, que ce soit les moyens de communications, les transactions économiques ou encore la distribution d’énergie. Les motivations peuvent être d’ordre pécuniaire ou idéologique. Le dispositif légal français couvre tous les types d’attaques susceptibles d’être commises. Ce qui distingue le cyberterrorisme de la délinquance ordinaire, c’est la différence d’échelle. L’attaque sera de grande ampleur et déployée grâce à des moyens importants.Les articles 323-1 et suivants du code pénal répriment l’intrusion frauduleuse dans un système d’information. Le fait d’accéder ou de se maintenir frauduleusement dans tout ou partie d’un système d’information est punissable d’un an de prison et de 15.000 euros d’amende. La modification ou la suppression de données résultant de l’accès frauduleux aggrave la peine encourue à deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.Le fait d’empêcher le fonctionnement d’un système d’information est puni de trois ans d’emprisonnement. Il n’est pas nécessaire d’accéder au système pour que cette infraction soit constituée. Tel sera le cas d’un envoi massif de requêtes à un serveur pour l’empêcher de fonctionner. Enfin, l’introduction frauduleuse de données dans un système d’information, la suppression ou la modification illicite de données est punissable de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende. C’est ce type d’attaque qui sera privilégié par des terroristes pour mettre en difficulté l’Etat qu’ils prennent pour cible. Accessoirement, ils peuvent se livrer à des envois de spam, interdit par l’article 22 de la loi n°2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance en l’économie numérique, à des fins de propagandes par exemple. De plus, pour se procurer l’argent nécessaire, ils commettront des escroqueries et des abus de confiance en pratiquant le « phishing » et le « scam ».L’escroquerie est alors punissable de cinq ans de prison et l’abus de confiance de trois. L’amende encourue pour chacune de ces infractions est de 375.000 euros et le fait de les réaliser en bande organisée aggrave la peine encourue.Cependant, on peut trouver ces peines légères et inadaptées à la répression et à l’éradication du terrorisme. En fait, en cas d’actes de terrorisme, c’est-à-dire d’infractions comme celles décrites ci-dessus mais utilisées pour troubler gravement l’ordre public ou semer la terreur par intimidation (article 421-1 du Code Pénal), la peine initialement encourue est aggravée.Ces aggravations sont prévues à l’article L421-3 du Code pénal. Par exemple, le fait de bloquer un système informatique sera puni de 6 ans d’emprisonnement au lieu de trois. Cependant si des décès sont consécutifs à ces actes, la réclusion criminelle de trente ans ou à perpétuité sera encourue.

Lutte contre le cyberterrorisme
La lutte contre les actes de cyberterrorisme s’organise d’abord au niveau national. Dans la plupart des pays développés, les forces de police possèdent une unité spécialisée en cybercriminalité et une autre dans la lutte contre le terrorisme. Il suffit donc de coordonner les deux unités pour rendre la répression efficace. En France, c’est le pôle anti-terroriste du Tribunal de Grande Instance de Paris, composé de huit magistrats spécialisés dans la lutte anti-terroriste, qui assure cette fonction. Il a le pouvoir de coordonner l’action des forces de police et peut recourir aux services de l’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication (O.C.L.C.T.I.C.). Sa structure opérationnelle compte des équipes capables de détecter et de rechercher les auteurs des infractions d’intrusion dans les systèmes d’informations.Les Etats-Unis, eux, se sont dotés d’une infrastructure spécifique dans la lutte contre le terrorisme. Le National Counter Terrorism Center (NCTC), créé en août 2004 par l’ordonnance présidentielle n° 13354, coordonne l’action des unités opérationnelles notamment des célèbres Central Intelligence Agency (CIA) et Federal Bureau of Investigation (FBI). Au niveau international Interpol, la célèbre organisation internationale des polices, a également pris en compte la menace du cyberterrorisme et joue un rôle de coordination. Ainsi, il distribue les informations sur les cyberterroristes et sur les attaques grâce à son système de communication I-24/7, permet aux polices nationales d’identifier les individus suspects grâce à ses bases de données, et peut apporter son expertise technique en procédant à l’analyse d’ordinateurs aux fins de recherche et de préservation des preuves.

Cyberguerre
Les actes de cyberguerre sont, sur le plan technique, relativement similaires à ceux de cyberterrorisme. Ils consistent à lancer des attaques contre des systèmes d’information vitaux comme ceux d’un ministère de la Défense ou à effectuer des défigurations de sites Web institutionnels à des fins de propagande. Plusieurs affaires très médiatisées se sont produites ces dernières années [1], cependant un conflit entièrement informatique ne s’est pas encore produit. Dans ce type de conflits, les « combattants » sont protégés par l’Etat attaquant, et l’Etat victime ne pourra pas les poursuivre pénalement. De plus comme l’intégrité territoriale ne sera pas attaquée, le droit international public ne trouvera pas d’application et l’ONU aura des difficultés à agir. Il est facile pour un Etat attaquant de dénier mener ce type d’attaque.A ce jour, la réponse des Etats réside dans les institutions chargées de défendre le cyberespace national. En France, la toute nouvelle Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI), créée par le décret n° 2009-834 du 7 juillet 2009 et qui succède à la Direction Centrale de la Sécurité des Systèmes d’Information (DCSSI), a clairement inscrit la cyberdéfense dans ses missions. Un centre de veille et d’alerte, le COSSI est chargé d’évaluer la menace et de la combattre en temps réel. Le COSSI est notamment chargé de coordonner les réactions aux incidents touchant la cyberdéfense. La création de l’ANSSI fait suite aux recommandations du Livre Blanc sur la défense nationale du 17 juin 2008, qui préconisait la création de cette institution et qui recommandait une augmentation significative des moyens consacrés à la cyberdéfense. A l’horizon 2012, l’ANSSI devrait compter 250 agents. Les Etats-Unis ne sont pas en reste, puisque le Général Keith. B. Alexander vient d’être nommé commandant du nouveau « Cyber Command » au sein du centre de commandement stratégique du Pentagone. Ces entités sont pour le moment chargées de défendre le cyberespace, mais la question est de savoir si elles auront des capacités de riposte. En tout cas, l’ONU semble totalement absente de ces débats. Compte tenu des enjeux et avant le déclenchement d’un cyber conflit, on peut souhaiter que l’ONU s’empare du sujet et que des conférences internationales soient engagées afin de mettre en place un droit international du cyberespace. Par Nicolas Magnin, juriste spécialiste de la SSI

Note
[1] : L’Estonie a dénoncé une attaque russe contre ses systèmes d’information stratégique suite à une décision du gouvernement estonien de déplacer un monument russe en 2007. La Chine est régulièrement soupçonnée de mener des attaques contre les systèmes d’information d’Etats occidentaux. Pour aller plus loinLa Lettre Technique de l’Ingénieur Sécurité des Systèmes d’Informations n° 9 Octobre 2007Le site de l’ANSSILe document relatif à la création de l’ANSSILe site d’InterpolLes mesures prises par Interpol contre le terrorismeLes mesures prises par Interpol contre la cybercriminalité

Cyberdéfense : comment la protection s’organise

Georges Clémenceau affirmait que « La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires ». Voici quelques temps déjà que les activités essentielles à la continuité de l’État et de la nation ont été confiées au secteur privé concurrentiel : les télécommunications avec la fin de la DGT (direction générale des télécommunications), les transports routiers fortement déréglementés, le secteur de l’énergie, celui de la finance…Pour ces acteurs, l’efficacité et la rentabilité priment devant les investissements qu’une totale disponibilité exigerait. L’État s’en est récemment rendu compte, et il a lancé une réflexion sur les activités critiques face à une crise d’importance : attaque terroriste, pandémie virale, attaque informatique… Elle a débouché sur le décret n° 2006-212 du 23 février 2006 relatif à la sécurité des activités d’importance vitale (SAIV). Parmi ces secteurs, il en est un transverse qui supporte tous les autres, celui des télécommunications. Sa mise hors service impacterait fortement les banques, la logistique, l’énergie… et toute la nation.C’est pourquoi la protection des circuits d’information fait l’objet d’un chapitre particulier du Livre Blanc de la Défense publié en 2008 qui s’est concrétisé par la création d’une NSA à la Française le 7 juillet dernier : l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information.Les activités d’importance vitale sont réparties sur 12 secteurs dont celui transverse des télécoms. Pour chaque secteur, l’État (au travers du SGDN) détermine les Opérateurs d’Importance Vitale (OIV) et leur notifie leur statut. C’est à la fois une charge aux travers des obligations à remplir, mais aussi une attention bienveillante qui aidera à la continuité des activités en cas de crise. Être client d’un OIV est donc un plus pour sa propre continuité d’activité.Il existe typiquement 3 ou 4 OIV par secteur, soit une cinquantaine au total. Pour chaque secteur, l’État élabore une Directive Nationale de Sécurité (DNS) qu’il communique à chaque OIV. Ce dernier dispose de 2 ans pour se conformer aux exigences de la DNS de son secteur. L’OIV doit commencer par traduire cette DNS dans un Plan de Sécurité Opérateur (PSO). A savoir décliner les principes généraux de la DNS en modalités pratiques visant à assurer la continuité d’activité. L’OIV devra également signaler les Points d’Importance Vitale (PIV), c’est-à-dire les sites opérationnelles critiques pour sa continuité d’activité. Par exemple, le site informatique principal d’une banque nationale. D’une certaine façon, la notion de PIV se substitut à la notion de Site Sensible de l’ancienne réglementation. Mais les Sites Sensibles étaient devenus tellement nombreux, qu’il devenait illusoire de vouloir tous les protéger en cas de crise. Avec les PIV, on parle de quelques dizaines de sites que l’on sait pouvoir protéger efficacement par des forces de défense, par exemple. Bien entendu, la liste des PIV dressée par chaque OIV est revue avec attention par l’État qui peut demander à l’OIV de revoir sa copie.Enfin, pour chaque PIV in fine retenu, l’OIV doit définir un Plan Particulier de Protection (PPP) qui détaille les mesures prises sur le site en regard des risques. En complément et en miroir de ce PPP, l’État définit alors un Plan de Protection Extérieur (PPE) qui précise les mesures d’accompagnement qu’il mettra en œuvre en temps de crise. Nous sommes donc retournés à la case « État » et la boucle est bouclée. Pour résumer : État -> SAIV -> DNS -> OIV -> PSO -> PIV -> PPP -> PPE -> État.Signalons que pour des raisons évidentes, DNS et listes des PIV sont des informations sensibles couvertes par les règles de Protection du Secret-Défense (Confidentiel Défense dans langage courant).Pour en savoir plus sur les décrets et l’agenceDésignation des opérateurs d’importance vitale, des délégués pour la défense et la sécurité et des points d’importance vitale.Décret n° 2009-834 du 7 juillet 2009Par Eric Wiatrowski, Lead Auditor – Security Management System